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InterviewRMC (sur YouTube)· 7 octobre 2022 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSécuritéSolidarités & famille

L'interview intégrale d'Olivier Véran dans le Face-à-Face

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 25 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Quelle est la situation ce matin dans les stations-essence et de la situation de l'approvisionnement ?

  • 1:35RelanceRéponse directe

    Ce que vous nous dites, c'est qu'il n'y a pas de pénurie au départ.

  • 2:15RelanceRéponse partielle

    Vous dites que c'est la faute des automobilistes ?

  • 3:24OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut aller vers l'idée de rationner, par exemple, d'empêcher les gens de faire un plein total ?

  • 3:45OuverteRéponse directe

    On s'arrête un instant sur la question de la grève.

  • 4:54RelanceRéponse directe

    Comment on en sort ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34Invité politiqueChiffre
    « La situation elle est disparate. Globalement, il y a 15% des stations-essence de notre pays qui connaissent des difficultés pour fournir l'ensemble des carburants. »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire que généralement, il y a un carburant, souvent le diesel, qui vient à manquer en partie dans la journée. »
  • 3:17Invité politiqueFait
    « Il n'y en a pas, mais le simple fait que vous me posiez la question, et quelle que soit la réponse que je vais faire, va créer de toute façon un mouvement de trouble. »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « On est extrêmement attentifs à ce que ce mouvement social puisse trouver une solution le plus tôt possible, le plus rapidement possible. »
  • 5:32Invité politiqueChiffre
    « On a quoi tenir quand même trois mois dans notre pays avec les seuls stocks stratégiques. »
  • 7:01Invité politiquePromesse
    « On ne vendra plus de véhicules thermiques dans notre pays d'ici à 2035. »
  • 9:08Invité politiqueFait
    « Notre objectif, c'est la neutralité carbone. En 2050, jamais les punchlines. »
  • 12:03Invité politiqueChiffre
    « 750 000 Français qui, l'année dernière, ont fait le choix de procéder à la rénovation thermique. »
  • 12:37Invité politiqueChiffre
    « Il y a 28 réacteurs sur 56 qui ne fonctionnent pas aujourd'hui. »
  • 15:17Invité politiqueFait
    « Le traitement de fond, c'est plafonner le prix du gaz, c'est découpler le prix du gaz et de l'électricité. »
  • 15:55Invité politiquePromesse
    « D'ici à la fin d'octobre, on aura des mécanismes en place qui permettront de retrouver des eaux plus calmes pour les prix du gaz et de l'électricité. »
  • 17:04Invité politiqueFait
    « Il y a les pays du nord de l'Europe qui sont capables de faire des ateliers, des mises en perspective avec des harceleurs, des harcelés, des témoins avec des systèmes de jeu de rôle. »
  • 19:07Invité politiqueFait
    « C'est un appel à la violence sociale. »

Temps de parole

  • Invité politique67 %
  • Présentateur33 %

≈ 8,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Présentateur

Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Olivier Véran. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions et puis pour nous donner aussi beaucoup d'infos très pratiques ce matin. Vous êtes le porte-parole du gouvernement. On craignait déjà de ne pas avoir assez de gaz et d'électricité et maintenant on s'inquiète sur l'essence. Je voudrais commencer par ça. Quelle est la situation ce matin dans les stations-essence et de la situation de l'approvisionnement ?

0:32
Invité politique

La situation elle est disparate. Globalement, il y a 15% des stations-essence de notre pays qui connaissent des difficultés pour fournir l'ensemble des carburants. C'est-à-dire que généralement, il y a un carburant, souvent le diesel, qui vient à manquer en partie dans la journée. En raison essentiellement d'une grève qui a été déclenchée par la CGT sur des questions salariales vis-à-vis du groupe Total Energy qui fait qu'il y a quelques raffineries qui restent encore bloquées. Certaines ne le sont plus. Et ça veut dire que factuellement, nous ne manquons pas d'essence, nous ne manquons pas de carburant.

