Violences du 17 octobre, intervention d'Emmanuel Macron... Le "8h30 franceinfo" de Frédéric Péchenard
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Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
On apprend que Laurent Nunez a présenté sa démission à Emmanuel Macron à la suite des violences survenues samedi. Démission refusée. Est-ce que ce n'est pas du bon sens que de refuser une démission alors que le pays traverse une crise sécuritaire ?
- 1:16RelanceRéponse directe
C'est un sursis selon vous ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Vous dites que Laurent Nunez connaît très bien la maison. Et pourtant, on va voir quel bilan vous faites de ce week-end, mais certains parlent de fiasco.
- 2:38RelanceRéponse partielle
Mais on peut connaître très bien la maison, être un ancien, avoir dirigé la police pendant des années, et ne pas anticiper ce genre de choses. Comment on en arrive là ?
- 4:39RelanceRéponse partielle
Vous dites qu'il y a un problème de renseignement. Le problème semble cerner. Mais comment ça se fait ? On arrive en général assez bien à anticiper déjà le nombre de manifestants. Là, ça n'a pas été le cas, ça a été très largement sous-estimé.
- 6:24RelanceRéponse directe
Parce que l'anticipation, je vais vous donner les chiffres quand même : les autorités avaient évalué à un peu moins de 200 000 personnes les manifestants en France la veille de la mobilisation. Et finalement, 550 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur. Comment c'est possible ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:13Locuteur non identifiéFait
« C'est un aveu d'échec. »
- 2:51Locuteur non identifiéFait
« Le trou, en fait, ça a été le renseignement. »
- 3:20Locuteur non identifiéFait
« Concrètement, on avait, en même temps, et c'est ça qui est extrêmement difficile, en même temps, des manifestants qui ont manifesté, d'ailleurs, c'est passé complètement à l'as, leur manifestation, mais des manifestants qui venaient juste pour manifester, ce qui est un droit constitutionnel. »
- 3:39Locuteur non identifiéFait
« Par ailleurs, vous avez des militants de l'ultra-gauche qui sont venus pour casser, pour attaquer des policiers, etc. »
- 4:16Locuteur non identifiéFait
« Là, ils ont agi de manière complètement différente, c'est-à-dire qu'ils étaient en début de cortège et pas dans le cortège. »
- 5:05Locuteur non identifiéFait
« Le trou dans la raquette, il est probablement, en partie, dans les difficultés juridiques qu'il y a pour les services de renseignement à procéder à des interceptions techniques. »
- 7:21Locuteur non identifiéFait
« Aujourd'hui, notre service d'enseignement territorial n'a pas possibilité d'avoir un accès aux messageries cryptées. »
- 10:24Locuteur non identifiéFait
« Le plus difficile qu'on ait vu jusqu'à présent c'était les Gilets jaunes. »
- 10:41Locuteur non identifiéFait
« Je pense à la maison de mon ami Vincent Jean-Brun qui était à l'époque maire de la Lirose qui a été incendiée alors que sa femme et ses deux enfants étaient à l'intérieur. »
Temps de parole
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Bonjour Frédéric Péchenard. Bonjour. Et bienvenue sur France Info. Bonjour Agathe.
Bonjour, bonjour Frédéric Péchenard.
