Mort d'un adolescent dans les Yvelines : Olivier Véran invite "à garder beaucoup de mesure et de prudence"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 55 %Attaque 15 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse directe
Que s'est-il passé dans la collision entre le scooter et le véhicule de police ?
- 1:57RelanceRéponse directe
Redoutez-vous des troubles ou des émeutes après ce drame ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Comment réagissez-vous à l'annonce de l'été le plus chaud jamais enregistré ?
- 4:26RelanceÉludée
Reconnaissez-vous que l'écologie est la grande absente des prises de parole du gouvernement ?
- 5:54RelanceRéponse partielle
Pourquoi l'écologie n'a été abordée que dans un paragraphe de la lettre de Macron ?
- 11:00FerméeRéponse directe
Le plan contre le harcèlement scolaire est pour quand ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54Invité politiqueFait
« Il y a une enquête qui a été ouverte de l'Inspection Générale de la Police Nationale. »
- 0:59Invité politiqueFait
« Il y a des policiers qui ont été placés en garde à vue hier soir, justement pour faire la lumière. »
- 1:03Invité politiqueFait
« Les premiers éléments dont j'ai à connaître, mais qui sont évidemment soumis à l'enquête, sont que le jeune homme roulait manifestement sur un scooter. »
- 1:22Invité politiqueFait
« Il aurait réalisé un refus d'obtempéré, il aurait poursuivi sa route. »
- 2:13Invité politiqueFait
« À titre préventif, des forces de sécurité intérieure ont été mobilisées dès hier soir pour sécuriser l'ensemble de la population. »
- 4:34Invité politiqueFait
« Oui, c'est un été extrêmement chaud, et c'est un été, hélas, d'une longue série d'étés chauds sur notre planète et dans notre pays. »
- 5:46Invité politiqueChiffre
« Nous avons énormément progressé dans notre pays, puisqu'il n'y a pas eu de conséquences sanitaires aussi fortes que celles que nous aurions connues il y a 20 ans avec la même vague de chaleur. »
- 7:04Invité politiqueFait
« La France. »
- 7:10Invité politiqueFait
« La France. »
- 7:16Invité politiqueFait
« La France. »
- 7:22Invité politiqueFait
« La France. »
- 7:29Invité politiqueFait
« La France. »
- 7:50Invité politiqueFait
« La France. »
- 13:50Invité politiqueChiffre
« On a mis 200 millions d'euros pour revaloriser les salaires. »
- 16:19Invité politiqueFait
« Je vous redis notre détermination. »
- 17:16Invité politiqueChiffre
« Plus de 8 Français sur 10 veulent pouvoir voter sur des sujets qui les concernent. »
- 18:13Invité politiqueFait
« La Constitution, il y a l'article 11, restreint vachement le champ des référendums. »
- 18:23Invité politiquePromesse
« Moi, j'y suis favorable. »
- 20:10Invité politiqueChiffre
« On fait partie des trois pays au monde qui arrivent à dépasser les 50% d'imposition. »
- 23:05Invité politiqueFait
« Il y a eu quand même beaucoup d'efforts qui ont été faits sur des milliers de produits et la pression de Bercy est très forte. »
- 24:02Invité politiqueFait
« La réforme des retraites, elle est en application depuis le 1er septembre. »
- 24:08Invité politiqueChiffre
« 1,7 million de retraités ont vu leur pension augmenter. »
- 24:30Invité politiquePromesse
« Le projet de loi est en bonne préparation, il est en bonne voie. »
Temps de parole
- Olivier Véran65 %
- Invité17 %
- Présentateur9 %
- ?6 %
- Auditeur3 %
≈ 32,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand,
le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le porte-parole du gouvernement dans le grand entretien du 7-10. Vos questions, vos réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Olivier Véran, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro avant de parler d'écologie dans un instant. Cette information qu'on évoquait dans le journal de 8 heures, un adolescent de 16 ans à scooter est mort hier soir dans une collision avec un véhicule de police. C'était à Elancourt, dans les Yvelines. Que pouvez-vous nous dire ce matin sur les circonstances exactes de ce drame ? Que s'est-il passé
? D
'abord, dès lors qu'on parle de la mort d'un adolescent, c'est d'une tristesse absolue. Et mes premiers mots vont évidemment
à
destination de la famille, des amis.
C
'est un drame à chaque fois que ça arrive, quel que soit le contexte.
