Polémique sur le Hamas, plainte de Darmanin : Danièle Obono dit ses vérités
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Le Monde retiendra la date du 7 octobre 2023, comme le jour où la branche armée du Hamas a mené l'attaque la plus meurtrière contre Israël, faisant 1300 morts, civils et militaires, et plus de 3842 blessés. Le 7 octobre est également le jour où l'État d'Israël a basculé dans une vengeance aveugle. Au 18 octobre, on dénombre 3200 civils tués, dont 1030 enfants, et 12500 blessés en Palestine, ainsi que 400 000 déplacements forcés. Il ne s'agit plus d'une guerre qui oppose Israël au Hamas, mais d'une épuration ethnique massive contre les Palestiniens, a alerté Francesca Albanese, experte des droits humains des Nations Unies. Et que fait la France d'Emmanuel Macron ?
Aucun n'appelle au cessez-le-feu. Elle réitère sa solidarité à Israël et plaide pour son droit à se défendre. Elle interdit les manifestations en soutien au peuple palestinien et règle ses comptes avec la France insoumise. Alors que les corps étaient encore chauds, la classe politique française s'enlisait dans une polémique autour du communiqué de la France insoumise, jugé choquant et pas à la hauteur du moment politique.
On se souvient qu'Elisabeth Borne est allée jusqu'à dénoncer la position complaisante et ambiguë de la France insoumise, tandis que des cadres du PS envisageaient leur départ de la NUPES, reprochant ensemble au mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon de ne pas avoir souligné le caractère terroriste de l'organisation du Hamas. De cette bataille sémantique, on retiendra le dernier coup asséné à Daniel Obono par Gérald Darmanin qui a annoncé vouloir déposer plainte contre la députée de la France insoumise pour apologie du terrorisme après les propos qu'elle a tenus sur Sud Radio.
Pourquoi est-ce que vous n'avez pas qualifié le Hamas de mouvement terroriste ? Parce que pour vous c'est un mouvement de résistance ? Je cherche l'explication.
Oui, c'est nécessaire d'avoir... C'est un mouvement de résistance, le Hamas ? C'est nécessaire d'avoir...
Est-ce que c'est un mouvement de résistance ?
C'est nécessaire d'avoir des clarifications parce que les mots sont importants.
Moi je vis de clarifications justement.
Est-ce que c'est un mouvement de résistance ? C'est un groupe politique islamiste qui a une branche armée et qui s'inscrit dans les formations politiques palestiniennes. C'est un mouvement de résistance ? qui a pour objectif la libération de la Palestine et qui résiste à une occupation.
Donc c'est un mouvement de résistance ? Oui. Oui, c'est un mouvement de résistance, c'est ce que vous pensez.
Qui se définit comme tel et qui est reconnu comme tel par les instances internationales.
C'est un mouvement de résistance, c'est ce que vous pensez.
Assez de manipulations a réagi Daniel Obono à travers un long message publié sur Twitter visant à clarifier son propos et éteindre la polémique. La France insoumise est également venue au secours de la députée tandis que des voix dissonantes au sein du mouvement se sont fait entendre. Parmi lesquels Raquel Garrido, Alexis Corbière ou encore François Ruffin pour qui le Hamas n'est pas un mouvement de résistance mais une organisation terroriste. Daniel Obono est avec nous aujourd'hui. C'est sa première intervention après le bad buzz si on peut le dire ainsi. Nous l'avons invité pour nous informer des derniers développements de ce qui est présenté comme une affaire judiciaire.
Pour préciser sa pensée, revenir sur un piège médiatique qui était peut-être prévisible et sur les divisions au sein de la gauche et de la France insoumise autour d'un sujet pour le moins explosif. Bonjour Daniel Obono. Bonjour. Alors moi j'aimerais savoir ce qu'il en est de la plainte de Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a annoncé vouloir saisir le procureur de la République vous accusant de faire l'apologie du terrorisme comme il l'a fait pour le NPA. Ce n'est pas la première fois que Gérald Darmanin menace ses adversaires d'une plainte. J'en ai fait moi-même l'expérience. Est-ce qu'il est allé au bout de sa promesse ?
Pour tout dire, je n'en sais rien puisque je n'ai été informée de rien à ce stade. Pour moi, l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est de comment est-ce qu'on peut et qu'on doit continuer à, en France, en tant que citoyen, en tant que responsable politique, mais aussi en tant que pays, à avoir une parole pour la paix, pour le cesser le feu. Il y a urgence, vous l'avez dit, et les chiffres sont accablants. Des milliers de personnes sont déjà mortes en Israël, en Palestine. Des milliers d'enfants sont morts. Et ce qui s'annonce, l'engrenage infernal que nous avons dénoncé depuis le début.
