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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 10 mars 2020 35 minAutoproduitActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsTransports

Le point sur le coronavirus

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:09Invité politiqueChiffre
    « Le taux de réplique, c'est combien une personne contaminée peut-elle en contaminer d'autres. Certains disaient que ça pouvait monter jusqu'à 8 ou 10 personnes. »
  • 4:48Invité politiqueChiffre
    « On estime que pour ce coronavirus, le taux de mortalité serait aux alentours de 2,5%, 3%, 3,5% de mortalité. »
  • 8:10Invité politiqueChiffre
    « La grippe fait en France 8 000 à 12 000 morts par an. »
  • 17:16Invité politiqueChiffre
    « La France dépense chaque année (NDLR : 10 milliards d'euros) pour aller construire des ponts en Croatie ou pour aller donner de l'argent au gouvernement ukrainien. »
  • 19:20Invité politiqueFait
    « Il y a eu des think tanks, notamment la Fondation Bill-et-Melinda-Gates... Qui en novembre 2019 faisait des simulations sur la propagation d'un virus généralisée se répandant : une pandémie. »
  • 20:04Invité politiqueFait
    « Les masques que l'on doit porter pour éviter de propager les virus sont tous fabriqués en Chine ! »
  • 27:25Invité politiqueChiffre
    « On ne sait même pas quel est le montant de M3 : la masse monétaire globale des États-Unis d'Amérique. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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François Asselineau

Mes chers compatriotes. Nous sommes ce soir le 9 mars 2020. Et je voudrais m'exprimer, à la demande d'un certain nombre d'internautes et d'adhérents et de sympathisants de l'UPR qui m'ont interrogé sur cette question... Je voudrais m'exprimer sur cette affaire énorme concernant la pandémie de coronavirus. Je n'ai pas souhaité le faire pendant quelques semaines parce que je ne suis pas médecin, je ne connaissais pas... Je ne m'étais pas forgé ma propre opinion sur le sujet. J'ai horreur de parler de quelque chose que je ne maîtrise pas bien. Et j'ajoute que ce n'est pas le genre de l'UPR que de verser dans le sensationnalisme, le complotisme, etc.

Nous, nous sommes là pour essayer de dire la vérité aux Français. Je ne suis pas de ces responsables politiques qui essayent de se promener sur les plateaux de télévision en mettant en garde, en jouant... En affolant les populations et en stigmatisant l'action des pouvoirs publics, parfois à raison mais parfois à tort et à travers, sur une affaire qui est finalement d'abord une affaire de santé publique et de santé mondiale. Alors de quoi s'agit-il ?

Il s'agit, comme tout le monde le sait, d'un virus nouveau, de type corona, c'est-à-dire – si j'ai bien compris – un virus avec des protéines un peu en forme de couronne quand on le regarde au microscope électronique, et qui fait partie de la famille des coronavirus, qui est une espèce de grippe, mais est quand même différent de la grippe classique.

Et ces protéines qui sont sur la surface du virus peuvent s'accrocher à l'intérieur des poumons, sur des récepteurs dits ACE2, qui sont plus ou moins présents d'ailleurs selon les ethnies de l'humanité, et qui sont plus ou moins disponibles ou attaqués selon que l'on a ou non des poumons en très bonne santé, des poumons vieillissants ou si l'on a des poumons qui sont – comment dirais-je – affaiblis par la tabagie ou telle ou telle action de toxicomanie.

Ce qui signifie que ce virus qui est apparu donc en Chine en décembre 2019 – qui a été sous-estimé – s'est répandu peu à peu, et – vous le savez – maintenant se répand à toute allure, notamment en Europe occidentale, mais sur tous les continents, mais avec d'ailleurs des différences de répartition. Alors qu'est-ce que l'on peut dire ? On peut dire premièrement que d'après ce que j'ai lu... Et je ne suis pas médecin. Et j'espère que maintenant, on commence à stabiliser un petit peu les connaissances, parce que j'ai lu des choses parfois tout à fait contradictoires. Les premiers éléments de cette affaire, c'est que c'est un virus qui a une particularité.

C'est que le délai d'incubation est assez long. On parle de 14 jours. Certains disent même que ça pourrait durer 3 semaines ou 1 mois. En tout cas, 14 jours qui peuvent s'écouler entre le moment où on est contaminé par le virus et le moment où on commence à manifester les premiers troubles : des fièvres, par exemple, des courbatures, comme pour une grippe, par exemple. Alors la différence... C'est une différence importante par rapport à la grippe classique. Quoique, la grippe classique, il y ait des mutations virales chaque année, ce qui rend d'ailleurs difficile la vaccination. La grippe classique, les symptômes se manifestent 1, 2 ou 3 jours après la contamination.

