Nicolas Dupont-Aignan invité d'Opinion Première sur RFO
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse directe
Alors, Monsieur Dupont-Aignan, bonjour. Les avocats sont en grève.
- 1:37RelanceRéponse directe
Mais changement de ministre ne veut pas dire changement de politique, justement.
- 4:03OuverteRéponse directe
En attendant, le débat actuel, justement, c'est celui des régionales, y compris Outre-mer.
- 4:28RelanceRéponse directe
Moi, je n'y suis pas favorable fondamentalement. Pourquoi ?
- 6:18FerméeRéponse directe
Ce qui vous choque, c'est que la ministre soit guadoupéenne ?
- 8:42OuverteÉludée
Autre sujet d'actualité, en ce moment, on parle du budget 2016, y compris du budget de l'Outre-mer. Votre partie prône notamment la réduction, voire la suppression des niches fiscales, non ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42InvitéFait
« parce que la politique qu'elle mène depuis un certain temps, maintenant trois ans, plus de trois ans, est un échec total. »
- 1:10InvitéFait
« les prédécesseurs de Christiane Taubira avaient mis le doigt dans l'engrenage du laxisme judiciaire. »
- 1:32InvitéFait
« Parce qu'on le voit bien avec l'explosion des violences qu'il y a dans notre pays. Les délinquants ne craignent plus la justice. »
- 2:29InvitéChiffre
« Loi Guigou, jusqu'à un an de prison, vous pouvez ne pas faire la prison. Loi Dati, jusqu'à deux ans. Loi Taubira, jusqu'à cinq ans. »
- 2:37InvitéFait
« « Mais monsieur le maire, on n'en a rien à faire. De toute façon, on n'ira pas en prison. On aura une vague peine alternative qui ne sera pas à exécuter. » »
- 3:22InvitéFait
« Le Premier ministre l'a déjà décalé. »
- 3:29InvitéFait
« Ce qui est quand même curieux, c'est que le Premier ministre interdit à son garde des Sceaux de répondre à une question sur la justice. »
- 4:32InvitéFait
« Parce que je crois à la continuité territoriale. »
- 5:19InvitéFait
« Soit on a un système des DOM, qui est une adaptation complète des lois locales, mais à ce moment-là, on l'assume et il n'y a pas de continuité territoriale. »
- 6:01InvitéFait
« ça fait depuis 2007, que le poids des DOM-TOM a diminué, qu'on réserve par exemple le ministère des DOM-TOM à un domien, ça me choque. »
- 6:40InvitéFait
« Je n'aime pas ce mépris. Et il n'y a qu'un ultramarin pour comprendre les Outre-mer. »
- 12:00InvitéFait
« Le droit du sol, c'est évident, c'est un des fondamentaux de la République française. »
Temps de parole
- Invité77 %
- Présentateur11 %
- ?8 %
- Invité 24 %
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Opinion. Opinion. Opinion. Opinion. Opinion. Opinion.
Opinion.
Première.
Bonjour
à tous. Cette semaine dans Opinion Première, nous recevons Nicolas Dupont-Aignan, député maire de hier dans l'Essonne et président de Debout la France en compagnie de William Cromwell.
Bonjour.
Bonjour à vous.
Alors, Monsieur Dupont-Aignan, bonjour. Les avocats sont en grève. La semaine dernière, ce sont les policiers qui ont manifesté sous les fenêtres de la ministre de la Justice.
Est
-ce que Christiane Taubira doit partir
?
Oui. Oui, pas parce qu'il y a des manifestations,
mais
parce que la politique qu'elle mène depuis un certain temps, maintenant trois ans, plus de trois ans, est un échec total.
C
'est une femme que je
respecte car
elle assume ses positions.
Donc,
on ne peut pas dire qu'elle a mené cette politique en se cachant.
