Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV — BFM Politique· 21 mai 2023 51 min

Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise, député LFI des Bouches-du-Rhône - 21/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Manuel Bompard

Manuel Bompard, invité de BFM Politique. Monsieur Bompard, l'actualité de ce matin, c'est d'abord cette fusillade à Marseille. Trois hommes abattus à la sortie d'une boîte de nuit, ce qui donne un bilan de 21 personnes victimes de règlements de comptes depuis le début de l'année. Rappelons que vous êtes député de Marseille. C'est l'impuissance pour arrêter cette série noire ?

0:24
Présentateur

C'est d'abord des drames, vous l'avez dit. C'est des meurtres, des assassinats qui se multiplient depuis le début de l'année. Je voudrais vous dire que je n'utilise pas le terme règlements de comptes parce que je pense que c'est un terme qui n'est pas approprié. Quand vous avez des mères de famille...

0:40
Manuel Bompard

Rappelons que cela a un lien avec le trafic de drogue et l'expression règlement de comptes.

0:44
Présentateur

Oui, mais c'est un terme qui n'est pas approprié. Quand vous avez une personne de près de 60 ans qui est assassinée, quand vous avez un jeune adolescent de 16 ans, quand vous avez une mère de famille de 43 ans qui est assassinée, ce n'est pas un règlement de comptes, c'est un meurtre et c'est un assassinat. Mais même quand c'est des jeunes. Je voudrais vous rappeler que derrière, il y a des familles, il y a des mères de famille, il y a des parents, il y a des enfants, il y a des habitants d'un certain nombre de quartiers, sur ma circonscription, mais de manière plus générale à Marseille, qui ont peur de sortir le soir, qui restent calfeutrés à la maison. Et ça, c'est une réalité concrète.

Et face à ça, je déplore, pas une impuissance, mais je pense un manque d'investissement dans ce qui devrait, de mon point de vue, être la priorité. La priorité, ça ne peut pas être seulement d'aller donner des amendes aux jeunes qui viennent acheter un peu de drogue. Je ne dis pas que c'est bien de le faire. Je dis que si on veut vraiment s'attaquer à cette difficulté, la question qui nous est posée, c'est comment on met des moyens pour remonter les filières.

1:44
Invité

Justement, côté ministère à l'Intérieur, on souligne qu'il n'y a jamais eu autant de policiers déployés à Marseille. Et pourtant, chaque semaine, on déplore des morts. Alors, vous refusez le mot « règlement de compte », ça y ressemble pourtant. Qu'est-ce que vous proposez ?

2:00
Présentateur

Quand je vous dis que je vous refuse le terme de « règlement de compte », c'est parce qu'il y a des personnes qui sont victimes de ces meurtres, ou de ces assassinats, qui n'ont rien à voir avec le trafic de drogue aujourd'hui, qui prennent des balles perdues, alors que juste parce qu'ils habitent dans un quartier dans lequel il y a une fusillade. Donc voilà pourquoi je dis que vous êtes attentif sur ce sujet.

2:16
Invité

Qui a mis des policiers sur le terrain ?

2:17
Présentateur

Moi, ce que je vous dis, c'est que si vous voulez vous attaquer à cette question, il y a quand même des sujets qu'on peut poser sur la table. Comment ça se fait qu'aujourd'hui, vous pouvez trouver une arme comme ça, à Marseille, ça ne se trouve pas au supermarché ? Qu'est-ce qu'on fait pour lutter contre le trafic d'armes ? Comment on fait pour remonter les filières ?

2:31
Manuel Bompard

Il y a une forme de laxisme du gouvernement sur le sujet de Marseille ? Parce que Bruno le disait, plus de forces de l'ordre, plus aussi d'interpellations, de démantèlement de filières.

2:41
Présentateur

Peut-être parce qu'on ne les met pas au bon endroit, ou en tout cas qu'on ne les met pas suffisamment au bon endroit. Il faut investir davantage de moyens dans la police judiciaire. Il faut ramener les effectifs de douane qui ont été supprimés. Sur le port de Marseille aujourd'hui, vous avez un conteneur sur 10 000 qui est contrôlé. Or, la drogue, elle rentre bien quelque part. Donc si on veut s'attaquer sérieusement à ce problème, je pense qu'on a besoin de moins de... Est-ce que c'est un abandon de l'État ? Non, je pense qu'on a besoin de moins de communication et plus de travail sérieux.

Et le travail sérieux, c'est investir dans la police d'enquête, la police d'investigation, remonter les filières.

3:11
Invité

Gérald Darmanin n'en fait pas assez à Marseille

3:13
Présentateur

pour lutter contre les trafics ? Je vous donne un exemple, monsieur Jeudy. Quand il y a eu la guerre, la Russie a attaqué l'Ukraine. On n'a pas eu de problème à dire qu'on va aller geler les avoirs des oligarques russes. Pourquoi on n'est pas capable de s'attaquer aux avoirs des grands trafiquants qui, pour certains, se réfugient à l'étranger et qui sont responsables de ces morts chaque semaine, malheureusement, aujourd'hui à Marseille ? Je pense qu'on fait beaucoup de communication, beaucoup de politique du chiffre et pas assez de politique sérieuse pour s'attaquer à cette difficulté.

3:41
Manuel Bompard

Un mot, Manuel Bompard, sur la situation internationale. Le G7 s'est terminé ce matin et le président américain Joe Biden a annoncé une nouvelle aide militaire à l'Ukraine après une annonce majeure vendredi, un feu vert pour la livraison d'avions de chasse américains, des F-16, par ses alliés à l'Ukraine. C'est-à-dire que ce n'est pas les États-Unis directement, mais c'est ceux qui avaient acheté des F-16 qui pourront donc en livrer à l'Ukraine. Question simple, est-ce que vous soutenez cette annonce, ce tabou qui s'est levé de la part du président américain ?

4:06
Présentateur

Écoutez, c'est une décision américaine. Moi, il ne m'appartient pas de commenter cette décision américaine. Vous l'avez dit vous-même, ils donnent un feu vert. En même temps, ils disent que ce n'est pas eux qui vont livrer ces avions.

4:15
Manuel Bompard

C'est important parce que jusque-là, c'est une sorte de ligne rouge. Cette ligne rouge n'existe plus.

4:19
Présentateur

Je suis député français. J'écoute ce que dit le président de la République, Emmanuel Macron. J'ai entendu que le président de la République, Emmanuel Macron, pour l'instant, dit qu'il veut faire preuve de prudence sur le sujet.

4:30
Invité

Mais il annonce quand même une formation que la France va aider à la formation de pilotes ukrainiens.

4:35
Présentateur

J'ai vu ce qu'il avait dit, mais il n'a pas parlé, lui, de livrer, par exemple, des avions français à ce stade. Vous seriez favorable ? Non, d'abord, je vais vous dire sur ce sujet, je pense qu'on aurait davantage besoin de discussions parlementaires. Je trouve qu'il y a un problème depuis le déclenchement de ce conflit. C'est qu'on n'a jamais eu un débat à l'Assemblée nationale pour discuter de quelle était notre stratégie, de est-ce qu'on livrait telles ou telles armes.

4:57
Manuel Bompard

Maintenant, allons sur le fond du sujet,

5:01
Présentateur

parce que sinon, on discute des annonces de la communication.

5:04
Manuel Bompard

Non, mais attendez, c'est important. On est dans un moment, on est sans doute à quelques jours, quelques semaines de la contre-offensive ukrainienne. On a des informations, parfois contradictoires, sur le fait que Bakhmout pourrait tomber. Il y a une annonce importante, qui est la possibilité que l'Ukraine récupère des avions de chasse occidentaux. Est-ce que vous vous en félicitez ? Par exemple, un membre de la NUPES, Raphaël Glucksmann, député européen, disait qu'il faut faire lever ce tabou. Est-ce que, vous dites aujourd'hui, ce dimanche, c'est une bonne nouvelle ? Il faut tout faire pour aider l'Ukraine avant cette contre-offensive ?

5:29
Présentateur

Moi, une fois n'est pas coutume, je vais vous dire que je trouve que la position qu'a exprimée le président de la République la semaine dernière sur ce sujet est une position raisonnable, parce que c'est une position prudente. Il faut soutenir militairement l'Ukraine. Il faut soutenir économiquement l'Ukraine. Et en même temps, il faut faire attention à ne pas devenir co-billigérant. C'est ça la complexité dans laquelle on est.

5:48
Manuel Bompard

Est-ce que les occidentaux livrant des avions de chasse à l'Ukraine, c'est devenir co-billigérant ?

5:51
Présentateur

Non, être co-billigérant, ça veut dire envoyer nos propres soldats et ce que personne aujourd'hui n'a proposé. Maintenant, je ne veux pas esquiver le sujet, je veux juste vous dire que je pense qu'il faut sortir de l'illusion que l'issue du conflit aujourd'hui et de la guerre qu'a déclenché de manière unilatérale la Russie face à l'Ukraine est une issue militaire. Et d'ailleurs, j'ai envie de vous dire si on s'apprête aujourd'hui à former des pilotes, d'un certain point de vue, ce n'est pas une bonne nouvelle parce que ça veut dire qu'on s'attend à un conflit qui va durer encore pendant plusieurs mois. Non, je ne vous dis pas qu'il ne faut pas le faire.

