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interviewyoutube.com· 29 octobre 2025 23 min

Taxe Zucman, Nicolas Sarkozy, élection présidentielle... l'interview de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Et notre invité ce soir, c'est Xavier Bertrand. Bonsoir Xavier Bertrand, président LR de la région des Hauts-de-France. Vous venez de publier cet ouvrage, Rien n'est jamais écrit, c'est aux éditions Robert Laffont. On va en parler évidemment dans un instant. Mais évidemment, même si vous n'êtes pas député, vous suivez très près ce qui est en train de se passer à l'Assemblée nationale. Ce débat évidemment budgétaire, rien qu'hier et dans la nuit, création d'un impôt universel sur les multinationales, doublement de la taxe sur les GAFAM. Vous, quand vous voyez ça... Et rien sur les dépenses. On va y venir. On n'y est pas encore, je crois que c'est la partie recette.

Mais si vous étiez député, ce budget en l'État, vous le votez ou vous ne le votez pas ?

0:39
Xavier Bertrand

Attendez, aujourd'hui, c'est un budget, c'est un débat parlementaire qui est confisqué par qui ? LFI et le Rassemblement national. Vous savez, les deux complices. Les deux complices qui, pour eux, l'intérêt de la France, ce n'est pas leur problème. Il n'y a que leur intérêt qui compte. Donc, ça veut dire que c'est une escalade permanente, c'est une surenchère permanente. Et le seul but derrière, il ne faut pas qu'on soit dupe. Et c'est pour ça aussi qu'on va continuer à vivre des moments d'inquiétude, des moments difficiles. Celles et ceux qui nous regardent n'en peuvent plus du spectacle politique. Ils visent une seule chose.

Que l'on n'ait pas de budget, que Sébastien Lecornu tombe, pour ensuite aller chercher la démission du président de la République. Il faut arrêter de nous faire croire qu'il joue la carte du parlementarisme. La seule chose qu'il recherche, c'est justement la chute du Premier ministre et derrière la chute du président de la République et donc des institutions. Ne soyons pas dupe un quart de seconde. Mais est-ce qu'il faut un budget à tout prix ? Évidemment qu'il faut un budget à tout prix. D'une part, moi je compte vraiment sur l'esprit de responsabilité de ceux qui ne relèvent pas des extrêmes qui n'appartiennent ni à LFI ni au Rassemblement national. Et il y en a avec un message.

Olivier Faure, M. Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste, il ne faut pas confondre compromis et prise d'otages. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'il ne faut pas chercher en permanence à être dans une forme de compétition avec Jean-Luc Mélenchon à savoir s'il sera assez radical. Au bout d'un moment, les Français et les électeurs aussi du Parti Socialiste, comme de nombreux élus du Parti Socialiste, veulent qu'il puisse y avoir un compromis.

2:14
Présentateur

Ce que vous dites, c'est quoi ? C'est qu'il prend en otage le Premier ministre ou qu'il prend en otage la France ?

2:17
Xavier Bertrand

Les deux. Premier ministre de la France. Vous savez, je ne suis pas un soutien ni d'Emmanuel Macron, ni de Sébastien Lecornu. Mais regardons la réalité en face. Ce qu'il faut bien comprendre aujourd'hui, c'est qu'avoir à la fin du débat parlementaire un budget et un budget qui ne contienne pas toutes ces folies fiscales que l'on voit apparaître...

2:37
Présentateur

Vous qualifiez comment le débat ? Il y en a qui disent folie, délire fiscale. Ce que vous voyez en ce moment, c'est quoi à vos yeux ?

2:41
Xavier Bertrand

On a surtout des conneries fiscales. On a un véritable raquette fiscale. Et je le vois... Une connerie fiscale. Bien sûr, attendez. C'est quand même la foire aux conneries, ce qu'on est en train de voir aujourd'hui. Vous savez, ce qui est évident, c'est que ceux qui professent ce matin et midi et soir, notamment j'ai vu M. Zuckman ce matin chez Apolline de Malherbe, bon ben ça, c'est la limite de l'économie en théorie. M. Zuckman qui était là ce matin, moi j'aimerais bien qu'il ait l'idée de créer une entreprise. Vous savez qu'il aille chercher son extrait cabisse, qu'il se le procure. Lui, il dit que ça rétablirait de l'égalité devant l'impôt.

