Cécile Duflot - On n'est pas couché 12 septembre 2015 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 43 %Attaque 37 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:22OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?
- 1:38RelanceÉludée
Peut-être que vous auriez dû réfléchir avant d'y entrer aussi, mais ça, on y reviendra.
- 2:13OuverteRéponse directe
On sent que vous avez pris du recul, non pas par rapport à l'écologie.
- 3:06OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est le programme d'une candidate à la présidentielle, ça ?
- 3:19OuverteRéponse directe
C'est quoi ce mail qui est arrivé par erreur ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est vrai que vous avez peut-être un passif aujourd'hui plus important qu'avant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:39InvitéFait
« on a porté et fait voter une loi qui a mis en place l'encadrement des loyers »
- 2:45InvitéChiffre
« faire baisser son loyer de 50, 80 ou 120 euros pour plein de gens, ça leur change la vie »
- 6:15InvitéFait
« Il y a un membre du gouvernement qui a dit qu'elle les prenne dans sa circonscription. »
- 7:27PrésentateurFait
« Nous avons appris à mesurer, frappés par la violence de la crise sociale, que le pouvoir d'achat en Berne était aussi une mise sous l'éteignoire du pouvoir de vivre. »
- 7:36PrésentateurFait
« Des millions de personnes ne sont pas seulement inquiètes pour la fin du monde, mais d'abord angoissées par la fin du mois. »
- 7:54InvitéFait
« en tant que ministre écologiste du logement et de l'égalité des territoires, j'ai tenu à agir sur la question du coût des logements »
- 10:38InvitéFait
« L'exemple de la taxe poids lourd, par exemple. On dit, aujourd'hui, il y a des marchandises qui traversent toute l'Europe. »
- 10:52InvitéFait
« La réponse est non. »
- 16:16InvitéFait
« je suis allée dans le bureau Nicolas Sarkozy au moment où il voulait mettre en place la taxe carbone »
- 22:41InvitéFait
« Ce livre il est nourri d'énormément d'expériences d'entreprises aujourd'hui qui font bouger les choses sur la relocalisation de l'économie »
- 24:37InvitéFait
« Vous dites à un moment vous parlez d'écocide »
- 26:34InvitéFait
« aucun gouvernement ne peut résoudre ce problème »
- 27:20InvitéFait
« la production de déchets nucléaires qui vont être radioactifs pendant des milliers d'années »
- 27:44InvitéFait
« on a un problème encore insoluble, enfin pas insoluble d'ailleurs, irrésolu, qui est la question du stockage »
- 30:36InvitéFait
« on se croirait sous Pasqua ou sous Pendron alors qu'on est sous la gauche »
- 31:18InvitéChiffre
« le plus grand parti de France c'est le parti des abstentionnistes ces temps-ci »
- 31:24InvitéPromesse
« je suis pour la révolution de Velours de Clavavel »
- 36:21InvitéFait
« on a fait voter une loi dans la loi de transition énergétique l'interdiction de la distribution de ces sacs plastiques »
- 41:22InvitéFait
« vous ne faites pas partie du gouvernement de la France qui accueille cette conférence climat »
- 41:50InvitéFait
« Vincent Placé et François Dorégi ont claqué la porte il y a deux semaines en dénonçant la gauchisation d'Europe écologie les verts »
- 45:10InvitéFait
« dans Libération il y a 4 jours vous avez dit notre identité nationale c'est l'égalité »
- 47:55InvitéFait
« pourquoi Sarko donne l'interview qu'il a donnée qui est vraiment abject quand on connait son histoire »
Temps de parole
- Invité45 %
- Présentateur13 %
- Invité 212 %
- Invité 39 %
- ?8 %
- Locuteur 95 %
- Locuteur 73 %
- Locuteur 12 %
≈ 32,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La politique maintenant.
On
va accueillir notre invité de la semaine, l'ex-secrétaire nationale des Verts, première secrétaire nationale d'Europe Écologie, les Verts, ministre du logement, souvenez-vous, à l'égalité et au territoire entre 2012 et 2014, mais elle a démissionné depuis, vous le savez, est aujourd'hui députée de Paris. Et alors que son parti traverse une importante crise d'orientation, marquée notamment par les départs de François de Rugy et Jean-Vincent Placé, toujours lui, elle publie Le Grand Virage aux éditions Les Petits Matins, un livre dans lequel elle expose ses projets pour la société et la place que l'écologie doit tenir dans cette société.
On reviendra avec elle évidemment sur toute l'actualité de la semaine et sur la conférence internationale pour l'environnement à venir. Voici madame Cécile Duflo dans On n'est pas couché. Bonsoir, bienvenue.
C
'est le grand retour dans les médias de Cécile Duflo cette semaine à l'occasion de la sortie de ce livre. Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? Ça pourrait être une chanson qu'on fredonnerait tous ensemble, qu'on connaît. Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? Je ne
sais
pas si vous nous donnez des réponses, mais vous donnez des pistes en tout cas dans ce livre. On sent que vous avez réfléchi depuis que vous avez quitté le gouvernement. Merci. Peut-être que vous auriez dû réfléchir avant d'y entrer aussi, mais ça, on y reviendra.
J'avais
écrit un autre livre à
ce sujet. C'est vrai,
c'est vrai. Vous ne regrettez pas en tout cas manifestement d'avoir quitté ce gouvernement à partir du moment où Manuel Valls est arrivé à Matignon. Vous l'avez quitté en même temps que Jean-Marc Ayrault, si ma mémoire est bonne. C'est ça. C'était mieux sous Ayrault que sous Valls
?
Déjà, le bilan était compliqué. Mais ce qui était sûr, c'est que le choix politique a été fait et d'accentuer la politique qui a été menée, qui, de mon point de vue, ne nous permet pas de prendre ce grand virage vers l'écologie qui n'est pas pour faire plaisir aux écologistes, mais qui est nécessaire dans la situation et sur la planète sur laquelle on vit.
Ce
qui est intéressant dans ce livre,
c
'est qu'on sent que vous avez pris du recul aussi, non pas par rapport à l'écologie. On imagine bien que vous êtes toujours écolo, mais quand même.
Vous
dites que vous, à demi-mot, que vous comprenez que les Français, parfois, râlent contre les verts ou les écologistes en disant que finalement, plus que la planète, parfois,
c
'est nos fins de mois qui comptent. Et ça, vous avez
pris
conscience de ça, que ce n
'est
pas toujours facile d'être écolo et qu'au fond, ce qui compte, c'est aussi ce qu'on a dans l'assiette à la fin du mois.
Mais je vais vous dire, il se trouve que vous avez rappelé que j'étais ministre du logement et dans ce cadre-là, on a porté et fait voter une loi qui a mis en place l'encadrement des loyers et je me suis rendu compte qu'on m'en parlait énormément et que faire baisser son loyer de 50, 80 ou 120 euros pour plein de gens, ça leur change la vie. Et évidemment que c'est un sujet essentiel. Et en même temps, je pense que cette question de la fin du mois et de l'avenir de la planète sont en fait très, très liées. Ceux qui vivent le plus la crise écologique, c'est aussi ceux qui ont le plus de mal à boucler leur budget.
En tout cas, on sent que vous avez, je l'ai dit, un programme. Alors est-ce que c'est le programme d'une candidate à la présidentielle, ça ? On vous embête avec ça évidemment depuis le début
de la semaine. On vous
pose des questions, mais ça va de soi. D'autant qu'il y
a
eu ce mail, là, vous avez vu le canard enchaîné tout comme moi. Alors il y a vraiment quelqu'un qui a réfléchi pour vous à votre avenir. C'est quoi ce mail qui est arrivé par erreur ? Vous avez vu le
canard. Il faut que je vous dise que chez les écologistes, il y a une grande tradition, parce qu'on est le premier parti à avoir eu un site internet, d'échange sur internet. Donc tout le monde se parle. Et en plus, je pense qu'il y
a
une nouvelle tradition qui est de fournir du travail aux journalistes du canard enchaîné, comme il y a peut-être 50, 60, 70 messages par jour. Donc il
y
en a qui les transfèrent et ça anime les chroniques du canard enchaîné.
C
'est-à
-dire
qu'au lieu que le texte arrive à vous toute seule, il est arrivé en tir groupé ?