Les crimes de guerre commis en Israël, les crimes de guerre commis aujourd'hui à Gaza et depuis plusieurs jours, ne vont pas s'arrêter s'il n'y a pas des paroles qui s'élèvent en France et partout dans le monde. Et ça commence. Heureusement, il y a des paroles qui s'élèvent partout dans le monde pour appeler à un cesser le feu immédiat. Et je crois que toute l'énergie doit être tournée vers cela. Et c'est une responsabilité, en tous les cas, que moi, j'assume de continuer à porter.
– Alors, c'est vrai que depuis le 7 octobre, il y a une agitation au sein de la classe politique ici en France, mais également dans les médias. On l'a encore dit tout à l'heure, vous en avez fait les frais quelque part à Sud Radio. Est-ce que vous avez le sentiment qu'ils ont cherché à vous tendre un piège ? Est-ce que vous ne regrettez pas un peu tout de même d'y être tombé ?
– Il y a toujours des difficultés quand on tient les positions que nous tenons, celles de la France insoumise, qui sont bien plus partagées. Quand vous regardez, vous décentrez un peu le regard, quand vous regardez au niveau international, quand vous pensez à ce qu'a dit le secrétaire général des Nations unies, ce que disent de nombreuses autorités, de nombreux dirigeants dans de nombreux pays, en fait, notre parole est semblable à beaucoup d'autres. et notamment dans ce que nous disons depuis le début, il faut cesser le feu.
Hier, il y a eu des mobilisations aux États-Unis même, de plusieurs collectifs de juifs américains et d'alliés qui ont appelé, en occupant le congrès aux États-Unis, au cesser le feu. Donc, encore une fois, c'est cette parole-là, je pense, qui est essentielle. Et donc, il faut la mener partout, et il faut la mener partout, y compris sur le terrain médiatique dominant, qui n'est pas sur cette ligne-là, et ce n'est pas ça qu'on a entendu, ou il a été permis qu'on l'entende suffisamment, de mon point de vue.
Et donc, oui, on sait que quand on intervient sur ce terrain-là, on va être en but à différentes stratégies, qui peuvent être des stratégies de désaccord sur le fond, mais à la rigueur, ça fait partie du débat. Et puis après, c'est des attaques sur la forme. Après, ça, c'est le combat médiatique de manière générale. Et puis, ce n'est pas une raison pour s'y dérober, il me semble. Et voilà, en responsabilité, on s'y prépare, et on essaie de porter les arguments, et on continue à les porter. Et c'est pour ça que je suis là pour continuer à les porter, et qu'on va continuer à le faire dans les médias, à l'Assemblée nationale.
Et comme nous l'avons dit dans la déclaration de notre mouvement et groupe politique sur ce sujet il y a encore quelques jours, nous le faisons avec d'autres, et avec d'autres forces ici dans ce pays, les associations, les syndicats, et toutes celles et ceux de bonne volonté pour, encore une fois, s'inscrire dans cette urgence et nécessité du cessez-le-feu et de la paix.
Mais on a le sentiment quand même qu'au sein même du mouvement de la France insoumise, il y a des voix dissonantes. Il y en a eu au sein du mouvement qui se sont fait entendre à la suite de votre passage à Sud Radio. C'est le cas, par exemple, de Raquel Garrido, Alexis Corbière, ou encore François Ruffin, pour qui le Hamas n'est pas un mouvement de résistance, mais une organisation terroriste. Pourquoi il n'y a pas de position unanime sur la question au sein de la France insoumise ?
Il y a une position, et elle s'est exprimée à travers notre premier communiqué. Elle s'est exprimée aussi à travers d'autres interventions qui ont été en but, des fois aussi, à d'autres tentatives de manipulation, justement sur le terme terroriste. Et vous avez vu que le fait de dire certaines choses qui, au début, pouvaient avoir l'air incompréhensibles, ça a été confirmé par d'autres personnalités qui ne sont pas considérées comme des insoumis. Je pense à d'anciens ministres des Affaires étrangères.
Donc notre propos, notre parole a eu des échos et a été confirmée sur le fait de quoi on parle, pourquoi est-ce qu'il est important de bien caractériser les choses et de mener cette bataille-là, même si ça ne rentre pas dans les formats du débat médiatique conventionnel, et donc de continuer à le faire. Donc cette parole existe. Et encore une fois, il y a 24 heures ou 48 heures, le temps prend un peu des formes bizarres en ce moment, comme il est condensé. Mais nous avons eu une déclaration très longue de commune de notre mouvement et du groupe. Donc ça, c'est la parole collective. Après, il y a la parole collective qui est la parole légitime et représentative du mouvement et du groupe.