Je vous dis qu'une fois qu'on a dit ça, soutenir militairement, soutenir économiquement, la question qui nous est posée, c'est quelle est l'issue à ce conflit ? Et l'issue, elle est forcément diplomatique.

6:29
Manuel Bompard

Oui, mais honnêtement, Manipar, moi je suis désolé, je ne comprends pas. Il y a une sorte d'ambiguïté de la France insoumise sur la question d'ailleurs aux raisons des armes. En mars 2022, au moment du déclenchement de la guerre en Ukraine, c'était il ne faut pas en livrer. Ensuite, vous évoluez. Après, vous dites oui, il faut qu'il y ait un débat au Parlement. Est-ce que oui ou non, il faut continuer à aider militairement l'Ukraine ? Mais je vous ai répondu,

6:45
Présentateur

donc si vous ne m'écoutez pas, je ne sais pas, mais je viens de vous dire oui, il faut soutenir économiquement, il faut soutenir militairement l'Ukraine. Mais j'ai le droit de vous dire que je considère que faire croire aux gens que l'issue à ce conflit est une issue militaire me paraît être une erreur. Et que si on veut sortir de cette situation, ça passe par l'intensification des relations diplomatiques. Et de ce point de vue-là, par exemple, hier, il y a une bonne nouvelle. Le fait que l'Inde dise qu'elle va mettre son poids pour essayer de parvenir à un accord de paix, c'est une bonne nouvelle.

Et en même temps, je trouve qu'on envoie des signes aux contradictoires que hier, le G7 publiait un communiqué pour s'en prendre à la Chine. Alors qu'on sait très bien qu'on a besoin aussi des efforts chinois pour essayer d'arriver à un plan d'aide. Vous êtes plutôt du côté de la Chine face aux autres pays du G7 ? Non, je ne suis pas du côté de l'un ou de l'autre. Je suis non-aligné. Je pense juste que si on veut sortir de cette situation, il faut un accord de paix. Non-aligné, ça veut dire ni États-Unis,

7:34
Manuel Bompard

ni Chine, Inde ?

7:36
Présentateur

Ça veut dire rester à équidistance des différentes puissances. Et vous renvoyez dos à dos ? Non, mais ce n'est pas que je les renvoie dos à dos, c'est que je ne suis pas aligné sur les intérêts de telle ou telle puissance. C'est la position assez traditionnelle de la France, Benjamin Duhamel. La question qui nous est posée ensuite, c'est comment on fait en sorte qu'on conjugue tous nos efforts pour arriver à une issue qui est forcément une issue diplomatique. Ça me paraît assez raisonnable de dire ça pour que la guerre s'arrête le plus rapidement possible.

8:01
Invité

Le soutien de la France à l'Ukraine, il s'est exprimé d'une autre manière ce week-end. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'est rendu au G7 qui se tient en ce moment au Japon dans un avion de la République française. Est-ce qu'en voyant ces images, vous vous êtes dit que c'est un beau symbole ?

8:16
Présentateur

C'est surtout une opération de communication. Mais pourquoi pas ? Ça lui a permis

8:19
Invité

de se rendre au G7 et d'échanger avec des chefs d'État.

8:22
Présentateur

Oui, je pense qu'il aurait pu y aller. Mais ça ne me pose pas de difficultés. Je ne veux pas donner... C'est d'ailleurs eux

8:26
Invité

qui l'avaient demandé.

8:27
Présentateur

Ça ne me pose aucune difficulté. Mais si vous voulez, là je trouve qu'on discute un petit peu des choses qui sont un peu anecdotiques, excusez-moi de vous le dire. Si on veut sortir de cette situation, je rappelle que c'est un conflit. C'est anecdotique de permettre au président ukrainien

8:38
Invité

de se rendre au G7 pour défendre... Non mais je vous ai dit

8:41
Présentateur

que ça ne me posait pas de difficultés. Mais je veux dire, on parle d'un conflit militaire dans lequel il y a des centaines de milliers de morts. La question qui nous est posée, c'est comment on y met un terme le plus rapidement possible. Et pour y mettre un terme le plus rapidement possible, personne ne peut considérer que ça terminera ni par une victoire militaire de la Russie, ni par une victoire militaire de l'Ukraine. Donc il faut construire un plan de paix. Et construire un plan de paix, ça nécessite d'intensifier nos relations diplomatiques et de faire en sorte de pouvoir le faire avec l'ensemble des puissances au monde.

9:06
Invité

Ça sert aussi à ça, le G7, justement. Le fait que Volodymyr Zelensky aille au G7 fusse dans l'avion de la République française, ça sert à bâtir éventuellement des hypothèses de paix.

9:18
Présentateur

Le G7, c'est un club du passé, un club oligarchique qui vise à contourner ce qui est normalement la règle en matière de législation et de relations internationales, c'est-à-dire l'ONU, et dans lequel il y a un certain nombre de pays qui sont évacués alors qu'ils peuvent jouer un rôle majeur pour construire ce plan de paix. Moi, ce que je vous dis, c'est qu'on doit intensifier et discuter avec tout le monde pour faire en sorte de pouvoir sortir le plus rapidement possible de cette guerre. Voilà, il me semble que c'est une position raisonnable et j'attends du président de la République

9:45
Manuel Bompard

qui lui travaille. Une toute dernière question pour que les choses soient très précises pour ceux qui nous regardent. Si, dans les jours et dans les semaines qui viennent, la France devait envoyer des avions, par exemple, des Mirages 2000, est-ce que la France Insoumise y serait favorable ?

9:57
Présentateur

Moi, ce que je demande, c'est que s'il doit y avoir un changement de doctrine de la France sur ce sujet, ça donne lieu à un débat à l'Assemblée nationale. Ça me paraît assez simple. Le débat n'empêche pas de dire si on y est favorable ou pas. Oui, mais le débat, il permet de disposer de l'ensemble des informations, de quelle est notre stratégie, de pourquoi on en a besoin, de pourquoi on n'en a pas besoin. Moi, je ne dispose pas des éléments de l'État-major, du ministère de la Défense. Et si on a besoin d'un débat, c'est pour pouvoir prendre une décision qui soit une décision éclairée.

Et ça me paraît quand même normal, et je pense que les gens qui nous écoutent le comprendront, qu'en matière de politique internationale, si on doit s'engager encore plus avant au soutien à l'Ukraine, qu'on puisse au moins en débattre au Parlement.

10:31
Manuel Bompard

Manuel, par ce matin, dans les colonnes du JDD, les patrons des Républicains présentent leur plan pour réguler l'immigration. Deux propositions de loi, possibilité d'organiser un référendum sur ce sujet, double peine, droit du sol restreint. Une majorité de Français, c'est ce que montrent tous les sondages, veulent une politique plus dure, plus restrictive sur les sujets migratoires. Les LR, ils sont en phase avec l'opinion ?

10:51
Présentateur

Non, je pense que les LR visent à faire oublier le plus rapidement possible leur division sur l'actualité. Et l'actualité, aujourd'hui, c'est l'actualité sociale et notamment cette mobilisation contre la réforme des retraites. Et vous avez vu que les Républicains se sont divisés sur le sujet et donc ils cherchent à déporter le débat. Ils essayent de faire diversion ? Oui, bien sûr, ils essayent de faire diversion. Aujourd'hui, le problème du pays, excusez-moi de vous le dire, c'est les prix qui ne cessent d'augmenter et le pouvoir d'achat qui baisse et des gens qui tirent la langue. Il y en a plus de 40% qui disent qu'ils font des sacrifices aujourd'hui.

Le problème du pays, c'est la mobilisation sur la réforme des retraites.

11:25
Manuel Bompard

Sur le fond de leur mesure, est-ce que, vous dites, c'est très dur, la droite se rapproche des propositions de celles du RL ? Ce n'est pas qu'elle se rapproche,

11:30
Présentateur

c'est qu'elle reprend copier-coller les propositions qui étaient celles du Rassemblement national et de Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle. Donc, voilà, et qui sont, excusez-moi de vous le dire, des absurdités. Considérez que le problème de l'immigration aujourd'hui, c'est l'aide médicale d'État, c'est faire totalement obstacle à quelque chose d'assez élémentaire. C'est que quand vous avez des gens sur votre territoire et qu'ils aient des papiers ou qu'ils n'en aient pas, s'ils sont porteurs d'un virus, il vaut mieux les soigner.

