Boris TAVERNIER : Député Ecologiste et Social de la 2e circonscription du Rhône
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:59OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire ? Qu'est-ce que ça vous fait ? Est-ce que vous allez trouver ça normal ?
- 2:36RelanceRéponse directe
Comment, globalement, on peut faire la part des choses ? Est-ce que d'aucuns disent, bah oui, mais peut-être qu'il faut aussi entendre ce qui a été fait, pas fait ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Est-ce que vous, vous pensez aussi qu'il faut, de la même manière, l'enlever ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Comment vous vous définissez, aujourd'hui ? Est-ce que vous allez prendre votre carte au parti ? Est-ce que vous allez rester un peu société civile ?
- 5:50ComplaisanteRéponse directe
Est-ce que vous avez quand même quelques défauts ? Ou alors, vous êtes vraiment quelqu'un d'exceptionnel ?
- 6:27OuverteRéponse directe
Est-ce que ça, vous y avez pensé ? Est-ce que les électeurs vous en ont parlé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:33Invité politiqueFait
« Oui, moi je félicite vraiment Grégory Doucet de ce choix fort de débaptiser la place Abbé Pierre. »
- 1:44Invité politiqueFait
« Mais même lui, même l'Abbé Pierre, avec tout ce qu'il a fait, même lui a pu violenter, agresser des femmes pendant des dizaines et des dizaines d'années, et tout ça restait sous silence. »
- 2:04Invité politiqueFait
« On le voit encore ces derniers jours avec le procès Mazan. »
- 8:53Invité politiqueFait
« Ah oui, complètement. »
- 9:21Invité politiqueFait
« Et puis oui, on s'est clairement fait voler cette élection. »
- 9:30Invité politiqueFait
« Il n'y avait pas de majorité à l'absolu. »
- 9:43Invité politiqueFait
« Donc, c'est quand même assez fou. »
- 9:56Invité politiqueFait
« Il est clairement à droite. »
- 10:01Invité politiqueFait
« En pire. »
- 15:45Invité politiqueChiffre
« il y a quand même un français sur trois ou quatre qui saute des repas chaque semaine pour des raisons financières »
- 16:20Invité politiqueFait
« je dis souvent que notre système alimentaire est un tueur en série »
- 17:13Invité politiqueFait
« il faut continuer à le soutenir mais il a surtout été très peu soutenu »
- 17:18Invité politiqueChiffre
« on a quand même une politique agricole commune qui reverse 9 milliards d'euros aux paysans français chaque année »
- 17:25Invité politiqueFait
« on a une loi EGalim qui n'est pas respectée »
- 17:32Invité politiqueChiffre
« la moyenne est à 6% »
- 27:24Invité politiqueFait
« la problématique c'est ça en fait c'est assez schizophrénique »
- 27:33Invité politiqueFait
« on doit répondre à un besoin sociétal qui n'est pas satisfait et on devrait générer de l'argent par nous-mêmes »
- 27:43Invité politiqueFait
« j'aurais pu faire le choix au début de VRAC de créer des groupements d'achat dans des entreprises comme je l'ai fait dans les banlieues »
- 27:58Invité politiqueFait
« les associations doivent et peuvent avoir des subventions et c'est pas sale »
- 28:28Invité politiqueChiffre
« 10 000 euros de la ville ou de la métropole de Lyon c'est 100 000 euros de national qui vont venir pour les lyonnais »
- 28:35Invité politiqueFait
« sur le SS il n'y a pas cette volonté politique de fort soutien »
- 28:50Invité politiqueFait
« un nombre de structures ont prouvé leur efficacité ont prouvé une forme de résilience plus forte »
- 30:01Invité politiqueFait
« je sais aussi célébrer les petites victoires »
- 30:56Invité politiqueFait
« cette union ne doit pas rester une union électorale et qu'on doit montrer que politiquement on peut porter des choses collectivement »
- 32:08Invité politiqueFait
« si vous avez quand même des centristes des LR qui sont au gouvernement avec un soutien du Rassemblement National clairement c'est le NFP qui est dans l'opposition »
- 32:41Invité politiqueFait
« le bureau de l'Assemblée Nationale a voté la recevabilité de la destitution »
- 33:37Invité politiqueFait
« on avait un programme on était les seuls peut-être que c'est ça l'erreur en fait »
- 34:38Invité politiqueChiffre
« on a eu 10 milliards l'année dernière il y aura encore 10 15 20 milliards peut-être d'économies cette année »
- 35:03Invité politiqueFait
« il faut aller le chercher aussi là où il est et même la droite est en train de se questionner ce qui est quand même assez fou »
- 35:40Invité politiqueFait
« je ne vois pas le gouvernement tenir le RN qui peut gouverner en 2027 le fera tomber à un moment donné »
Temps de parole
- Boris Tavernier65 %
- Présentateur33 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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A Lyon, vous écoutez Lyon Première. Lyon Première ! Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, heureux de vous retrouver pour cette émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon Première. Merci d'être avec nous, merci Boris Tavernier, bonjour. Bonjour. Vous êtes le député de la deuxième circonscription du Rhône, tout nouvellement élu, et c'est votre premier mandat. Oui, exactement, première tentative. Et on vous a beaucoup vu dans les médias d'ailleurs au moment de la campagne, mais c'est je crois un peu la première émission qu'on va faire ensemble depuis que vous êtes élu, donc merci pour ça.
On va vous découvrir, puisque je pense qu'un certain nombre de personnes ne vous connaissent pas. On va parler évidemment de la situation politique, de votre fonction de député, de vos projets, de vos expertises, puisque vous êtes un expert notamment des questions d'alimentation. Mais comme vous le savez, on commence toujours par une question d'actualité qui en plus vous concerne, puisque je crois que la deuxième circonscription du Rhône, il y a le neuvième arrondissement qui est dedans. Il se trouve qu'il y a quelques jours, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a décidé de manière exceptionnelle, et c'est assez rare, de débaptiser la place Abbé Pierre dans le neuvième.
Alors, c'est à la fois comme député que je vous demande ça, mais vous nous raconterez, on le découvrira dans votre parcours, que vous avez un lien avec la fondation, puisque vous avez créé notamment un certain nombre de projets ensemble. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Qu'est-ce que ça vous fait ? Est-ce que vous allez trouver ça normal ?