On apprend, Frédéric Péchenard, ce matin que donc Laurent Nunez a présenté sa démission à Emmanuel Macron à la suite des émeutes, des pillages, des violences survenues samedi à Paris, à Lyon, à Marseille et dans d'autres villes de France. Démission refusée par Emmanuel Macron. Est-ce que ce n'est pas du bon sens que de refuser une démission alors que le pays traverse une crise
sécuritaire ? Oui,
oui,
bien sûr, je partage tout à fait ça. Le ministre de
l
'Intérieur a été mis en cause hier soir par le président de la République. Assez logiquement, il en a tiré une conclusion, c'était qu'il n'avait plus la confiance du président puisqu'il était mis en cause, ou en tout cas ses services. Il a présenté sa démission, le président l
'a
refusée, ce qui me paraît effectivement une bonne chose. Le ministre de l'Intérieur actuel est un professionnel. Il a servi dans de nombreux postes de policier ou incluant la police et notamment un préfecture de police. Il connaît très bien la maison. Ça serait probablement une erreur de s'en séparer maintenant à quelques mois d'une échéance importante. Le temps que le nouveau ministre de
l
'Intérieur se mette au niveau, enfin bon bref, ce n
'est
pas une bonne idée. Et je pense que c'est bien que sa démission ait été refusée. C'est un sursis selon vous
? Emmanuel Macron,
en tout cas l'Elysée, dit compte tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel. On sent bien que ce n
'est
pas une confiance aveugle.
C
'est-à
-dire
que je pense que le président de la République est prudent et que comme on ne sait pas exactement comment les choses vont tourner, il se laisse une marge de manœuvre. A priori, tout de même, c'est une équipe qui devrait aller jusqu'à l'élection présidentielle.
Ça, c'est ce que vous pensez. C'est intéressant parce que vous dites que Laurent Nunez connaît très bien la maison. Et pourtant, on va voir quel bilan vous faites de ce week-end, mais certains parlent de fiasco. Et le ministre de l'Intérieur a reconnu ceci sur France Inter tout à l'heure.
Oui, samedi, dans certaines grandes villes. Vous ne pouvez pas regarder des commerçants en face quand vous avez des centaines de commerces qui ont été pillés et dire qu'on n
'a
pas perdu le contrôle sur certaines de ces grandes villes.
Mais vous vous rendez compte ? On
a perdu le contrôle sur certaines grandes villes. Frédéric Pêchenard, quel aveu d'échec ? C'est rare qu'un ministre de l'Intérieur en arrive là
?
Oui, c'est un aveu d'échec.
Et
puis c'est un constat. Moi, je suis parisien, j'habite Paris, j'ai vu ce qui s'était passé ce week-end, et y compris hier soir, après la journée de samedi,
y
compris hier soir, qui a continué. On a vu des émeutiers, on a vu des casseurs à force ouverte, qui sont les rois dans les rues de Paris. Oui, bien sûr, c'est un constat d'échec du ministère de l'Intérieur.
Mais on peut connaître très bien la maison, être un ancien, avoir dirigé la police pendant des années, et ne pas anticiper ce genre de choses. Comment on en arrive là ?
D'abord, la preuve, c'est que c'est effectivement ce qui s'est passé, donc c'est possible. Alors après, si on essaye de réfléchir un petit peu à comment c'est possible, on voit bien que le trou, en fait, ça a été le renseignement. Je crois qu'il y a plusieurs personnes qui l'ont dit, mais fondamentalement...
Ça a commencé
par Emmanuel Macron lui-même, d'ailleurs, ce matin. Oui.
Mais le trou,
ça
a été le renseignement. Alors, je ne suis certainement pas là pour donner des bons points ou des mauvais points, pour dire qu'ils ont eu tort, qu
'ils
ont eu raison. Ce n
'est
pas quelque chose qui est facile, mais c'est absolument nécessaire, quand vous avez
une
nébuleuse comme ça, d'avoir un renseignement important et précis. Concrètement, on avait, en même temps, et c'est ça qui est extrêmement difficile, en même temps, des manifestants qui ont manifesté, d'ailleurs, c'est passé complètement à l'as, leur manifestation, mais des manifestants qui venaient juste pour manifester, ce qui est un droit constitutionnel. La police est là pour protéger, ça fait du maintien de l'ordre, pour protéger la manifestation. Voilà, c'est une chose. Par ailleurs, vous avez des militants de l'ultra-gauche qui sont venus pour casser, pour attaquer des policiers, etc.
Et enfin, là-dessus, c'est aussi quelque chose d'assez classique, des casseurs, des casseurs en très grand nombre qui ont pillé des magasins.