Elle
les assume, c'est tout à son honneur, mais cette politique est un échec complet. Elle est un échec complet parce qu'en vérité, déjà, et je l'ai toujours dit,
les
prédécesseurs de Christiane Taubira avaient mis le doigt dans l'engrenage du laxisme judiciaire. Donc, n'accablons pas seulement ce gouvernement. Ce serait injuste. C'est la lente
dégradation
de l'autorité judiciaire avec, je dirais, cerise sur le gâteau, une politique d'un laxisme incroyable qu'elle assume et qui est un fiasco intégral. Parce qu'on le voit bien avec l'explosion des violences qu'il y a dans notre pays. Les délinquants ne craignent plus la justice.
Mais changement de ministre ne veut pas dire changement de politique, justement. Vous
avez tout à fait raison.
Mais
enfin, Christiane Taubira, elle l'assume assez pour pouvoir le dire, a défendu une politique. Elle a toujours dit que la prison n'était pas la bonne solution. Elle a toujours voulu changer les lois. Elle s'est même heurtée au gouvernement. Donc, il
y a
un moment où il faut regarder les choses en face. Cette politique ne marche pas.
Je suis élu de
banlieue, je le vois bien. C'est l'impunité. Les délinquants, les voyous se sentent
protégés. Ça
veut dire qu
'ils
ne craignent plus rien. Et c'est encore une fois, pas seulement le fait de Christiane Taubira. C'est une lente dégradation. Il y a eu la loi Guigou,
il y a eu la loi Dati. Même des
ministres de droite,
c'est vrai. Bien sûr. J
'ai assez critiqué Mme Dati et Mme Guigou, qui étaient de gauche. C'est une dégradation.
Il
faut bien savoir de quoi il s'agit. Loi Guigou, jusqu'à un an de prison,
vous
pouvez ne pas faire la prison. Loi Dati, jusqu'à deux ans. Loi Taubira, jusqu'à cinq ans. Je suis maire de banlieue. Moi j'ai des délinquants qui viennent me voir,
qui
me disent « Mais monsieur le maire,
on
n'en a rien à faire.
De
toute façon, on n'ira pas en prison. On aura une vague peine alternative qui ne sera pas à exécuter. »
Ils
ne craignent rien.
Il
y
a un peu
d'intérêt général. Mais personne n'y croit. Et les délinquants rigolent. C'est dramatique la situation. Et on le voit bien, parce que la situation se dégrade. Parce qu'à partir du moment où il n'y a plus peur de l'autorité,
il
n
'y a
plus rien à attendre. Donc je crois que Christiane Taubira, si elle avait un peu d'honneur, devrait dire « Voilà, maintenant, qu'est-ce que je fais
? Est
-ce que je continue à défendre une politique qui ne marche pas ? » Voilà. C'est mon sentiment. Donc elle doit démissionner. Pour
moi,
elle doit démissionner. Parce que, d'ailleurs, le gouvernement ne la soutient qu'à demi. Non, quand même pas à demi. Si, parce que sa réforme des mineurs, on va voir si elle va passer. Le Premier ministre l'a déjà décalé. Souvenez-vous, au Sénat, le Premier ministre lui a interdit de répondre. Et
elle est
partie furieuse.
Ce
qui est quand même curieux, c'est que le Premier ministre interdit à son garde des Sceaux de répondre à une question sur la justice. Non, mais justement, elle avait mis ça dans la balance pour rester au gouvernement. Si j
'ai
ma loi des mineurs, et
je reste, sinon, finit la
caution de gauche.
Je ne crois pas
que ce soit servir la gauche
que de dire que le
laxisme judiciaire, c'est la gauche.
Parce
que sinon, les électeurs de gauche vont disparaître complètement.
On
verra s'il
y a
un remaniement ministériel à l'issue peut-être des régionales, et si Christiane Taubira reste au gouvernement. En attendant, le débat actuel, justement, c'est celui des régionales, y compris Outre-mer. Il y a un débat qui ressurgit à la Réunion, où vous avez un candidat, une tête de liste au régional, qui est celui de l'application de l'article 73, qui permet, la 73 de la Constitution, qui permet l'adaptation des lois aux spécificités des Outre-mer. Ça s'applique en Martinique, en Guyane et en Guadeloupe. Ça ne s'applique pas à la Réunion. Et certains députés de la Réunion voudraient revenir sur cet amendement.
