MÉLENCHON : «FRANÇOIS FILLON VEUT DÉTRUIRE L'ÉTAT»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment transformer l'essai après votre déclaration de candidature en février ?
- 2:00FerméeRéponse partielle
Vous en êtes où du nombre de parrainages ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Il y a beaucoup de maires sans étiquette qui vous soutiennent ?
- 6:00OuverteRéponse directe
François Hollande annonce sa sortie pour mai 2017, le PS organise sa primaire...
- 8:00RelanceRéponse directe
Vous visez quelqu'un en particulier avec "ses amis" ?
- 10:00RelanceRéponse directe
Qu'ils sautent un tour, donc il faut quasiment qu'il n'y ait pas de candidat PS ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:00Jean-Luc MélenchonFait
« Tous, enfin, écoutez ! M. Valls était son - est son 1er ministre encore à cette heure. Il a lui-même évoqué le fait qu'il pouvait être candidat contre M. Hollande, c'est bien qu'il le condamnait. »
- 12:00Jean-Luc MélenchonFait
« Ce n'est pas mon sujet. Vraiment, je n'ai pas envie de parler de ça. Pour moi, ce n'est pas le sujet, le sujet, c'est que si on continue à écouter ce qu'ils font, et être comme des lapins devant les phares d'un camion, nous ne ferons rien. »
- 14:00Jean-Luc MélenchonFait
« Mon problème, c'est M. Fillon. Est-ce que vous vous rendez compte du fait que si je n'étais pas là, il n'y aurait personne pour faire campagne contre quelqu'un qui annonce tout à fait froidement au pays, et qui est bien placé dans les sondages, qu'il va supprimer la sécurité sociale, annuler la durée légale de l'heure du travail, etc. »
- 18:00Jean-Luc MélenchonFait
« La sortie de M. Hollande, je vous permets d'y insister, n'est pas juste un mélodrame personnel, c'est un résultat politique. C'est le résultat du fait de... »
- 24:00Jean-Luc MélenchonFait
« M. Macron défend un programme d'inspiration essentiellement libéral. Il a le droit. Que les Français tranchent. Je défends un programme qui est essentiellement axé sur un modèle économique complètement alternatif qui est la transition écologique de l'économie. »
- 28:00Jean-Luc MélenchonFait
« En Espagne, heu, bon, on y est pas parvenus, mais vous avez raison, en Autriche, mais pourquoi en Autriche, mes amis ? Mais réfléchissez ! Que s'est-il passé en Autriche ? Le Parti Socialiste autrichien, seule force de gauche, dirigeait avec la droite. »
- 30:00Jean-Luc MélenchonFait
« Du tout. J'ai des pensées plus nobles que celles qui sont exclusivement politiciennes, c'est que vous m'aurez mal écouté en 2012, car je défendais déjà la planification écologique. »
- 36:00Jean-Luc MélenchonFait
« Ce que propose M. Fillon, c'est de tout détruire. Parce qu'avec 500.000 ou 600.000 fonctionnaires de moins, on détruit l'Etat. »
- 38:00Jean-Luc MélenchonFait
« On a entendu quelqu'un mettre en cause cette île de Cuba qui, moi, je veux redire ma gratitude pour tout ce qu'elle a fait pour toute l'Amérique latine, et la, la - Fidel Castro mérite mieux que cet opprobre qui lui est fait continuellement contre lui. »
- 40:00Jean-Luc MélenchonFait
« Quand vous avez une assurance-vie, et bien, si votre - l'argent que vous avez mis dans l'assurance-vie est investi en France, il bénéficie d'une faveur fiscale. Alors là, vous êtes d'accord. Mais si vous l'investissez ailleurs, il bénéficie aussi d'une faveur fiscale, et bien moi, je propose qu'on retire l'avantage fiscal pour chaque euro qui est investi à l'extérieur du pays. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Francis Letellier : Bonjour et merci d'être avec nous pour "Dimanche en politique". Décidément, rien ne se passe comme prévu, ou comme on aurait pu l'imaginer pour la présidentielle de 2017, François Hollande a annoncé qu'il quittera l'Elysée en mai prochain, sans repasser par la case élection. Les jeux sont ouverts !
À gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon s'est déclaré dès le mois de février sous la bannière de la France Insoumise. Une stratégie qui lui profite dans les sondages pour l'instant, il se situe d'ores et déjà au même niveau que lors de la présidentielle de 2012. Comment transformer l'essai ?
C'est son enjeu, Jean-Luc Mélenchon est notre invité ce midi. Bonjour. Merci d'être sur ce plateau.
Jean-Luc Mélenchon : Bonjour. F. L. : Je me souviens qu'il y a quelques semaines, vous étiez inquiet, parce que vous pensiez peut-être ne pas avoir vos parrainages pour être candidat.
Vous en êtes où du nombre de signatures ? J.-L.
M. : Alors, heu, 400, ça marche son petit chemin...
F. L. : Vous savez, il faut 500 signatures.
J.-L. M. : Et maintenant que voici le soutien du Parti Communiste et de quelques autres formations, je pense y arriver dans les prochaines semaines.
F. L. : D'accord, donc vous êtes maintenant rassuré ?
J.-L. M. : Mais jamais, mon cher, tant que la chose n'est pas faite, je ne le serai pas et nous continuons le travail.