Non mais attendez, très clairement, il se procure son extrait cabisse, il recrute du personnel, il passe des commandes, il remplit un carnet de commandes, il paye ses salariés, il paye ses charges. Derrière, clairement, il paye ses impôts. Derrière, il garde un peu en réserve. Pourquoi ? Quand il y a un impayé d'un client ou quand il y a un investissement à faire. Et ensuite, il va revenir nous voir, il va revenir chez Apolline de Malherbe et on va voir s'il pousse toujours l'idée de sa taxe Zuckman. Puis 2%, pourquoi ? Sur un coin de table, c'était 1%, 10%, 15%, 2%.

La vérité qu'il y a aujourd'hui, vous le savez, dans un pays comme le nôtre, je suis persuadé que le cœur qu'il nous faut consolider, ce sont les classes moyennes. En revanche, aucun effort à demander aux plus fortunés. C'est ce que vous dites. Non, non, je ne vous ai pas dit ça. Je n'ai pas dit ça. Je vous dis tout simplement que la taxe Zuckman, l'aït ou pas, vous n'en voulez pas ? Quelle qu'elle soit, est une folie fiscale. Et une folie fiscale, il faut savoir l'éviter. D'autre part, la taxe sur les holdings, c'est le même état d'esprit. Il y a quand même des gens qui ne connaissent rien à l'économie qui ont dit cela. Monsieur Daré, vous avez un revenu, vous payez des impôts.

Vous payez une fois des impôts sur ce revenu. Et après, on s'étonne que dans un pays comme le nôtre, le consentement à l'impôt, qui est la base de la démocratie, se casse la figure. Non, mais au bout d'un moment, il faut aussi être raisonnable.

4:34
Présentateur

Vous dites que c'est des conneries fiscales. Cet après-midi, Marine Le Pen a dit « Moi, il n'y a rien de scandaleux dans ce que j'ai vu voter ».

4:41
Xavier Bertrand

Ah bon ? Ça montre bien que Philippe Aguillon a raison. Que le prix Nobel d'économie, qui s'y connaît, pardonnez-moi, celui qui explique que sur les retraites, il y a une autre voie que celle qui avait été choisie par Elisabeth Borne, celui qui dit également que le programme du Rassemblement national s'est ni fait ni à faire, je pense que c'est quand même une meilleure référence que Mme Le Pen, non ?

5:01
Présentateur

En l'État, donc ce budget, que doivent faire les Républicains ? Ils doivent voter ou pas ce budget ?

5:05
Xavier Bertrand

Ils doivent le corriger autant que faire se peut. Ils doivent mettre l'accent très clairement sur la baisse des dépenses. La baisse des dépenses. Et on baisse quoi ? Même si ce n'est pas en ce moment qu'est examinée cette partie dépenses, on a le droit d'en parler, de faire des propositions maintenant. Vous en voulez ? Je vais vous en proposer. Vous baissez quoi comme dépenses, vous ? Comme je l'ai fait dans la région des Hauts-de-France. Je ne suis pas un magicien, je sais compter, comme un ménage, comme un entrepreneur, je ne dépense pas plus que ce que j'ai.

Clairement, l'an prochain, il y aura pour la fonction publique d'État, je ne parle pas des hôpitaux, je ne parle même pas des collectivités locales, à peu près 45 000 départs à la retraite. Le gouvernement parle de supprimer 3 000 postes, c'est-à-dire qu'il y aurait quand même 42 000 remplacements de fonctionnaires qui partent à la retraite. Vous ne croyez pas qu'on peut aller beaucoup plus loin ? Il ne s'agit pas de mettre en cause le travail de ces fonctionnaires, mais de réorganiser le travail. Vous avez aujourd'hui l'intelligence artificielle qui trouve sa place, notamment pour l'examen des dossiers, des dossiers de subvention. C'est ce que je prends en compte, moi, dans ma région.