Oui, moi je félicite vraiment Grégory Doucet de ce choix fort de débaptiser la place Abbé Pierre. C'est plus acceptable aujourd'hui. C'est vrai que les premiers articles de presse sortis sur l'Abbé Pierre m'ont vraiment horrifié. Mais même lui, même l'Abbé Pierre, avec tout ce qu'il a fait, même lui a pu violenter, agresser des femmes pendant des dizaines et des dizaines d'années, et tout ça restait sous silence. Donc là, aujourd'hui, ce n'est pas acceptable. On ne peut plus laisser passer ça. Il y a trop de souffrance. On le voit encore ces derniers jours avec le procès Mazan. Cette culture du viol, les hommes doivent changer.
Les hommes doivent comprendre que ce n'est pas possible, qu'on ne peut pas faire ça. Et donc, c'est un symbole très fort de changer le nom, et puis en plus, de trouver un process démocratique, de laisser les habitants, les associations choisir.
Oui, parce que c'est de la responsabilité du maire, mais il va faire un processus de concertation pour rechoisir un nom. Au-delà, évidemment, de cet enjeu, où là, on entend bien que derrière, le maire de Lyon veut protéger avant tout la parole des victimes, et entendre les victimes, on est sur une personnalité qui est plus qu'une personnalité, qui est un symbole, etc. Comment, globalement, on peut faire la part des choses ? Est-ce que d'aucuns disent, bah oui, mais peut-être qu'il faut aussi entendre ce qui a été fait, pas fait ? Comment est-ce qu'à un moment, on fait... Voilà, c'est tout blanc, tout noir, il n'y a pas de gris possible, en fait, sur ce sujet ?
Non, non, je pense qu'il ne faut vraiment rien laisser passer. Oui, l'abbé Pierre a fait des choses formidables. Oui, Bertrand Cantat était un très bon chanteur. Moi, aujourd'hui, je suis incapable d'écouter Noir Désir, alors que j'étais fan quand j'étais adolescent. Non, on ne peut plus laisser passer ça, et on peut être brillant, aussi horrible dans sa manière d'être, de faire. Si on est un agresseur, on stoppe ça.
Et la question se posera aussi, d'ailleurs, plus largement, avec une dimension encore plus importante, sur la fresque des Lyonnais, puisqu'évidemment, il est de Lyon, il est sur cette place. Est-ce que vous, vous pensez aussi qu'il faut, de la même manière, l'enlever ?
Oui, après, là, c'est plutôt un mur qui est privé, aussi, donc là, ce n'est pas la mairie, en tout cas, qui peut agir, mais en débaptisant la place, ça oriente quand même clairement sur la volonté, aussi, de l'effacer du mur des Lyonnais. Moi, je trouve ça, aujourd'hui, en tout cas, normal, mais c'est aussi important d'en parler, d'en discuter, de comprendre pourquoi on fait ça.
Alors, je disais que vous êtes un nouveau député, c'est votre premier mandat.
Exactement.
Et vous n'êtes pas, entre guillemets, un homme politique, c'est-à-dire que vous venez du monde de l'engagement associatif, on va découvrir un peu votre parcours, qui est déjà très riche, et un certain nombre, notamment d'associations, vous connaissent bien à travers ce que vous avez pu créer. Je n'ai pas tout de suite dit, mais vous êtes, aujourd'hui, dans le groupe Les Écologistes, mais, en fait, vous êtes, d'abord et avant tout, de la société civile. Comment vous vous définissez, aujourd'hui ? Est-ce que vous allez prendre votre carte au parti ? Est-ce que vous allez rester un peu société civile ? C'est quoi, le lien, aujourd'hui, avec cet engagement partisan, entre guillemets ?
Moi, ce qui m'a fait, en tout cas, l'une des raisons de l'engagement, c'était l'union. De voir qu'on avait ce nouveau Front Populaire, début juin, de voir cette union entre les partis, les syndicats, les associations et la société civile. Moi, c'est ça qui m'intéressait. Après, évidemment, j'ai de fortes accointances sur les questions écologiques et sociales. J'étais investi sur une cercle dédiée aux écolos. Mais je tenais à garder aussi cette étiquette société civile, qui, je pense, a fait aussi du bien, pendant la campagne électorale, d'avoir un peu de cette fraîcheur.
Vous avez fait, d'ailleurs, l'objet d'une sorte de consensus, même si c'est Bruno Bernard, qui a, je crois, pas mal insisté, quand même, parce qu'il suit de près ce genre de choses. Mais vous avez fait une sorte de consensus à gauche. J'ai même le souvenir que David Kimmelfeld avait trouvé que vous étiez un bon candidat.
Oui, j'ai eu le soutien, effectivement, de David Kimmelfeld, de Nathalie Lipérin-Gilbert, qui a aussi retiré sa candidature. Il y avait du monde qui, en tout cas, avait la volonté de s'installer sur cette circonscription. Et c'est vrai que mon nom a été plutôt bien accueilli, parce qu'au cours de ces 20 dernières années, je parlais déjà à tout le monde, en fait. Quand on est dans le milieu associatif, on est obligé, en tout cas, de discuter avec tout le monde et de faire avancer ces sujets. Donc, j'ai d'embrouille avec personne. J'espère que ça va durer encore quelques temps.
C'est ça, je ne sais pas, parce que le monde politique est quand même ainsi fait que peut-être vous finirez par avoir des ennemis. Moi, ce qui m'amusait aussi, en découvrant un petit peu votre parcours, etc., d'abord, c'est le côté assez consensuel de l'ensemble des qualités qu'on vous porte. C'est-à-dire, quand tout le monde dit que vous êtes quelqu'un, et je peux confirmer, à la fois de très sympathique, de très accessible, de très souriant, etc., je disais, mais est-ce que vous avez quand même quelques défauts ? Ou alors, vous êtes vraiment quelqu'un d'exceptionnel ?
Certainement, il faut demander à mon entouvrage,
et je pense qu'ils vous feront une petite liste. Mais qu'est-ce que ça vous fait d'être regardé plutôt comme ça ? C'est-à-dire que vous êtes à la fois comme ça ? Est-ce que ce n'est pas aussi une manière de faire peut-être de la politique autrement, ou d'aborder autrement les choses, sans vouloir faire de polémiques inutiles, mais vous êtes, comme vous l'avez évoqué, dans une circonscription qui était avant un député, qui est parti avec quelques soucis, etc. Est-ce que ça, vous y avez pensé ? Est-ce que les électeurs vous en ont parlé ? Est-ce que pour vous, qui venait de cette société civile, faire de la politique autrement, c'est important aussi ?
Ah oui, c'est une vraie volonté, et c'est une vraie attente.
