Victime d'une agression par un ancien député, elle se confie !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:16OuverteRéponse directe
Tu as fait partie des quatre élus qui ont accusé le député Denis Beaupin de harcèlement sexuel et d'agression sexuelle. C'est un moment très dur pour toi.
- 2:01OuverteRéponse directe
Si tu devais te décrire comme un personnage de série américaine, quel serait-il ?
- 2:44FerméeRéponse directe
Tu étais délégué de classe ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Tu as grandi dans une famille engagée à gauche. Comment cela t'a marqué ?
- 4:10FerméeRéponse directe
Tu voulais être prof dès l'enfance ?
- 4:53OuverteRéponse directe
Comment la politique est revenue au centre de ta vie après tes études ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Fait
« Le mandat de député, c'est un mandat qui est très très très très dur. Vous êtes pas là sur un vote, vous avez Twitter qui peut s'enflammer d'un coup ou je sais pas quel réseau social. »
- 7:01Fait
« Moi pendant 4 ans, j'ai arrêté la politique. »
- 11:02Fait
« Moi, je peux dire, j'appartiens à une partie de la population qui a le droit finalement de pratiquer le racisme. »
- 22:47Fait
« Moi, je nuis à la cause surtout. Moi, je suis une nuisance à la cause. »
- 34:43Chiffre
« Les hommes consomment 50 % de plus de viande que les femmes. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Tu as fait partie des quatre élus qui ont accusé le député de Denis Beaupin de harcèlement sexuel et de d'agression sexuelle. C'est un moment qui est très très dur hein. On était avant mis tout hein le rappeler c'était voilà moi pendant 4 ans j'ai arrêté la politique, j'ai même changé de vie. Enfin, j'étais sûre que j'avais raison sur le combat politique qu'il fallait mener sur la violences fa ma femme et où je me suis sentie comme le vilain petit canard de la bande quoi. J'en ai marre de ces gens d'extrême gauche déguisés en économiste qui nous donnent des leçons d'économiste. Il y a vraiment quelque chose de l'ordre de la domination patriarcale dans cet extrait vraiment quand il voit qu'il n'a pas d'argument économique, il élève le ton et il impose par l'autorité sa
vision des choses. Et non, en fait ça marche plus comme ça. Le mandat de député, c'est un mandat qui est très très très très dur. Vous êtes pas là sur un vote, vous avez Twitter qui peut s'enflammer d'un coup ou je sais pas quel réseau social. Aller à la plage l'été, ça c'est devenu pour moi quelque chose de compliqué. Moi, je pense qu'il y aurait une réorganisation à faire en profondeur. L'emploi du temps à l'Assemblée nationale. On a des sessions jusqu'à minuit le soir. La politique, ça met en tension la vie de famille. Je perds une forme de spontanéité avec mes enfants des fois et ça c'est vraiment vraiment dur.
Hello tout le monde et bienvenue dans 22h22, l'heure à laquelle on se retrouve autour d'un feu pour parler au calme d'humain à humain. Aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir papoter autour du feu avec Sandrine Rousseau qui est avec moi, député NFP Europe écologie les verts, économiste enseignante chercheuse en sciences économiques. Excusez-nous. [rires] Franz Olivier sort de sport. On en parle, on en parle. Tu sais là, on est autour du feu, on a des chamallo, tu as vu, pour faire ce fameux truc qu'on voit dans les série américaine et qui est pas si fou que ça. Non, c'est pas bon. Vraiment, je l'ai déjà fait. Je sais pas si tu devais te décrire, j'aime bien poser cette question. Si tu devais te décrire comme un personnage de de série américaine ou tu sais dans les
séries américaines quand on est on a 13 14 ans au lycée ou au collège, tu as toujours le capitaine de l'équipe de foot ou la capitaine la rebelle veste en cuir avec une harly à l'école déjà alors que bon 14 ans ou est-ce que tu étais la déconneuse qui aimait bien répondre au prof et cetera ou ou alors plutôt la discrète qui était dans ses livres de son côté. C'était quoi ton personnage toi ? J'étais assez impertinente déjà à l'époque et je Ouais. Après, j'étais quand même sage. C'est mes années étudiantes qui l'ont été un peu moins. Ah oui oui. Mais les années lycées et collège l'était davantage. [rires] J'ai pris ma liberté. C'estàdire que toi tu hésitais pas à
à confronter les profs sur leurs idées, enfin sur leur cours, à les remettre en question. Ouais, surtout. Euh bah, il y avait des profs que je trouvais euh pas correct vis-à-vis de certains étudiants. Donc ouais, ouais, j'intervenais un peu. Tu étais délégué ou pas ? Bah évidemment. Ouais, je évidemment. Évidemment, [rires] c'était sûr. On arrête l'émission là. C'était sûr. C'était sûr. J'ai pas été tant que ça. Je crois que j'étais 2 ans dans toute ma scolarité. Tu as grandi en Charante Maritime ? J'ai fait jusqu'à mes 10 ans à peu près à Paris et après en Charte en Charante Mariti. Tu dis que tu étais dans une famille engagée plutôt à gauche. Oui. Et c'était comment d'évoluer justement avec une famille plutôt engagée à gauche ? C'est quand même spécial parce que moi
j'ai connu parce que mon grand âge fait que j'ai connu l'élection de François Militon. Oui. En 80. Et donc en fait, j'ai vécu mes repas de avec mes parents la joue collé contre François Mitteran comme ça parce que moi j'étais contre le mur et on avait une affiche en énorme [rires] de François Mér et donc ça ça marque quand même une enfance. Tu vois tu peux pas grandir quand [rires] méron et que ça te marque pas à vie. À 13 14 ans. Tu savais déjà ce que tu voulais faire plus tard. Tu avais un rêve. Mais je voulais être prof en fait hein. C'est un peu le seul truc. Ouais. Ouais en vrai. Ouais c'est un peu le seul truc. qui m'a jamais vraiment passionné. Enfin non, il y a plein de trucs qui m'ont passionné mais je veux dire en métier, c'est un peu le seul truc. En
tout cas, moi quand j'étais gosse, je jouais à la maîtresse beaucoup et je jouaisoup. [rires] Voilà. [souffle coupé] Ouais, je suis désolée, c'est c'est d'un ennui mortel. Bon, ben non, je voulais pas être danse aux étoiles. Et tu as fait une partie de tes études à Lille. Ouais. et aussi ton début de carrière en tant qu'enseignante chercheuse, comment la politique est revenue au centre de la table et des débats une fois ? Alors déjà, moi j'avais dit jamais j'en fais parce que vraiment j'avais vu ce que c'était. Évidemment, j'ai je voulais faire tout à fait différemment de mes parents et euh j'étais vice-présidente de l'université de Lille et il y avait des étudiants qui mouraient de faim parce qu'ils avaient pas d'argent pour aller manger. Et euh