Il
y a une enquête qui a été ouverte de l'Inspection Générale de la Police Nationale. Il y
a
des policiers qui ont été placés en garde à vue hier soir, justement pour faire la lumière.
Les
premiers éléments dont j'ai à connaître, mais qui sont évidemment soumis à l'enquête, sont que le jeune homme roulait manifestement sur un scooter, qu'il y avait une voiture de policier qui le suivait, mais plutôt à distance, en cherchant à ce que le scooter s'arrête. Il aurait réalisé un refus d'obtempéré, il aurait poursuivi sa route, il aurait percuté à un croisement un autre véhicule de police, celui-ci aussi, mais qui serait peut-être d'ailleurs totalement fortuitement présent. Je n
'ai
pas plus d'informations, encore une fois, il est fondamental. Il y a
deux
enquêtes. Dans
chaque situation comme celle-ci, qu'une enquête soit diligentée. Alors il y
en a deux.
J'invite vraiment à garder beaucoup de mesures et de prudence à l
'heure
à laquelle on se parle. Le ministère de l'Intérieur aura sans doute l'occasion de communiquer dans la journée.
Il y a deux enquêtes qui ont été ouvertes par le parquet de Versailles cette nuit. L'une pour refus d'obtempérer, l'autre pour homicide involontaire. Redoutez-vous, évidemment,
c
'est la question qui se pose ce matin, redoutez-vous des troubles, d'une recrudescence, des émeutes, après celles qu'on a connues en juin dernier, après la mort du jeune Naël, lors d'un refus d'obtempérer également, lors d'un contrôle de police
?
D'abord dire qu'à titre préventif, des forces de sécurité intérieure ont été mobilisées dès hier soir pour sécuriser l'ensemble de la population. Évidemment, un appel au calme, toujours dans ce type de situation. Et je l
'ai
dit encore une fois avec beaucoup de modestie, la situation, aussi dramatique qu'elle soit, nécessite des réponses que nous n'avons pas encore. Il n
'y a
pas de raison de douter de l'aversion que je vous ai donnée. Et l'enquête permettra de déterminer les conditions exactes. Donc voilà.
Emmanuel Macron, juste un mot, avait dit après les émeutes, on tirera les conséquences, j'annoncerai des mesures aussi pour calmer les banlieues. On les a entendues, les mesures, on les attend.
D
'abord, il y
a
eu la réponse immédiate,
dans
l'urgence, dès les premières nuits. Ça a été la mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité, de police, de gendarmerie, des pompiers.
La
mobilisation exceptionnelle de la justice qui a permis de traduire en comparution immédiate des centaines de ces jeunes qui ont commis des exactions dans nos villes. Ça, c'était la réponse urgente,
c
'était, je dirais, la principale à apporter, parce que c'était l'attente légitime des Français, le retour à l'ordre et à l'autorité. Ensuite, le président de la République a demandé à ce que soit fait un bilan le plus exhaustif possible
de
l'ensemble des motifs qui ont pu provoquer ce type d'émeutes, sachant que, vous le savez, je le répète volontiers, certaines villes ont été touchées, d'autres non. Dans certaines villes touchées, certains quartiers prioritaires se sont enflammés et d'autres non. Et donc, il nous fallait avoir des informations et des données. Nous les avons colligées, en lien avec la justice notamment, aussi avec les services sociaux. Et donc, il y a une réponse interministérielle qui doit toucher à la fois la sécurité,
à la fois la
question sociale, qui est en cours, toujours, avec ces examens qui sont faits, et l'ensemble des ministères qui sont mobilisés sous l'égide de la Première ministre.
Alors,
venons-en à cette information couperée tombée hier. La saison juin-juillet-août 2023 a été de loin la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, selon l'Observatoire européen Copernicus. Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a réagi en disant que l'effondrement climatique avait commencé. Comment réagissez-vous, Olivier Véran ? Et surtout, reconnaissez-vous que l'écologie est la grande absente des prises de parole du gouvernement en cette rentrée ?
Alors,
avant de faire de la politique et de répondre à la deuxième partie de votre question, on répond à la première. Oui, c'est un été extrêmement chaud, et c'est un été, hélas, d'une longue série d'étés chauds sur notre planète et dans notre pays.