Ensuite, il y a des appréciations différentes. Et ça, ça a toujours été le cas en vérité. Ce n'est guère différent. Et donc voilà, chacun s'y retrouve. Il se trouve qu'il y a une parole collective légitime du mouvement et du groupe. Et elle s'est exprimée, elle va continuer à s'exprimer dans les termes que j'ai répétés et qui sont, je pense, des termes qu'au-delà du groupe et du mouvement, ils sont partagés, je pense, par une majorité aujourd'hui. Personne dans ce pays ne peut se satisfaire de rester observateur de ce qui est en train de se passer, des crimes de guerre, encore une fois, qui sont en train d'avoir lieu en ce moment même.
Et donc, pour moi, l'objectif, c'est que cette parole-là, elle soit répercutée, que d'autres soient interpellés. Parce que c'est intéressant, en fait, de retourner aussi. En tant que citoyen, tous les députés devraient faire leur jet d'interpellation. Alors, est-ce que vous êtes pour le cesser le feu ? Je vais vous l'annoncer. Ça a été, notamment suite à notre demande, fait. On a fait un courrier officiel à la Première ministre pour que nous ayons un débat à l'Assemblée nationale, qui va l'avoir lieu ce lundi. Un débat, on dit article 50. Donc, le gouvernement vient faire une déclaration sur la situation au Moyen-Orient et chaque force politique prend position.
Et donc, la question, c'est que pensent les autres députés de ce que devrait être la position de la France ? Et sont-ils ou sont-elles pour le cesser le feu, pour la levée du blocus et pour tout ce que, pas simplement la France insoumise, mais au niveau international, le secrétaire général de l'ONU pose comme nécessité absolue. Et donc, il faut aussi que chacun et chacune s'empare de ce pouvoir-là d'interpellation de tous les députés en demandant « Êtes-vous pour le cesser le feu ? » Et si vous êtes pour le cesser le feu, il faut le dire. Il faut le dire. Pour moi, c'est ça l'essentiel. Et voilà, après, chacun le fait avec...
On peut faire des appréciations, on peut avoir des débats plus fins de telle ou telle analyse. Mais quel que soit, je pense, le responsable politique et celles et ceux que vous citez là de la France insoumise ou d'ailleurs, fondamentalement, c'est à ça qu'on doit les confronter. Moi, j'y réponds. Oui, voilà ce que je dis. Et ça ne m'intéresse pas, en fait, d'alimenter la polémique médiatique qui est construite pour justement empêcher, de mon point de vue, que le débat se porte sur les enjeux fondamentaux du cesser le feu. Donc, que chacun, en fait, se positionne aussi de ce point de vue.
Êtes-vous, Madame le député, Monsieur le député, pour ou contre un cessez-le-feu et que la France prenne position sur ça dès maintenant, parce qu'il y a une urgence.
Parce que vous interpelliez aussi François Ruffin sur Twitter et vous le faisiez remarquer que sa posture pouvait s'expliquer par une volonté de se montrer présidentiable. Est-ce qu'il n'y a pas un malaise de fond au-delà des ambitions des uns et des autres ?
Je pense qu'il faut vraiment faire la part des choses et, encore une fois, d'analyses qu'on peut avoir sur les protagonistes au Moyen-Orient. Et c'est un débat qui doit nous enrichir des connaissances des uns et des autres. Donc, il faut aussi assumer d'apprendre sur le sujet et faire en sorte que ça fasse avancer tout le monde. Donc, sa parole n'est pas assez forte à François Ruffin, par exemple ? Non, mais ce n'est pas la question de la parole de François Ruffin. Justement, précisément, ce que je veux pointer, la question n'est pas de savoir la parole de qui est forte. La question, c'est sur quoi on doit porter le débat.
Et je crois et je pense que nous avons fait la démonstration quand nous avons parlé des crimes de guerre. C'est nous qui avons parlé des crimes de guerre. Et aujourd'hui, ce point-là a avancé. C'est ça que je pointais. Il faut parler des crimes de guerre. Parce qu'on a l'impression que c'est un terme comme ça. Et on est trop habitués à ce que les termes soient utilisés comme ça. On sort prise d'otage quand il y a une grève, éco-terroriste. Non, en fait. Vous savez ce que c'est les crimes de guerre ? Quand vous regardez dans le dictionnaire, c'est une des caractérisations les plus graves. Au-delà, il y a crime contre l'humanité, génocide. Donc, voilà.