D'ailleurs, les groupes de pétroliers importent davantage d'essence pour combler les difficultés qu'ils ont à sortir à leurs propres carburants de leur raffinerie. Mais ça veut dire qu'il y a des difficultés qui peuvent être rencontrées ça et là. Et dans certaines régions, c'est un peu plus dur. C'est la région Hauts-de-France. Donc il n'y a pas de pénurie au global. On n'est pas en train de manquer de carburant. On n'est pas en difficulté d'approvisionnement. En revanche, il y a ces difficultés et ces tensions. Et comme à chaque fois que ça arrive, dès qu'on parle de tensions sur les carburants, il y a de l'inquiétude compréhensible qui monte.

Il y a un certain nombre de nos compatriotes qui vont de fait dans les stations essence, craignant d'en manquer de main, ce qui crée des effets d'embouteillage et ce qui peut accentuer les tensions dans certaines stations.

1:35
Présentateur

En fait, ce que vous nous dites, c'est qu'il n'y a pas de pénurie au départ. Ok, qu'on ne manque pas, qu'on n'a pas de pénurie d'essence. Mais on a quand même des pénuries à la pompe.

1:44
Invité politique

Mais en plus, ces pénuries, je le redis, elles sont accentuées. Je regardais à Paris ce matin, je suis passé devant une station essence. À Paris, il y a plus de 90% des stations qui ne rencontrent aucune difficulté. Plus de 90%. Et celles qui rencontrent des difficultés, c'est des difficultés temporaires. Elles seront à nouveau achalandées en essence. Il y avait 50 bagnoles qui faisaient la queue. En plus, ça peut être dangereux sur la voie. Qui faisaient la queue devant la station. Et on commence à avoir des gens qui arrivent avec des conteneurs, des jerrycans, au cas où il n'y aurait plus d'essence dans notre pays. Donc il faut faire attention à ne pas accentuer quelque chose.

2:15
Présentateur

Vous dites que c'est la faute des automobilistes ?

2:16
Invité politique

Pas du tout. Mais non, je ne dis pas ça du tout. Je comprends le phénomène qu'on connaît bien à chaque fois qu'on pense qu'on va manquer de quelque chose. Je dis que notre pays est déjà connu.

2:24
Présentateur

On connaît bien qu'on commence à connaître. Pardon, mais on a l'impression que le mot pénurie, qui était un mot qui n'existait pas dans notre vocabulaire, il nous arrive. Alors vous étiez le premier sur les questions de masques. Depuis ce moment-là, c'est une question qui revient de manière récurrente et à tous les niveaux.

2:38
Invité politique

Là, on n'est pas dans quelque chose qui relève de la pénurie avec des difficultés d'approvisionnement. On est dans des difficultés temporaires de distribution liées à un mouvement social. Vous rajoutez à ça le succès des stations Total Energy, parce qu'il y a eu la ristourne gouvernementale et la ristourne du groupe qui fait que le prix de l'essence y est sans doute moins cher que dans d'autres stations. Tout ça cumulé crée, et je dis juste, attention à l'effet panique, je ne culpabilise absolument personne. Je dis que c'est un mouvement connu, normal. Je dis néanmoins que ça ne veut pas dire que nous sommes sur le point de manquer de carburant. J'essaie quand même de rassurer un peu.

Je l'ai dit d'ailleurs après le Conseil des ministres, quand on m'a posé la question « Y aura-t-il une pénurie ? », j'ai répondu à la journaliste. Il n'y en a pas, mais le simple fait que vous me posiez la question, et quelle que soit la réponse que je vais faire, va créer de toute façon un mouvement de trouble.

3:22
Présentateur

C'est un peu la faute des automobilistes quand même, et c'est un peu la faute des journalistes qui vous interroge sur la pénurie.

3:25
Invité

Apolline Malère, vous ne pensez pas ce que vous dites.

3:27
Présentateur

Non, je vous prends à l'ironie, mais Olivier Véran, cela dit, je voudrais quand même comprendre quand est-ce que ça va s'arrêter et qu'est-ce qu'on fait pour ceux qui en effet s'inquiètent, et pour certains de manière tout à fait légitime, parce que vous parliez de la région Hauts-de-France, où là il y a carrément des stations qui sont réquisitionnées. Donc maintenant vous me dites, ok, il y a du carburant, le problème c'est qu'il n'arrive pas forcément à la pompe. Il y a plusieurs raisons. Je voudrais qu'on s'arrête un instant sur la question de la grève. Onzième jour de grève chez Total, avec des demandes en effet d'augmentation notamment de 10% chez les salariés.