quelques semaines, mois avant que je prenne la vice-présidence, il y avait un étudiant qu'on avait retrouvé mort de faim dans sa dans sa chambre. Alors, je pense qu'il cumulait des troubles psy et euh et un manque d'argent. Mais du coup, tu vois, il était pas sorti de sa chambre, il avait [musique] Et moi je m'étais dit mais euh du temps de ma ma vice-présidence à moi, jamais ça se produit. Donc en fait, j'avais fait venir le Secours populaire pour qu'il fasse des distributions de repas gratuit et et en fait, j'étais la première université à le faire comme on a été j'étais la première université à faire les protections périodiques gratuites. En fait, on a expérimenté plein de choses et donc ces repas gratuits à l'époque, ça avait beaucoup buzzé comme on dit maintenant parce que
Valérie PCRES qui était la ministre de de l'enseignement supérieur avait dit que je racontais n'importe quoi et cetera et en fait les syndicats étudiants se sont emparés du enfin ont profité de ça pour monter le débat de la précarité étudiante et ça a donné le 10e mois de bourse quand même et c'est comme ça que les verres sont venus me chercher en fait. Donc c'est après ce combat là, ils sont venus me chercher en disant est-ce que vous voudriez pas être sur les listes ? Je dis non jamais moi jamais. Et après ils ont dit non mais vraiment j'ai fait non et la troisième fois je dis OK d'accord mais en bas de la liste [rires] et au final j'ai pas j'étais en position non éégible mais ça m'a je suis rentrée dans la mécanique et puis voilà je je suis restée enfin je suis restée avec des
allers-retours quand même he j'ai toujours fait des allers-retours. Ah oui genre j'ai un puis finalement tu retournes à l'enseignement puis après tu Oui. Puis au moment de l'affaire beau j'ai arrêté aussi un moment. Oui ben justement j'allais t'en parler cé en mai 2016 dans le cadre de l'enquête réalisée par Méia Part et France interre tu as fait partie avec Isabelle Athar Hélène de Bost Annie la mer des quatre élus qui ont accusé le député le député Denis Bopin de harcèlement sexuel et de d'agression sexuelle au sein du parti donc c'est des accusations qui sont lourdes à porter déjà compte tenu des revendications féministes de du parti. Pourtant, on n'arrêtera jamais de le dire les VSS, c'est pas un problème de partie ou de classe. Ça touche tout le monde. C'est un problème d'homme.
Il faut le dire aujourd'hui 10 ans plus tard, tu retiens quoi de de cette période ? Est-ce que est-ce que là tu penses que c'est à ce moment-là que tu deviens la Sandrine Rousseau qui qui va devenir la femme politique publique ? Oui, je pense parce que c'est un moment qui est très très dur. On était avant mit tout he faut le rappeler. C'était on a l'impression que maintenant dans l'IR mitou tout est facile à dire mais à l'époque c'était pas du tout le cas. Voilà. Moi pendant 4 ans, j'ai arrêté la politique. Et tu as fait quoi pendant ces 4 ans pour J'ai monté une association qui s'appelait parler ou euh pour entraider les femmes victimes de violence. Donc en fait, c'était des cercles de parole entre femmes sans sans avocat, sans soignant, sans juge, sans
policier, sans rien, juste entre femmes. Et ça avait eu un succès incroyable. J'en croulé sous les demandes partout. C'est marrant parce que cette semaine, j'ai reçu un message d'une femme qui m'a dit euh alors maintenant vous êtes dans la politique et cetera, mais je dois vous dire que moi la Sandrine Rosseau que je connais, c'est celle de l'association parler et cette association m'a énormément aidé. Donc ça m'a voilà, ça me faisait plus mais je faisais de la politique autrement d'une certaine manière, c'est je faisais par la par l'associatif. Et tu vivais de quoi à ce moment-là pendant ces 4 ans ? Ah ben, j'étais restée enseignante à la fac, enseignante chercheuse mais euh mais voilà, je j'avais créé cette association en parallèle. Je vivais je pas gagné un sous de cette association
he c'était plus voilà c'est pour ça que je demandais ça parce que c'est ça pouvait être compliqué si jamais tu c'est très compliqué. J'ai j'ai c'était une période c'était pas du tout une période de repos ou de pause. C'était une période au contraire très dense parce que fallait la monter de toute pièce. J'avais pas une subvention donc je faisais le Tour de France enfin c'était Ah oui d'accord. 10 ans après, tu tu on le voit euh le traitement des VSS notamment dans les médias et dans l'opinion publique. Je pense à Brigitte Macron avec Harry habitant quand elle parle des militants de féminisme euh devant qui ont euh perturbé son spectacle, les a traité de Salcon ou bien les une partie des médias qui se dispute pour Patrick Bruel à savoir
comment on doit le qualifier parce qu'il a pas encore été jugé coupable et il y a des vrais débats. Est-ce que tu te dis, est-ce que tu as l'impression que ça évolue ? C'est quoi ton impression sur l'évolution justement de de de la perception des VSS dans dans l'opinion public et dans les dans les débats ? Alors moi je pense que ça avance euh parce que c'est vrai que quand on est le nez dans le nez dans le guidon, on a l'impression que ça n'avance pas. Mais ça avance, ça avance. Voilà, en fait, on a essayé de l'enfermer, on a essayé de l'éteindre, tu vois comme ce feu là par exemple de l'éteindre comme ça, on a essayé vraiment de l'étouffer et et en fait ça continue tout le temps, tout le temps, tout le temps parce que c'est inévitable enfin voilà et bah c'est ce
que je raconte dans le livre d'ailleurs mais c'est vraiment le truc de faut pas penser qu'on perd là du terrain. Au contraire, on est en train d'en gagner. [raclement de gorge] Après maintenant, je pense qu'il faudrait que Mitou passe de d'une série de dénonciations, enfin une série de d'accusation plutôt parce que dénonciation c'est conoté mais d'accusations individuelles à l'analyse systémique. C'estàd qu'est-ce qui fait que ce c'est peut-être pas tous les hommes [musique] mais c'est quand même quasiment toutes les femmes et ça c'est pas possible en fait. C'est comme si euh je parlais de racisme et je dis "Ah bah non, mais pas tous les blancs." Bah oui, pas tous les blancs, on va suffisamment pour que toutes les personnes non blanches les suit. Donc en fait à un