Cette semaine, il y a encore des lettres qui arrivent ; vous savez, la vérité, c'est que ceux qui ont été les plus courageux dans cette histoire, ce sont les maires sans étiquette, parce que ils ont évalué que mieux valait que je sois présent à l'élection que que j'en sois empêché. F. L. : Il y en a beaucoup des maires sans étiquette qui vous soutiennent ?
J.-L. M. : Oui, beaucoup.
C'est l'essentiel. Ceux qui - pas qui me soutiennent, comprenez-moi bien. F.
L. : Oui, oui, qui soutiennent que vous soyez candidat. J.-L.
M. : Non, mais c'est très important de le préciser. Ils me parrainent parce qu'ils se disent, heu, les maires qui sont dans des organisations politiques sont verrouillés, parce que leur chef leur dit de ne pas le faire, eux, ils ne sont verrouillés par personne, donc ils disent : "Ça nous paraît normal que cet homme là soit Président - soit candidat -", Président, peut-être, mais "soit candidat à l'élection présidentielle donc on lui permet de l'être." Ce n'est pas plus.
F. L. : Alors, François Hollande, lui, annonce sa sortie pour mai 2017, Manuel Valls se déclare prêt à être candidat, le PS essaie...
J.-L. M. : Ben oui, celui-ci a empêché celui-là, donc heu, il est prêt.
F. L. : On va y revenir, le PS essaye d'organiser sa primaire, la semaine a été très agitée, trois temps forts.
François Hollande : J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle. Stéphane Le Foll : Moi, 26 ans à ses côtés, je suis fier de ce qu'il a fait, et de ce que nous avons fait. Arnaud Montebourg : Il a pris là une décision, heu, qui je crois était sage, elle était difficile, mais réaliste et empreint de lucidité.
Eric Ciotti : Elle dresse le constat qui est un échec patent. François Hollande ne peut plus se présenter, la réalité, elle est là. Benoit Hamon : Elle ouvre la voie au 1er ministre, qui avait, heu, jusqu'ici, beaucoup joué des coudes pour en arriver là.
Voix off : Manuel Valls apparaît comme le Dauphin naturel du Président qui a renoncé. Manuel Valls : Nous devrons défendre le bilan. Nous devrons défendre cette action.
Et je le ferai. Voix off : A 5.000 km de là, le Président non-candidat enchaîne les cérémonies protocolaires, François Hollande : Mon action comme Président de la République est d'abord une action de protection.
Voix off : A Paris, se tient aujourd'hui la convention nationale de la Belle Alliance Populaire, en vue de la primaire à gauche. Jean-Christophe Cambadelis : Je lance un appel à Emmanuel Macron, à Jean-Luc Mélenchon : rejoignez la primaire de la gauche. Voix off : Il manquait aujourd'hui sur la tribune de nombreux ténors du PS et les principaux candidats à la primaire de la gauche.
F. L. : Jean-Luc Mélenchon, vous venez d'entendre l'appel vibrant de Jean-Christophe Cambadelis, il vous dit une nouvelle fois : "Venez à la primaire de la gauche." Quand vous entendez ça, vous dites : "Non", encore et toujours ?
J.-L. M. : Mais, ce n'est pas la primaire de la gauche, je vous prie de bien vouloir, heu, l'admettre.
C'est la primaire du Parti Socialiste, ils ont le droit de le faire. F. L. : Et de ses alliés.
J.-L. M. : Mais, enfin !
De ses alliés...
Quels alliés ? Le Parti Radical de Gauche a son candidat à l'extérieur, le parti Europe-Ecologie-Les Verts a son candidat à l'extérieur, et qui plus est, M. Jadot qui était un chaud partisan des primaires.
Pourquoi vient-on me demander, à moi, de rallier cette primaire ? Personne ne peut croire un instant que je vais y aller. On me dit : "Vous allez gagner." Ben, si j'ai gagné, il y a qu'à venir m'aider tout de suite.
Mais, je vais plus loin : je vais aller à une primaire et puis quoi ? Supposez que je la gagne, je vais empêcher le Parti Socialiste d'avoir son propre candidat ? Je ne suis pas membre du Parti Socialiste.
Je l'étais. Je l'ai quitté. Ce n'est pas pour y retourner.
Et puis eux, que vont-ils faire ? Supposez qu'ils m'élisent, alors ils vont tous devoir faire semblant d'être d'accord avec moi ? Alors que ça fait 5 ans que je leur dis que leur politique ne peut mener qu'à un désastre.
Tout à l'heure, vous avez montré François Hollande, heu, renonçant à sa candidature. Mais d'abord, une candidature n'est pas un droit, et il n'a pas renoncé, il a été expulsé de l'élection présidentielle. Il l'a été par ses propres amis qui ont tout fait pour l'empêcher d'être candidat et par des sondages désastreux.
F. L. : Par "ses amis", vous visez quelqu'un en particulier, c'est Manuel Valls, j'imagine ?
J.-L. M. : Mais moi je ne vise personne.
Tous, enfin, écoutez ! M. Valls était son - est son 1er ministre encore à cette heure.
Il a lui-même évoqué le fait qu'il pouvait être candidat contre M. Hollande, c'est bien qu'il le condamnait. M.
Montebourg a été le ministre de l'Economie de M. Hollande, M. Hamon a été candidat, ils ont tous été membres de son gouvernement, et tous, eux-mêmes, ont conclu que c'était tellement désastreux qu'il fallait qu'il s'en aille, mais ça ne vaut pas amnistie pour eux, ils y étaient tous.
