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InterviewLe Crayon· 8 novembre 2021 20 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

LES ÉCOLOGISTES en politique, c'est comme UNE SECTE selon Yann Wehrling

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Bonjour Yann Verling. Merci d'avoir accepté notre invitation.

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Les régionales et départementales se profilent. Vous êtes conseiller régional d'Île-de-France.

  • 1:10OuverteRéponse directe

    Vous étiez ambassadeur de France à l'environnement jusqu'au 8 juin. Vous avez été évincé par la présidence.

  • 1:27RelanceRéponse partielle

    Peut-on soupçonner Macron de vous avoir mis de côté parce que vous soutenez Pécresse ?

  • 2:06RelanceRéponse directe

    Par exemple ?

  • 3:37OuverteRéponse directe

    Et la pollinisation, un sujet important pour les insectes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « On est dans une logique où on parle souvent de secte dans certains partis politiques. »
  • 3:11Invité politiqueChiffre
    « depuis l'introduction des néonicotinoïdes dans les pratiques agricoles, on a 70% des insectes qui ont disparu. »
  • 5:07Invité politiqueFait
    « Moi, j'estime avoir été nommé à juste titre, je l'espère, parce que j'avais des choses à apporter sur les questions d'environnement. »
  • 6:41Invité politiqueFait
    « C'est quand même quelque chose... C'est un embrigadement assez fort. »
  • 7:52Invité politiqueFait
    « je pense que l'écologie doit être une idée qui travaille dans des compromis, qui avance parce qu'il y a une urgence sur cette question écologique. »
  • 8:10Invité politiqueFait
    « Si j'étais en Allemagne, je serais chez les Grünen, les Verts allemands, qui font des coalitions. »
  • 11:31Invité politiqueFait
    « La convention biodiversité est un document qui est signé par 195 États sur la planète et qui existe depuis 1992. »
  • 11:59Invité politiqueFait
    « simplement, tous les 10 ans, il faut le réécrire. »
  • 12:25Invité politiqueFait
    « se mettre d'accord sur des objectifs de réduction des pressions qui détruisent aujourd'hui la biodiversité. »
  • 13:55Invité politiqueFait
    « moi, je plaide beaucoup pour qu'on fasse de la renaturation à un certain nombre d'endroits, notamment au bord des cours d'eau. »
  • 14:43Invité politiquePromesse
    « on a mis dans notre programme le fait de mettre en place une ceinture maraîchère. »
  • 15:21Invité politiquePromesse
    « on a un projet de mettre en place des autoroutes à vélo. »
  • 17:16Invité politiqueFait
    « il ne doit pas y avoir de différence de droit entre les personnes, qu'elles soient hétéro, homo ou quel que soit leur choix. »

Temps de parole

  • Yann Wehrling75 %
  • Présentateur24 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Yann Wehrling

D'abord, moi je suis effectivement relativement pas très docile avec les partis politiques, avec les logiques de partis politiques. Il faut connaître ce que c'est un parti politique, c'est quand même quelque chose, c'est un embrigadement assez fort. On est dans une logique où on parle souvent de secte dans certains partis politiques.

0:21
Présentateur

Attends, pause. C'est quoi le Créomédia ? On est une équipe qui vous propose du contenu vidéo respectant trois piliers. Le débat, l'ouverture d'esprit et la pluralité des opinions. Notre but, faire réfléchir et permettre la libre circulation des idées. Bonne vidéo. Je ne vais pas mal, mais rassurez-vous, un jour je ne manquerai pas de mourir. Yo, c'est Jules pour Le Crayon. On se retrouve aujourd'hui pour une nouvelle interview politique. Nous sommes avec Yann Verling. Yann Verling, bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Les régionales, les départementales, les élections se profilent et vous êtes conseiller régional d'Ile-de-France, donc c'est l'occasion d'en parler.

J'aimerais commencer par évoquer un point d'actualité, puisque vous étiez jusqu'au 8 juin dernier ambassadeur de France à l'environnement. Et vous vous êtes déjà confié sur ce sujet, mais vous avez été évincé par la présidence de la République. Peut-on soupçonner Emmanuel Macron de vous avoir mis de côté, parce que vous soutenez Valérie Pécresse pour ses élections régionales à venir, plutôt que Laurent Saint-Martin, qui est le candidat soutenu par le Modem, le parti pour lequel vous avez été élu au Conseil régional de Paris ?