11:57
Manuel Bompard

Le 10 pour restreindre cette aide médicale d'État. Oui, mais sauf que

11:58
Présentateur

si vous ne soignez pas les gens qu'ils aient des papiers ou qu'ils n'en aient pas sur le territoire national, après, les virus, ils vont sur quelqu'un qui a des papiers ou qui n'en a pas. Vous savez, le virus, il ne se renseigne pas trop pour savoir si les gens ont des papiers ou pas. Tout ça est absurde. De la même manière quand ils disent qu'il faut pouvoir désobéir à un certain nombre de règles internationales ou européennes avec un certain nombre de conventions qui régissent, par exemple, pour donner un exemple, le droit des enfants. Qu'est-ce que ça veut dire précisément ? Vous avez entendu parfois aussi

12:26
Manuel Bompard

Manuel Bompard vouloir déroger

12:27
Présentateur

à certaines dispositions. Oui, la désobéissance européenne sur d'autres sujets. C'est intéressant parce que quand nous nous disons qu'il faut déroger en matière économique un certain nombre de règles européennes, on nous dit « Oh là là, vous êtes anti-européens, etc. » Et là, vous avez les Républicains qui, eux, proposent de déroger sur tous les éléments qui sont relatifs au respect des droits de l'homme. Excusez-moi de vous le dire, moi, je ne suis pas d'accord pour qu'on déroge aux règles relatives au respect des droits de l'homme parce qu'elles ne sont pas tombées de nulle part et qu'elles portent quelque chose.

Quand vous avez des enfants qui arrivent sur le sol national, oui, il faut s'en occuper qu'ils aient des papiers ou pas. Moi, je suis attaché à ce principe.

12:59
Invité

Sur l'immigration, il y a eu une récente étude de l'Institut BVA avec la Fondation Jean Jaurès qui a marqué les esprits puisqu'elle montrait une évolution de l'électorat de gauche sur cette question et révélait que près d'un électeur de gauche sur deux estime qu'il y a trop d'immigrés en France. Qu'est-ce que vous pensez de cette évolution ? Et vous, qu'est-ce que vous pensez de cette question ? Est-ce que, selon vous, il y a trop d'immigrés en France ou pas ?

13:22
Présentateur

Non, je pense qu'encore une fois, on essaye à longueur de journée de faire croire aux gens dans ce pays que le problème, c'est l'immigration. Le problème de ce pays, aujourd'hui, ce n'est pas l'immigration.

13:32
Manuel Bompard

Donc, dans votre circonscription, personne ne vous parle jamais d'immigration ?

13:34
Présentateur

Je ne dis pas que personne ne m'en parle, mais ce n'est pas parce que les gens m'en parlent que je suis obligé de leur dire qu'ils ont raison de penser que c'est ça le problème. Je pense que le problème n'est pas le problème de l'immigration. Il peut y avoir, comme partout, des difficultés liées à telle ou telle situation. Mais là, la difficulté auxquelles sont confrontés les gens aujourd'hui, quand vous avez des gens qui se battent pour augmenter leur salaire, parce que le salaire nominal dans ce pays, il a augmenté depuis un an d'à peu près 4,5 %, alors que l'inflation a augmenté de 6 %.

Le problème, aujourd'hui, de ces gens-là qui ne voient pas leur salaire augmenter suffisamment, ce n'est pas l'immigration. Mais quand vous avez 500 000 étrangers qui sont inscrits au chômage aujourd'hui, des étrangers en situation... Bruno Jeudy, laissez juste Bruno poser une question. Pour l'instant, c'est moi qui étais en train de parler. Quand vous allez à l'hôpital, le problème du service public de santé qui est exsangue aujourd'hui, ce n'est pas l'immigration. Quand vous allez à l'école, le problème des classes qui sont surchargées aujourd'hui, ce n'est pas l'immigration. Donc je suis désolé de vous le dire et je réponds à toutes les questions.

Moi, j'essaye de convaincre les gens de ne pas se tromper. Et quand vous avez, M. Bonpar,

14:28
Invité

500 000 personnes étrangères qui sont au chômage en France et que vous voulez en faire rentrer de nouvelles, vous ne pensez pas que... Je ne suis pas en train

14:37
Présentateur

de vous dire que je veux en faire rentrer de nouvelles. La question qui nous est posée, c'est comment on fait en sorte que les gens qui partent aujourd'hui, ils n'aient pas besoin de partir. C'est ça la question qui est posée. Parce que sinon, vous pouvez faire ce que vous voulez.

14:47
Invité

Ça n'aide pas à l'intégration des étrangers qui vivent sur le territoire que de ne pas vouloir régler le problème du chômage des 500 personnes. Est-ce que vous allez en ajouter de nouvelles ?

14:56
Présentateur

Non mais attendez, moi, je suis pour régler le problème du chômage. Je ne sais pas pourquoi vous me faites dire ça. Ce que je suis en train de vous dire, c'est que si vous croyez en multipliant les suppressions gadget type on va supprimer l'aide médicale d'État, etc. Comme si les gens qui partent aujourd'hui de leur pays, ils viennent parce qu'ils pensent qu'ici, ils vont être soignés. C'est absurde. Une question sur le sujet

15:17
Manuel Bompard

de l'immigration. À votre place, François Ruffin, il y a quelques semaines, disait, moi, je ne suis pas favorable à des filières d'immigration de travail. Je ne veux pas qu'il y ait davantage d'immigrés qui viennent travailler. Je ne veux pas organiser une filière comme celle-là. Est-ce que vous êtes d'accord avec François Ruffin ? Et moi, je ne suis pas

15:31
Présentateur

pour des filières d'immigration par le travail. Ça n'a jamais été notre position. La question qui nous est posée, j'étais en train d'essayer de vous répondre de manière sérieuse, c'est comment on fait en sorte que les gens qui partent aujourd'hui n'aient pas besoin de partir ? Donc comment on s'attaque aux politiques qui les mettent sur la route ? Donc comment on s'attaque à la question du changement climatique ? Parce que les réfugiés climatiques, ça va monter en puissance de manière très importante dans les prochaines années. Comment on s'attaque aux conflits militaires ?

Comment on fait en sorte de mettre un terme à un certain nombre d'accords économiques contre l'Union européenne et un certain nombre de pays pauvres aujourd'hui qui appauvrissent les économies de ces pays pauvres ? C'est ça la question qui est posée. Après, une fois que les gens sont sur la route, une fois que les gens arrivent sur le territoire national, vous les accueillez dignement. Vous faites en sorte que leurs enfants puissent être éduqués. Vous faites en sorte qu'ils ne dorment pas dans la rue.

Il me semble que les gens aujourd'hui dans ce pays, bien sûr qu'ils peuvent parfois être confrontés à des difficultés, mais en même temps, ils comprennent l'idée qu'il faut faire preuve aussi d'humanité.

16:22
Manuel Bompard

Donc il ne faut pas durcir. Par exemple, si vous étiez au pouvoir, quand un clandestin est touché par ce qu'on appelle une OQTF, une obligation de quitter le territoire français, est-ce qu'il faut la faire appliquer ? Est-ce qu'il doit quitter le pays ? Ou est-ce qu'au contraire, vous dites qu'il faut régulariser ce qu'ils sont sur notre territoire ? Pourquoi les OQTF

16:36
Présentateur

ne sont pas appliqués aujourd'hui ? Pourquoi ? Elles ne sont pas appliquées parce que les pays,

16:40
Manuel Bompard

souvent, ne veulent pas accepter

16:41
Présentateur

les étudiants du territoire légal. Donc, qu'est-ce que vous allez faire ? À part essayer de discuter avec les pays en question ?

16:45
Manuel Bompard

Par exemple, Les Républicains, dans les colonnes du JDD, disent qu'il faut qu'on corrèle l'aide au développement à l'acceptation des pays de ces élections illégales.

16:53
Présentateur

Vous pensez que des pays, aujourd'hui, dans lesquels il y a des difficultés économiques, vous allez régler le problème en leur disant qu'on vous coupe l'aide au développement pour faire en sorte que vous puissiez avoir un modèle et un système économique qui fonctionne mieux ? Tout ça est absurde, ça n'a pas de sens. Donc, il faut s'attaquer aux causes qui génèrent les migrations. Après, une fois que les gens sont sur le territoire national, il faut faire en sorte de les prendre en charge dans des bonnes conditions. Vous n'avez pas d'autres options que celles-là. Donc, je crois que les Républicains, en réalité, font de l'agitation.

D'ailleurs, la preuve, c'est qu'ils déposent une proposition de loi constitutionnelle alors que vous savez très bien qu'une proposition de loi constitutionnelle, pour qu'elle puisse être adoptée en France, il faut qu'il y ait un référendum et ils n'ont pas le pouvoir de convoquer un référendum. Donc, il faut de l'agitation pour changer de sujet et essayer de faire oublier leur division sur la réforme des retraites. Une question de Pauline sur l'écologie.

17:42
Invité

Oui, parce que vous parliez le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchut, il en parle aussi ce matin et il dit, il explique la façon dont le pays doit s'adapter à des événements extrêmes. Il présente un scénario qui est pessimiste, qui fait froid dans l'eau, plus 4 degrés à horizon 2100. Vous avez souvent dénoncé le déni climatique du gouvernement. Est-ce que vous dites enfin un peu de lucidité ?

