L'interview politique intégrale de Jean-Philippe Tanguy sur RMC
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Apolline de Manet.
Vous êtes le député Rassemblement National de la Somme. Vous êtes aussi président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale. On va revenir bien sûr sur ce qu'il s'est passé samedi soir en plein Paris.
L'attentat aurait-il pu être évité et quelles mesures prendre ? Mais je voudrais d'abord vous interroger sur la nuit du drame à Crépole parce que le récit minute par minute du drame, on l'a désormais. Mais qui a fait quoi ?
Comment tout a basculé ? Ça fait maintenant un peu plus de deux semaines que le drame a eu lieu. Et les enquêteurs ont mis du temps pour reconstituer le plus factuellement possible ce qu'il s'était passé.
Le journal Le Parisien et BFM TV ont pu reconstituer assez précisément les choses. D'abord sur le ou les coupables, deux jeunes hommes sont désormais suspectés d'être véritablement les responsables de la mort du jeune Thomas. L'un s'appelle Ilyes Zed.
Il a 22 ans, d'origine maghrébine. Le second, et c'est une des révélations de BFM TV et du Parisien, étant mineur, son identité ne peut pas être donnée. Mais il a un prénom et un nom français.
On l'appellera Julien. Il était lui aussi présent à Crépole. Il est son petit frère également qui est considéré comme étant en fuite.
Est-ce qu'aujourd'hui votre lecture de la nuit de Crépole est toujours la même ? Mais écoutez, moi j'entends ce que vous me dites. Vous dites le récit.
Le récit, pour le moment, il y a encore beaucoup de confusion. Vous le dites vous-même. que les gendarmes n'ont pas pu encore identifier le meurtrier.
Il n'y a pas eu d'aveu. L'enquête a encore beaucoup d'éléments à prouver, à établir. Donc moi, si vous voulez, j'entends ce récit que j'ai lu comme vous.
J'ai aussi lu l'article de BFM TV. Pour moi, il n'y a pas pour le moment de récits établis qui permettent de savoir ce qu'il en est. Mais par ailleurs, au-delà des détails, si vous voulez, de toute façon, tout ça sera réellement établi au procès.
C'est d'ailleurs à ça que sert le procès. Mais j'entends votre prudence ce matin. Juste, je finis là-dessus.
Les éléments aujourd'hui dont disposent les Français, c'est que, quelles que soient les circonstances qui ont amené à cette tragédie, il y a un jeune homme de 16 ans qui a été assassiné. Il y a des jeunes qui ont été blessés gravement, un qui a échappé de peu à la mort. Une commune des familles, évidemment, meurtries, traumatisées.
Et un pays qui découvre cet ensauvagement, pas qui découvre, qui confirme que notre France est devenue un lieu d'ensauvagement que plus personne, situation que plus personne ne tolère. Jean-Philippe Tanguy, j'entends parfaitement votre prudence. Les faits sont totalement établis.
C'est le jeune Thomas qui est mort, des blessés. Et les jeunes qui venaient, eux, de Romand-sur-Isère, étaient armés de couteaux. Là-dessus, il n'y a pas de doute.
Cela dit, j'entends votre prudence ce matin. Vous renvoyez à l'enquête. Vous dites d'ailleurs qu'au fond, on ne le saura véritablement que lors du procès.
Mais que n'avez-vous pas fait preuve de la même prudence dans les jours immédiatement qui ont suivi le drame de Crépole ? Est-ce qu'il fallait à ce moment-là parler de Razia ? Est-ce qu'il fallait parler de milices armées, comme l'a dit Marine Le Pen ?
