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interviewJamais Dit - Le podcast d'Isabelle Farrugia· 18 février 2026 57 min

Le moment où Aurore Bergé a failli tout envoyer valser

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous, je suis Isabelle Farouia. Bienvenue dans Jamie. Ici, on arrête le vernis, on coupe le bullshit et on ouvre les placards où les gens rangent leur contradiction pour avoir l'air présentable.

Ils sont animateurs, artistes, ministres, mais au fond, ils sont vous et moi, un peu comme tout le monde. Ils paniquent, il ratent, il mentent un peu et ouais ça arrive. Moi ce qui m'intéresse c'est la version non maquillée.

Alors si cette idée vous plaît, abonnez-vous, mettez 5 étoiles. Bref, faites semblant que c'est vous qui décidez et pas l'algorithme. Allez, on y va.

Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro de Jamie, le podcast où on pose des questions qu'on a jamais entendu ailleurs. Alors aujourd'hui, j'ai une petite affection, même une grande affection pour l'invité que je reçois aujourd'hui. Elle s'appelle Aurore Berger.

Elle est ministre de l'égalité entre les hommes et les femmes et de la lutte contre les discriminations. Aurore, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Merci Isabelle.

Et Aurore, tu es venu avec une promesse, celle de dire quelque chose que tu n'as jamais dit ailleurs. C'est le contrat quand on vient ici. Alors Aurore, tu es ministre depuis juillet 2023.

Tu as été ministre des solidarités et des familles qui est un ministère que tu as administré qui est pas très loin de celui dont tu t'occupes, tu t'occupes aujourd'hui. Et puis au gré des différents remanements, ben te voilà aujourd'hui dans ton portefeuille actuel depuis janvier 2024. Ma première question est assez simple.

Qu'est-ce que tu as accepté de perdre en devenant ministre ? Il y a beaucoup de choses que probablement tu as gagné mais qu'est-ce que tu as accepté de perdre ? C'est une jolie question.

C'est une question en effet qu'on m'a jamais posé. Déjà du temps sans doute parce que la base de facto il y a beaucoup moins de temps pour le reste. Donc c'est une organisation qui est pas simple à gérer au quotidien familial notamment jeune maman, une petite fille Victoire qui a 3 ans et demi.

Donc il y a quand même beaucoup de tétrice et d'organisation. Peut-être un peu de liberté aussi. Alors, pas de liberté, d'opinion et de choix parce que j'ai jamais défendu quelque chose en quoi je croyais pas.

Sinon, je serais pas là et je ferai autre chose. Mais des factos qu'on appartient à un gouvernement, il y a une solidarité, il y a une organisation, il y a des process et donc il y a aussi une part de contrainte qui va avec. C'està-dire il y a à la fois du pouvoir, bon sens du terme, la capacité à faire, à agir, mais il y a aussi une part de contrainte.

Donc peut-être peut-être parfois un peu moins de liberté quand j'étais débuté ou je choisissais pleinement mon agenda par exemple. Là de facto ouais, il y a il y a une part de contrainte et donc peut-être parfois un peu moins de un peu moins de liberté. Est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit là vraiment je ne décide plus, c'est pas moi qui décide, j'ai pas le choix.

Oui, il a parfois une part et c'est lié totalement à l'exercice ministériel et le fait d'être membre d'un collectif. Un gouvernement, c'est aussi un collectif. Ça veut pas dire qu'il y a pas des individualités.

Individualités, il y a des caractères. Je pense en avoir un aussi et l'affirmer. Euh il y a des nuance, il y a parfois des différences, mais il y a des moments où on se met peut-être plus en retrait où en tout cas on se retient de dire exactement peut-être ce qu'on aurait voulu dire à ce moment-là parce que justement le collectif prime et qu'on doit accepter de le faire primer.

On est dans un moment à l'assemblée où il y a plus de majorité. Mais dans un moment, il faut apprendre à composer, il faut apprendre à faire des compromis. Euh il faut apprendre du coup à à travailler de manière un peu différente.

En tout cas, on structure justement l'idée du compromis. Et donc c'est vrai que parfois il y a des déclarations de parties de groupes d'opposition qui sont pour moi difficiles à entendre et sur lesquels j'aimerais plus spontanément réagir. Je me dis est-ce que c'est le bon moment de le faire maintenant ?

Risque de voilà de nuire au collectif, au moment qu'on est en train de vivre. Donc ça parfois je retiens un peu les chevaux. Bon je les relâche après.

Mais sur le moment puisque c'est ça ta question c'est choisir le moment. En fait je pense qu'il y a beaucoup de fantasmes en fait. Je sais pas si c'est un pouvoir surestimé mais je pense qu'il y a beaucoup de fantasmes.

Il y a des fantasmes sur combien gagner un ministre sur ses moyens sur l'organisation de la vie et cetera. Il y a Ouais beaucoup d'idées reçues. Je pense aussi qu'il y a eu des périodes où il y avait aussi des gens qui ont beaucoup déconné. faut le dire de manière très honnête et très franche qui ont parfois mélangé un peu les genres entre la vie personnelle, la vie politique, l'argent public.

Donc je pense que on est passé dans une phase où il y a est-ce qui est normal une attente de transparence, de rigueur ? Il faut pas que ça s'accompagne encore une fois d'un fantasme qui serait ensuite d'accréditer l'idée qu'en fait on ferait ça pour des intentions qui seraient des intention caché. Il y a en effet la volonté de faire d'agir mais je crois parfois on surestime en fait non pas tant la capacité à faire réagir mais en tout cas où on exagère la manière avec laquelle on vivrait et on fonctionnerait.

On m'a souvent demandé pour le coup quelle est la différence entre être député et être ministre. Et c'est vraiment des fonctions qui sont différentes. C'est de nature différente.

Quand on est député, en effet, on est libre de s'exprimer dans un hémicycle, on est libre de son agenda, on est libre de proposer, on est libre de s'impliquer ou pas en fonction des sujets. Quand on est ministre, on a un pouvoir d'action qui est beaucoup plus puissant immédiatement parce qu'à un moment, il y a une administration, on commande en fait, on pilote, c'est notre job en fait au quotidien de vérifier qu'ensuite c'est fait, c'est vraiment fait et c'est vraiment dans la vie des gens. Donc il y a il y a un pouvoir et une immédiaté qui est beaucoup plus importante mais en effet avec des contraintes aussi qui sont associées.

Donc je sais pas si on surestime ou si on sous-estime mais parfois en fait on méconnaît euh la manière avec laquelle les choses fonctionnent et c'est normal les gens dans leur quotidien ils sont ils sont loin des institutions. Donc nous c'est aussi un sujet comment on rend ces institutions plus Ouais. plus clair, plus lisible, plus proche pour créer aussi de l'intérêt.

Et je pense que l'intérêt, on le crée par les propos qu'on tient et on le crée aussi surtout par ce qu'on fait, par ce qu'on fait au quotidien. Et le plus dur, c'est ça, c'est comment on est sûr que bah la parole publique, elle est tenue et qu'à un moment reçue parce que ça change toi concrètement ta vie. C'est peut-être la raison pour laquelle pour durer, il faut être sincère.

J'espère. On a envie d'y croire. Ouais, moi j'ai envie d'y croire et parce qu'on doute beaucoup de la sincérité.

Est-ce que il y a un attrait peut-être pour le pouvoir ? Pas se mentir, quand on fait de la politique, on fait de la politique parce qu'on a aussi de l'ambition, parce qu'on a envie de falloir des idées, des compétences, des valeurs et cetera. Mais du coup, faut pas que ça vienne gommer la la question de la sincérité, de l'engagement.

Et c'est pour ça qu'encore une fois, moi jamais je n'ai dit quelque chose à laquelle je ne croyais pas. Jamais. Dans ces cas-là, en fait, je me tais, j'y vais pas, je réponds pas à une invitation.

Si je pense que c'est pas le bon moment d'y aller, je préfère Oui, parce que je considère que c'est pas ma place. En plus, je pense que je serais terriblement mauvaise dans l'exercice parce que j'ai pas envie d'être en politique pour défendre ce à quoi je ne crois pas. Je fais de la politique justement pour porter ce à quoi je crois.

