La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, est l'invitée de l'Evénement du dimanche
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
– Bienvenue dans l'événement du dimanche, ravie de vous retrouver. Bonjour Yael Brown-Pivet. – Bonjour. – Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Nous sommes ravis de vous recevoir, présidente de l'Assemblée nationale, avec à mes côtés pour vous interroger durant cette heure d'interview, Arlette Chabot. – Bonjour.
– Bonjour à vous. – Et bonjour Madame la Présidente.
– Bonjour. – Beaucoup de sujets à aborder ensemble, l'actualité est riche. On sera aussi curieuse avec Arlette de vous entendre sur ces articles de presse qui vous décrivent désormais comme le poil à gratter de la Macronie. Et je vous vois réagir, au dire de certains, vous agissez, réagissez comme une députée frondeuse. Voilà, je vous vois lever les yeux au sel, mais il y aura peut-être quelques mises au point à faire. Mais d'abord, la situation politique française. Et ça y est, cette mise au point du Premier ministre, ça va mieux en le disant. Le 49.3 sera activé demain à l'Assemblée nationale. C'était impossible de faire sans, Madame la Présidente.
– C'est un processus très classique en fait, concernant le budget, comme on le sait dans notre pays et dans tant d'autres pays également et dans nos communes. Voter le budget, c'est assumer de faire partie d'une majorité. Et donc, évidemment, à entendre les déclarations des uns et des autres, nous n'avons pas aujourd'hui de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Et donc, la seule voie d'action qui était celle qu'avait utilisée Michel Barnier en son temps et Elisabeth Borne et les autres premiers ministres, c'est de passer par le 49.3.
– Mais je vous pose la question, parce qu'il y a encore moins de 48 heures sur nos plateaux. Le ministre de l'Économie, la ministre du Budget, Amélie de Montchalot, disait encore « C'est pas automatique, on va voir. Est-ce qu'ils ont fait planer le doute un peu trop longtemps ? »
– Je n'en sais rien, mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que contrairement à ce qu'on pouvait penser avant, on disait « Le 49.3, c'est la solution de la facilité ». – C'est pas vrai, on a vu en décembre, le 3 décembre dernier, que ce n'était pas la solution de facilité, puisque le gouvernement de Michel Barnier est tombé sur un 49.3 qu'il avait actionné sur le budget de la sécurité sociale. Donc c'est un acte qui est grave, important. Le Premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale et l'Assemblée nationale prendra ses responsabilités. Lundi 49.3, il y aura probablement une motion de censure qui sera déposée dans la foulée.
– Les insomis l'ont annoncé. – Les insomis qui ont comme pratique depuis 2022 de déposer systématiquement une motion de censure après l'engagement d'un 49.3, elle sera discutée dans la foulée, c'est-à-dire mercredi dans la journée, si elle est déposée lundi, et nous verrons qu'elle sera à l'issue. Moi, je ne doute pas qu'il y aura une majorité à l'Assemblée nationale pour considérer que, quel que soit le budget qui a été adopté en commission mixte paritaire, il nous faut un budget, il faut un budget à la France, c'est ce que les Français attendent. J'étais encore avant-hier en Charente, c'est ce que tout le monde m'a dit.
Ils n'attendent pas un budget miraculeux, ni le budget parfait, ils veulent simplement que nous puissions continuer à avancer sérieusement, et donc il nous faut pour ce faire un budget.
Oui, on peut avoir deux 49.3, c'est ce qu'annonce le premier ministre, à la fois sur le projet de loi de finances, et on le sait aussi sur le projet de finances de la sécurité sociale, texte sur lequel son prédécesseur, Michel Barnier, était tombé. Ça veut dire qu'il dit 10 jours pour tout régler, c'est-à-dire, vous évoquiez un premier débat de censure, et puis il y aura un deuxième 49.3 qui sera annoncé, et un deuxième débat de censure, c'est fini quand ?
Alors en fait, c'est un processus qui est un peu long, je vais vous expliquer, si vous me le permettez, en quelques instants. D'une part, sur le budget de la France, il y a eu ce qu'on appelle une commission mixte paritaire, avec 7 députés, 7 sénateurs, qui se sont mis d'accord. Cela faisait 15 ans, 15 ans qu'il n'y avait pas eu de commission mixte paritaire conclusive, donc il faut saluer aussi, là, l'effort de compromis qu'ont fait les parlementaires, députés et sénateurs réunis.
Donc là-dessus, une fois que le 49.3 est engagé, et si jamais la motion de censure n'est pas adoptée, le budget de la France sera considéré comme adopté par l'Assemblée nationale, mercredi, à l'issue du vote sur la motion de censure. S'agissant du budget de la sécurité sociale, là on est dans un processus différent, puisque les conclusions de la commission mixte paritaire, qui avait elle aussi été conclusives en novembre 2024, ont été rejetées, puisque en décembre, le gouvernement de Michel Barnier est tombé. Donc là, nous avons repris la procédure parlementaire par une nouvelle lecture.
Et donc, là, il y aura plusieurs 49.3, si c'est la voie que choisit de suivre le Premier ministre, parce qu'il y a plusieurs étapes encore de discussion parlementaire, et plusieurs parties du texte qui doivent faire l'objet à chaque fois d'un vote de l'Assemblée nationale. Et c'est la raison pour laquelle le processus pour arriver au bout du budget de la sécurité sociale pourra prendre plus de jours, une dizaine de jours probablement. Tout dépend, encore une fois, de la façon dont se comportera l'Assemblée nationale et ses députés.
Justement, on va parler de l'attitude de l'Assemblée des députés, vous semblez plutôt confiante. Juste une question sur le 49.3. Est-ce que vous dites, sur le budget, la sécurité sociale, ok, ensuite, si François Bayrou est maintenu, il doit s'engager à ne plus gouverner, à faire passer des textes par 49.3 ? Est-ce que ça peut faire partir, finalement, du bouquet proposé à cette majorité qu'il n'a pas, justement ?
Moi, je n'ai jamais été de ceux qui critiquaient le 49.3, considérant que c'était un outil qui permettait de faire face quand nous n'avions pas de majorité, ou alors de faire face quand il y avait de l'obstruction parlementaire. Et c'est un outil constitutionnel. C'est pas antidémocratique, c'est ça ? C'est pas antidémocratique, et j'observe que, quelle que soit la majorité au pouvoir, de droite ou de gauche, personne, personne, n'a jamais supprimé de supprimer, proposé de supprimer le 49.3, parce qu'on est bien conscient qu'il permet d'éviter les blocages, et donc il est utilisé dans l'intérêt du pays.