Ce
qui est très différent par rapport à d'habitude, si j'ose dire, c'est que jusqu'à présent, les militants de l'ultra-gauche, qu'on appelle les Black Blocs, ils étaient à l'intérieur de
la
manifestation, protégés à l'intérieur de
la
manifestation, et puis ils sortent de la manif pour attaquer les policiers, pour frapper, pour mettre le feu, puis ils rentrent dans la manifestation pour être à nouveau protégés. Ce qui fait que toutes les difficultés arrivent généralement en fin de cortège.
Et
là,
ils
ont agi de manière complètement différente,
c'est
-à
-dire
qu'ils étaient en début de cortège et pas dans le cortège.
Dès la place de la République,
il y a
eu
des... Tout de suite.
Avant même que le cortège soit là, il y
a
eu des multiples groupes qui se sont constitués d'ailleurs un peu partout dans Paris, et évidemment, la réponse policière a tardé à venir, a été incomplète
parce qu
'elle n'était pas prévue. Alors justement, moi c'est ça que je n'arrive pas bien à comprendre. Vous dites, il y
a
un problème de renseignement,
et
effectivement, d'autres personnes l'ont dit, etc. Le problème semble cerner. Mais comment ça se fait ? On arrive en général assez bien à anticiper déjà le nombre de manifestants. Là, ça n'a pas été le cas, ça a été très largement sous-estimé. Et à envisager les actions violentes. Le renseignement a parlé du risque d'actions violentes. Mais pourquoi on n'y est pas arrivé ? Il est où le trou dans la raquette ? Le trou
dans la raquette, il est probablement, en partie, dans les difficultés juridiques qu'il y a pour les services de renseignement à procéder à des interceptions techniques. Concrètement, aujourd'hui, vous avez par exemple sur Paris, puisque c'est un sujet que je connais particulièrement, je suis élu de la région, mais je suis aussi élu parisien, vous avez des caméras de vidéoprotection, un petit peu partout, mais nous n'avons pas le droit d'avoir de l'intelligence artificielle. C'est-à-dire que les gens qui regardent les caméras sont obligés de regarder toutes les caméras en même temps. L'intelligence artificielle qu'on avait eue, on avait eu l'autorisation... Vous
parlez quoi de la reconnaissance
faciale
? Non, non,
pas du tout. L'intelligence artificielle, nous avions eu l'autorisation, pendant les Jeux Olympiques, de le faire. C'est-à-dire, il se passe quelque chose, par exemple, des gens qui courent, par exemple, des gens qui tombent, par exemple, un... Mais
ça, ça n'aurait pas
permis d'anticiper
davantage,
Frédéric.
Laissez-moi terminer. Un colis abandonné, et à ce moment-là, ça vient directement devant l'opérateur, qui donc peut réagir immédiatement. Oui, d'accord. Nous avions demandé, nous, républicains, nous avons demandé la continuation de cette expérimentation, qui a été arrêtée, puis finalement a été revotée pour les Jeux Olympiques d'hiver. Mais on voit bien qu'il
y
a une première difficulté. On a besoin de ces caméras, il y
en
a besoin d'intelligence artificielle, pour pouvoir savoir ce qui se passe en temps réel.
Ça, c'est
en temps réel. Parce que l'anticipation, je vais vous donner les chiffres quand même, parce que les autorités avaient évalué à un peu moins de 200 000 personnes, les manifestants, en France, la veille de la mobilisation. Et encore, c'était une prévision qui venait d'être revue à la hausse, parce que à la base, c'était encore moins. Et finalement, 550 000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, versus 200 000 anticipées. Donc, comment c'est possible, pour reprendre la question d'Adrien, de se tromper à ce point ?
Alors,
l
'autre chose...
Après, ça
ne nous a pas échappé, que je ne suis plus directeur général de la police, et que je n
'ai
pas accès, comme tout un tas de personnes...
