La radicalité selon Jean-Luc Mélenchon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:17OuverteRéponse directe
Quelle est la première mesure que vous offririez si vous deveniez président ?
- 3:18OuverteÉludée
Quelle serait la mesure fondamentale pour apaiser, pour caresser les Français ?
- 4:54FerméeRéponse directe
Vous proposez de bloquer les profits du CAC 40 ?
- 6:08RelanceRéponse partielle
Le Conseil constitutionnel cassera cette mesure.
- 6:58FerméeRéponse directe
Vous proposez de porter le SMIC à 1400€ net mensuel ?
- 7:47OuverteRéponse directe
Quelle mesure concerne des milliers de gens dans ce pays ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« Quand je dis je vais prendre cette masse d'argent que quelques-uns accumulent au détriment de tous les autres pour la partager, c'est radical ou c'est de la réconciliation ? »
- 5:25Invité politiqueChiffre
« Les profits du CAC 40, l'année passée, ça a été 53 milliards. »
- 5:33Invité politiqueChiffre
« Malgré la pandémie, les plus riches de ce pays ont augmenté leur capital de 30%. »
- 6:35Invité politiqueFait
« Comme vous mettez un million de gens, ça vous remet les caisses de la sécu d'équerre. »
- 7:05Invité politiquePromesse
« Oui. »
- 8:18Invité politiqueChiffre
« C'est Bercy qui dit que si on ne fait rien, 13% de l'entreprise ferme. »
- 8:36Invité politiquePromesse
« 5 fruits et légumes, prix bloqués. »
- 10:31Invité politiquePromesse
« Je remplace le ministère de l'Agriculture par un ministère de la Production Alimentaire. »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon72 %
- ?8 %
- Présentateur8 %
- Invité5 %
- Invité 25 %
- Invité 32 %
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Je n'ai pas l'intention de caresser qui que ce soit. Et que comme ils ne veulent pas le faire de bon gré, il va falloir le faire de force. Vous seriez dans le camp
de
la réconciliation ou dans le camp de la radicalité
?
Pardon, je suis obligé de caricaturer, ça n'a pas de sens. Qu'est-ce qui est radical, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Si je dis on va faire la planification écologique,
si je dis
on renverse, on va passer à la place de la 5ème République, une 6ème République par une constituante, c'est radical ou c
'est
de la réconciliation ? Moi je considère que c
'est
de la réconciliation. Quand je dis je vais prendre cette masse d'argent que quelques-uns accumulent au détriment de tous les autres pour la partager, c'est radical ou c'est de la réconciliation ? Pour moi c'est de la réconciliation. Le droit des pauvres, le droit des gens qui travaillent, et encore une fois je vais dire comme Laurent Ruquier, sauf que je suis moins sentimental que lui. Parce que moi je suis en première ligne et je sais que chaque fois qu'on parle de prendre de l'argent, on prend des coups. Ce n
'est
pas votre situation. Mais moi je sais pourquoi ils ont tous intérêt à dire que c'est très radical, horrible et compagnie. Parce qu'il s'agit de partager. Et que comme ils ne veulent pas le faire de bon gré, il va falloir le faire de force. En ce sens, je ne suis pas un personnage qui va caresser les têtes et dire tout le monde s'aime, on est d'accord, parce que ce n
'est
pas vrai.
Et je
ne suis
pas d'accord avec les racistes.
Rapidement,
je
voudrais dire que je suis sans doute comme beaucoup de Français, à la fois admiratif de la conviction, de la mécanique intellectuelle, mais aussi un peu inquiet à certains moments. Quand tout à l'heure, Aléa Salamé vous dit, des Français ont le sentiment que dans certains quartiers,
il
y a une inversion et qu'il y a un manque de repères que cette France qu'on connaît disparaît,
quand
elle vous dit ça, vous lui dites, non, ce n
'est
pas vrai. Si, c'est vrai. Elle ne disait pas que c'était une réalité, elle disait que c'était le sentiment des Français. Et ce sentiment, il faut l'entendre. On ne peut pas dire, non, ce n
'est
pas vrai. Et j'aurais préféré vous entendre dire,
oui,
c'est vrai, c'est une émotion. Ils le ressentent, c'est vrai. Mais qu'est-ce qu'on fait pour les rassurer, en
dehors du
fait de dire,
on
va virer effectivement 5 millions de personnes qui vous posent problème ?