18:06
Présentateur

Vous avez vraiment très envie que je leur donne des bons points. On vous pose des questions. On vous pose des questions. Ça, c'est certain que je vais vous répondre comme je veux. Le déni climatique, il est toujours là. Le sujet, ce n'est pas de dire qu'il y a un scénario à 4 degrés et de s'en inquiéter.

18:23
Invité

Ça marque les esprits. C'est de nature à marquer les esprits.

18:25
Présentateur

Oui, d'accord. Mais moi, marquer les esprits, ça fait longtemps que les esprits sont marqués. Maintenant, la question qui nous est posée, c'est qu'est-ce qu'on fait concrètement ? Et ça ne vous aura pas échappé que ça fait maintenant 6 ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, que sa politique a été pointée du doigt à plusieurs reprises. Notamment, on lui a reproché une inaction climatique et environnementale. Et de ce point de vue-là, on a régulièrement des sorties pour dire que c'est très important l'écologie. En l'espèce, la contamination,

18:46
Manuel Bompard

elle concernait les années, c'est ce qu'il répond. Oui, mais le Conseil d'État,

18:49
Présentateur

ça ne vous aura pas échappé qu'il y a quelques semaines de ça, le Conseil d'État a à nouveau pointé du doigt la France en disant attention à votre inaction en matière climatique et environnementale. Vous parliez de l'inaction dont vous parliez. Voilà. Donc maintenant, sur le fond, parce que la question, ce n'est pas de savoir s'il y a déni ou pas déni, la question c'est qu'est-ce qu'on fait ? Bon, qu'est-ce qu'on fait ? Je vous donne un exemple. Dans les discussions budgétaires qui ont eu lieu au mois de décembre dernier, les oppositions, la NUPES en particulier, nous avions fait voter des amendements.

Ils avaient été votés par une majorité des députés à l'Assemblée nationale pour consacrer 10 milliards d'euros à la rénovation thermique des logements pour l'efficacité énergétique. On avait fait voter un amendement de 3 à 4 milliards d'euros pour investir dans le développement des lignes ferroviaires. Le gouvernement est arrivé, il a fait 49,3 et il a supprimé l'ensemble de ces amendements. Ça, vous voyez, ce n'est pas du déni ou de la prise de conscience, c'est de la réalité concrète. Je disais que la filière

19:36
Manuel Bompard

sur la question de la rénovation thermique des bâtiments, la filière n'était pas prête à accueillir autant d'investissement de 10 milliards d'euros. Ça fait 6 ans

19:41
Présentateur

qu'ils sont au pouvoir, M. Djamal. C'était la réponse. Franchement, prenons juste cet exemple-là, la rénovation thermique des logements. Excusez-moi, donnez-moi un argument, essayez de me faire comprendre comment ça se fait qu'on n'avance pas plus vite sur ce sujet. C'est un sujet qui est gagnant pour tout le monde. Vous décidez d'investir dans la rénovation thermique des logements, vous avez des difficultés sociales liées à des passoires énergétiques qui s'estompent. Vous avez du boulot pour le secteur du bâtiment, ça crée des emplois, ça crée du travail. Vous avez un impact positif sur le climat. Pourquoi on ne va pas plus vite sur ce sujet ?

20:12
Invité

Il faut des moyens sur ce sujet parce que ça coûte extrêmement cher et que les particuliers n'ont pas tous les moyens

20:16
Présentateur

donc il faut des moyens. Donc il faut investir sur le sujet. Une question de Bruno sur les annonces de demain.

20:22
Invité

Manuel Bonpart, Elisabeth Borne présentent demain ses mesures pour la planification écologique afin de baisser les émissions de CO2. Son entourage dit vouloir demander un petit peu au petit et beaucoup au gros. Ça va dans le bon sens ou pas ça ?

20:38
Présentateur

On va voir ce que ça veut dire. Oui, en tout cas.

20:41
Manuel Bompard

Cette phrase, un petit peu au petit, beaucoup au gros.

20:44
Présentateur

Moi, chat est chaudé quand l'eau froide. Donc je verrai quelle est la nature réelle des propositions qui sont faites. Mais oui, en matière de changement climatique, il est évident que les plus gros pollueurs, les plus riches de ce pays sont ceux qui doivent contribuer le plus. Ça, ça me paraît être une évidence. Donc comment on fait ? On met en place des politiques de sobriété énergétique et on s'attaque en particulier aux consommations qui sont ostentatoires. Par exemple, donnons un exemple. En matière d'eau, on sait qu'on va être confronté à des difficultés de sécheresse. Ça commence maintenant. On est en avance par rapport aux années précédentes. Il faut s'attaquer aux surconsommations.

21:18
Manuel Bompard

Est-ce qu'il faut, par exemple, interdire les piscines individuelles ?

21:20
Présentateur

Non, mais ne prenez pas. C'est toujours le même sujet. Dès qu'on commence à parler de ça, on essaye de... Oui, je vais donc vous répondre. On essaye de prendre le sujet qui va faire peur à tout le monde. Donc je ne vais pas tomber dans votre piège. Non, mais vous ne me répondez pas. Si, je vous réponds. Il ne faut pas les interdire. Je vous propose quelque chose. Je vous dis qu'il faut mettre en place une tarification progressive sur l'eau. C'est-à-dire que les mètres cubes qui sont indispensables à la vie, ce qu'on a besoin pour se brosser les dents, boire, se laver, cela, il doit être gratuit. Et puis ensuite, quand vous allez consommer davantage...

Voilà, il y a un certain nombre de communes qui ont mis en place. C'est d'ailleurs ce qui est prévu

21:50
Invité

dans le plan O, on en est où ?

21:53
Présentateur

Donc il faut mettre ça en place, par exemple.

21:54
Invité

La tarification progressive.

21:55
Présentateur

Voilà, donc il faut mettre ça en place, par exemple. Ça, c'est une bonne mesure. Voilà, pour vous donner un exemple. Et donc, les piscines interdire ? Interdire les piscines ? Mais je ne vais pas vous dire qu'on va interdire demain l'ensemble des piscines individuelles, mais on peut s'attaquer. Par exemple, quand il y a des mesures de restriction d'eau, peut-être qu'on peut se poser la question de savoir si c'est d'abord les familles qui vont être coupées ou si c'est d'abord les golfs, par exemple. Ça, ça peut être un sujet. On peut en parler, par exemple.

Est-ce qu'à un moment, si on veut être sérieux sur la question du changement climatique, il va falloir se poser la question de comment on fait une transition de notre modèle agricole pour qu'il soit respectueux de nos objectifs environnementaux et climatiques ? Donc, il faut faire en sorte qu'on utilise moins d'eau. Donc, il ne faut pas faire des méga-bassines, pour donner un exemple concret. Vous voyez, ça, ce n'est pas de la prise de conscience. On va dans la mauvaise direction, malheureusement, sur ce sujet. Quant à la planification écologique, j'attends de voir comment elle va se décliner.

Si on veut avoir ces objectifs de réduction qui soient respectés, il faut les décliner secteur par secteur. Et c'est ça que j'attends de la planification écologique que nous appelons de nos voeux depuis des années et des années.

22:51
Manuel Bompard

Manuel Bonpar, la semaine a été marquée par un débat autour de la violence en politique, du climat actuel, des responsabilités des uns et des autres. On va essayer de prendre les choses point par point. D'abord, sur la question de l'ultra-droite. À Annecy, le parquet a ouvert une enquête suite à une manifestation non autorisée de militants d'ultra-droite. Ils étaient une quarantaine. La manifestation qui fait suite à d'autres manifestations. Il y a eu celle du 6 mai, il y a eu celle dimanche dernier de l'Action Française. Mais pour Marion Maréchal, elle était vendredi matin au micro de BFM TV. Elle dit que c'est une menace qui est dérisoire.

Qu'est-ce que vous répondez à Marion Maréchal alors que là, on voit en l'espèce les images de cette manifestation à Annecy ?

23:25
Présentateur

Ce n'est pas une menace dérisoire. La preuve, c'est des gens qui menacent. C'est des gens qui incendient des domiciles. Je pense à celui Saint-Brévin en Loire-Atlantique. On ne sait pas si... Les menaces, on sait d'où elles viennent, non ? Les menaces, on sait d'où elles viennent, effectivement. Alors, vous avez... Sur l'incendie, on n'a pas encore déterminé qui c'est... Par contre, ceux qui ont attaqué trois militants de la France Insoumise à Lyon cette semaine, c'était bien des gens d'extrême droite. Voilà, pour vous donner un exemple concret. C'est des gens qui frappent, c'est des gens qui menacent, c'est des gens qui tabassent dans la rue, c'est des gens qui lynchent. Voilà.

