Dépasser les contradictions avec Danièle Obono - PODCAST 6E REPUBLIQUE EPISODE 6
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il y a à l'origine même de de ce de ce qui va être la pensée euh révolutionnaire de 1789, elle est euh intrinsciquement à l'origine faite de contradiction. J'allais dire à part le moment du carnaval qui est aussi un moment en fait politique au sens large. Euh c'est la première fois qu'on voyait autant noir dans une manif hexagone mais c'est surtout l'histoire aussi de ces territoires colonisés.
L'accumulation primitive du capital, elle se fait par par là et c'est ça qui est le moteur de la révolution industrielle. Nous sommes une société qui est le produit d'une histoire de violence, de domination et voilà, on est là. Je trouve que cette dimension là de la constituante et de notre projet, il est il est extrêmement aussi puissant vis-à-vis de l'extrême droite et de son de son de du récit ethno racial qui porte de c'est quoi la communauté nationale.
Alors bonjour Daniel, bonjour qui arrive. Ça fait plaisir de t'accueillir pour cet épisode du podcast 6e République. Alors, tu es commissaire en loi en plus, c'est la commission qui s'occupe beaucoup de ces questions quand même institutionnelles et de loi et et c'est vrai qu'il y a une question que ça fait un moment qu'on qu'on mène la campagne sur la 6e République. on a lancé cette grande campagne au printemps mais ça fait un moment cette idée-là est discutée que on l'abonde toujours avec différents éléments supplémentairire et avec toi j'avais envie d'échanger sur un un aspect je pense que on n pas eu l'occasion de beaucoup discuter donc ça ça peut être aussi un aspect un peu nouveau de notre rapport à la 6e République c'est finalement la République française elle est universaliste. une est indivisible et cetera et elle a été aussi critiquée y compris par les les la l'ignorance quelque part ou le la distance qu'elle mettait avec la question coloniale, son passé colonial.
Et je trouve qu'on a quelque part dans cette questionlà une sorte de forêt de paradoxe. C'est-à-dire que par exemple pendant la Révolution française, les principes posés par la Révolution française sont repris à Saint-Domingue pour réclamer l'indépendance et l'indépendance d'Haïti. Après donc c'est que ces principes se sont diffusés aussi comme principe de subversion mais que d'un autre côté la République française dans cette histoire longue a eu du mal quand même à gérer cette contradiction.
C'est un peu de le dire avec le colonialisme. Et je voulais un peu partir de d'un texte qui moi m'a beaucoup marqué, c'est un texte d'imé Céser quand il quitte le parti communiste français parce que c'est précisément sur cette questionlà en disant "Mais vous êtes dans une conception, il dit ça au Parti communiste de l'époque mais vous êtes dans une conception universaliste. De toute façon, tout le monde doit être en fait comme le prolétariat européen." C'est un peu ça le fond de de du sujet. et il dit "Vous allez me critiquer par rapport à ce que je dis comme Martiniquet, vous allez me critiquer parce que vous allez dire "Ah oui, mais c'est du provincialisme".
Et il dit "Mais en fait, on peut pas être ni dans un provincialisme étroit ni dans un universalisme décharné." Et quelque part, ben est-ce que c'est pas ce cheminlà qu'on doit suivre avec la 6e République ? Voilà, c'est un peu ça la question un peu large, j'avoue.
Non, c'est une belle entrée en matière de parler de ce texte de Césarer qu'il qui s'intitule, je sais pas si c'était son titre, c'est celui qui qu'il a eu lors de nous-même à sonné. H je trouve que c'est un très beau une une très belle phrase qu'il a et c'est vrai que son propos s'adresse en fait à la gauche au plus largement que le Parti communiste, même s'il en est membre. et il met en cause le l'idée de de l'universalisme très eurocentré en vérité et qui produit et reproduit en fait des formes de domination de condescendance vis-à-vis des des autres peuples, des autres histoires et cetera.
C'est c'est vraiment un très beau texte et ça fait je pense au au cheminement et à l'évolution de la pensée y compris de notre de notre mouvement sur la question de l'universalisme y compris de de la République. Moi, j'ai beaucoup travaillé ces derniers mois et même ces dernières années avec l'Institut Laboie sur les formation qu'on fait autour de la question de du racisme, de l'histoire du racisme, de la race et cetera. Et c'est vrai que j'en suis arrivée en en en en en lisant, en élargissant, compris les les sources que j'avais sur sur le sujet, sur cette histoire là.