Enfin ! Est-ce que vous ne croyez pas qu'ils pourraient tous se dire : "On s'est tellement trompés, qu'au moins on saute un tour" ? Qu'ils fassent tous comme Hollande, qu'ils sautent un tour.
Parce que aucun d'entre eux n'est crédible pour faire autre chose que ce qu'ils ont déjà fait. Ce qu'ils ont déjà fait, c'est un échec. F.
L. : Qu'ils sautent un tour, donc il faut quasiment qu'il n'y ait pas de candidat PS, c'est ça que vous voulez dire ? J.-L.
M. : Mais écoutez, c'est une figure. F.
L. : S'ils sautent tous un tour, il n'y a plus de candidat PS. J.-L.
M. : Oui, bon, d'accord ! OK...
F. L. : Ben, c'est ça que ça veut dire.
J.-L. M. : Ouii, voilà !
Vous avez raison ! C'est ça que je propose...
Mais bien sûr que non ! F. L. : Ben, on sait pas.
J.-L. M. : Ce n'est pas ça que je suis en train de dire.
Mais je vous, je vous demande d'y réfléchir. Il n'est pas acceptable que continuellement, on entende parler de cette primaire comme d'une primaire de la gauche, c'est une primaire du Parti Socialiste. F.
L. : Au passage, quand même, le fait que François Hollande soit hors-jeu et se mette hors-jeu, celui que vous aviez appelé "le capitaine de pédalo" il y a 5 ans lors de la précédente campagne. J.-L.
M. : Oui, on était en campagne, et nous étions concurrents, j'étais donc habilité à faire de l'humour. F.
L. : Oui, mais vous auriez aimé le ré-affronter ? J.-L.
M. : Ce n'est pas mon sujet. Vraiment, je n'ai pas envie de parler de ça.
Pour moi, ce n'est pas le sujet, le sujet, c'est que si on continue à écouter ce qu'ils font, et être comme des lapins devant les phares d'un camion, nous ne ferons rien. Moi, je suis candidat depuis février dernier. Je le reste.
J'affronte aujourd'hui non pas l'un quelconque, heu, de, de tous ces personnages d'une comédie disparue...
F. L. : Si c'est Manuel Valls, ça ne change rien ?
J.-L. M. : Mon problème, c'est M.
Fillon. Est-ce que vous vous rendez compte du fait que si je n'étais pas là, il n'y aurait personne pour faire campagne contre quelqu'un qui annonce tout à fait froidement au pays, et qui est bien placé dans les sondages, qu'il va supprimer la sécurité sociale, annuler la durée légale de l'heure du travail, etc., etc., c'est-à-dire, un coup d'Etat social d'une violence dont le pays n'a jamais été témoin.
F. L. : Manuel Valls, il est courageux, quand même, quand il dit : "Je vais défendre le bilan de François Hollande".
J.-L. M. : Ecoutez, c'est votre affaire de le trouver courageux.
Ce n'est pas une affaire, heu, de comment dire, de prestance. Nous sommes - ce n'est pas le sujet, nos personnes ne sont pas le sujet. Ma personne n'est pas le sujet.
C'est pas mon message, "Jean-Luc Mélenchon" ! Mon message, c'est le programme "L' Avenir en Commun". Lui, quel est son message ?
Réfléchissez-y ! Puisque vous voulez à tout prix parler sempiternellement du PS et du corbillard qui l'accompagne. Puisque vous voulez...
Regardez ces gens, ils n'auront pas fini leur primaire avant la fin du mois de janvier, vous êtes d'accord ? Fin du mois de janvier ! Il n'y a pas de programme du Parti Socialiste pour la présidentielle.
C'est son candidat qui va l'annoncer, autrement dit, avant la mi-février, ou peut-être la fin février, personne n'aura en main un document qui lui permet de savoir qui il compte élire comme Président de la République. Ces gens là comptent une fois de plus sur le fait que, comme ils ont la bonne marque, ils auront le... la clientèle pour ça.
F. L. : Alors, ce...
J.-L. M. : Non, mais attendez, ça fait une différence et je demande qu'on la respecte.
Je suis au travail depuis février dernier. Nous avons passé huit mois à préparer un programme, il est là, il est déjà d'ailleurs en rupture de stock dans... dans les librairies.
Vous pouvez dire : "On aime ou on n'aime pas Mélenchon", mais, du moins, sait-on ce qu'il propose, lui et la France Insoumise ? F. L. : Mais vous savez que, en ce moment, le leitmotiv des Français notamment, c'est "on change tout".
On voit bien ce qu'il s'est passé à la primaire de droite, également. J.-L.
M. : Oui, mais il y en a un qui est resté, finalement. F.
L. : On va en parler avec Cécile Cornudet, éditorialiste aux Echos qui est avec nous ce midi. F.
L. : Bonjour Cécile. C.
C. : Bonjour Francis. Bonjour Jean-Luc Mélenchon.
J.-L. M. : Bonjour Madame.
C. C. : Vous êtes donc en campagne depuis plus de 10 mois, vous avez du monde dans vos meetings, vous publiez un programme, "L' Avenir en Commun", mais le renoncement de François Hollande change la donne, bouleverse votre calendrier, et notamment, elle peut peut-être, heu, donner un attrait à cette primaire socialiste, que vous n'avez pas vue venir, il y aura un nouveau candidat, peut-être des nouveaux candidats, il y aura peut-être des millions de personnes qui vont venir comme pour la campagne de la droite, comment, vous, vous vous adaptez à cette donne ?