Donc, pourquoi est-ce qu'on a mis ce terme-là ? C'est pour dire l'horreur de ce qu'il y a. Mais pas juste l'horreur. L'exigence que celles et ceux qui ont commis ces actes en rendent compte devant la justice internationale. Et donc, oui, moi, le débat, encore une fois, c'est le positionnement d'un tel ou d'un tel. Ça ne m'intéresse pas là, aujourd'hui, ici, maintenant. Voilà. Est-ce que c'était juste ou pas de mettre ces termes-là dans le débat ? Moi, je crois que oui. Et s'y tenir parce que ça a obligé les uns et les autres, du coup, à dire, est-ce que oui, on parle de crimes de guerre dans ce cas, ce qu'a commis le Hamas le 7 octobre, ce sont des crimes de guerre.
Ce qui est en train d'être commis, ce sont des crimes de guerre. Et donc, on a fait avancer le débat pour montrer la gravité des choses. Et maintenant, si on reconnaît ça, il faut absolument le cesser le feu. Et est-ce que c'est de ça qu'on parle ? Donc, oui, il faut qu'on s'interpelle les uns et les autres, qu'on se pousse les uns et les autres à dire ces choses-là précisément et laisser peut-être le temps. Le temps, ça ne va pas se régler en quelques jours et certainement pas dans le contexte franco-français de nos débats. Ils ont lieu, ils continueront à avoir lieu. Mais c'est là-dessus qu'on devrait tourner. Et c'est notre expression collective du groupe et du mouvement.
C'est autour de ça qu'elle tourne. Voilà. Et par contre, en dénonçant, effectivement, tous ceux qui participent à, d'une part, faire dévier ce débat-là sur des enjeux franco-français, internes, politiciens. C'est le cas du gouvernement. Enfin, excusez-moi, excusez du peu. Et c'est une manière aussi de masquer son propre alignement, qui est extrêmement problématique. et d'autres de la droite qui fait, comme d'habitude, dans la surgence chair, LR, etc. Ça, moi, je n'aurais pas de problème à répondre à ça. Notre, toute notre énergie doit être autour de qu'est-ce qu'on peut faire là. Parce qu'en fait, on ne peut pas, on ne peut pas, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.
Ça fait des dizaines d'années que ça dure. Et quand on est en situation, là, d'avoir une voix qui porte un petit peu, voilà, on ne peut pas faire moins que d'être, voilà, d'avoir bien en tête tout ce qu'on peut faire là, ici, là où on est, pendant que 2 millions de personnes sont emprisonnées dans un siège et que vous avez vu les images, enfin, vraiment...
Je partage toutes ces inquiétudes, forcément, Daniela Bono, et je milite forcément aussi pour un cessez-le-feu. Et à la fois, il y a des questions que les Françaises et les Français se posent, vu que ce conflit a été importé, surtout par la classe politique. On reprochait ça souvent, en fait, aux militants d'association. Et finalement, on voit bien que c'est les politiques qui vont même instrumentaliser ce qui se... le chaos que l'on voit aujourd'hui au Moyen-Orient pour régler des petits comptes, des choses bien basses comme ça, notamment avec la France insoumise.
Mais il y a une question qui se pose, vu que depuis le 7 octobre, tout le débat tourne autour de la qualification du caractère terroriste au nom, au sein de l'organisation. On sent bien qu'il y a des enjeux autour de cette qualification. Lesquels sont-ils, Daniela Bono ?
Oui, bien sûr qu'il y a des enjeux. Parce que c'est ce que j'évoquais tout à l'heure. C'est ce qui permet ou pas de pouvoir un jour faire en sorte que ces crimes soient sanctionnés, pas simplement condamnés oralement, verbalement, politiquement, moralement. Ça, c'est bien sûr nécessaire. Mais quand on parle de terrorisme, on parle d'abord d'un terme politique qui peut englober plein de choses différentes selon qui parle. Selon que c'est Vladimir Poutine qui qualifie tel groupe ou tel individu de terrorisme ou Georges Boucher à une époque où vous voyez bien que les morts sont flous, mais y compris, ça relève ensuite du droit intérieur de l'État.
Et ça efface la réalité de la situation de qui on parle. Ce n'est pas un État par rapport à des individus dans sa population ou des individus qui viennent... Là, on ne parle pas de ça. On parle d'un conclu. Et là aussi, une des choses sur lesquelles on nous a attaqués, quand on dit qu'on contextualise, pourquoi est-ce qu'on contextualise ? Ça fait partie de cela aussi. Bien sûr. Parce que... Pour comprendre, on contextualise. Voilà. Pas pour justifier, bien évidemment, pas pour cautionner. On doit encore se battre contre cet esprit valsiste absolument délétère, mais qui va plus loin parce que c'est vraiment dire morale, intelligence.