Les
conséquences, elles sont palpables, elles sont mesurables, des vagues de chaleur plus précoces et plus tardives, plus longues, avec un impact qui est visible sur la biodiversité. Juste un exemple, j'étais dans le Ovar il y a quelques jours, à la rencontre des pompiers qui avaient fait face à un incendie terrible il y a deux ans, à la rencontre aussi de personnes qui travaillent sous ces fortes chaleurs, qui ont dû changer leur modalité de travail quand il fait très chaud, en commençant les nuits parfois à deux heures du matin. J'ai vu des viticulteurs qui sont obligés d'implanter des cépages du sud de l'Europe, parce que les cépages français ne résistent pas à la chaleur.
Bref, on voit ces conséquences qui sont palpables. On voit aussi que de très nombreux Français ont dû se passer d'arrosage. Ça
c'est le constat,
on l'a
tous fait. On l'a tous fait. Alors pourquoi l'écologie est la grande
absence des
prises de parole du gouvernement ? Je vais même
préciser.
J'ai précisé moi par anticipation que je répondais en deux temps.
D
'abord sur la question que vous me posiez du côté visible de ce réchauffement climatique. Et on ne doit pas s'y habituer, mais on doit s'y préparer et continuer de le faire, ce que nous faisons. Et je note juste, par exemple, que sur les conséquences sanitaires, sur notre capacité à faire face
au
réchauffement pour les personnes les plus fragiles, eh bien nous avons énormément progressé dans notre pays, puisqu'il n'y a pas eu de conséquences sanitaires aussi fortes que celles que nous aurions connues
il y a 20 ans avec la même vague de chaleur. Olivier Véran, permettez-moi de vous
poser la question que Nicolas vous a posée différemment et plus précisément, puisque ce matin on a reçu la lettre qu'Emmanuel Macron a écrite à tous les chefs de parti après la réunion de Saint-Denis, 12 heures de discussion, on le rappelle, la semaine dernière, autour du chef de l'État, sur tous les sujets internationaux, nationaux, institutionnels également. Et donc, on a lu cette lettre ce matin, c'est six pages, et à la toute fin, après avoir abordé à peu près tous les sujets possibles et imaginables, à la toute fin, il y a ce paragraphe, « La transition écologique, si elle n'a été que rapidement discutée lors de notre échange, me paraît justifier un débat approfondi.
Je vous propose donc que la Première Ministre puisse vous présenter en détail le projet de planification écologique préparé et concerté depuis plusieurs mois, afin que nous puissions y revenir dans les meilleurs délais. »
D
'un côté, pardon, mais d'un côté, vous avez le secrétaire général des Nations Unies qui dit « L'effondrement
climatique
avait commencé » et la lettre du Président de
la
République ce matin, c'est une paragraphe à la fin de six pages d
'une lettre. Léa
Salamé.
Et
quel est votre prière ?
Léa Salamé,
là, je
vais vous faire une réponse un peu plus longue que la précédente, comme la question l'a
été. Je
vous en prie.
Quel
est le pays
qui
a interdit l'exploitation des fonds sous-marins, y compris à titre de recherche
? La
France.
Quel
est le pays qui a organisé le sommet mondial pour les forêts à l'initiative du Président de
la
République
? La
France. Qui est le pays qui a organisé le One Ocean Summit pour protéger nos océans ? La France. Quel est le pays qui a obtenu de l'Union Européenne l'interdiction programmée de vente des véhicules thermiques neufs ? La France. Quel est le pays qui a mis en place une règle européenne de neutralité carbone comme un objectif absolu dans les prochaines années
? La
France.
Quel est le pays qui a dit que les normes environnementales ça commence à bien faire ? Léa Salamé, je
continue, pardon, parce que c'est important. Parce que ce procès qui pourrait être fait
en
immobilisme, etc.,
il est faux, il est démenti par les...
Je vous parle des faits, vous savez, je vais vous expliquer après pourquoi la lettre. Quel est le pays qui a interdit pour la première fois les plastiques à usage unique ? La France. Je peux continuer la liste
réunique. Je pense que vous n'avez rien fait. C'est la question de
savoir, dans un été aussi brûlant, où l'effondrement climatique, quand on met un mot comme l'effondrement climatique, a commencé, le président de la France réunit pendant 12 heures les leaders de partis et donc aborde quasiment pas la question de l'écologie et du réchauffement climatique. Et dans sa lettre, elle est au dernier paragraphe.