Tout le temps de la campagne, les personnes que je pouvais rencontrer aux quatre coins de la circonscription ont cette volonté-là. Ils en ont marre de voter une fois, tous les cinq ans, six ans, et puis ensuite, on ne leur demande plus rien, alors qu'ils ont aussi une expertise. Donc moi, je trouve que c'est important de pouvoir articuler ces compétences qu'on a sur la circo de plein de militants et de pouvoir l'utiliser. Moi, ça me nourrit aussi. Vraiment, un petit exemple rapide, pendant la campagne électorale, on a fait des lectures collectives du programme du NFP. Chacun lisait une partie du programme, et puis on avait juste trois petits bulletins.
Si on avait un bulletin rouge, c'est qu'on n'avait pas compris. Et là, systématiquement, dans la salle, quelqu'un avait une expertise sur les questions de mobilité, sur les questions d'énergie, sur les questions de sécurité. Donc autant se nourrir de ça, en fait. Je ne suis pas spécialiste en tout. Alors on a tendance à dire « Non, il ne faut surtout pas dire ça. Un homme ou une femme politique doit tout connaître, tout maîtriser. » Non, en fait, c'est faux.
Votre parole est assez libre, même si vous pouvez vous tromper. Ce qui est important, c'est de le faire avec une forme d'authenticité, de vérité. Mais je vais me tromper,
je vais faire des erreurs, et c'est normal. J'en ai fait dans le milieu associatif, j'en ai fait en créant des entreprises. Et on apprend aussi comme ça. Et c'est ce que je dis aussi aux personnes avec qui je travaille. Ne vous interdisez rien. Dès qu'on a une idée, on essaye de la mettre en place et puis on analysera après si c'était une bonne idée ou pas. Oui, donc quand même
une nouvelle approche, une nouvelle manière de faire. Alors on va, comme je le disais, découvrir votre parcours, etc. et vos expertises. Il y a quand même un sujet aussi d'actualité qui nous concerne tous. Et on parlera un peu, évidemment, de politique nationale dans la troisième partie, mais on ne peut pas ne pas en parler maintenant sur ce qui est en train de se passer au niveau de ce gouvernement qui est presque virtuel. On a eu pendant longtemps des premiers ministres virtuels. Vous-même, je ne sais pas comment vous vivez, mais vous avez eu une séance, je crois, à l'Assemblée et vous êtes impatient peut-être d'y retourner. Ça ne doit pas être simple.
Là, il y a un certain nombre de noms qui sont apparus, notamment, et je pense à ça, à Lyonnais, qu'on connaît bien, qu'on a accueilli ici, François-Noël Buffet. On parle beaucoup de Wauquiez, quelque part, etc. Qu'est-ce que ça vous inspire ? D'abord, ces noms, et puis surtout, cette situation. Est-ce que vous considérez, comme un certain nombre de vos amis politiques, qu'on est dans un total déni de démocratie ? Ah oui, complètement. C'est vrai que j'ai choisi
la bonne période. Parce que c'est à la fois assez surréaliste pour un premier engagement de se retrouver au milieu de tout ça. C'est un moment historique. Et en même temps, je me dis, mais ce n'est pas possible. Ça fait trois mois que tout s'est arrêté. Moi, j'ai envie de bosser, j'ai envie de porter des sujets et on ne peut pas bosser quand on nous interdit de plaider. Donc, c'est quand même assez compliqué. Et puis oui, on s'est clairement fait voler cette élection. Certes, il n'y avait pas de majorité absolue. On est tous d'accord là-dessus. Il n'y avait pas de majorité à l'absolu.
Je ne sais pas, vous avez bien vu pendant les Jeux Olympiques, en athlétisme par exemple, il y a un premier, un deuxième, un troisième. Et le premier a la médaille d'or. Et ce n'est pas le quatrième qui monte sur l'estrade et qui reçoit sa médaille. Donc, c'est quand même assez fou. Donc, évidemment que c'est compliqué. Mais de passer en tout cas d'une volonté de combattre l'ERN à un gouvernement qui va gouverner avec l'aide du Rassemblement National, c'est quand même assez... Il est clairement à droite. Là, il est clairement à droite. Donc là, on est vraiment dans la continuité des sept dernières années. En pire. Donc, moi, j'ai très peur pour les questions sociales.
J'ai très peur pour les questions de migration.
Et on va être vigilant. et on en reparlera dans une deuxième partie de notre émission. Des réactions peut-être des citoyens, des électeurs qui se disent qu'on ne nous a pas entendus. En tout cas, c'est ce dont on va parler dans une deuxième partie de notre émission. A tout de suite. On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. Toujours avec vous, Boris Tavernier. Je rappelle que vous êtes le nouveau député de la deuxième circonscription du Rhône. On parlait un petit peu de votre engagement, de votre actualité et de cette période assez incroyable.
Mais je voudrais avant peut-être qu'on redécouvre votre parcours parce qu'on disait que vous êtes d'abord et avant tout un militant associatif, quelqu'un d'engagé, un citoyen engagé. Comment vous vous définissez avant de devenir parlementaire ? Ça dépend à qui je parle.
Si je parle à la gauche, je veux dire que je suis un responsable associatif. Si je parle aux macronistes ou à la droite, j'étais plutôt un entrepreneur social. Ça collait plus à la Startup Nation. Je suis plus un responsable associatif. Vingtaine d'années, mais j'ai commencé quand même par l'entreprise avec deux amis à Lyon à créer une coopérative. On avait quand même déjà très orienté le choix d'entreprise.
Pas n'importe quelle coopérative. On va en reparler pour ceux qui connaissent quand même ces vracs. Ce n'est pas rien. Vous êtes arrivé à Lyon il y a une vingtaine d'années et vous êtes un gars du Nord en fait. Exactement. Du Pas-de-Calais. Du Pas-de-Calais, oui. D'ailleurs, ça me faisait penser à ça parce que je le suis un peu dans votre attachement peut-être au terroir, à la proximité, un parcours un petit peu et une condition ouvrière qui vous intéresse. François Ruffin un peu mais écolo, non ? Vous le connaissez, je suppose, vous le connaissez régulièrement ?