Moi, je n'y suis pas favorable fondamentalement. Pourquoi
?
Parce que je crois à la continuité territoriale. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. On ne peut pas demander, comme on l'a toujours fait, et c'était une des grandes politiques que j'approuvais de Jacques Chirac, et je suis gaulliste,
et
j'ai toujours considéré que les DOM,
c
'était la métropole. Et on ne peut pas demander, comme l'ont toujours demandé les élus des DOM, les mêmes prestations, le même fonctionnement, même si je sais qu'il y a encore beaucoup à rattraper. Un
alignement
sur les départements de l'Hexagone.
Exactement. Et en même temps dire, à ce moment-là, on adapte les lois. Je crois qu'il faut être cohérent. Soit on a un système des DOM,
qui
est une adaptation complète des lois locales, mais à ce
moment-là,
on l'assume et il n'y
a
pas de continuité territoriale. C'est un autre système. Soit, et je crois que c'était l'honneur de la République, en tout cas, moi, c
'est
ma philosophie, vous avez des DOM,
c
'est qu'on fasse tout
pour
que les habitants des DOM, et dont beaucoup d'ailleurs vivent en métropole, il y
a
des allers-retours, qu'on fasse tout pour qu'il y ait une communauté nationale qui fonctionne. Donc moi, je mets en garde les élus des DOM,
qui
mettraient le doigt dans un engrenage, qui après donneraient prétexte à ceux,
parce
qu'il y
en
a beaucoup, vous savez, qui sont hostiles, qui considèrent que l'outre-mer, ça coûte trop cher, que vous entendez ça en métropole.
Ou l'argage de l'outre-mer, c'est ça
que
vous dites ? Oui, moi je le crains beaucoup, et je regrette beaucoup qu'à l'Assemblée nationale, je le dis toujours, et dans les ministères, d'ailleurs c'est depuis Sarkozy, il faut être clair, ça fait depuis 2007, que le poids des DOM-TOM a diminué, qu'on réserve par exemple le ministère des DOM-TOM à un domien, ça me choque, parce que je trouve que c'est une sorte de paternalisme. Mais
qu'il y ait un ministère des Outre
-mer, ça ne vous choque pas ? Ce qui vous choque,
c
'est que la ministre soit guadoupéenne ?
Non, ça ne me choque pas qu'elle le soit. Ce qui me choque, c'est que ce soit systématique.
D
'accord ? C'est devenu systématique depuis
Sarkozy.
Ce qui me choque, c'est qu'on considère qu'on fasse une sorte de... Ministère réservé
?
Voilà, comme si c
'était quelque chose, les ultramarins, c
'est particulier. Je n'aime pas ce mépris.
Et
il n'y
a
qu'un ultramarin pour comprendre
les
Outre-mer. Je dis qu'il peut y avoir un ultramar... Pour moi, un ultramarin, c'est un Français comme les autres. Donc
je ne vois pas
au nom de quoi...
Donc pas le ministère des
Outre-mer, alors ?
Si, bien sûr. Mais souvenez-vous, sous Jacques Chirac, le ministère de l'Outre-mer, c'était des ministres très puissants. Il y a eu Dominique
Perben.
Qui allait devenir puissant après.
Pas toujours.
Dominique Perben faisait une entrée en politique et on considérait
le ministère des
Outre-mer comme des
hommes de confiance. Et c
'était les premières
marches. Ce n'était pas la dernière
roue du carrosse. C'était des hommes de confiance qui étaient au cœur de l'appareil d'État.
Qui étaient sur le cœur de
Jacques Chirac. Oui, aussi. Ça peut être des ultramarins. Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Mais je veux, en tout cas, ma philosophie de Debout la France, notre philosophie, qui a toujours été le cas, la philosophie de nos équipes sur place, notamment Hugues Maillot et Jean
-Jacques
Morel, qui est votre tête de liste à la Réunion. C'était
Hugues Maillot avant qui a toujours été très présent. Et son complice,
je
dirais, Jean-Jacques Morel, c'est toujours,
pour
moi, les départements d'Outre-mer, c'est la métropole, c'est la France. Donc il faut absolument gommer
les différences.