C'est pas la même chose. Et donc, il faut accepter. Il y a des moments justement où on n'y va pas parce qu'on considère que c'est pas le bon moment et parce qu'on a pas envie de porter ça.

Euh et puis parfois assumer aussi des différence, assumer des nuances. Oui. Bah il y a plein de vents qui vont quand même mais je pense qu'il s'abîment en fait.

Ça ne dure pas. Je suis pas certaine que ça dure parce que je pense que les Français sont très exigeants et qu'il regardent aussi dans la durée de plus en plus. Vous avez dit quoi ?

Et puis maintenant de toute façon il y a un coup prêt hein. Tout est filmé tout se trouve tout se vérifie tout se fa check. Euh donc malgré la désinformation qui peut exister, malgré l'amplification sur les réseaux sociaux, on sait quand même à un moment ce qui a été dit ou pas, prononcé ou pas, vécu ou pas.

Et donc les gens peuvent remonter 10 en arrière, ils m'entendront dire la même chose sur les combats qui aujourd'hui m'ont amené à en être la ministre, soit sur l'égalité, les violences, la lutte contre l'antisémitisme parce que ça a toujours été des combats que j'ai porté et je pense que c'est peut-être pas un hasard si un moment je me suis retrouvé à cette place-là. Qui a le plus d'influence dans ton travail au quotidien ? Est-ce que c'est l'opinion publique ?

Est-ce que c'est des conseillers ? Est-ce que c'est ton instinct tout simplement ? Ça peut être ma famille aussi.

En fait, je pense que c'est différentes sources d'influence. J'espère que c'est pas l'opinion publique parce que je pense que ça voudrait dire que dans ces cas-là, on varie beaucoup trop parce que l'opinion publique, elle peut être versatile, parce qu'elle change de priorité, parce qu'en fonction des moments, en fonction de ce que les Français vivent dans leur vie personnelle, forcément, il y a des choses qui sont plus ou moins importantes. Donc moi, j'ai jamais été guidé par ça.

Je me j'ai jamais avant de préparer une interview dit "Bon, attendez, vous me ressortez les sondages pour savoir ce que disent les Français depuis 10 ans, depuis 1 an, depuis 2 ans sur tel sujet et en fonction j'y vais, j'y vais pas, je m'exprime, je m'exprime pas." Euh parce que d'ailleurs, je pense qu'il y a des combats que j'ai porté défendu, qui sont pas forcément les combats qui ont été vécus au départ comme prioritaires ou comme étant les plus populaires. Donc, je me suis pas posé cette question là.

Donc pas l'opinion publique. Euh ma famille évidemment compte, c'est-à-dire que que ce soi mes parents avant, que ce soit mon mari, alors ma fille est un peu trop petite aujourd'hui même si elle s'exprime beaucoup pour exprimer un point de vue politique à 3 ans, mais je me verrais pas porter en tout cas des des combats euh pas tant être en porte fois à la maison parce que ça j'ai toujours eu du débat chez moi. J'ai grandi dans le débat en permanence mais des valeurs qui seraient orthogonales à ce en quoi j'ai été élevé, ça aurait été impossible en fait pour moi et ça aurait été douloureux pour mes parents.

Et en fait l'occasion s'est jamais présentée en fait c'est pas moi, c'est pas qui je suis. Donc oui, ça c'est évidemment de l'influence. Évidemment ceux qui m'entourent on y compris dans mon équipe, on a des points d'accord, de désaccord, on débat et ça m'arrive même de les écouter, ils seront heureux de l'entendre et ça m'arrive même de leur donner raison parfois.

Ouais. Est-ce qu'il y a une décision qui t'a empêché de dormir ? Oui, il y a une décision et à laquelle moi je me suis opposé euh qui est le fait d'appeler à voter à LFI au soir du premier tour des législatives en 2024.

D'ailleurs, tu l'as exprimé ? Moi, je l'ai dit tout de suite en fait et c'était une soirée euh qui m'a mise un peu à rue d'épreuv parce que c'était une soirée déjà coamment atypique parce que les résultats étaient extrêmement angoissants je pense pour des millions de Français de se dire que d'un côté le Rassemblement national pouvait devenir majoritaire dans le pays parce que c'est ça dont on parlait. de l'autre voir cette poussée aussi de l'extrême gauche et de la France insoumise.

Donc à un moment là-dessus, il faut arriver à garder son sang fr soirée bizarre parce que les gens peut-être le savent pas mais quand il y a une soirée électorale, ce qui est assez logique c'est que ceux qui vont aller en plateau euh répondre en télé, en radio, on se parle quand même, on essaie de se coordonner normalement dire à peu près la même chose et tous les parties font ça parce que c'est important aussi même s'il y a plusieurs personnes qui parlent de parler d'une même voix, avoir un message clair et donc à 20h le message est clair pour tous et de dire évidemment on combat le rassemblement national, mais on combat aussi la France insoumise et donc il y a une aucune compromission possible. Puis le message, il change en cours de soirée et moi j'ai pas changé le message. Et donc c'est au cours de la soirée que tout change.

Juste avant 20h, on a une conférence téléphonique de manière à se coordonner les les uns les autres et à ce moment-là, il y a pas d'ambiguïté, c'est ni RN ni LFI. Et puis après premier ministre de l'époque change de décision en cours de soirée, fait une déclaration à Matignon et on est mis devant le fait accompli en fait d'une décision du coup qu'on n pas pu prendre collectivement. Moi je suis en plateau, je suis sur France 2 à ce moment-là au moment où en direct euh je découvre sa déclaration et le courage de dire autre chose.

Et j'ai dit ben j'ai dit ce que à quoi je pensais, ce à quoi je croyais et j'ai pas changé d'avis. Euh et je pense que j'ai eu raison en fait. Euh après ça c'est les Français qui jugeront mais en tout cas moi je persiste à penser qu'on combat pas le RN avec un bulletin de vote de la France insoumise et je pense que les mois qui ont suivi euh ont démontré euh ce que voulait dire la France insoumise dans ce pays.

Donc oui, ça ça a été une décision déjà une forme de colère de dire c'est pas possible qu'une décision aussi impactante soit prise sans qu'elle soit prise collégialement. Un manque de considération quelque part aussi. Ouais, mais au-delà de la considération, c'est un vrai débat politique de fond.

C'est un débat politique de fond. C'est un débat parce que ça va nous engager tous, parce que ensuite on se retrouve dans la situation un peu absurde où en plus on n'est pas tous d'accord puisqu'on a été plusieurs à exprimer euh des désaccords sur cette décision-là. Euh donc, je pense que déjà c'est toujours une erreur quand à un moment on prend la décision seule en se disant "C'est pas grave, comme je la prends moi, ça va s'imposer à tous." Euh et d'ailleurs ça s'est pas imposé à tous puisqueon a été plusieurs à à tenir une ligne une ligne différente.

Mais oui, ça ça les législatives ont été un moment douloureux parce que on a vu des gens proches de nous bon perdre des élections. Ça c'est malheureusement la vie mais surtout le climat dans lequel ça s'est fait. On a tous vécu des épreuves de vie plus ou moins faciles ou difficiles.

Laquelle as-tu dû affronter en pensant sincèrement que tu n'en étais pas capable ? celle qui sur le moment te semblait vraiment insurmontable parce que vraiment très difficile ou trop douloureuse. J'ai perdu mon papa il y a il va y avoir 2 ans.

Euh et je pense que c'est c'est à la fois dans l'ordre des choses qu'à un moment nos parents partent mais en fait on n'est jamais prêt. Et je l'ai vraiment découvert à ce moment-là en fait. Euh j'étais tellement proche de lui, enfin j'avais enfin une adoration pour mon père et qui était voilà, il y avait quelque chose de très de très fusionnel.

Enfin, j'ai eu en fait j'ai eu une chance inouie et je le vois aujourd'hui moi parce que là où de l'endroit où je suis maintenant dans ce ministère, je vois le meilleur et aussi le pire de la nature humaine et je sais à quel point j'ai une chance mais incomparable et inoui d'être aimé. respecté par mes parents, guidé par eux. Et donc c'est vrai que la perte de mon papa, moi je l'ai accompagné jusqu'au bout.