Est-ce qu'il fallait dire, comme Jordan Bardella l'a dit, qu'aux yeux des jeunes de Romand-sur-Isère, Thomas et ses amis, je cite, avaient le malheur d'être des jeunes Français en France ? Mais je ne vois pas dans ces éléments ce qui manque de prudence ou ce qui n'est pas, pour le moment, établi dans les fuites que nous avons. Il y a une ou deux bandes, d'ailleurs, on ne sait pas, plusieurs vagues qui ont débarqué, qui ont voulu infiltrer cette soirée, non pas pour profiter avec sympathie et bonne humeur de la soirée, mais dès le début, même les éléments dont on dispose aujourd'hui, pour mettre le bazar, pour créer des problèmes.
On apprend par exemple que la première bande qui est rentrée, le vigile, a subtilisé un couteau de chasse. Dès le début, il y avait bien une volonté de venir avec des armes. Moi, je vous disais, quand on venait en soirée, j'imagine que c'est pareil pour votre famille, vous ne venez pas avec un couteau de chasse, vous ne venez pas pour vous mettre dans un coin et insulter tout le monde.
Bref, pour le moment, je vois où vous voulez en dire, Madame de Malheur, même si je n'ai pas envie de surinterpréter vos propos, mais le Rassemblement National, Marine Le Pen et Jordan Bardella en particulier, sont toujours très prudents dans les commentaires des drames qui frappent notre pays. Nous ne faisons pas partie des mouvements qui font de la surenchère, qui veulent essentialiser dans un sens ou dans l'autre les victimes. Vous faites référence à Éric Zemmour et Marine Le Pen.
Mais aussi à l'extrême-gauche, qui essentialise dans l'autre sens, qui essaie de donner, comment dire, un sens idéologique aux tragédies. Nous, on prend acte, malheureusement, des tragédies qui frappent les Français. On est solidaires des victimes et on essaie d'analyser avec les éléments qu'on a.
Cela dit, j'entends parfaitement ce que vous dites, mais vous avez été plus prudent qu'Éric Zemmour. Au fond, d'ailleurs, on pourrait dire qu'Emmanuel Macron lui-même, en utilisant le mot d'assassinat à propos de la mort de Thomas, a lui aussi caractérisé les faits, alors qu'il n'avait pas non plus tous les éléments. C'est un assassinat.
La question, c'est la pré-méditation. Mais cela dit, quand même, Jean-Philippe Tanguy, lorsque Jordan Bardella dit, aux yeux de ceux qui étaient venus dans cette soirée, Thomas et ses amis avaient, je cite, le malheur d'être de jeunes Français en France, on peut se demander si c'est la première motivation. Je rappelle les faits qui, désormais, sont avérés par les enquêteurs.
Il y a effectivement une poignée de jeunes qui arrivent dans ce bal, qui rentrent d'abord. Et sur les 450 personnes qui sont présentes dans cette salle de fête de village, tout se passe globalement bien. Il y a une ambiance un peu pesante, disent les enquêteurs, mais globalement, ça se passe plutôt bien.
Jusqu'à la dernière chanson, la dernière chanson qui est passée par le DJ. Et à ce moment-là, il y a une bagarre qui éclate entre un jeune rugbyman, également prénommé Thomas, et un autre jeune, lui venant de la cité de Romand-sur-Isère, qui est traité de fillette par le jeune rugbyman, qui se moque de sa coupe du cheveu, qui lui attrape les cheveux. Et assez vite, ils sortent tous les deux, et les autres jeunes s'agrègent.
Est-ce que là-dessus, ce jeune rugbyman aurait été également entendu dire « j'ai envie de taper du bougnoul », là où d'autres ont également entendu les autres dire « on va planter du blanc ». Est-ce que là, vous vous dites, au fond, il y a du racisme des deux côtés ? Mais écoutez, il y a déjà eu des témoignages, d'ailleurs, qui ont été pris en compte, après qu'on a été déconsidérés, sur le fait qu'il y avait du racisme anti-blanc, dès le début.
Ils ont entendu, tout à fait, et c'est noté. Moi, je veux bien en rester, ce n'est pas des faits. Excusez-moi, je finis mon propos.