Qu'est-ce qu'on attend au niveau du gouvernement pour le faire ? Si cette correction n'est pas faite... Vous voulez un autre exemple ? Allez-y. Il y a un rapport qui est fait par Boris Ravignon, maire de Charleville, qui a dit l'enchevêtrement des compétences, toutes les structures, tout ça, on peut faire beaucoup plus simple et dans ces conditions-là, ce n'est pas 75 millions d'euros qu'on économise, 7 milliards et demi d'euros. Qu'est-ce que l'on attend ? Le jour de carence, dans le privé, dans le public, ça n'a rien à voir. Que l'on mette en place le même nombre de jours de carence. Voilà des économies concrètes que j'applique chez moi dans ma région.

J'ai refusé de mettre en place un nouvel impôt proposé par le gouvernement aux régions, le versement mobilité, qui s'appliquait pour toutes les entreprises plus aux salariés. J'ai dit non. Et du coup, qu'est-ce que j'ai fait ? Comme un ménage, j'ai baissé mes dépenses.

6:53
Présentateur

Si ce budget n'est pas corrigé, qu'est-ce que vous pensez des Républicains, par exemple ? Certains qui disent qu'il faudra censurer ce gouvernement. Il faut censurer ce gouvernement ?

7:00
Xavier Bertrand

Vous savez, moi, je ne suis pas LFI. Je ne suis pas dirigeant du Rassemblement national pour autant. mais le gouvernement. En plus, il ne faut pas qu'on s'emballe. L'examen budgétaire n'est pas terminé à l'Assemblée. Il y aura ensuite la partie sénatoriale. Et puis, on peut dire merci au général de Gaulle, à Michel Debray, ceux qui ont fait la Constitution de 1958. Parce que nous avons la possibilité en France, soit des ordonnances, soit une loi spéciale, d'avoir un pays qui continue à tourner. Les mois qui viennent vont être difficiles. Les années qui viennent, et on le voit bien avec la situation budgétaire, vont rester difficiles. C'était une mauvaise idée

7:40
Présentateur

de ce privé du 49-3 ?

7:42
Xavier Bertrand

C'est le choix qui a été fait par le Premier ministre. Écoutez, dans le choix du compromis qu'il avait, notamment avec le Parti Socialiste, avec d'autres forces politiques, c'est le choix qu'il a fait. C'est son choix. Mais attention, que le Premier ministre ne soit pas dupe. Les dirigeants de LFI, les dirigeants du RN, lui réservent exactement le même sort que le sort qu'ils ont réservé à Michel Barnier et à François Bayrou. Et je vais vous expliquer pourquoi. Ils auraient aimé pouvoir le censurer dès son discours de politique générale. Ils n'ont pas réussi. Mais là, ils continuent à avancer masqué.

Ils ne parlent plus forcément là, tous les jours dans le débat, mais ils cherchent justement, en tuant ce débat parlementaire, vous savez quoi ? Un coup d'État rampant. Un coup d'État rampant ? Bien sûr. Mais regardez Mélenchon. Mélenchon, c'est son baroude d'honneur en ce moment. Madame Le Pen, elle est dans une compétition avec celui qui vient de sortir un livre cette semaine, Jordan Bardella. Elle sait que le temps lui est compté.

8:39
Présentateur

On cherchait à l'empêcher d'être candidate cette semaine. Bien sûr que non.

8:42
Xavier Bertrand

Le vrai sujet, c'est que celui qui a envie d'être candidat à sa place, il s'appelle Jordan Bardella. Et toute l'opération de communication qu'a montée M. Bardella, très clairement, elle n'est pas du... Donc vous voyez, les deux extrêmes, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Jordan Bardella, ne cherchent qu'une chose, c'est à provoquer la chute du gouvernement, d'aller chercher derrière la démission du président de la République. Ce n'est pas ça qui donnera un budget à la France, ce n'est pas ça qui donnera de la stabilité. Il y a les moyens de faire autrement, mais il faut que chacun trouve à la fois l'esprit de responsabilité et qu'on écoute davantage les Français.