1:35
Yann Wehrling

Bon, ça, moi, objectivement, je n'en sais rien, en vrai, parce que j'ai demandé à savoir ce qu'il en était, pourquoi on m'avait demandé de quitter cette fonction, et je n'ai eu aucune réponse. Donc, c'est des suppositions de penser que c'est à cause des élections régionales. Ça peut être pour d'autres raisons, parce que c'est vrai que ces derniers temps, j'ai émis mes pas publiquement, mais en interne, et aujourd'hui, je peux me permettre de le dire, j'ai mis des critiques sur l'action du gouvernement dans le domaine de l'environnement. Par exemple ?

En interne du ministère, j'ai essayé de comprendre, enfin du ministère et du gouvernement, puisque j'ai travaillé avec plusieurs ministères, j'ai essayé de comprendre pourquoi on n'était pas plus offensif sur la surpêche, par exemple. Puisque j'ai souligné, j'ai dit à plusieurs reprises qu'il y avait un problème avec les dauphins qui s'échouaient sur les côtes du golfe de Gascogne, un problème lié à la pêche, et qu'il fallait donc agir. Et j'ai plutôt eu une fin de non-recevoir là-dessus, donc ça a été plutôt un petit peu un point de divergence.

Je ne l'avais pas dit à l'époque, mais je le pensais néanmoins fortement, et je l'ai dit en interne là aussi, que le fait d'avoir réautorisé les néonicotinoïdes était une erreur. Je pense qu'on n'a pas la mesure de la situation dans laquelle on se retrouve aujourd'hui, au cours des 30 dernières années, même un peu moins, depuis la fin des années 90, depuis l'introduction des néonicotinoïdes dans les pratiques agricoles, on a 70% des insectes qui ont disparu. Je ne sais pas si on se rend compte de ce que ça veut dire, qu'il n'y a plus une telle perte d'insectes. Donc c'est une hécatombe dans le monde du vivant. Par voie de conséquence, plus d'insectes.

Les oiseaux qui se nourrissent des insectes, ils disparaissent aussi, moins 30% dans les campagnes. Donc soit on n'en a rien à faire de cette situation, soit on réagit vite, et il ne fallait pas réautoriser les néonicotinoïdes.

3:37
Présentateur

Et la pollinisation qui est également un sujet important pour les insectes.

3:39
Yann Wehrling

Parmi les insectes, il y a les abeilles. Effectivement, on ne parle souvent que des abeilles, mais en fait, c'est tous les insectes qui sont touchés par cette situation. Alors bien sûr, on ne parle que des abeilles parce que les abeilles, ça butine, ça crée du miel, etc. Mais enfin, il y a énormément de plantes qui sortent de terre et qu'on peut manger au quotidien parce qu'elles sont pollinisées.

3:58
Présentateur

Et donc pour revenir au sujet, à ma question précédente, est-ce qu'on peut considérer que cette fin de non-recevoir que vous avez eue lorsque vous avez demandé des explications suite à votre mise de côté à la fin de votre mandat d'ambassadeur pour le climat qui devait pourtant durer jusqu'à fin 2021, est-ce qu'elle démontre le caractère très jupitérien, très froid parfois de l'Elysée, peut-être de la personnalité d'Emmanuel Macron, là où, à côté, lui, il va faire des vidéos avec McFly et Carlito pour se donner un côté cool ?

4:32
Yann Wehrling

Ce qui est certain, et je ne crois pas que ce soit propre à Emmanuel Macron, c'est qu'on est dans un système qui, pour utiliser un adjectif qu'on pourrait comprendre, on est dans un système très monarchique où on est en grâce ou en disgrâce comme on l'était sous l'Ancien Régime. Et il n'y a pas d'explication à ça parce que c'est le fait du prince, c'est le fait du roi, et le roi décide tout seul, dans son coin, en toute discrétion et sans donner d'explication, et en se donnant le droit de ne pas donner d'explication. Moi, je pense qu'on est dans une époque où ça n'est plus possible, et que les nominations et les dénominations doivent être justifiées.

Moi, j'estime avoir été nommé à juste titre, je l'espère, parce que j'avais des choses à apporter sur les questions d'environnement et des compétences sur le sujet, le fait d'être dénommé méritait des explications. Mais on est dans un système où toutes les nominations et toutes les dénominations se font à la discrétion du président de la République. Je pense que c'est une anomalie.