Oui,
c'est une erreur. Mais ce n
'est
pas un fan, c'est connu, qui
a envoyé ce message. Alors qui est-ce,
monsieur, Pierre Minard, délégué
? Alors là,
je pense quand même que c
'est
un grand moment. Nous venons de parler de Pierre Minard dans l'une des émissions de la télévision française le plus regardée. Je vous remercie.
Il a droit à sa part de lumière.
Oui.
Puisqu'il a fait la connerie d'envoyer le
mail à tout le monde. Mais
c'est une tradition, c'est arrivé plusieurs fois des mails, mais ça arrive à tout le monde.
Il l'envoyait
à 400 personnes
au lieu de vous l'envoyer à vous toute seule.
C'est un mail dans lequel il m'engueule à moitié en expliquant que je ne
suis
plus aussi aimée que j'étais aimée avant, des trucs comme ça.
Aujourd
'hui, tu as un passif qui rend les choses moins évidentes.
C
'est une bonne démonstration que, avec moi, les gens se permettent souvent de me parler très très franchement,
on
va dire. Est-ce que c'est vrai que vous avez peut-être un passif aujourd'hui plus important
que
quand j'ai commencé à faire de la politique ? Avant d 'être ministre.
Je
ne sais pas si c'est avant d'être ministre. Quand on est secrétaire nationale, moi, j'ai été secrétaire nationale pendant six ans.
C
'est-à-dire qu'avant moi, personne n'était resté aussi longtemps. Forcément, on fait des choses qui peuvent contrarier les uns ou les autres. Surtout des militants très
aguerris
comme Pierre. Mais si on ne
veut
fâcher personne, on ne fait rien et réciproquement.
Est
-ce que quand même, c
'est
un programme présidentiel que vous avez écrit ?
Non,
ce
n
'est
pas un programme présidentiel. C'est un projet de société. En fait, là où vous avez vraiment raison, c'est que j'ai pris du recul. Pourquoi ? Y compris pour moi. Parce que quand on est dans la machine de la vie politique où on réagit tous les matins, où il faut avoir un avis sur chaque sujet, réagir aux propos d'un tel ou d'une telle,
on
se demande si on fait ça par habitude ou si on fait ça parce qu'on y croit toujours. Et notamment parce qu'effectivement, le passage au gouvernement a été extrêmement formateur. Mais aussi, c'était une part de désillusion. Moi, je me suis battue pendant dix ans pour que la gauche et les écologistes gagnent au niveau national. C'est une grande partie de ma vie.
C
'est entre 26 et 36 ans.
Ce
n
'est
pas rien. Et au bout de deux ans, quand on part en ayant le sentiment qu'il y a une grande part de ce qu'on a fait qui est en échec... Vous allez plus loin. Vous dites, pour avoir été ministre, je sais désormais que l'idée de changer la société par le haut est une illusion. Ça va encore plus loin que ce que vous dites
là. Oui,
c'est-à-dire que je crois que si on ne convainc pas...
Et
d'ailleurs, ce qui est en train de se passer avec les réfugiés le montre. C'est-à
-dire
que le rôle des politiques, c'est à la fois de mettre en œuvre un certain nombre de choses, mais leur discours peut faire bouger, y compris la manière dont les gens perçoivent certaines situations. On a dit que l'opinion française change sur la question des réfugiés. Et elle change aussi parce qu'il y a quelques politiques qui ont eu le courage de dire, pour certains d'entre eux, pas ce qu'ils disaient avant. Il faut quand même savoir que quand j'ai publié une tribune le 10 juin sur ce sujet-là, parce que la réalité,
c
'est qu
'on
ne peut rien faire quand des gens sont tellement désespérés qu'ils sont prêts à traverser la mer avec leurs gamins dans les bras. Il faut dire la vérité. Et en plus, il faut le comprendre. Il y a un membre du gouvernement qui a dit qu'elle les prenne dans sa circonscription. On vient de là. Et donc, effectivement, les choses ne se
peuvent pas se passer. Quand vous avez écrit cette tribune, quelqu
'un du gouvernement a répondu ça.
Oui, qu
'elle
les prenne dans sa circonscription. Vous pourriez prendre des réfugiés chez vous
?
Pas de démagogie, hein
?
Réellement.
Oui, mais
enfin, en plus, je n'aimerais pas en parler. Voilà. Pourquoi
? Parce
que chez moi, c'est chez moi. Puis il y a des enfants. Et c'est des choix qui sont des choix familiaux. Et comme par principe, je souhaite, et j'ai réussi jusqu'à maintenant, garder ma vie personnelle extrêmement...
Mais je
ne vous demande pas de me parler de votre vie personnelle.
Je vous
demanderai si...
On ne vous demande pas d'avoir une histoire d'amour avec les réfugiés. Je ne vous demande pas demain d
'accueillir... Ça va. Je ne vous demande pas de tomber amoureux d'un réfugié. Est-ce que vous pourriez accueillir chez vous un
réfugié ?
Si vous posez cette question, la réponse est oui. Oui, voilà, c'est tout.
Mais c'est courageux de répondre oui, parce qu
'il
n
'est
pas si évident de répondre à cette question. Là, on est reparti déjà sur ce problème, effectivement, actuel de société. Je voudrais revenir juste sur ce que j'évoquais avec vous, sur cette prise de conscience de la difficulté, parfois, à être écolo, et pas seulement quand on est politique, mais quand on est citoyen. J'ai les phrases exactes que vous écrivez dans votre livre. Nous avons appris à mesurer, frappés par la violence de la crise sociale, que le pouvoir d'achat en Berne était aussi une mise sous l'éteignoire du pouvoir de vivre. Des millions de personnes ne sont pas seulement inquiètes pour la fin du monde, mais d'abord angoissées par la fin du mois.
Avant, on n'entendait pas ça, quand même, chez vous et chez les écologistes. C'est important, cette phrase, je trouve, dans le livre. Qui veut lutter contre la crise écologique avec l'adhésion de la population, doit donc aussi répondre à la crise sociale. C'est dans cet esprit qu'en tant que ministre écologiste du logement et de l'égalité des territoires, j'ai tenu à agir sur la question du coût des logements. Ça, vous venez de nous l'expliquer. Mais ça,
ça
va être un vrai changement dans les futurs programmes écolos. Est-ce que vous allez réussir à convaincre vos camarades, surtout ?
Le
sujet essentiel, c'est que les écologistes ont eu raison. Ils ont alerté sur la pollution, les maladies du mode de vie, c'est-à-dire les cancers, par exemple, et cette épidémie qu'on vit aujourd'hui, sur le dérèglement climatique et ses conséquences. Le sujet, c'est qu'il
est
forcé de constater que 30 ans après, 40 ans après, ce n
'est
pas eux et ce n
'est
pas des politiques écologistes qui sont mises en œuvre aujourd'hui. Et que quand il n
'y a
pas d'écologistes, d'ailleurs, on voit bien le retard qu
'on
prend. Donc, la question qui nous est posée à nous, écologistes, c'est comment on franchit cette nouvelle étape. C'est-à-dire comment on rend nos propositions compréhensibles. Je parlais tout à l'heure de l'importance du discours politique. Mais là où vous avez raison d'avoir pointé cet élément, c'est que, par exemple, ce qui se passe avec le covoiturage, vous avez parlé de l'accueil des réfugiés, l'association Singa qui met directement en relation des familles et des réfugiés. Ça ne passe pas par un ministre, ça ne passe pas par une
administration. Et là, vous venez
de résumer tout votre livre, et c'est aussi là qu'il y
a
un problème, en fait, dans votre livre. C'est que, d'une certaine manière, vous nous expliquez que l'écologie ne peut pas se résoudre d'une manière traditionnelle, institutionnelle, ce que vous appelez l
'impasse de la
politique des petits pas.
Vous
nous reprochez d'ailleurs à Jean-Vincent Placé et à M. Derugy de ne faire que de la gestion des affaires courantes. Vous nous dites d'un côté que, institutionnellement, c'est une impasse que de traiter les problèmes écologiques
quand
on est en place au gouvernement. Et de l'autre, et c
'est
ce que vous êtes en train de faire, et c'est toute la contradiction de votre livre, où vous nous expliquez que, et pourquoi pas, moi je vous rejoins, que par des biais alternatifs, par des biais même parfois libertaires, par des biais associatifs, on peut éventuellement trouver des solutions. Et même par Internet, comme elle vient de
dire,
par le
numérique.
