Violences et pillages: le maire de Marseille dénonce une "perte de contrôle quasiment totale"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Monsieur le maire, merci de prendre le temps ce matin. Lorsque vous entendez le ministre de l'Intérieur qui reconnaît ce matin qu'il y a eu une perte de contrôle, ça correspond à ce que vous avez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Fait
« Bien évidemment, c'est une perte de contrôle euh quasiment totale. »
- 0:43Fait
« On est passé du maintien de l'ordre au rétablissement de l'ordre. »
- 1:27Fait
« La 6e puissance du monde ne mérite pas ça. La France ne mérite pas de voir ces scènes-là. »
- 2:50Chiffre
« Une UFM, une unité de force mobile, pour que vos auditeurs, pour que vos téléspectateurs le comprennent bien, 80 euh CRS de forces mobiles, dès le matin, il a fallu que j'appelle le président de la République, le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre pour que deux forces mobiles et deux Sentors soient envoyées à Marseille. »
- 4:12Chiffre
« Il y avait 30000 casseurs à Marseille. »
- 4:55Fait
« Laurent Nunez qui avait remis sa démission, démission qui n'a pas été acceptée. »
- 5:36Fait
« J'avais une préfète de police, j'avais des préfets de police à la hauteur, dont Laurent Nunez. »
Temps de parole
- ?100 %
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Monsieur le maire, merci de prendre le temps ce matin. Lorsque vous entendez le ministre de l'Intérieur qui reconnaît ce matin qu'il y a eu une perte de contrôle, ça correspond à ce que vous avez ? Bien évidemment, c'est une perte de contrôle euh quasiment totale. On est passé du maintien de l'ordre au rétablissement de l'ordre. Les forces de l'ordre ont été dépassées, non pas parce que elles n'avaient pas les compétences, mais parce qu'elles n'étaient pas en nombre, parce qu'elles ont été désorganisées, mal organisées et qu'on a vécu ce que je pensais n'avoir jamais connaître en tant que maire ou en tant que citoyen, pas simplement à Marseille, mais dans toutes les villes de France, c'est-à-dire euh un pays, une démocratie complètement
dépassée, en voyant des scènes de violence absolument inouïe, euh des voyous, des casseurs qui se sont introduits dans des mairies, la mairie de Limoges brûlée, euh la porte de ma mairie défoncée, des commissariats de police municipale, euh les mes commerçants euh pendant des heures et des heures, j'ai assisté en direct à des scènes de pillage comme dans un pays du tiers-monde. Or, la 6e puissance du monde ne mérite pas ça. La France ne mérite pas de voir ces scènes-là. Le monde entier nous regarde, nous sommes la honte euh de de de de l'Europe ce matin et je peux vous le dire, j'ai honte pour l'idée que je me fais de la République et de la démocratie. En voyant ces scènes, on en tremble. Quand j'ai vu la Marianne par terre dans ma ville,
dans ma mairie, j'en ai eu les larmes aux yeux et j'en ai été bouleversé et j'ai pensé à mes prédécesseurs et j'ai pensé à ce à l'idée même de ce qu'était la République dans ce pays, de ce qu'est la cohésion sociale, de ce qu'est le pacte social qui a été mis à bas parce que plus personne n'est capable d'écouter plus personne. On a fait dans ce dans ce pays des forces de l'ordre de la chair à canon. On a fait des manifestants de la chair à canon. J'ai vu des doctrines de maintien de l'ordre complètement euh ahurissantes. Je ne sais même Ces gens-là se prétendent des professionnels. Je ne parle pas des forces de l'ordre. Je pense de ceux à ceux qui les emploient. Au moment où, sans mettre derrière eux, des dizaines et des dizaines de vitrines étaient cassées, des centaines
de vandales entraient dans les commerces pour les piller, nous avions des manifestants qui se faisaient gazer. Nous avions et nous avons eu des responsables politiques qui, toute honte bue, sont venus à ma place sur votre antenne. Vous estimez qu'ils se sont trompés de cible. Vous dites "Je veux savoir quels ordres ont été donnés." de cible. Mais mais bien évidemment de cible, mais je ne pense pas que des manifestants soient des cibles, Apolline de Malherbe. Vous savez, être manifester, c'est un droit constitutionnel dans ce pays. Et je ne confonds pas un manifestant et un voyou. Un voyou, sa place, elle est en prison. Un manifestant qui réclame quoi en ? La dignité quand il est dans un lycée. N'étaient pas orientées vers ceux qui ont employés. Pas les forces de l'ordre.