Vous savez
comment ça fonctionne
? Je sais comment ça fonctionne,
mais je n'ai pas accès à ce qu'ils écrivent, ni avant, ni après. Donc, je ne peux que supputer. Ce que je sais, c'est que, par exemple, pour travailler sur les Black Blocs, ou les casseurs, ils sont organisés d'une façon en nébuleuse, si vous voulez, il n
'y a
pas vraiment de chef, c'est nébuleuse, et ça transite beaucoup par les réseaux sociaux, et notamment par les messageries cryptées. Aujourd'hui, notre service d'enseignement territorial n'a pas possibilité d'avoir un accès aux messageries cryptées. Ce qui est un sujet, voilà. Pour
vous, il faut donner
aussi plus de moyens ?
Si on veut que la police soit efficace, il faut lui donner des moyens. Si on veut que le renseignement soit efficace,
il
faut lui donner des moyens. Là, visiblement,
c'est
ce que je pense en tout cas, les moyens ont péché. Vous savez, je trouve qu
'il
y
a
beaucoup de critiques en ce moment sur la police, et moi je suis venu sur votre antenne, notamment pour défendre la police, parce que je trouve que c'est une institution remarquable qui mérite d'être défendue, mais à chaque fois qu'il y a des difficultés comme ça, je pense au dictionnaire des idées reçues de Flaubert, la police s'y a marqué « a toujours tort ». Voilà, c'est un petit peu ça qui peut
être un peu pénible. Et on va parler des
policiers qui sont mis en cause, mais vous nous disiez que là, c'était assez inédit parce que les Black Blocs étaient intervenus dès le début du cortège.
Absolument, cette stratégie est nouvelle, et probablement la
prochaine fois, la police ne se laissera pas surprendre de cette façon-là.
Qu'est
-ce
qu'on fait face à cela ? Parce que le Président, justement, demande à Laurent Nunez, au plus vite sur le terrain, de nouveaux modes d'action contre les casseurs,
qu
'est-ce qu'on peut faire pour mieux cerner ce nouveau type de mobilisation ?
Je vous dis, il faut avoir... Il faut plusieurs choses pour réussir quelque chose dans la police. Il faut d'abord des moyens. Bien sûr, c'est important, des moyens humains, des moyens techniques. Et puis, il faut une volonté politique forte.
Vous
ne pouvez pas faire du en même temps tout le temps. Vous ne pouvez pas, le lundi, reprocher à la police son manque d'empathie et le mardi, expliquer que la police n'est pas assez présente et pas assez
dure. C
'est
vraiment
ça à jouer, le fait que certains le disent, Emmanuel Macron, avec ces mots sur la police,
ça
manquait d'empathie face au mouvement des lycéens. Ça, vraiment, ça joue dans la doctrine mise en place par le ministre de l'Intérieur pour la journée de
17 ? Je
sais une chose pour avoir été policier pendant plus de 30 ans, c'est que la police a besoin d'avoir des ordres clairs. Voilà. Des ordres républicains, des ordres qui sont naturellement, il ne
s
'agit pas d'accepter des ordres qui ne seraient pas acceptables, mais des ordres clairs. On fait, on ne fait pas, on y va, on n'y va pas. Et vous savez, ce qui est difficile, c'est que quand vous êtes en action de police, c'est vrai pour le maintien de l'ordre,
c
'est vrai également en police judiciaire, c'est vrai lors d'un contrôle d'identité, quand vous êtes en action de police et que ça se passe mal, vous avez généralement une seconde, deux secondes pour réagir, pour réfléchir. Et après, vous avez des gens qui sont confortablement assis dans leur fauteuil, comme moi aujourd'hui, qui vont disserter à l'infini sur ce qu'il aurait fallu faire, etc. Alors que le policier sur le terrain ou la policière, ils sont obligés d'avoir une réaction qui est immédiate et qui parfois peut être maladroisse, voire illégale. Simplement,
sur les nouveaux modes d'action sur lesquels Agathe vous a interrogé, certains évoquent de nouvelles manifestations possibles dans les prochains jours. Le maire de Lyon qui était ce matin sur France Info, Grégory Doucet, nous confiait qu'il craignait que de potentielles émeutes se poursuivent. Est-ce qu'il est possible d'inverser la vapeur, de mettre en place un certain nombre de décisions, de moyens, rapidement, dans
les tout prochains jours ? Bien sûr, mais on l'a vu alors on a malheureusement pas mal d'expériences depuis dix ans dans le domaine du maintien de l'ordre difficile. Le plus difficile qu'on ait vu jusqu'à présent c'était les Gilets jaunes. Pourquoi ? D'abord les Gilets jaunes ont été un mouvement qui a été extrêmement violent à certains moments et à certains endroits mais qui surtout a duré dans le temps tous les samedis pendant un an. Et puis on a eu les émeutes de 2023. Je vous rappelle que des mairies aussi ont été incendiées.