Je suis militante sur antiraciste depuis très très longtemps, mais c'est vrai que du coup là, c'est c'est une analyse qui permet de comprendre aujourd'hui, qui me permet aussi de comprendre comment euh s'articule cette contradiction dont tu parles et c'est notamment l'idée que euh en fait, il y a à l'origine même de de ce qui va être la pensée révolutionnaire de 1789, c'est-à-dire à l'origine dans les lumières euh la les lumières mais c'est pas simplement la France, mais c'est la Grande-Bretagne, et cetera. enfin tous ces justement de des droits universels, tous ces penseurs de anti-autoritaires et cetera qui vont qui vont euh construire ce qu'on app l'arbitraire en fait ce qu'on appelle la modernité européenne. Et en fait, elle est euh intrinsciquement à l'origine faite de contradiction parce que c'est euh une modernité qui va être euh le le le ciment idéologique de cette classe nouvelle qui euh qui prend le pouvoir et qui établit un certain nombre d'institutions avec euh des principes des valeurs à vocation universelle.
Mais tout ça est quand même fondé sur à la base euh la la construction d'espaces de d'exclusion et de domination à partir de ce qui est avant même la la colonisation des des continents africains, asiatiques et euh à l'initial, c'est quand même l'esclavage. C'est quand même ça c'est un des un des un des points de de départ de la de la modernité en terme de euh économique et et du développement du capitalisme et du tournant en fait la la euh cette traite atlantique et donc dès le départ il y a cette contradiction là. Oui, que le le l'universel est pas pour tout le monde quoi.
Oui, en fait, il y a dès le départ voilà cet angle mort terrible et qui et qui émerge aussi dans les débats justement des des révolutionnaires à l'époque. C'est lequel Kard, tu vois me euh je m'en rappelle plus là, mais bah c'est Robespier périssent les colonies que principes. En fait, on voit émerger dans ce débat, ils ont dû se dire à ce qui on voit émerger dans ce débat et d'abord parce que les personnes concernées elles même porte lutte lutte depuis des années.
C'est ça aussi qui explique justement toute la législation qui est mise en place, le code noir et cetera parce que il y a ces il y a ces luttes là en permanence qui font que voilà ce ce cet angle mort, il enfin c'est pas vraiment un angle mort mais ce sous euh ce sous-texte justement de de tous les grands principes et cetera, il est dès l'origine et donc c'est c'est dès le dès le départ, c'est cette ligne de crète que j'allais dire les les révolutionnaires jusqu'au bout qui juste justement pointe la contradiction fondamentale de de développer ces principes et de de s'appuyer sur un système qui est fondamentalement injuste et d'exploitation et d'esclavage et cetera. Euh donc euh donc oui en fait et donc de depuis dèselle l'origine euh les idées de l'universalisme qui qui sont aussi très situé en fait euh euh non pas que l'aspiration elle soit uniquement euh européenne ou euh parce que justement les peup les peuples voilà et et et les personnes mises en esclavage se sont se sont rebellées dès le dès l'origine dès leur capture sur le continent pendant les pendant la traversée et cetera. Donc voilà, on a voilà la modernité est faite de ces contradictions-là, la modernité politique, économique, euh sociale et donc et donc on voilà, on on est on est euh sans cesse euh autour de cette de cette contradiction.
Et c'est intéressant parce que du coup c'est précisément euh euh Césonialisme euh où il revient justement sur les origines de la modernité européenne et de montrer que voilà que il y a il y a cette contradiction là vis-à-vis de de de la question coloniale liée à la question de l'esclavage vis-à-vis aussi dans l'Europe, j'allais dire continentale de l'une des formes que prend le le racisme tel qu'il va tel qu'il va se construire comme système vis-à-vis des populations juives. Et il y a justement de Céser à Naarent qui montre que enfin il y a j'allais dire vers l'extérieur entre guillemets le colonialisme et l'esclavagisme et la construction en fait du du racisme comme un comme un système et sur le continent c'est l'antisémitisme qui joue un rôle aussi fondamental et donc c'est central dans l'intér ce double mouvement qui est et dont les germes sont dès l'origine justement des des lumières et de c'est d'autant plus intéressant je pense de remontter aux lumières que moi j'avais été fasciné par une thèse qui est sortie assez récemment de David Greber et David Weng. C'était un bouquin qui s'appelait Au commencement était l'humanité.