Il faut un statut unique. Il faut favoriser tout ce qui peut permettre les allers-retours, la continuité territoriale. Voilà. La
présence
des
Outre-mer en métropole.
Il faut qu'il y
ait
des adaptations. Il ne
s
'agit pas de faire tout pareil. Il faut être un peu fin. Mais moi, je suis inquiet parce que je le vois bien à l'Assemblée nationale. À l'Assemblée nationale, je vois bien ce qui se passe. J'étais un des seuls à aller dans le Pacifique il y a un an et demi. Un des seuls. Et quand j'en parlais à mes collègues en parlant de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie, de ce qui se passe là-bas, de la crise qu
'il y a... C'est un
autre statut, justement,
celui des territoires. Oui, mais
attention,
loin du cœur ou loin des yeux, loin du cœur, moi, j'aimerais qu'on resserre les liens. Voilà. Je le dis très clairement. Et derrière, vous savez, il y a quoi
?
C'est parce que Bercy, le ministère des Finances, en permanence, l'appareil d'État, ne soigne pas assez les dom-toms.
Alors, justement, vous parlez d'argent. Autre sujet d'actualité, en ce moment, on parle du budget 2016, y compris du budget de l'Outre-mer. Votre partie prône notamment la réduction, voire la suppression des niches fiscales, non ?
Non, jamais.
C'est une hérésie.
Jamais.
Il y a des niches
fiscales en Outre-mer, notamment la
défiscalisation.
Où avez-vous
lu ça ? Jamais.
Bah écoutez,
c
'est une
erreur,
mais en tout cas, on peut parler
de la
défiscalisation, puisque les patrons ultramarins, eux, défendent la défiscalisation, les crédits d'impôts.
Bien sûr, c'est très
important. Pour l'Outre-mer, pour le développement de l
'Outre-mer.
C'est fondamental. C'est
une ligne qui vous convient.
Mais toujours. J'aimerais savoir où vous avez inventé ça. Ressortez
-moi. Je n'invente
rien. J'ai trouvé ça sur
Internet. Je vous redonnerai la source, mais je n'invente rien.
Lisez mon programme sur l'Outre-mer, programme présidentiel. Je suis totalement favorable à ces niches fiscales, qui sont un moyen d'amener de l'argent à Outre-mer, des investissements. Alors, parfois, il y
a
eu des abus.
Et
on le sait. Et il faut les orienter. Il faut les cibler. Mais c'est fondamental. Fondamental. Il faut de la défiscalisation.
Mais bien évidemment. Parce que l
'État n'a pas les moyens d'aller seul. Il n'y a pas que l'argent public. Il y
a
l'argent privé. Il faut un développement économique.
Ce
qu'il y a eu, parfois, et vous le savez très bien, il y
a
eu des abus. Et il y a eu ce qu'on appelle ces constructions qui ont été, on l'a vu à la Guadeloupe, on l
'a
vu en Latinique, on l
'a
vu partout.
Les
hôtels montés pour la défiscalisation, mais pas pour la commercialisation. Exactement.
Et qui
restaient vides.
Et qui restaient vides. Donc, il ne faut pas non plus un développement plaqué. Il faut un développement intérieur. Endogène. Endogène, bien évidemment. C'est fondamental. Mais je connais très bien l'économie de l'outre-mer. J'ai été beaucoup. Je peux vous assurer qu'il faut les deux. Il faut des crédits publics, mais il faut de
l
'initiative privée.
S
'il n
'y
a pas d'initiative privée, les crédits publics ne suffiront pas. Et ça sera de l'assistanat. Et l'assistanat, ce n
'est
pas bon. Les habitants d'outre-mer ont le droit à la dignité. Et la dignité, elle se fait par le travail.
Et la ministre des Outre-mer a lancé justement un appel aux patrons ultramarins. Il y a peu, en leur demandant, en contrepartie des efforts du gouvernement, de relancer l'emploi.
