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interviewEurope 1· 24 juin 2025 15 min

Benjamin Morel réagit au dépot d'une motion de censure : «Probable que le gouvernement se retrouv

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Europin soir 19h 21h Pierre de Villneau et pour la 2e heure d'Europe un soir avec moi autour de cette table Gill Boutin bonsoir journaliste au Figaro bonsoir Alexandre Malafaille fondateur du laboratoire de pensée Syopia et nous accueillons Benjamin Morel bonsoir bonsoir Benjamin Morel politologue constitutionniste maître en conférence maître deux conférences en droit public à Paris de Panthéon Assass il y en a du monde qui est passé par Panthéon Assas Ça on en parlait tout à l'heure certains autour de cette table je crois auteur de alors il y a beaucoup de livres mais le dernier il est de juillet dernier ça s'appelle le parlement temple de la République de 1789 à nos jours. C'est aux éditions passé composé pour en entrée ou en amuse bouche si vous le voulez bien je vais vous faire écouter Boris Valot et François Baou. Pourquoi ?

Parce que il y a eu le conclave, il y a eu le résultat que tout le monde connaissait d'avant. C'était même pas la peine d'en faire un. Je rappelle pour contextualiser que François Bairou arrivé en décembre dernier, chef du gouvernement avait dit à sa première émission télévisée "OK, je rouvre le dossier des retraites mais si ça ne marche pas entre les partenaires sociaux, on reviendra à la version initiale avec l'âge de départ à 64 ans parce que c'est ce qui a été adopté par le Parlement, même si c'était un 493, ça a été adopté." Résultat des cours cet après-midi, question au gouvernement.

Qu'est-ce qui se passe ? Les socialistes disent à François Baou, on veut le texte à nouveau au Parlement pour à nouveau en débattre, sinon c'est la censure. Écoutez la question de Boris Vallot, la réponse de François Bairou et la menace de Boris Vallot.

En dépit de cet échec, allez-vous déposer sans délais un texte de loi ouvrant la voie à une réforme nouvelle, sans totem ni tabou, laissant aux parlementaires la possibilité de débattre de tout et en particulier de la mesure d'âge ? Ma conviction est qu'il existe un chemin qui peut permettre de sortir de cet impasse. Et ce chemin devrait déboucher sur un texte qui pourra être examiné par la représentation nationale.

Quel que soit le chemin législatif ou réglementaire que nous prendrons. Il est pour moi inacceptable de laisser détruire l'équilibre financier si difficile à trouver dont nous avons le plus urgent besoin. Monsieur le Premier ministre, le respect de la parole donnée est à la base même de notre régime démocratique.

Vous avez pris des engagements pas tenus sur ce sujet comme sur bien d'autres. Cela nous contraint, monsieur le Premier ministre, à déposer une motion de censure contre votre gouvernement. Benjamin Morel, qu'est-ce que vous pensez de cette digression ?

Bah tout bêtement, qu'on reste dans la politique politicienne et que ce qu'on conclave est depuis le début de la politique politicienne. Il faut se remettre dans le contexte initial. On est fin janvier, début février, on n' pas de budget.

C'est embêtant de ne pas avoir de budget. On en avait déjà parlé autour de ce plateau. Et donc dans ce cadre-là, que fait François Baïou ?

Il propose quelque chose auquel il est évident que l'on ne peut pas vraiment croire que un déboucher se présentera. C'est-à-dire que quand bien même le conclave est conclu à quelque chose, on ne serait probablement pas revenu sur la mesure d'âge. Or, ce qui compte pour les socialistes, c'est de pouvoir revenir sur cette mesure d'âge tout bêtement parce que ils ont la pression du reste de la gauche.

Ils ont notamment la pression de la FI quelques mois avant les municipales. La FI c'est la France insoumise, vous dites la FI vous. Oui.

Donc ils ont besoin de donner des gages, qu'ils sont de gauche et qu'ils sont prêts à se battre sur un dossier emblématique pour la gauche. Dans ce cadre-là, et bien euh il était en effet assez probable que le conclave échoue, mais ça permettait aux socialistes au moment du de la fin de l'hiver du début du printemps de dire "Si on ne censure pas François Baou, c'est parce queon a obtenu des gages. Si on censure pas François Baou, c'est pas seulement parce qu'on est sérieux, c'est également qu'on va être ceux qui vont emporter la remise en cause de la réforme borne." Bien sûr, les socialistes ne sont pas idiots, ils ne sont pas bêtes.

Ils savaient que ça n'arriverait pas. Ça leur a permis d'acheter du temps dans cette positionlà. Maintenant, la fin du conclave a fait que ce temps échoue.