Il y a eu 104 auditions. Bien sûr, je finis mon propos. Il y a eu 9 témoins qui ont dit « on va t'avoir petit blanc » ou « on va planter du bougnoul ».
Très bien. Il y a également une amie du jeune Thomas, non pas le Thomas qui a été tué, mais le Thomas, qui est rentré en bagarre le premier, qui a dit, qui l'a entendu dire « j'ai envie de taper du bougnoul ». Voilà les faits.
Madame de Malherbe, moi, je veux bien, mais moi, j'ai lu ce récit hier soir. Littéralement, on essaie d'expliquer ou de justifier ou de contextualiser le meurtre, la mort d'un jeune de 16 ans par couteau lors d'une fête parce que quelqu'un se serait fait tirer les cheveux. Non, non, moi, j'essaie de répondre à vos questions, ce qui n'est pas facile.
Vous essayez de comprendre ce qu'il y a ? Non, ce sont des fuites, madame de Malherbe. C'est-à-dire que ce sont des fuites ?
C'est-à-dire que c'est une partie du récit qui fuites. Le Parisien et BFM TV ? Mais je ne vous parle pas de vous, madame de Malherbe.
Je dis, il y a des familles en deuil. Ça fait plusieurs minutes qu'on parle ensemble, où je dois commenter du commentaire de fuite. Moi, je n'étais pas présent, personne n'était présent.
Des éléments fuites. Quand ça n'arrange pas les gens, ils sont remis en cause. Quand ça arrange les personnes, une personne n'a entendu que ça devient le centre d'une discussion.
Il faut maintenant s'en remettre à la réalité. Cette réalité, c'est que des jeunes français qui faisaient une fête de village ont été attaqués au couteau. Par d'autres jeunes français ?
Oui, mais des jeunes français qui étaient là se sont fait attaquer au couteau. Il y a eu un mort, il y a eu un blessé grave, il y a des familles traumatisées, point barre. Le reste, la justice l'établira.
Les espèces de fuites plus ou moins organisées, on essaye de relativiser tout. Ce que je trouve intéressant, c'est que pendant les premiers jours, il y a eu une forme de...
Chacun a dit ce qu'il pensait. Aujourd'hui, on n'est plus dans ce qu'on pense, on est dans ce qu'on sait. Les médias aussi, on pose des questions, vous répondez.
C'est-à-dire qu'on est toujours dans ce système...
Tout à fait, je vous pose la question. Dans ce système, de manière générale, le système politico-médiatique où il y a les hommes et les femmes politiques d'un côté, les médias de l'autre. Où on répond aux questions, après on nous accuse presque de répondre aux questions.
On répond aux questions avec les éléments que l'on a. Ça, ni Jordan Bardella, ni Marine Le Pen, ni votre serviteur, ni personne du RN n'a inventé de faits, n'a inventé de propos qui n'étaient pas rapportés. Je ne pense pas à nos députés, Lisette Paulet, qui est députée de la Drôme, étaient présentes en parfaite dignité.
Il n'y a jamais eu de récupération. Tout ça, ce sont des accusations de M. Véran qui n'a rien à faire et qui devraient mieux s'occuper des Français.
Et excusez-moi, moi, je pense qu'aujourd'hui, je pense aux familles. Lire dans la presse, ou par nos commentaires qui sont un peu longs, je le trouve, là-dessus, ce matin, qu'il y aurait eu un coup de couteau basse-con, on a tiré les cheveux, ou qu'on a dit à quelqu'un que c'était une fillette. Bon, le simple fait qu'il estime que c'est traité de fillette un problème, ça pose quelque chose sur sa mentalité.
C'est la recherche de la justice pour savoir ce qui s'est passé. Jean-Philippe Tanguy. Et Marine Le Pen, en tant qu'avocate et juriste, l'a toujours dit, que ce soit nos adversaires politiques, que ce soit des gens que nous condamnons, nous, on respecte le procès, on respecte la procédure judiciaire.
