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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 5 septembre 2020 20 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSécuritéImmigration & asile

Damien Abad : "Notre pays n'a jamais été aussi à droite, et LR est loin du pouvoir et des responsabilités"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:29OuverteRéponse partielle

    Avez-vous des informations sur les réelles intentions de François Baroin ?

  • 2:28RelanceRéponse directe

    Ce silence de Baroin favorise-t-il l'émergence de candidats à droite ?

  • 3:51FerméeRéponse directe

    Choisir un candidat à droite par une primaire ou bien par désignation ?

  • 5:09RelanceRéponse directe

    Si ce n'est pas une désignation, si ce n'est pas une primaire, ça ressemblerait à quoi concrètement ?

  • 5:59OuverteRéponse directe

    Il y risque d'y avoir de la cacophonie avec tous ces prétendants, non ?

  • 7:06OuverteRéponse directe

    En quoi est-ce aberrant pour vous l'idée de Christian Estrosi de rapprocher la droite du macronisme ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:12Invité politiqueChiffre
    « 73% des Français souhaitent une candidature de droite à l'élection présidentielle. »
  • 10:55Invité politiqueFait
    « Notre pays n'a jamais été aussi à droite, et nous, on est loin du pouvoir et des responsabilités. »
  • 11:23Invité politiqueFait
    « Les trois quarts des grandes villes sont dirigées par du personnel politique de droite. »
  • 13:25Invité politiqueFait
    « Nous avons mis la question des peines planchées, la question des rétentions de sûreté, la question de la suppression d'aménagement automatique des peines. »
  • 13:42Invité politiqueFait
    « Le Front National n'a pas le monopole de la sécurité, et ils vivent des problèmes des Français. »
  • 15:12Invité politiqueFait
    « La politique d'intégration a échoué en France. »
  • 15:52Invité politiquePromesse
    « Je suis pour une loi qu'on vote au Parlement chaque année sur un système de quotas comme nous faisons au Canada. »
  • 16:43Invité politiqueFait
    « Fin 2021, c'est trop tard, parce que les entreprises françaises vont souffrir dès l'automne. »
  • 19:12Invité politiqueFait
    « La Charte de l'Environnement par Jacques Chirac. »
  • 19:38Invité politiqueFait
    « L'écologie de droite, c'est justement de ne pas opposer la nature et l'homme comme on le fait dans l'écologie de gauche. »

Temps de parole

  • Damien Abad76 %
  • Présentateur21 %
  • Locuteur non identifié3 %

4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Depuis hier, le parti Les Républicains réunit ses cadres, et la jeunesse aussi, la jeunesse républicaine à Port-Marly, c'est un peu la rentrée de la droite. Bonjour Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Le Figaro l'écrit ce matin, François Baroin, l'un des favoris de la droite à la présidentielle, ne sera finalement pas candidat. Le maire de Troyes ne devrait pas l'annoncer à Port-Marly pour votre rentrée à droite, là où vous réunissez les cadres et vos jeunes troupes. Ce serait plutôt le mois prochain. Avez-vous des informations, Damien Abad, sur les réelles intentions de François Baroin ?

0:38
Damien Abad

Alors je crois que beaucoup de choses sont dites, sont écrites, beaucoup de monde parle au nom de François Baroin, mais moi je fais confiance qu'un intéressé a son expression personnelle, et il l'a dit, il donnera sa décision à l'automne, c'est-à-dire que ça sera certainement effectivement dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. Certains y voient un certain nombre de signaux négatifs.

Moi ce que je peux dire simplement aujourd'hui, c'est que François Baroin vient aux universités d'été, ce qui est déjà un signal politique fort d'attachement à sa famille politique, que François Baroin est sensible et suit l'actualité politique française et internationale, et que sa décision, c'est une décision personnelle, qu'il rendra le moment venu. Mais seriez-vous déçu s'il n'y allait pas ? Mais vous savez, François Baroin, c'est un atout majeur pour notre famille politique, il est président des maires de France, c'est que la personnalité qui est écoutée, qui est respectée, qui est charismatique, qui en plus est calme et apaisée, on a besoin de cette autorité naturelle et charismatique.

1:34
Locuteur non identifié

Oui mais il faut aussi qu'il ait envie, quand Nicolas Sarkozy dit, je crois à son émergence, je ne crois pas à sa volonté.