C'est une campagne électorale, donc il faut en respecter toutes les figures, heu, il est normal que des points de vues différents se confrontent, il est normal que cela passe par des procédures différentes, je n'ai pas d'inconvénient à cela. La sortie de M. Hollande, je vous permets d'y insister, n'est pas juste un mélodrame personnel, c'est un résultat politique.
C'est le résultat du fait de...
C. C. : Mais il va y avoir des projecteurs sur cette primaire, on va, pendant deux mois, on va parler de la primaire socialiste, est-ce que ça, ce n'est pas un problème pour vous ?
J.-L. M. : Mais, tout est un problème.
Il faut convaincre...
C. C. : Qu'est-ce qu'il faut changer ?
Vous accélérez ? J.-L.
M. : Mais attendez. Ce...
Ce n'est pas, il ne faut pas penser une élection comme une séquence de communication, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que les gens, croyez-moi, regardent avec sérieux. Il y a aujourd'hui, peut-être 10 millions de personnes qui n'ont pas d'avis sur cette élection, elles vont y entrer progressivement, et elles vont y entrer, non pas par la fascination que tel ou tel pourrait exercer, mais par la confrontation des idées.
F. L. : Justement, justement, on a demandé à des Français ce qu'ils attendaient, maintenant que François Hollande se retire.
J.-L. M. : Mais vous m'avez invité pour commenter le congrès du PS, ou quoi ?
F. L. : Non, ça va parler de vous.
J.-L. M. : Ah bon.
Voix off (François Hollande) : J'ai servi... avec sincérité...
Témoin : Un président qui aura fait une campagne très à gauche et une politique qui l'aura été beaucoup moins. Témoin : Il nous a un peu monté nos impôts. Témoin : La gestion des attentats, très bien, toute façon c'est des choses difficile à gérer.
Témoin : Il ne faut pas tomber dans le Hollande-bashing absolu, il y a eu des avancées sociales. Témoin : Il y a la loi sur le mariage pour tous. Témoin : Grande impopularité.
C'est ce qui l'a empêché de prendre des mesures, je pense, parce que dès qu'il a essayé de faire quelque chose, ben il était bloqué. Témoins : La déchéance de nationalité, moi c'est quelque chose qui m'a beaucoup marquée. C'est sa loi travail qui n'avait jamais été dans son programme, le recours au 49-3, tout ça, c'est...
Témoin : C'est vrai que la communication, il a fait des bêtises, mais je veux dire, par rapport aux dix ans de droite avant, on laisse tomber. Témoin : Je pense que c'est l'image qu'il laissera par dessus tout, déjà c'est une image de sortie. Témoin : Ben est-ce que la gauche existe encore ?
Témoins : On ne veut plus d'Hollande, parce que c'est la social-démocratie, Valls, c'est pareil, si ce n'est pire. Témoin : Etre un peu partout, c'est être nulle part, Emmanuel Macron, pour moi, il est nulle part, Manuel Valls incarne davantage un héritage de François Hollande Témoin : Des gens qui auraient une posture un peu plus, un peu plus centrale, en tout cas, un peu plus consensuelle, comme Arnaud Montebourg ou Benoit Hamon feront très certainement aussi, heu, des scores un peu plus importants. Témoin : A part, peut-être, M.
Mélenchon qui représenterait une vraie gauche aujourd'hui. Témoin : Pour ce qui est de Jean-Luc Mélenchon, c'est quand même une politique très tranchée, qui aura, je pense, du mal à rassembler au-delà de ses adeptes habituels. F.
L. : Cécile ? C.
C. : Hors de la primaire socialiste, il y a aussi Emmanuel Macron, dans le Journal du Dimanche, aujourd'hui, il fait un appel aux déçus du hollandisme et aux progressistes, est-ce que vous n'êtes pas sur les mêmes plates-bandes ? J.-L.
M. : Pff. Je ne sais plus quoi vous dire...
C'est toujours les mêmes questions. Ça tourne en rond. Mais ce n'est pas une affaire de plates-bandes.
M. Macron défend un programme d'inspiration essentiellement libéral. Il a le droit.
Que les Français tranchent. Je défends un programme qui est essentiellement axé sur un modèle économique complètement alternatif qui est la transition écologique de l'économie, ainsi que débarrasser le pays de l'agression contre la nature et de la division sociale dans les inégalités. Voilà.
Les Français vont devoir trancher. Arrêtez cette, pardon si je me permets de vous dire ça, on ne va pas passer une présidentielle à faire des cours comparatifs de communication. C.
C. : Ben, c'est, c'est le jeu de la, de la, pas de communication, mais d'hommes...
J.-L. M. : Mais non !
Mais prenons un exemple. Demandez-moi...
C. C. : Il a la même stratégie que vous...
J.-L. M. : Mais c'est vous qui êtes l'observatrice, c'est pas moi.
C'est pas à moi de me commenter. Je ne regarde pas mon nombril du matin au soir. C.
C. : En tout cas...
J.-L. M. : Ecoutez-moi, M.
Macron, par exemple, fait partie des gens qui ont imaginé l'ouverture, heu, des magasins le dimanche. M. Macron pense qu'il faut uberiser la société.
Il a le droit de le penser, à lui de l'expliquer. Je suis contre l'uberisation de la société, je suis contre l'ouverture des magasins le dimanche, je suis pour le SMIC revalorisé, il est contre ; je suis pour l'abaissement de l'âge de la retraite à 60 ans, il est contre. Voilà des sujets.