Il faut savoir que son usage a été limité en 2008, nous ne pouvons l'utiliser qu'une seule fois en session ordinaire sur un texte majeur. Maintenant, moi, j'invite le gouvernement, le Premier ministre, à dialoguer au maximum pour construire des compromis, parce qu'on ne peut pas gouverner contre l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale a été élue par le peuple français. C'est sa dernière expression démocratique. Et donc, pas de contournement de l'Assemblée nationale. Il nous faut une écoute attentive de nos parlementaires, des parlementaires que j'ai l'honneur et qui m'ont confié cette mission de présider à leur destinée.
Moi, je pense que c'est fondamental d'ouvrir une nouvelle ère politique, faite de dialogues, d'écoutes, de compromis, de consensus.
Mais en ce sens-là, il est plutôt habillé, François Bayrou, parce que finalement, il constate lui-même, d'ailleurs, qu'il y a une nouvelle voie, comme il l'avait dit, il y a un chemin. Ça y est, il a trouvé le chemin. On va parler de ce qu'on prend les socialistes. Moi, j'espère qu'il le trouvera. Ça change, à votre avis ? Mais en tout cas... Quelque chose qui a bougé, quand même, à l'Assemblée aussi, vous le sentez ?
C'est toute son histoire politique, François Bayrou, et moi, c'est pour ça aussi que je me suis engagée en 2017, pour rassembler, pour essayer de dépasser les confrontations stériles. Et donc, je crois que c'est ça qu'il essaye de mettre en œuvre aujourd'hui. Et puis, aujourd'hui, c'est une lapalissade. Mais ce n'est pas hier. Nous avons eu un gouvernement qui a été renversé. C'était la première fois depuis 62 ans. Depuis 62 ans. Et cette réalité-là, elle s'impose à tous. Nous n'avons pas de majorité à l'Assemblée nationale. Et nous avons des oppositions qui, à l'Assemblée nationale, n'ont pas hésité, à un moment donné, de censurer le gouvernement.
Et donc, chacun, aujourd'hui, connaît cette histoire-là et doit s'élever pour faire avancer notre pays. On sait bien aussi que la censure a eu un coût, un coût très important. Catherine Vautrin et d'autres l'ont chiffré à 12 milliards d'euros. Nous n'avons pas les moyens de continuer ainsi. Nous sommes en recherche d'économie. Il faut être responsable. En tout cas, quand on fait de la politique, c'est la moindre des choses. Et c'est ce qu'attendent de nous, les Français. Moi, j'ai été en Charente, dans le Loiré. Je serai la semaine prochaine dans le Var. Ils me le disent partout.
Et ceux qui votent la censure sont-ils responsables ?
Aujourd'hui, au mois de février, en tout cas, moi, je les invite à prendre leurs responsabilités, qui sont celles de la France. Et l'intérêt de la France, aujourd'hui, c'est d'avoir un budget.
On vous a entendu sur la censure. Elle sera déposée, c'est une certitude, par les Insoumis. Demain, en fin d'après-midi, semble-t-il, pour une discussion mercredi. Les yeux sont braqués sur le Parti socialiste. Pas que, on viendra aussi au Rassemblement national. Prennent-ils le chemin de la non-censure, selon les remontées que vous avez ? Vous êtes au cœur de cette machine qui est le Parlement. Aujourd'hui, vous avez des discussions, vous parlez entre vous. Est-ce que vous pensez que ce qu'ils ont fait il y a trois semaines, en décidant de ne pas voter, en grande majorité, 8 ont voté, 8 députés socialistes ont voté cette censure, on prend ce même chemin ? Peut-on leur faire confiance ?
C'est ça que je vous demande. Alors, on peut leur faire confiance.
On peut faire confiance aux parlementaires, d'une façon générale. Vous savez, vous ne pouvez pas rentrer dans des logiques de dialogue, de compromis, de consensus, si vous ne faites pas confiance à tous ceux qui rentrent dans cette logique-là. Moi, je voudrais saluer, mais pas seulement eux. J'ai le groupe Liberté, Indépendant, Outre-mer et Territoire. Le groupe Liotts est aussi rentré dans cette logique de dialogue. Les écologistes aussi ont participé, les communistes. Chacun est venu, je crois, avec vraiment un esprit positif dans les discussions qui ont été menées au ministère de l'Économie et des Finances. Donc moi, j'ai confiance.
J'ai confiance parce que lorsque l'on fait de la politique, on s'engage, vous savez, on ne s'engage pas pour soi-même. On s'engage parce qu'on veut poursuivre un objectif d'intérêt général. Et puis, on n'exerce pas un mandat pour soi. Le mandat, c'est exercer un mandat que nous ont confié les Français. Et à entendre les Français, à les rencontrer, je vous dis, quasiment quotidiennement lorsque je me déplace, je les entends et ils me disent, nous voulons avancer. Mettez-vous autour d'une table, retroussez-vous les manches, discutez entre vous. Il n'est plus temps de ces conflits, de ces querelles stériles.
Et donc, moi, je n'ose imaginer que des partis qui sont responsables, qui sont des partis de gouvernement, puissent s'engager dans la voie qui serait une voie très chaotique, très dangereuse pour notre pays. Et lorsque l'on regarde le monde, nous ne pouvons pas nous permettre de nous engager dans une voie de la déstabilisation. Le monde est suffisamment anxiogène. Et nos compatriotes nous le disent aussi. Ils sont inquiets, ils sont peurs. Et donc là, il faut que nous soyons collectivement à la hauteur. Vous n'êtes pas convaincu que nous le serons.
Vous n'êtes pas la seule à le dire, Arlette. Il y a cet appel qui a marqué l'actualité. Un ancien Premier ministre dont la voix porte encore.
Oui, la journaliste Jospin qui effectivement appelle les socialistes à ne pas voter la censure parce qu'il y a des conséquences. Il rappelle évidemment, l'administration ne serait plus dirigée, puis conséquences financières. Et il dit, on ne censure pas pour un mot. C'est-à-dire, cette expression, on y reviendra tout à l'heure que vous-même, vous avez contesté, effectivement, ce sentiment de submersion. Même s'il dit-il, il n'est pas d'accord. Donc, première question, vous dites, merci Lionel Jospin.