J'étais présente au moment où il est parti et j'étais seule avec lui. Voilà comme des millions de gens. Il y a rien d'extraordinaire à ce que j'ai vécu, hein.

Des millions de gens l'ont vécu et des millions de gens continueront à le vivre et à l'expérimenter et et puis expérimenter cette part de solitude parce que ce soir-là, un moment, on se retrouve seul en fait, seul face à la perte parce que c'est au milieu de la nuit, parce que mon mari gardait ma petite fille et donc il pouvait pas laisser un bébé seul à la maison pour venir. J'ai une chance inouie parce que j'ai une de mes meilleures amies qui a débarqué à 3h du matin en me disant "Je te laisserai pas seule." Et c'est aussi à ce moment-là où j'ai expérimenté le fait qu'il y avait tellement de gens qui se confrontent à cette solitude là.

Parce que moi dans cette tragédie, parce que c'est une tragédie en fait de perdre la personne qu'on aime, euh j'ai en même temps une chance inouie d'être entouré. Euh et puis voilà, mon papa était quelqu'un qui a laissé une empreinte et j'ai eu tellement ensuite de de témoignage de d'amitié, d'affection, de gens qui parfois l'avaient juste croisé. Euh mais bon, il y avait une voix que beaucoup de Français connaissent mais au-delà d'une voix, c'était un caractère, c'était une culture.

Alors ton papa était comédien, il était comédien de théâtre mais il était aussi doubleur. Et pour les gens qui ne le savent peut-être pas, ton papa était la voix française de Silverster Stallone. Et puis il a une force incroyable parce que papa il s'est battu pendant de nombreux mois face au cancer.

Là aussi comme malheureusement trop de trop de français. Il est remonté sur scène. C'est incroyable.

C'est-àdire que moi je suis allée le chercher à l'hôpital parce qu'il était hospitalisé. Euh je il est allé au théâtre, il a répété l'après-midi, était seul sur scène euh pour dire Camu euh parce que c'était quelque chose qui était essentiel pour lui. Les gens qui étaient dans la salle ne savaient pas tous la situation dans laquelle il était.

C'est-à-dire que quelques minutes avant d'entrer sur scène, il avait un respirateur et donc et il a joué quoi, il a retrouver la scène qui était pour lui quelque chose d'essentiel et qui je pense d'ailleurs l'a l'a maintenu vraiment. Euh et puis après je l'ai ramené à l'hôpital. Euh il a d'ailleurs aussi continué à enregistrer, à doubler Stalone jusqu'au bout.

Et donc les derniers épisodes et cetera qu'on a pu voir, il les a tourné, enfin les a enregistré à l'hôpital. C'est c'est voilà, mais c'est aussi une je trouve une leçon de courage, de de de ténacité parce que en fait médicalement c'est impossible normalement de faire ça. Donc il y a parfois il y a des choses qui s'expliquent pas.

Parfois il y a quelque chose d'intime de de résilience, de courage, de ressort qu'on arrive à trouver au plus profond de nous. et et moi il m'a laissé ça. Bon, il m'a laissé beaucoup d'autres choses, un beau cadeau mais il m'a il m'a laissé ça.

Et donc oui, c'est vrai que je pense qu'on se remet jamais de la perte de quelqu'un qu'on a autant aimé. On apprend à vivre avec en fait, on apprend à à composer, on apprend à limiter parfois les moments où ça ressurgit. Mais c'est en nous et vraiment voilà au moment où il est parti c'était oui j' pensais que j'allais pas réussir et puis bon voilà la la force de ma famille de mon entourage de ma fille fait que fait qu'on tient en fait et et puis ben pour ma mère pour voilà mais ouais je pense que ça a été encore une fois c'est pas une épreuve extraordinaire dans le sens où tout le monde traverse un moment ce moment-là ça dépend du rapport qu'on a aussi évidemment avec les avec sa famille, avec ses proches.

Mais voilà, le fait de l'avoir accompagné, d'avoir été là, ouais, ça a été quelque chose de de très difficile. Est-ce que tu as le temps de regarder des séries ? Si la politique était une série Netflix, tu il y a quelque chose qui qui t'y ferait penser ?

Moi, quand je regarde une série, j'ai envie de regarder tout d'un coup. Euh ouais, exactement. Alors que bien justement qu'on prenne le temps et qu'on regarde un épisode de peut-être et puis éventuellement une semaine après et cetera et moi je ça j'arrive pas donc faut pas lui dire j'espère qu'il regardera pas cette partie là mais en fait parfois du coup euh quand il se trouve que je suis en déplacement ou qu'il est pas là et cetera, il peut m'arriver de finir une série sans lui sans lui dire comme ça.

Oh là là m'arriver mais du coup je je dis rien tu vois je je dis rien. Je je fais comme si tu dis rien. Ça veut dire que tu le revois avec lui.

Bah du coup parfois si vraiment ça lui a plu, qu'il a envie de voir et çache mais ouais mais parce que moi j'ai ça ça m'énerve en fait de pas savoir de pas avoir la fin de l'histoire de voilà donc quand il y a quelque chose qui pas trop à la maison quand même en fait. Donc ouais, je fais je voilà mais j'espère que du coup si tu étais une série il y en a une tu serais un personnage d'une série que tu aimerais là parce que non je suis pas sûr parce que les séries que j'ai aimé je suis pas sûr que personn je suis pas sûr mais en tout cas ou non je tu aimes tout ouais alors déjà je suis très éclectique dans mes goûts donc oui ooui je regarde beaucoup de séries qu'elles soi qu'elles soit française qu'elles soit américaine israélienne et puis bon la force aujourd'hui c'est justement qu'on regarde en fait peu importe de la provenance, peu importe de la nationalité, peu importe de la langue d'ailleurs, on regarde des choses qui sont de nature très très différente, même esthétiquement, des choses qui nous surprennent, coréennes autres auxquelles on s'attendait pas ou on s'attendrait pas et qui en fait alors que c'est des cultures totalement différentes, parfois même orthogonales à la nôtre et où en fait on voilà, il y a une esthétique, une qualité, un scénario, un dialogue, des comédiens aussi qu'on découvre. Et c'est ça qui est incroyable d'ailleurs, c'est que ça donne une chance inouie à permettre de voir soit quoi on avait pas accès auparavant.

Et c'est le cas aussi d'ailleurs pour les séries françaises avec des succès merveilleux pour des films. L'amourou est en train d'avoir une vie internationale aussi grâce à ça. Il y a beaucoup d'autres films aussi mais dans les personnages je suis pas sûre d'avoir envie de copier ceux que j'ai.

Oh laisse tomber les personnages. Laisse tomber. Est-ce que tu as un plaisir coupable de ministre après ?

Deux ministres ? Pourquoi de ministres ? Parce que dans fonction Oui.

Un snack, une émission, un compte Instagram que tu voudrais pas qu'on voit ou Ah non non, j'ai pas de faux compte. Non, c'est toi qui regarde. Est-ce que tu as compé sur Insta ?

Bah pas honteux. Kilo de maltéser ou je sais pas. Non, pour le coup mais il y a pas alors ou un truc un peu inavouable, un truc comme ça.

Alors en vrai, normalement nous avions en vrai dansie pas que tu dois dire quelque chose que je n'as jamais dit. Non mais sur sur les la question la question des bonbons puisque c'est ça la question qui est posée au hasard. Nous avions avant dans mon équipe quelqu'un qui pourvoyait à ça et puis qui a arrêté d'approvisionner la bonbonnière ce qui était un scandale parce que je pense que du coup il considérait qu'on venait trop souvent dans son bureau uniquement pour cette raisonlà.

Euh donc mais je pense qu'il faut que en effet je me réaffirme à mon autorité pour que ces bonbons réapparaissent dans dans l'équipe. Euh non après je vois beaucoup de Coca Zéro. Je suis pas sûr que ce soit un plaisir coupable.

C'est pas non plus honteux. Pas coupable. C'est pas très bon pour la santé mais c'est pas mais du coup ils m'en mettent partout.

Ils en laissent dans la voiture en permanence. Enfin il vient je pense que il y en a partout. Il y en a dans tous les frigos du ministère.