Il y a zéro contact depuis 11 jours entre les grévistes et la direction de Total. Vous ne dites pas aujourd'hui à Total, allez-y quand même, parlez-leur ?

4:01
Invité politique

On est extrêmement attentifs à ce que ce mouvement social puisse trouver une solution le plus tôt possible, le plus rapidement possible, pour justement ne pas déclencher cette spirale qui pourrait conduire à des désagréments qui peuvent parfois être très gênants. D'ailleurs j'ai une pensée très sincère pour ceux de nos compatriotes qui se voient en panne d'essence ou en grande difficulté pour utiliser leur véhicule. Il y a des enfants dans la région Hauts-de-France qui sont en difficulté pour aller dans les établissements scolaires.

4:25
Invité

Qui sont privés de transports scolaires.

4:26
Invité politique

Il y a des gens, et je reçois des contacts et des messages, des gens qui me disent du coup je n'arrive pas à, quelles que soient les raisons, le fait est que je n'arrive pas à trouver de l'essence là pour en mettre dans ma voiture, pour aller travailler demain. Alors justement. Et donc c'est absolument ce que nous voulons éviter. C'est pour ça que mon discours, il est important de l'inscrire dans un contexte. Il est de dire, nous ne sommes pas dans une situation qui devrait générer une pénurie parce que nous avons du carburant. Il y a des difficultés de distribution et donc il y a des difficultés temporaires, réelles mais temporaires, dans certaines stations. Et on ne doit pas paniquer.

Comment on en sort ? On va trouver une solution.

4:54
Présentateur

Comment on en sort ? Est-ce qu'il faut aller vers l'idée de rationner, par exemple, d'empêcher les gens de faire un plein total et de faire, enfin total, pas total, station totale, mais je veux dire, de faire le total de leur plein. Non, ce qu'on veut éviter c'est les... Est-ce que vous voulez interdire les géricanes ? Est-ce que vous allez réquisitionner ? Voire même, Xavier Bertrand a évoqué l'idée hier, est-ce qu'il faudrait carrément envoyer l'armée pour débloquer les raffineries ?

5:16
Invité politique

Nous avons, alors on n'est pas alarmé, par contre il y a un conflit social qui doit trouver une résolution rapide et le groupe total a communiqué en disant qu'ils y travaillaient, donc nous suivons ça de très près. Quand il y a vraiment des difficultés très très fortes, on peut être amené à utiliser, avoir recours à ce qu'on appelle nos stocks stratégiques.

On a quoi tenir quand même trois mois dans notre pays avec les seuls stocks stratégiques, donc on peut déstocker lorsque c'est nécessaire, il nous est arrivé de le faire, notamment dans la région Hauts-de-France, parce que figurez-vous que la raffinerie de Dunkerque, qui je crois représente 22% de la distribution de carburant dans notre pays, elle est complètement bloquée à l'heure à laquelle je vous parle. Donc c'est pour cela que nous sommes capables d'avoir des actions plus déterminées dans la région de France, là où dans le sud-ouest ou le sud-est de la France, les difficultés sont...

5:56
Présentateur

Mais vous n'hésiterez pas à réquisitionner d'autres stations s'il le faut, les donner en priorité à ceux qui ont le plus... on retrouve un peu les essentiels et les non-essentiels ?

6:04
Invité politique

En fait, on a déjà connu, vous vous souvenez, des mouvements de grève générale qui allaient durer pendant des semaines avec des organisations pour accéder à l'essence. Nous n'en sommes pas là, c'est mon message de ce matin. Parce que dans un cas de figure, ça peut créer véritablement des mouvements de foule, et dans l'autre cas, ça n'est pas nécessaire. Donc vous parliez par exemple de la question des jerrycans, il n'est pas nécessaire d'aller faire des provisions avec des jerrycans. Donc nous demandons... Mais est-il nécessaire de ne pas le faire ?

6:27
Présentateur

Vous leur demandez de ne pas le faire, est-ce que vous allez leur interdire de le faire ?

6:29
Invité politique

Ça peut être une possibilité, je n'ai pas la réponse à vous donner ce matin. Mais encore une fois, on travaille pour que les deux raffineries qui restent encore bien bloquées se débloquent, pour que nous puissions travailler, on est en contact aussi avec la CGT, qui est responsable de ce... qui a déclenché ce mouvement de grève, quels qu'en soient les motifs, je n'ai pas à en juger, pour que les raffineries soient débloquées rapidement, et qu'on puisse retrouver une activité normale.