Parce que vous me disiez tout à l'heure sur la question des plus riches.

9:18
Présentateur

Oui, est-ce que ce n'est pas le prix ou le compromis nécessaire pour la stabilité politique, Xavier Bertrand ?

9:22
Xavier Bertrand

Alors je vous fais une proposition. Plutôt que de mettre en place des taxes sur les holdings, de mettre en place la taxe Zuckmann qui casse l'économie. Pas compliqué à comprendre. Mais sur qui ça va retomber les impôts ? Ça va retomber sur les classes moyennes. Parce que ceux qui resteront, ceux qui sont déjà pressurés, ce sont les classes moyennes.

9:41
Présentateur

Dans votre livre, vous dites je veux être le candidat des classes moyennes. Ça veut dire quoi ? C'est un truc qu'on entend un peu à chaque élection ça ?

9:46
Xavier Bertrand

Oui, mais c'est ma vie. C'est mon histoire familiale. C'est l'histoire de mes parents. Qui n'ayant pas fait d'études supérieures, j'explique pourquoi, parce que je suis arrivé très tôt dans leur vie, ils étaient très jeunes, ils avaient à peine 18 ans quand la majorité était à 21 ans, se sont élevés par le travail, par le mérite. C'est ce que je ressens. Vous avez ces classes moyennes ? Elles sont trop riches pour pouvoir s'en sortir. Il n'y a rien de pire que de dire je travaille et je ne m'en sors pas. Mais elles ne sont pas assez riches pour pouvoir s'en sortir, mais trop pour être aidées. Il n'y a jamais d'aide pour elles. Jamais.

C'est-à-dire, vous avez des enfants qui font des études, vous n'avez pas le droit aux bourses, parce que vous dépassez d'un peu le barème. Je veux me battre pour elles et je sais une chose, c'est qu'on a intérêt quand même dans un pays comme le nôtre à avoir des gens qui peuvent par leur travail s'élever dans la société, mais on a aussi des plus fortunés qui sont en France et qui font aussi tourner l'économie. Et puis il y a un truc que je n'aime pas en ce moment. C'est quoi ? C'est la dérive qui est due à M. Mélenchon. M. Mélenchon est en train de vous dire que s'il est plus pauvre, si beaucoup de Français sont dans cette situation, c'est la cause des riches. Moi j'en ai marre.

J'en ai marre d'entendre M. Mélenchon dire que tout ça est de la faute des riches. J'en ai marre d'entendre Mme Le Pen, M. Bardella dire que tout ça est de la faute des immigrés. Eux, vous voyez, à chaque fois ils vous trouvent un bouc émissaire. Moi, j'ai un projet pour... Je ne suis pas en train de vous trouver un bouc émissaire, j'ai un projet pour notamment les classes moyennes. Est-ce que ça, ce n'est pas le candidat du en même temps ? Vous êtes macroniste, Xavier Bertrand ? C'est ce que je viens de vous dire. Moi je rejette les extrêmes, ce n'est pas dur. En même temps, j'ai un projet pour. J'ai un projet pour rassembler. J'ai un projet pour réconcilier.

Et ça se fera sur la dimension économique et sociale, sur les classes moyennes et sur les entrepreneurs. Vous évoquez... Ce ne sont pas les politiques qui créent les emplois. Ce sont les entrepreneurs. Alors il faut en avoir...

11:31
Présentateur

Vous évoquiez tout à l'heure la question du départ ou pas du président de la République. Ce matin, le patron de votre parti, Bruno Retailleau, a dit qu'il souhaitait qu'il fasse comme le général d'Agaul, c'est-à-dire qu'il parte. C'est une bonne chose ?