Donc très rapidement, les gens s'isolent dans une pièce. Et donc ça évite la propagation de la grippe. Alors que comme il y a 14 jours d'incubation pour le coronavirus, eh bien les porteurs asymptomatiques, comme on dit, c'est-à-dire des gens qui sont contaminés mais qui ne le savent pas et qui ne manifestent pas encore de signe de la maladie, peuvent contaminer autour d'eux. C'est le premier point. C'est ce qui rend le virus plus dangereux : parce que la capacité de le transmettre se développe du fait de la longueur de cette incubation. Le deuxième point, c'est le taux de réplique. Alors là, j'ai lu des choses diverses et variées.

Il semblerait que ce soit un petit peu supérieur à une grippe. J'ai lu certains articles qui disaient que c'était beaucoup plus. Le taux de réplique, c'est combien une personne contaminée peut-elle en contaminer d'autres. Certains disaient que ça pouvait monter jusqu'à 8 ou 10 personnes. Il semble maintenant qu'on revoie un petit peu à la baisse. Ça serait un petit peu supérieur à une grippe classique. C'est le deuxième point. Le troisième point, c'est que c'est un virus qui peut se révéler mortel de façon supérieure à celui de la grippe classique.

On estime que pour la grippe, il y a à peu près 0,2% à 0,5% des personnes atteintes qui décèdent, et donc 99,5% à 99,8% des patients qui en réchappent. En revanche, on estime que pour ce coronavirus, le taux de mortalité serait aux alentours de 2,5%, 3%, 3,5% de mortalité. Ce qui signifie qu'il y aurait quand même 97% des personnes atteintes qui en seraient guéries. Cependant, ce pourcentage doit être nuancé par deux éléments importants d'appréciation. Le premier, c'est qu'on connaît à peu près le nombre de gens qui en décèdent. Mais on ne connaît pas bien le nombre de gens qui sont atteints, puisque...

C'est-à-dire : on connaît le numérateur, on ne connaît pas forcément bien le dénominateur. Pour être sûr de savoir quelle population a été contaminée, il faudrait faire des dépistages systématiques de très nombreuses personnes. Or, on a tendance à ne faire des dépistages que des personnes qui portent les symptômes de la maladie. Or, comme je l'ai dit tout à l'heure, il peut se passer jusqu'à deux semaines avant de manifester les symptômes. Il est donc possible qu'en fait, le taux de mortalité soit inférieur à celui des 3% annoncé, ou des 3,5%. Peut-être en fait ça n'est qu'un taux de mortalité de l'ordre de 2% ou 1,5% ou 1%.

Ce qui la rapprocherait d'une grippe classique, et ce qui signifierait aussi qu'il y aurait des porteurs asymptomatiques qui développeraient finalement assez peu la maladie. Ça, c'est un point plutôt réjouissant que l'on peut dire. Autre élément, le deuxième élément d'appréciation sur ce pourcentage. C'est que le pourcentage de mortalité varie beaucoup en fonction de l'âge. Il semble désormais acquis que les personnes les plus jeunes : disons en dessous de 30 à 40 ans, ont un taux de mortalité faible, de l'ordre de 0,2%, c'est-à-dire de l'ordre d'une grippe classique.

Et d'ailleurs, les plus jeunes, les moins de 10 ans, les enfants, auraient quasiment aucun taux de mortalité, les poumons étant justement tout jeunes. En revanche, le taux de mortalité commencerait à s'élever à partir de 50 ans. Les 50-59 ans auraient un taux de mortalité de l'ordre de 1% à 1,5%. Les 60-69 ans un taux de mortalité de 3,5%. Les 70-79 ans un taux de mortalité de l'ordre de 8%. Et les plus de 80 ans un taux de mortalité qui serait de l'ordre de 15%. Donc une forte croissance de la mortalité à partir de 70 ans. Restons quand même... Même pour les plus de 80 ans, ça fait quand même 85% des gens qui en guérissent.