Et là, on vous rejoint, mais la contradiction, toujours avec vous, c'est cette possibilité d'un grand bouleversement qui serait extra-étatique,
et
ce avec quoi vous devez composer, si vous êtes candidate, c'est-à-dire une politique des petits pas, c'est-à-dire de passer sa vie à anoblir, à envelopper des décisions qui ne seront jamais prises, et là-même, vous êtes incapable de résoudre cette équation dans votre livre.
C'est ça mon
souci.
C
'est là où il y a un élément dans votre démonstration avec lequel je ne suis pas du tout d'accord. C'est que vous dites que quand on est au gouvernement,
en
responsabilité, on enrobe des petits pas et on ne fait pas vraiment les choses. Non, vous dites vous-même qu'il y
a
une impasse de la politique des petits pas.
Or, je veux juste
dire que ce n
'est
pas une obligation de mener une politique des petits pas et pas courageuse quand on est aux responsabilités, y compris nationales. C'est là où je pense que l'erreur qu
'on
vit, c'est celle-là. On voit bien d'ailleurs que si on veut avoir une politique différente sur la question des réfugiés, on peut, si on veut décider aujourd'hui... L'exemple
de la
taxe poids lourd, par exemple. On dit, aujourd'hui, il y
a
des marchandises qui traversent toute l'Europe.
On pêche des
crevettes dans la mer du Nord, on va les décortiquer au Maroc et ensuite, on finit par les mettre en boîte en Allemagne. Est-ce que ça a un sens écologique, social ? La réponse est non. Donc,
c
'est toute la partie du livre sur la relocalisation, c'est-à-dire une autre manière de produire, de produire à proximité des lieux de consommation. Ça, ça veut
dire... Mais que dans
votre phrase, vous mélangez deux choses. Vous mélangez ce qui est du politique... Peut
-être, mais je n'avais pas fini
ma phrase. Non, mais
c
'est que vous glissez... Non,
mais,
Laurent, je me permets de vous interdire. Allez-y, allez-y, allez-y. Juste pour vous dire une chose, c'est que ce que vous faites de manière très subtile, là, vous le faites tout votre livre. C'est-à-dire que vous glissez sans cesse du politique, de l'étatique, du gouvernemental, de l'institutionnel vers le sociétal, vers la société
civile. Parce qu'il faut les
deux. Oui, mais... Mais parce que c'est justement... Et je pense que c'est la grande faiblesse des politiques aujourd'hui de ne pas être capable de penser les deux. Et d'ailleurs, et de vivre les deux. C'est-à-dire de considérer qu'une partie de la politique ne se fait pas par des dirigeants politiques. Que le covoiturage organisé par Blablacar, qui négocie... Je vais juste
vous donner cet
exemple-là. Il n'a pas besoin que le ministre des Transports décide. En revanche, de choisir de faire des bus à la place des trains qui roulent déjà pour que ça pollue davantage et que les trains coûtent très cher, ça, c'est une décision
qui est une décision. Est-ce que ça veut dire que
l'écologie politique est morte ? Au contraire, je pense que
ça veut dire... Est-ce que ça
veut dire que l'écologie politique, dans la forme d'un parti politique, c'est
-à
-dire un parti politique qui s'appelle Europe Ecologie Vert ou Les Verts, ou ce que vous voulez, est morte ? Parce
que quand je vous
écoute et surtout quand je vous lis, je me dis, bon, terminez. Elle
met la clé sur la
porte. Au
contraire,
ça veut dire une chose, c'est que l'écologie politique est plus que jamais nécessaire et que c'est la seule idée neuve qu'on peut mettre aujourd'hui en place... Je dis, l'écologie politique est plus que jamais vivante. Est-ce que la forme politique, en général, pas que pour les écologistes partis, est limitée et en crise ? Oui, comme les syndicats d'ailleurs, comme toutes les formes d'organisation traditionnelles. Et donc il faut trouver cette interaction, et c'est là où vous avez raison, peut-être que je n
'ai
pas toute la réponse, mais au moins, c'est ce à quoi je veux essayer de travailler. De trouver l'interaction entre ces deux manières de faire de la politique. Cécile Duflo, c'est là où vous n'êtes pas claire dans votre livre. Pardonnez-moi, c'est là où vous n'êtes pas claire.
C'est l'air, c'est la
même. Et je
me
permets de vous poser la question, parce qu'on est content de lire votre livre, parce qu'on retrouve la Cécile Duflo militante, la Cécile Duflo qui rêve de changer le monde, plus que d'un portefeuille ministériel. Je
n'ai jamais rêvé d'un portefeuille, si
vous me permettez. Oui, peut-être, mais on vous a... En tout cas, la Cécile Duflo, plus fraîche, peut-être certains diront plus naïve, en tout
cas moins politique,
en tout cas moins politique, et moins qui a moins envie de venir régler ses comptes, et c'est pour ça que j'ai pris plus plaisir à lire ce livre-là que celui que vous étiez venu présenter il y a un an, où vous régliez vos comptes avec François Hollande. Sauf que, pour prolonger l'idée de Yann, vous faites le constat, vous dites, qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? Alors, comme on va être heureux, selon Cécile Duflo, il faut donc sortir du carcan des partis politiques, parce que les partis politiques sont en crise. Jusque-là, je vous suis. C'est la nouvelle force, c
'est la fin du livre.
Ensuite, alors, je lis, voilà, exactement. Quel sera le projet de ce mouvement, de cette nouvelle force ? Vous posez la question, vous répondez, nul n'en a par avance le monopole. Voilà le projet, donc pas de monopole, donc pas de projet. Bon, soit. C'est pas la même chose, avec qui... Ne pas avoir le monopole d'un projet, ne pas avoir de projet français, c'est pas la même chose. On pose la question, quel est le projet ? Vous dites, bon, personne n
'a
le monopole pour le faire. Mais lisez la suite. Ensuite,
avec
qui... Mais
lisez la suite de la
phrase. Je peux vous la lire, je l
'ai
souligné. Ensuite, vous dites, avec qui on va faire cette nouvelle force, ce nouveau parti ? Vous répondez, avec celles et ceux qui n'ayant rien à perdre sont prêts à faire passer le confort de leur situation après la mise en mouvement de la société pour ouvrir un débouché politique nouveau. Ça s'appelle
le grand choix. Bla, bla,
bla, bla, ça veut dire, je ne comprends pas, ça veut dire avec qui vous voulez faire cette force.
Mais,
parce que, en fait, vous pensez, et d'ailleurs c'est ce que j'ai vécu pendant... avant de dire que je voulais effectivement me mettre en
retrait
de tout le débat médiatique,
c
'est que sans cesse on essaye de situer, et notamment moi, on a dit, ah bah tout d'un coup vous l'avez fait, elle a été fan du gouvernement, elle a participé, elle a été ministre, et puis ensuite elle a réglé ses comptes, et puis ensuite elle est devenue quasiment d'extrême-gauche, c'est-à-dire qu'on place le débat politique sur...
C'est vrai
? Est-ce qu
'il
y
a
quelque chose de faux dans ce que... C'est totalement faux. Tout est faux ? Vous n'avez pas... Vous n
'êtes
pas rentrée au gouvernement, vous n'avez pas sorti,
vous n'avez pas réglé vos comptes, et vous n'avez
pas gauchisé parce que c'est faux ? Non, pas du tout, ça n'est pas un déplacement entre plus ou moins à gauche ou plus ou moins à droite. L'écologie, justement, elle a ça d'original, qu'elle dépasse le clivage traditionnel entre la gauche et la droite. Elle est totalement héritière des valeurs de justice sociale qui sont les valeurs de la gauche, mais ça n'est pas la gauche à l'ancienne.
Donc
il peut y avoir une écologie de droite
?