Il ne faut surtout rien expliquer parce que je trouve que c'est un fil réactionnaire très profond. qu'on a là, dans le refus de dire et de refuser la confusion, l'amalgame et l'outrance dans les mots où on jette à la figure des termes justement pour dire « Ah tiens, on vous a pris sur le fait, etc. » disqualifié, au lieu de se donner le temps et l'exigence, pas simplement intellectuelle, mais politique de placer des mots. Donc nous, nous le faisons et nous, nous le disons, nous n'avons aucune hésitation à exprimer l'horreur et la dénonciation et à exiger l'action vis-à-vis de ce qui se passe.
Et l'action, elle est possible dans le cadre qui est celui de la situation de guerre, d'occupation qui dure depuis au moins 75 ans en Israël et en Palestine. L'action, c'est celle au niveau international, du droit international, des crimes de guerre, voire crimes contre l'humanité, voire nettoyage ethnique, génocide, comme c'est aujourd'hui porté par certains experts de ces questions-là. L'action, c'est celle-là, de là où on est, notre responsabilité. Et également, parce que nous, nous tenons, et ça c'est de manière générale, au droit international.
Ce n'est pas quelque chose de si évident que ça qui a pris c'est pas simplement y compris juridique, c'est notre conception de comment on pense que le monde doit pouvoir vivre et s'organiser de manière la plus large et démocratique possible. Je dis démocratique parce que l'Organisation des Nations Unies, ça reste la seule instance où vous avez tous les États. Et justement, pour pouvoir que tous les États puissent coexister pacifiquement dans la coopération, il faut qu'il y ait une justice. Il faut qu'il y ait une justice et qu'on considère que ces justices-là n'aient pas à géométrie variable et que le seul point de repère, les points de repère fondamentaux, c'est ça, c'est ce droit-là.
Il est imparfait, certainement. Il a mis des années à se mettre en œuvre. Mais du coup, en qualifiant ces choses et en étant précis et pas dans des flous, en fait, on donne les garanties de renforcer ce droit et de faire en sorte qu'on puisse croire à la justice internationale et du coup, à une coopération, à une paix, une stabilité, etc. C'est ça aussi de ça qu'il est question en fait dans cette exigence et vous voyez, j'insiste beaucoup sur l'enjeu. L'enjeu, ce n'est pas moi de venir expliquer sur le détail de ce qu'a voulu faire Bourdin. Oui, du coup, j'ai bien compris.
Je n'ai pas très bien réussi à échapper ce qu'il fait d'ailleurs à d'autres, qu'il a fait à d'autres, ce qu'il va continuer à faire parce que c'est le thème médiatique. OK, mais l'instant d'après, pour moi, l'objectif reste le même et pour nous, je pense que cette importance-là, cette exigence-là, il est nécessaire de la porter et si on doit être les seuls à le faire, on continuera à le faire mais on pense qu'il faut que d'autres s'emparent aussi de ces sujets et les portent.
Elle est également, cette exigence-là, elle est également portée par les députés de la NUPES dans leur globalité ? Je crois quand même que les expressions... Parce qu'il y avait certains cadres PES qui voulaient se retirer de la NUPES depuis la publication du communiqué. Oui, mais après, c'est quoi l'ambiance
aujourd'hui ? Ça relève de... Mais je pense que tout le monde est interpellé par ce qui se passe. Je ne peux pas croire que qui que ce soit puisse considérer que la situation puisse profiter ou bénéficier à qui que ce soit. Sincèrement, je ne le crois pas. Après, il y a des désaccords. Nous, nous ne pensons pas qu'il faut applaudir quand la présidente de l'Assemblée nationale a dit littéralement en même temps que Gaza est en train d'être bombardée que la France assure Israël de son soutien inconditionnel. Ce n'est pas possible. Donc oui, là, il y a des vrais désaccords.
Et il faut pouvoir en débattre de manière respectueuse sans pourtant se vouer aux gémonies et se disqualifier de manière absolue. Après, il y a d'autres débats qui sont ce que vous connaissez, ce que on commence à connaître. Ça fait plus d'un an que ça alimente aussi, mais de manière légitime, parce que nous, on a fait la NUPES parce qu'on pense que c'est une nécessité par rapport à la situation, par rapport aux besoins du pays, de la population. Donc, c'est normal de pouvoir répondre de ça et de où ça en est. Et c'est vrai que de ce point de vue-là, on n'est pas dans une situation florissante dans la mesure où nous prenons acte des choix faits par nos différents partenaires.
Donc, c'est dans ce contexte qu'arrive la situation et peut-être la différence d'appréciation ou de point de vue ou de position. Ça, on peut l'assumer. On a su le faire. On a su, dans la NUPES justement, assumer là-dessus. On n'était pas d'accord, mais ça ne nous empêchait pas de faire l'Union Commune. Donc, voilà, je pense qu'il y a ces différences-là.