1:39
Damien Abad

Oui, écoutez, l'envie, la détermination, à l'élection présidentielle, l'envie, c'est un moteur essentiel pour pouvoir concourir à cette élection et ensuite la gagner. Mais moi je ne suis pas dans la tête de François Baroin. Après, vous savez, quand on dit, est-ce que c'est un manque d'avis ? Peut-être pas. C'est aussi une décision qui est lourde de conséquences, une décision personnelle, qui a aussi un impact familial majeur. Et parfois, je trouve même que c'est sain aussi d'avoir cette réflexion-là.

On a tellement de femmes et d'hommes politiques qui veulent tous être président de la République à tout moment et qui sont finalement dévorés par leur seule ambition, que je trouve que c'est plutôt sain d'avoir finalement cette introspection personnelle. Donc respectons ce temps-là et moi je trouve que l'automne, c'est un bon calendrier. Ensuite, on aura un an, un an et demi pour décider de notre candidat si jamais il n'y va pas.

2:24
Présentateur

Cette distance et ce silence, c'est sain, dites-vous. Mais est-ce que ce n'est pas ce silence aussi de François Baroin qui favorise en ce moment l'émergence de pas mal de candidats à potentiel ? Et finalement, ça risque de créer des embouteillages à droite et donc de la cacophonie, non ?

2:44
Damien Abad

Ce qui est sûr, c'est qu'on a beaucoup de monde sur la ligne de départ.

2:47
Locuteur non identifié

Il n'y a pas de candidat naturel ?

2:48
Damien Abad

Non, il n'y a pas de candidat naturel. Il y a beaucoup de monde sur la ligne de départ, mais l'important, c'est d'avoir une seule candidature sur la ligne d'arrivée. Et nous avons des talents. Je pense à Xavier Bertrand, par exemple, qui est président de la région des Hauts-de-France, qui coche beaucoup de casques, qui a beaucoup d'atouts, de compétences et de qualités. Il l'a montré dans sa région. C'est quelqu'un aussi qui a fait de la fracture sociale, de la fracture territoriale, son combat permanent. Et donc il y a des choses à dire aussi aux Français de classe populaire et moyenne. Donc on a des talents.

3:18
Locuteur non identifié

Valérie Pécresse ?

3:20
Damien Abad

Aussi, qui était d'ailleurs hier au Port-Marly à l'invitation de Christian Jacob et qui s'est exprimé, qui a rappelé qu'elle était une femme libre, de droite, qu'elle ne voulait pas se fondre dans le macronisme. En tout cas, ce que je constate, c'est qu'à l'exception notable de Christian Estrosi, tous les leaders politiques veulent une candidature de la droite à l'élection présidentielle. 73% d'ailleurs des Français le souhaitent également. Et donc pour nous, c'est un signal positif. Ensuite, oui, il faudra choisir. Oui, l'incarnation, elle est fondamentale. Et oui, à la fin, il ne faudra pas qu'il y en ait zéro ni deux, il faudra un seul candidat.

3:51
Présentateur

Choisir un candidat à droite par une primaire ou bien par désignation ? Ni l'un ni l'autre.

3:58
Damien Abad

Je crois que la primaire telle qu'elle a existé, elle est révolue. Elle est dans les statuts du mouvement Les Républicains ? Exactement, mais elle est révolue pour une raison très simple.

4:07
Locuteur non identifié

Elle sème la tempête ?

4:08
Damien Abad

Ce n'est pas la seule responsable de tous les maux de la droite, mais elle a créé des divisions, des clans, des tensions, et que c'est souvent difficile ensuite de penser ces plaies-là. Et donc il faut avoir cette réflexion. Surtout une primaire qui est longue, qui est très médiatique, avec chacun dans son couloir de nage, et surtout qui est très proche de l'élection présidentielle. Donc il faudra inventer un système nouveau. Pas de désignation, parce qu'on n'est pas non plus dans un parti caporalisé, où ça va se faire entre trois ou quatre décideurs. Alors c'est quoi la solution ? Eh bien, la solution, en tout cas, la meilleure des solutions, c'est celle qui sera acceptée par tout le monde.