Non, donc l'écologie n'est pas réductible, un positionnement entre la droite et la gauche. C'est difficile
à expliquer parce
qu'on est formaté. Vous êtes formaté,
la vie politique française est formatée. Non, non, non, c'est vos
militants qui sont formatés et qui lisent que vous envoyez des fleurs à Alain Juppé. Dans votre livre, pardonnez-moi, l'embelli Juppé... L'embelli Juppé ne
sera peut-être pas
durable, même si j'avoue apprécier les positions de l'homme sur l'identité heureuse ou son ouverture affichée sur les questions environnementales. Je vous pose la question, est-ce que cette force nouvelle pourrait inclure Cécile Duflo et Alain Juppé ? C'est juste que je pense que quand on voit ce que dit Nicolas Sarkozy, sur les questions de
l
'identité nationale,
ce
qu'il a dit récemment sur les migrants, alors qu'à une époque, il disait, moi je suis fier d'être un petit-fils de sang mêlé, que mon père est venu sous un train, etc. Dire les horreurs qu'il est en train de dire, je préfère qu'il
y ait
des gens de droite qui restent républicains dans
la réexpression. Répondez-moi à ma question. Si vous dites, dépassons le clivage
gauche-droite, pourquoi est-ce que vous ne pourriez pas, on
ne
pourrait pas imaginer une force avec Cécile Duflo et Alain Juppé ? Non,
mais
justement...
Non, mais sur plein de sujets... Soyez
concrète dans
ce que vous dites. Est-ce que je suis
concrète ? Il y
a
plein de sujets sur lesquels on a des désaccords,
et notamment sur les questions économiques. Mais alors pourquoi dépasser le
clivage gauche-droite ? Vous me laissez terminer. Je dis, il
y
a plein de sujets sur lesquels on a des désaccords. Mais moi, j'ai toujours
été
cohérente pour dire que sur certains sujets, si y compris des responsables de droite faisaient avancer le dossier, et j'en ai la preuve, je suis allée dans le bureau Nicolas Sarkozy au moment où il voulait mettre en place la taxe carbone, avant qu'il ait cette fameuse formule sur l'environnement, ça commence à bien faire. Parce que l'urgence écologique, elle est telle que qui que ce soit qui décide d'aller dans le bon sens, en tant qu'écologiste, je le soutiendrai, sans aucune hésitation. Ça ne
veut
pas dire qu'on ne peut pas avoir des désaccords sur beaucoup d'autres sujets.
Qu
'est
-ce que vous
pensez de l'idée de Daniel Cohen-Bendit ? Il
y
a quelques mois, il a donné cette idée-là. Il demande que pour 2017, vous savez de quoi je parle, la même personne se présente, qu'un écologiste se présente à la primaire à gauche, et le même se présente à la primaire à droite, pour montrer véritablement que le clivage gauche-droite est dépassé, et que finalement, votre seul combat, c'est de lutter pour la planète.
Qu
'est-ce que vous en pensez
de ce débat ? Je vais vous dire, moi ce que j'aime
chez Dani, c'est que justement, il illustre avec des propositions un peu décoiffantes, la réalité de ce que... Vous trouvez ça farfelu ? Non, je ne trouve pas ça forcément farfelu. Je trouve ça opérationnellement compliqué, mais pas dans l'absolu complètement farfelu. Mais, je le dis quand même, sur un certain nombre de questions, pour le coup, l'écologie politique, dans tout ce qu'elle défend sur la lutte contre les injustices sociales, qui ne sont pas la priorité. J'ai écouté Alain Juppé, il n
'y a
pas longtemps, sur France Inter, qui se revendiquait un homme de droite, notamment sur la liberté, sur l'autonomie, sur le fait que la redistribution des richesses, ce n
'est
pas sa priorité. Et là, on a un désaccord de fond. Parce que je pense, effectivement, comme vous l'avez soulevé, que si on ne s'attaque pas aux questions d'inégalité sociale, et d'aggravation, y compris dans nos pays, de la pauvreté, on n'arrivera jamais à s'attaquer non plus à la crise économique. Alors
justement,
je redonne la parole à Yann Moix et à Aléa Salamé dans un instant, mais parlons-en de cette nouvelle force qui pourrait justement avoir un programme sur le plan social, puisque c'est manifestement ce que la plupart des peuples réclament. Pas seulement chez nous en France, on l'a vu, et c'est ce qu'ils ont voté d'ailleurs en Grèce, en Espagne. Mais est-ce que c'est possible ? On s'aperçoit qu'au niveau européen, au fond, le vote des peuples n'est pas forcément respecté. Est-ce que c'est possible, au fond, que cette politique-là soit appliquée ? On voit bien ce qui s'est passé cet été en Grèce. Qu'est
-ce
que ça donnera en Espagne ? Et surtout, qui va représenter cette force-là ? C'est vous, alors ? Mais vous avec Mélenchon, vous avec Montebourg, vous avec qui ?
Justement, c'est pour ça que je nul n'en a le monopole. Ce serait fastoche et peut-être que
ça
vous satisferait plus que je dise voilà ce qu
'on
va faire, voilà le mode d'emploi et en plus, vous savez quoi ? C'est moi qui vais être la candidate et la chef. Mais je ne pense pas du tout ça. Parce que je crois aussi que si on veut que ça émerge vraiment et que ça fonctionne vraiment, il ne
faut
pas que ce soit organisé et surtout pas par des gens comme moi qui, et je le reconnais humblement, viennent d'un monde politique qui, même si je ne suis pas née dans ce monde-là, a forcément imprégné une partie de mes
réflexes. Vous écrivez même
peut-être même que nombre d'hommes et de femmes politiques issus du monde traditionnel, donc comme vous, devront laisser leur place pour faire émerger de nouvelles figures. Oui, et
par ailleurs... Oui, mais c'est marrant parce que vous dites ça et je vous crois sincère, vous dites ça et en même temps, vous reconnaissez dans Libération cette semaine que vous êtes en train de préparer votre programme présidentiel et quand on lit votre livre, honnêtement, à chaque page, ça transpire.
Moi,
je l'ai fermé, je me suis dit, bon, on a compris, elle veut être The New Tsipras,
elle veut
être... Non, c'est surtout que vous avez compris de manière très claire et on l'a tous compris qu'il y a un vide en France, qu'il manque un Alexis Tsipras ou un Pablo Iglesias en France, que Mélenchon, peut-être vous avez considéré que Mélenchon avait peut-être fait son temps et donc, vous vous positionnez, en tout cas, ce livre-là, pour moi, c'est moi, Cécile Duflo, je suis là, Alexis Tsipras, Française. Si je peux
me permettre de
faire la Léa Salamé avec Léa Salamé, vous regardez
ça
avec des vieilles lunettes quand même. Non, mais... Je le prends, c'est pas mal, c'est d'accord. C'est-à-dire que, voilà, on prend les modèles ailleurs et on dit vous voulez être la scie d'ailleurs. Donc, j'ai tort de dire que vous avez un référent dans ce qui
se
passe en Espagne et en Grèce. Alors, il y a deux référents. Le premier, d'ailleurs, pour revenir au débat sur la droite et la gauche, c'est que Pablo Iglesias, il l'a dit à votre micro, pourquoi c'était des mots fatigués. C'est-à
-dire
que quand des gens qui se revendiquent de l'étiquette de gauche mènent sur un certain nombre de... dans un certain nombre de domaines des politiques qui sont des politiques traditionnellement de droite, eh bien, je comprends que les citoyens et les électeurs, ils disent tout ça, ça ne veut plus rien dire. On les croit plus. Donc, il faut quand même être sensibles à ça, c'est
-à
-dire au discrédit d'une partie du discours politique. Mais la question, ce n'est pas est-ce qu'il faut la même chose que ce qui se passe dans d'autres pays parce que ce qui s'est passé en Espagne,
c
'est passé après l'énorme crise immobilière avec un mouvement social très fort.