Voilà, on a commenté des fuites. Les journalistes font leur travail. C'est normal aussi de commenter l'actualité et d'informer les Français.
Mais pensons un peu aux familles. J'ai bien compris. Et voilà, cette relativisation se parle quand même aussi, quand même, depuis deux semaines.
Je voulais simplement qu'on puisse prendre le temps. Je ne vous accuse de rien, là. Moi, je vous dis ce que je pense.
J'ai bien compris, on va pas. Oui, mais vous avez quand même beaucoup commenté ce récit dans Le Parisien. Moi, depuis plusieurs semaines, beaucoup de Français, moi, je vois dans ma permanence, sur le terrain, ont le sentiment aussi qu'au lieu de parler des faits, on essaie de trouver des excuses, des explications, pour minimiser, relativiser, dire que tout ça est ordinaire.
On a quand même eu un chroniqueur qui a expliqué que c'était digne de la guerre des boutons. Voilà, bon, tout ça est vraiment triste. Et j'aimerais qu'on en revienne aux faits.
Les Français, eux, je peux vous dire, qui restent aux faits, à savoir que leur fils ou leur fille aurait pu être poignardé comme le jeune Thomas et ne l'accepte pas. C'est exactement ce que je voulais ce matin, justement, en revenir aux faits. Jean-Philippe Tanguy, l'attentat au cœur de Paris, samedi soir.
Hier matin, ici même, c'est Gérald Darmanin que je recevais, le ministre de l'Intérieur, qui estime qu'il y a eu ratage. Il a dit le mot ratage dans le suivi psychiatrique du terroriste. Est-ce que vous partagez ce constat ?
Non, mais une fois plus, M. Darmanin n'assume pas ses responsabilités. Il est irresponsable au sens strict du terme, c'est-à-dire qu'il n'accepte pas de devoir répondre de ses responsabilités de ministre.
Fut un temps, c'était la faute des supporters anglais pour les malheurs des Stades de France. Maintenant, c'est la faute de la psychiatrie. Ce n'est jamais la faute de M.
Darmanin aux yeux de M. Darmanin. M.
Darmanin est ministre de l'Intérieur depuis de longues années. Il cautionne un système qui ne protège pas les Français. Et donc, Fut un temps, un autre ministre de l'Intérieur, M.
Chevenement, l'avait dit très clairement, un ministre, soit ça obéit, soit ça la boucle, ça ferme sa gueule, exactement ce qu'avait dit M. Chevenement. Donc, M.
Darmanin parle beaucoup, condamne beaucoup les uns et les autres, ne se regarde visiblement pas beaucoup dans un miroir, sauf pour s'autocongratuler de son non-résultat. Et maintenant, ça suffit. On a eu, dans un autre pays voisin, la Belgique, un ministre qui lui a pris ses responsabilités.
Et parce qu'il y avait eu...
Vous parlez du ministre de la Justice en Belgique, Justice en Belgique, qui a démissionné. La justice en Belgique a démissionné immédiatement. Les Français, je pense, et en tout cas, moi, je ne supporte plus ces hommes politiques qui veulent des responsabilités les plus éminentes de la République, celui de protéger les Français pour Gérald Darmanin, et qui n'assument rien, ne sont jamais responsables de rien.
Et quand ce n'est pas eux, c'est les oppositions. Bref, M. Darmanin, c'est vraiment l'irresponsabilité incarnée, et ça devient particulièrement indécent.
Alors, il précise, Gérald Darmanin, que les services du ministère de l'Intérieur ont, je cite, fait le maximum. Et il estime, en effet, que tous les recours avaient d'ailleurs été épuisés. Et de fait, l'homme avait été repéré, jugé, condamné.
Il n'avait pas été libéré de prison plus tôt que la fin de sa peine. Il avait épuisé intégralement sa peine. Il avait ensuite été suivi à nouveau par notamment les médecins.