On se connaît et puis maintenant, François Ruffin fait partie du groupe écolo social au Parlement. Donc, oui, ça me parle parce que je viens de sa circonscription. Je suis né à quelques kilomètres de Flixcourt. Je suis allé le saluer fin août pour le lancement pour sa rentrée politique. Donc, oui, ça me parle. Cette ruralité, c'est vraiment quelque chose que je connais, que j'ai vécu pendant 20 ans, cette désindustrialisation, cette montée, l'abandon des politiques, les classements. D'où je viens, on votait socialiste à 99% pendant des décennies. Et aujourd'hui, on est à 70-80% rassemblement national et c'est des territoires qui ont été complètement oubliés.
Plus d'usines, plus de travail, plus de commerce et on est sur des taux de pauvreté qui sont identiques aux quartiers populaires. Donc, évidemment que ça me parle, ayant vécu en ruralité et travaillé dans les banlieues, je vois que les problèmes sont les mêmes, en fait. Donc, effectivement, politiquement, je peux me retrouver
dans ce que dit François. Est-ce que vous pensez, d'ailleurs, que c'est une personnalité, là, il est dans une période un peu difficile, peut-être, mais qui mérite d'être écoutée, entendu, et qui a un rôle à jouer dans l'avenir ? Oui, oui, complètement, complètement.
Moi, je pense qu'il a une analyse assez fine, qui a une posture très à gauche et puis surtout qu'il veut rassembler quand il parle des bourgs et des tours. Moi, ça me parle, effectivement. Donc, non, il a une analyse fine, il est très bien entouré et il va continuer de peser dans le jeu politique. Ça, c'est une évidence et on est content dans le groupe écolo d'avoir des François, des Daniel Simonnet, Alexis Corbière qui viennent aussi muscler le groupe.
Voilà, c'est son sein et les filles qui ont quitté le canal officiel. Alors, vous êtes arrivé à Lyon il y a une vingtaine d'années, vous êtes un spécialiste de l'économie sociale et solidaire. Au départ, je crois que c'est un peu vos études. Les études, ça a été après parce que j'ai arrêté
les études assez vite et ça a tout de suite été, après plein de petits boulots de survie, j'ai eu la chance en arrivant à Lyon de pouvoir créer de l'autre côté du pont qui était un bar coopératif à Lyon qui a fermé malheureusement il a fermé il y a un an après 19 ans d'activité. C'est vers la guillotière. Exactement, c'était sur le cours Gambetta donc on était assez fiers quand même. C'est quoi l'idée ?
Est-ce que c'était un peu nouveau aussi comme concept ?
On était vraiment dans ce milieu alter mondialiste, pensée globale, action locale, José Bové, le McDo de Millau. On était vraiment dans cette posture-là. C'était pour nous, on pouvait imaginer une autre société et on a créé ce bar comme un bar. Ce qui est intéressant
c'est qu'il y avait aussi quelqu'un d'assez connu aujourd'hui puisqu'il est devenu maire ? Non, ça c'était plus tard. C'était juste après.
De l'autre côté du pont c'est vraiment le bar salle de spectacle. Je crois qu'il y avait aussi C'est Éric Van Stimonell. C'est Éric Van Stimonell. Je l'ai rencontré à l'autre côté du pont et c'est vraiment le début de mon engagement aussi de mon militantisme. On en fait le choix d'ouvrir un bar café-concert mais en remplaçant tous les produits par les produits bio par les produits locaux avec ce fort soutien de l'agriculture paysanne et utiliser la bière comme outil de redistribution économique pour financer les paysans pour financer la culture.
C'est effectivement là que j'ai rencontré Cédric Van Stimonell et Marc Uri à l'époque qui était responsable de la fondation Abier-Pierre et on a commencé à réfléchir à Vrac mais c'est aussi à l'autre côté du pont que j'ai repris les études et que j'ai passé un master en économie sociale et solidaire.
Tout un peu en même temps mais toujours quand même avec cette espèce de fil rouge autour de la nécessité d'une alimentation à veillir juste mais pour tous de qualité accessible à tous qu'est-ce qui fait le point de départ de cet engagement sur l'alimentation ? Pourquoi pour vous c'est central ? C'est central
parce que ça touche à tout l'alimentation ça touche à l'économique ça touche à la biodiversité ça touche à l'environnement au transport à la santé évidemment aux liens sociaux donc c'est quelque chose qui est très très central et qui touche tout le monde on mange trois fois par jour pour ceux qui en ont la chance aujourd'hui je répète il y a quand même un français sur trois ou quatre qui saute des repas chaque semaine pour des raisons financières pour des raisons financières et aussi parfois en tout cas l'accès à l'alimentation de qualité peut être aussi difficile pour des raisons de mobilité quand on parlait justement de cette ruralité ou des quartiers populaires on a parfois des difficultés à trouver un paysan un producteur ou un magasin qui va vendre des produits de qualité donc pour moi ça c'est vraiment quelque chose assez central et c'est aussi un vecteur d'inégalité c'est aussi la variable d'ajustement quand on n'a pas de moyens c'est toujours sur l'alimentation qu'on rogne et puis en face de ça des paysans qui sont en souffrance je dis souvent que notre système alimentaire est un tueur en série il va tuer les paysans il y a des suicides tous les jours il va tuer notre environnement et il va même tuer les mangeurs on ne compte plus les scandales butonni ou mourir de ce qu'on mange du coup l'idée
c'était de faire en sorte qu'on puisse accéder à des produits de qualité quand on parle produits de qualité aujourd'hui on parle beaucoup peut-être circuit court ou responsable mais pas forcément de bio il y a dans quelques jours un salon qui s'ouvre autour de justement de l'alimentation bio est-ce que vous pensez que le bio c'est un le bel parce que là aussi un certain nombre d'agriculteurs qui sont lancés dans bio ont du mal reviennent finalement ça n'a peut-être pas autant décollé on en est où de ce marché là et est-ce qu'il faut continuer à le soutenir ou est-ce qu'il faut passer un peu à autre chose qu'est-ce que vous en pensez vous qui étiez expert de ces questions alors évidemment
qu'il faut continuer à le soutenir mais il a surtout été très peu soutenu aujourd'hui on a quand même une politique agricole commune qui reverse 9 milliards d'euros aux paysans français chaque année et une part infime pour le bio on a une loi EGalim qui n'est pas respectée la loi EGalim encouragée ou contraignée en tout cas à 20% de produits bio dans les cantines scolaires notamment aujourd'hui la moyenne est à 6% donc à Lyon on a de la chance on dépasse les 60% parce qu'on a une vraie volonté politique et dans plein d'autres villes de France et juste pour la petite anecdote à l'Elysée on est à 8% en bio donc c'est vraiment une volonté politique aussi forte et quand on voit les scandales sanitaires qui arrivent quand on voit l'état de notre environnement les polluants éternels la question des pesticides évidemment qu'il faut on doit réorienter notre manière de produire parce qu'on sent bien