Le président de
la République a réuni les chefs des partis politiques pour la première fois en multilatéral avec une feuille de route qui proposait pour cette première
d
'axer les échanges, d'abord sur la situation internationale, Ukraine, instabilité en Afrique, dont les conséquences sont mondiales et nécessitées d'avoir un temps d'échange qui a d'ailleurs duré plus de 4 heures parce qu
'il
était important. La lettre se voulait aussi inviter les forces politiques à proposer à l'issue des émeutes qui ont émaillé notre pays et comment pouvoir faire nation. Et dans le cadre de ces échanges, la question écologique a bien sûr été abordée et le président le spécifie lui-même. D'ailleurs, il l'a annoncé. Il veut que cet échange
puisse
se reproduire et il veut que d'autres thématiques puissent être abordées. Je reviens une seconde là-dessus parce que c
'est important.
Donc
c'est à la hauteur. Vous m'expliquez ce matin que le petit
paragraphe de fin,
c'est à la hauteur des enjeux. Non,
je vous dis que l'action que nous menons pour le climat à l'échelle nationale et européenne sous l'initiative de la France est une action qui ne souffre d'aucune attaque à l'étranger. Et je vous redis autre chose, il y aura d'ici 15 jours un conseil de planification écologique. Derrière ce mot, qu'est-ce que c'est ? C'est un ensemble de mesures qui vont concerner tous les Français,
qui vont
concerner
tous
les ministères. On va parler du logement,
on
va parler des transports,
on
va parler du travail, du télétravail, etc. qui sera présidé par le Président de la République en présence de la Première Ministre et qui va être décliné dans les semaines suivantes en notant d'actions qui auront des conséquences d
'ailleurs sur notre pays.
Ce
sera
la semaine du 18 septembre et à la demande du Président de la République, effectivement la Première Ministre réunira avant le Conseil de planification les forces politiques pour justement partager avec elles l'ensemble des mesures contenues dans cette feuille de route qui est la plus ambitieuse que notre pays ait jamais connue et à l'échelle européenne. Je vous invite, on en reparlera parce que je serai ravi que vous me réinvitiez pour en discuter. Parce qu'à mon avis, les questions que j'aurais c'est, est-ce que vous n'avez pas peur, M. Véran, que l'ensemble des mesures que vous avez portées consistent à trop de changements ?
Non, ce que nous disons et ce que dit le Président de la République,
c
'est que notre action doit être résolue et déterminée, qu
'on
ne peut pas faire une écologie contre les gens mais avec les gens, on ne veut pas être dans une écologie punitive mais une écologie qui incite et s'il fallait un argument pour vous en convaincre, les Français ont montré qu'ils étaient responsables, si certains en doutaient ce qui n'était pas notre cas, en réduisant par exemple de 10% leur consommation d'électricité l'hiver dernier quand il le fallait. Donc c'est ainsi, c'est le chemin que nous allons suivre, avec encore une fois jalonner d'étapes fondamentales qui vont transformer durablement notre façon de consommer, notre façon de vivre mais en emportant le moins de contraintes possibles pour les Français.
Dans l'actualité,
on
a appris hier le suicide d'un adolescent de 15 ans qui avait été harcelé dans son lycée professionnel il avait changé d'établissement en cette rentrée. Gabriel Attal, le ministre de l'éducation, a demandé une enquête administrative en attendant un grand plan de lutte contre le harcèlement scolaire. Ce plan, il est pour quand ? Le savez-vous Olivier Véran ? Et quel sera,
serait son contenu ?
Le
plan,
il
va être vraisemblablement pour le mois de septembre mais déjà des mesures fortes ont été annoncées, prises et vont pouvoir être appliquées. Parmi ces mesures, évidemment la généralisation des programmes, ce qu'on appelle le programme phare de prévention
du
harcèlement, c'est-à
-dire
qu'il n
'y aura
plus un établissement scolaire sans avoir un spécialiste de la question du harcèlement pour aborder les choses dans leur réalité. Et ensuite, cette règle annoncée par le ministre Gabriel Attal, selon laquelle ce n
'est
plus l'élève harcelé qui devra changer d'établissement, mais c'est l'élève ou les élèves qui sont harcèleurs. Je voudrais dire que
je
me joins à la détresse de la famille, de la communauté éducative, de toutes les familles de France.
Je
l
'ai
dit tout à l'heure pour un adolescent de 16 ans qui a trouvé la mort dans de toute autre condition, un adolescent, un enfant qui meurt, est un drame pour notre pays, pour notre nation.
Et
quand un enfant de 15 ans
en
arrive à ne plus envisager d'autres solutions que celles de se donner la mort, c'est une émotion qui nous oblige tous, et qui doit nous faire nous mobiliser
au
maximum. Mais vraiment, je le dis au maximum, c'est d'ailleurs la priorité pour cette rentrée scolaire.