Et dedans, il disait "Mais en fait les lumières européennes justement, alors c'est une thèse un peu provoquante. Voilà, elle a été débattue, mais ils disent "llelles ont été provoquées par la découverte des communautés amérindiennes du nord et ils prennent l'exemple d'un texte avec un un chef indien qui s'appelle Conarong Kong Kong, je crois et c'est en fait, il dit "Mais vous vous avez s'il a fait un voyage en Europe ?" et puis il dit "Mais là vous prosternez devant un type et cetera.
C'est quoi votre truc ? En gros, vous vous êtes pas des hommes libres. Ouais.
Et donc leur test, c'est de dire mais en fait il y a eu un un une découverte d'un autre rapport à la liberté et ça a été retraduit ensuite par des principes quoi. Et je me disais c'est intéressant parce que comme en fait je pense que l'histoire elle est toujours dans cette circulation là y compris là notre proposition de constituantes. Je veux dire les plus récentes constituantes elles sont pas sur le continent européen elles sont elles sont en Amérique du Sud en Afrique du Nord en Islande.
Donc voilà enfin c'est ailleurs quoi. Donc euh c'est je pense que ça c'est c'est une dimension importante. Mais là l'idée finalement c'est aujourd'hui qu'est-ce qu'on en fait de cette contradiction ?
Comment aussi on la travaille politiquement pour parce que on dit beaucoup là il y a la France de 1958 c'est pas la même France aujourd'hui. On est dans voilà une France qui a changé énormément. Donc ben dans donc il y a la nécessité d'un nouveau contrat politique.
Mais comment on se débrouille de ces contradictions dans le cadre de ce nouveau contrat politique ? Et je pense que ces contradictions elles sont présentes à la fois dans l'hexagone, je veux dire voilà. Et puis aussi ben quel est le rapport que notre démocratie entretient et organise avec les territoires ultramarins h qui sont qu'un issu de cette histoire là forcément.
Mais en fait la France est le produit de cette histoire-là, c'est intéressant parce que la manière dont moi je me rappelle c'était en 2009 quand il y a eu ce grand mouvement euh contre la profitation. Oui. Oui.
Oui. Liage en plus. Il y a un contre la pration, le le la mobilisation et je me rappelle Ouais.
Je me rappelle comment ça m'avait interpellé parce que c'était une des premières fois où dans le mouvement justement politique, j'étais dans une organisation d'extrême gauche pour le coup. Euh et euh et bon on avait dire voilà oui je certains camarades considère certainement que je me suis drittisée. Moi je pense que je les mêmes raisons pour lesquelles j'étais à l'extrême gauche c'est-à-dire changer le monde.
Bah c'est les mêmes raisons pour les Ah oui on est dans la France sera soumise et que nous sommes un mouvement tu vois. Moi j'étais j'ai passé 6 mois au PS avant donc on a fait chacun à peu l'un vers l'autre. Ouais.
B on veut toujours changer le monde et et on veut toujours changer les institutions. C'est bien, on garde la personne. Exactement.
Mais mais oui, je me rappelle de ce moment-là parce que en fait, je crois que c'est la première fois où il y a il y a eu, j'allais dire à part le moment du carnaval qui est aussi un moment en fait politique au sens large parce que il y a il y a une signification très forte, très subversive. l'ire du carnaval, je ple de gens qui ont écrit là-dessus, mais c'est la première fois qu'on voyait autant de noir dans une mat et et et moi ça m'a et en fait je me suis rendu compte que c'est aussi dans ces dans cette période là que j'ai commencé aussi à à à aller chercher en dehors de la formation classique justement gauche radicale extrême gauche des des références et des points d'appui d'une autre histoire auquelle je j'arrivais plus à m'identifier donc notamment celle des Caraïbes celle de des des Africains américains et de toute cette diaspora là parce que justement en fait euh l'histoire de France c'est l'histoire de son hexagone mais c'est surtout l'histoire aussi de ces territoires colonisés parce que c'est justement la si si on pense justement la modernité la construction des États-nations à partir y compris de cette vision mondiale là c'est crucial en fait c'est enfin c'est c'est l'accumulation primitive du capital elle se fait par par là et c'est ça qui est le moteur de la révolution industrielle et c'est ça qui ce qu'on disait tout à l'heure. Donc donc même dans notre manière de penser de penser de penser ce ce rapport là le le fait de faire une voilà la dicotomie en fait elle elle s'explique j'allais dire en terme géographique spatial mais mais je pense qu'on doit plus l'intégrer en fait comme un élément central.