Mais c'est vrai que comme ça arrive dans un moment où nous, nous regrettons les choix qui sont faits et qui ont été explicités par le fait de rompre la dynamique qu'on a continuée, de ne pas être ensemble aux Cénotariales, de ne pas être ensemble aux Européennes, ça ne nous empêchera pas de continuer à défendre et à porter le programme de la NUPES dans la rue et dans les mobilisations. Mais je pense que sur le fond, on l'a toujours porté aussi au sein de cette dynamique. Il faut se penser qu'est-ce que nous ferions si nous étions en responsabilité. Et je ne crois pas non plus qu'on puisse se satisfaire de ce que fait le pays en ce moment. Et c'est peut-être aussi là le désaccord.
si on veut faire entendre une parole de la France digne de sa position et de ses responsabilités, on ne peut pas se satisfaire de ça. Donc, si c'est sur ça un désaccord fondamental, on l'assumera. le bombardement,
il y a quoi ? Deux jours de cela ? D'un hôpital à Gaza ? Plus de 500 morts. Maintenant, je pense qu'on approche les 700 morts. C'est quand même un drame et un crime de guerre qui, en principe, aurait dû mettre d'accord tous les députés qui sont à la NUPES. ce que c'était...
Au-delà. Au-delà. Et nous, encore une fois, aucune hésitation à dire et à condamner. Et il y a aussi quelque chose d'important à redire. La vie d'une personne en Palestine, d'un homme, d'une femme, d'un enfant, vaut autant, non seulement qu'une personne en Israël, mais dans le reste du monde. et ne pas comprendre que des positionnements qui donnent l'impression d'être à géométrie variable sont dévastateurs, y compris. Pour la crédibilité, au-delà même du caractère humaniste problématique, mais pour la crédibilité ensuite qu'on a justement à exiger de tous les protagonistes qui commettent des crimes de guerre qui soient entendus par la justice.
Donc tout le monde doit répondre de cette responsabilité. et le point de départ, c'est de reconnaître le fait que, oui, quand un hôpital est visé, quand une école aussi, dans la foulée, il y a une école, y compris une école de l'ONU qui a été visée, il y avait déjà des ambulances qui avaient été ciblées. Ce qu'on voit humanitaire. C'est pour ça que ça ne date pas malheureusement d'aujourd'hui. Il y a, dans l'histoire des 15 dernières années, des 18 dernières années, eu déjà une journaliste qui avait été directement ciblée. Chérie Nabot-Aclé. Voilà. Donc ça fait quand même un ensemble des mots que nous devrions tous et toutes... Une dizaine de journalistes en Palestine. Voilà.
Nous devrions tous et toutes dénoncer pour ce qu'ils sont. Voilà, des crimes quand on vise des civils, que ce soit par des armes de poing, que ce soit par des kalachnikovs ou que ce soit par des bombes. ce n'est pas parce que c'est envoyé d'un missile d'en haut, d'en bas ou d'où vous voulez que c'est plus propre ou que c'est plus chirurgical comme certains disaient et que du coup ça a l'air moins brutal ou sauvage, etc. C'est moins spectaculaire. Moins spectaculaire. Non, ce n'est pas vrai. Ça reste des crimes de guerre. Ça reste instoutenable et il faut pouvoir le dire et tout le monde doit pouvoir le dire sans aucune hésitation. En premier lieu,
le chef de l'État. Comment vous expliquez Daniel Le Bono qu'Emmanuel Macron n'est toujours pas appelé à la désescalade ou à un cessez-le-feu ? On sait que la France avait voté contre le projet de résolution russe au Conseil de sécurité qui appelait un cessez-le-feu humanitaire. Comment comprendre la position de la France
qui est pour le coup belliciste ?