Ce sont des données qui sont encore sujettes à beaucoup d'évolutions, puisque comme je le disais tout à l'heure, on ne sait pas forcément non plus quelles sont toutes les personnes touchées. Et peut-être ces taux devront-ils être révisés fort heureusement à la baisse. Alors maintenant qu'on a ce panorama, il faut – je crois – se garder à la fois d'un excès de panique et aussi d'un excès d'angélisme, et de croire qu'il ne s'agirait de rien. Pourquoi ça ? Parce que la question qui se pose, c'est : quelle va être sa répan... Comment cette grippe va-t-elle se répandre – c'est le premier point – et quels vont être les moyens mis à disposition par les États pour y répondre.

Du fait de cette longue incubation et du fait de son taux de réplique qui est peut-être supérieur... De reproduction qui est peut-être supérieur à celui d'une grippe classique, il ne faut peut-être pas, hélas, mettre de côté une hypothèse tragique qui serait qu'il y ait finalement beaucoup de gens qui soient touchés. D'ailleurs, la grippe, en France, chaque année, touche beaucoup beaucoup de personnes. Je rappelle d'ailleurs que la grippe fait en France 8 000 à 12 000 morts par an. Ce qui n'est quand même pas rien. C'est même quelque chose de très élevé.

Mais comme 8 000 à 12 000 morts par an répartis sur 6 mois – c'est essentiellement les mois d'hiver –, ça fait quelque chose comme 1 500 à 2 000 morts par mois sur tout le territoire national, et souvent des personnes fragiles qui ont d'autres pathologies en même temps, ça disparaît un petit peu... Voilà, on n'y prête pas attention. Ça pourrait être le cas du coronavirus. Et actuellement, nous voyons, au moment où je parle, ce soir, 9 mars... On apprend qu'il y aurait 1 400 et quelques personnes touchées en France, et, selon les statistiques, entre 25 et 30 morts. Ce qui ferait d'ailleurs quelque chose comme à peu près 2,5% à 2,8% de taux de mortalité.

Mais certains diront, à juste titre, que 25 morts par rapport aux milliers de morts que cause la grippe chaque année, c'est très peu, et que certains peuvent dire : « On en fait finalement beaucoup dans les médias ». Oui, sauf qu'il s'agit du début de la pandémie. Il n'y a pour l'instant eu que 1 400 personnes diagnostiquées. Or, il est peut-être possible que nous soyons au début d'une augmentation brutale comme – hélas – on le constate en Chine ou en Italie, qui est aujourd'hui devenue le deuxième pays le plus touché au monde, après la Chine. Et donc au rythme actuel... Avant-hier, le nombre de personnes infectées avait été diagnostiqué avec 200 personnes en plus.

Et puis aujourd'hui, il y a eu 280 personnes en plus. Et donc il n'est pas exclu qu'au cours des semaines qui viennent, eh bien on passe, on franchisse rapidement le cap des 2 000, 3 000, 5 000, 10 000, 20 000, 50 000 personnes infectées. Imaginons que ça puisse atteindre ce qui est un peu dans tous les esprits, dans toutes les mémoires. C'est cette grippe : ce qu'on appelait la grippe espagnole, qui avait frappé la France et d'ailleurs une grande partie du monde. C'était devenu une pandémie. Une pandémie, c'est lorsqu'une maladie se répand au niveau planétaire. Qu'on a appelée grippe espagnole et qui s'est répandue en 1918-1919. Je vais faire un petit retour en arrière sur cette affaire.

La grippe espagnole, qui n'avait d'ailleurs d'espagnol que le nom... C'est comme si on appelait la grippe italienne le coronavirus. La grippe espagnole parce que le principal foyer à l'époque qui avait eu lieu en Europe, c'était en Espagne. Mais le virus ne venait pas d'Espagne, de même qu'aujourd'hui, il ne vient pas d'Italie. Le virus venait d'abord de Chine. Or, ce virus, il y avait eu un premier flux qui était arrivé en 1918, de ce virus venu de Chine, et un deuxième flux qui avait transité par les États-Unis d'Amérique, et une espèce de surinfection, avec un virus beaucoup plus létal, beaucoup plus mortel.

Et donc la grippe espagnole avait atteint la France notamment à la fin de la Première Guerre mondiale, en août 1918, ou septembre, octobre, novembre 1918, dans les tranchées notamment, et puis de nouveau en 1919. Le premier cas avait dû être diagnostiqué au début de 1918. Le dernier cas avait été diagnostiqué en 1921 – le dernier cas mondial –, en Nouvelle-Calédonie. Cette grippe avait atteint, d'après les informations que j'ai glanées... 30% de la population française avait été donc... Environ avait été touchée, avait été infectée.