En tout cas, moi, je trouve que dans notre pays, malheureusement, on n'a plus assez de grandes voix. De grandes voix qui portent parce qu'elles ont de l'expérience, parce qu'elles ont une pensée, une vision. Et Lionel Jospin fait partie de ces grandes voix. Il y en a d'autres. En tout cas, il ne faut pas tout mélanger. Les socialistes ont obtenu aussi des avancées de la part du gouvernement dans le budget qui a été adopté en commission mixte paritaire sur le plan de l'éducation, de l'environnement, de l'innovation, de la recherche. Il y a des avancées sociales avec cette reprise des discussions sur la retraite. Il y a eu beaucoup de choses.
Et ça, c'est du concret, c'est du solide et c'est du fond. Et je crois et je suis convaincue que c'est ça qui importe plus que tout. Au-delà de la responsabilité qu'il nous faut d'avoir un budget, il faut avoir un budget qui comporte des équilibres, des équilibres aussi de justice, de justice fiscale, de justice sociale, justice fiscale à travers l'imposition exceptionnelle des grandes entreprises. Et qui crée quelques remous, on y reviendra. On y reviendra. Mais vous voyez, il faut quelque chose qui paraisse en tout cas à nos compatriotes équitable, juste. Et je crois que chacun dans ce budget a fait les meilleurs efforts
pour y parvenir. On parle de la gauche, du Parti Socialiste. On parle aussi du Rassemblement National qui ont voté la censure au mois de décembre dernier. Jordan Bardella disait hier la décision n'est pas encore prise. On va discuter parlant de la censure. À l'instant, chez nos confrères de France 3, Jean-Philippe Tanguy, qui est une voix qui compte aussi à l'Assemblée, dit que ce budget est pire que s'il n'y en avait pas. Pensez-vous que Marine Le Pen, ses députés, pourrait appuyer sur le bouton ? En disant cela, il a tort.
Il a tort parce que si nous n'adoptions pas ce budget, et vous savez que moi, je n'étais pas de celle qui disait que s'il y avait une censure en décembre, ce serait le chaos. Moi, j'avais eu une voix qui était plus équilibrée et qui, me semble-t-il, vu ce qui l'est advenu après, était la voix juste. Aujourd'hui, en revanche, nous ne sommes plus dans la même situation. Nous sommes au mois de février. Si nous n'avons pas de budget, ça signifie que le gouvernement serait tombé. Donc il faudrait un nouveau Premier ministre, de nouvelles consultations, un nouveau gouvernement. Il faudrait là, pour le coup, repartir à zéro sur la construction d'un budget.
Donc là, ce sont des semaines et des semaines. Et on aurait un souci sur l'indexation de l'impôt, sur le revenu qui touche des millions de nos compatriotes qui, là, se verraient à nouveau imposables et qui auraient une hausse de leurs impôts, etc. Donc on n'est pas dans la même situation de décembre et de février. Et il a tort quand il dit qu'il vaudrait mieux pas de budget qu'un budget que celui-là. Et ça, pour le coup, c'est vraiment irresponsable. Mais à votre avis, sur quels critères, finalement,
le Rassemblement national ? Il y a eu des menaces de Jordan Bardella, le mot ligne rouge, l'expression ligne rouge a été à nouveau utilisée hier par le président du parti. Qu'est-ce qui pourrait conduire aujourd'hui le Rassemblement national à voter la censure ?
Écoutez, je n'en sais rien. Moi, je ne suis pas commentatrice. Et peut-être vous... Non, mais hypothèse.
Vous avez vu la dernière fois, surprise. Mauvaise surprise pour Michel Barnier.
En tout cas, moi, je pense que là, il n'est plus temps d'avoir des lignes rouges. Il est temps de penser à nos compatriotes, à nos Français qui sont dans le pays et qui sont inquiets. Nous avons besoin de les rassurer. Ne rajoutons pas de l'angoisse à l'angoisse. Il y a eu de l'angoisse dans notre pays après la dissolution. Il y a eu de l'angoisse dans notre pays après la chute du gouvernement Barnier. Il est temps. Il est temps que chacun prenne un peu sur soi pour rassurer nos compatriotes. Autrement, ce n'est pas la peine de faire de la politique. Ce que vous disiez tout à l'heure,
ce serait une crise politique très grave. C'est-à-dire, en imaginant la chute du gouvernement de François Bayrou, on entre dans une zone inconnue. Vous dites qu'il faudra tout recommencer. Mais avec qui ? Comment ? Et quelle est la porte de sortie ? Vous cherchez ou vous commencez la porte ?
Aujourd'hui, non, je ne la connais pas. Et c'est pour ça que moi, j'apporte mon soutien aux meilleurs efforts qui sont faits par ce gouvernement. Et vous croisez les doigts pour que ça marche ? Je n'ai pas besoin de croiser les doigts parce que j'ai l'honneur de présider l'Assemblée nationale et donc je fais mes meilleurs efforts pour que nous puissions avoir un budget et que nos compatriotes puissent se dire
qu'ils ont une classe politique responsable. Parce qu'on ne va pas faire de politique fiction, mais un peu quand même. Vous évoquez les conséquences financières, on l'a bien entendu, cet appel partagé avec le Premier ministre notamment, mais les conséquences politiques d'une censure votée mercredi, possiblement. Quelles conséquences politiques faudrait-il en tirer ?
Vous savez, il y a les conséquences politiques, mais il y a aussi les conséquences sur le plan de l'image de la France. Nous voyons, et c'est un peu aussi ce que disent les grands patrons, la France qui depuis 5 ans était le pays le plus attractif d'Europe, c'est en train de vaciller. Et donc il faut absolument que nous renvoyons à nouveau cette image de notre pays qui est dynamique, qui est sur la voie de la réindustrialisation, de l'attractivité, de la formation de notre jeunesse, de l'employabilité de chacun. L'image est durablement abîmée pour vous ? Pas durablement, justement, mais donc c'est fragile. Vous savez, c'est fragile l'image. Et c'est fragile la confiance.