Il y en a dans la voiture. Boî à gant. Il y en a.

Ah ouais, pour le coup, je suis leur meilleure ambassadrice mais bon, ils sont produits en France he donc c'est pas si mal. Mais après, bon, on va pas parler, je sais pas si si c'est vraiment le bon argument gastronomique et culturel français, mais mais mais je vois pas de culpabilité particulière. Raison, tu as raison.

Je suis pareil. Alors, moi je voudrais te demander quelle est la chose la plus bizarre qu'un citoyen t'a dit en te reconnaissant dans la rue ? Alors, je mets de côté les les trucs un peu un peu agressifs.

Est-ce que ça pe euh Il y a eu deux trois déclarations d'amour. Ouais, ouais, ouais. Euh, ouais.

Il y a il y a aussi deux trois dingues, hein, parfois parce que c'est quand même un peu bizarre de faire ça, mais euh alors les vraies déclarations. Ah ouais, ouais, vraiment. Moi j'en ai eu de trois.

Ouais. Alors, c'est chouette et étrange. Bah, ça dépend les deux ça vient.

Oui, oui, oui, mais au-delà du physique et cetera, c'est quand même un peu étrange quoi. Oui, d'accord. Mais en général, ils font surtout toujours à chaque fois qu'il me voient, c'est la comparaison entre je vous ai vu à la télé, je vous vois en vrai.

Donc il y a ceux qui préfèrent la télé, il y a ceux qui préfèrent en vrai. Donc donc voilà. Effectivement, c'est bizarre.

Euh et ouais, il y a eu quand même deux trois déclarations. Ouais. Si on ouvre ton sac, Isabelle Farou a bien sûr d'ailleurs c'est le cas.

Voilà, je porte d'Isabelle Farou. Quand tu sors d'un conseil des ministres, qu'est-ce qu'on y trouve ? Il y a des choses un peu sont grenues, un peu bizarres ou bien c'est très classique si je vole les stylos.

Ah enfin je vole. C'est pas que je vole, c'est-à-dire que j'emprunte mais j'empreinte pour une durée assez indéterminée. D'accord.

Emprinte s'en rendre en fait. Je je bah je prends sur un bureau parce que je suis voilà, je l'ai utilisé donc je le mets dans mon sac. Bien sûr sans faire attention.

Bah je sais pas. Euh mais du coup, c'est vrai que quand j'ouvre mon sac, il y a beaucoup de stylés. Ça met le styu.

Non mais il y en a il y en a beaucoup. Enfin, ça n'a aucun sens. C'est le seul truc qui n'a aucun sens.

Après, c'est trucs normaux. Il y a un chargeur, il y a un labello, il y a des clés avec le petit portrait de ma fille. Enfin, des trucs assez basiques quoi.

Mais mais c'est vrai qu'il y a il y a beaucoup de stylos et je pense que ouais, j'ai un peu une kleptomanie des des stylos. Alors, j'imagine que dans ta fonction, tu dois rencontrer plein de personnalités. Est-ce que tu as réagi déjà comme une vraie fan devant quelqu'un de célèbre ou d'important et tu t'es dit bon ben je suis ministre mais je suis quand même je reste encore très impressionnée et très fan de Oui et je l'assume parce que j'entends Rican en coulisse parce que je sais qu'ils se sont moqués de moi au cabinet mais j'adore la Fabian donc je l'assume et je le dis et donc je vais la voir en concert régulièrement et là je l'ai enfin rencontré donc j'étais une adolescente face à elle parce parce que voilà, c'est quelqu'un que j'aime, c'est quelqu'un que j'écoute, c'est quelqu'un que je suis allée voir en concert.

Mes parents du coup ont dû à venir en concert avec moi quand j'avais pas l'âge, j' toute seule. J'ai toujours réussi à embarquer une ou deux copines avec moi et c'était le cas encore sur son dernier concert à la Cor Arena. Et donc là, je l'ai vu en coulisse et donc voilà.

Donc j'étais très très ému de la de l'avoir. Donc voilà. Et en plus elle est très sympa.

Oui, mais ouais, en plus elle est adorable. Mais euh mais je pense que en fait c'est toujours le rapport qu'on a de gens qu'on a euh tellement respecté et aimé dans l'enfance et dans l'adolescence. Et ces gens, on les voit pour la première fois de notre vie euh autrement que derrière un écran de télévision, euh dans un concert mais où on est juste dans le public.

Et donc tout d'un coup, oui, il y a quelque chose d'impressionnant parce que il y a un voilà c'est la force aussi des artistes. C'est-à-dire que en fait il y a un lien un peu invisible mais qui nous lie à des gens euh dont on aime et dont on respecte le travail euh et qu'on a suivi pendant des années. Pas que c'estàd qu' il correspondent à une période de qui t'ont accompagné et en fait tu as grandi avec eux et il y a une proximité.

Exement. Ouais. Ouais.

Et et c'est vrai et j'ai sans doute rencontré je dire des gens bien plus connus encore qu'elle l'an dernier. J'ai rencontré Nicole Kidman enfin j'ai rencontré Sel enfin des gens qui qui sont elles sont exceptionnelles et pour moi la grande comédienne au monde mais il y avait ça peut paraître fou mais il y avait un rapport en effet à l'enfance et et l'adolescence avec Lara et du coup il y avait quelque chose de de différent donc juste la voilà moi ça m'a ému en fait. Quel est le chanteur ou la chanteuse que tu as écouté le plus de toute ta vie ?

C'est-à-dire que si on fait la somme vraiment de en durée, tu te dis vraiment euh lui ou elle, je l'ai écouté mais non stop nonstop. Ah est-ce que c'est celle que j'ai le plus écouté de toute ma vie ? Non.

En fait, mon enfance ce qui passait le plus souvent à la maison, c'était Sinatra et de très loin. Dine Martine un peu mais surtout Sinatra parce que c'était l'idole absolue de mon peur. Donc, je pense qu'il y a pas un weekend euh où on n' pas écouté Sinatra.

Alors connaître tout le répertoire de Sinatra, c'est très prétentieux parce qu'il est beaucoup trop large mais et puis il y a Satra Noël et enfin il y a donc je pense que le volume d'écoute euh a été tel dans mon enfance et mon adolescence et puis à chaque Noël où j'avais chez mes parents à chaque weekend que c'est sans doute celui que j'ai le que j'ai le plus entendu écouté. Euh et aujourd'hui, on a des choix qui sont très très éclectiques parce que on a des enfants de 3 8 et 10 ans parce que j'ai un marie qui écoute de tout, beaucoup de rap d'ailleurs, enfin donc c'est plus large palette est beaucoup plus large que ce que j'avais à la maison. Bien culture musicale très c'est bien c'est bien.

Ben ma fille a rencontré Gims il y a peu de temps et elle chante ses chansons. 3 ans et demi. Ah ben oui bien sûr.

Mais parce que ses grandes sœurs à 8 et 10 ans chantent et donc du coup on les met à la maison et donc du coup c'est quand même assez marrant d'entendre ma fille chanter des chansons comme Ciel ou parisienne. Euh donc il y a des mots qui sont plutôt mignon ça. Ouais c'est assez marrant.

C'est assez marrant honnêtement d'avoir une toute petite qui chante ça. On revient à la personne derrière la ministre. Ton ministère touche à des réalités qui sont assez dures, assez lourdes, que ce soit les violences faites aux femmes, l'antisémitisme, les discriminations.

Euh tu es député depuis plusieurs mandats, tu as été présidente de groupe à l'Assemblée. Donc ce sont des postes qui sont très exposés. Euh ce sont des sujets surtout qui divisent, qui exposent, qui souvent fatiguent parce qu'ils sont récurrent tout en étant essentiel à la société.

Euh on te reconnaît une force de travail incroyable, c'estàd que tu as absolument pas peur de la confrontation. Tu es extrêmement courageuse et quand tu veux défendre des valeurs que tu estimes justes, tu y vas. Ma question est de savoir comment tu fais pour t'endurcir un petit peu ou ne pas t'endurcir complètement parce que est-ce qu'il y a une part de toi qui est devenue plus dure depuis que tu fais de la politique ?