Et il en était résulté quand même un nombre de morts très important, dont les personnes qui m'écoutent se rappellent peut-être que leurs grands-parents ou leurs arrière-grands-parents ou leurs arrière-arrière-grands-parents... Ça dépend de l'âge des personnes qui m'écoutent. Se rappellent que la grippe espagnole avait fait beaucoup de morts. Et on estime en France qu'il y avait eu à peu près 400 000 à 405 000 morts, sur cette durée 1918-1919-1920, avec un taux donc de 30% d'infection et une mortalité qui était de l'ordre de 3%. Espérons que ça ne sera pas le cas.

Espérons notamment qu'à la différence de ce qui s'est passé il y a 100 ans, on puisse rapidement mettre en œuvre une prophylaxie et des soins médicaux. La prophylaxie d'abord, c'est que le ministère de la Santé, le gouvernement a indiqué toute une série de gestes barrières, comme on dit : se laver les mains le plus souvent possible, utiliser des gels hydroalcooliques si nécessaire, éviter de serrer les mains et de faire la bise... J'en parle en connaissance de cause, puisque en ce moment même, je vais sur des marchés soutenir nos candidats dans cette dernière ligne droite des élections municipales, et je vois sur les marchés, à commencer d'ailleurs par moi-même...

Maintenant, on évite de serrer les mains aux gens. Il faut éviter aussi de leur postillonner au visage. Et puis il faut en gros garder une espèce de distance de sécurité d'environ 1 mètre, voilà, pour faire preuve de ce qu'on appelle des gestes barrières. Si vous éternuez, vous devez éternuer dans un mouchoir en papier et le jeter immédiatement, ou bien éternuer en détournant la bouche et en éternuant sur vos vêtements, dans le creux de votre coude, comme recommande le gouvernement. Il faut également éviter de se toucher les yeux, la bouche et les narines. Ça, c'est la prophylaxie. La guérison elle-même...

Eh bien on a beaucoup parlé de tentatives avec de la chloroquine, qui pourrait subvenir... Qui pourrait être intéressante à utiliser, certaines médecines douces. Certaines personnes, à titre préventif, utilisent tel ou tel remède. Et quelque chose qui a l'air de bien fonctionner aussi, c'est de la vitamine C à haute dose, qui – paraît-il – est quelque chose qui permet d'éviter la contagion, ou en tout cas de limiter les effets. C'est d'ailleurs... La vitamine C est un médicament qui... Enfin c'est pas vraiment un médicament, mais c'est une vitamine dont le rôle est souvent sous-estimé, comme d'ailleurs l'ensemble des vitamines.

Et je ne suis pas du tout médecin, mais de ce que je crois savoir, c'est de toute façon bon pour la santé, surtout en période d'hiver, de renforcer ses défenses immunitaires avec justement eh bien des cocktails de vitamines. Faut bien les choisir. Faut qu'ils soient de qualité, mais de la vitamine C, de la vitamine D, de la vitamine E, les vitamines B1, B2, B3, du zinc, du magnésium. Enfin tout ça, ça fait partie de l'entretien du corps, notamment la vitamine D quand il n'y a pas de soleil. Tout ça, c'est important pour essayer de bien passer l'hiver.

Ce sont des conseils de bon aloi que vous trouverez un petit peu partout, et que je m'applique d'ailleurs moi-même, puisque tous les hivers, je prends souvent des compléments alimentaires avec des vitamines pour essayer justement de me maintenir en forme. Il y a également donc d'autres formes de guérison possibles. C'est avec donc peut-être la chloroquine, peut-être aussi avec un vaccin dont on nous dit qu'il serait en cours de préparation. Voilà ce que l'on pouvait dire sur cette affaire du point de vue médical. Je crois donc qu'il ne faut pas exagérer l'inquiétude, mais il faut quand même voir les choses en face.

Alors les choses en face : maintenant, il y a un aspect en termes d'organisation des pouvoirs publics et en termes politiques. La crainte que l'on peut avoir, c'est qu'il y ait une augmentation vraiment très rapide au cours des semaines qui viennent du nombre de personnes infectées, donc du nombre de personnes en insuffisance respiratoire, en particulier les personnes de plus de 70 ans, et qui – elles – nécessiteront d'avoir recours à des services d'urgence. Or, c'est là – c'est là – que le bât blesse. C'est qu'il est à craindre qu'il y ait une augmentation brutale du nombre de recours des services d'urgence et que ceux-ci ne soient pas à la hauteur des événements.

