Interview de Vincent JEANBRUN - Ministre de la Ville et du Logement | Sommet des Métropoles
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
Votre projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement a été adopté en commission des affaires économiques le 24 septembre dernier. Est-ce que vous êtes confiant sur le sort de votre texte avant la présidentielle ?
- 2:54OuverteRéponse partielle
Le choc d'offre justement, est-ce que vous avez prévu d'autres amendements aussi gouvernementaux dans le projet logement lors de l'arrivée en séance publique ?
- 5:29OuverteRéponse directe
Comment éviter l'écueil de la loi Uvart qui a complexifié certains aspects ?
- 7:32OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous faut encore pour convaincre ceux qui voudraient pas voter le projet de loi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:14Vincent JEANBRUNFait
« il y a une crise du logement. Cette crise du logement nécessite qu'on se fixe un objectif. C'est le cap que nous a fixé le premier ministre, de créer 2 millions de logements d'ici 2030. »
- 4:49Vincent JEANBRUNChiffre
« quand on a investi 1 € d'argent public dans le logement. Il est bon de rappeler que ça rapporte plus qu'un euro d'argent public à l'État et aux collectivités locales. »
- 5:29Vincent JEANBRUNFait
« il faut pas confondre, essayer de gagner du temps et être plus efficace et tout déréguler. »
- 6:51Vincent JEANBRUNFait
« on veut du bâtiment de qualité en terme de performance thermique, en terme d'accessibilité, en terme de sécurité. En revanche, on veut être capable de le sortir de terre plus vite. »
Temps de parole
- ?100 %
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[musique]
Et nous sommes de retour au sommet des métropoles diffusé en direct sur latine.fr et sur BFM Business aussi en différé. Nous sommes avec le ministre du logement. Bonjour Vincent Jambrin. Bonjour. Merci d'être avec nous. Votre projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement a été adopté en commission des affaires économiques le 24 septembre dernier. Il a déjà été adopté par le Sénat mais il va arriver en séance publique au palais Bourbon en novembre. Et l'idée est de confier à la fois davantage de pouvoir aux autorités locales ici représentées par les présidents de métropole, maire de Grande-ville, mais aussi de simplifier les règles d'urbanisme.
On vient de parler du rôle des architectes des bâtiments de France, on va en reparler, mais aussi de créer un NRU 3, une agence nationale pour l'innovation urbaine. On aurait pu dire que Clément Lecuive vient de débaucher la DG de l'enrue pour CDC habitat. Et enfin, il y aura un volet réforme du DPE, du diagnostic de performance énergétique. Voilà, vaste programme pour ce projet de loi. Est-ce que vous êtes confiant sur le sort de votre texte avant la présidentielle ? Bonjour à toutes et à tous.
Bah, moi, je suis confiant dans la mobilisation des élus locaux qui sont et d'ailleurs, on l'a vu dans le travail au Sénat et dans le travail en commission en capacité de de dire leur vérité du terrain à leurs parlementaires. Et en ça, évidemment, les métropoles ont un rôle clé. Et je veux saluer évidemment Jean-Luc et toutes les équipes du bureau de de France urbaine parce que on sait qu'il y a eu un un vrai mouvement de mobilisation pour dire évidemment il y a des choses qui peuvent faire débat mais il y a des impératifs dans ce projet de loi. L'en rue évidemment en est un et on en a beaucoup parlé au congrès des HLM la semaine dernière chez chez Emmanuel Cos.
On a euh des outils dans ce projet de loi qui sont de nature à relancer le logement et on en parle régulièrement avec ce que j'appelle l'équipe de France du logement. Donc vous avez invité quelques visages ici notamment. Je voudrais saluer Frédéric Carré président de la Fédération française du bâtiment. On on a besoin de de faire entendre cette voix du terrain à nos parlementaires. Et oui, le travail en commission en tout cas nous permet d'espérer. Euh évidemment, rien n'est jamais acquis. Et je veux dire deux choses.
La première, la capacité de ce texte à passer dépendra aussi de la mobilisation des parlementaires parce que il faut qu'il soit présent pour que ce texte soit bien débattu et bien voté. Et puis on est aussi dans une période, ça a été dit, budgétaire. Et effectivement euh s'il y a pas de budget, la vérité c'est qu'il y aura pas le projet de loi derrière. Et donc le sort des deux est quand même évidemment lié. Or, dans ce budget, il y a aussi des choses importantes.