que c'est une bonne chose mais on sait aussi qu'a priori c'est quand même il y a un surcoût et on évoquait le fait qu'on ne peut pas forcément accéder à une alimentation pour parfois des raisons financières donc comment est-ce qu'on résout un peu cette quadrature du cercle entre il faudrait mieux se nourrir mais ça coûte quand même plus cher les collectivités n'ont peut-être pas toujours des sous à Lyon il y a eu des efforts mais oui comment est-ce
qu'on règle ça du coup en fait ça se règle aussi au niveau national pour moi c'est pas une alimentation qui est trop chère c'est les salaires éliminés à sociaux qui sont trop bas donc déjà il faut basculer ça et puis on oublie aussi surtout que l'alimentation industrielle classique coûte beaucoup plus cher que ce qu'on imagine on peut se rendre compte que quelque chose un plat transformé que vous achetez 2 euros dans une grande surface en réalité il va coûter 4 euros à la société si on parle des coûts cachés des coûts cachés en termes de santé publique rien que le diabète c'est une dizaine de milliards d'euros par an donc voilà il y a tous ces coûts qu'on ne compte pas les coûts environnementaux et c'est assez insupportable de toujours devoir prouver qu'on travaille correctement moi je préférais avoir un label ben non je produis des produits de mauvaise qualité en fait plutôt que de devoir prouver que tu travailles en bio donc il y a un vrai enjeu à tous les niveaux au niveau européen sur la politique agricole commune au niveau des marges aussi dans la grande distribution qui vont ils savent que le bio va être consommé par des personnes qui ont plus les moyens donc ils vont surmarger là-dessus donc il y a aussi un encadrement des marges qui me semble important peut-être des labels tout ce qu'il y a après les Nutri-Score les différents labels pour que ce soit peut-être plus clair c'est vrai qu'il y en a beaucoup le Nutri-Score aujourd'hui il n'est pas imposé donc il y a beaucoup d'industriels qui se retirent du Nutri-Score donc il faut qu'on ait une politique beaucoup plus forte sur ces questions c'est vraiment un enjeu sanitaire fort la FAO annonçait il y a quelques mois que les liés à notre alimentation industrielle étaient de 10 000 milliards d'euros par an c'est quand même c'est quand même au jour où on cherche de l'argent partout je trouve qu'il y a quand même quelques solutions
c'est intéressant parce que pour vous vous avez des propositions assez originales sur une sorte de sécurité sociale de l'alimentation parce que vous dites que la question elle est aussi d'abord de financer tout ça et quelles sont les propositions que vous avez sur ce sujet
c'est vraiment aujourd'hui il y a des centaines de projets sur tous les territoires de lutte contre la précarité alimentaire d'accès à l'alimentation mais ça reste souvent à l'état d'alternative ce que j'ai construit avec VRAC pendant 10 ans a été loué dans les médias a été loué au niveau institutionnel mais aujourd'hui on touche que 35 000 personnes en fait il n'y a pas cette volonté de changer le système VRAC est une structure de l'aide alimentaire
pour ceux qui ne connaissent pas racontez nous un petit peu l'histoire aussi de VRAC parce que c'est quand même intéressant
le concept donc VRAC c'est né il y a 10 ans avec cette volonté de rendre accessible une alimentation de qualité à toutes et tous donc c'est j'ai passé plusieurs mois dans les quartiers lyonnais pour démarrer à la Duchère au Mât du Taureau aussi à Vanvelin et au Manguet à Vénissieux à rencontrer les habitants et à leur dire mais vous ne voulez pas qu'on fasse nos courses ensemble et je n'arrivais pas avec cette posture j'ai des produits bio vous allez voir ça va être super parce que ce n'est pas pour nous c'est pour les riches donc il faut casser tous ces préjugés et donc j'ai démarré des dégustations dans tous les quartiers pour casser tout ça et avec cette volonté de revendre des produits achetés à des paysans au juste prix de les revendre au coût d'achat sans aucune marge pour les rendre accessibles donc tous les mois il y a des commandes dans une quinzaine de quartiers populaires de Lyon et sur des campus aussi universitaires les habitants vont choisir les quantités les références de produits et on va créer une épicerie éphémère le temps d'une journée donc c'est à la fois du lien social la question économique la question de santé qui sont abordées
une forme d'éducation aussi peut-être à la consommation à l'acte d'achat à la mutualisation en tout cas c'est de la mutualisation c'est une mutualisation de compétences
et de connaissances aussi parce qu'en fait on veut toujours éduquer les pauvres mais en fait ils savent très bien cuisiner et la problématique c'est qu'ils n'ont pas accès et c'est aussi pour ça qu'on a organisé des concours de cuisine qu'on fait des visites à la campagne voilà tout ce qui peut faire lien, ce qui peut faire sens autour de l'alimentation et ce projet né à Lyon il y a une dizaine d'années je l'ai développé dans une vingtaine de villes en France et en Belgique et c'est aussi à Lyon pour aller plus loin qu'on a créé la MESSA pour permettre au plus grand monde de bien se nourrir et la sécurité sociale et l'alimentation c'est l'étape d'après c'est vraiment le changement de société une fois qu'on a fait ça sur tous les territoires que ça fonctionne qu'il y a un vrai intérêt qu'est-ce qu'on fait pour qu'à la fois soutenir cette agriculture en souffrance et pour rendre accessible une bonne alimentation la sécurité sociale et l'alimentation ça repose vraiment sur trois piliers le premier c'est l'universalité ça c'est vraiment très très important il faut sortir des politiques pour les pauvres on dit souvent une politique pour l'universalité c'est la base le deuxième pilier c'est la cotisation chacun va payer selon ses moyens pour recevoir 150 euros par mois enfants compris et le troisième pilier c'est cette notion de conventionnement comment on l'a fait après-guerre pour conventionner des praticiens des médicaments ce sont les concernés les mangeurs eux-mêmes qui vont choisir qu'est-ce qu'on fait de ces 150 euros où est-ce qu'on a envie de les dépenser donc ça peut être dans un magasin de producteurs ça peut être sur le marché ou dans des magasins qui ont été labellisés par eux-mêmes et ça fonctionne plutôt pas mal il y a une trentaine d'expérimentations en France à Montpellier à Bordeaux à Nantes et là ce mois-ci ça démarre à Lyon dans le 8ème arrondissement avec une assemblée citoyenne qui a été créée il y a quelques mois qui a travaillé ensemble pour définir le fonctionnement la redistribution les cotisations donc je vous invite à aller jeter un oeil sur le projet territoire à vivre et la caisse du 8ème