Mais il n'y avait pas eu cette injonction administrative que Gérald Darmanin veut mettre en place aujourd'hui. Est-ce que vous considérez, j'ai bien compris, que Gérald Darmanin avait une responsabilité, mais est-ce que vous considérez quand même, en plus, qu'il y a eu un ratage du point de vue psychiatrique ? Je ne sais pas si c'est un ratage du point de vue psychiatrique.
Moi, je ne vois pas dans cet individu quelqu'un de fou. C'est quelqu'un qui a eu la rationalité suffisante pour duper un certain nombre de personnes, y compris d'ailleurs peut-être les médecins. Je ne sais pas.
Une fois de plus, c'est l'enquête qui le prouvera. Le fait d'avoir sans cesse recours à l'excuse ou à l'explication, si je veux rester plus factuel, psychiatrique, montre la faiblesse de ceux qui nous dirigent contre l'islamisme. Considérer, parce qu'on ne les comprend pas, parce qu'on ne comprend pas l'irrationalité de leur pensée, l'irrationalité de leur folie, leur fanatisme tout simplement, considérer que ce sont des fous, c'est ne pas considérer la menace islamiste à ce juste titre.
Ce ne sont pas des fous. On peut être fou, vous savez, pour aller évidemment poignarder des innocents, assassiner des innocents, commettre les pires atrocités au nom d'une révélation au 7e siècle. Il faut déjà être évidemment forcément fanatique, donc un peu illuminé, donc avoir des conditions psychiatriques faibles.
Mais ça n'empêche pas le fait que vous soyez un fanatique, un idéologue et un ennemi de la France. Vous estimez qu'en tout cas dans les deux causes, c'est-à-dire la radicalisation et les problèmes psychiatriques, il y a une inversion de la cause première. Non, c'est que nos sociétés occidentales ont été fondées, vous le savez, sur la raison.
Mais il y a des raisons quand on n'entend pas l'irrationalité de nos adversaires. Les nazis étaient irrationnels. Dans leur folie meurtrière, il y avait de l'irrationalité.
Ça ne faisait pas d'eux des fous au sens strict du terme, puisqu'ils ont réussi à prendre le pouvoir et à créer la pire catastrophe, une des pires catastrophes que l'humanité ait connue. Sous-estimer l'adversaire, le relativiser à l'adversaire, en le psychiatrisant, en en faisant un fou, et non pas un ennemi, c'est un désarmement psychologique des sociétés occidentales. De nombreux experts, d'ailleurs, le disent de toute obédience, qui viennent même de la gauche à ce titre.
Il faut se réarmer psychologiquement contre l'islamisme. C'est le sens de ce que dit Marine Le Pen depuis des années, en voulant créer une loi qui cible l'islamisme en tant qu'idéologie ennemie de la France. Or, nos gouvernements, pas seulement en France d'ailleurs, n'arrivent pas à caractériser l'islamisme sous toutes ses formes comme une idéologie ennemie.
Tant qu'on n'aura pas reconnu par la loi que l'islamisme est une idéologie ennemie, qu'il faut combattre sous toutes ses formes, nous serons désarmés puisque nos procédures ordinaires ne sont pas faites pour cela. Ça veut dire que concrètement, Jean-Philippe Tanguy, quand Gérald Darmanin dit « tous les recours et tout ce qui devait être fait du ressort du ministère de l'Intérieur a été fait », oui, mais vous dites qu'au fond, il faut élargir le spectre et considérer que la radicalisation est déjà en soi une menace, sans attendre qu'il y ait préparation à proprement parler d'attentats. Absolument.
La radicalisation...
À quel niveau vous estimez qu'on en forme ? La proposition de loi qu'avait proposée Marine Le Pen, qui est toujours sur le bureau de l'Assemblée, le précisait. Elle définissait plusieurs critères, six, menant à une islamisation, à une radicalisation, et qu'un seul de ces critères suffisait à reconnaître le caractère islamiste de la personne inculquée et de prononcer les peines nécessaires pour l'écarter de la société française.