11:40
Xavier Bertrand

Oui, être gaulliste, c'est respecter les institutions. Moi, vous savez, depuis 8 ans et demi, à la différence de beaucoup, j'ai toujours été un opposant au président de la République. Mais je souhaite que le président de la République puisse aller au bout de son mandat. Si demain, ça n'était pas le cas, vous n'auriez pas un budget pour autant. Vous n'auriez pas une majorité que tous les élus, quels qu'ils soient, tous maires d'une des 36 000 communes de France, n'auraient pas l'assurance de pouvoir aller au bout de son mandat parce que beaucoup pourraient se dire, des opposants, utilisons tous les moyens. On a réussi à obtenir le départ d'un président.

On pourrait obtenir le départ de tel ou tel. Il n'y aurait plus aucune stabilité dans un pays comme le nôtre. Voilà pourquoi, très clairement, quand je dis ça, je sais qu'il y a une majorité de Français qui ne pensent pas comme moi. Édouard Philippe dit

12:27
Présentateur

que ça serait la solution la plus digne.

12:30
Xavier Bertrand

Mais ce qui serait digne, c'est d'avoir un peu de mémoire en ce qui le concerne. C'est-à-dire ? Mais attendez, Édouard Philippe, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, eux ont un sujet. Leurs sondages baissent ou ne peuvent que baisser. Ils se disent si la démission intervient maintenant et qu'il y a une élection, c'est mieux pour moi que dans 17 mois. C'est ça la vérité. C'est peut-être pas bien de dire ce que les autres ont en tête, mais si je suis là, moi c'est pour vous dire clairement les choses telles que je les connais et telles que je les ressens.

12:57
Présentateur

Vous, vous êtes candidat

12:58
Xavier Bertrand

à l'élection présidentielle. Je m'y prépare.

13:03
Présentateur

Vous vous êtes préparé, c'est-à-dire que vous êtes candidat à l'élection présidentielle.

13:06
Xavier Bertrand

Je suis en train de vous dire que je ne suis pas là ce soir pour faire... Non mais attendez. Regardez bien. On a une difficulté pour savoir si on aura un budget. Et moi je vais venir là, comme ça, vous dire que je suis candidat. Non, je m'y prépare. Je vous dis comment je gère une région de 6 millions d'habitants avec les valeurs qui sont les miennes, avec les convictions qui sont les miennes. Je vous dis comment avec Nous France, je porte ce combat pour plus d'ordre et d'autorité autour des classes moyennes et des entrepreneurs.

Et aussi une différence, vous en avez parlé tout à l'heure, il y a aussi quelque chose qui compte dans notre pays, les services publics, la santé, l'école de logement, la culture. Celui qui était assis à ma place en parlait de façon remarquable tout à l'heure et pas seulement pour le Louvre. C'est ça un projet de société.

13:47
Présentateur

On le disait, Jordan Bardella a sorti un nouvel ouvrage qui s'appelle Ce que veulent les Français. Vous allez le lire ou... Non. Non.

13:54
Xavier Bertrand

Vous avez envoyé le... Vous savez, j'ai rencontré comme beaucoup d'élus, beaucoup de Français au cours de ma vie qui m'ont inspiré beaucoup, qui m'ont donné des idées, des idées très concrètes, qui m'ont aussi nourri. C'est pas parce que M. Bardella a fait ce livre avec, je crois, une quinzaine de rencontres qu'il est apte à diriger notre pays.

14:12
Présentateur

Il souligne qu'il existe au sein des Républicains. Je cite une frange plus patriote d'accord avec nous sur l'autorité de l'État, la conception de la nation. Il dit, si je peux bâtir une alliance autour d'un pacte de gouvernement, pourquoi on ne le ferait pas ? Eh bien moi,

14:24
Xavier Bertrand

je combattrais toute cette idée du rapprochement, non pas de l'union des droites, de l'union de la droite et de l'extrême droite. Je suis d'une famille politique qui a été dirigée par Jacques Chirac, par Nicolas Sarkozy, qui n'ont jamais transigé avec les extrêmes. Vous voyez, on est à un moment, les fractures sont très importantes dans notre pays, à tous les niveaux. Et il y en a qui accentuent ces fractures. Les dirigeants, je dis bien les dirigeants de LFI et les dirigeants du rassemblement, ils exploitent la colère, notamment des Français qui se sont sentis déçus, trahis. Vous parlez...