Je pense que je me suis pas endurcie du fait du ministère ou du fait des sujets. Je pense que je me suis endurcie parce qu'en fait en politique à un moment il y a un peu cette nécessité là de se dire qu'il y a des choses qui doivent glisser. Euh et c'est quand même enfin c'est pas un métier, c'est une fonction et c'est quelque chose qui est à part en fait de tout le reste des fonctions qu'on peut occuper dans une vie.

La première fois que je me suis présentée en 2014, c'était municipal. La première fois quand même où tu prends ton pot de colle et où tu colles une affiche avec ta photo, ta photo, c'est quand même un truc bizarre en fait, sauf à avoir déjà à ce moment-là un ego totalement surdimensionné, il y a quand même un truc un rapport à à soi qui est qui est étrange de se dire "Bah voilà, ma photo, elle va être partout dans la ville et cetera." À l'époque, c'était une petite commune de 10000 habitants en plus. savait la ville elle toujours été communiste très à gauche qui avait objectivement peu de chance que voilà oui oui bah ambitieux ou alors c'était aussi je voilà assumer de de dire que les les villes les plus accessibles n'étaient pas forcément celles qu'on donnait tout de suite ce qui est normal une forme de parcours aussi d'initiation évidemment donc il faut à un moment s'endurcir aussi par rapport justement au rejet qui peut su qu'on peut susciter c'est-à-dire que typiquement en 2014 j'ai perdu j'ai perdu et en fait je pense que c'est un bien d'avoir perdu parce que ça m'a permis de comprendre que perdre c'était pas en fait grave.

On s'en relève, on s'en relève. Si on veut s'en relever, on s'en relève. gens qui peuvent perdre une fois, ils disent "Bon mais en fait c'est trop dur, je suis pas faite pour ça, je suis pas fait pour ça, j'arrête parce que j'arriverai pas à encaisser la dureté d'une nouvelle campagne, de l'épreuve que ça suppose de du temps parce qu'on donne tout de soi dans une campagne et si en plus c'est pour perdre, c'est trop difficile." Mais il faut comprendre que si on perd peut-être parce que c'est peut-être pas le bon moment, parce qu'on a pas été suffisamment bon aussi, il faut aussi entendre ça.

Euh et que c'est pas pour autant qu'on nous rejette nous-même. les gens, ils ont pas voté pour contre qui je suis. À un moment, ils ont préféré peut-être quelqu'un d'autre, préféré un autre projet et cetera.

Et ça m'a appris ça. Mais il faut quand même à un moment, je pense assumer euh je sais pas si c'est sans durcir le bon terme, mais en tout cas assumer que ça glisse et assumer aussi que c'est pas grave. Parce que si je regarde tous les jours les commentaires sur les réseaux sociaux, les réactions que ça peut susciter euh et que ça me touche et que ça me blesse à chaque fois, bah en fait on continue pas, ça marche pas.

Et par contre après l'empathie, ça s'apprend pas. Enfin, c'est pas vrai. Pas par hasard à ce passé là.

Oui, mais je pense que l'empathie, elle est nécessaire en politique. L'empathie, c'est juste la capacité à écouter l'autre. C'est la capacité à comprendre ce que l'autre est en train de traverser et de pas y être insensible. et au contraire à un moment de de l'accompagner, de le soutenir.

Donc moi, c'est sûr que quand la semaine dernière je visite un hébergement d'urgence pour des femmes victime de violence euh et qu'il y a une dame qui pleure dans mes bras parce que on parle et on parle, il y a pas de caméra, il y a pas de journaliste, on est juste entre nous et elle me confie ce qu'elle a vécu, ce qu'elle a traversé et ce que je leur dis à chaque fois le courage qui leur a fallu pour partir. Je sais pas si les gens mesurent en fait mesurent le courage qu'il faut pour avoir réussi un moment à dire stop, réussi à partir. Et c'est pour ça que moi à chaque fois je dis à ces femmes, est-ce que vous êtes fier de vous ?

Parce que vous devez être fier de vous et de ce que vous avez voilà réussi à à affronter et le fait d'avoir réussi à partir et en fait spontanément jamais elles me disent oui parce que pour elle il y a pas de fierté à ça. Mais si c'est une immense fierté d'avoir réussi à partir. Donc l'empathie ça s'apprend pas. la sincérité, ça s'apprend pas.

Je pense que ça se voit euh et que les Français savent faire la part des choses justement entre ceux qui en sont dotés parce que ça leur a été transmis, parce que c'est leur caractère et ceux qui en manquent ou qui font semblant. Euh, est-ce queil y a une phrase improbable que tu as déjà prononcé dans un bureau officiel et que tu regrettes de pas avoir enregistré ? Avant, il y avait juste des interviews, il fallait faire attention à ce qu'on disait en interview, la manière avec laquelle ça pouvait être interprété ou pas.

Maintenant, en fait, quand tu fais tes courses, euh tu sais qu'il y a n'importe qui qui peut sortir un téléphone portable euh et qui peut à un moment euh vouloir filmer une situation, voler un moment qui lui appartient pas en fait et puis le détourner parce qu'en général même des gens qui sont pas forcément en soutien, il y a de la bienveillance et cetera. Et je fais mes courses, c'est le lundi de pages, il y a ma fille il y a plus d'un an, et ma fille dans le cad et cetera. que je suis à la caisse en train de voilà de sortir les produits pour aller payer.

La dame juste avant moi, c'était une femme, commence à hurler et à m'insulter. Ça raison à hurler. Mais j'étais juste en train de payer mes courses un lundi de pâ quoi.

Hurler et m'insulter. Euh et donc là en fait déjà tout de suite faut rester calme parce qu'on sait jamais comment la situation peut dérouiller. Et surtout il y a ma fille, c'est ce que je lui dis.

Je dis écoutez madame, c'est pas le lieu, c'est pas le moment et là je suis avec ma petite fille. Donc de toute façon ce que vous faites c'est inacceptable. là l' amplifié de toute façon votre fille est trop petite elle peut pas comprendre ce que je suis en train de raconter si elle comprend que vous hurlez elle comprend que vous jurez sur sa maman donc maintenant vous allez arrêter et là à ce moment-là il y a tu fais tu fais gaffe en disant si jamais il y a quelqu'un qui filme à ce moment-là que moi juste dans l'emportement parce que on ose m'insulter devant ma fille qui du coup prend peur il y aura pas un avant il y aura pas un après et puis il y a juste les 10 secondes où moi je m'emporte et je m'énerve face à elle commencer à interpréter Et ça c'est insupportable.

Mais pour le coup, je je fais vraiment attention à ça parce que je sais trop comment ensuite ça peut être interpréter, monter en épingle, détourner même en interview. Maintenant, je me dis si jamais pas le journaliste en la journaliste en face de moi, tu vois pas là tout de suite maintenant, mais si moi dans ce podcast juste à un moment on isole mais bam 10 secondes 15 secondes, comment elles peuvent être interprétées si c'est totalement hors contexte ? Et donc ça en fait, il faut en permanence y penser.

Donc c'est vrai que je pense que j'ai ça vraiment branché en moi en permanenceé. Mais en même temps, oui, je je évidemment et encore heureux, mais je pense qu'il y a quand même ce truc où tu dois en permanence, quel que soit la situation, même dans des moments qui sont plus personnels euh faire quand même attention et et ça c'est quand même quelque chose et forme d'injonction que la vie politique n'avait pas il y a il y a 20 ans ou même il y a encore 10 ans. Euh et puis la rapidité et puis la manière avec laquelle tout est amplifié, tout peut être déformé, la viralité.

Donc donc bourde, j'espère pas sincèrement mais je pense que parce que moi j'ai en moins quand même ce truc de contrôle. Il faut quand même toujours contrôler et de responsabilité. Ouais. de responsabilité.

Puis parce que j'ai pas envie que ça donne de moi l'image de quelqu'un que je suis pas. Donc je pense que j'ai bien intégré ça. Ça oblige.

Du coup ouais. Moi, je me souviens d'une situation parce que c'est vraiment la seule fois que ça m'est arrivé là où je vis et là où je suis élue. Quel est le mensonge le plus drôle que tu as inventé ou que tu as déjà donné pour ne pas aller à un événement officiel ?