C'est malheureusement une position qui s'inscrit dans ce changement qui a eu lieu à partir de Nicolas Sarkozy en vérité puisqu'il y avait eu une forme de continuité entre De Gaulle à un certain moment Chirac Mitterrand Chirac sur cette volonté justement de non-alignement et de pouvoir ça ne veut pas dire être neutre ça veut dire prendre position quand on considère que la situation le nécessite quand des partenaires commettent des crimes pouvoir le dire et prendre position mais être non-aligné ça veut dire justement être en capacité aussi à pouvoir être perçu comme quelqu'un dont la parole est crédible et qui peut participer ensuite à la paix au dialogue au processus et le choix en fait de s'aligner unilatéralement sur les Etats-Unis d'Amérique sur cet atlantisme et ça ne date pas uniquement de la situation au Moyen-Orient signifie et participe de ça et donc effectivement le choix la vision macroniste au niveau international est complètement aligné sur les Etats-Unis d'Amérique et pour qui Israël est un allié inconditionnel et qu'il soutienne de cette manière alors même que le président Biden est en déplacement les bombardements continuent les crimes de guerre continuent enfin ça dit quand même du coup l'impunité avec laquelle ce qui se passe est fait parce qu'il y a ce soutien et cet alignement et justement le fait que la France un pays comme la France n'est pas une autre politique malheureusement entretient ça entretient ce de poids de mesure et entretient je crois encore une fois qu'il faut vraiment se décentrer que le reste du monde voit ça et avec la dynamique des forces multipolaires qui se développent actuellement ne pas comprendre que là aussi en fait ça nous isole c'est vraiment avoir peu de vision peu de vision géopolitique et internationale et c'est grave du point de vue du représentant d'un état comme la France
Alors Daniel Obono je ne sais pas si vous avez suivi le déplacement de Gérald Darmanin à Créteil donc c'était ce mardi 17 octobre il est allé rencontrer la communauté juive du Val-de-Marne pour lui exprimer son soutien après les attentats qui ont été perpétrés par le Hamas en contre Israël le 7 octobre dernier voici ce qu'il a déclaré notamment la haine du juif et la haine du flic se rejoignent pas par conviction mais par calcul électoral c'était une occasion et une façon de tacler une fois de plus la France insoumise je vous propose d'écouter ce qu'il déclarait
cette crise mesdames messieurs elle a permis aussi d'abattre un certain nombre d'hypocrites elle a permis de révéler quel était le projet politique d'un certain nombre de responsables qui parlent à des millions de personnes et dont la voix porte la haine du juif et la haine du flic se rejoignent pas par conviction pas par conviction mais par calcul électoral le cynisme pousse à penser qu'en portant des messages aussi décalés aussi incompréhensibles aussi ignominieux on arrivera à récupérer quelques pourcentages de plus dans des endroits où on pense que certains français sont pris à souhaiter la haine de l'autre la haine d'Israël la haine des juifs
Alors Daniel Obono Jean-Luc Mélenchon a immédiatement fait savoir sur Twitter son indignation mais moi c'est vous que j'ai envie d'entendre Franchement
c'est un peu ce que je vous disais tout à l'heure cette personne est ministre de l'intérieur s'il estime que des individus ou des organisations diffusent la haine l'incitation à la haine est une caractéristique pénale la haine du juif l'antisémitisme c'est un délit voilà donc c'est irresponsable de sa part de faire de telles déclarations si elles ne sont pas suivies aussitôt d'une action pour réprimer tout cela sinon ce serait effectivement à nouveau ce à quoi il nous a trop souvent habitué une instrumentalisation à des fins de politique politicienne voilà c'est tout on a l'impression qu'il est en campagne
là il est en campagne
depuis des mois depuis la rentrée mais tout cela encore une fois vraiment y compris dans un contexte extrêmement dur et difficile et oui il y a des amalgames qui sont faits effectivement en l'occurrence envers des compatriotes en fonction de leur confession religieuse et qui peuvent mener à des actes graves à des l'antisémitisme c'est des insultes c'est des violences c'est des meurtres donc on ne joue pas avec ça on ne joue pas avec ça je trouve cela irresponsable et encore une fois dans un moment pareil tout le monde devrait œuvrer uniquement à ce que justement le cycle de violence l'entretien d'une haine qu'on présente comme viscérale essentielle entre des individus entre des peuples entre des confections ce qui n'est pas le cas ce qui n'est pas le cas ce n'est pas ce qui se passe en Israël et en Palestine et ce n'est certainement pas ce qui se passe dans notre pays tout cela on devrait tous avoir en tête de le combattre et non pas d'essayer d'en faire un élément de disqualification de son opposant politique c'est proprement irresponsable mais ça ne m'étonne pas de la part de cet individu qui est multirécidiviste en la matière