Une fois qu'il est écarté, l'écarter aussi du système pénitentiaire ordinaire, puisqu'aujourd'hui, même si quelques efforts ont été faits, on met encore dans le système pénitentiaire des gens radicalisés ou en cours de radicalisation, qui créent un écosystème et qui font...
Il a été à l'islamment, en l'occurrence, pendant deux ans au moins. Oui, mais pas sur la totalité de sa peine, il me semble. Et au-delà de ce cas d'espèce, vous avez des milliers...
Vous les mettriez chacun à l'islamment, tous les radicalisés ? ... ou créer des lieux uniquement dédiés aux personnes islamisées, radicalisées, pour affronter clairement cette menace.
Et de manière générale, dans le désarmement mental, d'ailleurs, pour nos élites, il y a aussi la croyance, puisque c'est bien ça dont il faut parler, puisque c'est contraire aux faits et aux observations du terrain, à la déradicalisation. Voilà, on croit, mais j'en reviens à l'illusion de notre civilisation, que par ailleurs j'aime, de la raison...
Pour vous, un radicalisé un jour, Jean-Philippe Tanguy, est un radicalisé pour toujours. Mais ce n'est pas ce que je crois, c'est ce que je constate, et c'est ce que constatent les experts, les tentatives de radicalisation. Moi, a priori, je n'étais pas contre le fait qu'on essaie de déradicaliser ces gens.
Les faits ont montré qu'on ne peut pas les déradicaliser, ou en tout cas que les déradicalisations sont extrêmement rares. Ça veut dire enfermer à perpétuité toute personne qui aurait présenté ces signes de radicalisation extrême ? Toute personne qui a présenté ces signes les présente encore, qu'ils soient surveillés, que leur situation soit régulièrement identifiée, mise à jour, et que s'il y a le moindre risque, ils restent en prison.
Oui, mais alors justement, c'est précisément sur cette question de la détection du risque que je voudrais vous interroger, Jean-Philippe Tanguy, parce qu'au fond, les médecins eux-mêmes, dans le cas du tueur de samedi soir, du terroriste de samedi soir, les médecins eux-mêmes ont constaté à plusieurs reprises que finalement, il s'améliorait, qu'il y avait peut-être moins de signes de dangerosité. Là, c'est sur le plan psychiatrique, j'ai bien compris que ça, au fond, ce n'était pas votre problème. Mais même sur la question du fond et de l'idéologie, les propos de la mère du tueur, et c'est BFM TV qui le révèle ce matin, elle a raconté aux enquêteurs, lorsqu'il a été entendu en 2020, juste après la mort de Samuel Paty, elle leur a dit « Mon fils a mûri depuis sa détention, il est plus affectueux qu'avant, il se sent à 100% français, voilà les mots de sa mère, il en est sorti, sorti de prison, avec un amour pour la France.
Il me dit souvent que si les musulmans ne sont pas contents de la façon dont ils peuvent vivre leur religion en France, eh bien ils n'ont qu'à aller dans des pays musulmans. » Lorsque cet homme affirme cela, y compris à sa mère ou aux enquêteurs, est-ce que vous auriez considéré à ce moment-là « Bon, c'est bon, il a purgé sa peine, il peut sortir. » Non mais sa mère, par ailleurs, a fait d'autres déclarations, l'ayant amené… Plus tard, mais à ce moment-là, vous l'auriez peut-être laissé sortir.
Le témoin de sa mère, par définition, une mère n'est pas objective par rapport à son enfant et personne ne peut lui en vouloir. Mais il a également tenu ses propos aux enquêteurs. Ce qu'il faut, c'est qu'il ne doit pas y avoir, justement, vous l'avez dit, ça s'améliore de signe disant que la situation va en s'améliorant.