C'est de ce point de vue là que l'on peut être inquiet, parce que s'il y a un engorgement des services d'urgence, s'il y a de plus en plus de personnes que l'on fait venir aux services d'urgence, ceux-ci seront débordés. Il faut notamment ventiler les malades qui sont en détresse respiratoire. Et puis cet engorgement des services d'urgence... Non seulement il y aura sans doute des personnes que l'on ne pourra pas prendre dans les services d'urgence, mais il y a également les malades qui sont malades de toutes autres infections : – je sais pas –... Qui nécessitent une appendicectomie ou qui nécessitent...

Ou une fracture ou un anévrisme, une rupture d'anévrisme, etc., les gens qui ont vraiment besoin de services d'urgence. Tout ça risque de se télescoper. Il y a donc un véritable problème que nous avons sous les yeux. C'est l'insuffisance d'investissement dans les hôpitaux publics et dans les services d'urgence. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette crise du coronavirus arrive au pire moment, puisque du fait de restrictions budgétaires considérables année après année, eh bien les hôpitaux publics, les hôpitaux en général et les services d'urgence en particulier sont dans une situation catastrophique. J'en ai souvent parlé.

Je rappelle que la France et les Français, plutôt que d'investir dans les hôpitaux, dans les services d'urgence, également dans l'entretien de ses routes, de ses autoroutes, de ses ouvrages d'art, dans l'entretien de ses écoles, dans la construction de logements sociaux, eh bien la France dépense chaque année (NDLR : 10 milliards d'euros) pour aller construire des ponts en Croatie ou pour aller donner de l'argent au gouvernement ukrainien. On en revient toujours aux mêmes histoires, qui consistent justement sur le nerf de la guerre : où va l'argent des Français ? Et nous allons donc avoir là un jugement terrible qui va se porter sur le gouvernement...

Sur les gouvernements, qui ont mené la France dans cette situation. C'est pour ça que moi, je ne suis pas de ceux qui attaquent spécialement le gouvernement actuellement sur des mesures qui auraient tardé à être prises, parce qu'on peut considérer qu'évidemment, au début, c'était un peu difficile. L'histoire de confiner des populations... Certes, on aurait pu faire comme essayent de faire maintenant l'Italie ou la Chine. C'est peut-être ce qu'il aurait fallu faire. Mais qu'aurait dit le peuple français, sachant qu'on est déjà dans une situation sociale épouvantable ? Il n'est pas sûr que ce soit dans l'esprit des Français d'accepter de se faire enfermer.

Et puis bon, bah l'expérience historique montre que c'est assez difficile de lutter contre ça. Donc moi, je n'en veux pas trop au gouvernement pour avoir dans un premier temps un peu pataugé, et d'ailleurs toujours un peu pataugé. Je lui en veux pour l'insuffisance des investissements publics dans les services d'urgence et dans les hôpitaux publics, et ceci depuis de nombreuses années. Ça n'est pas seulement Macron qui est en cause. C'est également Hollande. C'est également Sarkozy. C'est également tous ceux qui se sont pliés aux injonctions des rapports de la Commission européenne, qui exigent de couper toujours plus dans les budgets de la santé et dans le budget de l'État.

Parmi les coupes, d'ailleurs, qui ont été effectuées, il y a aussi l'insuffisance criante de produits de première nécessité. Je pense notamment aux gels hydroalcooliques. J'ai essayé d'en acheter ce soir à Paris. C'est absolument introuvable. Il est absolument (NDLR : impossible) dans quelque grande surface ou pharmacie à Paris intra muros de trouver du gel hydroalcoolique. Tout a été dévalisé. Il n'y a donc eu aucune prévention. Il n'y a pas de stock stratégique, alors même que l'on sait qu'il y a eu des think tanks, notamment la Fondation Bill-et-Melinda-Gates... Qui en novembre 2019 faisait des simulations sur la propagation d'un virus généralisée se répandant : une pandémie.

Ça veut dire que de ce point de vue-là aussi, il y a eu une impréparation de ce gouvernement. Le plus incroyable étant aussi la question des masques. Les masques que l'on doit porter pour éviter de propager les virus sont tous fabriqués en Chine ! Or, en Chine... On n'importe plus rien de Chine. Ça veut dire que les stocks stratégiques ont été largement dilapidés. Il y avait eu – je crois – au moment de l'affaire du SRAS 500 millions de masques qui ont été – je crois – vendus petit à petit. Et maintenant, il faudrait taper dans les stocks stratégiques.