6:49
Présentateur

Olivier Véran, on en est où d'ailleurs de la voiture électrique à 100 euros par mois ? Vous vous souvenez, c'était une des promesses d'Emmanuel Macron ? Bien sûr, on va le faire. C'est une solution aussi ça ?

6:56
Invité politique

C'est une belle solution, mais de toute façon, je vais vous rappeler une annonce très forte que nous avons faite, et que nous avons obtenue au niveau européen, on ne vendra plus de véhicules thermiques dans notre pays d'ici à 2035. Donc il n'y aura plus de voitures à essence vendues sur le marché en 2035.

7:10
Présentateur

Mais cette solution, il avait promis les voitures à 100 euros par mois, les voitures électriques à 100 euros par mois ?

7:15
Invité politique

Oui, on va le faire. Mais quand ? On va le faire, c'est en instruction, ça ne se fait pas en deux jours.

7:19
Présentateur

Non, mais ça ne se fait pas en deux jours, mais c'était une promesse avant les élections.

7:22
Invité politique

C'est une promesse de campagne, c'est dans le programme du Président de la République, et nous la tiendrons. Ça signifie aussi être capable d'augmenter ce que nous faisons, les capacités de production de batteries électriques, de véhicules électriques. Ça signifie aussi augmenter encore notre parc de chargeurs et de superchargeurs électriques, pour qu'il y en ait partout. Ça veut dire que ce n'est pas demain ? Mais si, ça veut dire que c'est dans le quinquennat.

7:41
Présentateur

Dans le quinquennat.

7:42
Invité politique

Mais dans le quinquennat, c'est presque demain.

7:43
Présentateur

Oui, pas tout à fait demain. Un dernier mot justement sur demain ou pas demain. Est-ce qu'il y aura un retour à la normale pour l'approvisionnement en essence dans les stations ? Est-ce que vous prévoyez un retour à la normale dans deux, trois, quatre jours ? Est-ce que vous avez un peu une idée de ça ?

7:57
Invité politique

Il y aura un retour à la normale, je le dis aux Français, ne pas avoir d'inquiétude excessive. Encore une fois, je suis absolument en empathie et désolé avec les gens qui rencontrent des difficultés réelles pour faire le plein, ou des gens qui stressent, ou des gens qui mettent un réveil deux heures plus tôt parce qu'ils se disent qu'ils vont devoir faire la queue. Tout cela procède non pas d'un phénomène de pénurie globale, mais du fait qu'il y a cette inquiétude que je comprends et que je ne juge pas.

8:17
Présentateur

Mais vous ne pouvez pas nous dire ce matin, Olivier Véran, bon, retour à la normale dans deux jours ou dans trois jours ?

8:21
Invité politique

Je ne peux pas vous dire si c'est le retour demain matin, mais ce serait une bonne nouvelle. En gros, si la grève s'arrête dans les raffineries, les distributions reprennent normalement et toutes les stations reprennent leur fonctionnement normal.

8:30
Présentateur

Alors Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, le gouvernement qui a donc annoncé hier le mode d'emploi de la sobriété en France, 19 degrés dans les pièces principales, 17 degrés dans les chambres, les chauffe-eau à 55 degrés max, l'achat de thermostats programmables, décaler l'usage de certains appareils. Et pour autant, il y a aussi des mesures qui n'ont pas été retenues. Ça, c'est les mesures retenues donc, mais celles qui n'ont pas été retenues, c'est notamment le passage à la flotte, justement, auto-électrique du gouvernement, le télétravail obligatoire pour fermer des bureaux. Pourquoi ?

9:04
Invité politique

Ce que nous voulons d'abord, c'est passer l'hiver et passer au vert, si je puis dire. Notre objectif, c'est la neutralité carbone. En 2050, jamais les punchlines, jamais, vous savez qu'on peut tout de façon spontané. Oui, bien sûr. Et donc, pour cela, nous voulons des mesures qui soient acceptables dans la durée. Vous en avez cité quelques-unes, je vais en prendre une. Le chauffe-eau, je ne savais pas, j'ai un chauffe-eau chez moi, je ne savais pas, il chauffe spontanément l'eau à 70 ou 80 degrés. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de vous doucher ou de vous laver les mains à 70 ou 80 degrés, mais ça brûle.