Et donc, c'est une menace qui est une menace extrêmement dangereuse et contre laquelle, malheureusement, le pouvoir en place a pendant de nombreux mois et de nombreuses années fait comme si ça n'existait pas. Et même pire, a eu un agenda politique qui était un agenda politique de banalisation de l'extrême droite et de diabolisation de la NUPES. Quand M. Darmanin dit à Mme Le Pen qu'elle est trop molle ou quand Elisabeth Borne, la semaine dernière, dit que la NUPES est plus dangereuse que le Rassemblement National, elle contribue à banaliser les idées de la Rassemblement National. Là, en l'espèce,

24:26
Manuel Bompard

on parle de manifestations qui, d'ailleurs, pour certaines, ont été... Enfin, il y avait une volonté d'interdire avec des arrêtés préfectoraux qui, parfois, étaient cassés par la justice administrative. Qu'est-ce que peut faire le gouvernement de plus que de dire quand il y a ce type de manifestations, on essaye de les interdire mais si derrière, la justice ne veut pas, c'est le droit qui s'applique.

24:43
Présentateur

D'abord, avant qu'il y ait la volonté exprimée par le gouvernement de les interdire, il y a eu un certain nombre de manifestations qui, elles, n'avaient pas... Il n'y avait pas eu d'arrêté d'interdiction. C'est ensuite parce que le ministre de l'Intérieur, M. Darmana, a été interpellé sur le fait qu'il y a eu des manifestations dans Paris de l'ultra-droite qu'ensuite, il a dit on va essayer de prendre une mesure pour les interdire et il y a la justice qui fait respecter un certain nombre de règles constitutionnelles. Je le comprends.

Bon, donc, je dis juste qu'il me semble que pendant des mois et des mois, le pouvoir en place a contribué à banaliser les idées d'exam droite à faire comme si une responsabilité dans la montée de ces tensions. Voilà, tout simplement.

25:24
Invité

On parlait de ce qui s'est passé à Saint-Brévin à l'instant. Cette semaine, le maire de Saint-Brévin a confirmé que sa décision de démissionner était définitive. Rappelons que sa maison a été incendiée, qu'il avait subi des pressions, une opposition extrêmement virulente contre l'installation d'un centre pour demandeurs d'asile. Suite à cette affaire, le gouvernement a annoncé un renforcement des sanctions contre ceux qui s'en prennent aux élus. Est-ce que ces annonces sont suffisantes ? Selon vous, est-ce que ça va assez loin pour régler ce problème ou est-ce qu'il faudra faire plus ?

25:57
Présentateur

D'abord, il faut regarder ce qui s'est passé. Et ce qui s'est passé, c'est que le maire de Saint-Brévin, ce n'est pas seulement moi qui le dis, il le dit lui-même, a été abandonné. Il a été abandonné parce que le gouvernement a fait preuve de lâcheté sur le sujet.

26:10
Invité

C'est ce qu'il a dit. Il dit que son cas, il espère maintenant que son cas a été mis sur le devant de la scène, que ça va pouvoir faire bouger les choses.

26:16
Présentateur

Oui, mais c'est important de souligner une responsabilité. D'ailleurs, je dois vous dire qu'il y aura une manifestation mercredi à Saint-Brévin en soutien, en solidarité avec ce maire et contre les menaces de l'extrême droite. Elle aura lieu mercredi après-midi.

26:32
Manuel Bompard

Mais juste sur cette proposition de renforcer les sanctions pénales, il y a d'autres mesures ?

26:36
Invité

C'est une sanction pénale sur celles qui visent les personnes qui atteignent au personnel en uniforme. C'est aussi créer des référents atteints aux élus dans les commissariats et les gendarmeries. Est-ce que pour vous, c'est suffisant ? Où est-ce qu'il faut plus ?

26:51
Présentateur

Vous avez donné un certain nombre d'exemples. On verra ce qu'il y a dans le fond de la loi. On verra quelles sont les mesures et les dispositions précises. En matière de lois sécuritaires, le gouvernement les a collectionnées ces dernières années. Non, mais attendez. Là, on les fait,

27:05
Manuel Bompard

c'est des mesures assez précises. C'est une question assez simple. Est-ce que vous pourriez les expliquer ou pas ?

27:07
Présentateur

Non, mais je connais si c'est pour dire que quand on s'attaque à un élu, on doit être sanctionné. Oui, ça me paraît être une évidence. Mais j'attends de voir précisément ce qu'il y aura dans ce texte de loi. Pour le reste, sur ce cas précis, clairement, le gouvernement a fait preuve d'une lâcheté totale. Voilà. Pourquoi ? Parce que ce maire s'est battu pour mettre en place ce centre d'accueil pour les demandeurs d'asile dans sa commune, qu'il a été confronté à une opposition de l'extrême droite et le gouvernement a préféré considérer que c'était lui qui allait faire le boulot et pas le gouvernement lui-même. Voilà ce qui s'est passé. À un moment, il faut que ça soit dit aussi.

27:43
Manuel Bompard

Manuel Bompard, on va continuer à vous interroger sur cette question des violences et du climat politique. Mais juste avant, il est midi et demi, la séquence des trois photos, vous allez voir s'afficher juste derrière sur ce mur. Trois photos différentes, il faut en choisir deux. Première photo qui fait référence au festival de Cannes. La seconde, l'ancien président de l'Olympique, Nicolas Sarkozy. Et la troisième, l'organisation des Jeux olympiques à Paris. Première question que vous choisissez. Les Jeux olympiques ? La polémique enfle sur le prix des billets pour les JO, jugé inaccessible pour des Jeux pourtant présentés comme populaires. La fête est gâchée ?

28:12
Présentateur

Je crains qu'elle le soit si rien ne change de ce point de vue-là parce que moi aussi, j'ai vu le prix des billets. On est à un niveau qui empêche de participer toute personne qui n'a pas des moyens extraordinaires. Donc oui, je pense que ça pose un certain nombre de difficultés. Il n'y a pas que le prix des billets qui risque de gâcher la fête. Parce que quand on regarde la différence des prix avec Londres et pas forcément...

28:35
Invité

Il y a les prix les plus élevés et puis quand on clique il y a des prix les moins élevés.

28:38
Présentateur

Je pense que ça ne pose pas de problème et j'allais vous dire qu'il n'y a pas que le prix des billets qui risque de gâcher la fête. Je pense qu'il y a eu dans la construction et la mise en place de ces Jeux olympiques un certain nombre de difficultés sociales. Dans les chantiers de construction en particulier, il y a eu des morts au travail. Il n'aurait pas fait

28:59
Manuel Bompard

les organiser à Paris CGO ?

29:00
Présentateur

Je pense que ça mérite discussion en effet.

29:03
Invité

Vous êtes contre les Jeux de Paris ? Non mais maintenant

29:06
Présentateur

ils sont là. Je ne vais pas vous dire autre chose qu'ils sont là. On ne va pas les annuler. Les investissements ont été faits. mais je pense qu'il va falloir être extrêmement vigilant sur comment les investissements qui ont été faits sur ces Jeux olympiques pourront ensuite profiter à un certain nombre de territoires populaires notamment en Ile-de-France qui en ont bien besoin. Deuxième photo. Le festival de Cannes.

29:29
Manuel Bompard

Le festival de Cannes a été marqué par une polémique sur l'opportunité de projeter en ouverture le film de Maïwen, Jeanne Dubarry avec Johnny Depp accusé de violence conjugale par son ex-épouse. Est-ce que c'est une polémique justifiée ou est-ce qu'il faut que la liberté artistique prime ?

29:43
Présentateur

Non, je comprends quand même cette polémique. Je la comprends. Après, je n'étais pas au courant qu'il y avait eu cette polémique mais je comprends qu'elle ait pu exister. Vous irez voir le film ? Pardon ? Vous irez voir le film

29:58
Invité

à Dubering ?

29:59
Présentateur

Non. Parce qu'il y a

30:00
Manuel Bompard

Johnny Depp dans le film ? Non, pas forcément pour ça mais parce que je n'ai pas forcément envie de le voir tout simplement. Parce que ça concerne la royauté ? La France insoumise ce n'est pas trop...

30:07
Présentateur

Non, vous savez, ça m'arrive de voir des films sur la royauté pour voir à ce qu'on a réussi à échapper en France depuis la Révolution française.

30:15
Manuel Bompard

Manuel Bompard, autre exemple frappant de ce climat de violence, on en parlait juste avant, c'est évidemment l'agression du petit-neveu de Brigitte Macron à Amiens. Jean-Luc Mélenchon s'est vu reprocher cette semaine une forme d'ambiguïté dans ses réactions en disant avoir été sommé. On va voir apparaître son premier tweet de se prononcer par des commentateurs indifférents aux tentatives de meurtre et agression racistes. Alors, il a exprimé sa compassion à l'égard de celui qu'il appelle le chocolatier trogneux mais a demandé d'en faire autant pour nos amis agressés. Pourquoi toujours ces circonvolutions, ces 8 mai quand il s'agit

30:43
Présentateur

de condamner la violence ? Il n'y a pas de 8 mai, mais pourquoi ?

30:45
Manuel Bompard

Ah, vous n'y a pas de circonvolution ?