Le problème pour les pour François Baou, c'est que évidemment voulait plutôt dire queils ont pas acheté du temps. On voulait dire qu'ils ont vendu du temps à François Baou qui a acheté pour garder les clés de Matignon le plus longtemps possible. Donc il a planté son arme.

D'ailleurs, les deux, il y avaient intérêt. C'est-à-dire que les deux avaient intérêt à ce que ça dure parce que les deux avaient intérêt à ce que le gouvernement ne tombe pas, à ce que le budget passe. Et donc bah maintenant que je dirais l' là, ils étaient plus deux à être comment dirais-je de euh ils étaient plus de deux à avoir ce gage que le budget passe.

Il y avait pas que les socialistes et les Franç qui a un budget en France. qui avait il y avait besoin à ce moment-là de cette illusion un peu du conclave pour arriver à donner des gages et pour arriver à aller vers ce faux pacte de non censure. Maintenant que l'illusion est rompue, ben il est en effet très probable que le gouvernement se retrouve dans la même position que précédemment, c'est-à-dire dans les mains du Rassemblement national qui pour l'instant, ce qui va sans doute le sauver, n'a pas intérêt à censurer.

Seulement, il y a un autre budget d'ici quelques mois. la position du RN pourrait être un peu différente et à ce moment-là et bien François Bairrou aura du mal quand même à tenir. Gill Boutin du Figaro et pour moi c'est un double échec euh pour François Baou parce que d'une part il avait présenté le cette idée du conclave comme étant la solution justement à au Crispassation qui entourait le la réforme des retraites.

Bon effectivement on y voyait très tôt un écran de fumée. Cependant on voit bien que le conclave se dirige sa mort la plus la plus totale. Et c'est un deuxième échec parce que il avait dit initialement qu'il laisserait les partenaires sociaux discuter tranquillement, qu'il n'interférerait pas.

Or, il voit que ce conclave lui échappe la le dénouement, enfin il ne va pas y en avoir justement. Et là, qu'est-ce qu'il fait ? Il se précipite dans l'arène.

Il se contredit totalement puisqu'il contrevient à son principe qui est celui de ne pas intervenir dans le le dialogue social. Et donc ça soulève cette question. Qu'est-ce il misait beaucoup sur cet exemple en dit-il en tout cas pour porter d'autres possibilités, d'autres réformes, d'autres réflexions collectives.

Est-ce que vous pensez que cela enterre définitivement ou en tout cas pour très longtemps la possibilité de réforme en France via un dialogue social ou même parlementaire apaisé ou est-ce que vous pensez qu'on peut voilà que c'est encore envisageable pour de Benjamin Morel tu pas je pense que c'est envisageable c'est-à-dire que là vous dites au patronat écoutez si vous ne cédez sur rien et vous l'avez évoqué on revient sur la réforme initiale qui est la réforme que le patronat souhaite. Le patronat n'a absolument aucun intérêt à céder. Quant au syndicat, bien ils savent très bien que ils vont à cette affaire comme à Canossa.

Et donc ce faisant, vous vous retrouvez dès le départ sans FO puis très rapidement sans la CGT. Donc forcément les cadres de la négociation ne pouvaient mener nulle part. Oui, les D étaient pipé très tôt.

Les D étaient pipé très tôt. Et donc dans ce cadre là pour François Bairou, bah en effet, c'est la démonstration que la méthode dont il se faisait le chantre, le dialogue social, les corps intermédiaires ici n'a pas débouché et symboliquement c'est un problème pour lui. Pour le reste ça veut pas dire qu'il y a pas demain cette possibilitél [Musique] que le temps et on l'évoquait qui a été acheté aujourd'hui est arrivé à échéance.

François Baïou dans toutes les manœuvres qui sont laissées en disant je reprends la main en fait essae de gagner quelques jours parce que le 11 juillet c'est la fin de la session extraordinaire et donc à partir de ce moment-là plus de motion de censure et il est tranquille jusqu'à fin jusqu'à fin septembre il a dit qu'il ferait un compte-rendu le 14 juillet après le 11 juillet donc à ce moment-là ben il peut entre guillemets annoncer ce qu'il veut il sera pas tout de suite censuré donc on voit qu'on a un jeu temporel encore une fois on est vraiment ici dans la politique politicienne. Alexandre Marfaille Oui. Il y a pas de grande surprise.

La question des retraites a toujours été toujours été un afhrodisiaque pour la gauche. Ça fait partie des grands afhrodisiaques de la gauche. Donc on peut simplement s'étonner en effet qu'il se soit pied joli lui-même.