Et nous avions retrouvé la confiance des investiteurs. Elle est là aujourd'hui encore. Ne la perdons pas. Et donc là, ce serait dangereux. Ce serait dangereux pour la voie de la France. On voit aujourd'hui que Donald Trump est en train, avec les décrets qu'il est en train de signer, de remettre en cause, de bouleverser l'ordre économique mondial. Avec de nouvelles taxes. À l'égard de ses plus proches alliés, le Canada, par exemple. Et donc, il faut pour cela que la voie de l'Europe et singulièrement au sein de l'Europe, la voie de la France, puisse être portée par un gouvernement, par des ministres qui sont aux manettes.
Et donc, nous ne pouvons pas, dans le contexte actuel, nous permettre de rentrer dans une zone d'instabilité. Et c'est pour ça que... Ça ne veut pas dire que le budget qui sera présenté lundi au Parlement est le budget parfait. Évidemment que non. C'est le budget des compromis. C'est un budget des compromis. C'est le budget de la raison. C'est un budget qui nous permet, dans les semaines et les mois qui viennent, de faire face. Et donc, il faut l'adopter. Et ensuite, il faut engager des réformes, des réformes de structure. Et puis, préparer, et c'est ce que feront Éric Lombard et Amélie de Montchalin, le budget 2026. Parce que le travail commence
dès l'adoption de celui-ci. Mais politiquement, vous n'êtes pas, vous le dites, une commentatrice de la vie politique. Mais vous l'observez néanmoins. Vous voyez les mouvements d'un Jean-Luc Mélenchon qui se prépare à une présidentielle anticipée. Marine Le Pen qui dit ne pas vouloir le chaos, mais prépare aussi et fourbise ses armes. Qu'est-ce que vous dites de tout cela ? Est-ce que vous pensez, aujourd'hui, que d'abord, première question, une dissolution est inéluctable au mois de juin prochain, parce qu'il ne peut pas y en avoir avant, et la présidentielle anticipée se précise-t-elle ?
Moi, un des phares de mon engagement, c'est le respect des Français. Et respecter les Français, c'est respecter les choix qu'ils font dans les urnes. C'est ceux-là, respecter l'État de droit. C'est ceux-là, être fervent défenseur de la démocratie. Les Français ont exprimé, en 2022, un choix très clair dans les urnes. Ils ont éli Emmanuel Macron, président de la République, pour cinq ans. Donc, son mandat court jusqu'en 2027. Respecter le choix des Français, respecter la parole des Français, c'est ceux-là. Les Français ont exprimé également un choix très clair dans les urnes, en 2024, en juillet 2024, lorsqu'ils ont élu cette Assemblée nationale.
Respecter les Français, c'est respecter l'Assemblée nationale telle qu'elle existe aujourd'hui. C'est respecter aussi le choix qu'ils ont fait du barrage républicain. Ils ne voulaient pas que le Rassemblement national soit au pouvoir. Et donc, respecter le choix des Français, c'est aussi porter une politique qui ne soit pas celle du Rassemblement national et qui ne flirte pas avec celle que souhaite le Rassemblement national. C'est ceux-là, pour moi, respecter les Français. Et c'est à ceux-là que je m'attache jour après jour, nuit après nuit. Et donc, en tant que président de l'Assemblée nationale, je souhaite la stabilité institutionnelle parce que c'est ceux-là, respecter les Français.
Jouer et appeler à la démission, c'est appeler et jouer avec le feu aussi, dites-vous.
Mais c'est plus que jouer avec le feu, c'est ne pas respecter les choix exprimés par les Français dans les urnes. Vous savez, quand on fait de la politique, il faut faire confiance aux Français. On dit souvent que les Français ne font pas confiance aux politiques. Mais faisons leur confiance. Et faisons leur confiance lorsqu'ils expriment des choix très clairs, lorsqu'ils se déplacent massivement pour voter.
Gaëlle Broun-Pivet à ce moment de l'émission. Et on évoquait la colère des patrons, l'inquiétude avec aussi ces nouvelles taxes américaines à venir, sans doute en Europe. Effectivement, ces mots très durs d'un certain Bernard Arnault, PDG de LVMH. Mot dur aussi du patron des patrons, Patrick Martin, qui dit voilà, ceux qui peuvent partir partent et ils ont raison. Sous-entendu, partent à l'étranger évidemment. Ils ont raison d'être en colère ces patrons aujourd'hui. François Bayrou le dit, « Cet agacement est juste. Je trouve injuste et pénalisant pour nous de leur faire un procès en uncivisme. » Les mots du Premier ministre. Alors,
je pense qu'ils ont raison d'être inquiets. Et justement, c'est aussi cette instabilité politique, c'est cette instabilité au niveau mondial qui fait et qui génère cette inquiétude-là. Et donc, cette inquiétude, elle est légitime. Il faut également, mais ils le sont. Moi, je n'ai pas de doute parce qu'ils défendent au quotidien la production en France. Bernard Arnault est un patron qui a des dizaines de milliers d'emplois dans notre pays. Il fait vivre notre économie. Et donc, il ne faut pas considérer à la légère ce qu'ils nous disent. Et on parlait tout à l'heure d'attractivité de la France grâce à une politique de l'offre qui a été menée de façon très résolue depuis 2017.
Il ne faut pas que cette politique de l'offre soit enrayée parce que nous avons besoin de patrons qui entreprennent en France. Moi, je n'ai pas entendu leur propos comme un appel à la délocalisation. Bien au contraire, c'est plutôt une alerte. Il a rectifié d'ailleurs. L'alerte, il faut que nous l'entendions. En revanche, après, que les grands patrons puissent, à un moment donné, être appelés à contribuer à un effort exceptionnel, je trouve que c'est normal. Notre pays, en ce moment, est en difficulté budgétaire. Et donc, nous avons besoin de l'effort de tous. Et l'effort de tous, c'est évidemment l'effort aussi des grands patrons et de nos fleurons industriels.