Hm. Euh il y a euh une une chercheuse que je que que que j'ai j'ai relu récemment qui s'appelle Sy Larch qui a écrit un ouvrage sur ça s'appelle l'autre citoyen et elle étudie comment sur un siècle c'est de 1840 à 1946 donc un siècle euh comment justement les les contradictions fondamentales qu'il y a dans le rapport à la citoyenneté et le cas la République euh en s'appuyant sur ce qui s'est passé dans les outresemers où formellement il y a eu une une abolition de l'esclavage et euh la la la citoyenneté supposée des des populations réduites en esclavage. dans les faits de manière économique mais même politique en fait il y a toujours eu des citoyens de seconde zone et cetera et d'ailleurs ça fait partie aussi des bataille mené par Céser et d'autres situation qui en fait ouais je trouve que pour nous c'est vraiment une source d'inspiration et ça doit être ça du coup ça l'a été aussi dans la manière dont on a on a porté euh ce ce débat là avec ce ce qu'a commençait à formuler Jean-Luc Mélenchon autour de la créolisation et et de et de et de comprendre ce reprendre en fait cette ce ce terme et cette cette je sais pas si on peut parler d'une théorie mais de cette analyse produite par Edward Viss euh et en fait qui qui a un processus en fait he voilà qui qui a un processus mais ce que je trouve c'est que justement on on descend le regard et on et on se dit en fait c'est pas juste des des analyses des théories annexes et cetera.
En fait, c'est très c'est central dans la manière de comprendre quel genre de société on est aujourd'hui. Là, l'exemple de la Caraïbe euh est un exemple par et en fait un exemple type en fait, un prototype en fait dans laquelle on trouve on peut trouver des justement euh euh les ressorts pour dépasser la contradiction. Et c'est et c'est et et c'est euh l'idée d'une société créole, enfin la créolité, la créolisation, c'est justement comment euh des des des populations sont sont mis euh par la force, par la violence.
Euh c'est quand même des sociétés Caraïbes qui sont qui se construisent sur l'éradication des peuples premiers, les Caraïbes eux-mêmes qui disparaissent euh avec la la colonisation qui arrive ibérique et cetera. Et donc finalement il y a des personnes qui qui sont amené pour exploiter les différment c'est ce qui s'est passé. Oui.
Voilà. Donc donc il y a là donc c'est une histoire de voilà c'est une histoire de de violence, de domination, d'extermination de processus de ce type là. Et dans ça, en fait, les les gens euh les individus, ils produisent quelque chose, ils produisent ils produisent des identités euh de peuples, des identités culturelles, ils produisent une langue, ils produent une société en fait. il y a quelque chose là euh euh où il s'agit pas de d'effacer en fait l'histoire euh en se disant bon ben voilà et du coup on passe parce qu'en fait cette société elle est toujours travaillée par cette cette histoire de domination de et et en même temps ben c'est c'est un fait en fait c'est une société en tant que telle et donc de je j'ai j'ai trouvé c'est la France telle qu'elle est quoi.
C'est ça. Voilà. Et c'est en fait et partout et pas simplement Caraïbe avec les spécificités de cette histoire euh Caraïbe très très marqué et la société antiaise notamment, elle est encore structurée de cette manière et d'ailleurs c'est ce que portaient les mouvements de lion contre la pritation qui qui dit ça et on retrouve aujourd'hui dans la lutte pour la réparation de des préjudices subis par le par les popul population euh soumis au au clor d'écon et cetera.