Ce
qui se passera en France, ce sera forcément différent. En tout cas, moi, ce qui est certain, c'est que je pense qu'il faut qu
'il
y
ait
un projet. Et ce projet-là, oui, j'y crois, c'est le projet du
virage de l'économie. C'est ma dernière question et
après, je laisse Yann parler. Pardonne-moi. Mais c'est pour poursuivre sur cette question-là, parce
que
c'est vraiment une question à laquelle je n
'ai
pas trouvé de réponse. Peut-être que vous en avez une. Je vais vous répondre sur la présidentielle parce que je ne
veux
pas avoir l'air d 'esquiver la question. Alors répondez, vous êtes candidate ? J'ai été la secrétaire nationale d'un parti. J'ai vécu deux campagnes électorales très difficiles, celle de 2007, celle de 2012. J'ai vécu aussi la campagne présidentielle de 2001. On a eu un candidat qui a été désigné puis qui a été enlevé pour mettre un autre candidat et puis le 21 avril. Donc moi, je ne suis pas du tout obnubilée par la présidentielle. Je pense que ça fait énormément de mal à la vie politique française et qu'il faudrait réformer les institutions. Donc vous n'êtes pas candidate tant que les institutions ne sont pas réformées ?
Mais je sais qu'on ne peut pas faire l'impasse malgré la difficulté de ce sujet sur cette échéance-là et que si jamais il faut réfléchir aux dix ans qui viennent, on est obligé de se dire qu'est-ce qui se passera dans deux ans. Donc oui, je m'y prépare mais sans obsession, sans drame et sans... Mais vous vous y préparez.
Oui, parce que je ne veux pas. Mais s'il y a quelqu'un de mieux qui arrive, vous laisserez la place. Mais parce
que je ne veux pas être dans la situation où on est obligé ou mon parti fait ça.
Il fut un temps où vous vous
trouviez trop jeune.
Est
-ce que là, vous vous êtes prête
?
Eh
bien oui, j'ai dit en 2008 en
plus. Vous savez, c'est ça qui est rigolo, c'est que si vous m'aviez invité en 2009, je crois que c'était le cas. On dirait mais vous faites Europe Écologie parce que vous voulez être candidate en 2012. Et ça a surpris tout le monde que j'ose dire... Et d'ailleurs, il n
'y a
pas une personne qui conseille les politiques qui dit que c'était une bonne idée de dire je n
'ai
pas les épaules parce qu'il ne faut pas dire ça. Donc si la question
est
est-ce que je me prépare ? La réponse est oui. Si est-ce que c'est sûr que je vais être candidate à
ce
que j'ai décidé ? La réponse est non. Voilà,
c'est en un mot. Vous n'avez
pas répondu sur Mélenchon, sur Montebourg. Un autre non, comme ça que je lance au hasard puisqu'on a appris qu'il allait conseiller les Espagnols cette semaine et qu'on l
'a
reçu il y
a
quelques mois dans ce fauteuil Thomas Piketty par exemple.
C
'est lui qui disait ben voilà, moi je vais me présenter ou vous le soutiendriez
? Mais moi je soutiendrai celui qui portera un projet qui ressemblera très largement à ce que j'ai écrit. Pourquoi ? Parce que ce n
'est
pas un projet de Cécile Duflo. Ce livre il est nourri d'énormément d'expériences d'entreprises aujourd'hui qui font bouger les choses sur la relocalisation de l'économie, sur le fait de produire à proximité, de respecter les salariés dans leur travail. Il y a beaucoup d'exemples que je donne qui sont des choses qui existent déjà. Donc ça n'est pas une invention, c'est simplement une vraie volonté. L'idée qu'on peut transformer les choses et c'est au contraire effectivement peut-être que c'est pour ça que vous avez mieux aimé ce livre. Oui j'ai écrit le livre de la dernière fois pas pour régler des comptes. Cécile Duflo. Ah non, pas
pour régler des comptes. On ne revient
pas
là-dessus.
Non mais juste pour expliquer pourquoi j'étais partie. C'était le minimum des choses. Et là je dis pourquoi j'y crois toujours et j'y crois plus que jamais.
Ça, ça
c
'est
regarder
avec les vieilles lunettes d
'Eva Jolie. Voilà, je préfère
je garde mes
vieilles
lunettes. Yann Wax. Moi toutes ces petites aventures électorales me passionnent très peu en fait. Non pas que ça soit inintéressant mais votre livre je l
'ai
lu de manière très attentionnée et j'ai eu l'impression Comme un roman. Comme un roman.
Enfin
le meilleur que j'ai lu de ma vie.
Est-ce que je
pourrais ne pas être considéré comme un auteur ?
Non, non, non, non. Madame
Duflo je ne
suis
pas là pour vous parler du style, etc. Non, sur le fond en fait j'ai eu l'impression d'un manuel de Rubik's Cube écrit par quelqu'un qui n'a pas de main. C'est-à-dire que j'ai lu Non mais j'ai lu Non
pas Oui, il a un
bon conseiller
qui lui
fait les petites fiches avec les formules. Non,
non, non.
Non, c'est lui-même c'est lui-même il travaille tout ça. Ah
bah
c'est bien C'est
un auteur quand il est un écrivain. Non, non, non
mais vous savez Qu
'est-ce que vous voulez que je
réponde à ça
? Non, non, non
J'aurais pu dire aussi que c'était l'écologie non pas pour les nuls mais par les nuls. Non, ce que je veux dire Là, je suis toute seule vous pouvez dire la
nul Non, non, non
Je vais parler du fond en fait plus sérieusement C'est-à-dire que voilà et c'est sérieux ce qu'on va dire maintenant parce que ça engage quand même l'avenir de la planète et de l'humanité Il y
a
une particularité des partis écologistes sur la planète c'est que précisément ils sont
interconnectés
avec une responsabilité universelle l'avenir le futur Par conséquent j'ai trouvé dommage que dans votre livre et c
'est
le reproche que vous ferez un enfant de 15 ans en lisant votre livre Il n'y a rien de clair sur la nature c'est-à-dire qu'il
n'y a
pas de pensée profonde
Vous
vous contredisez par exemple Vous dites à un moment vous parlez d'écocide Quand on parle d'écocide c'est-à
-dire
la destruction de la nature
ça
veut dire que la nature serait un bien en soi indépendamment de la présence de l'homme sur la terre et ensuite vous parlez d'un droit à
l
'environnement Or le droit à
l
'environnement renvoie à la responsabilité et au droit de l'homme en tant qu'il est au milieu de cette nature Donc il y
a
déjà deux conceptions chez vous de la nature qui semblent pour le lecteur s'opposer Une nature qui est essentielle en soi à part comme une sorte de choses extra-humaines et puis une autre nature en interconnection avec l'activité des hommes Alors ça je pense que vous vous trompez pour la bonne et simple raison que le principe de base du fonctionnement de notre planète et de la nature c'est ce qu'on appelle les écosystèmes c'est-à-dire que toutes les espèces sont interconnectées entre elles pour le coup ce n
'est
pas un enfant mais un ado de 15 ans c'est effectivement
Ce n'est pas ma question Ce
n
'est
pas ma question
Ben
si parce qu'il n
'y a
pas de considération de la nature indépendamment de l'homme L'homme fait partie de la nature Il a besoin de se nourrir Il a besoin de respirer de l'air sain Il a besoin de boire Il a besoin que l'écosystème fonctionne et que les abeilles pollinisent les arbres pour pouvoir ensuite avoir des productions Il fait partie de cet écosystème C
'est
pour ça
que quand on dit il faut sauver la planète en vérité l'enjeu ce n
'est
pas de sauver la planète parce que la planète pourrait vivre sans l'homme
Quand
on dit que cette mobilisation pour le climat autour de la COP21 mais aussi cette mobilisation contre la perte de biodiversité c'est pour sauver l'humanité L'humanité c'est la planète la nature et ses habitants humains
C'est la totalité Pour
vous tout est interdépendance pour le bien de l'homme et non pas pour le bien de la nature Pour le bien de l 'humanité D'accord Non mais au moins c'est clair comme ce n
'est
pas clair du tout dans votre livre Ah si Ah si Je ne
l'ai
pas trouvé Et ensuite Est-ce que vous pensez qu'un système politique peut finalement résoudre le problème de la technique moderne Est-ce que vous pensez pas qu'avec la technique moderne on demande on exige de la nature des choses qu'elle n'est pas là pour nous donner et que précisément aucun gouvernement ne peut résoudre ce problème C'est peut-être là qu'il
y a
une contradiction entre l'écologie et la politique dans la mesure où la technique par définition dépasse sans cesse la sphère de l'humain
Et