Je ne crois pas les avoir entendus rechigner à cet égard. En revanche, il faut que cet effort soit exceptionnel. Il ne s'agit pas de créer de nouvelles taxes et de nouveaux impôts durables. Une taxe d'un an est un peu le sujet. Il faut croire aussi en la parole politique. Il y a un engagement. Commission mixte paritaire, les parlementaires se sont mis d'accord pour une taxe exceptionnelle d'un an. Eh bien, moi, je crois qu'il faut nous croire parce qu'autrement, si on ne croit pas aux engagements des politiques sur ce point lorsqu'ils sont à ce point officiel, eh bien, ça n'est plus la peine de se parler, ça n'est plus la peine de dialoguer. Moi, ça, je n'y crois pas.
Mais nous avons besoin de forces économiques qui créent de l'emploi en France. Nous avons, grâce à elles et grâce à beaucoup de dispositifs, créé 2 millions d'emplois depuis 2017. On voit qu'en ce moment, le chômage remonte. Et donc, là aussi, il y a de l'inquiétude dans nos territoires, chez nos compatriotes. Donc, prenons garde à ne pas fragiliser notre économie. Nous avons besoin de l'effort de tous et nous avons besoin singulièrement de nos grands industriels. Mais je sais qu'ils le savent et ils savent qu'ils peuvent compter sur nous, mais comme nous savons que nous pouvons compter sur eux.
Alors, il y a quelqu'un qui a réagi très violemment au propos à la fois de M. Arnaud, du président Patrick Martin du MEDEF. C'est Sophie Binet, la tête de la CGT, qui dit « ça y est, les rats commencent à quitter le navire ». Qu'est-ce que ça nous dit des relations sociales en France ou de la, comment dirais-je, conception du rôle que doit avoir un grand syndicat dans la vie politique française ?
Vous aurez compris déjà que je déteste cette utilisation de ce type de vocabulaire. Je trouve que ça n'a pas sa place dans le débat public parce que moi, je suis plutôt quelqu'un qui prône un peu de nuances et un esprit constructif. Et quand on entend, quand on utilise ce vocabulaire, ça n'est ni signe d'un esprit constructif ni signe de respect et de nuance. Moi, c'est choquant. Ça me choque, évidemment que ça me choque. On ne parle pas comme cela de ces personnes qui, en plus, qui sont créatrices de richesses et qui sont créatrices d'emplois et qui permettent à la France aussi de briller dans le monde. De quelle France on veut ?
Est-ce qu'on veut une France qui n'est pas championne sur un certain nombre de secteurs ? On parle du luxe, on peut parler de l'aéronautique, on peut parler du spatial, on peut parler aussi de la recherche, de la recherche médicale. Nos médecins font des prouesses dont on est malheureusement assez peu fiers et on devrait l'être beaucoup plus. Donc, soyons fiers de ce que l'on fait, de ce que l'on fait aux entreprises. Et à nouveau, c'est parce que nous avons de l'emploi que nous pouvons assumer, avoir un modèle social qui est unique au monde et qui est protecteur et dont je suis très fière également.
Et donc, faisons attention, prenons garde à ne pas opposer les gens, les uns contre les autres. C'est ensemble que nous arriverons et que nous parviendrons à contribuer au redressement de la France et à faire briller la France au niveau mondial. Et donc, n'opposons pas les uns aux autres. Et il faut, il faut avoir une industrie. Il nous faut avoir des entreprises qui créent de l'emploi et qui créent de la richesse.
Et qui acceptent une taxe exceptionnelle d'un an.
C'est ce que j'ai dit également. Ça fait partie. Mais je n'en doute pas. En tout cas, moi, les chefs d'entreprise que j'ai rencontrés m'ont dit que l'effort exceptionnel, ils l'acceptaient mais parce qu'il y avait effort et qu'il y avait
exceptionnel. À votre même place, ici même, sur ce plateau, il y a une semaine tout juste, le Premier ministre prononçait ses mots, évoquait un sentiment de submersion migratoire. Il maintient ses propos. Il le dit. Ce ne sont pas des mots qui sont choquants. Et dans la tribune, dimanche encore, aujourd'hui, il le dit. si on ne voit pas l'inquiétude profonde face à notre incapacité à réguler l'immigration, on nie la réalité. À vous, Yael Brunpivet, on sait que vous n'êtes pas complètement en accord avec ces mots. Il fait quoi, François Bayrou, du mitterran dans le texte ? On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ? Ça, c'était Michel Rocard.
À nouveau, je ne suis pas là pour commenter et pour me mettre dans la tête des autres. En tout cas, en revanche, moi, ce n'est pas mon vocabulaire. On parlait tout à l'heure de Sophie Binet avec les rats qui est le navire, ça n'est pas mon vocabulaire. Sur l'immigration, la submersion, ça n'est pas mon vocabulaire. C'est un vocabulaire qui ne correspond pas à ce que je suis et donc que je n'utilise pas personnellement et c'est ce que j'ai dit et je le réaffirme aujourd'hui. Après, il ne faut pas être naïf. Nous avons deux sujets, finalement, dans notre pays. On a la question migratoire qu'il faut regarder en face.
Il faut la regarder avec beaucoup de lucidité, mais il ne faut pas faire d'amalgame. Nous avons une immigration qui est régulière, qui est, j'allais même dire, souhaitée. Il s'agit de l'immigration de travail et nous l'avons même encouragée dans les derniers textes que nous avons votés à l'Assemblée nationale. C'est un peu plus de 50 000 visas qui sont donnés aujourd'hui pour des travailleurs dont nous avons besoin et également, nous avons plus de 10 000 personnes qui viennent avec ce qu'on appelle des passeports talents. C'est quelque chose que l'on a créé et qu'il faut évidemment continuer à réaliser. Nous avons un peu plus de 100 000 étudiants qui viennent tous les ans en France.
Évidemment, nous sommes heureux d'accueillir des jeunes qui ont envie de venir se former dans nos grandes écoles, dans nos universités. Il y va aussi de questions de francophonie, de rayonnement de la France. Nous sommes en train de former les élites des pays avec lesquels nous avons des partenariats. Évidemment, cette immigration qui est passagère, formation d'étudiants, il faut également la garder. Nous avons également une immigration de regroupement familial avec des Français comme vous, comme moi, qui sont amoureux et qui font des familles avec des personnes qui ne sont pas de nationalité française et qui font venir dans notre pays.