5:26
Présentateur

Est-ce que la gifle qui a été infligée à Emmanuel Macron est le signe que les Français ne supportent pas ce caractère monarchique ?

5:34
Yann Wehrling

Non, je pense que ça, c'est un épiphénomène lié à une personne un petit peu dérangée, à mon avis, et qui en plus est, je crois, un royaliste. Enfin bon, je crois vraiment qu'on ne peut pas faire de généralité.

5:45
Présentateur

On va parler de votre engagement pour l'environnement, mais un peu plus tard. J'aimerais d'abord souligner que si vous avez été ambassadeur à l'environnement, c'est aussi parce que vous êtes un écologiste de longue date. Vous avez été le secrétaire national du parti Les Verts en 2005-2006. Puis vous avez soutenu plusieurs autres personnes. Vous avez soutenu François Bayrou, ce qui vous a valu d'être justement évincé des Verts. Vous avez soutenu Nathalie Cossus-Comodorisée. Aujourd'hui, vous soutenez Valérie Pécresse et ça vous vaut peut-être une disgrâce au sein du Modem ou en tout cas de la majorité présidentielle. Pourquoi cette évolution-là ?

Est-ce que c'est vous qui avez changé de conviction ou est-ce que ces partis ont changé leur idéologie ?

6:26
Yann Wehrling

D'abord, moi je suis effectivement relativement pas très docile avec les partis politiques, avec les logiques de partis politiques. Il faut connaître ce que c'est un parti politique. C'est quand même quelque chose... C'est un embrigadement assez fort. On est dans une logique où... Voilà, on parle souvent de secte dans certains partis politiques. Vous pensez comme le collectif ou sinon vous partez. Donc la liberté individuelle de penser est assez incompatible avec la vie de parti. C'est très difficile d'avoir une pensée propre, d'avoir des opinions propres. La plupart du temps, ça vous vaut à la fin de devoir faire un choix entre rester ou partir. Donc moi j'ai cette liberté... J'ai voulu...

J'ai voulu conserver cette liberté de penser ce que je pense, mon libre arbitre. Et au bout d'un moment, ça fait effectivement des ruptures. Ça j'en ai pas de... J'ai pas de problème avec ça. Heureusement, on vit dans un pays où c'est possible. Il y a des pays où on peut pas. Il y a des pays où on peut finir en prison si on fait ce que moi j'ai fait. Mais c'est possible en France. Donc faut pas bouder son plaisir. Après, quand même, si j'avais été par exemple dans un autre pays, je pense notamment à l'Allemagne, ou à l'Autriche, ou la Finlande, enfin beaucoup de pays européens, je crois que je n'aurais pas quitté Les Verts. Puisque j'ai été chez Les Verts pendant presque 20 ans.

J'ai supporté d'ailleurs cette logique de partie pendant 20 ans. Mais je ne serais pas parti parce que moi, profondément, je pense que l'écologie doit être une idée qui travaille dans des compromis, qui avance parce qu'il y a une urgence sur cette question écologique. Et donc, il faut faire des compromis. Et les Verts français sont relativement difficiles de ce point de vue-là. Ils sont assez fermés et assez incapables de faire des compromis. Si j'étais en Allemagne, je serais chez les Grünen, les Verts allemands, qui font des coalitions.

8:15
Présentateur

Et c'est le système allemand qui veut aussi ces coalitions, Jamaïka ou d'autres...

8:19
Yann Wehrling

Mais vous voyez, les Verts allemands aujourd'hui, ils sont dans une situation où d'abord, ils sont très hauts dans les sondages parce que justement, ils ont montré leur capacité de faire des alliances, de faire des compromis, d'être utiles à la démocratie dans leur pays et que leurs idées servent à quelque chose et que ce n'est pas toujours inutile et que ce n'est pas des fous furieux. Et aujourd'hui, ils sont à deux doigts de possiblement faire une coalition nationale avec la CDU, qui est la droite allemande, classique.

Et ça, ça me convient bien, cette capacité pour des écologistes de dire, moi, je fais avec les plus écolos du champ politique, pas forcément avec ceux qui sont à gauche et jamais à droite. C'est idiot dès lors qu'on peut faire avancer les questions d'écologie. Et donc, en France, j'ai une difficulté, effectivement, à trouver un chemin où l'écologie est, on va dire, pragmatique et réaliste. Et c'est vrai que les Verts sont incapables de faire ça.