moment ça va pas quoi. Donc on a chacun sa part de responsabilité là-dedans et même si toi ou moi individuellement on n' pas commis des actes déjà faudrait vérifié parce que tu vois moi par exemple sur le racisme j'ai pu avoir des maladresses des trucs comme ça. Donc en fait [grognement] euh je dire déjà il faut checker ses propres sa propre vision des choses, ses propres privilèges et cetera mais derrière il faut quand même reconnaître que nous appartenons à une catégorie de la population qui pratique ça et qui a le droit de le pratiquer d'une certaine manière. Moi, je peux dire, j'appartiens à une partie de la population qui a le droit finalement de pratiquer le racisme. C'est horrible de dire ça comme ça, mais en fait si tu le dis comme ça, c'est tu cherches pas les culpabilités
individuelles, même si c'est important dans le cadre des processus de justice, mais je dire c'est aussi comprendre la structure sociale qu'il y a derrière, quoi, le caractère systémique. Et toi, tu appartiens à une catégorie sociale qui sont les hommes qui pratiquent et qui exercent les violences sexuelles. Et en fait voilà c'est on choisit pas on choisit pas où on est né, on choisit pas quel sexe on a, on choisit pas quelle couleur de peau on a, on choisit pas de notre famille, on est voilà. Mais par contre vivre dans une catégorie sociale, ça nous oblige à la pensée. Moi, j'utilise des fois la métaphore de l'hôtel, c'estàd qu'en fait, tu peux commander ta chambre dans une dans un hôtel. Tu vois, tu peux réserver ta chambre dans un hôtel, tu vois le balcon, tu as une belle vue, tu es
content, tu es en vacances. En fait, soit tu prends conscience que il y a des gens qui t'ont préparé à l'hôtel qui euh sans doute ont été dans des conditions de travail assez difficiles. Tu pense qu'il y a des gens qui vont te servir le restaurant ? Tu penses qu'il y a des gens qui t'ont conduit qu'on conduit le train et cetera ? Tu penses que même une personne très riche, par exemple, si elle est noire et qu'elle rentre dans cet hôtel, elle pourra avoir un contrôle d'identité juste avant de rentrer ce que toi tu as pas et cetera ? Ou soit tu profites juste de la vie du balcon. C'est ça d'être déconstruit, c'est de penser que si tu peux bénéficier de la vue du balcon, c'est parce que tout en tout autour, il y a une pyramide, il y a une face cachée de l'iceberg. Mais
oublier la la face immergée de l'iceberg, c'est profiter de ses privilèges sans sans conscientiser sa position sociale. Tu sais, je je je veux revenir sur un extrait que je vais te montrer d'ailleurs qu'on va pouvoir commenter ensemble qui était un extrait pépite comme je l'appelle. C'est sur le plateau avec François Olivier Gisberg qui avait remis en question ton analyse économique avant de découvrir que tu étais économiste et docteur en économie et que lui avait fait des études de journalisme. Je vais te montrer l'extrait et puis après on va le commenter ensemble. Excusez-moi madame vous ramenez votre science et moi personnellement comme plein de français j'en ai marre de ces gens d'extrême gauche déguisés en économiste qui nous donnent des leçons d'économie.
Natalie aussi ou c'est ça voilà vous êtes je suis chercheuse en économie monsieur Olivier Gesper on laisse répondre son je suis chercheuse en économie j'étais dans un laboratoire du CNRS vous voyez un organisme de recherche nationale et donc je ne ramène pas ma science [raclement de gorge] comme vous le dites je fais juste part des connaissances que j'ai acquis au cours de ma carrière professionnelle c'est dingue hein et encore on n pas le passage où tu lui dis mais vous vous avez C'est quoi comme étude du journalisme ? C'est pas la question. Est-ce qu'il y a pas un moment quand tu vois ? Alors déjà là on a ah les journalistes sont des vrais métiers he je dis avec des vraies formations. Je suis dit en économie voilà et on peut être journaliste économique mais c'est pas tout le monde
et et chez non en fait bon il y a plusieurs c'est vrai qu'à un moment tu lui parle tu lui dis mais on dirait le tonton à Noël cette figure du tonton vous savez à table qui au repas de Noël dit non mais ça va tu la cause et en fait ça c'est un mot extincteur c'est ça arrête alors tu es woke w tu es w toi je suis sûr tu es w moi je suis w [rires] bon et en fait ça c'est des mots qui tu vois ça ça coupe toute discussion et en fait moi je pense que c'est quand quand même important de rentrer en discussion avec ces tontons, y compris Fran Olivier Gisberg parce qu'en fait c'est une manière aussi de ne pas qu'il ne monopolise pas le savoir, qu'il ne se positionne pas en sachant et nous en espèce de petite population qui devrions petitte populace
qui devrient écouter sagement leur docte parole, tu vois. Et en fait, il y a vraiment quelque chose de l'ordre de la domination patriarcale dans cet extrait vraiment. C'estàd qu'en fait il il impose et d'ailleurs quand il voit qu'il n'a pas d'arguments économique, il élève le ton et il impose par l'autorité euh sa vision des choses. Et non, en fait ça marche plus comme ça. [rires] Bah ouais, ça ne marche plus comme ça, Tonton. Enfin voilà, c'est très important de rentrer en discussion et parce que je pense que ça ça permet aussi de recentrer le débat politique, de dire c'est pas c'est pas parce que vous avez une position de pouvoir que vous avez raison en fait. Est-ce que c'est pas aussi le problème qu'on a maintenant avec la plupart des chaînes d'info qui
vont inviter des toutologues, qui vont parler de tous les sujets bah comme Fog, sans forcément avoir d'expertise et faire d'une opinion une vérité quoi. Il y a plusieurs choses, c'est que la première chose, c'est qu'il y a quand même une uniformité de pensée des toutologues dont tu parles qui sont souvent des éditorialistes, qui euh en fait parce qu'ils ont un contrat avec une chaîne doivent aborder à peu près tous les sujets qui se présentent sur la chaîne parce qu'ils sont sur le plateau dans les chaînes d'info direct, bah ils sont sur le plateau, ils commentent à peu près toutes les informations qui viennent. Donc ça peut être d'un d'un infanticide à la guerre en Iran en passant par le déficit de la France, l'écologie.