Pourquoi ? Parce que si demain on défait un processus d'ésignation, et que dans ce processus d'ésignation, certains n'acceptent pas les règles du jeu, vous n'aurez rien résolu, vous aurez le parti socialiste, c'est-à-dire une candidature de Benoît Hamon, et en face, une candidature d'Emmanuel Macron. Et c'est ça que nous ne voulons pas. Moi ce que je dis aujourd'hui, c'est que les choses vont se faire naturellement, elles vont se décanter.

5:04
Présentateur

Pardon de vous couper, mais je n'ai pas bien compris la tactique, enfin la tactique si, mais la méthode. Si ce n'est pas une désignation, si ce n'est pas une primaire, ça ressemblerait à quoi concrètement ?

5:13
Damien Abad

Il faut trouver un système de départage qui doit être défini, c'est à nous de nous mettre autour d'une table pour discuter quelle est la place des élus locaux, quelle est la place des parlementaires, la place des militants, la place des sympathisants.

5:22
Locuteur non identifié

Donc le meilleur candidat, c'est celui qui rassemble le mieux ?

5:25
Damien Abad

Oui, bien entendu. Et qu'est-ce qu'on doit faire ? D'abord, se mettre tous autour de la table, discuter, échanger sur ce sujet en interne. Ensuite, ne pas tomber dans un débat nombriliste qui serait un procès en déconnexion de la droite à un moment où il y a une crise économique et sanitaire majeure. Ça, c'est un point fondamental. Et enfin, attendons à la fois la décision de François Baroin, attendons aussi les élections régionales, parce que les élections régionales vont rebattre les cartes, elles vont redéfinir le paysage politique certainement national également.

Et après ces élections régionales, oui, il faudra se mettre en ordre de bataille, avoir ce processus-là, mais qu'il soit accepté par tout le monde, et à la fin des fins, avoir une seule candidature pour la droite et le centre.

5:59
Présentateur

Parce qu'il y risque d'y avoir de la cacophonie, je rappelle les prétendants, donc outre François Baroin, dont on ne sait pas vraiment s'il veut y aller, il va se préciser dans le mois prochain. Alors donc Pécresse, Bertrand, Retailleau, probablement bientôt des Wauquiez, des Dati, des Pelletier, c'est la cacophonie dans un peu de temps ?

6:16
Damien Abad

On peut aussi noter qu'au moins on a des atouts et des talents, et qu'à droite on a au moins des présidentiats, ce qui n'est pas forcément le cas de tous les partis politiques. Mais vous savez, après, ça va se démarquer tout seul. On voit bien, aujourd'hui, j'ai cité tout à l'heure Xavier Bertrand, parce que je pense que c'est l'un de ceux qui peut porter, je dois, cette ambition présidentielle-là. Il a eu cette envie, cette détermination, cette volonté.

6:39
Présentateur

Vous le portez au-dessus de la candidature Baroin, vous en parlez beaucoup ce matin.

6:42
Damien Abad

Non, mais parce que vous me parliez tout à l'heure de François Baroin, je l'ai dit, et c'est quelqu'un qui a de grandes qualités, c'est son choix, et nous verrons en fonction de son choix notre positionnement. Mais vous avez parlé de Valérie Pécresse, oui, il y a aussi d'autres talents dans notre famille politique. Mais moi, je n'ai pas envie qu'on soit une course aux petits chevaux présidentielles. C'est aussi une ambition collective, une équipe. Et vous savez, le leader, c'est important, mais l'équipe, le projet politique et ce qu'on va mener pour la France, c'est aussi important.

7:06
Présentateur

En quoi est-ce aberrant pour vous, cette idée de Christian Estrosi, le maire de Nice, qui veut rapprocher la droite du macronisme ?

7:14
Damien Abad

Je crois que ça serait surtout un grand danger, et une manière d'ouvrir les portes du pouvoir à Mme Le Pen. Parce que si la droite se fond dans le macronisme, ça veut dire très clairement que l'espace politique de Mme Le Pen va s'élargir, et que vous aurez une partie de l'électorat de droite qui ne se reconnaît pas dans le macronisme, qui tombera dans les bras de Mme Le Pen à un moment où elle-même, elle est contestée en interne, à un moment où tout le monde a vu son incapacité, son incompétence à présider notre pays. Donc je crois que, ça c'est la première chose.

Deuxième chose, c'est que la droite, elle a des convictions, des valeurs, elle a un projet politique qui est différent du macronisme.