Ce qu'il faut… À part de quand est-ce que vous considérez vous oubliez ? Tout ça sera défini par la loi, mais si tu es sûr, c'est que cela doit être très long. Il ne faut pas croire, même si c'est possible, que cela se fait en quelques mois ou même quelques années.
Et surtout, il faut assumer le fait que le risque doit être du côté des terroristes ou des radicalisés. C'est leur problème. Ce n'est pas à la société.
Et c'est l'autre problème. De ceux qui nous dirigent, et la différence avec ce que propose le Rassemblement national, c'est que nous, on ne fait pas porter tout ou partie du risque sur la société. Ce qui est grave, c'est que pour peut-être sauver leur âme, je ne sais pas, nos dirigeants ne prennent pas la responsabilité sur eux et ils préfèrent que la société française et les sociétés occidentales en général assument le risque de libérer ces personnes plutôt que d'eux, en tant que dirigeants, assumer la responsabilité de mettre ces gens hors d'état de nuit.
Si je comprends bien ce que vous voulez dire, Jean-Philippe Tanguy, vous préférez prendre le risque d'enfermer trop large, c'est-à-dire d'enfermer y compris des gens qui peut-être se sont sincèrement déradicalisés plutôt que de faire peser le risque sur la société française. J'assume le fait qu'il faut prendre tout le temps nécessaire et un temps long. Si ces personnes se sont radicalisées, si ces personnes sont devenues des ennemis de la France et en général des ennemis de toute civilisation, d'ailleurs, c'est leur responsabilité, c'est leur choix, ce ne sont pas des victimes.
Vous choisissez d'embrasser l'idéologie islamisme, ça ne vous tombe pas dessus. Donc aujourd'hui, moi je le dis, si j'étais en responsabilité, si nous étions responsabilités, je préfère perdre mon âme que de faire prendre un risque à la France. Le problème aujourd'hui des responsables politiques français et occidentaux, c'est qu'ils ne pensent qu'à eux.
D'ailleurs, on en revient à M. Darmanin, qui passe sa vie à s'auto-justifier, au lieu de se regarder dans un miroir et de prendre ses responsabilités. Vous plaidez presque la possibilité de l'erreur judiciaire.
Non, ce n'est pas une erreur judiciaire. Ils sont radicalisés. Ils ont rejoint l'islamisme, la société française pour se protéger, mais la démocratie pour se protéger...
Avec une prison à vie pour certains, à vie pour de vrai. Ce n'est pas à vie, c'est une situation qui doit être réévaluée en permanence. Mais le risque...
Avec des étapes, par exemple, les deux ans, tous les trois ans, j'essaie de la prendre. Oui, mais c'est à la loi de le définir. Je ne suis pas le Parlement à moi tout seul.
Madame de Malherbe, ce que je veux vous dire, c'est que nos dirigeants en France, parce que dans le monde arabe, par exemple, arabo-musulman, il y en a qui ont bien compris la situation, ont fait face à un des plus graves défis de ce début de siècle, l'islamisme. L'islamisme a renversé des pays entiers. Il a renversé des civilisations entières.
Ce monsieur, sa famille vient d'Iran. La grande civilisation perse a été renversée, anéantie par l'islamisme. Et vous savez comment il se comporte avec les femmes, avec les dissidents et tous ceux qui pensent différemment.
On est loin de la civilisation plurimillénaire de la Perse. Donc, il faut affronter l'ennemi comme il l'est. Et donc, il faut assumer de se battre contre l'islamisme avec toutes les armes que l'on a et sans faiblesse.
Sinon, nous ne les vaquerons pas. Et il faut le dire, il y a le risque qu'il gagne. Parce qu'on a l'impression que nos dirigeants politiques n'arrivent jamais à accepter l'idée que malheureusement, l'islamisme peut gagner.
Il a gagné ailleurs. Je ne veux pas qu'il gagne en France. Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national de la Somme.
Merci à vous. Merci. Merci.
Jean-Philippe Tanguy