Et cette immigration-là, à partir du moment où elle a des critères bien définis, c'est ce que nous avons fait dans la loi, il faut aussi l'accepter et l'accueillir. Et nous avons des demandeurs d'asile qui viennent en France parce qu'ils sont persécutés et il ne faut évidemment pas revenir sur notre tradition d'asile. Une fois que l'on a dit ça, il faut dire également qu'il ne faut pas que des personnes viennent en France en dehors de ces filières-là. Et donc ça, c'est la lutte pied à pied contre l'immigration irrégulière.
Et puis, il faut que ceux qui sont venus dans le cadre des filières légales, eh bien, s'ils ne sont plus en situation régulière parce que leur visa est expiré s'ils ont fini leurs études, parce qu'ils n'ont pas eu leur demande d'asile reconnue, eh bien, il faut que ceux-là repartent dans leur pays parce qu'ils n'ont pas vocation à rester ici. Et donc, notre sujet sur l'immigration, c'est surtout et avant tout une question de comment on arrive enfin à exécuter les décisions qui sont prises d'éloignement du territoire français. On voit qu'on n'est pas bon. C'est une question de procédure et nous avons adopté un certain nombre de dispositions dans la dernière loi pour simplifier les procédures.
Mais c'est aussi une question de réalisation. Il faut y mettre les moyens, il faut réorganiser tout cela et c'est la tâche du ministre de l'Intérieur qui se donne beaucoup de mal. Mais il n'y a pas que de la loi, il se donne beaucoup de mal. Gérald Darmanin l'avait fait aussi en son temps. On sait que c'est extraordinairement difficile. Ça passe par une lutte pied à pied sur notre territoire. Ça passe évidemment par des échanges diplomatiques avec les pays de retour, les pays d'Afrique du Nord évidemment mais pas seulement. Et ça passe par une bonne coordination avec les pays européens et ça, c'est l'objet du pacte Asile et Migration qui a été voté il y a quelques mois de cela.
Il y a un deuxième sujet excusez-moi d'être un peu longue c'est que nous avons sur notre territoire un certain nombre de personnes qui sont installées et qui sont installées parfois depuis une, deux, trois générations et qui ne sont toujours pas qui n'ont toujours pas adopté les valeurs qui sont les nôtres qui ne se sont pas bien intégrées. Et le problème il est là. Le problème il est là. Quand on vient en France on est obligé et là il faut être intransigeant d'adopter les valeurs de notre pays il n'y a pas de négociation sur l'égalité entre les hommes et les femmes il n'y a pas de négociation sur nos principes républicains.
On parle français On se fait soigner
par une médecin On accepte effectivement de se faire soigner par une médecin femme il n'y a pas de piscine où il y a des horaires séparés entre les hommes et les femmes on est pleinement intégrés sur notre territoire avec nos valeurs avec notre histoire avec ce que nous pensons avec notre conception des droits de l'homme et là-dessus on a aussi beaucoup légiféré c'était la loi sur les principes républicains qui font qu'on n'accepte pas des associations sportives qui on discrimine selon les genres ou moi j'ai dans ma circonscription parfois j'ai des citoyens qui m'envoient des photos ou il y a des interruptions pour faire des prières ou ça on ne l'accepte pas ça n'est pas la France ça n'est pas l'espace public Mais à ceux qui vous disent que rien ne se passe sur le terrain
concernant justement ces phénomènes
Justement il faut nous avons légiféré nous avons récemment évalué la loi que nous avons voté en la matière et s'il faut rajouter du législatif moi je suis extrêmement favorable à le faire le séparatisme c'est ça et c'est ça pour lequel nous devons mettre l'ensemble de nos moyens nous devons lutter pied à pied contre cela lorsque l'on est en France on doit absolument s'intégrer et moi je ne sais pas la petite fille d'immigrés qui vous dira l'inverse mon grand-père venait de Pologne ma grand-mère venait d'Allemagne ils étaient un réfugié économique l'autre réfugié politique ils se sont battus pour la France leur petite fille aujourd'hui est présidente de l'Assemblée Nationale je suis née en France je suis française de naissance avec ces origines là et pleinement dans la République comme l'étaient pleinement mes grands-parents et mes parents avant moi c'est cela l'histoire de notre pays c'est cela notre modèle d'intégration et c'est cela que nous devons réaliser aujourd'hui et pour lequel nous devons nous battre ça veut dire que
Bruno Retailleau a raison ou a eu raison de modifier les critères de régulation le fameux circulaire valse en précisant justement qu'il faut reconnaître les valeurs qu'il faut parler français donc vous dites il a raison Bruno Retailleau finalement
sur les valeurs sur la maîtrise de la langue française c'est une évidence c'est une évidence mais on n'a pas attendu la circulaire de Bruno Retailleau pour le faire à nouveau c'est ce que l'on fait donc bravo il y a raison mais à nouveau on n'a pas attendu Bruno Retailleau pour le faire il le réaffirme et c'est important de le réaffirmer il faudrait le réaffirmer au quotidien comment aujourd'hui nous faisons nation autour de nos valeurs et de ce que nous sommes et de notre modèle c'est quelque chose de fondamental après là où j'ai été un petit peu plus critique sur la circulaire de Bruno Retailleau c'est qu'il a enlevé tous les critères qu'avait inscrit Manuel Valls en son temps les critères pour moi c'était une garantie d'égalité de traitement sur l'ensemble du territoire et c'était aussi une garantie pour les personnes qui demandaient leur régularisation de savoir si elles remplissaient les critères ou pas je trouvais que c'était quelque chose d'important d'avoir de la clarté sur ce point aujourd'hui dans la circulaire on n'est plus sur le pouvoir discrétionnaire des préfets et c'est moi qui suis une juriste moi qui suis une femme de droit je préfère quand on est un petit peu plus clair sur les critères
et d'une manière un peu générale vous faites confiance à Bruno Retailleau ministre de l'Intérieur où vous dites oh là là attention lui aussi à une tonalité qui peut se rapprocher un tout petit peu de ce que dit le Rassemblement National vous êtes en confiance avec lui ? moi je suis en confiance
parce que je le connais peu ça n'est pas évidemment quelqu'un qui était de ma famille politique mais en tout cas je vois qu'il agit avec beaucoup de sincérité et donc partant de là moi déjà lorsqu'on fait de la politique je trouve que lorsqu'on est sincère et qu'on porte ses convictions pour moi c'est déjà quelque chose d'extrêmement positif on vous pose la question quand même parce que voilà après moi j'exprime mes désaccords quand ils existent et vous les exprimerez mais non pas pour fronder simplement parce que je crois que c'est ça faire de la politique c'est pouvoir exprimer des convictions regarder comment on peut cheminer ensemble pour pouvoir trouver des dispositions qui ne heurtent
ni les convictions de l'un ni les convictions de l'autre mais on vous pose la question et on vous titille un peu sur Bruno Retailleau parce que ce long dégagement sur l'immigration que vous faites très clair va en totale contradiction avec les sorties récentes du ministre de l'Intérieur quand il déclare de manière très simple que l'immigration n'est pas une chance pardonnez-moi ça va complètement à l'inverse de ce que vous nous décrivez aujourd'hui et ces coups de barre à droite ces regards vers le Rassemblement National ces gages donnés aussi très certainement
vous conviennent-ils ?