on ira faire ça avec plaisir par rapport à cette entreprise que vous avez portée pendant longtemps là vous avez fait le choix donc de vous engager pleinement dans la politique donc de laisser ça un peu de côté est-ce que c'est pas difficile et délicat d'abord que va se venir vrac je suppose que ça va continuer à avancer sans vous mais est-ce que c'est pas aussi une autre manière de s'engager est-ce que ça va vous manquer est-ce que comment vous êtes parce qu'on quitte pas aussi facilement évidemment ça a été dur
et tellement rapide du jour au lendemain j'étais déjà sur des questions politiques ces dernières années de plus de plaidoyer donc je rencontrais déjà beaucoup les ministères les députés et je voyais qu'il manquait quelque chose en tout cas quand on avait des députés qui avaient envie de proposer des lois ils allaient l'écrire nous l'envoyer au mouvement associatif et puis nous on allait faire beaucoup de corrections voire beaucoup de ratures et on perdait un temps fou qui n'était pas toujours entendu en plus on n'est pas toujours entendu je voyais aussi qu'au niveau de vrac j'atteignais un plafond de verre je ne voyais pas où amener la structure un peu plus loin donc voilà je me suis dit vas-y et puis on verra ce qu'on peut faire au sein de cet hémicycle si on arrive à porter ces sujets un peu plus haut pour influencer un peu
la réglementation et le cadre oui bien sûr
concrètement
l'effet de levier il est là
il y a des lois à proposer mais voilà il faut réussir à faire le travail à embarquer tout le monde mais en s'appuyant toujours sur les assos et la société civile moi c'est vraiment comme ça que j'ai envie de travailler de main dans la main avec le tissu associé qui ne vous regarde pas trop différemment
ça va j'espère pour l'instant ça va et on parlera de toutes ces questions de ces sujets un peu de politique aussi d'entrepreneuriat social parce que je crois que c'est aussi comme ça qu'on peut vous définir dans une troisième et dernière partie de notre émission à tout de suite on se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère toujours avec vous Boris Tavernier je rappelle que vous êtes député de la deuxième circonscription du Rhône on a parlé de votre engagement avant d'être parlementaire et député puisque c'est votre premier mandat on évoquait tous les projets que vous avez menés d'entrepreneuriat social vous êtes aussi un expert des questions de l'économie sociale et solidaire moi j'avais une question sur ce sujet parce qu'on en parle souvent on en parle beaucoup on vient de célébrer les 10 ans de la loi Hamon qui avait donné un vrai cadre réglementaire une impulsion sur ces sujets et pourtant on a l'impression que alors que ça devrait être peut-être un modèle ou la norme ça stagne ça plafonne c'est toujours 10% des emplois qu'est-ce que vous en pensez et comment on peut aller plus loin et pourquoi on devrait aller plus loin en instituant en fait le fait que ça soit un peu plus la norme oui ça devrait
on en revient au sujet que j'évoquais tout à l'heure on a le droit d'exister mais il faut qu'on reste une alternative il ne faut surtout pas retourner la table il ne faut surtout pas changer le système évidemment il y a vraiment cette volonté là et même dans l'économie sociale et solidaire moi j'ai vu une évolution qui ne m'a pas beaucoup plu ces 20 dernières années je me souviens très bien de Denis Colongo à l'époque qui était le président de la chambre régionale d'économie sociale et solidaire sur Lyon qui nous disait souvent il ne faut pas oublier que dans le mot ESS il y a le mot entreprise on avait toujours tendance à penser le social le solidaire et qu'on oubliait le mot entreprise et aujourd'hui moi je dis surtout faites attention dans le mot ESS
il y a social et solidaire il y a eu des grands débats un peu d'experts et de spécialistes notamment au monde et l'élection à Impact France sur des sujets comme s'il y avait déjà deux écoles entre l'associative et le côté où il faut quand même faire vivre le business
la problématique c'est ça en fait c'est assez schizophrénique et notamment dans le milieu associatif on peut avoir un modèle économique assez simple qu'on soit mutualiste ou scope dans le milieu associatif on doit répondre à un besoin sociétal qui n'est pas satisfait et on devrait générer de l'argent par nous-mêmes ce qui est quand même terriblement compliqué si je reviens quelques minutes sur VRAC j'aurais pu faire le choix au début de VRAC de créer des groupements d'achat dans des entreprises comme je l'ai fait dans les banlieues mais on fait un rapide calcul ça financerait juste le poste de la personne qui s'en occupe et on s'éloigne du projet social du pourquoi on fait ça donc moi j'ai toujours aussi assumé bah oui les associations doivent et peuvent avoir des subventions et c'est pas sale on n'est pas des assistés parce qu'on a des subventions enfin c'est c'est quand même quelque chose qui est assez difficile j'ai pu être accusé même pendant la campagne d'avoir des subventions de la ville de Lyon donc c'est la SAUVRAC Lyon dont je ne suis plus salarié depuis 5 ans mais en fait c'est un effet levier d'avoir un soutien aussi sur le territoire pour avoir de l'argent national qui va aussi venir sur ces quartiers c'est aussi une manière pour les collectivités simplement de marquer des choix des engagements et des priorités 10 000 euros de la ville ou de la métropole de Lyon c'est 100 000 euros de national qui vont venir pour les lyonnais donc ça c'est une première chose mais sur le SS il n'y a pas cette volonté politique de fort soutien je trouve que ça a beaucoup de sens de pouvoir évidemment réfléchir à une économie différente mais on stagne on reste effectivement dans les mêmes chiffres je pense quand même qu'un nombre de structures ont prouvé leur efficacité ont prouvé une forme de résilience plus forte quand on voit la scope du Ralex qui revit avec les salariés de faire revivre la démocratie en entreprise que ce ne soit pas l'argent qui dirige tout moi je trouve que ça a beaucoup de sens mais effectivement ça va vraiment à l'encontre de ce que pensent aujourd'hui les décideurs
ça sera peut-être d'ailleurs un nouveau sujet comme parlementaire et comme débuté on disait tout à l'heure qu'à part la première séance d'élection à l'Assemblée Nationale qui a livré son lot de psychogrammes d'ailleurs il ne s'est pas passé grand chose depuis au Palais Bourbon mais la prochaine échéance c'est quoi ? c'est le 1er octobre normalement c'est ça ?