Je trouve que pour le coup pour quelqu'un qui avait soi-disant autant d'expérience politique se retrouver dans cette espèce de situation. Alors avait-il le choix ? Oui.

Bah il a fallu qu'il se mette en situation au démarrage mais quand même ça fait ça fait quand même très brouillon. Bon cela dit il va gagner un peu de temps. Ça c'est à peu près certain.

On va se retrouver à l'automne dans une configuration budgétaire où là pour le coup en effet le RN va jouer un rôle significatif. Alors il se passe quoi Benjamin Morel ? Si de fait le RN finalement décide de voter une censure qui ferait tomber le gouvernement.

Est-ce qu'on imagine dans ces cas-là que derrière bah ça fait tomber en retour l'Assemblée nationale parce que le président le prend mal et euh et parce que il y a un jeu de domino qui peut être voilà et en faisant ça, le risque c'est quand même que si le RN déclenche ce processus, s'il y a des solutions, ils mettent automatiquement Marine Le Pen au chômage. Donc ça c'est quand même un élément qu' faut pas perdre de vue dans l'équation du RN. Alors c'est en effet pas perdre de vue dans l'équation du Rassemblement national.

Euh la deux, la question qui se pose, c'est est-ce que le RN peut anticiper une dissolution d'Emmanuel Macron qui objectivement n'a pas été très rationnel la dernière fois qu'il appuyé sur le bouton de l'article 12. Mais ici euh si vous faites une dissolution maintenant, ce que nous dit la sociologie électorale, c'est que vous avez plus de députés RN, vous avez un socle commun qui réduit comme pot de chagrin parce qu'il est assez probable que les reports de la gauche sur le socle commun soient plus médiocre qu'en 2024. Et donc si on essaie de rentrer dans l'esprit d'Emmanuel Macron, dissoudre n'est pas cohérent d'autant qu'il s'entint bien avec son premier ministre et qu'il a d'autres noms en tête et qu'on pourrait imaginer au hasard Sébastien Lecornu qui euh a plutôt une forme de bienveillance de la part du Rassemblement national à Matignon très rapidement pour essayer de donner le change.

Donc il peut y avoir un paris du côté du Rassemblement national que il y aura pas nécessairement de dissolution, qu'il y aura un nouveau premier ministre qui arrangerait et Emmanuel Macron et peut-être le RN et une grande partie du socle commun qui n'est pas aujourd'hui très fervant vis-à-vis de François Baïou. Ça peut être un module vive dit mais attention si on a un changement de premier ministre ça fait pas adopter un budget. Mais c'est ce que j'allais vous dire et le budget dans tout ça et le budget dans tout ça, il y a deux voies où on arrive à trouver un compromis peut-être à nouveau avec vous souvenez les lois spéciales qui lo spéciale l'année blanche.

Voilà. Mais ça va être plus compliqué parce que là il y a les municipales ou et donc les municipales va mettre vont mettre tout le monde sous tension et voter un budget au mois de février au mois de mars l'avantveille des municipales pour les oppositions. C'est suicidaire hein les socialistes voter un budget dans ce cadre là.

Imaginez bien ou ne serait-ce que pas censurer le gouvernement, là va y avoir la pression des insoumis. Mais sur le calendrier, Benjamin Morel, admettons qu'une qu'il y ait une censure euh ça reste ça ça pardon, ça donne entre guillemets combien de temps à François Bairou encore euh dans les murs de Matignon ? Ça peut aller très vite.

Ah, ça peut aller relativement vite. On a priori une session extraordinaire qui va reprendre fin septembre. Donc le Parlement va ressiéger à partir de fin septembre.

On devrait connaître à peu près la tête du budget à partir de mi-octobre, tout début d'octobre, 1er mardi. Et à partir de là, bah dès le moment où le budget arrive à l'Assemblée nationale, on peut avoir une censure. Il y a un deuxième scénario qui est possible, c'est celui qu'on avait évoqué la dernière fois mais qui est le scénario des ordonnances.

H au bout de 70 jours, si le gouvernement n'est pas tombé ou s'il y a un nouveau gouvernement mais que le projet de loi budgétaire a été déposé et qu'il y a toujours pas moyen de le faire adopter, on peut exécuter le budget par ordonnance. probablement le gouvernement hein probablement est-ce que pour le gouvernement ce serait se faire arquiri parce que le parlement dirait mais vous avez exécuté le budget sans même nous demander notre avis et donc on va vous censurer donc ce serait peut-être mieux que ce soit François Baou qui tombe sur les ordonnances que son successeur mais il est possible qu'on en arrive là en tout cas ça a été inventé pour en 1958 oui on en revient un peu au scénario qu'on évoquait l'année dernière à la même période sans le jour de la marmotte la pédagogie en matière constitutionnelle comme toute pédagogie C'est la répétition. Donc on va répéter ça chaque année pendant souvent Benjamin qui est un véritable.