bien on revient au débat précédent parce qu'en même temps la technique a en elle un certain nombre de ressources C
'est
-à-dire que moi je ne
fais
pas du tout partie de ceux qui pensent que l'invention humaine n'est pas capable aussi de trouver des solutions et le progrès du 21ème siècle pour moi c'est celui qui répare l'idée de progrès du
20ème siècle Vous rectifiez du
progrès par du progrès C
'est-à-dire que
l'idée de se dire qu'on va toujours avancer vers davantage de techniques davantage de technologies ce n
'est
pas une évidence
Vous
voulez raturer une catastrophe par exemple avec quelque chose qui viendrait anéantir l'anéantissement Je pense que parmi les catastrophes c
'est
la production de déchets nucléaires qui vont être radioactifs pendant des milliers d'années Si l'imagination l'intelligence humaine arrive à trouver un procédé technique qui permet de faire disparaître la radioactivité de ces déchets nucléaires qui sont dangereux pour des générations et des générations et des générations Je pense que c'est une très bonne chose Si on arrive aujourd'hui parce qu'on le sait à produire suffisamment d'électricité par les énergies renouvelables on a un problème encore insoluble enfin pas insoluble d'ailleurs irrésolu qui est la question du stockage Si on arrive à trouver une technique de stockage qui permet
Ça fait
5-6 depuis le début
Mais
oui Mais c
'est ça le
problème de l'écologie Mais non justement c'est un chantier En tout cas ce qui est certain monsieur Moac c'est que la situation dans laquelle on vit les solutions techniques dont on dispose elle nous emmène dans un mur qui est un mur très important qui est celui de la catastrophe climatique Je suis d'accord Et donc si on ne
change pas Si on ne prend pas le virage La
science implique une technique que la technique implique une consommation et que l'homme s'adapte toujours à la technique en cours et que c'est ça qu'il faut
repenser Oui mais il y a un certain nombre de potentialités C'est que le numérique
la capacité aussi de pouvoir avoir des relations en réseau de faire fonctionner différemment la société c'est aussi une chance pour apporter des solutions
Je
vous interromps à Yann Moac parce qu'on est en train d'épuiser les ressources humaines sur ce plateau C
'est marrant parce que
Nicolas Bedon s'allait répuiser par cette conversation
Je
suis tellement habitué à Nicolas Vous vous trompez de génération
Vous
aimez
beaucoup mon fils et je vous en remercie mais moi c'est le père Oui j'ai bien vu j
'ai
bien fait la différence Guy en plus vous m'avez dit avant l'émission je suis content je l'aime bien du flot
C'est
réciproque en fait je suis hyper touchée parce qu'un jour Guy Bedos dans une manif il m'a donné son téléphone en me disant que je pouvais l'appeler et je n
'ai
jamais osé
Donc
ce n'est pas que j'étais mal poli Vous
auriez dû Vous draguer dans les manifs
Que
dire ? C
'est très
joli
joli
Je crois que
j'étais
avec ma fille dans les mains
Michel
nous
l'avait dit en début d'émission on n'avait pas voulu le
croire Non
mais je ne le donne pas à tout le monde
Non
mais parce qu'il dit une chose très très belle dans son livre Il a dit une chose c'est la première fois que j'ai compris quelque chose sur moi-même il a dit quand on me pose la question sur comment ça va je réponds comme quelqu'un de sensible
et
je pense que
c'est
une très très très belle formule parce que c'est vrai qu'en fait et c'est aussi pour ça que j'ai fait ce livre et c'est aussi pour ça que je fais de la politique c'est que je n'arriverai jamais c'est un défaut Dans
son livre il dit aussi que Mélenchon
est trop susceptible que c'est quelqu'un qui n'a pas d'humour sur lui Ah oui Ah oui Vous l'avez rencontré Mélenchon
Oui je l'ai même invité à dîner chez moi
Et
alors ?
Encore ? Encore ? En fait je crois que de mon cas restant Le même jour
Robert Ménat Non ils n'étaient pas ensemble Non
Je
n'étais pas
Rassurement
Mélenchon Je l'ai soutenu à un bon moment parce que je le trouvais intéressant Bon je vais dire tout de
suite
pour donner mon point de vue sur tout ce qui se dit là j'ai lu votre livre je ne
l
'ai pas couru plus que je l
'ai
lu parce que j'ai beaucoup de travail plus urgent c'est apprendre ma pièce mais j'ai lu et j'ai été très touché par ce que vous écrivez sur le barrage de Sieverts ce garçon qui a été abattu par des grenouilles lacrymogènes envoyées par les forces de l'ordre on se croirait sous Pasqua ou sous Pendron alors qu'on est sous la gauche et ça ça m'a choqué beaucoup à l'époque et d'autre part il m'est arrivé de faire des déclarations
moi
on est là à se demander
ce
qu'on pourrait faire dans cette période de vide absolu sur le plan politique quelqu'un disait c'était François Giroud en politique il faut savoir choisir un tour des inconvénients
mais
là c'est pas deux inconvénients c'est quatre, cinq inconvénients on
ne
sait plus le citoyen que je suis je parle comme si j'étais quelqu'un de normal vous voyez et bien ne sait plus très bien le plus grand parti de France c'est le parti des abstentionnistes ces temps-ci
et
moi je suis pour la révolution de Velours de Clavavel voilà je vous le dis
là où je suis très d'accord avec votre formule c'est que moi on m'a toujours posé la question est-ce qu'on est radicaux ou est-ce qu'on est réformistes et en fait moi je suis les deux c'est-à
-dire
je pense qu'on peut transformer radicalement les choses dans une démarche réformiste et démocratique
excusez-moi mais les politiques professionnelles ne sont pas propriétaires de la politique
c
'est
ce
qu'elle dit dans son livre d'ailleurs c'est ce qu'on le passage que j'ai cité tout à l'heure c'est en gros ce qu'elle dit elle dit la nouvelle force elle viendra peut-être d'ailleurs pas des traditionnels représentants de la vie politique c'est ce que vous écrivez mais
quand même elle
pense
à
l'élection présidentielle non
un peu
de cohérence oui bien sûr mais moi je vais vous dire j'ai décidé de continuer à m'engager et je suis certaine que la politique peut encore changer les choses pas que les hommes et les femmes politiques et puis surtout c'est presque une prière pas les politiques en général enfin moi je ne me sens pas un des laits politiques je
vous donne la parole Léa Yann réfléchissez bien à la question que vous devrez poser parce
que ce sera sûrement la dernière
juste je fais un petit tour de table parce que j'ai vu que monsieur Patrick Rodier avait envie d'intervenir je ne
sais
pas si l'écologie je ne
sais pas
dire ce que c
'est
l'écologie en Belgique il y
a
un parti écolo qui est fort
oui oui bien
sûr je crois vous avez 35 ans je suis en France enfin vous écrivez beaucoup sur vos amis belges
oui mais je voulais poser
une question à Cécile Duflo parce que j'ai lu son livre qui brasse énormément de sujets de problèmes qui ont été évoqués là mais il y
a
une chose qui me trouble toujours lorsque je lis des livres de politique
c
'est une sorte d'absence sidérale à gauche comme à droite au centre à l'extrême gauche à l'extrême droite
il
n
'y
a pas un mot sur la culture alors ça ne compte pas est-ce que la culture ça ne fait pas partie de l'écologie ça ne
fait
pas partie de votre programme de vos projets de votre vision du
monde ça c'est la seule vraie critique que j'accepte et que je plaide coupable effectivement c'est la partie de ce livre que je n
'ai
pas écrite et que oui vous avez raison il est fort le belge non mais il a raison vous êtes engagé pour la saison prochaine et en plus
Michel vous
avez attendez là oui il a deux fois raison c'est qu'un
il
est très fort ce belge il
est belge deux fois
c'est que je n'ai pas écrit ça alors que je suis absolument convaincue que la culture n
'est
pas seulement la culture l'art la capacité justement de remettre du bonheur de la gratuité de la générosité
de la beauté
du lien entre les uns et les
autres
de la beauté est évidemment nécessaire je
ne me trompe pas Michel Sardouz si je dis que
je
n
'ai
pas l'impression que vous êtes un grand écolo si
si alors je trompe toi ah oui mais pas pas un écolo pardon Cécile Duflo pas un écolo politique pas
encore
peut
-être