Mais les patrons ultramarins, ils ne peuvent pas relancer l'emploi comme ça. Ça, c'est le genre de vœux pieux qui ne servent à rien. C'est du cinéma. Le problème de fond, c'est de casser certaines rentes de situation qu
'il
y
a
à Outre-mer. Et on les connaît tous.
Et
quand Jégo... Lesquelles, par
exemple
? Vous le savez, la distribution, la grande distribution, etc. Les importations, etc. Donc, et quand Jégo s'est attaqué, il a été débarqué. Souvenez-vous. Donc, le vrai problème de l'outre-mer, le vrai problème de l'outre-mer,
c
'est qu'il faut que l'État revienne. Moi, je considère l'outre-mer comme la métropole. Il doit y avoir un État. Et les rentes de situation, ça suffit. Et c'est là où on fera aimer l'État et on le fera respecter. C'est quand on verra que l'État ne soutient pas quelques familles, mais soutient la population. Et donc, c'est pas facile. C'est pas facile, mais il faut le faire. Il faut oser casser certaines rentes de situation. C'est tout le programme de Debout la France. Rétablir l'égalité absolue. Rétablir l'État. Faire en sorte qu'il n
'y ait
pas des rentes de situation sur des produits importés.
Sur
une question comme le droit du sol, Debout la France s'est prononcée pour son maintien. Mais dans des pays comme Mayotte ou la Guyane,
il faut le maintenir ? Non,
il faut le corriger. Il faut le corriger, l'adapter ? Il faut l'adapter puisqu'il
y a
tricherie. Voilà. C'est très simple. Le droit du sol, c'est évident, c'est un des fondamentaux de la République française. Debout la France, c
'est
un parti gaulliste républicain de rassemblement. Mais quand c'est tourné manifestement comme un Mayotte où les gens viennent accoucher, c'est pas possible. Ça détruit tout.
Mais
qu
'est
-ce qu'on fait alors ?
Eh bien, qu'est-ce qu'on fait
?
On le limite, on fait une dérogation, on contrôle, il y
a
un État. Le problème dans notre pays, c'est que c'est la faiblesse généralisée. Et quand se fait la faiblesse généralisée, c'est l'anarchie. Et quand c
'est
l'anarchie, vous avez les rejets et les haines. On le vit en métropole, avec l'affaire des migrants. Vous savez, on a un ministère des Finances qui préfère payer des jets privés pour les migrants en France et qui veut réduire les aides aux dom-toms. Ça montre bien l'état d'esprit qui règne dans notre pays. C'est insupportable. Donc, moi, ce que je demande, c'est que si on veut que la communauté nationale fonctionne et si on veut que les plus modestes de notre pays puissent vivre correctement, il faut contrôler nos frontières, il faut arrêter les abus. Et la problématique outre-mer, elle est comme en métropole.
Assez de la faiblesse qui fait qu'aujourd'hui, on réduit toujours les avantages de nos concitoyens au profit de migrants qui ne devraient pas venir en France.
À ceci près que les frontières naturelles en Guyane et à Mayotte, c'est les gens qui traversent la mer, qui passent
par la forêt, qui passent par les
fleuves.
C
'est difficilement
contrôlable. Ça doit
être contrôlé, c'est-à-dire qu'on leur refuse à ce moment-là le droit du sol. Point. Il faut un contrôle.
On
ne peut pas continuer dans le laxisme le plus total. Et tous les Français le comprennent, qu'ils habitent la Martinique, la Réunion, Mayotte ou ailleurs. Vous savez, si c'est open bar, si la France continue à donner des prestations sociales à toute la misère qui vient du monde, c'est très simple. Il n
'y aura
plus de système social français. Alors moi, si on veut le système américain, on continue comme ça. Système américain, les gens viennent crever dans la rue, on ne les aide pas. Très bien. Mais on ne peut pas avoir un système social généreux, le RSA, la CMU, la santé, etc. et l'ouverture totale des frontières. Ça n'existe dans aucun pays au monde. Soit vous avez des frontières respectées et vous pouvez vous permettre un système social. C'est ce qu'on appelle la redistribution. Mais il faut créer de la richesse. Soit vous ouvrez tout ce que fait le gouvernement actuel et ce qu'ont fait les précédents, d'ailleurs, avec la suppression de Schengen, etc. Et puis, vous savez, c'est très simple.