Donc il faut que chacun baisse, on l'a bien compris, la température du chauffe-eau. Ça permettra d'éviter que votre chauffe-eau consomme beaucoup d'énergie pour chauffer votre eau, alors que vous n'en avez pas besoin, à des températures que vous n'utilisez pas. Vous ne verrez pas la différence, votre facture baissera. Ça, c'est une mesure. Ensuite, regardez bien le plan qui a été présenté hier. Le gros de l'effort, il est demandé à l'État. Nous, nous le demandons à nous-mêmes. Des températures réglées à 19 et lorsqu'il y a des pics de consommation, ce sera 18 degrés dans les bâtiments de l'État.

On va même être amené à fermer des bâtiments ministériels pour faciliter et rendre même obligatoire le télétravail lorsque la situation va le nécessiter. On limite à 110 km heure sur l'autoroute la vitesse pour les voitures de fonction lorsque les missions ne sont pas urgentes. Donc vous voyez, c'est ce type de mesures. Ce qu'on veut, c'est quelque chose d'acceptable dans la durée qui ne bouleverse pas le quotidien des Français.

10:18
Présentateur

En fait, ce que vous nous dites, c'est que ce n'est pas juste cet hiver. C'est que ça, c'est une habitude qu'on va devoir prendre à long terme.

10:23
Invité politique

Ce que je vous dis, c'est qu'on a cet objectif de court terme qui rejoint l'objectif de long terme. Et que tout le monde veut que nous atteignions, et nous les premiers, la neutralité carbone à 2050, ce qui veut dire qu'il nous faut réduire notre consommation d'énergie. Et nous ne voulons pas retourner à l'âge de pierre ou à la lampe à huile. On n'est pas pour un modèle de décroissance. On est pour un modèle qui est capable de produire. On veut que nos entreprises ne soient pas à l'arrêt ou ne connaissent pas des difficultés.

Tout cela est évitable si on baisse un peu la température en intérieur, si on baisse un peu la température de l'eau chaude et si on fait attention dans notre quotidien, qu'on privilégie le vélo électrique ou le covoiturage, il y a un boom du vélo électrique dans notre pays, on l'accompagne et on simplifie les règles de financement.

11:01
Présentateur

Il y aura des ambassadeurs de la sobriété qui devront contrôler la mise en œuvre de ce plan. Ça va marcher comment ? Y compris dans les entreprises, dans les immeubles ?

11:12
Invité politique

Ça veut dire qu'il y aura des... Vous parlez de contrôle, moi je parle de l'accompagnement. Parce que l'ensemble des mesures dont on est en train de parler, qui sont comprises dans le document qui est disponible sur le site du gouvernement, l'ensemble de ces mesures, elles peuvent nécessiter de l'accompagnement pour les modalités de mise en place. Et donc on ne veut pas que les gens se retrouvent forcément tout seuls, surtout dans des bâtiments collectifs, pour décider comment...

11:32
Présentateur

Ils vont être choisis comment, ces ambassadeurs de la sobriété ?

11:35
Invité politique

Il y a de la formation qui est déjà en cours dans le milieu des entreprises, dans le milieu des agences de l'État. On a une belle agence aussi qui s'appelle l'ADEME, qui est chargée de réfléchir, d'innover, d'identifier, de contrôler, d'accompagner. Nous le faisons très bien dans la rénovation thermique, par exemple.

11:49
Présentateur

Ce ne sera pas contraignant. C'est-à-dire qu'ils vont aller, je ne sais pas, dire « Ah ben non, là, il faut baisser le chauffage, vous êtes encore à 22. » Mais ils ne vont pas taper sur les doigts, ils ne vont pas imposer des sanctions financières. C'est juste de l'incitation.