je comprends je me comprends un parti écolo pour moi ça ça fait de la politique obligatoirement parce que c'est au parlement parce que vous êtes entouré d'abrutis très souvent de quelques
-uns qui sont intelligents ça c'est c'est toujours la gauche
ça elle est d'accord
c'est toujours la gauche c'est la droite
c'est toujours c'est toujours la même histoire après bon elle se lève pour dire blanc il y
a
été immédiatement un autre qui va se lever pour dire noir bon c'est pas ça que
je
voulais dire moi je pense que où les écolos ont raison c'est qu'on est en danger
qu
'on le veuille ou non
je
suis un méditerranéen moi alors oublions les ces ballereux migrants
mais
quand je vois l'état de la mer
à
force de se jeter des saloperies dans l'eau
des
saloperies dans la terre des saloperies dans le ciel on va le payer très cher
alors
là je suis écolo mais je ne suis pas militant je n'appartiens pas au parti écologie des verts je m'en fous ça ça ne me regarde pas seulement
je
trouve qu'ils n'ont rien à faire au parlement
il
faut qu'ils soient en dehors de ça
il
faut que ça soit un système pardon Cécile je ne suis pas politique non
mais je vais
vous répondre très
précisément et je
ne suis pas spécialiste en politique ça c
'est
Léa qui a fait des grandes études etc moi je considère que nous sommes tous ici je suis sûr qu'on nous prend tous avec nos idées différentes il n'y
en
a pas un qui va vous dire qu'est-ce que j'ai plongé en Méditerranée cet été j'ai trouvé des sacs en plastique mais par milliers
au
fond de
l
'eau avec des saloperies dedans
bon
quand je remontais je disais quand même c'est pour les attraper il faut les foutre en taux vous savez que là c'est un danger public mais dès que je vois
un
homme ou une femme écologiste
dans
un parti politique
j
'ai les oursins qui
sortent c
'est
ce
que je voulais vous dire tout à l'heure ça en fait
c'est génial parce que vous avez parlé d'un sujet absolument essentiel qui est la pollution de la mer et des océans et le grand danger qu
'on
court aujourd'hui pas seulement par la pollution par le réchauffement par la disparition d'un certain nombre d'espèces marines mais qu'est-ce qui se passe
à
un moment ou un autre on fabrique des sacs en plastique et puis on les distribue gratuitement qu'est-ce qu'on a fait récemment on a fait voter une loi dans la loi de transition énergétique l'interdiction de la distribution de ces sacs plastiques qui sont ensuite jetés dans la nature mais ça ça se fait par des députés qui votent au parlement ça se fait pas par génération
spontanée ça
existe depuis 100 ans en Amérique ça les papiers les vrais papiers biodégradables on met ses courses dans des paquets
et encore ça existe aussi exactement les courses ont réussi
à
l'imposer depuis très longtemps
les
courses sont écolo mais je
je
vais parler
de
la course
la mer est abîmée mais il n
'y
a pas
ce
que je veux dire c'est qu'à un moment il faut prendre
des décisions et
je vais vous donner un autre exemple parce que on en parle souvent parce que c'est pas anecdotique la vaisselle en plastique jetable
ça
participe de cette pollution parce qu'on la jette avec les pique-niques parce qu'elle reste alors qu'aujourd'hui on sait faire avec de la pulpe de coco de canne à sucre avec du peuplier on n'exploite plus les peupliers de la vaisselle qui peut s'utiliser y compris pour les pique-niques et qui est biodégradable donc on peut faire différemment la question c'est celle de la décision donc vous pouvez dire et moi je pourrais le dire aussi tout le monde devrait être sensible à l'écologie et donc tout le monde devrait prendre les bonnes décisions mais sauf que la réalité c'est pas celle-là sinon d'ailleurs on n'en serait pas là c
'est pour ça que je pense qu'il faut faire de la politique le problème c'est que les gens s'en foutent
vous voyez des gens partir en pique-nique moi j'ai un petit jardin le jardin du Ranag dès que les enfants viennent jouer etc vous voyez dans ce petit jardin à Paris c'est pas loin c'est là
mais
c'est dégueulasse
les
gens sont des salauds ils sont des cochons c'est à dire que bon qu'est-ce que ça coûte d'aller dans une poubelle et de foutre ton truc mais les gens ne font pas vous
aurez pour prendre des décisions moi j'ai quand même une limite avec l
'écologie c'est la toilette sèche
ah ben
personnellement j'aimerais qu'on n
'y
revienne pas parce que franchement
il y a
un seuil que je ne peux pas dépasser est-ce que vous êtes je
suis d'accord avec
Michel pour mettre
mes couverts en plastique vous
avez joué dans les babacool non mais j'ai une question
j
'ai une question parce que maintenant
je prends
tous les sujets même celui-là est-ce que vous êtes déjà allé Marianne Chazelle dans des toilettes sèches de
maintenant
mon enfant c
'est une cabane à chier au fond oui mais justement ça n'a rien à voir
nous il y avait du papier journal pour se torcher
mais c'est pas ça et ben on est parti
mais c'est pas ça c
'est
pas la toilette sèche mais non c'est beaucoup mieux c'est dans la sueur tu fais comme mon chat ah non et tu
grappes avec mon chat
et
moi la toilette
sèche pour moi l'eau c'est un niveau c'est la culture pour moi les romains déjà avaient inventé ça c'est vraiment culturellement très très très évolué d
'abord de l'eau sauf que
si je peux te dire une chose
allez-y
utiliser de l'eau potable dans les toilettes
quand
même quand on y réfléchit deux secondes
je suis d'accord tout
ce
que ça signifie
comme transformation
et
bien oui mais vous voyez c'est intéressant parce qu'en fait vous touchez du doigt la question de ce virage et aussi de la question culturelle parce que sur le rapport à la propreté le rapport à l'alimentation le rapport au fait que les choses soient jetables pourquoi on a poussé les gens par exemple à utiliser des lingettes parce que des lingettes ça se vend des chiffons ça se vend pas donc on a aussi fabriqué c'est tout ce mode de consommation qui est aberrant c'est à
dire
qu'on a fabriqué des besoins on a poussé les gens à se dire que c'était mieux d'avoir une lessive pour le linge de leurs enfants une lessive pour le blanc une lessive pour la couleur c'est tout le génie du marketing alors que c'est pas forcément utile et donc de revenir à des produits qui sont des produits bons pour la santé parce que plus on a de produits chimiques dans sa maison plus on court de risque et on fait courir de risque à ses enfants c'est pas non plus une aberration la
petite lingette pour les toilettes non alors
vous pouvez prendre
un chiffon il faut pas aller
trop loin non plus quand même non on vit avec son temps
surtout
si
les gens ça peut travailler
mais les gens il n'y
avait
pas de porte je
n'y avait pas de porte
malheureusement on va plus pouvoir passer après si je veux dire
je sais pas comment
on va sortir du cabinet là
est
-ce que
c'est vraiment
utile d'aller si loin c'est vous Marianne Chazel c'est de votre compte
simplement protéger certaines choses faire gaffe à certaines choses de réduire les trucs de gaz CO2 je sais pas quoi machin
non
bah non c'est pas CO2 je sais pas quoi non mais c
'est reprenez la main Léa voilà
pardonnez-moi je veux pas je peux faire juste une synthèse sur les toilettes avant de terminer non monsieur si
vous me permettez je vous assure vous êtes chelèbre
pour vos toilettes de toute façon
et bah mon modèle de l'écojou c'est que j'ai une maison dans les Landes où il y
a
des toilettes sèches mais il y a aussi des toilettes normales avec de l'eau madame Chazel avec de l'eau de
plus
donc je peux aller chez vous
voilà
vous pouvez aller et c'est pas sectaire je vous en voudrais pas donc je pense que cette transition là il s'agit pas d'obliger tout le monde à changer brutalement d'habitude de vie il s'agit aussi d'apprivoiser des choses qui peuvent nous sembler différentes sur la manière de se nourrir par exemple mais qui sont pas complètement aberrantes
Léa d'abord et vous Yann ensuite
non
parce que je voudrais poursuivre ce que
dit
Michel non
non n'attaque pas Léa