7:54
Présentateur

Et pourtant, au dernier municipal, il y a eu des rapprochements entre la droite et le macronisme. Pourquoi ce qui était valable au mois de mars et au mois de juin, en deux tours, n'est plus valable quelques semaines après ?

8:03
Damien Abad

Regardons les résultats. A chaque fois qu'il y a eu rapprochement, il y a eu des fêtes sur les élections municipales. La réalité, c'est que les gens, ils ne veulent pas des tambouilles potypiciens. 73% des Français souhaitent une candidature de droite à l'élection présidentielle. Par contre, il faut incarner cette candidature, il faut porter un projet politique, il faut montrer nos différences. Moi, je crois que le macronisme, vous savez, c'est la politique du « en même temps ». C'est l'immobilisme et la paralysie permanente. Je rappelle que ce gouvernement est issu d'une majorité de gauche. C'est ça au Parlement.

Et que donc, on le voit sur la question sécuritaire, par exemple, avec les tensions qu'il y a entre le ministre de l'Intérieur et le garde des Sceaux, qu'on n'est pas dans une politique de droite. Donc, c'est à nous de démontrer cela, et c'est à nous, effectivement, de porter une ambition de droite pour notre pays.

8:41
Présentateur

N'est-ce pas un peu gênant que les électeurs du mouvement Les Républicains placent Edouard Philippe en tête pour représenter la droite en 2022 ? C'est un sondage IFOP pour la lettre de l'expansion. Puisque Edouard Philippe, finalement, c'est un Macron compatible, alors que vous dénoncez, au contraire, la politique de ce gouvernement.

8:59
Damien Abad

Vous savez, on a eu aussi Alain Juppé, qui était très longtemps en tête dans les sondages. Je crois d'ailleurs qu'Edouard Philippe était lui-même un Juppéiste, donc il doit savoir qu'être en tête dans les sondages un an et demi avant une élection présidentielle, dans lequel, en plus, on n'a pas donné sa volonté d'y concourir, ne représente pas grand-chose. Non, la vérité, c'est que les Français ont apprécié, je crois, le Premier ministre, au moment de la crise sanitaire, c'est-à-dire à la fois son calme, sa sérénité et son sang-froid. C'est plus une attitude qu'ils ont appréciée qu'un projet politique. Edouard Philippe, il a porté le projet politique d'Emmanuel Macron, du gouvernement.

Edouard Philippe, il a échoué avec le gouvernement sur beaucoup de sujets, comme par exemple la question de la réforme des retraites.

9:37
Présentateur

On vient de citer Edouard Philippe, on a cité Xavier Bertrand, on a cité Valérie Pécresse, bien placée, et en tout cas qui ont des ambitions pour la présidentielle. Est-ce que ce n'est pas un peu gênant que les candidats de droite ne soient pas encartés, c'est leur cas, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, ne soient plus encartés, les Républicains ?

9:53
Damien Abad

Valérie Pécresse était présente hier aux universités d'été, Xavier Bertrand est venu devant le groupe à l'Assemblée nationale lors de débats sur la réforme des retraites. Certes, ils ne sont plus encartés, mais les liens ne sont pas rompus avec notre famille politique. Et donc, c'est ça qui est essentiel. Enfin, ils sont partis pour des désaccords tout de même. Oui, mais aujourd'hui, il y a un chemin de retour, on le constate. On voit en tout cas qu'il y a un corpus de valeurs communes, il y a une critique commune à l'égard de la politique menée par le gouvernement et le président de la République, et que c'est ça qui nous rassemble.

Ensuite, vous savez, quand on vote pour un candidat à l'élection présidentielle, ça dépasse le seul parti politique en tant que tel.

10:30
Locuteur non identifié

Ça veut dire qu'on n'est plus un vassal aujourd'hui quand on appartient à un parti politique ?

10:34
Damien Abad

Non, le parti politique, c'est celui qui met en orbite, c'est le cœur du réacteur, mais ce n'est pas l'ensemble de la fusée. Et donc, ce qui est essentiel, c'est aussi ensuite de mobiliser les militants, mais aussi les sympathisants et surtout l'électorat. Et je crois que c'est ça. Moi, je n'ai pas envie d'une droite simplement qui se fasse plaisir. On pourrait avoir des candidatures d'une droite qui se fassent plaisir, mais moi, je suis là pour que la droite, elle gagne. Parce que je crois que notre pays n'a jamais été aussi à droite, et nous, on est loin du pouvoir et des responsabilités. Et donc, c'est ce paradoxe-là qu'il faut résoudre.