C. C. : Emmanuel Macron...
J.-L. M. : Pas comparer ma cravate et la sienne, ma stratégie de communication, j'en ai pas de stratégie de communication, et si j'en ai une, je ne vous le dirai pas, car elle est bien préparée, croyez-moi.
C. C. : Emmanuel Macron, c'est aussi un visage neuf, un visage jeune, on sent un vent de renouveau, la primaire de la droite l'a montré, comment vous, qui...
J.-L. M. : Heu, vous voulez dire que la primaire de la droite a eu, fait souffler un vent de renouveau, avec quelqu'un qui a été 1er ministre...
C. C. : Il n'était pas...
François Fillon n'était pas candidat...
J.-L. M. : 5 ou 6 fois ministre dans les précédents gouvernements et qui termine avec une politique...
C. C. : Il n'était pas candidat en 2012, vous, vous étiez candidat en 2012.
Comment on lutte contre ce vent de...
De nouvelles têtes ? J.-L.
M. : Ecoutez, je suis désolé, je ne peux pas vous répondre, je ne peux pas changer ma tête, je ne peux pas changer mon âge et figurez-vous que j'en suis assez content, parce qu'il me donne une expérience qui me permet de faire des propositions dont je sais qu'elles marchent. Tandis que vous, qui devriez être là à essayer de faire le bilan du passé, vous demandez pourquoi depuis 20 ans, vous et vos confrères, vous psalmodiez les mêmes recettes, comme étant indépassables, de l'économie, et voilà maintenant qu'on a un chômage de masse, qu'on a 9 millions de pauvres dans le pays, et vous continuez imperturbablement à, ou ne pas parler des sujets, ou à ne pas aborder...
F. L. : Alors si, on va parler de l'Europe, on va parler de l'Europe.
Parce que...
J.-L. M. : Non, Madame, attendez, je ne veux pas qu'on dise que je refuse quoi que ce soit, posez-moi votre question.
Que voulez-vous ? A quoi voulez-vous que je réponde ? F.
L. : Non, on va...
C. C. : Ah, ben, plein de questions, mais on va voir... l'Europe.
F. L. : On va parler de l'Europe, on va parler de l'Europe, parce que, pour les besoins d'un documentaire qui va être diffusé en janvier sur France 3, qui vous est consacré, Gérard Miller vous a suivi dans une tournée européenne.
J.-L. M. : Oui.
J'ai vu ça. Voix off (Gérard Miller) : Comme il nous l'explique dans le hall de son hôtel, Jean-Luc Mélenchon rêve que toute l'Europe devienne insoumise, ce qui suppose d'abord de refuser l'hégémonie allemande. D'où le récit cocasse qu'il me fait, juste avant de se mettre en route vers le Parlement.
J.-L. M. : Mme Merkel invite François Hollande, bon, François Hollande, la caricature de lui-même, c'est-à-dire quelqu'un qui ne connait rien à l'Histoire, que ça n'intéresse pas et qui prend tout à la blague.
Et donc elle l'invite à - sur un bateau en Poméranie. Bon, alors, l'autre, la Poméranie, ça ne lui dit rien. Donc, les voilà sur le bateau, Et, quand il monte sur le bateau, il y a un type qui s'amène et qui lui offre un tonnelet de harengs de Bismarck.
Bon, un Français, on lui offre pas un truc qui s'appelle Bismarck, parce que Bismarck nous a envahi, faudrait peut-être s'en rappeler quoi, quand même, bon. Voix off (Gérard Miller) : Mélenchon et l'art du récit...
Parce qu'il a le sens de la formule et aussi de l'image, il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il raconte. Mais pour l'heure, au Parlement danois, ce n'était pas ce talent de fabuliste qu'il exploitait. J.-L.
M. : Il est heureux que ce processus que nous avons commencé s'enracine. Après Copenhague, sans doute, nous retrouverons-nous à Rome.
Pourquoi est-ce si important ? Voix off (Gérard Miller) : Celui qu'il voulait incarner devant la gauche européenne, ce n'était pas le conteur, mais l'homme d'Etat, l'ancien ministre, et pourquoi pas, le futur Président. Et en le voyant justement aussi posé, aussi présidentiel, je ne pouvais m'empêcher de penser à l'un des slogans de sa campagne : "je vote, ils dégagent", slogan qui semblait à 1.000 lieues de cette pondération, et qui s'était imposé pendant l'été, quand ses partisans avaient sillonné la France en caravane.
C. C. : "Je vote, ils dégagent", "sortons les sortants", on sent qu'en Autriche, en Italie, en Europe, il y a un fort mouvement, ça peut conduire peut-être à l'extrême-droite en Autriche, à Beppe Grillo en Italie, vous, c'est un mouvement qui vous inquiète, ou sur lequel vous surfez ?
J.-L. M. : Ben, je suis obligé de le constater, comme tout le monde, et j'en comprends la racine.
La racine, c'est que les peuples d'Europe, et ce n'est pas une nouveauté, ceux de l'Amérique latine en avaient fait autant, ne supportent plus la politique qui leur est imposée, et qui est une politique, on appelle ça d'austérité, c'est-à-dire, l'Etat ne joue plus aucun rôle, le marché fonctionne à plein, c'est-à-dire, écrase les salaires et anéantit la vie des gens et leurs conquêtes et leurs acquis sociaux. Et c'est cette vie là que les gens ne supportent plus, alors...