Il
faut que nos enfants puissent se sentir bien, il faut qu'ils aient envie d'apprendre et qu
'ils
aient envie de vivre. Et c'est l'enjeu, et je sais que le ministre est très mobilisé, Brigitte Macron, Madame Brigitte Macron, va se rendre au domicile de cette famille d'ailleurs aujourd'hui.
Olivier Véran, vous avez entendu le 7h50 et le sujet qui monte, les crèches. Deux livres sortent cette semaine, Baby Business chez Robert Laffont et le prix du berceau au seuil, qui dénoncent la gestion des crèches privées, nourriture rationnée, couches non changées, maltraitance. Un rapport de Ligas en avril soulignait déjà que l'ouverture au secteur marchand des crèches a conduit à une dégradation progressive de la qualité d'accueil au profit de logique financière. En clair, le problème, c'est que les enfants seraient devenus des chiffres pour gagner un maximum d'argent pour ces crèches-là. Vous avez reçu le rapport de Ligas en avril, vous êtes au courant de l'affaire.
Qu'est-ce que vous allez faire
?
D'abord, un mot pour les personnes qui travaillent dans les crèches.
Quand
vous vous engagez à travailler auprès des plus petits, c'est que vous avez cette fibre qui fait que vous avez envie de prendre soin des plus fragiles.
Et
donc, je ne
veux
surtout pas les incriminer, je ne
veux
surtout pas qu
'ils
se sentent blessés, ni par les livres, ni par les débats nécessaires qu'ils ouvrent.
Non,
mais eux-mêmes se confient dans ces livres. Eux
-mêmes disent, on n'en peut plus, la logique
financière qui nous écrase.
Un certain nombre se confient,
et
là, ça ne
la
met pas, l'ensemble.
Non, non,
et d'ailleurs,
les
livres ne disent pas que c'est
toutes les crèches privées
qui
sont... Je sais, je
sais. Ensuite, il y
a
un sujet d'attractivité pour ces métiers. J'ai bien connu ça à l'époque dans le domaine du soin. On a la même chose, en fait, avec les crèches. Pourquoi, dans un pays comme le nôtre, aussi mature que le nôtre, prendre soin des autres, qui est sans doute la mission la plus fondamentale, est-il si peu valorisée socialement et financièrement ? Alors, on y travaille, on a mis 200 millions d'euros pour revaloriser les salaires, on améliore
la
qualité de formation, on crée un forfait qualité pour donner des garanties, évidemment. Et on continuera de le faire. À côté de ce sujet de la formation et de la qualité, pour les professionnels, il
y a
le sujet du contrôle. C'est nécessaire d'avoir du contrôle.
Que
ce soit privé,
d
'ailleurs, associatif ou public. Et donc, il faut rentrer dans cette culture du contrôle, ce que dit la ministre Aurore Berger, d'ailleurs. Un peu, comparaison n'est pas raison, mais un peu ce qu'on a développé dans le champ des EHPAD, qui était un autre secteur dans lequel il
y a de la souffrance professionnelle. Donc, vous allez mettre de l'argent pour qu'il
y
ait
plus de contrôle dans les crèches ? Il y a des règles plus strictes, il y
a
des règles de contrôle. Les règles ne seront pas nécessairement les mêmes, et chacun peut le comprendre selon qu'on s'adresse à une crèche avec beaucoup de personnel sur place,
ou
des micro-crèches, où parfois, il peut y avoir un seul adulte. Donc, il
y a
le taux d'encadrement qui doit être aussi repensé. Et tout ça, tous ces travaux-là, et merci de
l
'avoir souligné, Léa Salamé, ont été démarrés en amont des livres, puisqu'il y avait eu ce rapport très important de
l
'inspection générale, qui avait permis déjà de dégager des pistes d'amélioration.
Près de 2000 enfants sont contraints de dormir à la rue, faute de places d'hébergement d'urgence disponibles, ou adaptées, selon le baromade publié par la Fédération des acteurs de la solidarité, et UNICEF France, qui décrivent une hausse alarmante sur un an. 2000 enfants dans la rue, Olivier Klein, ancien ministre du logement, avait annoncé au début de l'été, notre priorité est claire, zéro enfant dans la rue. C'est pour quand ?
Nous
n
'avons jamais eu autant d'hébergement d'urgence dans notre pays.
Oui, 2000 enfants dans la rue. Non, mais attendez, je
vous le dis.