Ça a été dit tout à l'heure par Edward sur la nécessité de prolonger par exemple le prê zéro, ce qui est là inscrit dans la copie du gouvernement, d'inventer cette nouveauté, le fameux préato parentalité qui est un nouvel outil et qui est de nature à permettre à des familles qui auraient déjà été propriétaires dans leur vie et qui auraient même pu être déjà bénéficiaire du préato zéro classique, d'avoir à nouveau un droit d'être soutenu pour une nouvelle acquisition dès l'instant. temps où il y a un enfant, un être et jusqu'au 3 ans de l'enfant. En tout cas, c'est comme ça que c'est proposé aujourd'hui dans la copie.
Donc c'est c'est nature à aider et accompagner grandement ce nécessaire choc d'offre du logement. Le choc d'offre justement, est-ce que vous avez prévu d'autres amendements aussi gouvernementaux dans le dans votre projet logement lors de l'arrivée en séance publique qui n'était pas à la base et non pour nourrir encore plus le texte. Je vais peut-être pas vous faire d'annonce aujourd'hui. Ah si c'est pas ça c'est ce genre de table.
Non, ce qui est sûr, c'est que déjà dans le budget et on a eu l'occasion de le dire longuement au congrès HLM, il y a aussi des efforts qui sont faits à l'intention du monde du du logement social et on en a parlé y compris avec la caisse et avec CDC habitat, on a évidemment besoin pour relancer le logement de s'appuyer sur nos deux jambes que sont et le logement privé et évidemment le logement social qui a un rôle contrecyclique majeur et pour ça il faut les aider et les accompagner. Ensuite, sur le projet de loi relance, ça a été un peu dessiné par Frédéric Caré. Il y a une attente aujourd'hui.
Il y a une attente dans le pays, il y a une attente des élus locaux, il y a une attente des professionnels. Pourquoi il y a eu ce projet de loi ? Si on revient aux fondamentaux, c'est parce que il y a une crise du logement. Cette crise du logement nécessite qu'on se fixe un objectif. C'est le cap que nous a fixé le premier ministre, de créer 2 millions de logements d'ici 2030. Mais avec ce que j'appelle l'équipe de France du logement, on s'est mis autour de la table et on s'est dit est-ce que c'est possible en l'état actuel des choses ? La réponse a été non. Évidemment non. Non parce que les choses sont trop complexes, il nous faut un choc de simplification.
Non parce que la rénovation est trop compliquée, il faut accompagner la rénovation. Non parce qu'aujourd'hui les Français ces dernières années c'était détournés de l'investissement dans la pierre. Il faut leur redonner le goût à l'investissement dans la pierre et c'est pour ça qu'il y a des dispositifs qui arrivent. Donc ce tout ce contexte là, il est essentiel et c'est parce qu'il y a ce projet de loi relance logement qu'on peut se donner vraiment les moyens d'atteindre nos objectifs de relance. Et moi, j'entends beaucoup de professionnels qui nous disent il y a certains paramètres qui ont changé comme par exemple les taux et donc il faut qu'on puisse se mettre au niveau.
On aura ce débat avec les parlementaires évidemment mais euh on aime à rappeler régulièrement les uns les autres une évidence statistique portée par l'INC quand on a investi 1 € d'argent public dans le logement. Il est bon de rappeler que ça rapporte plus qu'un euro d'argent public à l'État et aux collectivités locales. Il y a pas beaucoup de politiques publiques qui le permettent. Ça serait dommage de s'en priver. Parler de simplification, on a vu certains projets de loi ou même profession de loi, la loi Uvart sur la simplification de l'urbanisme et du logement il y a un an et demi qui d'un côté a créé de la simplification et de l'autre on a complexifié d'autres. Comment éviter cet écueil ?
Ah, ça c'est un vaste sujet. En tout cas, moi je serais toujours le défenseur de la simplification. Euh il faut pas confondre, essayer de gagner du temps et être plus efficace et tout déréguler. On a parlé tout à l'heure de de canicules.
Bien sûr qu'il faut des normes en fait, faut des règles du jeu qui soient clair si possible et plus stable possible parce que là aussi les entreprises nous disent "Arrêtez de changer les curseurs tous les matins." Mais au même titre que tout le monde comprend qu'il y a une règle du jeu qui disent que quand on met en location un logement, il y a un chauffage dedans et on doit pouvoir assurer une certaine température l'hiver, on doit pouvoir se dire bah il y aurait une logique. Est-ce qu'il y a des normes qui fassent que ce soit habitable l'été comme le disait Emmanuel C tout à l'heure ? Donc faut pas être antinorme.