Je crois qu'il reste quelques dizaines de millions de stock stratégique, que le gouvernement semble vouloir garder au cas où la situation empirerait. Mais ça veut dire que normalement, dans un pays bien géré, il faudrait prévoir qu'il peut y avoir des épidémies, des pandémies, parce que cette affaire de coronavirus n'est pas la première. Il y a eu le SRAS. Il y a eu le MERS. Il y a eu la H1N1 : la grippe porcine. Donc depuis le début des années 2000, on voit se répandre des pandémies, plus ou moins graves, plus ou moins arrêtées, en cours.

Et ça veut dire qu'il n'y a eu aucune restriction de l'État pour avoir des stocks stratégiques le moment venu de gel hydroalcoolique, de vitamine C, de chloroquine, de masques, par exemple, qui pourraient être entretenus, c'est-à-dire des produits d'ailleurs qui seraient pérennes, qui ne sont pas des produits dont la durée de validité serait très courte. Cette affaire de coronavirus pose également une autre question. C'est la question eh bien justement de la mondialisation des échanges, de la mondialisation généralisée.

Parce que pour qu'il se soit répandu en quelques jours, disons – allez – en l'espace de 3 ou 4 semaines depuis la Chine jusque notamment en Europe occidentale, ça veut bien dire qu'il y a des échanges extraordinairement nombreux et nourris avec la Chine.

Le fait que nous n'ayons pas en France – sauf erreur de ma part – de fabricant de masques, et que la plupart des masques de protection soient fabriqués en Chine, témoigne d'une insuffisance de réflexion stratégique, hein, de la même façon que je crois savoir que les uniformes qui sont portés par – je crois – la police sont fabriqués plus ou moins au Maroc, que certains éléments des uniformes fabriqués pour telle ou telle arme sont fabriqués dans des pays asiatiques. Tout ça n'est pas sérieux !

Tout ça n'est pas sérieux parce qu'un chef d'État doit toujours avoir à l'esprit que les choses peuvent être graves et qu'il faut qu'un pays puisse avoir à tout moment son autosuffisance alimentaire, son autosuffisance vestimentaire, et d'une certaine façon son autosuffisance médicale. Ici, c'est une pandémie. Mais demain, s'il y avait une crise, une guerre qui éclatait dans les pays d'Asie du Sud-Est, que le détroit de Malacca ou que le détroit de la Sonde soit bloqué... J'ai déjà eu plusieurs fois l'occasion d'évoquer cette hypothèse. Eh bien que ferions-nous en Occident lorsqu'un nombre très important de produits manufacturés, justement, sont fabriqués en Chine ?

Il y a donc dans cette affaire de coronavirus une véritable leçon de choses qui s'applique au gouvernement. À l'évidence, l'ultralibéralisme, l'idée que tout peut circuler à tout moment, l'idée qu'un pays comme la France ou comme les pays occidentaux peuvent perdre toute leur industrie, peuvent déléguer à l'autre bout du monde la fabrique de produits stratégiques, de produits médicaux, de produits alimentaires, de produits industriels... Cette idée est une idée qui se heurte au principe de précaution, au principe de réalité, le principe de précaution et au principe également de protection de l'environnement.

Le principe de précaution, le principe de protection de l'environnement, le principe de réalité, le principe de bon sens, c'est d'essayer autant que faire se peut de produire ce dont on a besoin de façon stratégique le plus près possible des lieux où l'on en a besoin, c'est-à-dire sur le territoire national. Alors maintenant, qu'est-ce qui va se passer ? Dans l'immédiat, on apprenait aujourd'hui que les bourses mondiales continuent de chuter. Aujourd'hui, lundi 9 mars, on a eu un véritable effondrement des bourses occidentales, notamment à Paris, où il y a eu un -8%. En Espagne, ça a été bloqué à -10%. À Wall Street, ce soir, je crois qu'on est à -6% ou -7%.

Et ceci vient après déjà une diminution très rapide d'environ 15% depuis le début du mois de février des cours boursiers. Les bourses sont en train... Les valeurs des actions sont en train de s'effondrer. Et ceci est logique, puisque du fait de cette pandémie, eh bien il y a de nombreux échanges qui sont maintenant interrompus, à commencer par les échanges touristiques. Et la manne touristique qu'apportaient les touristes chinois venant en France va baisser.

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a déjà annoncé que le PIB de la France, la croissance du PIB français, qui était déjà considérée comme faible, qui avait été estimée à +1,2% par le FMI – je crois – pour 2020, va perdre plusieurs dixièmes de point. Il n'est pas du tout exclu, d'ailleurs, que bientôt, on nous annonce qu'on est tombés à 0 et que l'on va entrer en récession.