Enfin, toute la société antiaise est toujours matrixée en fait par ça. Euh et parce que politiquement euh justement la République n'a pas fait ce travail-là et continue à à à produire et reproduire ces discriminations. Par contre, ce qui inspire dans la ce qui est ce qui est intéressant dans le l'inspiration que que la pensée de la créalisation apporte, c'est justement de faire le constat.
C'est pas un projet, c'est un constat de la société que nous sommes. Ça c'est je hexagone comme outreem. Nous sommes une société qui est le produit d'une histoire de de de violence, de domination euh et et voilà, on est là.
Ceux qui sont qui ont été arrachés, ceux qui ont été amenés, ceux qui ont été et cetera sont là. Et cette société, elle est celle à la fois de voilà ce qui ceux qui ceux qui sont dominés et ceux qui sont aussi la population majoritaire. C'est ce que j'aime bien aussi dans dans cette c'est une forme de constat, c'est dire en fait quand on parle de la société créole, quand on parle de la Nouvelle-France, en fait c'est tout le monde.
Il s'agit de tout le monde en fait. Il s'agit pas juste des noirs et des Arabes, des opprimés. Il s'agit de de tout ce peuple en fait.
Oui, c'est ça. Ce peuple qui est traversé par cette histoire là finalement. Et je trouve que du coup c'est un autre récit.
Donc là, je parle en terme de récit politique que nous portons et je crois que c'est toujours important euh que euh notre vision, notre programme, il se base aussi sur euh bah comment on explique et qu'on raconte et comment on rassemble aussi le récit. Il rassemble et il fait il fait communauté, il fait communauté nationale. Donc ce récit, il est extrêmement important et il est il est d'autant plus fort qu' s'appuie aussi sur une proposition politique, celle de la constituante précisément en fait.
Et c'est vrai que du coup l'interrogation que j'ai c'est euh comment toi tu vois la participation et y compris la redéfinition euh du rapport entre la République et les territoires ultramarins via la constituante parce que et en fait et à la France vis-à-vis d'elle-même parce que quand je t'écoutais parler, je me dis et y compris, je me faisais un peu l'autocritique de ce que je disaisant c'està dire l'hexagone puis les territoires ultramarins. Et euh d'ailleurs les députés de train, ils disent beaucoup les pour euh pour les îles des pays des océans. Là, j'ai entendu pas mal ça.
Mais islanique et cetera et cetera parce que c'est situé quoi. C'est toujours pas on est la périphérie d'un centre et du coup apprendre à se décentrer et de penser. Euh c'est pour ça que je trouve intéressant de parler de penser cette pensée là, c'est justement euh voir euh la la France et notre histoire à partir de cet espace de cet ensemble global en fait.
Ouais. Ouais. Ou où notre modernité s'est forgé, notre modernité et c'est ça et du coup ça fait aussi le lien, il y a un lien diasporique là-dedans parce que tu disais la place des ultramarins mais en fait c'est là aussi c'est ces populations là qui vont qui sont qui sont le produit héritier héritière d'une histoire.
Mais en fait parce que c'est une histoire enfin parce que c'est l'histoire de la modernité, c'est la même en fait c'est la la continuité voilà la continuité de la colonisation des Amériques et de la traite esclavagiste, c'est la colonisation euh de l'Afrique, de l'Asie et cetera. Et donc et et c'est là où les diasporas se retrouvent euh parce que euh la il y a une spécificité donc de cette histoire des Caraïbes, du rapport de des populations euh de ces de ces territoires transocéaniques euh dans ces territoires là et en hexagone. L'archer revient aussi là-dessus enfin sur toute l'histoire de la départementalisation, le bumingom, enfin toutes ces ces structure étatique là qui ont qui ont organisé justement les les les déplacements de population le bumidon.
Ouais, on m'en avait parlé qui a voilà a recruté et cetera recruté pour le l'administration, la fonction publique notamment. Ouais. Ouais. et et en même temps, c'est cette même cit c'est c'est cette même histoire euh qui euh euh explique le la place de une partie des des populations afrodescendantes euh issues comme on dit de l'immigration post-coloniale euh et donc il y a euh voilà et en fait du coup penser la la la constituante à partir du cadre de cette société créolisée en fait et de cette Nouvelle France.