Alors Gérald Darmanin semble-t-il s'être lancé dans une nouvelle chasse aux sorcières et les sorcières cette fois-ci ce sont les personnalités publiques qui expriment leur soutien à la Palestine le ministre de l'Intérieur a accusé Garim Benzema d'être en lien notoire avec les frères musulmans sur le plateau de la chaîne CNews alors le Ballon d'Or 2022 envisage de porter plainte contre lui on a vraiment l'impression Daniel Ovenot de tomber dans une hystérie collective qui nous fait presque oublier les massacres qui ont lieu ce moment en Palestine
Effectivement c'est pour ça que je continue et à rappeler à tout le monde de quoi il est question c'est pas notre les débats internes franco-franciers de quoi il est question de millions de personnes aujourd'hui voilà qui risquent de mourir d'être tués sous des bombardements ou de mourir de faim qui n'ont déjà plus accès à l'eau à la nourriture on risque de devoir voir à travers nos écrans de téléphone de nouvelles images d'enfants au corps déchiqueté enfin c'est de ça qu'il est question et voilà une fois qu'on qu'on se rappelle ça et qu'on se rappelle de l'exigence humaniste fondamentale et politique au sens pas partisan mais de de sujets politiques et d'acteurs politiques parce qu'on ne pense pas que tout cela est une fatalité ce n'en est pas ce n'en est pas c'est des choix politiques qui sont faits une fois qu'on a conscience de ça et que notre énergie et notre exigence doit être portée toute entière à ce que cela cesse et c'est possible en mettant les gouvernements devant leurs responsabilités voilà on prend la mesure de la petitesse microscopique de ce genre de personnages et de stratégies et on se focalise sur l'objectif la paix la paix la paix cessez le feu cessez le feu voilà et s'il y a des messages à envoyer au gouvernement c'est cela les français et les françaises exigent de notre gouvernement qu'ils appellent au cessez le feu et qu'ils travaillent au cessez le feu et que voilà sur ce sujet c'est tout ce qu'il y a à dire et on laisse diviser stigmatiser opposer insulter agresser personne qui puisse alimenter encore plus cet état de fait mais ce n'est pas une fatalité et il dépend de chacun à sa place en tant que citoyen en tant que journaliste aussi d'essayer de créer aussi les conditions de débat et d'expression pour que les gens comprennent parce qu'en vérité il y a aussi ce décalage le vrai décalage il est aussi non pas juste entre ce sur quoi se focalisent les uns et les autres pour créer un enfumage un parasitage ou pour créer de la confusion dans les termes des débats mais le décalage est aussi entre tout cela et ce que la masse des gens en fait en comprend et ce que la masse des gens ressent dans leur quotidien et comment ça les impacte ou pas parce que la vérité c'est que tout le monde se sent désemparé face à l'horreur et en plus d'être soi-même assaillis par les difficultés du quotidien donc voilà il faut prendre aussi la mesure de tout cela donc agir chacun à son niveau c'est aussi de participer à organiser donner des outils pour se mobiliser pour se battre ici sur nos questions quotidiennes mais aussi de participer à un mouvement international encore une fois qui va des Etats-Unis ce qui s'est passé des mouvements cesser le feu à Madrid à Barcelone et donc chacun et chacune pouvons participer à la fois localement et internationalement on tente de participer
parce qu'on rappelle quand même que Gérald Darman a souhaité interdire de manière systématique systématique les manifestations soutien au peuple palestinien la bonne nouvelle quand même c'est que le Conseil d'Etat s'y est opposé et rappelle que c'est au préfet seul d'apprécier s'il y a localement un risque que de telles manifestations constituent des troubles à l'ordre public il y a d'ailleurs une manifestation ce soir jeudi 19 octobre en soutien à la Palestine place de la République donc vous le disiez tout à l'heure les manœuvres et les stratégies de Gérald Darmanin sont petites et elles échouent face au droit
effectivement et puis je crois que ça n'empêchera pas en fait que on exprime son soutien au peuple au peuple opprimé son soutien à toutes celles et ceux qui y compris je le dis parce que ces voix-là ne sont pas non plus beaucoup relayées en France en Israël dans une situation qui est terrible un pays qui est sous le joc et en même temps mobilisé autour de la stratégie des voix qui en Israël disent ce que nous disons nous-mêmes voire plus ouvertement et plus clairement en disant la responsabilité et qui appelle aussi à ce que ça s'arrête et à ce que tout le monde puisse vivre en paix donc voilà ces voix-là elles existent partout donc c'est à ça que nous devons être nous devons être à la hauteur de ça aussi et on a peut-être un peu moins de difficultés qu'en Israël et en Palestine pour pouvoir le faire donc soyons à la hauteur de ça et je pense que c'est la meilleure réponse à tous ceux qui veulent abaisser à leur niveau même pas micro nanoscopique les enjeux de tout cela voilà
Merci beaucoup Daniel Obono et merci également à vous de nous avoir suivis Le Média Votre Média ne tient debout que grâce aux abonnements et aux dons de celles et ceux qui l'aiment si vous voulez nous voir survivre et nous développer et si vous le pouvez aller sur lemediatv.fr la soutien et donnez-nous de la force donnez-vous de la force et n'oubliez pas vendredi 20 octobre on débarque à la télé chaîne 350 de la Freebox
et puis on débarque à la télé de la télé et puis on débarque à la télé
Danièle Obono