Quelle est
l'alternative
à ce discours-là ? On termine avec ça, M. Mélenchon.
L'alternative, c'est ce qu'on a à faire tous ensemble. Pour la patrie, on sait où on veut aller. Moi, je sais où je veux aller, je le propose. Vous n'en voulez pas, je remballe. Mais si vous en voulez, je le ferai. Et je vais vous dire pourquoi je réponds comme ça à Mme Salamé.
Parce
que je connais mon rôle public.
Je
vous raconte une histoire.
C
'est un type
très costaud. Pas long, pas
long. Un type très costaud qui a un très gros jambon. Et derrière lui, dans une rue noire, il y en a un autre petit. Tchac ! Il lui coupe une tranche. Alors le type, il marche un peu plus vite. Il dit, oh, je ne
vais
pas me faire tuer pour une tranche. Tchac ! Une deuxième. Tchac ! Une troisième. Et à la fin, il ne lui reste plus que l'os. Alors il dit, oh, je ne
vais
pas me faire tuer pour un os. Tiens, je te le donne. Voilà pourquoi je dis à tous ceux qui m'entendent, ne cédez pas un millimètre.
Vous disiez tout à l'heure, j'ouvre les bras. Voilà. Et M. Harris Rosenbach disait, oui, les Français vont voter aussi pour les gens qui leur font, qui suscitent de l'émotion. Il disait même les gens qui vous rassurent, qui vous câlinent. Quelle est, si vous deveniez président, la première mesure que vous offririez ? Quelle serait la mesure fondamentale pour apaiser, pour caresser les Français ?
Bon,
d'abord
disons une chose, je
vous
réponds,
franchement, je n'ai pas l'intention de caresser qui que ce soit. Non mais, je
préfère le dire.
Il ne sait pas faire.
Mais je préfère le dire. Mais bien sûr, je sais le faire, je suis un homme comme tout le monde. Voilà, bon, je sais aimer, je sais caresser, ce n
'est
pas le sujet. Le sujet,
c'est que nous sommes...
On ne
sait pas
le savoir.
Il a dit, on peut
la guérir quand
même. Bien sûr. Alors, il faut avoir une tête de pierre tout le temps. Donc,
ce
n
'est
pas le sujet. Le sujet, c'est que nous sommes dans des problèmes d'intérêts généraux. Bien. Alors, les problèmes d'intérêts généraux, premièrement, la première chose, on change la règle du jeu. Les gens disent, tout ça, ça ne sert à rien. Tous ces types se fichent de nous et ces filles aussi, etc. Voilà pourquoi je propose de changer la règle du jeu et d'installer une assemblée constituante pour qu'ils décident de nouvelles règles du jeu qu'eux-mêmes respectent. La France a besoin de se refonder. Elle doit se refonder parce qu'elle a beaucoup changé depuis 1903.
Tout ça, très bien,
M. Mélenchon.
Je vais
attendre, mais je voudrais quand même vous dire...
Rapidement. Oui,
mais rapidement, je dis ce que j'ai sur le cœur.
Il veut qu'il arrête à rien. Moi, la première chose, si je
suis élu, c'est en avril. Ça nous laisse six mois avant l'hiver, quatre, cinq mois. Moi, je veux que personne ne meure de froid
l
'hiver suivant. Je veux qu'il n'y
ait
pas un gosse qui n
'a
pas à manger. Il y en
a
trois par classe qui arrivent à l'école qui n
'ont
pas à manger.
Vous proposez de bloquer, enfin, de décréter une année blanche pour les profits du CAC 40.
Oui. Alors, voilà comment l'idée est venue.
On
était sur le blocage des prix. On travaille, bon, on n'a pas les moyens de l'État, bien sûr, mais il y a beaucoup d'experts, de gens de l'administration et de l'économie qui bossent avec nous. On était sur le blocage des prix et on dit, mais ça, ça ne suffit pas à remettre en route la machine. L'important, c'est de remettre en route la machine, parce que sinon,
on
va passer notre temps à mettre des sparadraps partout. Donc, les profits du CAC 40, l'année passée, ça a été 53 milliards. Il y a des tas de gens dans ce
pays.