Et donc, on doit être majoritaire dans le pays, et pour être majoritaire, il faut avoir une candidature qui puisse, non pas diviser, mais rassembler les Français.

11:10
Présentateur

On n'a jamais vu un pays autant à droite, venez-vous de dire, ça ne s'est pas vérifié au dernier municipal.

11:16
Damien Abad

Eh bien, je ne partage pas votre constat. Il y a eu quelques villes, effectivement, qui ont été conquises par les Verts et Europe Écologie, mais il y a eu aussi beaucoup de victoires de la droite. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, les trois quarts des grandes villes sont dirigées par du personnel politique de droite. Donc, voilà, on pourra... Et au-delà, au-delà même des résultats électoraux, ce sont aussi les convictions, les valeurs, quand vous faites des sondages sur la question sécuritaire, sur la question de l'autorité, sur les questions économiques. On voit bien cette tendance.

11:44
Présentateur

On y vient, ces discours sur la République, discours d'Emmanuel Macron hier pour les 150 ans de la République, un discours de combat, a-t-il dit, afin de protéger une République qui serait menacée par les forces de l'obscurantisme. Où identifiez-vous, précisément, ce qui menace la République aujourd'hui ?

12:03
Damien Abad

Il y a beaucoup de choses qui menacent la République, mais je crois que la question du séparatisme, la question du communautarisme...

12:11
Présentateur

Le séparatisme, c'est le mot communautarisme à la sauce macronienne.

12:15
Damien Abad

Oui, mais on aura certainement un projet de loi à l'automne qui nous permettra, au-delà du débat sémantique, effectivement, d'avoir un certain nombre de propositions. Ces questions sur le séparatisme, sur le communautarisme, sur le fait que le vouloir vivre ensemble est cassé en France. Ernest Ronan disait que l'exercice de la nation est un plébiscite de tous les jours. Et on voit bien aujourd'hui que, malheureusement, il y a une fracture profonde entre les Françaises et les Français. Et que c'est cela qui met en danger la République, qui met en danger l'État de droit tous les jours. C'est cela qui fait que beaucoup de violences en découlent. Donc oui, il faut lutter, mais simplement...

On ne pourra pas simplement lutter avec des mots. On doit lutter avec des actes. On doit lutter avec des projets de loi.

12:50
Locuteur non identifié

Donc un des défis, c'est qu'il est sécuritaire aussi.

12:52
Damien Abad

Et pour moi, c'est un défi absolument prioritaire.

12:56
Présentateur

Donc il faut relancer un arsenal législatif, pourquoi pas, sur la question sécuritaire, encore une fois ?

13:02
Damien Abad

Oui, clairement oui. Moi, je souhaite... Il y a un livre blanc qui était prévu sur les questions de sécurité, qui a été d'ailleurs retardé par le gouvernement. Ce ne peut pas être simplement de la communication. Faire une politique de sécurité en France, ce n'est pas simplement se rendre dans les quartiers, soutenir les policiers devant les caméras, ou agir pour telle ou telle personne. Ce sont aussi des actes concrets. Et les actes concrets, nous en avons mis chez les Républicains sur la table.

Alors après, on peut débattre, on peut être d'accord, pas d'accord, mais nous avons mis la question des peines planchées, la question des rétentions de sûreté, la question de la suppression d'aménagement automatique des peines. Des propositions, nous en avons...

13:34
Présentateur

Vous notez que vous vous rapprochez là du programme aussi du Rassemblement National, qui a les mêmes thèmes là-dessus, sur la sécurité.

13:39
Damien Abad

Mais justement, ne laissons pas ces thèmes-là au Front National. On les a trop laissés par le passé, et on a vu les résultats. La réalité, c'est que le Front National n'a pas le monopole de la sécurité, et ils vivent des problèmes des Français. C'est ça la grande différence. Et donc, vous savez, il ne s'agit pas de faire peur, il s'agit simplement de constater aujourd'hui, et il y a des chiffres, mais au-delà des chiffres, il y a aussi une perception. Et donc, je crois que, face à ça, moi, je ne crois pas au fatalisme, je ne crois pas à la fatalité, je ne crois pas au fait qu'il faille renoncer.