Je pense à la maison de mon ami Vincent Jean-Brun qui était à l'époque maire de la Lirose qui a été incendiée alors que sa femme et ses deux enfants étaient à l'intérieur. Donc on voit bien que malheureusement la police a l'habitude de ce genre de choses. Bien sûr on va reprendre la main. Je n
'ai
aucun doute là-dessus. Je suis inquiet des six mois à venir parce que je ne comprends pas bien cette agitation sociale maintenant alors qu'on est dans une démocratie. Une démocratie c'est un endroit où on vote et quand on a voté on change les choses. On l'a vu au cours des dernières années. Dans six mois il y
a
l'élection présidentielle dans sept mois il y aura une élection législative donc les cartes politiques vont être complètement rebattues. Donc on peut être très hostile au président de la République mais de toute manière dans six mois il ne
le sera plus. Vous
dites que vous êtes inquiet alors que vous avez quand même de la bouteille et que vous avez dirigé la police pendant des années aujourd'hui vous êtes inquiet.
Oui d'abord quand vous êtes policier par définition vous êtes toujours inquiet. Moi un policier qui me dirait tout va bien je ne
suis
pas inquiet ça ça m'inquiéterait encore plus. Donc je ne suis plus policier mais je travaille d'ailleurs toujours dans la réserve de la police nationale
mais
je pense qu'un chef policier il doit être inquiet en permanence parce qu'il doit être il doit voir les signaux faibles les montées en puissance des difficultés et autres. Mais quand même là je suis inquiet parce que je trouve qu'on a eu par rapport à ce qui a été prévu mais même par rapport à ce que moi je pouvais penser on a eu un nombre je ne
parle
pas des manifestants pacifiques une fois de plus ceux-là je les mets complètement de côté ils ont le droit de manifester ils manifestent c'est très bien
ils
sont protégés par la police et c'est parfait mais que ce soit ce qu'on appelle communément les black box c'est-à
-dire
la mouvance de l'ultra gauche ou que ce soit les casseurs j'ai été impressionné par leur nombre
et
par le fait que ça ait touché Paris Lyon-Marseille j'ai envie de dire comme d'habitude mais également des villes beaucoup plus petites à Orléans j'avais le préfet d'Orléans au téléphone parce que c'est un vieil ami et il me disait mais ils ont attaqué la préfecture à Limoges qu'est-ce qu'il y
a
de plus absurde que d'aller brûler une mairie la mairie c'est quoi c'est la maison du peuple les maires ils viennent d'être élus ils ont été élus par on est dans une république dans une démocratie ils ont été élus dans la mairie vous allez vous marier vous allez déclarer la naissance de votre enfant vous avez fait un certain nombre de choses quel sens ça a de brûler une mairie si ce n'est la volonté de tout casser et de tout détruire ce qui je trouve inquiétant à quelques mois d'une double action présidentielle et
législative vous restez avec nous Frédéric Pechenard question qu'on va vous poser juste après l'info en une minute l'état d'urgence proposé par Bruno Retailleau de chez vous d'ailleurs des républicains est-ce que ça a du sens est-ce que ça peut être efficace on voit ça donc juste après le rappel des titres
avec
Frédéric Pechenard vice-président de la région Île-de-France chargée de la sécurité ancien directeur de la police nationale on va parler de la réponse du président qui a pris la parole hier vous allez nous dire si c
'est
à la hauteur des enjeux mais d'abord hier de nouveau heure ont eu lieu place de la république la CRS8 qui est spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines a été engagée vous êtes membre de LR le patron de votre parti Bruno Retailleau demande l'état d'urgence est-ce qu'il faut en arriver là selon vous