12:03
Invité politique

Vous savez, il y a 750 000 Français qui, l'année dernière, ont fait le choix de procéder à la rénovation thermique et qui ont fait appel à ce qu'on appelle « ma prime rénov' » pour avoir un accompagnement financier de l'État. 750 000 sur une année. On prévoit que ce soit 700 000 par an. Pourquoi ? Parce qu'il y a cette véritable attention portée à la cause climatique et il y a cette volonté de réduire les consommations énergétiques lorsqu'elles ne sont pas indispensables. Ce qui veut dire que le volontarisme des Français, il est réel et nous voulons nous appuyer sur ce volontarisme pour progresser. Donc il n'y a pas besoin d'avoir sans arrêt des contrôles et des sanctions.

12:33
Présentateur

On a des nouvelles de nos réacteurs nucléaires à l'arrêt ?

12:35
Invité politique

On a les nouvelles que EDF nous donne. C'est-à-dire qu'il y a 28 réacteurs sur 56 qui ne fonctionnent pas aujourd'hui. Certains parce que c'est les traditionnels contrôles qui sont effectués. Vous savez, il n'y a jamais tous les réacteurs qui fonctionnent en même temps. C'est normal. Et d'autres parce qu'il y avait ces sujets de corrosion. Donc nous sommes très attentifs à la sécurité.

12:54
Présentateur

Mais est-ce qu'on est en train de prendre du retard dans la réouverture de ces réacteurs à l'arrêt ?

12:57
Invité politique

C'est EDF qui est responsable de la réouverture des réacteurs et EDF continue de nous assurer que dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, les réacteurs actuellement à l'arrêt retrouveront leur fonctionnement normal.

13:06
Présentateur

Il était prévu que les réacteurs à l'arrêt soient rouverts avant l'hiver. Est-ce que ce sera le cas ?

13:11
Invité politique

Cet EDF ne nous dit pas le contraire aujourd'hui. Mais on suit ça de très près.

13:15
Présentateur

Vous avez l'air pas complètement sûr.

13:17
Invité politique

Non, parce que ce n'est pas moi qui ai un bleu de travail et qui vais dans une centrale pour réactiver. Mais vous apprenez bien que tout ce qu'on fait comme effort, si les réacteurs étaient ouverts, on se rend moins inquiets. Je vous dis qu'EDF ne nous dit pas autre chose que ce qu'ils nous ont dit la semaine dernière et le mois dernier.

13:29
Présentateur

La Russie...

13:29
Invité politique

Donc on a toutes les raisons d'espérer.

13:30
Présentateur

La Russie, Joe Biden, qui à l'instant alerte, je cite, contre le risque d'apocalypse nucléaire. Est-ce que les Français doivent être inquiets ?

13:40
Invité politique

La France, l'Europe, le monde occidental est extrêmement vigilant. Et nous agissons par tous les moyens diplomatiques, notamment pour faire en sorte que le scénario catastrophe n'arrive pas. Nous avons entendu les menaces qui ont été proférées, reproférées, re-re-proférées par Vladimir Poutine. Mais le canal diplomatique qui est maintenu nous permet aussi de passer le message qu'il est hors de question que cette situation puisse survenir.

14:04
Présentateur

Est-ce que vous savez si la France travaille aussi à des scénarios, s'il y a une attaque nucléaire en Ukraine ? Quelles conséquences pour la France ?

14:10
Invité politique

Nous travaillons de façon extrêmement serrée à toutes les hypothèses, notamment du fait de la centrale de Saporizhia, vous le savez, en Ukraine, où les co-belligérants continuent de... Pour l'instant...

14:22
Présentateur

Aujourd'hui, elle est sous contrôle russe.

14:24
Invité politique

Ils font quand même attention de ne pas faire n'importe quoi à côté de la station. Mais vous savez qu'elle avait été... Les bâtiments annexes avaient été endommagés. Donc, il y a des missions de l'AEIEA qui sont en cours, international, pour vérifier que les conditions de sécurité sont réunies. Il n'y a pas de problème avec le réacteur. Il a été arrêté il y a environ trois semaines. La température a chuté fortement dans cette centrale. Mais on suit ça avec une expertise scientifique internationale.

14:47
Présentateur

Olivier Véran, une question sur le pouvoir d'achat. Parce que pour la première fois hier, les agriculteurs, les industriels et les distributeurs, la grande distribution, se sont mis d'accord pour vous alerter, pour tirer le signal d'alarme et pour dire, attention, si vous ne faites pas quelque chose... Il vous appelle au secours. Il dit, si vous ne faites pas quelque chose pour la hausse des prix de l'énergie au niveau des agriculteurs, mais aussi de la distribution, alors tout cela va se répercuter sur les prix. Et il parle d'un panier moyen qui augmentera de 15%. Est-ce qu'il faut un bouclier alimentaire ?