Enfin voilà, à la limite tu as le droit de parler de sujet sans en être spécialiste. Ça c'est c'est pas un problème en vrai. Ce qui est par contre un problème, c'est qu'il y a une forme d' enfin d'uniformité de la pensée, d'uniformité des réactions. Moi quand je parle de décroissance sur les plateaux télé, mais j'ai l'impression d'avoir dit un gros mot énorme, tu vois, d'avoir dit enfin, je sais pas, une insulte ou caca prout, enfin, tu vois. En fait, il faut une diversité d'opinion, il faut une divers c'est pas un problème de parler de tout. À la limite, ça c'est enfin pour moi c'est une manière aussi de de rebondir sur des sujets sans en être spécialiste et on a le droit mais à condition d'avoir différentes opinions de pas c'est alors le nombre d'éditorialistes pardon ça j'aime faire
des ennemis mais qui recrache presque mot pour mot la com de l'Élysée la com du premier ministre en fait tu fais mais travailler 3 secondes quoi. Enfin, je veux dire euh regarder un tout petit peu, mais c'est aussi un modèle économique où ils n'ont pas le temps de faire ça. C'est qu'en fait, ils sont tellement monopolisés par l'antenne qu'ils n'ont pas toujours le temps eux-mêmes de travailler les sujets sur lesquels il ils vont interroger. Donc voilà, c'est bah ça c'est parfait parce que tu me fais le lien, en parlant de modèle économique avec le fameux Carl Polon l'économiste que tu cites dans ton livre. Ouais, je me fais un chamallo. Vas-y, vas-y. Euh qui a écrit en 1944 la grande transformation, il conclut que le fascisme est le déboucher naturel du
capitalisme. Et en fait, on est on est on est en plein dedans là en fait quand tu vois les grands milliardaires d'extrême droite racheter des médias à tour de bras, souff souffler sur les braises du fascisme, en fait c'est un modèle économique maintenant que de s'amuser à tout commenter pour créer des séquences. En fait, on aujourd'hui, on s'en fout un peu de savoir ce qu'est la vérité ou pas. ce qu'on veut, c'est une séquence qui puisse être reprise plus. Ah, c'est plus profond que ça. C'est qu'en fait comme là, tu es dans un capitalisme dont le récit ne fonctionne plus. Tu vois euh plus personne ne pense que grâce au capitalisme ta vie va être meilleure demain, que la vie de tes enfants sera meilleure demain. Plus personne ne croit à ça aujourd'hui. Comme cette adhésion au système
économique libéral capitaliste, c'est frites. Tu as deux possibilités. Soit tu essayes d'inventer une autre société et c'est ce qu'on fait à gauche. Soit deuxème mais on y reviendra. C'est la deuxième possibilité, tu continues euh à vouloir ce modèle- là et tu le transformes en un capitalisme sauvage, prédateur, agressif et tu l'imposes. En fait, tu l'imposes par la force, tu l'imposes par le discours qui lave les cerveaux, y compris un discours guerrier qui consiste à dire de toute façon, on va faire la guerre et comme ça nous ça nous permet de continuer nos affaires tranquillement. Tu vois, pour moi, on est dans un moment clé du capitalisme où parce qu'il y a cette perte d'adhésion des populations, les personnes qui
bénéficie le plus de ce système essayent par tous les moyens d'étouffer, de faire terre et et d'imposer leur vision des choses. Et nous à gauche, on est un peu faiblard, je trouve, sur l'idée qu'on va inventer une nouvelle société assez différente avec bah la réduction du temps de travail massive. En fait, tu vois, là par exemple, tu as Li en ce moment l'intelligence artificielle qui va probablement euh faire des des plans sociaux à tir à la rigo. Soit on diminue le temps de travail et on le partage, soit sinon on va faire deux blocs quoi, de camp, ceux qui gardent leur travail et ceux qui l'ont perdu et qui en retrouveront difficilement. Tu peux parler du temps de travail mais tu peux aussi dire que c'est du temps pour toi, que c'est du temps pour tes proches pour que c'est du
temps pour ce que tu aimes faire. Combien de personnes ne font qu'une seule chose, c'est courir après le temps aujourd'hui. Donc c'est une manière aussi de prendre soin de toi, de des gens que t'aiment et cetera. Et puis c'est aussi une manière de déconsommer. C'est un scoop mais nous n'y arrivons pas en continuant à consommer comme nous consommons. Ça n'existe pas. En fait, il y a une limite physique de la planète qui fait que c'est pas possible. Déconsommer, ça veut dire trouver d'autres sources de joie, de satisfaction, de bonheur parce que la consommation, ça a aussi rempli ce rôle-là. Et donc il faut euh bah qu'on développe à fond la culture, qu'on développe à fond euh euh la les démocraties euh locales et participatives et euh il faut qu'on développe à fond euh l'autonomie, le
fait de faire soi-même. Euh c'est vrai que si on a plus de temps euh euh pour soi, c'est peut-être même aussi le moment où on prend le temps de réfléchir à notre vie de quartier, à notre vie de tous les jours, à s'intéresser à la politique. C'est truc d'engagement. C'est trucs d'engagement. Tu es avec tes potes, tu réfléchis, tu montes ta petite association, ta grande qui deviendra peut-être une grande association. Tu vois, par exemple, moi j'ai été frappée pendant la campagne municipale. Je suis allée dans une ville à Ichirol pour ne pas la citer où tu avais un CCAS qui était là, donc un un centre qui accueillait les personnes en difficulté où tu avais des travailleurs sociaux qui étaient dedans, tu avais des activités qui étaient organisées à l'intérieur de
ce centre et puis euh faute d'animateur, faute de personnes, ce centre a fermé et maintenant au pied de la porte de ce centre, c'est un point d'île. H Et en fait, je trouve que ça dit tout. C'est-à-dire que à chaque fois que on prend pas soin des gens, bah c'est le capitalisme parce qu'il y a pas plus capitalistique que l'activité de drogue hein. Défoncez-vous et comme ça vous oublierez votre vie quoi. Ça c'est horrible en fait. D'ailleurs tu vois tu je fais une parenthèse vite fait mais c'est vrai que même pour euh tout ce qui est lié à l'obscurantisme je sais que je crois que c'était au Pays-Bas. Ils avaient décidé de mettre en place beaucoup de de chèque culture pour rendre accessible les musées, les pièces de théâtre et cetera pour que les jeunes évitent. Bah c'était
pour lutter contre le djihadisme en fait. Ils avaient lutté contre le djihadisme par la culture. J'ai trouvé ça très intéressant comme on pourrait citer un autre exemple. L'Islande a fait un programme pour lutter contre l'alcoolisme parce qu'il y a il y avait un taux d'alcoolisme très fort en Islande. Et en fait dès le plus jeune âge, ils ont appris aux enfants à gérer leurs émotions autrement que par la colère et la prise de médicament et cetera. et ils ont fait tout un tout un travail autour de la gestion des émotions, de ce qu'on ressent, de ce que ressent l'autre, de comment on rentre en interaction, comment on se protège aussi des émotions des autres quand on n'est pas en capacité de légère et cetera. Et ils ont diminué leur taux d'alcoolisme mais un truc de vraiment hyper
impressionnant. et ils ont appris aux enfants que quand ils allaient pas bien, bah ils pouvaient aller faire du sport, ils pouvaient faire du dessin, ils pouvaient faire de la musique, ils pouvaient faire euh tu vois des trucs qui en fait euh ben sortent euh l'espèce de de fumée noire que tu as à l'intérieur de toi là et puis euh te permettre en plus de bah de prendre du plaisir. C'est pas juste on évacue quelque chose, c'est en plus on on trouve du plaisir à faire qui une partie de foot, qui euh euh même un jardin, tu vois. Enfin, peu importe en fait. On va revenir sur ton livre Tunis à la cause euh qui est une sorte de bah de manifeste justement pour répondre à à tous ces tontons comme tu les appelles euh antibok qui gâchent les repas de famille à à à Noël ou autre. Est-ce que
tu peux euh nous nous parler de la genèse du projet ? Moi, je pensais que c'était peut-être lié à François Julie Vierge Gisberg et ses réflexions. Au final, tu m'as dit que non. Sur le moment, c'était pas C'est la meilleure pub en tout cas. C'est [rires] Ouais. Ah, je dois quand même dire que c'est une éditrice indépendante. C'est Lauren Celle de Lavau qui fait ça dans la meute parce que au moment où Boloré est en train de grignoter toutes les c'est une éditrice indépendante absolument incroyable et trop forte parce que sa collection c'est tu prends une phrase et puis tu la travailles tu vois. Donc je sais que il y a des phrases qui vont venir comme c'est parce qu'elle a pas rencontré le bon pour les femmes lesbiennes ou le racisme antiblanc ou tu vois des trucs comme ça.