Un malheur n'arrivant jamais seul, cette chute des bourses, cette chute de l'activité économique au moment même où l'activité économique dans la zone euro est faible pour les raisons que, malheureusement, toutes les personnes qui m'écoutent savent depuis 13 ans, c'est-à-dire que l'euro et les contraintes imposées par... Les contraintes de type (malthusien) imposées par la BCE : toujours moins, toujours moins de dépenses publiques, toujours moins de niveau de vie... On remue toujours. Tout ça a un côté déjà récessif.

Maintenant, les mesures qui consistent à cloisonner les marchés, à ne plus importer les produits de Chine, à ne plus voir venir les touristes de Chine, va contribuer à ralentir... Et il est assez probable que l'on va s'orienter vers une récession.

Et ceci au pire moment, puisque tout le monde sait que nous sommes au bord d'une crise financière généralisée, du fait de la politique d'argent à tout va, de la politique menée par la Federal Reserve Board, de la banque fédérale américaine, de quantitative easing, comme on dit, c'est-à-dire en fait de créer de la monnaie en permanence pour entretenir de façon factice l'économie : politique qui a été suivie par la BCE pour éviter l'effondrement de l'euro et des économies des pays du Sud. Mais il y a toujours... Il y a un dicton boursier qui dit que les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Tout le monde sait qu'il y a eu une production de monnaie tout à fait excessive au niveau planétaire.

On ne sait même pas quel est le montant de M3 : la masse monétaire globale des États-Unis d'Amérique. Et donc tout le monde anticipe. Il y a un décrochage tel entre l'économie virtuelle et la monnaie émise et l'économie réelle que tout le monde anticipe déjà un choc financier très important. Et c'est peut-être – c'est peut-être – le coronavirus qui va être la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je ne voudrais pas jouer ici les Cassandre, mais il y a quand même de sérieuses inquiétudes qui se manifestent sur les marchés financiers.

Et parmi les dirigeants de la planète, des sérieuses inquiétudes qui se concrétisent justement par cet effondrement des cours de la bourse, et qui n'est peut-être que le début de ce à quoi nous allons assister dans les semaines et les mois qui viennent. Ajoutons également... Point de détail, mais qui est assez caractéristique : cette information qui a été soulevée notamment par Jean-Marc Jancovici, que vous connaissez sans doute, qui fait des vidéos du plus haut intérêt notamment sur les questions énergétiques.

Il paraît qu'actuellement, du fait des réglementations européennes, un très grand nombre de compagnies aériennes sont obligées de faire voler leurs avions quasiment à vide, alors qu'il y a un effondrement de la clientèle, puisqu'il n'y a pas beaucoup d'amateurs pour prendre un avion actuellement pour aller à Shanghai ou à Wuhan ou à Pékin en Chine, et de même pour recevoir des touristes de Chine. Mais pareil : il n'y a pas beaucoup d'amateurs pour prendre un avion pour aller à Rome. Et donc les avions sont désertés. La logique voudrait que si un avion, il n'y a pratiquement personne dedans, voire aucun passager, bah il ne décolle pas. Eh bien non.

Il paraît que les compagnies aériennes font voler des avions à vide en dépensant des sommes faramineuses. Et tout ceci pourquoi ? Parce qu'il y a une réglementation européenne qui dit que si une compagnie aérienne ne fait pas les vols pour le créneau horaire dont elle est bénéficiaire, eh bien elle perd le créneau horaire. Or, pour une compagnie aérienne, avoir un droit de trafic avec un créneau horaire est quelque chose d'absolument fondamental. C'est ce qui la fait vivre. Si elle n'a pas de créneau horaire et pas de droit de trafic sur une liaison, elle ne peut tout simplement pas opérer.

Donc un certain nombre de compagnies aériennes, en ce moment, paraît-il, notamment en Europe occidentale, font voler leurs avions à vide à cause d'une réglementation européenne. Voilà ce que l'on pouvait dire. Maintenant, la suite des événements. Ben il est possible... Je ne voudrais pas terminer sur une note trop triste. Il est possible aussi que cette affaire se termine – bah ma foi – comme la grippe espagnole, qui avait fait beaucoup de morts mais qui, finalement, au bout de 2 ans, s'était éteinte d'elle-même. Il est possible aussi que ça connaisse une flambée brutale comme a été le SRAS, et puis qui s'est arrêté. En fait, d'après ce que j'ai lu, il y a plusieurs scénarios possibles.