15:17
Invité politique

D'abord, il faut un traitement de fond. Le traitement de fond, c'est plafonner le prix du gaz, c'est découpler le prix du gaz et de l'électricité, notamment lorsque l'électricité est produite à partir du nucléaire. C'est ce qu'a travaillé d'arrache-pied le président de la République française au niveau de la Commission européenne. Nous avons désormais une position européenne très claire. Nous nous harmonisons avec les Asiatiques qui font face aux mêmes difficultés.

Et nous demandons aux pays producteurs, notamment la Norvège et les États-Unis, de faire en sorte que les prix que nous ayons à payer, alors qu'on est solidaires vis-à-vis des sanctions appliquées à la Russie, les prix que nous ayons à payer ne soient pas 4 fois les prix du marché. Donc on va plafonner les prix. Ce qui veut dire, et le président de la République l'a dit hier, d'ici à la fin d'octobre, on aura des mécanismes en place qui permettront de retrouver des eaux plus calmes pour les prix du gaz et de l'électricité. Premier point. Deuxième point, pour les agriculteurs qui sont très consommateurs d'énergie parce qu'ils en ont besoin pour fonctionner.

Il y a des dispositifs type bouclier tarifaire qui sont en œuvre et on continue, le ministre de l'Agriculture, Marc Fénaud, continue de rencontrer les organisations représentant les agriculteurs pour les accompagner et faire en sorte qu'il n'y ait pas de répercussions fortes sur les prix pour les consommateurs.

16:26
Présentateur

Olivier Véran, vous avez vu les images de ce jeune Rudy, 16 ans, handicapé, qui a été roué de coups et filmé par ses camarades. Ça s'est passé dans l'Oise.

16:36
Invité

Terrible.

16:36
Présentateur

Quand on voit ça, ce matin, on découvre par ailleurs que c'est une information RMC, le nombre d'appels pour harcèlement à l'école a doublé en un an. Les parents, ils appellent le 30-20, qui est donc le numéro d'alerte. Ils ont du mal à joindre un conseiller. Souvent, les conseillers sont mal, voire pas formés. Et ensuite, il n'y a rien derrière. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'accompagnement qui est fait pour ses enfants, pour ses parents. On ne sait pas faire.

17:04
Invité politique

D'abord, l'augmentation du nombre d'appels atteste aussi du fait qu'il y a des nouveaux dispositifs d'alerte qui ont été mis en place qui n'existaient pas au préalable. Donc ça, je le dis. Ensuite, on continue de former des experts, plusieurs centaines d'experts à destination des écoles pour pouvoir accompagner. On s'appuie davantage sur le corps enseignant. Mais je vais vous dire, à la première de manière, ma conviction, c'est qu'on doit renverser la table dans la matière. Moi, je crois à la prévention.

Il y a les pays du nord de l'Europe qui sont capables de faire des ateliers, des mises en perspective avec des harceleurs, des harcelés, des témoins avec des systèmes de jeu de rôle pour que les enfants comprennent la gravité de ce que c'est que le harcèlement. Il y a trop d'enfants dans nos écoles qui subissent du harcèlement qui a un impact considérable, non seulement sur leur mental, sur leur équilibre général, sur la capacité d'apprendre.

17:48
Présentateur

Est-ce que vous allez profiter, par exemple, du budget ?

17:50
Invité politique

Il y avait nécessité aussi d'une prise de conscience collective, du drame humain que peut représenter le harcèlement scolaire.

17:55
Invité

On met un numéro et derrière, il n'y a rien.

17:56
Invité politique

C'est fait. Non, il n'y a pas rien. Pardon. Il y a le développement. Vous avez des professionnels. Je ne peux pas laisser dire que les gens ne seraient pas formés pour cela. D'abord, ce sont des gens qui sont volontaires pour le faire. Ce n'est pas moi qui le dit.

18:06
Présentateur

C'est notamment Hugo qui a eu l'une des dernières associations qui aident encore les familles harcelées.