Donc moi, elle m'a dit "Est-ce que ça t'intéresserait de travailler à tu nu à la cause ?" J'ai fait "Mais c'est trop bien, c'est trop bien. Moi, je rêve d'écrire ce livre parce qu'on me l'a reproché sur tous les combats que j'ai mené. Moi, je nuis à la cause surtout. Moi, je suis une nuisance à la cause. Euh, [rires] je sais pas du matin au soir. Euh voilà, je suis l'exemple de la nuisance à la cause pour tonton et en fait j'ai adoré écrire ce livre. Tu as eu des critiques par rapport à ce ce manifeste euh sur ce qu'on appelle le tu sais le concept euh d'alligh performatif ou alors les alli theater en gros c'est les discussions sur le fait que sur l'antiracisme des des personnes blanches qui tendent à se centrer sur leur vécu ou leur inconfort ou leur progression. plutôt que sur les
personnes directement concernées. Je te dis ça parce que il y a eu beaucoup de gens qui ont comme de militants antiracistes ou juste de personnes racisées qui étaient saoulés de voir qu'à chaque période de Noël, il voyait des personnes non racisées nous dire voilà j'ai mon toto raciste qui a dit, j'ai dû le calmer, j'ai mon toto raciste qui a dit ça, alors là je l'ai renvoyé dans les cordes. Et en gros, la critique centrale c'était "Vous voulez des bons points pour gérer votre pas de famille pendant 2 heures pendant que nous on gère ça toute notre vie quoi." Donc oui bah absolument. [rires] Euh absolument que vous gérez ça toute votre vie. C'est pas une manière d'avoir des bons points, c'est une manière d'entrer en discussion avec tonton. Moi, c'est ça qui m'intéresse. C'est pas
avoir des bons points, c'est pas claquer le beigner de tonton qui m'intéresse. Ce qui m'intéresse, c'est de d'entrer véritablement en discussion avec lui. Pourquoi ? parce que en fait ce tonton un peu raciste, ce tonton un peu sexiste, ce tonton un peu validiste, très spéiste et cetera, en fait ce tonton là est est souvent LGBThobe. C'est un tonton qui est une cible pour l'extrême droite. C'estd qu'en fait c'est une personne qui se sent agacée par les mouvements sociaux d'une manière générale. Ils se sont accusés de truc et il en a rbol, tu vois, d'être accusé de truc alors qu'il a le sentiment d'avoir tout bien fait et que ou s'il a pas tout bien fait en tous les cas de rien avoir à se reprocher. Et en fait l'extrême
droite essaie de le harponner en lui disant "Mais viens chez nous, viens chez nous." Tu vois, chez nous on parlera pas de cuir, on te parlera pas inclusive [rires] d'écriture inclusive, on parlera pas de tout ça, on parlera pas d'écologie, on ne fera pas chier avec ton barbecue. Pardon, c'est un gros mot. Et donc l'extrême droite fait euh comme ça, essaie de le de l'hameçonner, de le harponner et de le faire venir. Or euh Tonton, c'est pas un mauvais bougre. C'est pas quelqu'un qui est politisé à l'extrême droite. C'est juste quelqu'un qui se rend pas toujours compte et qui a pas eu à s'interroger sur pourquoi il regardait la vue du balcon. Tu vois, en fait, tonton c'est et par exemple il il supporte pas les réunions en non mixité et ça vraiment ça l' supporte
mais il s'est jamais rendu compte que l'automobile club de France bah tu avais 15lion5 d'abonnés et aucune femme parce que c'est interdit. il s'est pas rendu compte que l'Église catholique c'était le plus grand boy le plus grand boys club du monde. L'église catholique. Il se rend pas compte que les réunions tuperroir ça le gênait pas parce qu'en fait c'était en non mixité mais que c'était sur le rôle de bonne ménagère donc là c'était pas gênant tu vois. Donc en fait tout ça il l'a pas parce qu'il a jamais été obligé d'y penser non plus. Donc en fait il a jamais déconstruit tous ces trucs là. C'est pour ça que moi je veux vraiment entrer en dialogue avec tonton. Ça c'est pour moi c'est pas un mauvais bou tonton. C'est juste quelqu'un qui est le fruit de son époque
et qui s'est jamais interrogé sur celle-ci. Quoi en gros, tu dis que la phrase "Tu nuis à la cause." De dire cette phrase, c'est nuire aussi un peu quelque part à la à la à la cause parce que tu discrédites tout de suite la personne, tu veux pas rentrer dans le dialogue. C'est hop, tu nu à la cause, fin de discussion. Est-ce que parfois il y a des cas où tu peux te dire que des gens peuvent nuir à la cause quand même ? Est-ce que est-ce que cette phrase on peut se la dire parfois ? Tous les mouvements, on leur a reproché de nuir à la cause tous. Euh Mandela, il nuisé à la cause. Enfin, tu vois, même Martin Luther King, enfin le harcèlement qu'il a subi euh parce que supposément il était communiste, parce que supposément il était enfin, tu vois, c'est dingue en
vrai. Euh pour moi, tous les mouvements ont toujours été euh accusés de nuire à la cause. Et si maintenant je prends le prisme du féminisme, bah tu vois les grandes féministes qu'on retient, toutes elles ont nué à leur cause à un moment et elles étaient pas aimées de leurs vivants. tonton, il utilise ça mais tous ces ancêtres tonton l'ont toujours utilisé quand tous les mouvements sociaux et puis à la fin pour moi, ils utilisent ces mots-là quand presque on a déjà gagné. Moi, c'est ça le message du livre, c'est de dire parce que on subit beaucoup, on subit les discours racistes, xénophobe, conservateur, sexiste et cetera. Ils utilisent tout leur argent pour ça, pour nous convaincre du contraire. Ils nous ils utilisent tout leur pouvoir, toute la
politique possible pour nous convaincre qu'on est minoritaire. Ils utiliseraient pas tous ces tous ces moyenslà s'ils étaient vraiment sûr qu'on était minoritaire. Et en fait, c'est ça vraiment le message, c'est de dire "Ne baissons pas la tête" parce qu'en fait ils mettent d'autant plus de moyens qu'on est en train de gagner du terrain. Mais ça veut dire que toi par exemple aujourd'hui tu t'interdis de d'utiliser cette phrase. Ah bah oui, je le dis je le dis de personne et je et par ailleurs, je vois pas. Par exemple, tu vois quand il y a des des personnes qui euh lancent de la soupe sur un tabouleau de Van Gog que toute la France a dit "C'est pas possible, on peut pas faire ça." Bon euh elles se sont les personnes se sont quand même assurées que l'œuvre serait