Il
est évidemment inacceptable, et j'en ai parlé d'ailleurs, Charlotte Cobell a eu l'amitié, qui est secrétaire d'État en chargée de l'enfance, a eu l'amitié de m'appeler justement à ce sujet, pour que nous puissions en discuter, je la sais très mobiliser. Il est évidemment inacceptable que le moindre enfant ait à dormir dans la rue. On fait face là à un très grand nombre de personnes qui occupent des logements, des hébergements d'urgence, qui sont notamment en situation irrégulière.
Il se trouve que nous aurons, au cours des prochaines semaines, au cours des prochains mois, un débat sur cette question de l'emploi et de la régularisation d'un certain nombre de ces étrangers, qui peuvent avoir un emploi, mais caché, non déclaré, parce que parfois, d'ailleurs, ou déclaré dans une situation irrégulière, de manière à dégager des marges aussi d'accueil. Mais je peux vous dire, pour répondre très concrètement à la question des 2000 enfants, qu'on y travaille, chaque préfecture y travaille, est mobilisée pour qu
'on
trouve une solution pour chacun. Quand
? Là,
il n
'y a
pas de question de délai, quand il y
a
un enfant dans la rue,
en
fait, chaque situation... Donc d
'ici Noël, il n'y aura plus 2000 enfants dans la rue ? Oui, j'étais
député déjà il y a 10 ans à Grenoble, je connaissais ce problème-là.
Mais vous prenez un engagement ? Oui, vous prenez
un engagement ?
D'ici Noël, il n'y aura pas... Je
vous redis notre détermination. Tout le sujet, c'est les flux. C'est-à-dire que vous pouvez trouver un hébergement d'urgence pour tout le monde, mais il y a encore des flux entrants. C'est aussi pour ça qu'on doit tarir les flux entrants illégaux, irréguliers, parce que nos capacités d'accueil, je le redis, sont maximales dans notre histoire, mais que si les flux ne se tarissent pas, eh bien, on aura ce problème-là récurrent.
Encore
un tout petit mot sur la lettre d'Emmanuel Macron, parce qu'il y a une phrase, peut-être que vous pouvez nous en faire l'exégèse, concernant le référendum. Il a beaucoup été question du référendum, pour le coup, dans ses 12 heures de discussion avec les chefs de parti. Emmanuel Macron a noté, note dans sa lettre, qu'il n
'y
a pas eu de consensus sur le référendum, et dit qu'il va faire une proposition dans les semaines qui viennent pour étendre le référendum. Et il semble, dans un autre paragraphe, ne pas exclure l'idée d'un référendum sur l'immigration.
Alors là, c
'est avec ma casquette de ministre de la Démocratie que je vous réponds bien volontiers. Un, qu
'est
-ce qu'on constate ? Les Français
ont
envie d'être utiles, y compris ceux qui ne vont pas voter aux élections dites classiques. Une enquête très importante qui est sortie cette semaine le montre encore, plus de 8 Français sur 10 veulent pouvoir voter sur des sujets qui les concernent. Il y
a
cette appétence. Et d'ailleurs, ils sont encore plus nombreux chez ceux qui n'appartiennent pas à un parti ou qui ne vont pas voter aux élections traditionnelles. Pour la première fois, on voit une majorité de Français qui préfèrent la démocratie dite directe, c'est-à-dire le fait d'aller voter sur des questions précises, que la démocratie représentative. Moi, je n'oppose pas les deux, et je continuerai de proposer. J'ai fait une proposition... Le
préférendum,
qu
'Emmanuel Macron avait l
'impression de découvrir.
Non, attendez, c'était off-press, ça ne
m
'intéresse pas. Je continuerai d'avancer là-dessus, parce que, d'ailleurs, l'opinion y est favorable. Les Français veulent pouvoir s'exprimer. Et nous, on n'a certainement pas peur de demander leur avis aux Français.
Vous ne
l
'avez pas fait, en
tout cas. En 6 ans, vous ne l'avez pas fait. On n'a
certainement pas peur de demander leur avis aux
Français. Vous n'avez pas peur,
mais vous ne l'avez pas fait. La Constitution, il y
a
l'article 11, restreint vachement le champ des référendums. On ne peut pas interroger les Français sur ce qu'on veut. Et donc, l'une des questions qui a été posée à Saint-Denis, et à laquelle le Président écrit qu'il apportera une réponse, c'est faut-il changer cet article de la Constitution
pour
pouvoir voter plus largement ? Eh bien, écoutez, moi, j'y suis favorable. Si, d'aventure, c'était le choix du Président de
la
République, je l'accompagnerais bien volontiers avec ma casquette de ministre de la démocratie.