F. L. : Oui, mais ils se tournent vers l'extrême-droite ou vers Beppe Grillo !
J.-L. M. : Et bien, ça dépend des pays parce que en Espagne... mais attendez.
F. L. : Oui, mais là en l’occurrence, en l’occurrence, ceux qui sont aujourd'hui en train de voter ?
J.-L. M. : Si vous faites les réponses, ne m'invitez pas.
F. L. : Non, mais ceux qui sont en train de voter aujourd'hui ?
J.-L. M. : Bon.
Je suis en train de vous dire qu'en effet, ce mouvement populaire peut aller aussi bien à l'extrême-droite qu'il peut aller dans un sens où il fait dégager les anciennes élites et rétablit, heu, ses droits sociaux. Voilà. C'est ce qu'il s'est passé, c'était à deux doigts d'y arriver, en Espagne, heu, bon, on y est pas parvenus, mais vous avez raison, en Autriche, mais pourquoi en Autriche, mes amis ?
Mais réfléchissez ! Que s'est-il passé en Autriche ? Le Parti Socialiste autrichien, seule force de gauche, dirigeait avec la droite.
Les gens n'ont donc zéro espace en dehors de ce gag de la seule politique qui est pratiquée par le Parti Socialiste en alliance avec la droite. C'est le cas en Allemagne. En Italie, ça a été le cas de Matteo Renzi que tout le monde a admiré, il a appliqué une politique de droite.
Et bien, lorsque les gouvernements "de gauche" entre guillemets, font des politiques de droite, la sortie se trouve, en général, vers l'extrême-droite. J'ai - vous devriez plutôt saluer le fait que pour ma part, j'aurai réussi en France, avec mes amis, à, du moins, offrir une alternative, après les Français feront bien un choix. C.
C. : En France, vos amis, le Parti Communiste, la base du Parti Communiste vient d'apporter son soutien à votre candidature, est-ce que vous avez appelé, heu, Pierre Laurent, après ce, ce vote ? J.-L.
M. : Heu, nous allons nous voir bientôt. Ce qui est le plus important, c'est qu'en effet, comme vous venez de le dire, c'est la base communiste qui a fait un choix, moi je n'en doutais pas, tous les renforts sont les bienvenus.
Pour autant, vous avez bien compris que je ne suis pas le candidat...
C. C. : Il faut donner de la place à ces communistes dans votre équipe ?
J.-L. M. : ...d'un parti, et que pour moi, d'ailleurs cette semaine aussi, je vous prie de le remarquer, il y eu un groupe d'écologistes avec un député, qui vient de mon côté.
Bon, il y a une amorce de rassemblement qui se fait, et j'en suis très heureux. C. C. : Ah, pas de place pour des communistes dans votre dispositif de campagne ?
J.-L. M. : Mais bien sûr que si !
S'ils veulent participer au dispositif de campagne, ils y seront les bienvenus, mais ce n'est pas ce qu'ils ont décidé, ils ont décidé d'avoir leur propre organisation, leurs propres équipes, et bien, soit ! Qu'ils fassent comme ils l'entendent. C.
C. : Il y a un grand changement par rapport à votre campagne de 2012, c'est que vous êtes devenu écologiste. Est-ce que c'est l'affaiblissement des Verts qui vous a converti ?
J.-L. M. : Du tout.
J'ai des pensées plus nobles que celles qui sont exclusivement politiciennes, c'est que vous m'aurez mal écouté en 2012, car je défendais déjà la planification écologique, ensuite, j'ai eu le temps d'écrire un livre comme "L' ère du peuple", où je montre comment, en réalité, le problème n°1, la contradiction n°1 de notre temps, c'est la prédation que les êtres humains exercent sur la nature, qui conduit à une catastrophe, si bien que, en partant de ce problème, on peut résoudre les autres problèmes. C'est parce qu'on va résoudre le problème écologique, qu'on va résoudre le problème social, parce qu'il faudra des millions d'emplois pour transiter. Allez, continuons le catalogue des personnalités.
F. L. : Non, non, c'est quelqu'un qui, que vous appréciez...
C. C. : C'est Nicolas Hulot, c'est pas n'importe quelle personnalité, qui parait-il, s'intéresse à votre candidature.
J.-L. M. : Mais personne n'est n'importe quelle personnalité...
Allez-y. C. C. : Vous, vous lui parlez?
Vous espérez son soutien ? J.-L.
M. : Ce sont des relations personnelles très stimulantes. J'apprends beaucoup en le voyant.
Et il n'a pas l'intention de s'engager pour tel ou tel candidat, voilà, mais l'essentiel pour moi, c'est ce que je peux apprendre de lui, et je rencontre beaucoup de... d'écologues dans mes parcours, par exemple, lorsque Jean-Marie Brom veut passer une soirée avec moi, on en parle pas dans les journaux, mais c'est un des...
On va mettre des guillemets, un des "papes" de l'anti-nucléaire et un savant de très haut niveau. Bon, voilà, j'en rencontre beaucoup, nous parlons beaucoup, pourquoi ? Parce que je veux que la transition énergétique, nous puissions la faire, il ne suffit pas de dire : "on va sortir du nucléaire", je ne vais pas appuyer sur un bouton pour en sortir, il y en a pour 20 ans, pour en sortir, mais il faut être capable de mettre en place un niveau mécanique de production d'énergie qui soit compatible avec l'écosystème et cela demande beaucoup de travail...