9:10
Présentateur

Ils sont idéologues ?

9:11
Yann Wehrling

Ils sont d'abord très, très, très à gauche. Donc, ils sont incapables d'envisager une seule seconde de travailler avec des gens de droite juste parce qu'ils sont de droite. Alors que parfois, les gens de droite sont plus écolos que les gens de gauche.

9:21
Présentateur

Justement, est-ce que ce n'est pas un frein à l'écologie ? Ça y est, à la préservation de la biodiversité, à la décarbonation, effectivement.

9:28
Yann Wehrling

Ce qui est un frein, c'est de ne pas essayer de faire des choses. C'est de rester dans l'incantation, de dire, il n'y a qu'à Faucon et de ne pas faire. Et de laisser les autres faire et les critiquer parce qu'ils ne font pas assez. Il faut être avec dans les coalitions pour faire et faire en sorte que ça change de l'intérieur et pas juste d'être dans le commentaire. Ça, ça ne sert à rien.

9:44
Présentateur

Oui, vous vous battez depuis longtemps pour une troisième voie qui passerait par un rapprochement, par exemple, des verts avec le modem, je crois.

9:50
Yann Wehrling

Les gruneuses à la française, c'est ce à quoi j'aspire, un parti vert centriste.

9:55
Présentateur

Est-ce qu'un parti écologiste rencontre des limites en se cantonnant à un combat qui concerne la biodiversité, un urbanisme peut-être plus vert, plus social ? Est-ce qu'il y a... Est-ce qu'un parti écologiste a les ressources nécessaires pour devenir le premier parti de France ou l'un des premiers partis de France à partie de gouvernement ?

10:18
Yann Wehrling

Moi, je ne vois pas d'objection à ça. Chaque parti a... Quand on regarde l'histoire des partis politiques, il y a toujours, on va dire, un élément déterminant, une ligne forte. Au siècle dernier, les partis de gauche se sont fondés sur la lutte sociale, sur le fait que c'est le droit des ouvriers, le droit des travailleurs qui devaient... qui avaient justifié la création de ces partis de gauche pour ensuite prendre le pouvoir. Après, forcément, à l'exercice du pouvoir, on doit gérer toutes les choses de la société. Mais il y a toujours une ligne force.

Qu'aujourd'hui, dans l'ère du temps dans lequel on est, avec cette dégradation de la planète, que ce soit sur le climat ou la biodiversité, la question de l'écologie devienne le sujet principal d'un parti, ça n'est pas un problème. Après, s'il accède au pouvoir, ce qui est la décision à un moment donné du peuple, de décider qu'un parti écologiste peut être au pouvoir, comme en Allemagne, ça peut être le cas demain, ils auront à faire une coalition, à construire un gouvernement, et il faudra gérer toutes les choses de la société. Mais la ligne directrice, ce sera l'environnement et ça ne pose aucun problème à mon avis aujourd'hui.

11:20
Présentateur

Un point effectivement sur votre tâche en tant qu'ambassadeur à l'environnement, vous vous concentriez principalement sur la biodiversité. Vous pouvez élaborer un petit peu quel était votre rôle d'ambassadeur à l'environnement ?

11:33
Yann Wehrling

Les sujets de biodiversité à l'international, c'est d'abord de gérer un certain nombre de conventions internationales qui existent et qu'il faut régulièrement mettre à jour. Il y en a une, par exemple, la convention biodiversité est un document qui est signé par 195 États sur la planète et qui existe depuis 1992. Donc, simplement, tous les 10 ans, il faut le réécrire. Là, c'était à l'ordre du jour. On devait se retrouver à la fin de l'année pour réécrire cette convention biodiversité. Donc, mon travail, il est de faire en sorte qu'on se mette d'accord sur des objectifs comme on l'a fait pour les accords de Paris sur le climat.

On devait faire et on doit toujours, c'est toujours à l'ordre du jour, faire cette même convention pour la biodiversité. C'est-à-dire, en fait, se mettre d'accord sur des objectifs de réduction des pressions qui détruisent aujourd'hui la biodiversité. Donc, la destruction des habitats naturels, les pollutions plastiques, les positions chimiques, tout ça, ce sont des choses qui sont écrites dans ces documents et l'objectif, il est de faire en sorte qu'on se mette tous d'accord pour réduire ces pressions et ces atteintes à la biodiversité.