Et malheureusement, et on le voit dans cette politique dure en même temps, eh bien, on s'arrête au milieu du guet. Il y a une inaction, une immobilité. Il y a des volontés politiques qu'on sent, notamment par le ministre intérieur, par exemple. Mais on voit que ces volontés politiques, elles sont bloquées par, finalement, une politique qui ne correspond pas aux attentes des Français.

14:24
Présentateur

Quand les trois quarts des jeunes musulmans français, interrogés par l'IFOP, disent vouloir privilégier leurs convictions religieuses, plutôt que les valeurs républicaines, est-ce que c'est la laïcité qui se trouve menacée pour autant ?

14:36
Damien Abad

C'est à la fois grave et inquiétant. Et ça montre le malaise qu'il y a en France. Ça montre aussi comment se fait-il qu'aujourd'hui, ces personnes de confession musulmane, ont un tel rejet, en fait, de la société française ? Moi, j'ai le souvenir des parents, des grands-parents qui venaient de migration d'Afrique du Nord ou autre et qui, finalement, étaient fiers d'arriver sur le territoire français, qui était un territoire d'accueil et qui, pour eux, était une chance, une espérance. Et aujourd'hui, on voit que c'est une impasse. Qu'est-ce qui n'a pas marché entre-temps ? Mais tout a échoué. La politique d'intégration a échoué en France.

Et puis, il y a une politique, bien sûr, d'autorité à affirmer. Il y a aujourd'hui des zones de non-droit dans certains quartiers. Il y a aussi une politique d'intégration qui est en échec total. Et donc, là-dessus, il faudra tout repenser. Y compris dans la politique migratoire, d'ailleurs. Parce que toutes celles et tous ceux qui nous disent « Oui, mais il ne faut pas contrôler les flux migratoires. » Mais quand on ne contrôle pas les flux migratoires, les conséquences, c'est qu'on n'a plus les moyens de s'occuper des personnes qui viennent sur le territoire français. Aujourd'hui, vous avez le sentiment qu'ils ne sont pas contrôlés, les flux migratoires, en France ? Pas suffisamment.

On a encore eu, et on le voit, on a un certain nombre de chiffres qui nous montrent d'évolution à la fois sur l'immigration régulière comme régulière, qui nous montrent que les contrôles... Moi, je suis pour une loi qu'on vote au Parlement chaque année sur un système de quotas comme nous faisons au Canada. Et je pense que ça nous permettra d'avoir cette visibilité politique. J'ai été président de département, j'ai passé une journée entière avec les mineurs non accompagnés. C'est dramatique, à la fois pour la France, mais également pour eux, parce qu'ils se trouvent en situation d'échec total. Et on ne peut pas continuer avec cette politique-là, ni au niveau européen, ni au niveau national.

16:14
Présentateur

Vous êtes membre aussi, Damien Abad, de la Commission des Finances. Quels sont les amendements que les Républicains souhaitent déposer, présenter, avant que le plan de relance ne soit voté avant la fin de l'année ?

16:28
Damien Abad

D'abord, ce plan de relance est utile, nécessaire, mais il est tardif. Et dans les amendements que nous allons présenter, nous allons demander une mise en œuvre plus rapide. Pourquoi ? Parce qu'on voit bien que, sinon, la mise en œuvre va se faire fin 2021. Et pour nous, fin 2021, c'est trop tard, parce que les entreprises françaises vont souffrir dès l'automne. Elles souffrent d'ailleurs déjà aujourd'hui. Et que donc, il faut agir vite et fort. Ensuite, nous voulons surtout garantir aux Français le fait qu'il n'y ait pas de hausse d'impôt future. Parce que quand vous construisez un plan sur le déficit... C'est ce qui est garanti, Mme Lacroix. Oui, mais par les paroles. Par les paroles.

Mais quand vous faites un plan de relance, dont la moitié est financée par le déficit et la dette, les déficits d'aujourd'hui sont souvent les impôts de demain. Et donc, il faudra être vigilant par rapport à ça. Et puis, il y a des mesures que nous voulons améliorer. J'en prends juste une. C'est la question, par exemple, de l'emploi des jeunes. Il y a une exonération de charges sociales patronales que nous avons d'ailleurs proposée, mais qui s'arrête à deux smics. Nous proposons d'aller plus loin, notamment pour toucher les jeunes diplômés. Parce qu'il y a des jeunes qui sont... Qui sont les oubliés, les jeunes diplômés ? Oui.