pas serait pas abîmée. Et en fait euh bah non, elle n'issent pas à la cause. Elles permettent de poser une question simple, c'est en 2050 est-ce que on sera encore là pour enfin peut-être pas en 2050 mais en est-ce qu'on sera encore là pour regarder cet œuf quoi ? Et que vaut cette œuf par rapport à notre planète ? Tu vois, c'est c'est des questions quand même si on peut pas euh enfin tu vois si on peut pas vivre sur notre planète, si notre planète devient invivable, qu'est-ce qu'elle vaut cette œuvre ? Comment tu tu sais parce qu'à la fin du livre, tu conclus en disant "Tonton, soyez du bon côté de l'histoire." Est-ce que tu sais comment on est sûr d'être du bon côté de l'histoire toi ? Parce que tu vois, c'est une question que je me pose régulièrement. Parfois, je suis là
dans mes combats et cetera et je me dis "Est-ce que je suis pas en train de me caricaturer ou alors est-ce que ça vaut le coup parce que je suis vraiment du bon côté ?" Comment tu arrives à à te recentrer toi ? pour savoir si tu l'is. Pour moi, tous les mouvements progressistes, si on prend par exemple le mariage pour tous, regarde, ils ont été des centaines de enfin des des milliers dans la rue pour dire combien c'était impossible de faire ce mariage pour tous et cetera. Enfin, vraiment, ils ont mis leurs gamins dans ces dans ces manifestations. Alors que évidemment dans ces gamins, il y en a il y en a qui découvriront qu'ils aiment le même sexe que et que c'est très bien ainsi. Aujourd'hui, le mariage pour tous il est passé. Plus personne le remet en cause.
Ces mouvements-là, c'est comme des espèces de volcans qui explose. Tu vois, tu as l'impression que la France entière est contre le mariage pour tous. Puis le mariage pour tous est adopté. Et à la fin, qu'est-ce qui reste de ces manifestations ? Bah, des petites crottes séchées sur le trottoir, quoi. Parce que l'histoire avance. Et en fait, on est dans ce momentl là, on est dans un moment d'accélération de l'histoire. Mais est-ce que toi dans tu as connu des des moments de traverser du désert ? Bah déjà, tu nous en parlais tout à l'heure après l'affaire beauopin, il y a eu 4 ans où tu t'étais retiré. Est-ce que après il y a eu des des fois où tu t'es dit "Ouais, peut-être que là je galère, je sais pas si je vais réussir à à continuer ce que ce que je fais." Tu
t'es dit je vais peut-être changer de vie. Ah bah oui, mais je même changer de vie. Enfin oui, pour le coup euh mais tu vois ce moment euh de la faire beau c'est un moment euh j'étais sûre que j'avais raison sur le combat politique qu'il fallait mener sur la violences ma femme et où je me suis sentie comme le vilain petit canard de la bande quoi. Et c'est comme si tu sais dans les dessins animés des fois comme ça tu marches et puis le monde il va à l'envers ou tu vois tu essayes de marcher puis tu es dans un décor et ils te comprennent plus. Enfin bah en fait j'étais dans ce moment-là et du coup j'ai vraiment arrêté pour prendre soin de moi et je suis revenue à la politique de manière vraiment mais déter de chez des terres quoi. Je suis revenue quand ça allait mieux
donc 4 ans après. Et je voudrais juste vous dire pour ceux qui écoutent si vous avez des moments de moins bien comme ça vous vous sentez vraiment un peu à la marge, un peu en dehors du monde, un peu incompris, que vous comprenez pas les autres, que vous pensez que vous êtes un peu tellement différent qu'en fait peut-être vous avez pas votre place dans le monde. En fait, je je vous dis c'est votre force. Donc euh surtout euh euh quand ça va pas, parce qu'il y a des moments où ça va pas, n'oubliez jamais que c'est votre force et que oui, vous avez un moment de moins bien et la vie c'est pas que euh c'est pas que du bonheur en fait. Enfin, faut aussi le poser, c'est pas que du plus tout le temps. Il y a des moments où ça va pas bien et en fait ça fait partie de la vie mais vous allez sortir
de ce tru-là avec autre chose. Vous serez un peu différent et en fait ça se trouve ça va vous donner une force incroyable. Ça se trouve, vous avez trouvé un chemin qui est pas qui est pas le même et qui sera qui vous correspondra 10 fois mieux. En fait, on sait pas ce qui sort de ces période de crise là. Il faut jamais penser qu'on a plus sa place. Après, c'est des moments qui peuvent être quand même très très durs. Tu as eu quel type de soutien ? Tu as eu des soutiens de la part de politique dans ce moment-là ou ? Oui, oui, j'en ai eu après. J'en ai pas eu autant que autant que puis surtout j'ai eu des soutiens de façade. Ça, j'en ai eu des je te crois des je te je te soutiens en vrai. Des soutiens au fond, c'est plus compliqué. et les et j'imagine la la la famille euh
Ouais. Heureusement qu'elle est là parce que ça aussi c'est un truc alors ce que je vais dire va peut-être vous choquer mais c'est aussi à ce moment-là que j'ai vu que quand le sable disparaissait sous vos pieds ben en fait il restait ça quoi. Et quand le sable avait complètement disparu bah le seul rocher qui restait c'était ça. Alors après toute famille est imparfaite. Je dire il y a pas de mais voilà c'est quand même des liens qui résistent dans des moments de crise. En 2022, tu t'étais fait cyberharceler après la sortie ta sortie sur la consommation de gens, les barbecue euh parce que je le rappelle, tu parlais du barbecue et que c'était au final euh euh l'incarnation un peu de du virilisme parce que c'est l'homme qui va alors qui va jamais mettre la main à la pâte pour
faire à manger le reste de l'année quand Ouais, salade, il sait pas faire la salade. Il sait pas faire la salade et par contre faire chauffer la viande et puis il apporte sur le plateau la viande en disant "Ez, je l'ai fait cuire." Et tout le monde se dit "Ah, c'est génial Roger, tu déchires ta ture la viande, tu es fort. Tu as fait ça tout seul." Ouais. Ouais. Alors que toute l'année euh Non, mais en fait, il sait faire la salade mais juste pendant que les femmes discutent dans la cuisine, s'occupent des enfants, ils font la salade, lui il fait le feu. Alors le feu, faut une science pour le faire, faut une compétence. Donc il est là, il dit "Non, non, il y a un peu de trop, il y a un peu de moins. Attention, il met la grille, il met les il met les morceaux de viande dessus."