Donc, pardonnez-moi de vous dire, je repose la question. La droite demande un référendum sur l'immigration. Pour l'instant, la Constitution ne le permet pas. Le gouvernement et le Président de
la
République seraient ouverts à changer la Constitution pour éventuellement
le permettre sur cette question et sur d'autres. Ce dont on est en train de parler, c'est d'une sorte de référendum sur le référendum. Parce qu'il faudrait un référendum pour changer la capacité de solliciter les Français. Je vous dis les grands principes. Un, on n'a pas peur de demander leur avis aux Français. Deux, on est dans l'innovation démocratique. Le Président de la République y est depuis le début de son premier mandat. Pardonnez-moi, mais le CNR qui va se réunir aujourd'hui, c'est le
Président
de la
République. Le
Grand Débat National, c'est le Président de la République. Les conventions citoyennes, c'est le Président de la République. Donc, on va continuer de porter ces innovations. Et ça correspond à une attente forte des Français.
Allez,
la parole aux auditeurs d'Inter. Bonjour Fabien. Bonjour. Vous
nous appelez de Brest. Oui,
bonjour. Je voulais vous demander, monsieur Véran, si vous connaissez la différence entre la charité et la solidarité. J'éclaire un petit peu ma question, puisque le ministre de l'Économie a félicité Bernard Arnault pour son secours précieux au Resto du Coeur avec des millions de dons.
On
peut effectivement se féliciter d'avoir un système d'association caritative et de dons défiscalisés en France
qui
aident les plus démunis. Mais ça, c'est la charité. La solidarité, ça serait de mettre enfin,
l
'inverse de ce qu'a fait le gouvernement depuis six ans, de mettre enfin un impôt progressif, juste et réellement redistributif des plus riches vers les plus démunis de ce pays.
Merci Fabien pour cette
question. Olivier Véran vous répond. Bonjour Fabien. On fait partie des trois pays au monde qui arrivent à dépasser les 50% d'imposition. Donc on est le pays le plus redistributif. On peut considérer que ce n
'est
pas assez. Moi, je considère que notre logique, c'est de baisser les impôts et de continuer à le faire plutôt que de les augmenter. Cela étant dit, je ne
suis
pas d'accord avec vous. J'étais ministre en charge des Solidarités et cette question, elle m'anime encore aujourd'hui. Le gouvernement, l'État, les Français, la générosité des Français et du secteur privé, elle soutient très fortement notre tissu associatif. Et c'est fondamental de le faire. Et on a une très belle histoire associative dans notre pays. Et je vais vous dire une chose.
Un,
les Français sont très solidaires et ils s'engagent plus que jamais dans les associations. On a tendance à l'oublier. On a tendance à l'oublier, à s'autoflagéler. Alors qu'en réalité, on est généreux collectivement. Et c'est une force. Deux, je suis désolé, mais quand une entreprise ou quand quelqu'un de riche fait un don à une association, on ne
va
quand même pas l'engueuler. Pardon, il n
'y
a que la France qui n
'est
pas capable de reconnaître la place du mécénat. Je suis allé dans des pays qu'on prend parfois en modèle et où vous avez même des plaques à l'entrée des bâtiments lorsqu'ils sont subventionnés par des gens qui ont de
l
'argent et qui ont aidé. Eh bien écoutez, tant mieux. Moi, je préfère des gens riches qui donnent de l'argent aux associations et aux plus pauvres que des gens riches qui ne le font pas. Et encore une fois,
personne
ne dit que la situation est acceptable.
Il
y a trop de pauvreté dans notre pays. Personne ne dit qu'on n
'a
pas des problèmes fondamentaux à résoudre de ce point de vue-là. Mais encore une fois, la pauvreté, elle existe partout dans le monde. En France, on a un système de solidarité
qui est efficace. Puisqu'on parle
de sonnant et de trébuchant, avez-vous la date de la conférence sociale sur les salaires ?
C
'est quand
?
Non, je l'ai dit hier en compte rendu du Conseil des ministres. Ce sera courant octobre, vraisemblablement. Et on va parler effectivement au cours de cette conférence des bas salaires en dessous du SMIC. Il
y
a encore des branches professionnelles où les gens qui bossent gagnent moins que le SMIC. Ce n
'est
pas correct.