Ce sont les plus pauvres qui payent en premier.
Ce
sont les plus modestes qui sont les victimes des migrants.
Et
d'ailleurs, les entreprises s'en servent bien pour réduire les salaires. On le voit bien. C'est une pression sur les salaires. C'est toujours la même histoire. Donc moi, je défends un pays juste
avec
des prestations sociales, mais réservées à nos concitoyens, qu'ils soient français ou étrangers, mais en situation régulière.
Vous
aviez parlé en novembre 2014, et ça avait fait polémique en Guyane, de la réouverture du bagne de Cayenne pour les djihadistes. Vous aviez été interpellé par les députés, les élus de Guyane, qui vous avaient demandé des excuses. Alors, est-ce que vous maintenez ces propos ?
Je maintiens ces propos. Ce que j'ai dit à l'époque, c'est qu'il fallait que les islamistes soient éloignés. Et j'avais dit,
pour
faire comprendre, avec un type de structure fermée comme le bagne de Cayenne. Après, ce que j'avais ajouté, mais qui n'a pas été repris, bien évidemment, c'est qu'il ne s'agit pas de le mettre obligatoirement en Guyane.
Ça
peut être à Saint-Pierre-et-Miquelon, ça peut être dans un îlot perdu, ça peut être comme Guantanamo. Ce n
'est
pas la question. La question fondamentale, c'est ce que la société française veut se défendre. Voilà. Cayenne servait à ça. Après, moi, je veux bien qu'on laisse des terroristes massacrer nos concitoyens. J'estime qu'il y a un stop. Donc, j'assume ma
position. Les habitants
de Saint-Pierre-et-Miquelon qui vous
entendent ne seront pas d'accord non plus. Mais bien sûr, il y aura toujours quelqu'un
qui ne sera pas content.
Mais la question,
c'est très simple. Est-ce qu'on veut continuer à laisser des terroristes ? J'ai visité la prison de Villepinte, où d'ailleurs les surveillants de prison vivent un enfer. Qui sont surveillants de prison que j'ai rencontrés. J'ai visité la prison de Villepinte. Je peux vous dire que quand vous apprenez qu'il
y a
dix terroristes et qu'il y avait Koulibaly qui était à la buanderie et qui a recruté tous ses aides dans une buanderie mal surveillée parce que c
'est
le laxisme généralisé. Et vous savez, les domiens que j'ai rencontrés gardiens de prison à la prison de Villepinte, ils sont d'accord avec moi. Assez.
Ces
types-là, ce sont des fous furieux. Et bien ces fous furieux, ils vont en rééducation pendant un certain temps dans un territoire éloigné.
L'île de Ré, ça ne suffit pas ?
Ça peut être l'île de Ré. Je sais que Cayenne, c'était un symbole. Et je sais que ça a pu froisser nos compatriotes de Guyane et j'en suis désolé. Mais c'était l'expression Cayenne qui est comprise par le peuple. Cayenne, c'est quoi ? C'est qu'à un moment, stop.
On
ne
va
pas se laisser massacrer. On ne
va
pas se laisser tirer dessus. Et vous savez, c'est le problème de la société française. C'est qu'aujourd'hui, on se fait tirer dessus et on dit merci. Et bien continuons comme ça. Oui, on dit merci puisqu'on les laisse. Le 11 janvier, on n
'a
pas dit merci. Mais non, on n
'a
pas pris de mesure. Et demain matin, s'il arrive quelque chose, qu
'est
-ce qu'on fera
? Qu
'est-ce que dira le gouvernement aux Français ? Je n
'ai
rien fait pendant six mois
?