Par contre, faut être antinorme inutile, faut être anti yoyo des normes et faut par contre écraser toute la bureaucratie qui vient en amont. Euh vous aviez ce matin à l'ouverture Jean-Louis Borlot que je salue et qui est toujours de bons conseils. Il nous dit il faut un peu moins de petits hommes gris et beaucoup plus de faiseurs et donc de production. Il faut qu'on aille sur la délivrance des choses. Ce qui signifie que quand je parle souvent des Jeux Olympiques du logement, je dis pas qu'on va construire baclé ou qu'on construirait avec moins d'exigence sur la qualité du bâti.
Non, on veut du bâtiment de qualité en terme de performance thermique, en terme d'accessibilité, en terme de sécurité. En revanche, on veut être capable de le sortir de terre plus vite. C'est ça les Jeux Olympiques du logement ou le Notre Dame de la Construction. Et là-dessus, il faut qu'on aille beaucoup beaucoup plus loin. Les fameuses opérations d'intérêt local pour [grognement] accélérer les procédures. Exactement. Il y a différents dispositifs dans le projet de loi et notamment celui-ci.
On avait aussi l'article 2 qu'on espère bien remettre en séance qui a été supprimé en commission parce que je pense qu' certains n'avaient pas bien lu ce qu'il y avait dedans mais qui est de nature aussi à faire gagner quelques mois précieux dans des projets et donc ça fait partie des combats qu'on va mener en séance d'ici la fin de l'année. Qu'est-ce qui vous qu'est-ce qu' vous faut encore pour convaincre ceux qui voudraient pas voter le projet de loi ? C'est une vaste question, mais j'ai plutôt envie de dire est-ce que oui ou non on atteint nos objectifs en matière de simplification. Il y a des avancées notables, on vient de se le dire.
Il y a des outils pour inciter fortement les Français à investir dans le neuf et dans l'ancien. On a des outils, c'est peut-être le point le plus important de décentralisation qui en vocation a donné plus de pouvoir aux collectivités locales et particulièrement aux métropoles et aux agglomérations. L'idée étant et je sais pas s'il y a beaucoup de ministres qui viendront vous dire ça, qu'on arrête de tout décider depuis un bureau à Paris. L'idée c'est qu'on puisse redonner du pouvoir aux élus locaux à l'échelle des bassins de vie.
Et ça c'est très important en se disant une chose simple, c'est que on ne vit pas tout à fait de la même façon en région parisienne, monsieur le président de la métropole du Grand Paris ou à Toulouse, monsieur le président ou à Dijon, madame peut-être madame la maire, peut-être madame la présidente de Métropole, madame la maire de Dijon. Et donc euh j'ai pas voulu de faire d'annonce particulière euh mais en tout état de cause, il faut ramener les les décisions autour de la politique du logement, au plus près de nos concitoyens, au plus près des élus locaux, à la juste échelle des bassins de vie. Et c'est un combat qui est porté dans ce texte de loi.
Ce que j'ai une conviction, c'est que si on embarque les élus locaux, s'ils ont envie euh de de d'être dans l'équipe qui qui se sentent mis en responsabilité avec des outils pour porter l'aide à la pierre, l'aide à la rénovation, différents zonages, alors on est en capacité de faire en sorte que toute l'équipe du logement soit soit au rendez-vous et qu'on trouve des solutions pour les Français qui n'arrivent pas à se loger parce que c'est quand même ça qui doit nous obséder aujourd'hui. Madame la maire de Renn et présidente de Ren Métropole a longtemps porté ce sujets au sein de France urbaine. L'autorité organisatrice l'autorité organisatrice de l'habitat qui longtemps était une coquiville.
Là c'est la promesse d'en faire quelque chose aur des aides à la pierre, des aides à l'innovation, peut-être même des aides que sais-je euh à la place de l'AN concrètement. Et la question des des zonages aussi que que vous soyez vraiment au cœur de la réflexion et que l'avis soit systématiquement exigé et demandé pour que vous puissiez être en capacité de de d'assouplir certaines règles. Moi, je il y a pas une semaine où il y a pas des élus locaux qui sollicitent un rendez-vous avec le ministre. Enfin, vous rendez compte de la la procédure que ça représente pour dire "Bah moi, en fait, dans mon territoire, je suis encore en zonage C, donc les plafonds m'empêchent de produire.
on narrive pas à sortir des opérations de logements sociaux et en même temps je suis sur le coup de la loi SRU, j'essaie de faire des efforts mais ça sort pas, qu'est-ce qu'on fait et cetera. Enfin, mettez-vous à la place d'un d'un maire, d'une petite commune qui doit entamer ce genre de démarche. Non, il faut que ce soit à une échelle beaucoup plus proche du terrain et effectivement à Ren ou ailleurs, il faut qu'on vous donne la capacité à agir. Les capacités à agir, c'est le mot de la fin. Merci monsieur le ministre. Merci à vous et bon anniversaire à France urbaine.