30:47
Présentateur

Il n'y a pas de mai dans le tweet, mais je ne sais pas où vous l'avez lu, mais relisez-le peut-être. Mais je vais vous dire pourquoi. Parce qu'il y a une hypocrisie qui est une hypocrisie totale. Parce qu'il y a des indignations à géométrie variable. Parce que quand un syndicaliste de l'entreprise Je vais vous répondre. Parce que quand un syndicaliste de l'entreprise Verbaudet est frappé comme il l'a été cette semaine, j'attends moi encore la réaction du président de la République. Est-ce que vous allez lui poser la question de savoir combien de temps il va attendre pour réagir comme vous l'avez fait avec Jean-Luc Mélenchon ?

31:14
Manuel Bompard

Attendez, juste Verbaudet, on en a parlé sur cette antenne. D'ailleurs... Oui, mais là, vous m'interrogez sur Jean-Luc Mélenchon. Je pose une question très simple. Moi, je vous réponds très simplement. Il y a l'agression du petit-neveu de Brigitte Macron. Elle est intolérable. On l'a dit, tout le monde l'a dit. Mais pourquoi Jean-Luc Mélenchon l'a dit ? Cette réaction dit qu'il est sommé de réagir, dit tout de suite qu'il aimerait qu'il y ait autant de réactions de par exemple. Pourquoi ne pas simplement condamner, franchement ?

31:35
Présentateur

Mais tout simplement, Benjamin Duhamel, parce qu'il ne s'était pas écoulé 30 minutes depuis cette agression que vous commenciez déjà sur vos plateaux de télévision à dire on attend encore la réaction de Jean-Luc Mélenchon comme s'il allait avoir une ambiguïté de quelque sorte répondre à des conflits politiques. Mais ne changez pas de sujet. Je vous ai posé une question. Pourquoi vous ne posez pas la question au ministre de l'Intérieur, M. Darmanin ou à M. Macron par exemple ? Pourquoi, alors que ça fait maintenant 4 jours, ils n'ont pas réagi face à l'agression dont a été victime le syndicaliste de Verbaudet ? Il y a eu une enquête

32:08
Manuel Bompard

qui a été ouverte.

32:09
Présentateur

Oui, mais là, vous m'avez interrogé sur la réaction de Jean-Luc Mélenchon. Moi, je vous interroge sur la réaction d'Emmanuel Macron ou sur la réaction de Gérald Darmanin

32:16
Manuel Bompard

et qu'ensuite, on vous parlera de Verbaudet.

32:17
Présentateur

Moi, je suis en train de vous dire que vous avez donc une indignation à la géométrie variable. Parce que vous êtes en train de m'interroger en me disant que Jean-Luc Mélenchon a mis une heure pour faire un tweet. Je vous pose la question des ambiguïtés de Jean-Luc Mélenchon quand il s'agit de ce type de violence. Arrêtez de répéter ce mot-là. Ça fait depuis maintenant plusieurs jours, tout au long de la semaine, que vous avez sali le mouvement de la France insoumise que je représente ici. Parce que vous faites comme si la France insoumise avait une responsabilité dans telle ou telle violence alors que la France insoumise elle a toujours eu un principe extrêmement clair.

Elle combat durement le gouvernement mais elle l'est fait par les outils démocratiques et jamais elle n'a eu recours à la violence. Il n'y a jamais d'ambiguïté quand on a la violence. Non, vous savez

32:56
Manuel Bompard

quand Thomas Porte pose avec un ballon de football à l'effigie d'Olivier Dussopt quand Christophe Prudhomme un élu de la France insoumise scande sous les fenêtres de Renaissance dit Louis XVI on l'a décapité Macron on va recommencer. Il n'y a pas parfois des ambiguïtés dans le discours ?

33:09
Présentateur

Non, il n'y en a strictement aucune monsieur parce que si vous n'êtes pas capable de comprendre la différence entre ce qui est de l'ordre du symbole du chamboule-tout de la culture populaire de la dénonciation de la monarchie et de la violence réelle alors vous avez un problème si vous n'êtes pas capable de faire la différence si vous n'êtes pas capable de comprendre que quelqu'un qui écoute un responsable politique il a un cerveau et qui comprend très bien qu'il ne faut pas que c'est une telle personne

33:31
Invité

j'ai un problème pour vous. Mais justement monsieur Montpard alors le procureur Damien le procureur Damien qui donc vous le savez les suspects dans cette agression ont été placés en détention provisoire pendant leur procès que dit le procureur Damien on le voit à l'écran il faut que cesse le bal des hypocrites ceux qui le matin jurent qu'ils sont contre les violences mais qui depuis des semaines par des propos ambiguës allument des mèches et diffusent des bombes à retardement dans la tête des individus pre-structurés vous vous sentez visé ?

33:58
Présentateur

Non pas du tout et je vais vous dire quelque chose c'est un procureur donc il connaît la justice vous êtes d'accord ? L'incitation à la violence l'appel à la haine c'est des délits vous êtes d'accord ? Donc si quelqu'un ici considère que tel ou tel acte de tel ou tel élu de la France Insoumise est une incitation à la violence qui porte plainte et que la justice tranche sur le sujet mais ils ne le font pas parce qu'ils savent très bien qu'ils perdront parce que c'est ridicule parce qu'aucun d'entre nous n'a jamais appelé ou incité à la violence donc je ne vous laisserai pas vous incitez à la violence

34:26
Invité

symbolique en tous les cas et la violence symbolique ça finit aussi par de la violence tout court non pas du tout c'est ce qui s'est passé à Amiens non pas du tout

34:33
Présentateur

parce que vous connaissez les motivations des personnes qui ont attaqué ce chocolat et elles ont fait référence à des propos qui avaient été tenus par des membres de la France Insoumise pourquoi vous dites ça ? Comment vous pouvez dire ça ?

34:45
Manuel Bompard

Monsieur Bompard quand on reprend des slogans Louis XVI on l'a décapité Macron on a recommencé l'idée c'est pas de dire qu'il y a un lien direct l'idée c'est de dire que ça peut désinhiber personnes qui derrière se disent qu'au fond si on reprend ce type de slogan là

34:58
Présentateur

cela peut aboutir de la violence physique Pas du tout monsieur quand vous avez dans la culture populaire par exemple des chamboultous dans lesquels on met les visages des puissants sur des boîtes de conserve Laissez-moi terminer vous m'avez posé une question quand vous avez des chamboultous dans lesquels vous mettez des visages de puissants sur des boîtes de conserve et vous envoyez des balles de tennis ça veut pas dire que vous appelez à aller violenter au contraire ça joue aussi un rôle par ailleurs de catharsis de la violence qui existe dans la société qui s'exprime aussi par des moyens comme celui-ci donc le procès que vous êtes en train de faire à la France Assoumise c'est un procès odieux moi je juge les gens sur des actes si depuis le début de la semaine je regarde votre antenne ça m'arrive malheureusement et ce que je lis parce que depuis le début de la semaine vous êtes en train de salir si à la limite vous salissiez que Jean-Luc Mélenchon ou moi-même mais la France Assoumise c'est 360 000 personnes qui se battent au quotidien pour changer la société pour essayer de défendre des idées qui sont des idées différentes et le procès que vous faites à notre égard il est insupportable donc je vous le dis franchement

35:54
Manuel Bompard

les yeux dans les yeux les yeux dans les yeux pardon d'être un peu solennel je ne peux pas vous laisser dire qu'on salit la récitation de ce soir on vous pose des questions je vais prendre un autre exemple quand de la même manière on est aujourd'hui le 21 mai quand Jean-Luc Mélenchon n'a toujours pas dit un mot sur ce policier qui le 1er mai a été touché par un cocktail Molotov est-ce que c'est normal qu'on vous pose la question de savoir pourquoi

36:13
Présentateur

sur ce sujet il est silencieux mais Jean-Luc Mélenchon il n'est pas silencieux sur ce sujet

36:17
Manuel Bompard

vous l'avez entendu ?