Moi, je souhaite, si j'étais au pouvoir, je ferais quelque chose et j'isolerais ces personnes. Je leur enlèverais la nationalité française pour ceux qui sont binationaux. J'expulserais les étrangers et j'isolerais dans un territoire éloigné qui ne serait peut-être pas Cayenne mais qui aurait ce
symbole
de Cayenne. Mais oui,
mais
attendez, il y a un moment, les amis, il va falloir que le peuple français se protège et se défende.
Parce
que sinon, ça va très mal finir. Et moi, je ne veux pas voir venir au pouvoir des discours de haine, de rejet.
On
va parler un peu d'écologie. Vous aviez lancé l'idée de couvrir les bâtiments commerciaux des Antilles de panneaux photovoltaïques.
C
'est un peu idéaliste comme projet ? Non. J'ai dit simplement qu
'il
y a des atouts outre-mer. On ne les valorise pas assez. Vous parliez d'économie. Et Hugues Maillot, qui est notre représentant à La Réunion, on a beaucoup travaillé avec lui. Comment développer une économie plus prospère ?
Comment lutter contre le chômage ? Il y a du
soleil, donc on met des panneaux
photovoltaïques et ça règle tout
? Excusez-moi, pourquoi on met des panneaux solaires en Afrique du Nord ? Pourquoi des entreprises françaises investissent des milliards pour faire une liaison entre le Maroc et l'Espagne ? Et pourquoi nous, qui avons des îles avec du soleil, des problèmes d'énergie, on n
'est
pas capable d'investir ? Excusez-moi,
ce
n
'est
pas faire preuve de provocation que de dire que l'énergie renouvelable devrait être beaucoup plus implantée outre-mer. J'ai été en Polynésie, j'ai été en Nouvelle-Calédonie, j'ai été à La Réunion, j'ai été aux Antilles.
Il
n
'y a
pas plus d'efforts pour les énergies renouvelables alors qu'il y a une richesse naturelle.
Je
ne
vois
pas ce que ça a de déshonorable.
On sous
-exploite
les capacités. On sous-exploite les richesses
naturelles des outre-mer. On sous-exploite l'exploitation des océans.
Nous
sommes une grande puissance maritime grâce à l'outre-mer. Demain, au XXIe siècle, on nourrira la planète par quantité de produits. Pas seulement du poisson, des planctons. Il y
a
de
la recherche à faire. J'ai proposé qu'on mette des centres
de recherche outre-mer. Mais je ne
vois
pas ce que ça a de déshonorant. Vous savez, on vit petits bras. On a des hommes politiques qui n'ont aucun dessein pour l'outre-mer. Si ce n'est de dire que ça coûte trop cher. Voilà. Moi, je suis désolé, l'outre-mer est un atout pour la France. Et un atout pour la France, ça se valorise. Donc, j'ai dit oui qu'on devrait investir. Et c'est peut-être là que vous avez pris ou que sur Internet, on a vu,
j'ai dû dire
que sur les niches fiscales, plutôt que de créer des hôtels vides, alors c'est peut-être pour ça que c'est venu, j'y réfléchis maintenant, qu'on pouvait redistribuer certaines niches fiscales vers des primes sur les énergies renouvelables. Il y a un énorme effort à faire d'investissement public pour créer de la richesse outre-mer. Voilà ce que j'ai dit. Il suffit d'y aller pour comprendre.
Moi,
ce qui m'a beaucoup frappé à la Réunion quand j'y étais la dernière fois, si on ne comprend pas qu'on ne
peut
pas laisser une jeunesse
au
chômage, c'est un
bouillon
de culture. Ce n
'est
pas possible.
Avec
un
taux de chômage supérieur à la moyenne nation.
Très supérieur. Très supérieur. Et ce n
'est
pas par l'assistanat qu'on donnera la dignité.
C
'est bien sûr qu'il faut aider, mais ça ne suffit pas. Et moi, ce que je veux absolument, c'est qu'on ait un plan de développement économique
à
long terme de l'outre-mer, à moyen terme.
Il y a
eu la l'eau des hommes, il y
a
eu la...