Malgré la pandémie. Ah ben oui, non, mais malgré la pandémie, les plus riches de ce pays ont augmenté leur capital de 30%. Ça va quoi, pour eux, tout, il pleut,
il
neige,
il
bantez la catastrophe, ils gagnent des sous. Il n
'y
a pas de catastrophe, ils gagnent aussi des sous. Bon, donc, il y a moyen de moyenner, de dire, il y
a
un moment où tout le monde met la main à la poche. D'accord
?
Et bien, dans leur cas, puisque les restaurateurs, puisque les bistrotiers, puisque les intermittents du spectacle, puisque, puisque, puisque, puisque, plein de gens ont regardé passer cette année et ont eu une année blanche, et bien, vous aussi, vos 53 milliards, je vous les prends. Est-ce que c'est possible ? C'est légal.
Oui, mais vous savez bien que le Conseil constitutionnel...
Nième-té, chère madame.
Il cassera ça.
Pas du tout. Je reprendrai le même texte qu'avaient fait Strauss-Kahn et Jospin l'année où ils ont décidé de prendre, je crois, quelque chose comme 70 milliards de contributions exceptionnelles. Ce n
'est
pas anticonstitutionnel de dire que l'année où c'est exceptionnel, quand tout le monde se sert la ceinture, ben d'autres aussi. Le chimique, oui. Mais attention, ça vous donne un million d'emplois pendant un an, au revenu moyen,
hein,
c'est-à-dire 2000 euros. Ce n
'est
pas rien. Comme vous mettez un million de gens, ça vous remet les caisses de la sécu d'équerre. Donc, il ne faut pas croire que c'est juste une mesurette que je propose pour me faire remarquer. C'est quelque chose qui a une logique économique. Et tout le monde vous dira
que
si vous redonnez aux gens le moyen de vivre, ils se mettent à vivre. Parce que comme ils n'ont rien, du peu qu'ils ont, ils vont avec ça essayer d'améliorer leur vie. Donc, ça remet en route la
consommation populaire. Le SMIC, 1
400 euros. Vous proposez de le porter à 1 400 euros net mensuel. Ça, c'est possible. Si vous êtes élu, c'est ce qui sera fait.
Oui. Alors, évidemment, ça présente des difficultés pour certains, notamment pour les petites entreprises. C'est pourquoi on a imaginé
un
mécanisme où on aurait une caisse. Alors, vous appelez ça solidarité ou entraide ou répartition ou péréquation. Mais il n'y
a
pas de raison que ce soit seulement les entreprises de main d'oeuvre et les petites entreprises qui payent à fond, tandis que les autres ne payent pas. Donc, on taxerait et on donnerait une répartition. Il faut tant pour la sécu. Donc, on les prend à tous ceux qui embauchent. Et naturellement, plus à ceux qui ont beaucoup qu'à ceux qui ont moins. Je crois que ça, c'est assez facile à organiser. Mais quand vous prenez dans les mesures, allez-y, allez-y, parce qu'on va continuer.
Il y en a une qui est très importante. Les 5 fruits et l
'aiguille, ma prix bloqué,
par
exemple.
Alors, non, mais attendez, il y en a une qui concerne des milliers, des milliers de gens dans ce pays. C'est reporter la date à laquelle on rembourse le prêt garanti par l'État. Là, il y a le mur de la dette privée. Les amis, la dette publique, c'est de la rigolade à côté de la dette privée. Pourquoi ? Parce que la dette publique, c'est l'État. Vous le retrouvez toujours. Vous pouvez gueuler après, vous changez les dirigeants, vous faites ce que vous voulez. Mais la dette privée, quelqu'un qui dit, moi, c'est fini, je ferme. Donc, il ne paye pas. Et ça peut donner un effet domino terrible. Là, nous avons besoin. C'est Bercy qui dit que si on ne fait rien, 13%
de l'entreprise ferme. Attendez, la bouffe, la
bouffe, parce
que vous voulez faire la
révolution alimentaire. Allez-y,
là. Oui,
peut-être qu
'on
va être privé de Nutella, moi.