Est-ce que vous savez que la direction des Républicains est ambiguë sur cette question de l'alliance des droites ? Il faut lever toute ambiguïté, c'est ce que j'ai demandé la semaine dernière lors d'un bureau politique. D'un bureau politique, pourquoi ? Qu'est-ce que vous demandez à Bruno Retailleau ? Parce qu'il y a des vice-présidents, David Lysnard, il y a des vice-présidents, Julien Aubert, des vice-présidents, François-Xavier Bellamy, qui n'ont pas été clairs, soit en votant la motion de censure de M. Bardella pour M. Bellamy au Parlement européen, David Lysnard, dont on se demande quand il parle s'il est toujours président de l'Association des maires de France.

15:28
Présentateur

Ce matin, chez nos confrères de France Inter, il a jugé que vous, Xavier Berstrand, vous réagissiez, je cite, avec des postures de notables des années 90, tout ça, c'est fini. C'est ce qu'il a dit.

15:38
Xavier Bertrand

Eh bien, c'est donc que j'ai touché juste. Et je débusquerai toutes celles et ceux qui sont ambiguës. Il faut savoir que la vocation d'une famille politique issue du gaullisme, même si je sais que ce n'est pas des références qui parlent à tous aujourd'hui, mais ce qu'elle veut dire, rassembler et pas cliver. La vocation n'est pas de monter sur le porte-bagage de l'extrême droite parce qu'il faudrait aller avec les vainqueurs. Tout ça, ce sont des vocations de gens qui ont baissé les bras. C'est ce que fait David Lissner ? Mais pas lui seulement. Qui donne ? Mais ils sont tous à rêver d'avoir une place auprès de M. Bardella. Mais ce n'est pas la France pour laquelle je me bats.

Moi, je veux une France où on rassemble, une France dont on est à nouveau fier. Et encore une fois, il faut arrêter d'être devant les sondages en se disant qu'ils vont gagner, il faut aller avec eux. Je suis désolé. Donc vous demandez quoi à Bruno Retailleau sur la ligne ? Une clarté sur la ligne. Quand il y a une élection, pas une seule voix pour les dirigeants de LFI, pas une seule voix pour les dirigeants du Rassemblement National.

16:33
Présentateur

Et quand il y a une opposition au second tour entre un candidat socialiste et un candidat du Rassemblement National ou soutenu par le Rassemblement National, ce qui s'est passé il y a quelques semaines, Bruno Retailleau avait dit pas une voix pour la gauche. Qu'est-ce que vous en pensez ?

16:45
Xavier Bertrand

Eh bien moi, je vous dis pas une voix pour le Rassemblement National, pas une voix pour LFI. Mais je vous explique pourquoi...

16:51
Présentateur

Mais juste entre un socialiste et un candidat du RN ou un candidat soutenu par le RN... Non, non, mais c'est pas simple.

16:56
Xavier Bertrand

Faites pas semblant de pas comprendre. Donc, quand je dis pas une voix pour LFI, pas une voix pour le Rassemblement National, il n'y a pas plus clair. Ce que j'entends parfois chez moi...

17:03
Présentateur

Donc vous votez socialiste dans ce cas-là.

17:05
Xavier Bertrand

Ce que j'ai dit chez moi...

17:06
Présentateur

Vous votez socialiste.