17:29
Locuteur non identifié

C'est un peu pour ça aussi que vous vous adressez, en quelque sorte, essentiellement à la jeunesse parmi vos militants, les jeunes républicains.

17:36
Damien Abad

Oui, parce que je pense qu'il faut retrouver ce discours à la jeunesse. Pour moi, la jeunesse, parfois, même y compris à droite, on a considéré que c'était un fardeau, que c'était une dette, que c'est une source de difficulté. C'est aussi une chance, une espérance, à condition de leur faire confiance. Et l'emploi est un tremplin dans l'autonomie, dans la vie active et dans la vie personnelle. Et donc, vous savez, tous ces jeunes qui vont arriver, c'est 700 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail, dans ce contexte de crise sanitaire majeure. S'ils se trouvent tous au chômage, alors ça va avoir des conséquences économiques et sociales terribles. Donc, il nous faut une action forte.

Et ne pas oublier les jeunes diplômés. Parce que quand on met des plafonds de smic à 1,5 ou à 2 smic, eh bien, on oublie aussi des jeunes qui ont fait des études, qui méritent un salaire digne de ce nom, et qui vont faire face aussi au mur du chômage.

18:20
Présentateur

Vous savez mieux quiconque en politique, il y a toujours un effet de seuil. Il faut bien un moment basculer.

18:24
Damien Abad

Oui, mais on a dans le chômage partiel.

18:25
Présentateur

On ne l'a pas fait, et c'est très bien. D'ailleurs, on t'aille jusqu'à 4,5 smic. Mais faisons la même chose sur l'emploi des jeunes. Il nous reste quelques minutes. Le plan de relance du gouvernement, il se veut aussi écologique. Qu'est-ce que la droite peut faire de plus sur le plan écologique ? Beaucoup.

18:40
Locuteur non identifié

Mais elle a quand même du retard, parce qu'au départ, les écolos en France, en tout cas, par exemple, ce n'était pas le cas en Allemagne, les écolos étaient plutôt à gauche. Est-ce que c'est pour ça que la droite a longtemps rechigné ?

18:51
Damien Abad

Vous savez, la droite, historiquement, elle a été présente sur la question écologique. Les parcs naturels régionaux, c'est le général de Gaulle qui les a créés, le ministère de l'Environnement, c'est M. Pompidou qui l'a créés.

19:00
Présentateur

Est-ce qu'il faut que je vous rappelle la phrase de Nicolas Sarkozy en 2009 au Salon de l'Agriculture ?

19:04
Damien Abad

L'écologie, ça commence à bien faire. D'accord, mais je peux aussi vous rappeler la mise en œuvre du Grenelle de l'Environnement par Nicolas Sarkozy et la Charte de l'Environnement par Jacques Chirac. Bref, je crois que l'enjeu aujourd'hui pour la droite, effectivement, c'est de comprendre qu'il y a une urgence écologique et climatique comme jamais il y a eu. Et que face à cela, c'est un projet de société. Et que nous ne pouvons pas être absents de ce projet de société.

C'est d'ailleurs pour ça que nous allons lancer dans quelques jours une task force environnementale qui va rassembler des députés, des sénateurs, des députés européens qui aura pour objectif de réfléchir sur cette question écologique de penser l'écologie de droite. L'écologie de droite, c'est justement de ne pas opposer la nature et l'homme comme on le fait dans l'écologie de gauche. Et de faire des propositions concrètes dans le cadre de nos journées parlementaires qui auront lieu au mois d'octobre pour montrer que la droite a réinvesti le champ de l'écologie et qu'on peut concilier écologie et croissance à avoir une écologie positive, pragmatique, concrète, du quotidien.

C'est toute notre ambition.

19:57
Présentateur

Voilà, l'ambition de Damien Abad, député de l'Ain et donc président du groupe LR à l'Assemblée nationale. Bonne rentrée politique, ça se passera à Marly encore aujourd'hui. Vous avez d'ailleurs un discours à prononcer, ce sera à quelle heure ? Oui, vers 10h30. Vers 10h30 ce matin, il ne faut pas tarder. Merci beaucoup et bonne journée. Il est 8h40.