Alors, voilà, c'est ça. Je n'ai
pas dit ça, on m
'a
posé la question.
Si, vous avez
dit privé de Nutella.
Non, mais non, c'est ce que je dis quand même. On s'en fiche du Nutella. On s'en fiche. Mais les fruits et légumes, ça,
c
'est important. 5 fruits et légumes, prix bloqués. Bah, écoutez, tous les jours, les gens regardent la télé, on dit, c'est ce qui est important pour les gosses,
c
'est 5 fruits et légumes, tout ça. Bon, bah oui, comment je fais ? Je ne peux pas, c'est trop cher. Bon, donc, moi, je dis, on en propose 5 à prix bloqués pour pouvoir le faire. Mais, bon, l'idée fondamentale, vous avez raison, c'est que, oui, j'ai l'intention de faire la révolution dans les assiettes. Alors, je commence par un sujet, mais j'ai l'intention qu'on aille plus loin. J
'ai même supprimé
le ministère de
l'Agriculture. Oui, ça ne sert à
rien. Je vais vous expliquer pourquoi.
Ils vont être contents, les agriculteurs.
Mais, on verra, le sujet, ce n'est pas que les agriculteurs soient contents ou pas. Ce qui compte, attendez.
Ils sont nombreux, ils souffrent, les agriculteurs.
Oui, ils ne
s'en
parlent tous les deux jours.
Oui,
ça fait ça. Pourquoi, à votre avis ?
Parce qu'ils ont du mal à vivre,
ils ont du mal à vivre et ils ont tenu. Comment ça fait qu'ils aient du
mal à vivre alors qu'il y en a qui ont l'air d'aller si bien
et
qui moissonnent des subventions européennes tous
les ans en très grande quantité ? Pour reprendre
la question de Laurent, vous voulez faire la grande planification alimentaire. Ça veut dire quoi ? Je vais bloquer les prix de 5 fruits et légumes. Quels fruits et légumes
?
Eh bien, ceux qui sont, à un moment donné, disponibles pour qu'on en ait. Parce que si vous bloquez les prix d'un truc, il
n'y a pas. Mais à quel
prix ? Vous allez dire quoi ? Vous allez dire
la pomme ? Non, non, non. Attendez, là, je ne suis pas bacal. Non, mais
est-ce que c'est à l'État de décider ce qu'on va
mettre dans nos assiettes ? Mais Madame,
il faut vous renseigner. Oui ?
L
'État, pendant des décennies, fixez le prix de tout, de tout. Régime communiste du général de Gaulle. Ensuite, sous le bolchevik, Georges Pompidou. Et puis après, même sous Giscard d'Estaing, pendant un temps,
on est là. Aujourd
'hui, c'est l'Union
Européenne. Les
prix sont
libres. Mais attendez, je veux bien venir
à ça. Mais je termine sur le
ministère de l'Agriculture. J'ai un truc
à vous dire sur tous ces sujets-là. Mais sur le ministère de l'Agriculture, je voudrais que vous me compreniez. Je ne veux pas du ministère de l'Agriculture parce que ça veut dire qu
'on
fait de l'agriculture. Et on s'en fout de savoir pourquoi. Si c'est pour faire du maïs pour aller nourrir des vaches à l'autre bout du monde, c'est pareil que pour se faire des carottes pour la cantine d'à côté. Moi, je dis non, ce n'est pas pareil. Donc je remplace le ministère de l'Agriculture par un ministère de la Production Alimentaire. Et je dis, 1, je voudrais qu'on redevienne souverain. 2, je veux qu'on en finisse avec le sucre, le sel, la malbouffe, les nitrites dans la charcuterie, etc. Aujourd'hui, il y a une épidémie d'obésité dans ce pays. Qu'est-ce qu'on fait ? Rien. On a une épidémie de diabète.
Ça
est multiplié par deux.
Qu
'est-ce qu'on fait ? Rien. Tout ça, la source, c'est la malbouffe.
Jean-Luc Mélenchon