12:43
Présentateur

Et comment est-ce que Valérie Pécresse, elle va agir là-dessus en Ile-de-France ?

12:47
Yann Wehrling

Alors, ça, c'est un autre niveau. Là, on était sur l'international. On aurait pu redescendre en intermédiaire, en strata, sur ce qu'on fait au niveau national et au niveau local. Évidemment, chacun, c'est comme pour le climat. Chacun peut avoir des responsabilités et peut avoir des choses à faire. L'international, c'est un peu abstrait, c'est un peu lointain, c'est des grands objectifs internationaux et ensuite, on décline. Pour le climat, par exemple, on a décidé au niveau international que la question qui était valable pour tout le monde, c'est réduire les gaz à effet de serre.

Au niveau de la biodiversité, ce sera réduire, par exemple, les pollutions plastiques, réduire la pollution chimique, réduire la surpêche, réduire la destruction des forêts tropicales. Et du coup, au niveau régional, là ? Alors au niveau régional, ce qui est intéressant avec la biodiversité, c'est qu'en fait, on peut agir vraiment... La biodiversité, c'est quelque chose qui existe localement. C'est une forêt tropicale, elle est localisée, elle est à un endroit donné, elle n'est pas chez nous. Nous, on a une biodiversité au niveau de l'Île-de-France qui peut être préservée aussi. On a des animaux, des végétaux qui sont à préserver.

Donc, on peut mener des politiques très intéressantes au niveau de la région Île-de-France. Par exemple, moi, je plaide beaucoup pour qu'on fasse de la renaturation à un certain nombre d'endroits, notamment au bord des cours d'eau. Quand vous remettez en place, par exemple, des zones humides, c'est-à-dire des marais qui ont été asséchées, vous remettez en place des zones humides au bord des rivières. Tout ce que ça permet, c'est que quand il y a des crues et on en a régulièrement, l'eau, plutôt qu'elle file tout droit et qu'elle envahisse des lotissements, des zones habitées, elle se répand dans ces zones humides et elle est absorbée par la nature d'une certaine manière. Et donc, vous,

14:24
Présentateur

si vous aviez toutes les cartes en main, quelles seraient vos premières mesures ?

14:29
Yann Wehrling

Là, dans le programme qu'on a mis en place avec Valérie Pécresse, on a mis un certain nombre de choses qui, pour moi, sont assez importantes. Je vous ai parlé de la renaturation et les cours d'eau parce qu'on a des problèmes de crues qui vont arriver de plus en plus souvent. on a mis dans notre programme le fait de mettre en place une ceinture maraîchère. Une ceinture maraîchère, si vous visiez à l'île de France, vous avez Paris, vous avez la première couronne, donc c'est encore très urbanisé, puis vous avez la grande couronne où il y a beaucoup de zones rurales. Mais le problème, c'est que dans ces zones rurales, aujourd'hui, on fait essentiellement de la céréale en agriculture.

Or, ce qui pourrait être utile et intéressant, c'est qu'on transforme un certain nombre de champs, de cultures de céréales en culture maraîchère pour faire des fruits et des légumes qui seront justement pour les gens qui habitent ici. Donc, agriculture de proximité et moins de dépendance à des produits qui viennent de loin. Et puis, tout à fait favorable aussi aux questions d'environnement, on a un projet de mettre en place des autoroutes à vélo.

15:23
Présentateur

Oui, et puis il ne faut peut-être pas d'enfants, il faut pouvoir aussi avoir peut-être un vélo électrique parce que sinon, tout le monde n'a pas les moyens. Oui, bien sûr. Ce n'est pas évident non plus.

15:31
Yann Wehrling

Ce n'est pas évident sauf que ça évolue très vite. Je veux dire, avec le confinement et avec le télétravail, les choses ont beaucoup bougé et la pratique du vélo a beaucoup augmenté. Et donc, il faut s'adapter à ça. Ce n'est pas seulement parce qu'on le veut en termes de politique publique, c'est aussi parce que les gens le veulent. Ils veulent circuler davantage à vélo. Mais pour qu'ils puissent circuler davantage à vélo, il faut deux choses. Il faut effectivement des voies faciles d'accès et sécurisées, pas mélangées à la circulation routière.