Un
mot sur l'inflation toujours. Les industriels, malgré les pressions du gouvernement, semblent ne pas entendre les demandes de baisse de prix ou si peu. Et il y a de plus en plus ce qu'on appelle, c'est le mot à la mode, la shrinkflation. Je ne sais pas si vous avez entendu ce mot. Baisser le contenant du produit et augmenter le prix. En gros, vous avez moins de chips dans le paquet de chips, mais le prix augmente. Et pour lutter contre ça, Carrefour, Alexandre Bompard, a décidé, il
a
annoncé hier, qu'il allait mettre des étiquettes sur chaque produit qui fait ça dans ces magasins. C'est une bonne chose ?
Bien sûr, tout ce qui participe de l'information du consommateur,
c
'est une bonne chose. Je vais vous dire, encore une fois, il y
a
des industriels
qui
jouent le jeu pendant la période d'inflation. Et notamment des industriels agroalimentaires français, que je ne citerai pas, mais qui ont fait attention à leur taux de marge. Et je l
'ai
dit sur votre antenne il y a quelques mois, je le redis bien volontiers, il y
a
certains géants industriels, notamment américains, avec des marques que les français affectionnent, qui ont augmenté leur taux de marge pendant l'inflation.
C
'est-à
-dire
que non seulement ils n'ont pas fait d'effort,
mais
ils ont même augmenté leur marge. C'est inacceptable. Le ministre de
l'Economie et des Finances les
a reçus. Écoutez, en tout cas, je ne
sais
pas s'ils profitent, mais en tout cas, ils ne
se
serrent pas la ceinture et demandent
à
leurs consommateurs
de faire. Mais vous n
'arrivez pas, ça fait des mois et des mois, vous n'arrivez pas à
leur taux de le bras ? Si, si,
pardon, il y a eu quand même beaucoup d'efforts qui ont été faits sur des milliers de produits et la pression de Bercy est très forte. Et un autre outil de pression qu'ont obtenu Bruno Le Maire et Olivier Grégoire, c'est que des négociations qui normalement auraient dû se tenir au printemps prochain, vont se tenir cet hiver de manière anticipée avec 75 marques pour permettre à la grande distribution de faire pression sur ces industriels pour que les prix puissent baisser. Après, j'invite,
je
vais vous dire, le comportement aussi consommateur, et ils le font parce qu'ils n'ont pas le choix, mais j'attire leur attention aussi là-dessus. Parfois, quand vous constatez que sur deux produits quasiment équivalents, avec une marque que vous aimez bien et une autre que vous n'aimez pas, il y en a un qui a augmenté très clairement ses prix et l'autre qui l'a stabilisé, on peut aussi envoyer tous collectivement un signal vers ceux qui ne respectent pas ça.
110 sur l'application d'Inter vous demande si vous pouviez changer la constitution pour faire un référendum sur la réforme des retraites.
Je
ne
sais pas
s'il
y a
besoin de la modifier. Je m'attendais à la question Nicolas Demand. La réforme des retraites, elle est en application depuis le 1er septembre. Ce débat important pour les Français, il est derrière nous. Je le dis d'ailleurs, depuis le 1er septembre, notre engagement est tenu puisque nous sommes rentrés dans la suppression des régimes spéciaux et 1,7 million de retraités ont vu leur pension augmenter. Vous n'en parlez pas spontanément sur l'antenne, je le fais à la faveur de cette question.
Toute dernière question, Emmanuel Macron avait dit il y a quelques semaines, il y aura un projet de loi sur la fin de vie avant la fin de l'été. On y est quasiment à quelques jours près. Il n
'est
pas là le projet de loi ?
Le projet de loi est en bonne préparation, il est en bonne voie. Je suis très confiant sur notre capacité à le présenter
au
Conseil des ministres rapidement. Donc, pardon, si ce n
'est
pas avant le 21 septembre, ce sera dans
les
semaines qui suivront vraisemblablement. Je n
'ai
pas l'info précise, mais ça avance bien. Et c'est une loi qui sera fondamentale. Renforcer les soins palliatifs, ouvrir probablement
une
forme d'aide active à mourir. Olivier Véran.
Ce sera écrit « Aide active à mourir ».
Ce
n
'est pas moi qui suis en charge de la rédaction du projet de loi. Je me suis occupé de la concertation et de la convention citoyenne, qui a été remarquable d'ailleurs. Pour le reste, on
aura bientôt la réponse.
Merci Olivier Véran d'avoir été à notre micro.
Olivier Véran