oui
oui
je crois que Bruno Retailleau a eu raison j'ai été un peu déçu par la locution du président hier qui finalement n'a pas dit grand chose une fois la seule chose qu'il est dit c'est qu
'il
a réclamé des peines très sévères pour les manifestants mais il n'a aucune capacité à influer sur le cours de la justice les magistrats jugeront en leur âme et conscience et certainement pas en fonction des instructions du président de la république
l
'état d'urgence c'est un régime d'exception oui
c'est un régime d
'exception qui peut durer 12 jours avant donc l'idée c'est d'avoir que ce soit quelque chose d'assez court mais pendant ce temps-là le ministre intérieur et les préfets ont des pouvoirs un peu plus importants c'est pas dément mais un peu plus importants
perquisition administrative sans l'autorisation d'un juge
interdiction
de se déplacer interdiction de manifester voilà
des choses comme ça ça apporterait quoi de plus pardonnez-moi que la possibilité d'ores et déjà pour les préfets en lien avec les maires d'interdire certains rassemblements c'est un peu plus c'est un peu plus d'abord
il y
a
un aspect psychologique qui est important je pense qu'il faut il faut marquer les esprits là on a des ça c'est de
la
communication oui mais la communication c
'est
quelque chose qui est important personne ne peut dire le contraire surtout pas vous ici mais on a quand même des villes qui sont sinistrées avec des gens qui ont eu peur des commerçants qui ont tout perdu on peut dire que c'est pas grave c'est que des choses matérielles mais quand même il y a quelque chose qui est très important et je pense que décréter l'état d'urgence même pour quelques jours ça montre que l'état prend en compte ce qui s'est passé et puis ça permet quand même de faire des choses qu'on ne peut pas faire au quotidien par exemple interdire à certaines personnes d'aller dans une manifestation des gens qui sont connus pour leur violence etc on leur interdit de venir moins ils sont nombreux sur place plus c'est simple ensuite cette
option
elle a été discutée il
y a
Frédéric Péchenard juste l'état d'urgence est-ce qu'on aurait les moyens de le faire respecter quand on voit que le ministre de l'Intérieur reconnaît avoir perdu le contrôle samedi aujourd'hui on met en place un état d'urgence s'il n
'est
pas respecté qu'est-ce
qui se passe ? écoutez
moi je l'ai connu en 2005 ça a été fait
pendant les
émeutes de banlieue pendant les émeutes de banlieue j'étais policier à ce moment-là oui ça a permis pendant quelques jours d'avoir un peu plus de moyens pour rétablir l'ordre il faut vous savez quand la cocotte bouille il faut mettre le couvercle dessus et puis il faut surtout baisser baisser la chaleur pour que ça se calme ce qui est important c'est de retrouver une certaine sérénité il
y a
un certain calme mais on voit bien d'ailleurs qu'il y a quand même des choses qui me choquent horriblement d'abord les slogans les slogans de la France insoumise qui c'est la police tue c'est insupportable c'est inadmissible parce que d'abord c'est pas vrai mais à force de le répéter il y
a
des gens qui vont finir par le croire il y a eu des slogans déjà absurdes voire honteux je me souviens en mai 68 j'étais petit mais j'ai quand même le souvenir CRS SS voilà un slogan qui était parfaitement absurde comparer les CRS à la SS c'est une méconnaissance
le
moins qu
'on
puisse dire c'est que c'est une méconnaissance
historique là ce n'est pas tant la difficulté du moment la difficulté c'est surtout qu'il y avait une absence de force de l'ordre dans un certain nombre de centres-villes
je ne
suis pas d'accord la difficulté c'est qu
'on
voit bien qu'il y a un parti politique qui
est