Je suis sûre que ça dû t'arriver, c'est certain. Officiellement, officiellement non. Non, officiellement non.

Non. Officiellement non. Non, il a pu m'arriver par totale inadvertance évidemment et de manière totalement inconsciente de de dire que j'étais pas disponible à un moment où peut-être j'étais disponible et j'aurais pu.

C'est vrai, ça peut arriver en même temps. Mais par inadvert, mais vraiment je m'en souviens pas. Alors, sans fausse modistique, quelle est la chose dont tu es la plus fière dans ton parcours ?

Vraiment ? Voilà. Ma fille.

Oui oui, c'est un peu facile mais je pensais je pensais plus mais oui mais il y a de quoi vraiment très largement être fier. Je suis d'accord. C'est ce qui est le plus important.

C'est vrai. Et voilà de puis de ce qu'elle sera quoi qu'il arrive. En quoi être une femme rend ce poste plus compliqué mais aussi parfois plus simple.

Quand on projette le pouvoir, on ne projette pas sur une femme encore aujourd'hui. Bien sûr faut être lucide. un homme qui euh dit au détour d'une interview euh "J'ai de l'ambition, euh c'est normal" et il est déjà président de la République dans la tête des gens.

Une femme qui dit "Au détour d'une interview "J'ai de l'ambition". Euh bah en fait, soit on le remarque pas, soit à l'inverse on dit "C'est excessif encore aujourd'hui." Mais bien sûr, encore aujourd'hui, je pense qu'il faut être totalement lucide.

Je pense que les Françaises sont prêts. Je pense que les Françaises sont prêts parce qu'ils voi bien que la compétence, elle a pas de genre, elle a pas de sexe et qu'il y a plein d'exemples à l'étranger qu'on qu'on aime ou pas les projets politiques qui sont portés, mais qui démontrent qu'à un moment l'autorité, le pouvoir, la capacité à l'exercer, ça dépend pas et encore heureux évidemment du sexe de la personne. Je pense que spontanément euh si tu demandes même à des enfants de 10 ans dire dessinez-moi la personne juste dire la personne qui demain dirigera le pays sans même dire le mot président ou présidente pour pas genrer, je pense que spontanément il m' un homme.

Donc je pense qu'il y a encore quelque chose du rapport au pouvoir, du rapport à l'autorité. Ça se voit sur le rapport à la maternité. Spontanément, moi j'ai pas difficulté par exemple à parler de ma fille parce que j'en suis fière et parce que je l'aime perdument et cetera.

Bien les hommes politiques Oui, mais je pense que un homme politique ne répondrait pas ça euh pour le coup et je pense qu'on l'interrogerait aussi beaucoup moins dessus alors que nous plus spontanément ça paraît logique quand dans nos parcours de de parler aussi de de nos vies plus personnelles, plus intime de la maternité politique qui a eu des enfants, on va dire alors votre paternité vous l'avez vécu comment ? J'ai jamais vu cette question posée. Jamais.

Mais il y a des moments où c'est plus simple quand même aussi d'être une femme quand même. Plus simple ? Non, je crois pas.

Non, c'est vraiment euh Non, mais c'est pas ça veut pas dire Non, mais ça veut pas dire que c'est plus compliqué d'être une femme que d'être un homme. Ça veut juste dire qu'il faut être lucide sur le fait que spontanément le pouvoir n'est pas vécu comme une qualité naturelle euh aussi des femmes. Donc ça veut dire qu'il faut quand même être lucide là-dessus et qu'il faut bah sans doute en faire plus faire plus ces preuves.

On sait que la voilà l'erreur, la faute de cart, la bour don que tu évoquais, à un moment, elle est moins facilement pardonnable. La la fragilité. Et moi, ça m'est arrivé ça m'est arrivé une fois de craquer physiquement dans dans l'hémicycle et et c'est la potentiellement la pire faute en politique de craquer, de montrer de la faiblesse, de montrer de la vulnérabilité.

Moi, je crois pas. que je pense qu'à un moment c'est juste la sincérité et que ça arrive et qu'on reste humain et qu'on le démontre et que c'est plutôt rassurant. Mais on nous apprend plutôt l'inverse.

On nous dit justement il faut se sentir de la force. On n'a pas envie d'être dans le cliché d'une femme qui pleure. Donc c'est lutter contre ça.

Exactement. Exactement. Et du coup, je je crois que il y a pas d'avantage à être l'un ou l'autre, mais il y a juste un peu de clairvoyance sur le fait que la la projection du pouvoir, elle se fait encore plus naturellement sur un homme que sur une femme.

Et donc ça veut dire que quand nous nous sommes des femmes de pouvoir, parce que c'est le cas, on est membre d'un gouvernement, qu'on a accès à la parole publique, on est des femmes de pouvoir et ça veut dire que dans la manière avec laquelle on l'exerce, il faut que ce soit impeccable. Il faut qu'il y ait jamais de doute. Ouais, je pense.

Mais il faut en tout cas qu'il y ait jamais de doute sur la légitimité, jamais de doute sur la crédibilité. Euh et ça, je pense que c'est absolument essentiel vraiment parce que je pense qu'on nous pardonne moins. Ça oblige à être beaucoup plus vigilant et à fournir plus.

Oui, mais je pense mais je pense que la plupart des femmes aussi dans leur parcours professionnel le disent. Oui, je crois pas avoir déjà rencontré une femme qui m'a pas dit qu'à un moment elle a elle a dû faire plus ou elle a dû prouver plus. Euh et ça veut pas dire que le collègue qui était à côté d'elle est témoin juste juste qu'à un moment il a fallu démontrer euh voilà démontrer démontrer plus et je pense que ça c'est quand même assez essentiel en tout cas qu'on l'a tout intériorisé.

Est-ce qu'il y a une idée, une conviction, un principe sur lequel tu as changé d'avis avec le temps ? On n'est pas une époque qui invite beaucoup à la nuance. Ça c'est d'ailleurs un vrai sujet.

On a besoin en permanence d'avoir des opinions très marquées, très clivées, très tranchées. Il y a des sujets sur lesquels parfois c'est difficile en fait de réussir à avoir une opinion totalement faite et en se disant dans 20 ans, dans 30 ans, je dirais exactement les même choses. Il y a des valeurs sur lesquelles je sais qu'elles sont tellement cardinales pour moi que je je n'en changerai jamais.

Et par exemple, là on est en plein débat sur la question de la fin de vie. Moi, j'ai toujours dit que j'avais des réserves, mais je peux pas dire que dans 10 ans, dans 15 ans, je dirais une chose, je ne sais pas. Je pense qu'il y a des sujets qui dépendent tellement de de la vie personnelle intime, d'un cheminement euh que tout n'est pas intangible.

Donc aujourd'hui, j'ai des réserves très claires et et si j'étais députée euh sans doute que je voterai pas ce texte ou en l'état du texte en tout cas euh parce que j'ai peur de ce que ça pourrait entraîner, des conséquences que ça pourrait avoir, même si je respecte pour le coup totalement et très sincèrement ceux qui ont un avis différent du mien et que je pense que c'est un sujet sur lequel il faut qu'on accepte de la nuance. Il faut qu'on accepte justement qu'il y ait des désaccords euh parce que c'est un un moment Oui, c'est intime profondément. Euh et moi c'est d'ailleurs pas du tout un rapport à la la religion.

Pour certains ça peut l'être. Moi c'est pas mon cas. Euh et parfois on a enfin il faut qu'on accepte que l'intransigence on peut pas l'avoir en permanence.

L'intransigence, on doit l'avoir sur des principes, sur des éléments de valeur, la manière avec laquelle on on avance ensemble dans un pays, mais on peut pas l'avoir sur des sujets qui sont d'un autre ressort. Ça c'est pour moi d'un autre ressort. Donc c'est pour ça quand tu dis est-ce que tu évolues ?

Enfin, typiquement sur ces questions là, j'évolue parce que je j'ai envie en fait d'être perméable à ce que des gens puissent me convaincre ou non du me faire évoluer. Pas parce que je veux adhérer au projet, mais parce que dans tous les cas, je veux continuer à être à l'écoute. Je veux continuer à être à l'écoute.