Attention, attention, attention, c'est chaud. Il écarte tout le monde. [rires] C'est tellement vrai. C'est pour ça que j'ai [rires] jamais aimé personne le faire. Test comme ça pour voir si c'est bien cuillé, pas bien cuit. Et alors le le l'aspect final de cette affaire, c'est en effet quand il arrive avec le plat comme ça et là tout le monde ah alors que personne fait ça pour la salade. Et en fait si tu regardes les statistiques, c'est les mères qui font le plus souvent la nourriture du quotidien et c'est rare qu'on fasse ah comme ça quand il y a tout le monde. Donc en fait c'est aussi une forme de valorisation. Puis derrière ça renvoie à des espèces de clichés de la maîtrise du danger parce que maîtrise du feu des savoirs-faire liés à la viande crue, tu
vois. sang et cetera. Et en fait tout ça c'est un imaginaire et un imaginaire qui a des conséquences puisque les hommes consomment 50 % de plus de viande que les femmes. Donc voilà, c'est aussi une manière de dire attention en fait vous êtes aussi vous-même prisonnier d'images et de construction sociale autour de la viande. Donc voilà vraiment je vais vous dire ce weekend il a fait beau. J'ai encore reçu plein de photos de barbecue. Je pense que j'ai les photos de barbecue de toute la terre entière. Ça fait 4 ans maintenant que j'ai sorti cette phrase. Je pense que j'ai des photos de toute la France. En tous les cas, des barbecue de toute la France. Notons quand même que si le mec quand il fait son barbecue, il pense à Sandrine Rousseau, tu vois, [rires]
c'est peut-être que dans sa tête, il est pas complètement, tu vois, il a pas forcément complètement bonne conscience. [rires] Ah ouais ? Bah totalement. Parce que pour se prendre en photo comme ça, en plus la moitié du temps, ils se prennent moitié à poil. Alors du coup, d'accord. se prendre comme ça devant barbecue et tout et l'envoyer, c'est peut-être que bon voilà, j'ai quand même touché un truc un peu sensible chez lui et dans ces moments-là parce qu'on en parlait en off, je me permets de le dire, mais on a besoin aussi parfois de quand on sait cyberharceler de soutien et notamment de soutien psychologique, c'est super important et tu m'as dit quelque chose et et je pense que ce serait intéressant qu'on le dise parce que les gens seraient peut-être surpris
qu'en fait c'était pas systématique chez les politiques et notamment les députés que il y a un suivi psychologique. Non, mais je pense que la fonction de député, le mandat de député, c'est un mandat qui est très très très dur parce que c'est le mandat où vous êtes hyper exposé. C'est vous faites un vote, vous êtes pas là sur un vote, vous avez Twitter qui peut s'enflammer d'un coup ou je sais pas quel réseau social, vous êtes hyper scruté sur tout ce que vous faites. Enfin, moi par exemple, aller à la plage l'été, ça c'est devenu pour moi quelque chose de compliqué. Là par exemple, je devais refaire du sport parce qu'évidemment dans nos vies très denses, c'est compliqué de faire du sport. Donc je suis allée à la piscine de ma circonscription,
mais retourner à la enfin retourner à la piscine quand on est député connu et tout, c'est pas simple en fait. Enfin voilà et donc tout ça perturbe tout le monde te voit avec le bonnet de bain et les lunettes déjà en plus c'est des lunettes de compète mais vous imaginez même pas tellement. Ah ouais. [rires] Tout ça pour dire que en fait il y a beaucoup de beaucoup de travail déjà, beaucoup de réunions le soir, beaucoup de temps le weekend. Donc on se on s'éloigne un peu des gens qu'on aime. Et puis cette espèce d'hyper exposition, elle est elle modifie aussi beaucoup notre rapport [grognement] à à plein de choses. Et donc oui, c'est déstabilisant. Moi, je connais plein de députés qui ont fait des bur enfin, je connais des députés qui ont fait des burnouts. Je connais des députés qui ont
fait des dépressions, je connais des députés qui ont eu des problème de famille, de divorce, de séparation et cetera. J'ai des députés qui sont tombés qui ont eu des addictions et moi en fait pour ne pas avoir tout ça, pour ne pas avoir et ben en fait j'ai demandé à une obsine de m'aider un peu parce que c'était c'était compliqué d'ailleurs elle a été absolument incroyable et je vous le dis allez-y parce qu'en fait on a tendance quand on a mal à la tête à prendre un aspirine ou ou un doliprane et quand on a mal à l'intérieur de la tête on pense pas aller chez le médecin et pourtant il faut y aller très vite parce que quand c'est un petit mal-être bon bah c'est vite soigné à peu près Comme comme vous avez une maladie, n'importe laquelle, si vous y allez tout
de suite, c'est rien du tout à soigner. Si vous laissez le temps filer et ben vous allez vous enfoncer dans la maladie. Et la maladie mentale, c'est pas quelque chose de simple en fait à gérer. Une dépression c'est très difficile pour tout le monde, pour vos proches aussi. Dédramatisons ça. Sortons du déni là-dessus. Il y a vraiment en plus quand on voit les taux de mal-être mental euh c'est énorme en France. Donc n'hésitez pas, allez-y, faites-vous aider hein. Il y a pas de honte à se faire aider. Au contraire, il y a des gens qui sont compétents pour ça. On a parlé du cyberharcèlement que tu avais subi dans ta carrière. Tu as déjà eu peur toi pour pour ta vie ou pour celle de tes enfants ? Tu vois, je pense à ces militants de de Zemmo, je crois qu' avait placardé des affiches en