c'est ça qu'on se demande oui mais en fait moi ce sont des positions que j'ai toujours portées bien avant que je fasse de la politique lorsque je fais de la politique je rentre en politique en 2017 je rentre en politique parce que je suis séduite par la vision qu'Emmanuel Macron porte sur un certain nombre de dossiers qu'il porte sur le renouveau démocratique et j'en suis une des illustrations et sur l'immigration rappelez-vous Emmanuel Macron portait une vision très équilibrée qui est celle que je porte aujourd'hui et donc je n'ai pas le sentiment d'avoir dévié dans mes convictions mais je vois bien le monde tel qu'il est aujourd'hui et je vois bien que nous avons de plus en plus besoin de réaffirmer avec une immense fermeté quelles sont nos valeurs quelles sont les modalités de l'immigration que l'on souhaite dans notre pays et quelles sont les conditions que nous y mettons et la condition première c'est que lorsque l'on vient en France on respecte la France on respecte ses valeurs je pense qu'il faut être très clair là-dessus mais ne pas considérer que notre histoire et notre géographie ont soudainement changé en 2025 la France s'est construite avec une part d'immigration moi je me souviens un jour j'ai un collègue qui a demandé aux parlementaires de lever la main quand ils avaient un ou deux grands-parents qui venaient d'ailleurs et bien la quasi-totalité de l'hémicycle à lever la main c'est notre histoire c'est notre histoire mais la quasi je ne doute pas que l'intégralité de l'hémicycle est bien intégrée respecte les valeurs de notre république et très attachée à la grandeur de la France comme je le suis
juste un mot quand même pour être sûr de bien comprendre vis-à-vis des propos des projets du ministre de l'Intérieur venant de la droite dans les semaines qui viennent ou les mois qui viennent il pourrait y avoir des malaises chez les macronistes compte tenu de ce que vous rappeliez des positions d'origine d'Emmanuel Macron s'il y a un malaise vous le direz et finalement il pourrait y avoir des difficultés dans les semaines qui viennent
je regarderai chaque texte chaque projet je ne voilà je ne réagis pas a priori je ne fais de mauvais procès à personne donc si des mesures me paraissent être utiles et nécessaires je les soutiendrai évidemment à l'instar par exemple de celles qui sont portées par la droite républicaine sur la limitation du droit du sol à Mayotte pour laquelle j'ai toujours dit que j'étais très favorable je suis allée trois fois à Mayotte on a une situation spécifique qui appelle une réponse ferme et spécifique que je soutiens donc moi si ça ne vous va pas
vous le direz aussi
et bien je le dirai aussi mais parce que d'abord j'analyse les situations j'analyse les propositions j'essaye de comprendre aussi pourquoi elles sont faites quels sont les objectifs c'est ça du bon travail politique c'est ça du bon travail parlementaire aussi et c'est la raison pour laquelle j'insiste toujours beaucoup sur la prévisibilité du travail parlementaire avoir un calendrier savoir sur quoi on va travailler pour faire travailler les parlementaires les députés quelles que soient leurs obédiences pour que nous puissions nous construire des opinions et des positions qui soient réfléchies
et qui ne soient pas dogmatiques la semaine dernière vous disiez à nos confrères du Parisien qu'il est encore temps d'améliorer le bilan démocratique d'Emmanuel Macron le président de la République on sait qu'il réfléchit à l'organisation d'un référendum ou deux référendums on a envie de vous demander il est favorable sur quel sujet et quelles questions poser aux Français ça a l'air d'être quand même un grand grand mystère on en parle c'est dans l'air ça vient et puis ça repart et ça ne se fait pas finalement est-ce qu'il est temps d'accélérer sur ce sujet
alors effectivement moi je suis et vous l'aurez compris extrêmement favorable à poser des questions aux Français c'est aussi quelque chose que je plaide depuis toujours faire confiance aux Français c'est aussi leur demander leur avis non pas pour seulement désigner leurs représentants leurs maires ou leurs parlementaires mais aussi pour répondre directement à des questions c'est la solution
pour gouverner sans majorité
mais non je ne crois pas c'est la solution pour être davantage dans une démocratie qui soit une démocratie directe il y a on peut combiner la démocratie représentative et la démocratie directe on a beaucoup de communes qui font des consultations régulières sur tel ou tel projet moi je crois dans le débat moi je crois dans la capacité de s'exprimer sur le fond et donc moi je suis très convaincue qu'il faut absolument faire un référendum sur quel sujet sur quel sujet aujourd'hui on a effectivement un champ malheureusement constitutionnel qui est assez restreint et c'est vrai que c'est bien à cause de cela que l'on n'a pas fait de référendum donc déjà moi je pose sur la table cette idée que l'on pourrait modifier la constitution de façon ciblée uniquement sur l'article 11 comme nous l'avions fait sur l'interruption volontaire de grossesse nous avons prouvé que nous étions capables de faire une réforme constitutionnelle à un objet unique et bien faisons-le sur l'article 11 avec trois possibilités à l'intérieur de cet article un ouvrir le champ des possibles sur les thématiques justement deuxièmement baisser le seuil du référendum d'initiative partagée et troisièmement prévoir une des modalités de référendum plus consultatif où on puisse poser des questions directement pour fixer des grandes orientations de la nation aujourd'hui un référendum c'est un peu technique mais c'est juste un projet de loi donc on est obligé de vraiment avoir quelque chose qui est dans le détail je pense qu'on pourrait aussi leur demander à nos compatriotes de fixer les grandes orientations du Premier ministre qui pourrait aller dans cette modification-là en tout cas moi c'est la proposition que je fais aujourd'hui et nous pourrions imaginer qu'on ait un chemin rapide on pourrait adopter une telle réforme avant l'été c'est tout à fait possible s'il y a une volonté politique des uns et des autres après si c'est le cas et bien dans ce cas-là on peut ouvrir on