Je veux comprendre et et je pense que de toute façon, quel que soit là l'issue dans les prochaines semaines, il y aura sans doute d'autres débats, d'autres questionnements de ce type. et et que ça là-dessus, je pense qu'on peut pas en moi, j'ai envie ceux qui ont des convictions absolues qui disent "C'est comme ça, il doute pas et mais non, moi je doute et je pense qu'en fait c'est plutôt ça de douter notamment sur ces sujets-l. Quelle est la personne qui t'a le plus déçu et pourquoi En politique, il faut assum enfin j'ai à la fois des amis vraiment très sincères.

Amis dans le sens où je sais que quel que soit notre parcours et notre cheminement politique, même des désaccords politiques profonds qu'on pourrait avoir dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans, ça restera et c'est immuable. Ça, j'en suis j'en suis persuée. Après, oui, je pense sans donner de nom d'ailleurs, mais je pense qu'on a tous un moment des déceptions, des gens sur lesquels on s'est dit voilà c'est un rock, je pourrais m'accrocher à lui, je pourrais m'accrocher à elle et ça bougera pas et ça restera pour toute la vie.

Et puis on voit que bah dans les moments où c'est plus difficile, dans les moments où on est moins visible, bah étonnamment bah ils sont moins là. Mais ça fait le tr piquer le stylo. Je peux plus leur piquer leurs au contraire, si je les recrois, je leur piquerai leurs mais je et ça on le voit en fait.

C'està-dire que je pense que tout le monde qui a vécu une épreuve de vie personnelle, intime, familiale, professionnel, un act n'importe quoi, c'est un test en fait qui reste et qui part. Et en même temps, parfois tu as des gens, il y a des bonnes surprises aussi. Tu ne pensais pas qu'il serait là ?

Oui. Oui, il y a toujours des bon, il y a les deux. Et et typiquement en politique, il y a pas de parcours linéaire en politique, ça n'existe pas.

Il y a toujours des moments où où c'est plus difficile. Il y a toujours des moments à un moment tu es tu es dans un creux où on a moins envie de toi, on a moins envie de te faire parler, on a moins envie de t'inviter, où tu peux perdre une élection, une défaite. Et les moments, enfin ces moments-là, ils sont à la fois structur que tu veux faire et si tu es prêt à continuer malgré justement le le creux.

En fait, la politique, c'est plutôt que de gérer les hauts, c'est d'arriver à gérer les bas. C'est vrai parce que c'est en sachant et en apprenant à gérer les bas qu'on sait si on est vraiment fait pour ça et si on est vraiment capable de continuer. Mais dans ces bas là, bah l'avantage c'est que ça permet de faire le truc.

Est-ce que tu aurais aimé vivre avec toi-même ? Non mais il y a des moments où je m'agace, ça c'est où je m'agace moi-même, ça c'est sûr. Parce que j'ai des réactions que je trouve parfois excessiva me dire "OK, ne t'emmêle pas, ne t'emmêle pas, ne t'emmêle pas" et vraiment ne pas m'emmêler.

Et en fait, j'y arrive pas parce que je je veux quand même faire et je veux quand même aller au bout et ou quelque part, je me mets en danger un peu inutilement parce que je m'implique trop dans des sujets qui méritent pas forcément que je m'implique. Donc ça ça m'agace terriblement mais j'arrive pas à à ne pas y aller, à ne pas le faire. Donc ça c'est vraiment des moments, je les vois arriver en plus, tu sais, je dis surtout ne le fais pas vraiment ne le fais pas.

N'écris pas ça, ne dis pas ça, tiens-toi, ça va bien se passer. Et en fait ça, je trouve ça tellement insupportable qu'à un moment, bon bah écoutez, tant pis, je vais quand même le dire et je devrais pas. J'en suis totalement totalement consciente.

Mais ça ne fait pas de toi quelqu'un d'infréquentable ? Non, infréquentable, non, je pense pas, heureusement. Non, non, je suis pas infréquentable.

Non, non, je je suis vraiment fréquentable. Heureusement, si tu pouvais passer 2 heures à déjeuner avec quelqu'un, une personne réelle ou imaginaire, quelqu'un que tu n'as pas encore rencontré, vivante ou ayant existé, tu choisirais qui ? Mon père.

Ouais. Ouais. Ça sans sans hésiter.

Ouais, je comprends. Sans hésiter. Quel est ton premier achat coup de cœur ?

Celui que tu as investi avec ton premier argent, ton premier salaire, c'était quoi ? OK. Alors parce que je pensais mon premier chat, la première fois que j'ai eu des sous un peu d'argent de poche pour le coup ça j'ai pas doute.

C'est la Fnac, c'est les dis et cetera. Quand j'ai commencé à bosser, mes premiers sous, qu'est-ce que j'en ai fait ? Euh je sais pas, je gagnais pas hyper bien ma vie quand j'ai commencé.

Euh dis après la voiture, c'est parce que j'avais une petite C1 rouge pétante et parce que ma grand-mère m'avait aidé à acheter ma petite voiture. Donc ça oui. Mon premier achat vraiment structurant, c'est ma première voiture.

Euh donc c'est ma petite c'est un rouge parce que je voulais qu'elle soit rouge. Euh donc j'étais très fière de cette voiture là et ma grand-mère m'avait m'avait aidé à à la financer. Donc oui et ouais, je pense que c'est ça.

Je pense que c'est ça la c'est la bonne réponse. Mais en tout cas, ouais, c'est le premier achat qui m'a marqué parce que c'était un achat qui était très conséquent pour moi dans à ce moment-là de ma vie et qui était très utile surtout. Euh donc oui, si tu pouvais rencontrer celle que tu étais quand tu avais 20 ans et lui donner un seul conseil, une mise en garde ou quelque chose à éviter ou à faire différemment, tu lui dirais quoi ? que je dirais euh euh je pense qu'elle est pas si différente de celle d'aujourd'hui, mais que celle d'aujourd'hui, elle est plus apaisée, ce qui est normal parce qu'on n'est pas la même à 20 ans et à 39 ans.

Parce qu'à 20 ans, il y a en fait, on a tout à construire en même temps. Euh il y a les études et la projection sur la vie professionnelle qu'on va avoir et la pression que ça génère. Il y a le fait que on quitte le cocon familial et qu'à un moment on va vivre seul ou on va vivre en couple.

Donc en fait, il y a tout dans le même moment à cet âge là. Donc c'est à la fois l'âge merveilleux et c'est l'âge le plus un des âges les plus difficiles en fait parce que on a l'impression qu'il y a une injonction à tout réussir tout de suite. Maintenant ça va être qui les amis pour la vie ?

Ça va être qui personne avec laquelle peut-être on va rester 1 an, 2 ans, 10 ans, 20 ans ? Ça va être quoi ma vie professionnelle ? Et si je rate là ma première ma deuxième année, est-ce que ma vie s'écroule ?

Donc je pense que ça il y a comment on arrive à à faire face en fait à ce flow de question qu'on a. Et aujourd'hui forcément bah déjà tu recules et puis j' hiérarchise quand même, je priorise, je je vois ce qui est important, ce qui est moins, ce qui mérite d'être traité pas et et beaucoup plus apaisé que je l'étais. Je pense que donc tu lui dirais quoi ?

Euh bah je lui dirais que ça va bien se passer en fait. Je lui dirais que rassuré. Ouais, je pense que je la rassurerais.

Je dirais que qu'il y a des choses qu'elle va prendre très au sérieux et qui en fait sont pas graves parce que au moment où elle va les vivre, elle va avoir l'impression que la la terre s'effondre sous ses pieds et en fait, elle va avoir finalement, on arrive à recoller les morceaux euh et surtout qu'on arrive à à continuer à avancer et que le chemin tout linéaire qu'on avait imaginé, tout rectiline, tout droit, c'est pas celui qu'elle va prendre. Mais c'est pas grave parce qu'à un moment on arrive à avoir des chemins de traverse mais qui nous ramènent au bon endroit. Qui nous ramène, j'en suis persuadée au bon endroit.