Il y a eu des choses
de fait,
oui. Il y a des choses de fait. Tout n'est
pas acheté, loin de là. Il y a des efforts de fait, quels que soient les gouvernements. Simplement, je pense qu'il faut qu
'on
passe à l'échelon supérieur. Et quand je vois sur l'exploitation des océans, vous savez que le secteur maritime en France, c'est plus que l'aéronautique.
Je
suis fatigué ce matin. L'aéronautique. Pourquoi on ne se sert pas
de
l'outre-mer comme une plateforme économique pour la recherche scientifique française
? Parce qu
'il
n
'y a plus de volonté, je vais vous dire. L'outre-mer n'est pas assez mis par les
chefs d'État. Oui,
que ce soit Nicolas Sarkozy ou François Hollande, l'outre-mer n'est pas dans leur cœur. Voilà, ça se sait, tout le monde le sait. Moi, j'aimerais que ça soit dans leur cœur, pas seulement pour aller faire des tournées avant les élections.
Comme
Jacques Chirac. Mais oui, c'est-à-dire de suivre les dossiers, d'avoir vraiment une politique pour l'outre-mer et de la partager avec les Domiens. Ou les Tomiens.
Mais
l'implantation de boule à République, de boule à France en l'occurrence, elle reste compliquée. Autre-mer, vous avez un candidat régional, on l'a dit à la Réunion, vous n'en avez pas ailleurs ?
Pas ailleurs, je le regrette. Mais on a de bons, beaucoup d'adhérents. J'ai eu un accueil merveille, vraiment fort, que ce soit en Polynésie, que ce soit en Nouvelle-Calédonie, où nous avons de bonnes équipes. À la Réunion, nous sommes implantés, nous allons à toutes les élections. Aux Antilles, c'est plus faible, à la Guyane. Nous avons des adhérents, mais nous n'avons pas...
C'est
une vie politique très compliquée, j'ai eu le sentiment. Hermétique. Pas hermétique, qui a ses particularités. Voilà. Je ne suis pas assez puissant pour pouvoir faire mon trou aux Antilles.
Je
le dis franchement, mais s'il y en
a
qui m'écoutent et qui veulent nous rejoindre, ils sont les bienvenus. On
a beaucoup d'adhérents,
mais il nous manque encore celui qui va fédérer tout ça dans chacun de ces trois départements.
Une dernière question, la question chapeau. Nicolas Dupont-Aignan, vous la tirez, vous la lisez, et vous y répondez, s'il vous plaît.
Eh bien oui. Alors, voilà, quelle est la décision politique que vous regrettez le plus ?
Je
n'en regrette pas.
Vous êtes droit
dans vos bottes ?
Non,
on n'est jamais parfait, mais je regrette parfois certaines déclarations un peu plus fortes. Mais en même temps, je trouve qu'il y
a
tellement de lâchetés dans cette vie politique. Ils sont tellement à genoux devant les événements, tellement lâches pour certains, pas tous, heureusement, il y
a
des gens très bien dans la politique, mais qui sont prisonniers de partis politiques. Alors, j'ai sans doute plein de défauts, comme tout le monde. On a des qualités,
des
défauts, mais j'ai eu la chance de pouvoir rompre avec l'UMP et de me regarder dans la glace à défendre mes convictions.
Je
les défends, je comprends qu'elles ne soient pas partagées, mais je pense que si on était un peu plus nombreux à défendre nos vraies convictions,
c
'est-à-dire ce qu
'on
pense au fond de nous-mêmes,
et
je vois tellement de gens qui viennent me voir à l'Assemblée en me disant, t'as raison, mais on ne
peut
pas le dire, parce que sinon, on va perdre notre investiture, je me dis que ce n
'est
pas ça la politique. Donc moi, je peux regretter certaines décisions,
il
y
en
a toujours, on aurait aimé faire autrement, mais
en
tout cas, ce que je ne regrette pas, c'est d'avoir repris ma liberté.
Ce
sera le mot de la fin. Merci Nicolas Dupont-Aignan.
Merci à vous.
Merci à William Cromwell et à Nicolas Palkotian qui réalisait cette émission.
Et
à la semaine prochaine pour un nouveau numéro d'Opinion Première.
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