Ceux qui les ont employés. Les forces de l'ordre un en sous-nombre, Apolline de Malherbe. Je veux le dire de manière solennelle. Une UFM, une unité de force mobile, pour que vos auditeurs, pour que vos téléspectateurs le comprennent bien, 80 euh CRS de forces mobiles, dès le matin, il a fallu que j'appelle le président de la République, le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre pour que deux forces mobiles et deux Sentors soient envoyées à Marseille. À deux reprises, ils ont été réapprovisionnés en munitions. Ils ont balancé des grenades lacrymogènes toute l'après-midi dans la manifestation. Au même moment, de manière impunie, pendant des heures et des heures, plus de 5 heures, j'ai assisté à des scènes de pillage sans la moindre intervention. Il a fallu que je
fasse sortir la police municipale pour rétablir euh le calme. Bien évidemment, quelquefois avec l'ordre des forces avec avec l'aide des forces de l'ordre. Et je veux les saluer. Mais quand je vois que les marins-pompiers ont été pris pour cible. Quand je vois que la police Quand je vois que les manifestants ont été pris pour cible. Quand je vois que certains ont essayé de mettre le feu, sont se sont introduits dans des dans des dans des immeubles, dans des dans dans des dans des dans des commerces. Vous voulez pas qu'on ait la ? Il n'y a dans des habitations, mais vous mesurez ce qui se passe dans ce ? Et et quelle réponse on ? Ah, il y avait 30000 casseurs à Marseille. Mais qu'est-ce que c'est que ce ? Mais qu'est-ce que ça veut ? Vous croyez que ça va ? Vous
croyez qu'une telle qu'une telle bêtise peut masquer le le fiasco sécuritaire que j'ai vécu à ? dont vous parlez, ce sont les propos du préfet des Bouches-du-Rhône qui a effectivement estimé qu'il y avait 30000 casseurs. Vous aurez le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui est en route vers Marseille pour vous voir ce matin. Laurent Nunez qui avait remis sa démission, démission qui n'a pas été acceptée. Qu'est-ce que vous allez lui ? D'abord, je trouve que c'est c'est assez rare pour et je veux le souligner, c'est un acte assez courageux d'avoir remis sa démission. Je connais beaucoup de responsables politiques qui dans ces moments-là se se seraient soit cachés, soit n'auraient pas fait le geste qu'il a eu. Elle n'a
pas été acceptée, mais je veux souligner ce geste, il est suffisamment rare. J'attends de Laurent Nunez la vérité. Il a été préfet de police chez moi. Vous m'avez entendu sur votre antenne dire il y a un an que la décision de supprimer la préfecture de police aurait un jour des conséquences. Voilà, aujourd'hui on le paie. À Marseille, on le paie. J'ai avec la préfète Camille Ery qui était préfète de police Dieu a nous avons eu à gérer ensemble. Et c'est elle qui pilotait les émeutes après la mort de Nahel. Je pense que si ces émeutes-là avaient été gérées comme elles ont été gérées avant-hier soir, il y aurait eu 10 fois plus de casse il y a 3 ans. J'avais une préfète de police, j'avais des préfets de police à la hauteur, dont Laurent Nunez. Qui sait qu'à Marseille, nous ne
méritions pas la suppression de la préfecture de police. Mais je veux la vérité parce que cette vérité, nous la devons aux Marseillais et aux Marseillaises.
Grégory Doucet