F. L. : En tout cas, un nouveau modèle qu'il faut écrire.
Merci, Cécile, voilà pour l'environnement, on va parler de modèle social. Les Français y tiennent à ce modèle social, ils ne veulent pas d'un modèle réduit, et à l'heure du bilan, on retient des réformes qu'a lancées le gouvernement. Par exemple... on va y revenir sur certaines réformes, mais revenons sur le système social en France, qui date de la fin de la guerre.
Aujourd'hui, vous parliez d'uberisation de l'économie. Est-ce qu'il est encore adapté à cette économie-là ? J.-L.
M. : Mais bien sûr. Si quelqu'un inventait aujourd'hui l'esclavage, il aurait, pendant un temps, un avantage comparatif, les ouvriers ne coûteraient rien.
Il faudrait juste les nourrir, et le moins serait le mieux, hein. Mais, très rapidement, on verrait qu'on ne peut pas faire vivre une société sur cette base. L'uberisation permet, momentanément, à certaines personnes de s'en sortir, et on ne va pas leur jeter la pierre.
Mais au prix d'un désastre social. Donc, il faut que la loi protège. Voilà à quoi sert la loi.
F. L. : Il faut interdire par exemple les taxis Uber ?
Comment on fait ? J.-L.
M. : Il y a plein de, il y a plein de moyens d'avancer. Ce n'est pas parce qu'on fait le taxi, Uber.
Ce qui nous fascine tous, c'est que c'est vite fait grâce à la plateforme, mais il n'y a rien qui empêche qu'il y ait des droits sociaux, derrière une plateforme. Pourquoi quelqu'un qui serait convoqué par une plateforme n'aurait pas le droit à la sécurité sociale ou n'aurait pas le droit à la retraite ? Pourquoi sa paie serait-elle versée à partir de l'étranger ?
Pourquoi son statut social serait celui qui est dans un paradis fiscal ? Vous comprenez ? Il n'y a pas d'obligation.
F. L. : Bien sûr...
Notre modèle, il repose aussi sur les services publics. François Fillon veut supprimer 500.000 emplois de fonctionnaires.
Est-ce qu'il n'y a pas cependant matière, pour reprendre une expression, à décrét..., à dégraisser le mammouth ?
Ou alors, à réorganiser la fonction publique ? En mettre moins à certains endroits mais...
J.-L. M. : C'est-à-dire que vous voyez, c'est encore une dialectique insupportable.
Soit on trouverait tout bien, et je serais obligé de dire : "C'est parfait", soit il faut tout détruire. F. L. : Non, mais est-ce qu'on peut réorganiser ?
J.-L. M. : Ce que propose M.
Fillon, c'est de tout détruire. Parce qu'avec 500.000 ou 600.000 fonctionnaires de moins, on détruit l'Etat.
Est-ce que vous êtes conscient du fait qu'il y a moins de fonctionnaires qu'il y en a eu à une époque où on a été moins nombreux ? Nous sommes plus nombreux. Est-ce que vous voulez bien considérer qu'un fonctionnaire ou un agent du service public, soit de la fonction publique hospitalière, soit de la fonction publique territoriale ou nationale, remplit un service qui rend service à des gens ?
Ça coûte moins cher, le service public, que n'importe quel service privé. F. L. : Il n'y a pas des endroits où on pourrait avoir moins de fonctionnaires pour en mettre plus ailleurs, par exemple ?
J.-L. M. : Et voilà.
Bon. F. L. : Non, mais c'est juste une question.
J.-L. M. : Non, ce n'est pas la priorité, mais Monsieur, ce n'est pas la priorité, la priorité c'est de s'apercevoir qu'il y a des infirmiers, des infirmières, et un personnel médical à bout de souffle.
Ça va s'écrouler, si vous continuez comme ça. Il manque d'enseignants partout, contrairement à ce que raconte, heu, le gouvernement du PS. Et ainsi de suite.
Il faut, au contraire, donner du tonus à l'Etat, alors qu'ici ou là, il faille, bien sûr, revoir les missions, mais qu'est-ce que vous croyez que c'est un fonctionnaire ? Quelqu'un qui ne s'adapte pas ? Qui n'a pas lui-même un téléphone portable ?
Qui ne sait pas ce qu'est une tablette ? Les fonctionnaires sont, et tous les agents de la - du service public, sont des gens plein d'allant et de science. Il faut renforcer l'Etat, vous m'entendez ?
F. L. : J'entends.
J.-L. M. : Si je suis le Président de la République, l'Etat sera fort.
Il ne sera pas sans cesse dénigré, au profit de services privés qui coûtent plus cher. Monsieur, la concurrence, fait que ça coûte plus cher que le service public. F.
L. : On en parle, en ce moment, des obsèques de Fidel Castro. Ségolène Royal représente la France aux cérémonies.
J.-L. M. : Grand sujet, hein, surtout.
F. L. : Et elle a défendu le bilan de l'ancien chef cubain en disant que il était un monument de l'Histoire, que grâce à Fidel Castro, les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destin.
Il y a eu beaucoup, depuis qu'elle a dit ça, beaucoup de critiques. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce qu'elle dit là ? J.-L.
M. : Ecoutez, peut-être que ça rétablit l'équilibre, pourquoi y a-t-il eu tant de haine contre cette petite île, sa population et son leader politique, un homme que les Etats-Unis d'Amérique ont essayé d'assassiner 600 fois ? Tout à l'heure, vous montriez une image d'Abu Dhabi, personne n'a rien à dire dans ce pays ?