18:11
Invité politique

Je vous dis juste, je peux entendre qu'il y ait des situations qui n'aient pas trouvé une réponse suffisante. Et j'en suis désolé. Et on doit travailler pour nous améliorer. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille jeter l'ensemble des dispositifs et de tous les acteurs qui s'appliquent au quotidien.

18:22
Présentateur

Mais en tout cas, vous êtes conscient du problème et vous dites qu'il faut renverser la table. Évidemment. Je voudrais une question quand même politique parce qu'il y a eu ce tweet de Jean-Luc Mélenchon hier qui appelle le 5 et 6 octobre 1789, les femmes qui marchaient sur Versailles contre la vie chère, elles ramènent, je cite Jean-Luc Mélenchon, elles ramènent alors le roi, la reine et le dauphin de force à Paris sous contrôle populaire. Faites mieux le 16 octobre. Le 16 octobre, c'est son appel pour une marche contre la vie chère.

18:48
Invité politique

Faites mieux ou faites pire en l'occurrence, ce qu'il veut dire Jean-Luc Mélenchon. Je veux dire, il y a une désolidarisation, et je la salue, de partis plus traditionnels au sein de la NUPES.

18:58
Présentateur

Olivier Faurent, notamment du Parti Socialiste,

19:00
Invité politique

qui considère qu'il dépasse les bornes, mais ce n'est pas la première fois qu'il dépasse les bornes. Vous alertez Jean-Luc Mélenchon sur ces mots. Non, mais il est tout le temps dans l'outrance, dans l'appel à la violence sociale. C'est un appel à la violence sociale.

19:08
Présentateur

C'est un appel à la violence sociale pour vous ?

19:10
Invité politique

C'est un appel à la violence sociale. Déguisé, il pourra toujours dire, ce n'est pas ce que je voulais dire. Mais vous voyez toujours ce discours borderline qui flirte avec ça. On connaît bien ça, pardon de le redire, en Amérique centrale, dans certains pays d'Amérique du Sud, où on légitime, parce qu'on considère, que les gens n'ont plus que ce moyen-là. Pardon, le droit de manifester, il est constitutionnel. On le respecte, on l'accompagne. Mais les appels masqués, ou directs ou indirects, à une forme de violence sociale, c'est irresponsable, encore plus de la part d'un responsable.

19:37
Présentateur

Au-delà des propos de Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous redoutez une mobilisation sociale ?

19:41
Invité politique

Mais nous, vous savez, on veut réformer notre pays, on veut transformer notre pays, et on veut le juste partage de l'effort. Le juste partage de l'effort. On veut que les Françaises et les Français voient, comprennent, que les réformes que nous menons, c'est pour répartir cet effort. C'est la justice sociale que nous voulons. Donc, nous voulons le plein emploi, et pour cela, nous voulons un marché du travail qui soit de nature, à proposer un emploi à chacun, et faire en sorte que les gens qui n'ont pas de travail en prennent un. On veut un système social qui soit équilibré financièrement pour ne pas avoir augmenté la dette, ni les impôts.

Et donc, ça veut dire être capable de travailler un peu plus. Et si vous faites ça à la rue, vous le faites ? Tout en faisant attention à ceux qui ont des carrières longues, des carrières hachées, etc. C'est cette réforme, cette transformation de notre pays. Il y a des gens qui veulent l'immobilisme. Il y a des gens qui veulent le retour en arrière. Il y a des gens qui vous disent qu'il n'y a pas de problème. Ces gens-là, pardonnez-moi, ne partagent pas la responsabilité collective qui est la nôtre, de faire en sorte que nos enfants et nos petits-enfants, si demain il y avait besoin d'un quoi qu'il en coûte, puissent encore le financer.

20:36
Présentateur

Olivier Véran, porte-parole du gouvernement. Merci d'avoir répondu à mes questions. Et je rappelle que vous avez dit en début d'interview, à propos de l'essence, qu'il y avait du carburant, qu'il n'y avait pas de pénurie de carburant, qu'il y avait simplement une difficulté à l'approvisionnement au niveau de la pompe. Vous voulez être... Ce qui est en train de dire que c'est réel

20:51
Invité politique

et que nous travaillons à lever actif.

20:52
Présentateur

Vous voulez être rassurant ce matin. Il est 8h53 sur RMC BFM TV. Merci d'avoir regardé cette vidéo !