Voilà, c'est de c'est de voir justement toutes les fils tous les fils en fait qui qui tissent ce ce nouveau contrat politique qui viennent en fait. Voilà, il y a ce ce rôle que moi je pense assez central de l'histoire Caraïbe et parce que c'est le fondement encore une fois de la modernité dite européenne et en même temps voilà t tous ces fils qui qui relient avec les les autres populations opprimé colonisé et donc assumer en fait cette histoire là assumer l'entièreté de cette histoire-là et j'allais dire la la dépasser pas simplement théoriquement en disant bon ben maintenant tout est voilà c'est bon on passe à autre chose. En fait, c'est ça ça existe.
Oui, ça c'était un peu la perspective Macron, c'est maintenant on regarde vers l'avenir. Il faisait ça sur l'Algérie dans son premier mandat et puis maintenant on voit la situation de ne pas Exactement. C'est parce que en fait ça exige aussi de s'attaquer à ce qui est structurel et systémique et et qui est le qui est cet héritage là dans le fonctionnement actuel dont le dont le racisme et les discriminations structurelles et systémiques qui vise qu'on regarde les les populations euh des territoires transocéaniques comme les populations afrodescendantes euh qui pour partie sont sur le territoire français depuis très longtemps et celles qui viennent d'arriver.
Donc donc le le dépassement et c'est là où ça se traduit politiquement d'où nous dans notre projet quand on dit qu'il faut euh que les institutions elles le projet de 6e République c'est bien ça c'est dire que notre société elle est les institutions doivent prendre acte et traduire la réalité de ce qui est notre société aujourd'hui. Alors là la contradiction est presque insunnable en ce moment. Voilà. que et que et que cette 5 République, c'est le produit justement d'un d'une société où le le euh d'une société coloniale qui assume sa dimension coloniale et et qui n'a absolument pas fait ce travail de reconnaissance, réparation, mémoire et cetera.
H et donc donc le projet que nous on porte dans la en tout cas le le l'aspiration et ce à quoi on aspire dans le le projet la la 6e République et la constituante, c'est que justement on fasse ce travail là et qui se traduise en terme concret. Voilà, comment on éradique justement les formes que continuent à prendre euh cette domination et cette histoire là. Donc c'est c'est pas juste assumer de dire bon il y a du bon et du mauvais et puis maintenant chose.
En fait, c'est l'exigence quand on reconnaît cette cette contradiction là, pour la dépasser, bah en fait, il faut éradiquer euh structurellement, systémiquement et donc ça ça poser des actes aussi. voilà, poser des actes et que dans du coup dans la loi fondamentale qui nous rassemble tous, dans le contrat nouveau contrat politique et social que l'on forge entre nous, cette dimension là, elle ne soit plus occultée ou niée et cetera et cetera et où on assume et c'est là aussi où ça a une dimension très forte justement vis-à-vis du récit que porte l'extrême droite parce que il faut assumer de d'un récit contre récit. Là, moi je je je trouve que cette dimension là de la de la de la constituante et de notre projet, il est il est extrêmement aussi puissant vis-à-vis de l'extrême droite et de son de son de du récit ethno racial qui porte de c'est quoi la communauté nationale et du déni du du déni assumé de justement bah le le fait queil y a ces contradictions là qu'elle continue à travailler et et cetera et cetera c'est un récit qui le récit de l'endroit Pour moi, c'est un récit.
Alors qui entretient, nourrit le racisme, nourrit l'antisémitisme, nourrit, c'est logique de séparation un peu générale mais en plus dans sa dimension où il nie la réalité en fait c'est plombant finalement en fait. Ouais, ce je pense que c'est extrêmement puissant ce que nous on porte comme euh récit de la société créolisée et de cette Nouvelle France. Euh et qui se traduit aussi par la nécessité de cette nouvelle constituante, de cette nouvelle 6e République euh opposé au récit de l'extrême droite euh parce que c'est aussi ça qui fait leur force aujourd'hui avec toutes leurs obsessions euh de de de pureté etnoraciale l'idée que la France ce serait la France blanche catholique chrétienne et cetera et cetera. donc qui est qui est toujours voilà une construction sociale et à alimenter de le de leur de leur vision qui est fondamentalement raciste donc et qui et qui est justement à l'opposé de ce que nous on porte.