Sur Abu Dhabi ? Régime parfait qui nous convient, il est normal qu'on aille le visiter en lui faisant toutes sortes de bonnes grâces. Il y a peu de temps, il y avait les funérailles de Ben Al Saoud, le Président, pardon, le roi de l'Arabie Saoudite.
Tous les chefs d'Etat y étaient. Quelqu'un a protesté contre un homme qui faisait fouetter, amputer et réprimer la liberté ? F.
L. : Donc vous soutenez, enfin, vous soutenez... vous, vous comprenez Ségolène Royal ?
J.-L. M. : Mais je croyais avoir répondu assez clairement pour que tout le monde me comprenne.
F. L. : Vous comprenez Ségolène Royal.
J.-L. M. : On a entendu quelqu'un mettre en cause cette île de Cuba qui, moi, je veux redire ma gratitude pour tout ce qu'elle a fait pour toute l'Amérique latine, et la, la - Fidel Castro mérite mieux que cet opprobre qui lui est fait continuellement contre lui.
Car il a apporté beaucoup de choses, naturellement, son bilan, comme celui de tout être humain, est contrasté. Mais je trouve insupportable cette hargne qu'il y a contre lui, et pour le coup, je dis merci à Ségolène Royal d'avoir, en forçant un peu le trait, rétabli un petit peu d'équilibre. F.
L. : On a compris. Je voudrais qu'on revienne aux choses françaises.
Il y a une proposition qui est dans votre livre que j'aimerais que vous précisiez. Vous dites : "les niches fiscales, il va falloir tout remettre à plat." Mais vous ne dites pas lesquelles et où ?
Quelle est celle qu'il faut supprimer en priorité ? J'ai peur. J.-L.
M : Alors, d'abord, je rassure tout le monde, il y aura des livrets correspondant à chaque partie du programme, on a fait une préparation collective, maintenant, on passe aux livrets, et ensuite, il y aura des ateliers législatifs où les gens vont être appelés à écrire la loi. Oui, alors il y a beaucoup de niches fiscales, heureusement qu'on les a pas toutes mises dans le livre, parce que, sinon, il aurait pas valu que 3€ comme c'est le cas. F.
L. : Quelle est celle qui faut supprimer en premier ? J.-L.
M. : Alors, écoutez, je vais être déjà sympa, je ne vais pas envisager la niche fiscale des - qui permet aux journalistes de payer moins d'impôts que les autres, puisque vous avez droit à un abattement. Je vais en prendre une autre, qui nous profitera à tous.
Euh, voilà. Quand vous avez une assurance-vie, et bien, si votre - l'argent que vous avez mis dans l'assurance-vie est investi en France, il bénéficie d'une faveur fiscale. Alors là, vous êtes d'accord.
Mais si vous l'investissez ailleurs, il bénéficie aussi d'une faveur fiscale, et bien moi, je propose qu'on retire l'avantage fiscal pour chaque euro qui est investi à l'extérieur du pays, et qu'on le maintienne pour celui qui est investi à l'intérieur du pays. Je sais que certains de mes amis n'aiment pas cet avantage fiscal, même à l'intérieur du pays, mais écoutez-moi, il y a 1.500 milliards d'euros dans l'assurance-vie. 1.500 milliards.
Si vous décidez que l'euro qui investi à l'extérieur n'a plus son avantage fiscal, écoutez-moi bien, combien ça fait ? Il y a 750 milliards. Un euro sur deux est investi à l'extérieur.
Ça fait maintenant 5 ans que je dis si cet euro là était taxé comme le reste, il reviendrait en France. Ecoutez-moi bien, ça donne 750 milliards qui seraient investis dans l'économie française. F.
L. : Donc la seule niche fiscale...
J.-L. M. : Alors, vous et moi, on peut rentrer, on ne fait plus de politique pendant quelques années.
F. L. : Et c'est la niche fiscale que vous enlèveriez.
J.-L. M. : Parce qu'il y aura une expansion formidable, or, il y a besoin d'argent pour faire la transition énergétique, et passer à un modèle économique écologiquement soutenable.
F. L. : On arrive à la fin de cette émission, et le moment de l'instantané.
La photo qu'on demande à l'invité qui vient, qui nous livre sa photo telle qu'il l'a faite. Alors, expliquez-nous. J.-L.
M. : Alors, on a fait un meeting à Bordeaux, comme tout le monde le sait je n'ai pas assez d'argent pour louer des grandes salles, et celle-ci faisait 1.200 - 1.300 personnes.
Plein de gens sont arrivés, notamment en avance et vous voyez, là, les gens qui sont dehors, il y en a de tous âges, mais il y a surtout des jeunes, parce qu'ils arrivent toujours en retard. Mais ils ont été, heu, j'ai trouvé, tellement conscients, tellement - d'abord, 1), ça prouve qu'ils s'intéressent à la politique, deuxièmement, leur rassemblement était pas - je suis sorti pour leur poser la question - j'ai dit : "on vient pas là pour moi, on vient pour une idée", ils ont éclaté en applaudissements. Et ils ont été très courageux parce qu'ils ont fait la démonstration - ils sont restés deux heures, vous savez que je suis interminable, heu, dans la parole, et dans le froid, et je veux leur dire mon affection et mon admiration pour cette patience qu'ils ont eu, dont peut-être moi, je n'aurais pas été capable.
F. L. : Merci, Jean-Luc Mélenchon, d'avoir accepté notre invitation dans "Dimanche en politique".
Jean-Luc Mélenchon