17:07
Xavier Bertrand

J'entends beaucoup. Non mais vous, Xavier Béron... Écoutez, écoutez... Entre un candidat socialiste et un candidat RN, vous votez socialiste. Je vote bien évidemment de façon à ce qu'il n'y ait pas une voix pour le RN, pas une voix pour LFI. Et si je suis aujourd'hui engagé en politique, c'est parce que notamment pour cette élection présidentielle, on verra qui est capable de pouvoir battre M. Bardella au second tour de l'élection présidentielle. Et qui aussi, une fois élu, en ayant l'esprit de justice cheville au corps, d'être capable d'éviter une nouvelle crise comme celle des Gilets jaunes qu'on a connue par le passé. C'est ça, redonner de l'espoir.

C'est ça, redonner de la fierté aux Français. Et c'est ça, redonner aussi le sens de l'union à nouveau pour l'ensemble de nos concitoyens.

17:47
Présentateur

Plusieurs de vos amis ou en tout cas de vos partenaires des Républicains sont favorables, vous le disiez, pour la présidentielle à une primaire qui irait de Sarah Knafou à Gérald Darmanin pour ce qui est de Laurent Wauquiez ou encore de Nicolas Eudupont-Agnan à Sarah Knafou disait ce matin David Lysnard. Est-ce que vous, qui vous préparez à la présidentielle, vous vous soumettrez à une telle primaire ?

18:04
Xavier Bertrand

Je n'ai pas l'intention de revivre l'expérience que nous avons vécue en 2001. Ça a été une machine à perdre et jusqu'à preuve du contraire, quand vous commettez une erreur, vous ne la recommettez pas à nouveau.

18:16
Présentateur

Donc vous ne participerez jamais, plus jamais à aucune primaire ?

18:18
Xavier Bertrand

Pour qu'elle voit le jour, on en reparlera. De l'eau va couler sous les ponts. Vous savez, les Français en ce moment nous regardent. Ils regardent la situation politique et ils sont écœurés. Mais ils regardent aussi les responsables politiques. Qui a de la cohérence ? Qui a de la force ? Qui a de l'expérience ? Et vous verrez que dans quelques mois, le paysage aura singulièrement changé. Ce que je sais, c'est qu'il ne faut pas confondre l'intérêt général avec l'intérêt particulier, l'intérêt même d'un parti politique ou son intérêt personnel. Moi, j'ai toujours joué la carte de l'intérêt général et je ne dévierai pas. Où ça me mènera ? Ce sont les Français qui décideront.

Mais en attendant un peu de cohérence et un peu de sang-froid par les temps qui courent, c'est ce qu'attendent de nous, nos concitoyens.

18:57
Présentateur

Travailler avec quelqu'un comme Édouard Philippe, on voit que c'est parfois souhaité par une partie des sympathisants de droite qui disent qu'il faut se mettre d'accord sur un seul candidat pour gagner de Retailleau à Philippe. Vous pourriez, par exemple, soutenir Édouard Philippe

19:09
Xavier Bertrand

s'il était le mieux passé ? Vous allez arrêter de me parler des autres candidats, là. On peut parler à nouveau des Français. Tiens, les Français, un sujet. Vous avez vu le scandale qu'est en train de nous imposer l'Europe, là ? Les découverts bancaires, on n'y aurait plus droit ou quasiment plus droit ? En tout cas, il y aurait des règles effectivement suite à

19:24
Présentateur

une directive européenne à partir de novembre 2026 ou à partir de 200 euros de découvert. La banque pourrait dire, ce serait considéré comme un crédit, pourrait accorder ou non effectivement le découvert bancaire.

19:34
Xavier Bertrand

Il n'en est pas question. Et je saisis l'économie et les finances pour que très vite, ils réunissent l'ensemble des acteurs bancaires français pour leur dire que cette directive ne s'appliquera pas comme elle est prévue. Et qu'on fasse aussi un nouveau texte de transposition pour que très clairement, vous savez, on ne vit pas par plaisir à découvert. Mais vous savez, pour beaucoup de nos concitoyens, la fin du mois, ce n'est pas le 30 du mois. Ce n'est même pas le 15 du mois, c'est avant. Donc la question du découvert, c'est ce qui permet justement de continuer à pouvoir faire face.