Et donc le fait de d'assumer cette cet état de notre de notre pays, de ce que nous sommes, je trouve que c'est extrêmement fort euh de le de le porter aujourd'hui, ici et maintenant vis-à-vis justement de cette extrême droite et et de ce que de leur vision extrêmement étroite de de notre pays et de notre peuple en fait. et euh et d'opposer à ça, d'opposer voilà la richesse, la force, la vitalité malgré les contradictions et et avec ces contradiction là que nous nous proposons de dépasser avec des mesures claires de de déconstruction, d'éradication de tous les processus d'oppression, d'omination issu de cette histoire-là et eux que et que eux en fait proposent d'accentuer à part voilà les processus racistes et de et de de cette guerre de de tous contre tous. Donc c'est là où je crois que il y a une force dans le ce que ce que nous on dit et ce que nous on raconte et de et de de s'appuyer justement sur cette histoire là. une autre histoire, l'histoire des Caraïbes, c'est l'histoire française et c'est une c'est une force enfin il y a aussi tous les écrits de justement glissant qui parle et et d'autres auteurs en fait qui parlent justement de la la thématique de du volcan enfin justement de l'éruption.
Il y a il y a une puissance aussi très forte et très poétique dans dans les écrits de de tous ces auteurs. Euh et voilà, pour moi c'est quelque chose voilà il y a la ça c'est réjouissant et euh par rapport au côté plombant dont je parlais tout à l'heure de l'extrendrot. Bah voilà, il y a regarder l'avenir aussi sans en être terrorisé quoi.
Ça me fait penser à je là voilà ça me fait penser à cette euh cette chanson de Cazet qui parle de je crois que c'est chez moi. Chez moi, j'y vais par période, c'est une toute petite partie du club. Et en fait justement, elle raconte cette histoire là.
Elle raconte pourquoi elle enfin casa son nom et son prénom. Et sais-tu aussi que mon prénom et mon nom sont les restes du colon britannique et breton. Et en fait c'est voilà c'est c'est beau quoi.
En fait c'est beau et je trouve ça très puissant comme comme appropriation justement de cette histoire de contradiction et je pense que c'est une qui qui parle au-delà en fait parle au-delà de ce que nous sommes la France ce que nous sommes comme peuple euh et ce que est-ce qu'on peut être en fait justement de quelque chose Oui. Comment on peut se projeter collectivement dans l'avenir quoi. Ça c'est clair.
Tu ce que tu me fait penser parce que donc moi je suis député de Brest. Hm hm. Et forcément que ben tu as toute une histoire aussi même si c'est pas la même histoire euh tu des villes comme Bordeaux non tu une histoire très lié aussi au commerce triangulaire et tout le reste c'est plutôt une ville militaire et cetera mais ceci il y avait des marins qui bougeaient pas mal et le et le jour aux amphies aux derniers amis de la France à Suisse on avait beaucoup parlé avec Tataille le ge qui est ancien député polynisien j'espère qu'il va le redevenir mais ouais et et en fait t mat il me dit son je crois c'est son grand-père ou son arrière grand-père il enterré dans les codes d'armor mais je me suis dit le gai tu vois c'est c'est un nom et tu vois tu as toute cette histoire final qui est intriquée et je y compris la reconnaissance de cette intrication là c'est les gens aussi on circule en permanence tu vois et c'est aussi tirer les conclusions concrètes de si on dit la République est une bah elle est une.
Mais dans ce cas-là, elle est elle est pas limitée à l'hexagone. Elle est c'est ça c'est quelque chose de de très important. Et tu vois quand je t'ai écouté, je me disais mais il y a aussi un autre enjeu auquel la vraie dire j'avais jamais pensé mais je mais quand on parle du récit qu'on a qu'on installe, il y a tout un enjeu à mon avis dans le préambule de la Constitution.
Le préambule il sert aussi un peu à ça, tu vois, en disant bah où on où on en est quoi, où on en est là. Et franchement, je pense que la enfin, tu vois ce que tu as indiqué aujourd'hui, ça ça indique aussi des éléments mais qu'on pourrait y mettre dedans quoi. Ah, ça très certainement.
Oui. Oui. Oui.
Et puis c'est à ça que ça sert en fait. Mais c'est ça qui est que je trouve très enthousiasmant en fait dans le dans le la constituante et la 6e République et qui est quelque chose qui en fait de de tellement rassembleur et de tellement fédérateur. Ça veut pas dire qu'on va être d'accord sur tout.