logiquement on attend avec impatience la session ordinaire ouvre le 1er octobre donc on sera à l'Assemblée on devrait avoir le direction politique générale de notre Premier ministre qu'on attend avec impatience mais ça n'empêche pas de travailler il y a évidemment du travail sur la circonscription
ça doit être un peu frustrant quand même non ?
c'est un peu frustrant mais ça parce qu'évidemment en tant qu'amilion associatif j'ai envie d'y aller j'ai envie de porter des sujets mais je sais aussi que ce n'est pas si simple que ça c'est pas parce qu'on va faire une proposition de loi qu'elle va passer le lendemain donc il y a des parcours très très longs on va apprendre aussi la frustration mais venant du monde associatif je sais aussi célébrer les petites victoires donc chaque petite victoire on en profitera mais je n'ai pas rien fait depuis le mois de juillet il fallait composer l'équipe il fallait aussi trouver un bureau donc notre permanence parlementaire sera à Vez et de travailler aussi cette union du NFP qui existe cette attente forte et encore une fois je le répète c'est pas que les partis c'est aussi la société civile les assos de continuer de faire vivre ça à l'échelle lyonnaise de continuer d'avoir des échanges avec Marie-Chère de Garin avec Sandrine Runel avec Anaïs Bellawassa de continuer de faire vivre ça de répondre ensemble à des problématiques on a beaucoup de courriers communs notamment avec la préfecture du Rhône sur des sujets de logement
vous avez le sentiment que ça a suscité comme un nouvel espoir ou une espérance c'est-à-dire que c'est c'est assez historique quand même d'avoir quatre parlementaires comme ça est-ce que vous avez dit oui il y a quelque chose qui se passe est-ce que c'est rassurant pour l'avenir et en même temps est-ce que les gens sont encore plus peut-être exigeants qu'avant ? mais tant mieux
tant mieux qu'ils soient exigeants moi je pense que cette union ne doit pas rester une union électorale et qu'on doit montrer que politiquement on peut porter des choses collectivement pour moi c'est vital la prochaine élection sinon ils ne viendront pas donc on n'a pas d'autre choix et je pense que c'est plutôt positif que de s'appuyer sur cette expertise-là et au-delà du travail de circo d'aller rencontrer les associations de plein de super projets qui existent et de faire monter des sujets il y a toujours ce travail national donc je continue de rencontrer des ONG des personnalités du monde associatif sur mes thématiques pour construire les lois avec elles c'est vraiment la volonté que j'ai donc on ne chôme pas pour l'instant et vous seriez à la commission éco c'est ça ?
oui exactement
alors dans l'avenir qui s'ouvre qui est quand même toujours incertain on a un gouvernement qui se prépare qui est donc on l'évoquait tout à l'heure avec vous clairement à droite et vous considérez que ce n'est pas tout à fait normal comment est-ce que vous entendez vous positionnez parce que ce qu'on entend aujourd'hui c'est peut-être que c'est impossible on fait un peu des coups à gauche des coups à droite est-ce que vous serez résolument dans l'opposition comment va se positionner votre groupe parce que c'est vrai que c'est une question on se demande aujourd'hui qui est vraiment l'opposition en fait à ce gouvernement aujourd'hui
si vous avez quand même des centristes des LR qui sont au gouvernement avec un soutien du Rassemblement National clairement c'est le NFP qui est dans l'opposition donc ça c'est assez évident on va voir ce qui se passe il y a cette motion de censure qui devrait tomber dans pas très longtemps il y a toujours cette question de la destitution aussi
vous étiez plutôt vous comme ça me semble être forcément expert mais vous trouvez que c'était peut-être une bonne idée de se lancer là-dedans ça a été très contesté entre guillemets c'est très contesté
en tout cas le bureau de l'Assemblée Nationale a voté la recevabilité de la destitution mais je pense au moins pour qu'il y ait un débat évidemment que ça ne ira pas au bout on voit bien que ce parcours est très compliqué mais au moins avoir un débat sur la posture d'Emmanuel Macron depuis plusieurs mois et cette prise en otage de notre démocratie donc au moins avoir ce débat là je sais que ça ça crée des discussions et je pense que c'est important de les avoir on voit bien qu'aujourd'hui cette démocratie elle est un peu à bout de souffle il va falloir fortement réfléchir à une nouvelle constitution à une nouvelle manière de répartir des pouvoirs
qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent bon bah la gauche a aussi sa part de responsabilité parce que peut-être qu'ils ne sont pas su se mettre d'accord assez rapidement peut-être que Lucie Casté c'était peut-être pas on n'a plus de nouvelles d'ailleurs de Lucie Casté etc c'était un peu étrange cet été où elle essayait de est-ce que vous pensez qu'il y a une part de responsabilité ou c'est vraiment on était plus rapide que Macron
pour trouver un autre premier ministre quand même on avait un programme on était les seuls peut-être que c'est ça l'erreur en fait peut-être qu'il ne fallait pas avoir de programme pour pouvoir gagner peut-être que ça a fait trop peur ça me semble assez solide et une candidate qui avait mis tout le monde d'accord de la LFI aux communistes les écolos et les socialistes et qui a fait le job cet été effectivement je pense que Lucie Casté non elle ne va pas disparaître elle est médiatique parce qu'elle a une expertise elle a des compétences et qu'elle peut vraiment nous aider à changer le pays et surtout à changer le quotidien des français parce que ça on l'oublie beaucoup on est quand même dans une période depuis trois mois qui est surréaliste les gens n'ont pas les moyens de se nourrir la rentrée était difficile on va rentrer dans quelques semaines dans l'hiver on va avoir du mal encore à se chauffer souvent on parle de ça
de cette rentrée sociale
est-ce que vous l'appréhendez est-ce que vous dites évidemment que c'est inquiétant on a un gouvernement potentiel qui veut encore raboter on a eu 10 milliards l'année dernière il y aura encore 10, 15, 20 milliards peut-être d'économies cette année sans regarder vers les recettes donc j'ai très peur pour les questions sociales ça va encore être très très très difficile pour les associations pour les associations culturelles aussi
il va y avoir des coupes de partout et en même temps les gens vous disent il n'y a plus d'argent il faut peut-être augmenter les impôts il faut réduire le déficit etc mais l'argent