Celui à un moment qu'on on avait décidé si on perd pas de vue en fait son rêve, si on perd pas de vue son objectif, si on perd pas de vue qui on est, je pense qu'on arrive toujours à un moment à se réaligner. Faut être bien accompagné aussi, il faut de la persévérance, faut de la résilience, puncité, faut plein de choses. Mais voilà, lui dire à un moment t'inquiète pas, la route elle va à nouveau s'ouvrir et puis bien s'aligner.

Et si tu quittais la politique demain, tu ferais un métier engagé ou bien tu reviendrais à ta première idée, celle de scénariste ? Alors bon, j'ai pas l'intention de la quitter tout de suite et puis je pense qu'on a C'est gentil. Euh non parce que je pense qu'on a des défis qui sont quand même trop importants pour se dire que on abandonne.

C'est pas maintenant qu'il faudrait abandonner en fait. Je pense maintenant ça veut dire que tu imagines faire de la politique toute ta vie. Non non parce que je pense qu'il faut plus raisonner comme ça.

Je pense que c'est une erreur en fait. Déjà quel français raisonne comme ça ? Quel français se dit pendant 30 ans, je vais faire la même chose ?

Personne. Personne parce que c'est difficile, parce que c'est impossible ou parce qu'on en a plus envie. Euh on n'est pas au même poste pendant 30 ans, on est rarement dans la même entreprise pendant 30 ans, on est vraiment dans la même ville pendant 30 ans.

Euh on bouge, on déménage, on a des vies personnelles, on a des familles composées, décomposées, recomposées, enfin c'est la vie qui est comme ça aujourd'hui. C'est pas linéaire. Euh donc non, moi je je pense que et puis l'énergie qu'on met à durer, à durer, à durer, ben en fait, on la met plus à prendre des risques, on la met plus à dire des choses, on la met plus à faire parce que pour durer parfois, il vaut mieux pas trop en dire, pas trop en faire. se planquer un peu, se cacher un peu et c'est pas du tout mon tempérament.

Je je moi j'ai toujours pensé justement que comme c'était un destin qui par la force des choses pouvait être très court, il fallait aussi qu'il soit très intense et très intense sur ce qu'on était capable d'en retirer, d'en faire, d'en produire. Mais est-ce que ça peut s'arrêter du jour au lendemain ? encore plus maintenant au niveau d'incertitude politique et parlementaire qu'on a mais mais c'est pareil dans beaucoup de métiers où tout d'un coup on a une exposition parfois on a mis 30 ans 40 ans avant qu'enfin euh on nous donne un micro enf c'est la vie mais au moment où on l' bah il faut en tirer tout ce qu'on peut en tirer et et quand on fait de la politique c'est pas que pour soi c'est pour les autres moment chaque semaine chaque mois est-ce qu'il y a quelque chose de supplémentaire qu'on peut réussir à faire donc je pense que l'heure est pas est pas du tout à l'abandon Et après, c'est vrai que moi, il y a toujours eu ce enfin ce rapport à l'écriture.

Moi, j'aime écrire. Euh et l'idée d'être scénariste, oui, parce que je trouve que c'est un métier qui est exceptionnel, la capacité à créer des imaginaires, à les ouvrir, à à à raconter aussi le à la fois le monde tel qu'il est, le monde tel qu'on aimerait qu'il soit. Enfin, je trouve que c'est c'est l'expérience du ministre pourrait vraiment enrichir peut-être, je sais pas.

Il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites et parfois il y a des scénarios dont on pensait qu'il ne se produirait pas et qui se produisent dans la vraie vie. Donc je pense qu'on a donné beaucoup de mal en fait au scénariste ces derniers mois et ces dernières années parce qu'on leur a piqué beaucoup d'intentions peut-être d'écriture qu'ils avaient et que la réalité a pour le coup vraiment dépassé euh dépassé la fiction. Donc on a peut-être un peu restreint leur champ, mais on a des scénaristes très talentueux en France, donc ils vont trouver encore je pense.

Alors, si on avait une baguette magique et qu'un génie apparaissait, euh ce génie te propose de faire un seul vœu. Tu peux changer ce que tu veux, tu n'as droit qu'à un seul vœu. Qu'est-ce que tu aimerais changer d'ordre général ?

Bah, je vais peut-être quand même repartir moi de du ministère. Dans ces cas-là, je pense que le la plus grande difficulté, le plus grand fléau, c'est l'indifférence. Donc si j'avais un vœu, c'est que les gens soient pas indifférents.

Soit pas indifférent la souffrance de l'autre soit pas indifférent, la douleur de l'autre soit pas indifférent même quand ça ne les concerne pas eux-même. C'est ça normalement la force de notre pays. C'est on parle d'universalisme et ce qu'on essaie de de continuer à transmettre compris au des générations plus jeunes qui parfois perdent peut-être de vue ces valeursl parce qu'elles leur sont peut-être moins expliquées, elles sont peut-être moins comprises, elles ont l'air peut-être un peu obsolètes, elles le sont pas.

C'est ça en fait l'universaliste, c'est de se dire que c'est pas parce qu'on vit pas dans sa chair quelque chose que pour autant on n'est pas concerné par l'autre. Et donc s'il y avait un vœu parce que je pense qu'en fait ça résoutait beaucoup des crises et beaucoup des sujets, beaucoup des des violences, des haines, des des souffrances par lesquelles on passe. C'est ça.

C'est pas détourner le regard, pas se dire ça me concerne pas, se sentir concerné, se sentir impliqué et donc ne jamais être indifférent. marge dans la vie aussi hein. Oui, ça marche dans la vie aussi dépendamment du ministère.

Donc du coup dans 10 ans, tu te vois où ? Ah, on me voit où ? Bah ça c'est au français de répondre.

C'est pas à moi de répondre. Ouais, mais enfin tu avais le choix. Déjà, j'ai envie de continuer à faire de la politique, ça c'est certain.

J'ai envie de continuer à m'engager. J'ai envie de continuer, voilà, à franchir d'autres étapes. J'ai envie de continuer à faire.

J'ai envie qu'on me fasse confiance. J'ai envie d'avancer, j'ai envie de grandir, j'ai j'ai envie d'être à un endroit où on peut continuer à prendre des décisions. Moi, c'est quelque chose qui m'a toujours obsédé, c'est à quel endroit j'ai de l'impact, à quel endroit ça compte, à quel endroit c'est utile.

Et et tant que je serais persuadée que j'ai de l'impact, bah je continuerai à faire le jour où j'ai l'impression qu'en fait je m'épuise, qu'on m'écoute plus, que ça sert plus, bah ce sera le bon moment sans doute pour faire autre chose. pour l'instant et sur des sujets qui sont je crois importants, j'ai l'impression en tout cas de tout faire pour avoir de l'impact. Après, est-ce que j'en ai ça c'est voilà aux gens de le dire ?

Je pense en avoir un peu. En tout cas, j'essaie de tout faire pour que ce soit le cas. Et pour finir, la question finale vraiment et pour terminer, après avoir écouté ce podcast, qu'est-ce que tu aimerais qu'on pense de toi ?

J'espère que ils sentent la sincérité qui est la mienne dans manière avec laquelle je réponds, dans la vie qui est la mienne. Donc ça, j'espère que ça se ressent parce que ça la sincérité ça se voit pas, ça se ressent. Donc ça oui.

Euh et puis les combats, il y a des combats qui m'animent et et on a besoin en fait d'avoir des combats dans une vie. On est on est tiré par ça, on est porté par ça. Donc j'espère qu'il se disent "OK, il y a quelque chose en elle qui fait que euh elle est pas insensible et qu'elle porte des combats et puis qu'en plus on a l'impression qu'elle y croit, qu'elle y croit vraiment et qu'elle essaie de faire du mieux possible pour que ça avance." Donc si déjà il se dit ça, c'est pas mal. et qui retiennent pas trop que je suis clapptomane de stylo.

Je pense pas qu'ils vont retourner mais je dis c'est voilà regarde moi en tout cas je suis sûre qu'on a retenu ta détermination ta sincérité et surtout ton empathie et il y a une notion qu'on oublie je pense souvent c'est le courage le courage dans tes coup merci beaucoup accepter mon invitation et à bientôt à bientôt à bientôt No.