J'ai quand même une question euh pardon Gill est-ce qu'on peut quand même pas imaginer qu'à un moment donné la classe politique se ressaisisse ? Je m'entends. On est en train de voir quand même.

Vous avez posé un cierge ? Oui. Non mais je je t'entends je je crois je crois à l'esprit saint quelque part qui pourrait me traverser traverser la tête de certains.

Non mais franchement on est en train de commencer à voir que les indicateurs sont en train de se dégrader extrêmement gravement dans pas mal de domaines y compris dans le domaine de la croissance. On n'est pas très loin de la récession. Sur le domaine domaine de l'emploi, ça va de moins en moins bien.

Sur les questions qui touchent l'investissement, on voit bien que ça se gripe, que ça se freine. Voilà. Est-ce que un moment donné ça pourrait pas envoyer un signal quand même à cette assemblée pour dire bon OK, on a plein de divisions, mais il faut peut-être gérer l'intérêt général et pas l'intérêt partisan.

Je sais bien qu' les élections. Je sais bien que le l'observateur que vous êtes devrait je suis fasciné par ce spectacle. Alors que les Français disent "Regardez euh les Iraniens vont pas faire péter le des trit d'Ormous parce que ça serait un suicide collectif et en réalité on est quand même dans une situation comme vous le dites Alexandre Benjamin Morel.

Est-ce que LR veut assumer un budget commun avec les socialistes à un an d'une élection présidentielle ? Compliqué. Est-ce que le PS veut assumer un budget commun avec les Macronistes à un an d'une présidentielle ?

Compliqué également. Est-ce que le RN qui s'en qui envisage aujourd'hui de prendre le pouvoir peut assumer le bilan du socle commun ? Probablement très compliqué.

La proximité de la présidentielle et avant la proximité des municipales qui vont être un crash test notamment pour le PS et pour LR. Donc il y a beaucoup à jouer pour les partis. Mais précisément ça pose ça ça pose justement la question de nos institutions parce que François Bayerou par exemple avait brandi euh la possibilité de réformer le enfin de réintroduire de la proportionnelle comme une réponse entre autres au RN mais plus fondamentalement il y croit.

Cependant on voit pas bien ce que la proportionnelle changerait par rapport à la situation actuelle en terme de blocage et donc que faudrait-il souhaiter pour que si la France se retrouvait de nouveau dans cette situation pour éviter de tels blocages institutionnels ? Je pense au budget. La proportionnelle peut réellement aider tout bêtement parce qu'elle fluidifie la vie politique.

En d'autres termes, là, pourquoi les socialistes sont obligés de rentrer dans une opposition qui est une opposition radicale ? Tout bêtement, parce que derrière, si demain en cas de dissolution, il y a pas d'union de la gauche à minima, ils se retrouvent face à un côte d'insoumis et ils sont morts. Et donc dans ce cadre-là, ils doivent donner des gages.

Ils peuvent pas se permettre de tendre la main à un camp qui n'a pas été le leur lors des élections. La proportionnelle évite ça. Le problème, c'est que la proportionnelle heurte d'autres intérêts politiques.

Les LR, LR aujourd'hui aurait intérêt à la proportionnelle. LR aurait plus de députés mais ce serait pas les mêmes. Ils auraient plus de députés à Paris, ils en auraient beaucoup moins dans les territoires ruraux et donc les députés LR ici saute et donc on revient à la popole en la matière et bien il est assez probable qu'on évolue vers une forme de modification la politique politicienne la popole.

Merci beaucoup monsieur Pup, monsieur très cher le monsieur le constitutionnaliste Benjamin Morel qui est toujours le bienvenu sur ce plateau le 4 juillet prochain, juste avant la pause, Estival Tom et toute l'équipe de Culture Média seront en tenue de soirée pour récompenser les œuvres des artistes qui ont marqué la saison télé, cinéma, musique, littérature, les numéro 1 de l'année. Vous votez sur europein.fr.

Vous choisissez ce qu'il mérite dès maintenant europe1.fr FR en partenariat avec télé 2 semaines. Révélation du palmarès le 4 juillet en direct entre 9h30 et 11h sur Europin. [Musique]