il faut aller le chercher aussi là où il est et même la droite est en train de se questionner ce qui est quand même assez fou en tout cas d'augmenter une part d'impôts pour les plus riches ce qui serait juste normal juste redistribution des choses alors on est souvent
en ce moment on fait un peu de la politique fiction parce que c'est quand même pas beaucoup d'avoir la réalité et en même temps on se dit comme ça de l'extérieur comment est-ce qu'on peut s'en sortir est-ce que le gouvernement Barnier va rester un peu peu vraisemblable est-ce qu'on n'est pas en train de se diriger vers une nouvelle dissolution parce que ce serait possible un an après est-ce que vous ne vous dites pas peut-être qu'on n'arriverait pas peut-être qu'il faudrait de nouveau repasser par les urnes c'est fort probable
c'est fort probable de toute façon je ne vois pas le gouvernement tenir le RN qui peut gouverner en 2027 le fera tomber à un moment donné c'est une quasi-certitude après repartir sur une nouvelle élection oui comment aussi là on a trois blocs qui sont quand même assez forts donc il faut redéfinir aussi la manière dont on vote il faut peut-être se re-questionner effectivement sur la question de la proportionnelle mais dans quel cadre comment mais ce n'est pas suffisant il y a une vraie refonte de notre constitution à avoir une vraie réflexion à imaginer qui va être difficile en moins d'un an mais c'est fort probable qu'on doit retourner aux urnes dans un an
en tout cas ce qui est clair pour vous c'est que si on veut faire barrage si vous souhaitez faire barrage au front national au rassemblement national d'ailleurs ça c'est les anciens qui parlent toujours il faut rester unis il faut réinventer ce que c'est que la gauche en fait peut-être que la gauche s'est un peu perdue aussi en cours de route oui mais tout le monde s'est perdu il y a eu
des fois on est presque nostalgique de la droite la gauche c'était facile le RPR le PS de l'époque oui toutes les cartes ont été distribuées ces dernières années donc évidemment qu'il faut garder cette union sinon on va perdre quoi et c'est pas possible de laisser le RN gouverner ce pays on a tendance à oublier ce qu'ils sont vraiment ça reste un partage qui a envie de diviser la France plutôt que de l'unir donc il faut continuer de les combattre et c'est juste ensemble qu'on pourrait le faire
et en restant mobilisés comme vous on est doucement à la fin de cette émission on se prépare à dimanche ma question souvent à ce moment là c'est de dire quand on est alors c'est un peu plus récent mais en même temps vous l'êtes depuis longtemps engagé comme ça dans la vie publique et politique est-ce qu'on trouve un temps pour soi pour respirer pour faire autre chose ou est-ce que la pression est trop forte l'enjeu trop important pour arriver à je sais que j'en parlais de temps en temps parce qu'on l'a reçu plusieurs fois avec Marie-Charlotte Garin qui est très engagée très présente et qui parfois se dit c'est quand même dur de tenir comment est-ce qu'on trouve l'équilibre comment est-ce que vous faites aujourd'hui vous ?
alors
j'ai toujours été un peu hyper actif que ce soit dans le milieu associatif ou dans le milieu de l'entreprise j'aime bien faire des choses sinon je m'ennuie assez vite mais c'est vrai que le dimanche alors vous allez dire que je suis monomaniaque mais moi ce qui me vide la tête c'est de cuisiner ça vous a poussé à la logique jusqu'à cuisiner en fait je vais faire le marché je vois ce paysan je vois des beaux produits et je cuisine pour la semaine et c'est vraiment ce qui me vide la tête et après vous allez aussi vous moquer de moi mais le vélo le vélo me fait aussi beaucoup de bien donc c'est le seul quand on est dans l'effort c'est le seul moyen vraiment de penser à rien en fait et quand vous faites du vélo est-ce que vous empruntez ces fameuses voies lyonnaises est-ce que vous pensez que c'est quand même une bonne chose ou pas ?
j'ai acheté un vélo quand la ville et la métropole sont devenus écolo parce qu'avant j'avais peur et aujourd'hui c'est quand même le bonheur d'avoir à la fois des voies cyclables toujours une voie voiture et de la végétalisation c'est quand même assez confortable de vivre dans cette ville de Lyon est-ce que vous avez une passion autre à part la cuisine à Hopi quelque chose qui permettrait de découvrir ? on a la chance à Lyon d'être dans la ville de naissance du cinéma et en plus dans quelques semaines on aura la chance d'avoir l'essai à la lumière donc oui je suis un boulimique de cinéma et surtout de cinéma de patrimoine aussi donc j'aime la vie en noir et blanc
et le temps de lire est-ce qu'on a le temps de lire autre chose que simplement des rapports compliqués ou des trucs pour le boulot ?
on essaye on essaye de s'évader puis encore une fois Lyon on a des auteurs et des autrices talentueuses donc aujourd'hui je vous ai ramené le tout premier roman de Dalia Daoud qui s'appelle Chal à la danse qui est sorti une confrère journaliste sur Rue 89 qui sort son premier roman son premier roman donc il y a un avenir après le journalisme c'est possible aussi ça reste dans l'écriture et j'ai hâte de découvrir son livre parce que je l'aimais beaucoup comme journaliste et je pense que je l'aimerais aussi comme autrice et bien écoutez
ça sera découvert avec plaisir et puis il y a une tradition qui fait qu'on se quitte aussi en musique alors on avait l'embarras du choix qu'est-ce qu'il y a dans votre plaisir est-ce que la musique aucune place particulière
dans votre vie ? j'avais un café-concert donc je programmais beaucoup d'artistes de tout genre du jazz à la musique électronique mais sur les ondes radio c'est important aussi de passer de la chanson française j'y tiens donc j'ai choisi William Scheller que j'avais découvert quand j'étais placeur au théâtre d'Arras il y a une trentaine d'années maintenant un peu moins et ça avait été une belle découverte donc William Scheller ça nous fera du bien
et on va être un homme heureux peut-être c'est bien ça oui on va garder le sourire et l'espoir mais il faut la vie est trop difficile pour faire la tête parce que vous avez l'air d'être un homme heureux merci beaucoup monsieur le député merci à vous cher Boris Tavernet d'être venu à notre micro c'était une première de vous découvrir de vous rencontrer et un plaisir à partager avec nos auditeurs et puis la semaine prochaine on se retrouve pour une nouvelle émission évidemment avec Mickaël Paco qui est adjoint au maire de Lyon et on va parler avec lui de ce que c'est qu'une ville durable et désirable merci à toutes à très bientôt au revoir c'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.
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Boris Tavernier