Au contraire, je pense que ça va ça va ça va créer plein de débats euh sur voilà les droits sur le sur Mais en fait c'est un moment où du coup on on il y a un côté une aspiration collective. Qu'est-ce qui voilà qu'est-ce qui nous rassemble ? Qu'est-ce qu'on porte ensemble ?
Qu'est-ce que et comment en fait on écrit quelque chose en fait où j'allais dire tous les fils de notre histoire en fait se se retrouve lié et s'expriment là-dedans et donc c'est je trouve que c'est un c'est un projet et c'est une perspective tellement euh tellement excitante en fait, tellement euh revigorante et et on voilà je pense que c'est et compris je voulais aussi euh parler parler de ça parce que il y a un auteur que j'aime beaucoup qui est qui s'appelle Malcom Ferdinand qui a écrit sur l'écologie des coloniales et il parle aussi en fait de l'histoire des Caraïbes et de du navire plantation et cetera. Il y a et il y a beaucoup de choses là-dessus par rapport par ça parce que ça fait aussi le lien avec la question de de de l'urgence écologique et de du rapport à euh à à la terre, aux êtres humains, aux êtres vivants et cetera. Et et du coup, c'est précisément euh aujourd'hui cette cette nouvelle constitution, cette nouvelle République, elle elle a comme enjeu justement de faire face à ce qui est un des défis euh fondamental euh le défi existentiel de de l'humanité toute entière.
Et là aussi, en fait, on a on a tellement de euh de j'allais dire de de sources de référence euh à partir de cette histoire-là, cette histoire-là de la contradiction, puisqu'on parlait de tu tu euh tu partais justement de des références euh des territoires transocéaniques et cetera, mais là aussi, il y a une puissance euh d'inspiration très forte dans le rapport avec voilà. Et donc là aussi, c'est un c'est un fil qu'on peut tirer et et faire émerger et de et de lier la question justement de notre histoire d'oppression euh d'oppression des êtres humains entre eux et euh vis-à-vis de la nature. Et je trouve que c'est tellement nous ce qu'on porte la France insoumise le fil de cette harmonie entre les êtres humains et vis-à-vis de la de la nature.
Et en fait là aussi en fait il y a lisez Malcom Ferdinand c'est très c'est très beau aussi. C'est très intéressant. Euh et donc ce rapport là de la domination des hommes entre eux sur les uns et les autres des humains et la domination de la de la nature et comment ça a aussi forger notre compréhension et comment du coup on est dans un moment où on doit dépasser ça pour survivre.
En fait, c'est la survie de l'humanité. Et donc tu parlais de ces contradictions à dépasser. Donc là il y a il y a des éléments pour justement délier euh délier un peu ce cette contradiction.
Oui. En tirant le fil de l'égalité et en disant ben finalement ce qui les connaissances élaborées ici ou là valent aussi pleinement quoi. Il y a pas de connaissance supérieure.
Mais d'ailleurs, on est en train de redécouvrir la poudre avec tu vois on refait des feux préventifs comme faisait tout un certain nombre de communautés auparavant pour que les feux soient moins dangereux. Toutes les questions d'agroécologie ou d'agroforesterie. Mais en fait c'est enfin voilà c'est des choses que qui ont été presque effacées à un moment donné dans le processus de d'extension du capitalisme. on se dit ah tiens tiens, c'est pas si intéressant.
Donc bon voilà, il y a il y a voilà, on a on a tellement de de de matière euh historique, humaine, intellectuelle à partir de cette voilà de ce de cette contradiction là, de cette de ce moment de l'histoire et de c de cet espace, j'allais dire euh euh historico-géographique euh que qui est euh que sont les territoires transoniques, les Caraïbes et et au-delà Euh voilà, c'est extrêmement enthousiasmant, je trouve. Ouais. Et de et de mêler ses voix et dans et de et de et d'avoir cette cette histoire et cette perspective politique dite et racontée à avec toutes ses voix politique et polyphonique.
Excellent. Ben merci beaucoup Daniel. Vivement la constituante.
Exactement. On y travaille tous ensemble et tout ensemble. Merci.
Merci à toi.
Danièle Obono