36:18
Présentateur

mais Jean-Luc Mélenchon a dit à de multiples reprises si vous ne l'avez pas entendu je ne sais pas quoi faire pour vous Benjamin Duhamel a dit à de multiples reprises que la violence physique n'était en aucun cas et ne serait jamais une manière de régler des différents politiques je veux dire si ce n'est pas suffisamment clair quand ça a été dit une fois, deux fois, trois fois il peut le dire quatre fois mais manifestement vous n'avez pas envie de le comprendre donc encore une fois je trouve ça surprenant que vous ne posiez pas la question aux responsables de la majorité sur leur indignation à géométrie variable monsieur Duhamel puisque je vois que vous guettiez chacun des tweets de Jean-Luc Mélenchon à quel moment ils ont été fait après combien d'heures ou combien de minutes après tel ou tel acte voilà, les choses elles sont simples elles sont claires on a un principe à la France insoumise il est clair, il est précis il a été dit d'à multiples reprises la violence pour régler les conflits politiques c'est jamais de notre côté pour terminer là-dessus

37:05
Manuel Bompard

je constate simplement qu'il y avait une différence dans les réactions entre François Ruffin Alexis Corbière vous-même, Mathilde Panot et la façon dont Jean-Luc Mélenchon a réagi donnant l'impression qu'il réagissait sous la pression en mettant en cause l'antenne de BFM TV et on a le droit et on a le droit de vous répondre vous avez le droit

37:21
Présentateur

de me répondre mais vous avez le droit à la fin de mon intervention mais vous avez le droit à la fin de mon intervention de re-répéter si vous voulez vous êtes en train de dire mais je ne suis pas en train de vous mettre en cause je dis juste que vous pointez et vous scrutez chacun des tweets de Jean-Luc Mélenchon et je vois que vous ne faites pas preuve du même sérieux de la même rigueur vis-à-vis des tweets du ministre de l'Intérieur vous lui poserez la question de savoir combien de temps il va attendre pour réagir à l'agression du syndicaliste de Verbeau Pauline, une question sur le 8 juin

37:47
Invité

sur la proposition de loi

37:50
Manuel Bompard

Liot

37:50
Invité

excusez-moi qui doit être examiné le 8 juin excusez-moi on change de sujet donc Mathilde Panot la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale dit que si le débat est empêché sur cette proposition de loi qui je le rappelle est déposée par le groupe centriste Liot à l'Assemblée et qui vise à abroger la réforme des retraites et donc Mathilde Panot dit que si le débat ne peut pas se tenir ce sera une déflagration comme le 49-3 qu'est-ce que ça veut dire déflagration ? Est-ce que ça veut dire des manifestations ? Est-ce que ça veut dire la perspective de violence ? Est-ce que vous préparez quelque chose une réponse si jamais le débat ne peut pas se tenir ?

38:32
Présentateur

Il est évident que quand vous avez une situation de blocage parce qu'on a une situation de blocage sur cette question des retraites aujourd'hui la seule manière en démocratie de régler cette situation de blocage c'est de permettre aux gens de s'exprimer aux parlementaires de voter aux citoyens de voter pourquoi pas par référendum et si vous coupez petit à petit toutes les issues démocratiques qui permettent de sortir par le haut de ce conflit clairement ça va encore pour jeter de l'huile sur le feu c'est une évidence maintenant soyons clairs le gouvernement n'a pas le pouvoir aujourd'hui d'empêcher le texte à l'Assemblée nationale de pouvoir être

39:08
Manuel Bompard

examiné C'est Éric Coquerel président de la commission des finances qui aurait déclaré irrecevable

39:12
Présentateur

Cette discussion est lunaire il y a quelques semaines à l'Assemblée nationale on a examiné une proposition de loi complètement ridicule pour pavoiser sur l'ensemble des mairies le drapeau européen cette proposition de loi elle faisait peser une charge le gouvernement n'a pas dit on ne peut pas l'examiner parce que ça fait peser une charge à peu près l'ensemble des propositions de loi d'initiative parlementaire à l'Assemblée nationale c'est pas dans les mêmes proportions les 17 milliards d'un côté si vous voulez mais le raisonnement qui est celui aujourd'hui utilisé par Mme Borne pour dire que ce texte ne peut pas être adopté à l'Assemblée nationale elle dit même qu'il est anticonstitutionnel on a appris que maintenant c'est Mme Borne qui dirige le Conseil constitutionnel c'est sympa

39:51
Invité

quand elle parle de déflagration

39:53
Présentateur

vous redoutez des violences ? mais arrêtez regardez vous continuez vous recommencez vous n'avez pas plusieurs reprises vous ne posez pas des questions vous faites des procès d'intention

40:03
Manuel Bompard

des déflagrations c'est pas Bruno Jeudy qui a inventé l'expression

40:05
Présentateur

ça sera une déflagration politique c'est une évidence mais ce qui va être une déflagration politique c'est si ce texte est voté parce que le pouvoir en place sera obligé d'en tenir compte et donc moi j'appelle l'ensemble des parlementaires à voter pour cette loi d'abrogation et j'appelle l'ensemble des gens qui nous écoutent à mettre la pression en se mobilisant en manifestant massivement le 6 juin prochain ça sera deux jours avant l'examen de ce texte à l'Assemblée nationale

40:30
Invité

soyons nombreux dans la rue avant qu'ils soient votés il y aura un débat oui et dans la majorité certains évoquent la possibilité de faire de l'obstruction un peu les méthodes que vous aviez utilisées pendant le débat sur la réforme des retraites ça vous choquerait ?

40:43
Présentateur

bien sûr que ça me choquerait

40:45
Invité

quand c'est eux ça vous choque ?

40:47
Présentateur

non pas du tout Bruno Jeudy mais il vous reste à comprendre la différence entre une niche parlementaire qui est la journée dans l'année la journée dans l'année où un groupe d'opposition peut déposer un texte de loi non non chaque groupe d'opposition a une journée pour pouvoir déposer un certain nombre de textes de loi c'est une journée qui commence à 9h et qui termine à minuit si le gouvernement fait de l'obstruction gouvernementale pour empêcher alors ça veut dire qu'on n'a plus la possibilité d'avoir des niches parlementaires à l'Assemblée nationale ça n'a rien à voir avec un débat qui dure pendant plusieurs semaines dans lequel on peut déposer un certain nombre d'amendements pour avoir un débat sur les sujets qu'on a envie de pouvoir discuter dans l'hémission

41:22
Invité

vous dites si cette proposition de loi est votée à l'Assemblée ce sera une déflagration politique est-ce que c'est pas donner de faux espoirs quand même aux Français qui sont opposés à cette réforme des retraites je vous cite quelqu'un qui est pourtant favorable à ce que le débat se tienne c'est Laurent Berger le secrétaire général de la CFDT qui lui-même reconnaît ce matin dans le JDD avoir conscience que ce texte a ses limites pourquoi ? parce qu'il semble très très invraisemblable que le Sénat donne suite et le vote et donc ce serait finalement on s'en tiendrait à un vote à l'Assemblée Nationale

41:54
Présentateur

mais vous connaissez quand même ici les institutions de la Ve République oui vous savez que c'est quand même l'Assemblée Nationale qui a le dernier mot mais simplement il faut qu'il y ait une inscription à l'ordre du jour

42:02
Manuel Bompard

du Sénat

42:02
Invité

d'abord qu'il examine

42:04
Manuel Bompard

la loi doit rentrer en vigueur au 1er septembre c'est tout à fait impossible improbable qu'au 1er septembre la loi soit un projet

42:09
Présentateur

ne commencez pas si vous voulez Laurent Berger c'est un opposant à la réforme des retraites et lui-même dit

42:15
Invité

il faut que cette PPL soit discutée et lui-même dit avoir bien conscience de ses limites

42:21
Présentateur

je vais vous répondre si le texte est adopté à l'Assemblée Nationale il ira au Sénat il pourra revenir à l'Assemblée les discussions continueront mais en tout état de cause si le texte est adopté à l'Assemblée Nationale alors ça voudrait dire que non seulement le texte est rejeté par une majorité des Français encore près de 70% plus de 90% des actifs sont opposés à cette réforme des retraites non seulement il est refusé par l'ensemble des organisations syndicales mais en plus ça voudrait dire qu'il est rejeté par une majorité de députés à l'Assemblée Nationale et oui je pense que le gouvernement devra en tenir compte que le gouvernement devra reculer parce qu'à un moment

42:53
Manuel Bompard

on ne peut pas passer en force tout seul contre tout le monde Manuel Bompard BFMTV a révélé cette semaine qu'un député insoumis Carlos Martins Bilingo était locataire d'un logement social tout en détenant deux appartements depuis 2018 logement social qu'il a quitté en 2020 mais que sa soeur Carlos Martins Bilingo dit que tout est légal mais d'un point de vue moral est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de choquant à garder un logement social quand on a pu acheter deux appartements en 2018 ?

43:19
Présentateur

Non Carlos Martins Bilingo a dit dans un communiqué a dit quelle était la situation réelle c'est-à-dire qu'il a occupé un logement social familial qu'il a perdu d'abord sa mère qu'il a ensuite perdu son père et qu'il était dans ce logement avec sa famille notamment avec ses soeurs qu'ensuite il a pu acheter un autre logement qu'il a dû faire des travaux dans cet autre logement que quand les travaux ont été faits dans cet autre logement laissez-moi terminer

43:43
Manuel Bompard

un investissement locatif laissez-moi terminer

43:45
Présentateur

il a fait des travaux dans cet autre logement et une fois qu'il a fait ses travaux dans cet autre logement il a essayé de voir si le logement social le bailleur a accepté qu'il soit attribué à sa soeur il a engagé des démarches sur ce sujet et quand ces démarches n'ont pas pu aboutir alors il a quitté ce logement social à la fin de l'année 2022 4 ans après avoir acheté ces deux appartements il y a eu d'abord des travaux et ensuite il a essayé de faire en sorte il y a eu deux ans de travaux et ensuite il a fait en sorte que sa soeur puisse occuper le logement social qu'est-ce qu'il fallait qu'il fasse ? Qu'il mette sa soeur à la rue ? Monsieur Duhamel ?