Premier scénario : c'est que – comment dirais-je – on invente très vite un vaccin qui permet d'éradiquer définitivement cette maladie nouvelle. Deuxième hypothèse : eh bien il s'agit d'une maladie qui est contenue et finalement qui est tellement bien contenue qu'elle n'arrive pas à se répandre, et qu'elle disparaît d'elle-même. C'est un petit peu ce qui est arrivé au SRAS. Malheureusement, le fait que maintenant, il y a plus – je crois – de 80 ou 90 pays qui sont infectés, laisse cette deuxième hypothèse plutôt a priori non valable.

La troisième hypothèse, c'est que ben ce coronavirus devienne une grippe nouvelle, comme on en connaît une dizaine de modes, et que cette grippe revienne régulièrement, que ça soit une espèce d'endémie qui devienne une grippe nouvelle et qui, éventuellement, connaisse des cycles semestriels si ce virus était sensible à la chaleur, puisque tout le monde sait que le virus des grippes traditionnelles, lorsque les températures montent, ont tendance à disparaître, la protection du virus étant trop fragile en cas de chaleur. Alors là, on n'en sait rien encore.

Certains font valoir que le coronavirus s'est développé et se développe en ce moment dans certains pays où il ferait normalement assez chaud, comme Dubaï ou l'Iran ou les Émirats arabes unis. Quoique, on est au mois de février, et même dans ces pays, il peut ne pas faire très chaud encore. Ce qui est exact, c'est qu'on a l'impression que les pays de l'hémisphère sud de façon générale et les pays du Sahel sont beaucoup moins touchés que les autres. Est-ce que c'est à cause de la chaleur qui y règne ou est-ce que c'est tout simplement un retard dans l'arrivée de la maladie ?

Je crois avoir fait un tour d'horizon – me semble-t-il – rationnel de cette affaire, qui ne doit pas être l'objet d'une panique générale – il faut pas exagérer –, mais qui ne doit pas non plus être sous-estimée. J'ai rappelé... J'ai fait comme le gouvernement. J'ai rappelé les quelques gestes nécessaires à faire. Tout particulièrement pour les personnes de plus de 60 ans, qui doivent faire quand même plus attention que les autres. Éviter d'aller dans des rassemblements, éviter de serrer des mains, éviter de sortir de chez elles, notamment les personnes retraitées. Si possible, elles restent plutôt chez elles pendant quelques semaines. On va voir ce que ça va donner.

Ça paraît des choses de bon sens : se laver les mains, ne pas éternuer, ne pas faire la bise et ne pas se serrer les mains de façon inopportune. Et puis surtout, il y a une leçon politique à tout ça. La leçon politique... Moi, je ne suis pas de ceux qui sont là à fustiger le gouvernement pour les mesures, quoique on a l'impression que ça a quand même un petit peu tardé : les mesures de confinement, les mesures de restrictions. Il semblerait que ça serait sans doute utile en effet que de restreindre les contacts des personnes. Mais il y a eu beaucoup de choses qui ont été un peu bizarres dans cette affaire.

Par exemple, dans un premier temps, le gouvernement a interdit les rassemblements de 5 000 personnes, mais a autorisé des rassemblements sportifs. Lorsque des sportifs – justement – de la Juventus de Turin sont venus en France, là, c'était très bien. On dit aux gens de ne pas participer... Maintenant, ça a été abaissé à 1 000 personnes. Il ne faut pas qu'il y ait des rassemblements de 1 000 personnes. Oui, sauf que quand on prend le métro à Paris, la ligne 13 à 18h00 ou 18h30, ben là, il y a des centaines et des centaines de gens qui sont serrés comme des sardines, parce que d'ailleurs, il y a eu un sous-investissement dans les transports en commun. Voilà.

En revanche, là où je pense que le gouvernement, vraiment, est fautif – et pas seulement lui, mais les gouvernements successifs –, c'est encore et toujours dans le mauvais choix, la mauvaise stratégie pour la France. Il faut mettre désormais le paquet sur les hôpitaux publics, sur les services d'urgence, sur le matériel médical dont on a besoin. Et tout ceci, malheureusement, a été... On a eu des sous-investissements chroniques depuis maintenant des années, et que l'on risque de payer très cher en matière de coût humain. Sur ce, je vous suggère de garder le moral, de ne pas céder à la panique, mais d'adopter un comportement le plus rationnel qui soit, comme je vous l'ai dit.

Vive la République et vive la France.