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Discours / meetingAntoine Léaument· 8 avril 2025 5 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & familleOutre-mer

Mayotte : Macron fait le programme de Jean-Marie Le Pen

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueFait
    « On ne demande pas les papiers de la personne qui nous vient en aide et on ne les demande pas à la personne que l'on secour. »
  • 1:18Invité politiqueFait
    « Mettons-nous en œuvre des moyens pour reconstruire et pour remplacer l'habitat informel par des logements pérennes ? Non. »
  • 1:18Invité politiqueFait
    « Allons-nous donner des moyens à l'école pour garantir un droit à l'éducation aux 15000 enfants exclus du système scolaire ? Non. »
  • 1:18Invité politiqueFait
    « Rétablissons-nous par ce texte une police de proximité pour lutter contre l'insécurité à Mayotte ? Non. »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « Le droit du sol c'est la France car le droit du sol c'est la République. »
  • 2:42Invité politiqueChiffre
    « 20 millions de nos compatriotes ont au moins un ancêtre qui était étranger. »

Temps de parole

  • Antoine Léaument100 %

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Antoine Léaument

Il y a 4 mois, Mayotte était frappé par le cyclone Shido. C'est l'une des plus grandes catastrophes naturelles que notre pays est connu. Et je veux envoyer depuis cette tribune, au nom du groupe LFI et de tous les députés, notre salut fraternel aux habitants de Mayotte, durement frappés par ce drame. Je veux aussi remercier les insoumises Nadjamongoli, Mathilde Digier et Aurélie Trouvé qui se sont rendus sur place pour porter à Mayotte les mots de fraternité que je porte aujourd'hui depuis ce lieu sacré de notre République commune. Oui, la fraternité, c'est cette belle idée de notre devise nationale qui s'est d'abord exprimée après ce terrible cyclone.

Car quand la catastrophe nous frappe, on ne demande pas les papiers de la personne qui nous vient en aide et on ne les demande pas à la personne que l'on secour. Oui, la fraternité, celle dont notre peuple a fait la démonstration en levant 43 millions d'euros pour Mayotte avec plus de 300000 dons envoyés à la fondation de France. Secourir, soigner et reconstruire. Voilà le message magnifique que nos compatriotes ont envoyé dans la tourmente. Mais aujourd'hui, que faisons-nous ici, collègues ? Mettons-nous en œuvre des moyens pour reconstruire et pour remplacer l'habitat informel par des logements pérennes ? Non.

Agissons-nous pour que les maoré aient un accès à l'eau potable et que cessent les coupures ? Non. Prenons-nous des mesures pour lutter contre la pauvreté, le chômage, la vie chère, les pénurées ou l'insécurité alimentaire ? Non. Sommes-nous en train de nous mobiliser contre l'épidémie de Chikun qui touche Mayotte depuis mars et place ce département en insécurité sanitaire ? Non. Allons-nous donner des moyens à l'école pour garantir un droit à l'éducation aux 15000 enfants exclus du système scolaire ? Non. Rétablissons-nous par ce texte une police de proximité pour lutter contre l'insécurité à Mayotte ? Non. Alors de quoi parlons-nous ?

Nous parlons de mettre en cause le droit du sol, c'est-à-dire de mettre en cause ce qui fait de nous des Français. Oui, le droit du sol c'est la France car le droit du sol c'est la République. Et si les Mahoris ont voté à quatre reprises pour continuer à faire partie de notre patrie commune, ce n'est pas pour que soit mise en cause au nom de Mayotte même ce qui fait de nous un peuple. Depuis cette tribune, je dis à nos compatriotes Maoré, personne ici ne ni que l'immigration à Mayotte pose un défi à notre capacité d'accueil. Mais l'immigration n'est pas une donnée idéologique, c'est une donnée matérielle.

et une réalité humaine, c'est un fait, elle se produit et la question posée de savoir comment on y répond. Certains ici à l'extrême droite vous diront que l'immigration est la cause de tous nos mots et que pour régler tous nos problèmes, il suffit de mettre fin au droit du sol. Ils le disent pour Mayotte, ils le disent pour l'hexagone, ils le disent pour la France. Cela vous ment et ils font pire car il ni que la France est et a toujours été une terre d'immigration que notre pays et notre peuple se sont construits avec et par l'immigration.

Qu'aujourd'hui 20 millions de nos compatriotes ont au moins un ancêtre qui était étranger et que dans l'hexagone comme à Mayotte, l'immigration fait partie de notre histoire nationale. Et c'est pourquoi ceux qui vous parlent ainsi de l'immigration ne vous parlent jamais des causes du départ. Il ne vous parle jamais de la pauvreté, de la maladie, des persécutions, de la guerre ou du changement climatique. Ils ne vous disent jamais que la cause principale de l'église, de l'exil, pardon, c'est le capitalisme. C'est le capitalisme qui produit l'hyper richesse de quelques privilégiés et la pauvreté du très grand nombre.

Oui, à Mayotte comme ailleurs, la pauvreté est la première cause de l'immigration. Car si le niveau de vie à Mayotte est quatre fois inférieur à celui de l'hexagone, il est 10 fois supérieur à celui des Comors. Si bien que cette zone du monde est l'une des six frontières avec la plus forte discontinuité socio-économique. Collègues, aujourd'hui, vous reprenez une solution de madame Le Pen. Mettre en cause le droit du sol et vous essayez de vous rassurer en disant que cela ne concerne uniquement Mayotte. Mais ne voyez-vous pas le piège qui vous est tendu ?

Car quand vous aurez cautionné l'idée qu'on répond aux enjeux associés à l'immigration par la mise en cause du droit du sol, ne voyez-vous pas la pente qui est prise ? L'extrême droite vous dira que dans toute la France, la question est posée. D'ailleurs, elle vous parle de submersion migratoire. Elle vous dit que ce que vous avez fait pour Mayotte, il faudra le faire pour la France entière. Et voilà comment, par touche impressionniste, vous aurez mis en place le programme non seulement de Marine Le Pen, mais celui de Jean-Marie Le Pen. De Jean-Marie Le Pen. Oui, voilà ce que vous faites. Aussi, je vous alerte, écoutez-les.

Ayez le doigt tremblant en votant sur cette question du droit du sol. Pensez à vos ancêtres qui en ont bénéficié. Pensez à l'unité, à l'indivisibilité de la République et de son peuple. Pensez à ce drapeau tricolore qui est derrière moi et qui est devant vous. Pensez à ce qu'il signifie aux yeux du monde la patrie des droits de l'homme et du citoyen. Et pour ce qui nous concerne, voici ce que nous disons. On ne fait jamais la grandeur de la France en diminuant la taille de la République. On n'expulse pas la misère, on la combat.

Combattre la misère, c'est faire de la France un pays à la hauteur des promesses de la République, celle qui fait de l'égalité, de la fraternité d'avantage qui ne vise, celle qui en fait un programme politique et de gouvernement à Mayotte, en France et dans le monde. Merci monsieur le député. Amen.