Et puis, il faut effectivement peut-être des engins qui soient un peu le mix entre un deux roux moteur et un vélo classique, c'est-à-dire le vélo électrique. Et ça, c'est vraiment une révolution qui est en train de s'opérer. De plus en plus de gens optent pour le vélo électrique. Et le vélo électrique, à la différence d'un vélo classique, c'est que vous pouvez faire des distances beaucoup plus importantes.

16:14
Présentateur

Mais pour le coup, les batteries des vélos électriques sont des batteries lithium-ion qui sont constituées avec les mêmes terres rares qui déforestent dont on parlait juste avant. Et pour le coup, les batteries lithium-ion, la filière de recyclage en France, elle est absolument inexistante quasiment.

16:26
Yann Wehrling

Il faudra la mettre en place. Et ça, c'est l'évolution de demain. Et là, vous avez raison, c'est de souligner que les batteries, ça va être un gros problème. Mais le cycliste qui prend son vélo électrique était peut-être quelqu'un qui avait une voiture avant, pas forcément un vélo. Donc, ce qui est intéressant avec l'augmentation du nombre de cyclistes, c'est qu'ils viennent bien de quelque part. Alors, soit ils désengorgent les transports en commun, soit ils étaient dans des voitures. Les deux sont... Une dernière question

16:52
Présentateur

sur un autre sujet avant d'aller vers la fin. Dès 2005, vous vous bâtiez déjà contre l'homophobie en participant à la Gay Pride. Que pensez-vous de la loi bioéthique sur la PMA pour toutes en ce moment ? Est-ce que vous êtes satisfait de l'évolution de la France sur les questions de bioéthique ?

17:06
Yann Wehrling

Oui, depuis 2005, depuis bien avant, j'ai fait toutes les Gay Pride depuis qu'elles existent. Je crois que c'était bien avant 2005, donc j'ai commencé. Mon idée depuis le début, c'est qu'il ne doit pas y avoir de différence de droit entre les personnes, qu'elles soient hétéro, homo ou quel que soit leur choix. Enfin non, ce n'est pas des choix, leur situation plutôt. Et il n'y a pas de raison et de justification pour qu'il y ait des différences de droit entre les personnes sur l'accès à un certain nombre de choses. D'abord, le mariage, ça a été une victoire mais ça n'était pas acquis. On n'a pas été le pays qui a été le premier non plus là-dessus. Donc on a eu le mariage pour tous.

Et puis maintenant, la PMA, pareil, c'était un accès à des droits. Mais la PMA, ce n'est pas qu'une revendication LGBT, c'est au-delà. C'est à un moment donné, c'est le fait qu'on puisse permettre à des personnes qui ont, quelle que soit encore une fois leur situation, de pouvoir avoir un enfant.

18:11
Présentateur

Pour aller vers la fin de l'interview, je vais vous poser les deux questions que nous posons à tous nos invités. D'abord, qui est-ce que vous aimeriez voir vous assis à votre place dans l'interview politique du crayon ?

18:20
Yann Wehrling

Essayer d'inviter Valérie Pécresse par exemple.

18:22
Présentateur

D'accord, c'est en cours. On espère qu'elle viendra. Vous nous aiderez à ça. Je vais lui dire, oui. Enfin, que vous évoque la phrase « trace tes contours » qui est le slogan du crayon ?

18:34
Yann Wehrling

Alors, pour moi, ça me parle parce que moi, je suis illustrateur par ailleurs de formation. Je dessinais et je dessine toujours et je continue de dessiner. Et donc, tracer un contour, c'est évidemment au-delà du geste de dessin. C'est une façon de se définir, de dire qui on est, de se positionner, de dire d'où on parle. et c'est important je trouve dans une vie de se dire quel va être mon engagement et quel justement est le contour de ma personne, de qui je suis et de comment je veux interagir et à quoi je veux servir finalement dans la société.

19:20
Présentateur

Merci Yann Verling d'être venu porter vos engagements au crayon. J'espère que cette vidéo vous aura plu. N'hésitez pas à nous le faire savoir en commentaire et si c'est le cas à vous abonner. On se retrouve dès mardi prochain pour une prochaine interview politique. Ciao.