Ouais, j'ai reçu aujourd'hui le classement sans suite. Pourtant, il y avait la tête, il y avait la tête de Zemour partout sur le l'entrée. Donc, je pense que c'était assez simple. Mais non, classement sans suite. Ouais. Donc j'allais justement ma question c'était est-ce qu'en tant que député vous avez quand même de la protection ou quoi que ce soit ? En fait, pas tant que ça. Pas du tout. Non non pas du tout. On peut prévenir les policiers qu'on habite là et cetera, mais on n pas une protection particulière. Pas du tout. Là, à ce moment-là, tu vois par exemple ce de ce placard de d'affiche et cetera, est-ce que tu t'es déjà dit "Mince, va falloir que on change de vie, qu'on fasse que tu avais peur pour tes gamins ?" Alors, c'est pas dans la vie de tous les
jours, mais c'est en vacances. euh en vacances, moi je j'ai ressenti le besoin d'avoir un coin où je suis un peu connue, où je suis pas regardée comme euh h euh mon fils, il parle d'aquarium, c'est on a l'impression d'être des poissons derrière un aquarium parce que les gens ils nous regardent comme ça. Donc d'avoir un peu d'intimité et puis d'avoir un endroit un peu safe. Donc plus pendant les vacances voilà. Bon après oui, j'ai eu peur des fois maintenant j'ai plus trop peur parce que ça s'est calmé aussi beaucoup. tu as parlé à un moment, j'ai trouvé ça très touchant euh euh chez chez Sam Z Sira, tu as exprimé ta frustration, tu sais, par rapport au fait d'être mère et femme politique, d'avoir du mal à partager son son temps et on a rarement entendu un
homme politique dire ça de sa propre situation et c'est Golden Royal, elle avait confié en interview qu'au sein du PS son statut était en permanence remiance en question car elle était mère de famille. Est-ce que ça a évolué en politique cette vision là, tu penses ? Oui, mais déjà rien que l'organisation de l'Assemblée par exemple, tu vois où on a des sessions jusqu'à minuit le soir, l'organisation du temps fait que c'est fait, c'est organisé pour des hommes qui ont des femmes qui s'occupent de tout l'aspect domestique et des enfants et que l'homme doit se consacrer uniquement à la politique. Donc c'est organisé sur ce planl. Moi, je pense qu'il y aurait une réorganisation à faire en profondeur de le l'emploi du temps à l'Assemblée nationale. La politique, ça met en tension la vie de
famille vis-à-vis des enfants, c'est difficile parce que eux, ils ont pas choisi ce qu'on fait. Donc, ils subissent ce qu'on fait. Alors, en plus, ils peuvent subir la notoriété, c'est pas tous les élus, mais ils peuvent aussi subir la notoriété, ce qui est pas complètement simple. Ils doivent subir nos opinions politiques parce qu'ils peuvent aussi ne pas être d'accord avec ce qu'on fait ou ce qu'on fait pas. Et ça, moi je trouve que c'est ce qu'il y a de plus difficile, c'est que comme j'ai peu de temps, j'ai un temps très concentré avec mes enfants. Donc je peux avoir euh euh allez un repas euh au max du max une semaine, tu vois, c'est vraiment le max que que j'ai. Il faudrait que pendant ce repas et bien tout se passe tout à fait normalement, de manière détendue et cetera. Alors
qu'en fait, comme il y a pas eu le quotidien entre le précédent repas et ce repas là, bah on est un peu en en poulet, tu vois. On sait pas trop comment. Et ça c'est dur. Ça pour moi c'est le plus dur parce que du coup je perds une forme de spontanéité avec mes enfants des fois et ça c'est vraiment vraiment dur vraiment dur. Est-ce que tu le vois faire ta carrière dans la politique encore ou alors tu as déjà décidé de la fin de ta carrière politique ? En tous les cas, j'ai décidé qu'elle pouvait arriver. C'estàd que je j'ai pas de vocation à continuer à durer comme ça. Moi, à partir du moment où j'estime que je suis plus trop utile au débat, euh bah voilà, il y en a d'autres qui prendront relais et c'est très bien ainsi hein. Pour l'instant, je pense que je porte encore des choses qui sont
voilà singulières et donc importantes. Mais après quand quand je verrai que soit les gens auras le bol, soit qu'il y en a plus, je m'arrêterai, il y a aucun problème. Bah c'est c'est rare d'entendre politique dire aucun problème. En 2027, on va voter pour notre prochain président ou présidente. Comment tu vois les choses an élections ? Est-ce que les D sont les D sont sont jetés déjà ou alors tout est tout est encore à faire ? Ça serait bizarre que tu me dises en tant que politique non c'est mort, elle est pas voter. [rires] Quoi que bah si tu le fais, tu nous expliqueras pourquoi. Mais comment tu vois ça là pour l'année prochaine ? Non, moi je pense que ça va pas se passer de manière sereine et simple cette affaire, mais que tout peut sortir de la boîte
qui est l'urne et qu'on peut aussi avoir un président à la Mamani en fait, tu vois un truc ou à la Alexandria Ocasio Cortez ou à la tu vois quelqu'un qui sort comme ça un peu des codes de la politique, ça je pense que si une personnalité arrive comme ça fortement s'il y a une offre comme ça en tous les cas je pense que ça peut vraiment on espère très fortement sortira. Dernière question si tu te croises la toi d'il y a qui avait 15 ans, la Sandrine Rousseau qui a 15 ans aujourd'hui tu lui dis quoi ? Quel conseil tu lui donnes ou quelle phrase tu lui laisses ? Pauvre Chipette. Pauvre chipette. [rires] Pauvre chipette. Ouais parce qu'à 15 ans c'était pas l'âge le plus facile pour moi. Mais tiens bon lâche rien. [rires]
C'est noté. Tiens bon lâche rien. Je rappelle ton actu à la cause qui est disponible en librairie. Un autre projet à annoncer peut-être potentiellement pas pour l'instant. OK. B on restera à l'écoute. En tout cas, merci beaucoup. Ben merci d'avoir pris le temps de papoter autour du feu. Je vous rappelle que si vous voulez suivre toutes les autres émissions, n'hésitez pas à liker, à vous abonner. En tout cas, merci beaucoup. Merci Sandrine et à bientôt.
Sandrine Rousseau