la France Insoumise qui fait tout pour attiser souffler sur les braises la police tue c'est une première chose qui doit être absolument mensongée vous savez
vous
allez vous en souvenir
la
police parisienne sur les manifestations à Paris
la
dernière personne qui est morte lors d'une manifestation à Paris il y a plusieurs milliers de manifestations chaque année tout le monde s'en souvient c'est Malik Ousekine en 86 en 86 c'était il
y
a 40 ans et les deux policiers qui l'ont frappé sont passés aux assises voilà donc ça fait 40 ans et je m'en réjouis ça fait 40 ans qu'il y
a
des manifestations à Paris et particulièrement extrêmement violentes et notamment hier sans qu'elles morts pourquoi ? parce que la police française ou la gendarmerie française leur mantra en termes de maintien de l'ordre c'est zéro mort c
'est pour ça c'est pour ça que vous voyez
des policiers qui reculent parfois c'est pour ça que vous voyez des scènes de chaos où on laisse passer laisse faire parce que la priorité absolue qu'on a d'ailleurs réussi à faire que la police a réussi à tenir ce week-end c'est pas de mort je rappelle quand même si
on globalise un petit peu que ce soit sur le 17 octobre ou sur le mouvement lycéen l'IGPN est quand même saisi à plusieurs reprises il y a notamment le cas d'une jeune femme qui a perdu son oeil à Toulouse quelqu'un un lycéen qui a eu la main arrachée du
côté de Lens c
'est normal
1000 policiers blessés il faut le préciser par ailleurs plus de
200 lycéens blessés pardonnez-moi je termine juste ma question est-ce
qu
'il n
'y
a quand même pas globalement un problème alors peut-être que ça vient de la violence aussi mais aussi du maintien de l'ordre en France est-ce qu'il ne
faut
pas remettre à plat certaines choses
?
d'abord moi je ne donne pas de satisfaits site et je ne fais pas de catégorie de victimes il y a des victimes
il
y
a
beaucoup de policiers qui ont été blessés
c
'est insupportable il y a beaucoup d'enfants qui ont été blessés pas toujours par la police d'ailleurs c'est insupportable vous savez les policiers et les policières
ce
ne
sont
pas des robots ce ne
sont pas
des gens qui sont derrière leur bouclier toute la journée ils ont une famille
ils
ont des enfants ils ont des enfants qui vont au lycée ils ont des enfants qui vont au lycée et qui vont manifester
tant
que les enfants manifestaient devant les lycées sans violence sans débordement il ne s'est rien passé parce que la police n'intervenait pas
j
'ai été au lycée Carnot qui est un des lycées dans lequel je suis au conseil d'administration il y
a
des moments qui étaient très calmes les lycéens étaient devant ils laissaient d'ailleurs passer les collégiens et les prépas l'ambiance était bonne enfant il y avait trois policiers dans une voiture qui n'ont pas été et
tout se
passait bien
mais certains
manifestants racontent un autre récit
et notamment le
système des NAS
ce qui s
'est
passé il faut revenir au départ ce qui s'est passé c'est qu'il y a des tas d'endroits où des députés des élus de la France insoumise sont venus pour attiser pour souffler sur les braises et c'est à ce moment-là qu'il y
a
eu des ripostes
vous
pensez que c'est LFI qui est responsable des violences auxquelles on assiste
je pense
que ceux qui sont ceux qui portent une lourde je
ne suis
pas manichéen je ne
vais
pas dire c'est 100% mais ceux qui portent une lourde responsabilité dans toutes ces violences actuelles c'est la France insoumise par leur façon de parler par leur façon de dire vous savez les lycéens
c
'est intéressant les lycées qui ne
vont
pas bien aujourd'hui la région Île-de-France Valérie Pécresse a fait des lycées depuis 10 ans un de ses chevaux de bataille les plus importants la région a engagé 7 milliards d'euros pour construire ou rénover des lycées
