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speechyoutube.com· 30 juin 2024 4 min

Législatives: le discours intégral de Manuel Bompard (LFI) après le 1er tour

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Manuel Bompard

Mais Jean-Luc Mélenchon s'est adressé aux Français en tant que Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle il y a deux ans et qui a réalisé 22% des suffrages. Et je crois qu'il avait un message fort à faire passer aujourd'hui aux Françaises et aux Français et que son message a été clairement entendu. Je crois que l'enseignement de ce premier tour des élections législatives, c'est d'abord la déroute de la Macronie. Et donc clairement, on rentre dans un deuxième tour qui va durer une semaine et qui va avoir l'affrontement de deux projets politiques extrêmement différents pour le pays.

Et finalement, les Françaises et les Français vont être appelés cette semaine à décider de savoir s'ils veulent une majorité absolue du Rassemblement national pour gouverner le pays demain ou si au contraire, ils veulent ouvrir un autre chemin pour ce pays, un chemin d'espoir. Un chemin qui permet d'avoir un gouvernement du nouveau Front populaire et de changer la vie immédiatement, d'augmenter les salaires, de bloquer les prix, de développer nos services publics. Voilà les grandes questions qui sont posées aux Françaises et aux Français aujourd'hui. Et je trouve ça assez ridicule que ce débat commence par des considérations extrêmement politiciennes.

1:04
Présentateur

Sauf que vous voyez bien le message que vous envoyez, Manuel Bompard, en mettant en avant Jean-Luc Mélenchon ce soir avec à ses côtés Rima Hassan. C'est que vous donnez raison tout à l'heure à ce que disait Marine Le Pen, qui disait à ses électeurs, regardez le danger, il vient aussi de là, il vient de la gauche.

1:18
Manuel Bompard

Mais M. Svitek, d'abord, je crois que vous n'avez pas posé la question à M. Bardella de savoir pourquoi Mme Le Pen s'est exprimé à 20h05, donc vous auriez peut-être pu lui poser la question également. Et pour le reste, franchement, tout ça est ridicule et pathétique. Excusez-moi, mais non, vous ne pouvez pas mettre sur le même plan. Et quand j'entends par exemple ce qu'a dit Édouard Philippe à l'instant, c'est tout simplement stupéfiant. Il y a une perte de valeur qui est extrêmement inquiétante pour l'avenir de notre pays. Non, le Rassemblement National ne porte pas un projet politique aujourd'hui qui est compatible avec l'idée que nous nous faisons de la République.

Quant au nouveau Front Populaire, quelles que soient ses sensibilités, quels que soient ses candidats, quels que soient, y compris parfois, les divergences politiques que nous pouvons avoir avec nos concurrents ou nos adversaires, rien dans notre programme, rien dans nos propositions, ne rond avec l'idée que nous nous faisons de la République, avec l'égalité des citoyennes et des citoyens devant la loi, au refus de les classer en fonction de leur religion ou de leur couleur de peau, contrairement à ce que fait le Rassemblement National.

Et donc cette mécanique politicienne, qui essaye en quelque sorte de mettre sur le même plan le Rassemblement National ou la France Insoumise, est une mécanique inacceptable et insupportable, et elle doit s'arrêter immédiatement pour qu'on puisse enfin avoir une campagne qui permette de confronter nos différentes propositions politiques.

2:32
Invité

Manuel Bampard, pensez-vous que vos électeurs vont vous suivre dans des circonscriptions, comme par exemple le Calvados, où vous vous retrouvez troisième, le RN est en première position, en deuxième position c'est Elisabeth Borne, la présidente sortante qui avait mené la réforme des retraites, et en troisième position, candidat LFI. Vous allez donc vous retirer, si j'en crois ce que vous venez de dire, et vous allez demander à vos électeurs LFI de voter pour Elisabeth Borne ?

3:00
Manuel Bompard

Non, d'abord je veux vous dire que effectivement, nous avons donné un message, qui est un message national très simple et très clair, pas une voie pour le RN, pas un siège pour le RN, et donc oui, dans les situations dans lesquelles le candidat du nouveau Front Populaire est en troisième position et le RN est en première position, oui, notre consigne, notre ligne nationale, c'est effectivement de retirer nos candidats. Après on regardera les situations particulières ou spécifiques. Ah ça veut dire, attendez, je vous arrête tout de suite, Manuel Bompard,

3:31
Invité

j'avais l'impression que c'était un mot d'ordre national, Jean-Luc Mélenchon qui ne souffrait d'aucune exception, ce n'est pas le cas.

3:38
Manuel Bompard

Mais je viens de vous redire exactement la même chose. Non, je viens de vous dire que c'était un mot d'ordre national. Donc il n'y a rien qui change entre ce que je dis et ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, ne cherchez pas s'il vous plaît à commencer à construire une polémique là où il n'y en a pas.

3:48
Invité

Mais comme vous venez de dire, on verra aussi en fonction des cas par cas.

3:52
Manuel Bompard

Mais madame, il peut y avoir d'autres situations que celles que vous avez citées dans lesquelles il y a trois candidats, aucun du RN par exemple, et des candidats d'autres étiquettes politiques. Donc souffrez que je ne donne pas un mot d'ordre qui va s'appliquer forcément de manière uniforme sur sa 150 circonscription. Mais là où le RN sera en première position et là où le nouveau Front Populaire sera en troisième position, oui, notre mot d'ordre national, c'est de retirer effectivement nos candidats et j'attends de l'ensemble des formations politiques qui se prétendent membres de l'arc républicain de s'appliquer la même logique.