Non Donc il a essayé de faire en sorte Monsieur Bompard il a essayé de faire en sorte

44:16
Manuel Bompard

Pour ceux qui nous regardent peut-être des gens qui attendent un logement social quand on a les moyens d'acheter deux appartements est-ce qu'on peut garder un logement social même si Je vous ai répondu

44:25
Présentateur

Benjamin Duhamel et je pense et je comprends tout à fait que dans une situation difficile comme celle qu'a vécu Carlos Martens Bilongo qui a perdu ses deux parents et qui s'est retrouvé à habiter avec sa soeur dans le logement social il a essayé de trouver une solution pour sa soeur Je trouve ça tout à fait raisonnable Il y a deux millions et demi de personnes qui ont fait des choix de logement dans ce pays parce que je sais quelle est la question qui vient derrière c'est la question de la situation du logement social Panko discute-en discute-en discute-en Benjamin Duhamel parce que moi ici je dis ce que j'ai envie de dire donc si la difficulté du logement social Benjamin Duhamel je vous repose la question

44:58
Manuel Bompard

est-ce que moralement quand on parle souvent du mal logement Bruno cité encore une fois est-ce qu'il est raisonnable de garder un logement social quand on a les moyens d'acheter un appartement ?

45:07
Présentateur

Je vous ai répondu il est normal qu'il quitte son logement social il a d'abord fait des travaux et ensuite il a essayé de trouver une solution pour que sa soeur puisse occuper ce logement social ce que je trouve tout à fait normal Maintenant si vous voulez parler de le problème du logement social en France qui est effectivement extrêmement problématique je vais vous dire le responsable il ne s'appelle pas Carlos Martens Bilongo le responsable de la difficulté du logement social aujourd'hui il s'appelle Emmanuel Macron et il est au pouvoir et ce n'est pas seulement moi qu'il le dit puisque l'ensemble des acteurs du logement social ont parlé ces derniers temps qu'en matière de logement on était face à une bombe sociale et économique ce n'est pas moi qu'il le dit pourquoi ?

Parce que vous avez aujourd'hui vous avez besoin aujourd'hui de 4 ans en moyenne pour avoir accès à un logement social de 8 ans dans une ville comme celle de Marseille qu'il y avait des objectifs monsieur Duhamel de construire 120 000 logements sociaux l'année dernière combien on en a fait ? Combien on en a fait ? De logements sociaux ? Oui on en a fait 90 000 on n'est même pas sur les objectifs qui avaient été posés voilà la difficulté du logement social

46:01
Manuel Bompard

à aucun moment il n'y aurait ni sanctions ni sanctions ni questions je vais vous répondre de la même manière

46:06
Présentateur

Benjamin Duhamel tout va bien maintenant puisque vous amenez le débat sur la question du logement social je vous ai répondu le gouvernement en place a une très lourde responsabilité dans la difficulté auquel est confronté le secteur du logement social en France aujourd'hui et je mets sur la table un certain nombre de propositions il faut augmenter le pourcentage de la loi LRU pour faire en sorte que ça soit 30% dans les zones qui sont les zones tendues il faut augmenter les sanctions pour les communes qui ne respectent pas la loi voilà ce qu'il faut faire en matière de logement social une question de Pauline

46:34
Invité

sur cette affaire toujours est-ce que si la même chose était arrivée à un député rassemblement national les républicains voire de la majorité est-ce que vous auriez eu la même mensuétude la même compréhension vis-à-vis de ce qui lui était arrivé

46:45
Présentateur

des fois la même question ne cherchez pas je vous dirai toujours la même chose sur ce sujet maintenant je vais vous dire je considère et je trouve que la cabale qui est menée contre Carlos Bilongo elle est insupportable une cabale comptée par qui ? une cabale ça a des instigateurs ce serait qui ? écoutez quand Carlos Bilongo il y a 10 jours de ça publie son livre puisqu'il vient de publier un livre pour raconter son histoire et que le jour même de la publication de son livre on apprend qu'il y a des fuites dans la presse qui viennent jusqu'à

47:11
Manuel Bompard

c'est la théorie du complot c'est le cabinet noir

47:12
Présentateur

non c'est pas une théorie du complot mais ça vous interpelle pas qu'un soi-disant signalement qui aurait été fait à Trackfin au mois de mars vienne être publié dans la presse le jour de la sortie du livre de Carlos Bilongo ça vous pose pas de questions c'est une théorie du complot de s'interroger sur cette coïncidence non je considère que Carlos Martens Bilongo fait l'objet d'une cabale et je voudrais vous mettre en garde et vous dire de faire attention d'une cabale

47:34
Invité

monsieur Bompard tous les députés ne font pas l'objet d'un signalement de la part de Trackfin pour ce qu'il est mis en examen et de Blanchim non il l'est pas c'est une enquête non mais le responsable du mouvement que vous êtes peut s'interroger sur le fait est-ce que monsieur Bilongo ne doit pas être mis à l'écart

47:50
Présentateur

je vous ai répondu sur Carlos Bilongo et je vous ai dit que le problème du logement social aujourd'hui en France c'est pas Carlos Bilongo c'est Emmanuel Macron monsieur Bompard un dernier mot politique sur François Ruffin

48:00
Manuel Bompard

il a été plus ou moins adoubé par Jean-Luc Mélenchon qui a dit qu'il était prêt lui il n'a pas l'air très enthousiaste il dit que c'est pas le moment et en même temps on voit bien qu'il se prépare ce serait un bon candidat pour 2027 François Ruffin

48:11
Présentateur

monsieur Duhamel d'abord dans notre formation politique on n'adoube pas Jean-Luc Mélenchon il n'a pas adoubé il a dit que François Ruffin avait progressé qu'il était prêt et que c'était une bonne nouvelle et il a raison moi je suis d'accord avec Jean-Luc Mélenchon Jean-Luc Mélenchon il a émis le souhait d'être remplacé c'est ce qu'il a dit lui-même il a dit faites mieux on va essayer de faire mieux et François Ruffin va y participer j'en suis certain il a des qualités

48:33
Manuel Bompard

pour être un bon candidat en 2027 on voit dans les sondages il est moins clivant que Jean-Luc Mélenchon

48:37
Présentateur

il a plein de qualités je ne sais pas ce que ça veut dire moins clivant lui-même d'ailleurs a répondu dans une note de blog qu'il a publiée ces derniers temps sur le sujet parce que je crois qu'il n'a pas l'intention d'être votre chouchou mais pour le reste il dit aussi dans cette note de blog il faut être plus le bruit la plus rare c'est pas sa stratégie maintenant Benjamin Djamel franchement moi j'aime beaucoup François Ruffin il a plein de qualités mais on est en 2023 l'élection présidentielle elle est en 2027 souffrez qu'on ne soit pas encore aujourd'hui à déterminer qui est notre candidat moi je crois au fait que la NUPES doit continuer à avancer progresser qu'elle doit le faire dans les prochaines échéances électorales c'est la seule personne sympathique chez les insoumis bon ben c'est pas forcément une bonne nouvelle pour lui ça mais on verra écoutez franchement on n'en est pas là aujourd'hui et maintenant la question qui nous est posée c'est comment la NUPES elle progresse comment la NUPES elle est l'alternative face à un macronisme qui est déclinant et face à une extrême droite qui menace et pour ça on a besoin de la nouvelle union populaire

49:29
Invité

un petit mot sur votre parti la France insoumise 300 militants lancent un appel à une sixième république au sein de la France insoumise ils vous ont écrit directement à vous personnellement ils dénoncent une absence totale de démocratie qu'est-ce que vous leur répondez ?

49:42
Présentateur

non mais d'abord la France insoumise c'est 360 000 personnes qui sont 300 militants qui prennent la plume ce n'est pas rien directement avec trois questions en même temps donc d'abord je dis que la France insoumise c'est un mouvement avec 360 000 personnes qui militent au quotidien c'est un mouvement qui se construit progressivement il est né en 2017 et qui avance et qui se structure en avançant bon ça c'est la première chose ensuite c'est un mouvement c'est pas un parti politique vous leur avez répondu ou pas ?

non pas encore mais je vais vous répondre il n'y a pas de problème pour le reste le courrier il a été envoyé à moi pas à vous donc si j'ai envie de leur répondre je leur répondrai à eux pas à vous ça nous intéresse de savoir si vous leur avez répondu ou pas pour le reste attendez pour le reste soyons très clairs la France insoumise c'est pas un parti politique c'est un mouvement donc ils se dotent de moyens de s'organiser qui sont différents de ceux des partis politiques traditionnels donc on peut discuter débattre mais par contre on restera un mouvement ça c'est très important c'est pas seulement ce que moi je pense mais c'est ce à quoi sont attachés les militantes et les militants de la France insoumise

50:37
Manuel Bompard

merci Manuel Bompard c'est la fin de BFM Politique vous retrouvez tout de suite à faire suivant Dominique Rizé Philippe Godin belle journée sur BFM TV

Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise, député LFI des Bouches-du-Rhône - 21/05 — Manuel Bompard · Pourquijevote