à
l'heure où je vous parle deux étudiants enfin deux lycéens sur trois travaillent dans un lycée neuf ou rénové et assez curieusement les lycées les plus les plus pourris sont les lycées parisiens
pourquoi
? par exemple le lycée Balzac pourquoi ? parce que ce sont des cités scolaires
où
il
y a
à la fois un lycée et un collège c'est à la mairie de Paris de prendre en charge les collèges mais la mairie de Paris est ruinée elle est en faillite
les
crédits d'ailleurs pour les collèges ont été baissés alors que les crédits à la région pour les lycées ont été augmentés et il n'y a pas d'argent de la mairie pour le faire ce qui fait que la situation des lycées elle n
'est
pas aussi catastrophique qu'on veut nous le faire croire et notamment on voit bien que c'est une attaque politique contre Valérie Pécresse c
'est un peu
ce
que vous faites
aussi à l
'instant on
a
fait
énormément mais je fais de la politique aussi
le
système de NAS Frédéric Péchena le fait d'enfermer les manifestants à un endroit beaucoup de témoignages même des témoignages d'élus de la république parlent de ce système qu'ils déplorent parce que souvent ils n'ont pas d'issue ils ne peuvent pas en sortir et ils se retrouvent à leur corps défendant pris ensuite dans des heures et dans
des scènes potentiellement dangereuses
ça mériterait d'ailleurs d'être réfléchi alors ça c'est une opinion qui est purement personnelle mais je ne suis pas très favorable au NAS pourquoi ? parce que
quand
j'ai suivi l'école de Saint-Syr-aux-Mondeurs des commissaires de police vous savez vous faites des stages un petit peu partout et notamment vous faites des stages en maintien de l
'ordre
moi j'ai choisi la police judiciaire mais j'ai fait quelques stages en maintien de l'ordre et on nous avait appris un certain nombre de choses et notamment qu'il fallait toujours laisser une possibilité de fuite parce que si vous lancez une charge ce qu'on appelle un bon offensif parce qu'en fait souvent les charges ce n
'est
pas fait pour rattraper les gens c'est pour avancer pour faire reculer un petit peu ceux qui sont en face et bien il faut impérativement que cette charge elle se fasse avec derrière un endroit pour s'enfuir on ne charge pas contre un fleuve on ne charge pas contre un mur et la NAS interdit aux gens de partir alors je comprends bien l'intérêt que ça peut avoir
mais
à titre personnel je ne suis pas très favorable à ça parce qu'il y
a
des gens qui effectivement se sont retrouvés nassés qui voulaient rentrer chez eux partir et qui n'ont pas pu le faire voilà
il
est pire qu'ailleurs le maintien de l'ordre à la française il est plus brutal on met en cause certaines armes le LBD les grenades assourdissantes des armes qui ne
sont
pas autorisées d'ailleurs partout dans l'Europe
alors moi de ce que j'ai vu je vous parle d'un tout petit mot si vous le voulez bien je vous parle d'un temps qui est un petit peu ancien mais de ce que j'ai vu la police française fait un des maintiens de l'ordre les plus efficaces et les plus comment dirais-je les moins violents que j'ai pu voir dans le monde je le sais parce qu'à l'époque je signais des conventions avec un certain nombre d'états qui ne comprenaient pas comment on faisait du maintien de l'ordre sans tuer personne les dernières émeutes à Los Angeles il
y
a eu 80 morts merci
merci beaucoup Frédéric Pechner d'avoir été avec nous ce matin sur France Info vice-président de la région Île-de-France chargé de la sécurité vous avez dirigé la police nationale pendant 5 ans merci Agathe on a le plaisir de vous retrouver pour ceux qui nous écoutent à la radio pour les informer dans quelques minutes très bonne journée sur France Info
on
a le
plus