peut faire des référendums sur des mesures sociétales on peut faire un référendum aussi sur une question précise sur l'immigration et ça pourrait être ouvert si on ouvrait le champ donc moi je suis favorable puisque je suis favorable à ouvrir le champ je suis évidemment si on ouvre le champ c'est pas pour après se cacher derrière son petit doigt et dire je ne veux pas que telle ou telle question soit posée aux français après si on n'ouvre pas le champ les questions sont évidemment plus limitées et donc là il faudrait regarder mais ça peut être des questions autour de la vie démocratique le non-cumul le non-cumul dans le temps la proportionnelle le vote obligatoire le vote blanc nos compatriotes nous en parlent beaucoup donc tout le champ démocratique mais moi je ne serais pas complètement satisfaite de cela je trouve que c'est intéressant mais je pense qu'il faut interroger les français sur des choses qui les concernent directement profondément et donc ça pourrait être le service national est-ce que on a envie aujourd'hui de remettre un service national on voit que ça fait débat service militaire SNU etc est-ce qu'on a un réengagement de notre jeunesse autour de la nation par un service national je trouve que ça serait un très beau sujet de référendum et de débat dans l'opinion publique il y en a il y en a d'autres évidemment
c'est posé la question sur la fin de vie je vous interromps parce que la fin de vie c'est un sujet qui vous tient très à coeur et Arlette le premier ministre a tranché a tranché ce sera deux textes
deux textes sur les soins palliétifs la fin de vie et puis le droit un autre texte sur le droit de choisir on va le dire comme ça sa mort et le moment de sa mort vous lui avez demandé de garder ce qui était une seule loi il continue à dire qu'il y en a deux bon vous êtes résigné et il dit que les deux textes sont examinés en même temps simultanément ou successivement vous lui faites confiance
alors je fais toujours confiance par principe il y a un mais non non mais en fait j'entends cette idée d'avoir deux textes qui cheminent ensemble mais ça veut dire qu'il y a un cheminement qui dure deux ans qui passe de l'Assemblée nationale au Sénat etc donc on peut démarrer ensemble et pas forcément faire tout le chemin ensemble donc c'est un petit peu l'inconvénient et le risque que l'on court après sur les soins palliatifs à nouveau moi vraiment j'invite le gouvernement à mettre en oeuvre la stratégie nationale soins palliatifs qui avait été décidée c'est pas la peine de faire une loi c'est ça que vous dites la loi elle est vraiment sur des détails en fait et sur des choses organisationnelles et on sait tous que pour les soins palliatifs ce qu'il faut faire c'est ouvrir des lits c'est former nos soignants et ça il n'y a pas besoin de loi et là on a un plan qui date de 2024 et qui n'attend qu'une chose c'est d'être mis en oeuvre et donc il faut le mettre en oeuvre maintenant et moi c'est ce à quoi j'appelle parce que je suis évidemment pour que tous les français puissent accéder aux soins palliatifs partout sur le territoire donc il n'est pas besoin d'attendre le cheminement législatif qui aura lieu pendant presque deux ans je l'espère en tout cas pour mettre le paquet sur les soins palliatifs il faut que le gouvernement le fasse immédiatement et sur l'aide active à mourir là aussi moi j'écoute les français les français la réclament massivement ils m'en parlent j'étais encore avant-hier pas le premier ministre et on en a parlé mais oui mais vous savez là aussi il faut
je ne sais pas
à nouveau je ne suis pas dans sa tête mais en tout cas je pense qu'il y avait un processus qui était engagé depuis très longtemps par le président de la république pendant la campagne électorale par les français à travers la convention citoyenne menée par le CESE par les gouvernements précédents qui avaient préparé un projet de loi unique qu'ils avaient présenté au parlement puisque nous étions en débat au mois de juin et en fait la question qui est l'interrogation qui est la mienne c'est presque une interrogation démocratique c'est lorsque nous avons tout ce cheminement et ce processus en fait il est de notre devoir de le poursuivre jusqu'à son terme mais j'entends quand même avec satisfaction que c'est un débat que le premier ministre ne souhaite pas éluder qu'il souhaite que le parlement s'en saisisse je ne rufe pas dit-il voilà et ça moi je l'entends je lui fais crédit de cela moi ce que je souhaite c'est le débat j'ai exprimé mes divergences mais en tout cas je suis extrêmement satisfaite d'entendre qu'effectivement il souhaite que ce débat ait pleinement lieu à l'Assemblée nationale et moi je suis convaincue puisqu'on va me fournir bientôt et fournir au parlement et au français un programme législatif et bien je comprends de cela que dans ce programme il y aura la question de la fin de vie rapidement et pour vous dire sur les français on ne peut pas les consulter directement sur la fin de vie sauf si on modifie l'article 11
et qu'on ouvre le champ un dernier mot vous haussiez les yeux quand on vous montrait cet article de presse du parisien pour ne pas le citer vous êtes ambitieuse vous y pensez à 2027 très rapidement
je hausse les sourcils parce qu'en fait ça fait partie de ces articles vous savez où c'est les ténors de la majorité le pilier bidule le conseiller machin qui part en off et qui dit beaucoup de choses jamais aucun nom et donc il dégomme mais en off moi on peut critiquer plein de choses mais ce que je dis ce que je pense je le dis et je l'assume pleinement je crois que c'est ce que j'ai fait aujourd'hui devant vous et c'est ma façon de faire la politique et enfin je ne dévie pas de mes convictions là où on dit que je pourrais être une frondeuse c'est lorsque j'affirme des convictions qui sont les miennes depuis toujours je n'ai pas l'impression de fronder je crois au contraire que les français attendent de nous hommes et femmes politiques que l'on ait des convictions et qu'on les porte avec cohérence c'est ce que j'essaye de faire depuis 2017 date à laquelle je suis rentrée en politique
merci infiniment Riel Brunpivet de voir une de notre invitée merci Arlette
Yaël Braun-Pivet