Donc que l'Europe, qui a d'autres choses dont elles devraient s'occuper, ne nous disent pas les découvertes, c'est fini ou ce sera compliqué. Ça, c'est une priorité. En tout cas, je demande au ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, d'agir en ce sens tout de suite. Donc ça ne voit pas le jour. Et en ce qui me concerne, si ça voyait le jour, je reviendrai dessus. Comme j'entends bien revenir, si ça voit le jour, sur ces funestes taxes, qu'elles soient Zuckman ou la taxe sur les holdings. Ça, ça sera supprimé. Tout à fait.

20:31
Présentateur

Dans votre ouvrage, il y a un passage qui est consacré notamment à l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. Ça s'appelle Nicolas Sarkozy, comme je l'ai vu. Et vous décrivez ce rapport que vous avez à son égard. Je ne m'inscris plus dans un rapport hiérarchique avec lui. Je suis désormais totalement indépendant et il le sait très bien. Ça fait dix jours qu'il est désormais incarcéré à la prison de la Santé. On a vu qu'il y a deux détenus de la Santé qui vont être jugés dans quelques semaines pour menace contre Nicolas Sarkozy. Certains qui appelaient a vengé Kadhafi. Quand vous voyez ça, est-ce que la place de Nicolas Sarkozy est en prison ?

21:02
Xavier Bertrand

Moi, j'ai un point de vue là-dessus, mais mon point de vue personnel n'a pas à rentrer dans le débat publiqué. Je souhaite que sa demande de remise en liberté soit étudiée le plus rapidement possible. Alors, bien évidemment, ce n'est pas moi qui prendrai cette décision, mais quand même très clairement, vous l'avez dit depuis dix jours, je pense à lui tous les jours et pas qu'une fois par jour. Et certains peuvent s'en réjouir, c'est indigne. Quand je vois qu'il y a deux députés de la France insoumise, ils sont allés à la prison de la santé, ils peuvent nous faire croire ce qu'ils veulent. Juste pour pouvoir le voir accompagné, je crois, d'un journal, c'est une honte.

Les dirigeants de la France insoumise sont aujourd'hui des gens indignes. Indignes ? Oui. Croyez que c'est normal d'aller à la prison de la santé pour essayer de voir Nicolas Sarkozy de pouvoir en faire le récit lui-même. C'est une épreuve. C'est une épreuve humaine qu'il vit. Et je vous le dis très clairement compte tenu de ce que j'ai vécu ou aussi avec lui, au-delà même que je ressens. Et encore, je ne fais pas partie de ses plus proches comme sa famille. Mais pour les autres, notamment pour les députés de la France insoumise, mais quelle indignité.

22:03
Présentateur

Vous, président, vous supprimerez l'exécution provisoire parce que c'est ça qui est en débat. Le fait que quelqu'un qui ait fait appel et donc présumé innocent soit quand même encarcéré.

22:09
Xavier Bertrand

L'exécution provisoire, elle s'applique dans beaucoup de cas. Maintenant, est-ce qu'il faut l'évaluer ? Est-ce qu'il faut la changer ? C'est au législateur de se prononcer en la matière. Mais ce que je veux vous dire aussi, même quand elles m'ont été défavorables au titre de président de région, notamment quand j'ai voulu faire la lumière sur le lycée Averroës avec l'infiltration des frères musulmans, j'étais en justice, j'ai perdu. Je savais certainement que je pouvais perdre, mais je n'ai jamais remis en cause les décisions de justice.

Je pense que dans un pays comme le nôtre, où il n'y a plus d'ordre, il y a beaucoup de désordre, je pense que les responsables politiques devraient s'astreindre à ne pas commenter et remettre en cause les décisions de justice.

22:50
Présentateur

Merci beaucoup, Xavier Bertrand, d'avoir été notre invité ce soir. Je rappelle le titre de votre ouvrage « Rien n'est jamais écrit ». C'est aux éditions. Robert Laffont, merci d'avoir été l'invité de 60 minutes BFF.