non je vous attaque pas du tout mais je trouve que c'est très intéressant ce que vous dites parce que et on en vient à la question que je vais vous poser quand on l'entend il représente ce que pense je pense 99% des gens qui nous regardent ce soir et en France c'est à dire l'idée écologique quand vous parlez de la mer quand vous dites que vous êtes vous avez fait de la plongée cet été que vous avez plongé vous avez vu des milliers de sacs plastiques je pense qu'on a tous compris qu'il y
a
une urgence écologique qu'il y
a
une urgence climatique il y a une COP 21 qui va se dérouler une conférence climat qui est mal partie qui va se dérouler dans 3 mois vous ne faites pas partie du gouvernement de la France qui accueille cette conférence climat c'est un choix que vous avez fait je ne vous poserai pas la question sur cette question là ma question c'est l'immense gâchis
des
écolos
l
'immense gâchis et vous en faites partie de cet immense gâchis là c'est à dire que pourquoi quand on entend parler des écologistes depuis un an deux ans trois ans on ne parle que d'une seule chose c'est de vos scissions des portes qui claquent de vos problèmes on n'entend que parler politique Vincent Vincent Placé et François Dorégi ont claqué la porte il y a deux semaines en dénonçant la gauchisation d'Europe écologie les verts il y a deux ans Noël ma mère avait claqué la porte en dénonçant la droitisation d'Europe écologie les verts pourquoi vous n'êtes pas à la hauteur de ces enjeux climatiques pourquoi vous êtes devenus des purs produits politiques et on ne vous entend plus quand vous parlez d'écologie parce que vous n'en parlez plus parce que vous êtes trop occupé par vos petits nombrils et que vous ne parlez pas des vrais problèmes et que vous n'êtes pas à
la hauteur alors c'est ça on
en a parlé moi je voulais dire un mot aussi allez vite on va il faut un peu insister parce que là non mais c'est pas très j'ai eu la chance d'être au téléphone cet après-midi avec Jean-François Bernardini qui est le leader du groupe Les Mouvrini en Corse qui s'occupe d'une association qui a fondé une association qui s'appelle AFC Humani ils font des tas de choses pour l'agriculture en Corse pour remettre les bergers il vient aussi de développer un nouveau cours dans une fac à Saint-Denis ils vont enseigner la non-violence enfin plein d'histoires c'est une association extraordinaire et je ne vais pas révéler grand chose mais ça m'a fait du bien d'entendre ce dont on parlait parce que je disais bah oui moi tu sais on parlait d'écologie et je disais moi je mange bio parce que je trouve ça vraiment meilleur et puis il me disait bah oui et puis c'est pas rempli de pesticides et ça ne provoque pas tous les cancers comme on voit l'explosion des cancers aujourd'hui
et
je lui disais mais tu sais
en
même temps moi je mange bio mais je me dis c'est du luxe un peu j'ai les moyens de me payer bio et il me disait mais pas du tout bon déjà il y
a
ces histoires de panier et tout ça mais
il
me disait si tu manges une vraie orange bio une vraie carotte bio tu as 10 fois plus de nutriments de vitamines que si tu manges 4 oranges industrielles qui vont être en plus bourrées de pesticides donc voilà j'ai appris ça aujourd'hui je trouvais ça vachement intéressant il peut même manger une bonne carotte que deux mauvaises quoi
ça c'est un joli proverbe je disais bio quoi deux carottes bio ça vous pouvez le tweeter
c
'est
ce
qu'a dit
José
Bové et on aura
la réponse à l
'air
José Bové qui a dit on n'est pas obligé de manger de la merde non
mais c'est intéressant après les
chiottes de Marianne Chazel et les carottes de
Thomas Dutroux parce
qu'en fait
c
'est ça qui est intéressant dans
l
'écologie c 'est que
la base d'une réflexion
planétaire à des choses
extrêmement
concrètes de la vie quotidienne
et pourquoi vous n'êtes
pas à la hauteur de ça vous voyez comme ça intéresse
j'ai
eu une part de la réponse parce que je me suis vraiment posé la question parce que je crois que les écologistes politiques se sont construits dans le contre-pouvoir je vous ai parlé des années 70 où ce discours là était ultra minoritaire et donc ils ont eu l'habitude d'être assez isolés d'être moqués d'être caricaturés etc.
et donc ils ne se sont pas préparés à exercer pleinement les responsabilités c'est pour ça que je dis que le chantier qui est devant nous c'est un chantier de 10-15 ans c'est la déminorisation de l'écologie c'est qu'on arrive à répondre à la question de Michel Sardou qui dit en fait les meilleurs pour répondre à la question des sacs plastiques dans la mer ce sera des écologistes parce qu'ils seront capables de...
aujourd'hui vous êtes à l'auteur et attendez je veux juste dire
répondez-moi oui
oui je vais vous
répondre parce que c'est
après
je poserai ma dernière question
c
'est que c'est dans la tête c'était dans la tête de chaque militant écolo et de chaque dirigeant de dire on n
'y
arrivera jamais et c
'est
pour ça que je considère que certains de mes amis ont renoncé ils disent bon bah ça marchera pas quoi en gros c'est foutu et moi je pense au contraire que ça peut fonctionner mais qu'il faut aussi que les écologistes progressent collectivement et individuellement et c
'est
le travail que j'ai fait en faisant ce livre en réfléchissant en rencontrant des gens en essayant de se dire oui d'accord on a raison sur les idées mais si on n'arrive pas à convaincre les gens c'est qu'on doit encore progresser Moax dans Libération il y
a
4 jours vous avez dit notre identité nationale c'est l'égalité
oui pour
vous l'identité nationale c'est juste l'égalité
bah
c'est pas juste notre identité nationale virgule c'est l'égalité oui
c
'est un élément majeur de la république française c'est à dire de considérer que ces citoyens sont des égaux c'est d'ailleurs pour ça qu'ils décident
alors
qu'est-ce que vous entendez par égalité et qu
'est
-ce que vous avez oublié parmi les dans l'identité nationale qu'est
-ce
que vous mettriez d'autre pour le coup j'ai réussi à écrire ça je suis tout un chapitre sur ce qu'est l'identité française j'ai une particularité c'est qu'il se trouve que je suis française depuis
vous mettez quoi dedans attendez vous ne
dites même pas forcément très cocardière on vous reproche parfois c'est ce que vous écrivez
oui alors que je n'ai pas un seul ancêtre identifié qui vient d'ailleurs de la Picardie
de la Lauser mais j'aime
passionnément mon pays je connais la France ses fleuves et ses collines ses vallées et ses champs là j'ai cru que je disais du
coup de Le Maire non c'est la vérité attendez juste je finis mais aussi
j
'ai
été élevé dans les années 70 dans une cité dans laquelle il
y avait mais c'est pas ma question si
parce que qu
'est-ce
que vous mettez dans l'identité nationale vous mettez quoi à part l'égalité je mets justement la volonté
à part votre
biographie non attendez mais oui non
mais qu'est-ce
que vous mettez mais non parce que vous dites l'égalité qu'est-ce qu'il
y a
d'autre qui n'est pas biographique que vous mettez hors biographie c 'est la capacité d'intégration de la différence la capacité d'enrichissement la France a cette particularité qu'elle est composée de territoires très différents que ce qu'on dit sur les Syriens aujourd'hui qui peuvent arriver en France c'est ce qu'on disait sur
les maçons
creusois au début du
19ème siècle ok donc vous mettez
1789 ok quoi d'autre
mais
je mets cette histoire là c'est une histoire d
'addition vous mettez l'histoire d'adhésion quoi d'autre
et c'est aussi la capacité de se penser capable d'aller plus loin que ce qu'on est c'est une particularité peut-être de la France de se dire voilà on va essayer d'inventer l'avenir
juste
une dernière question puisqu'on a évoqué avant que vous soyez sur ce plateau la une du magazine municipal de la ville de Béziers et ce qu'a fait Robert Ménard avec cette photographie vous avez une réaction là-dessus vous êtes choqué évidemment j'imagine mais oui
tout
le monde mais en
même temps il
est tellement content plus il fait des trucs gerbants plus les gens réagissent plus il est content donc
cette
photo ce train ils arrivent
enfin il
y
a
une chose qui est pour moi très importante c'est que et là pour le coup je renvoie aux politiques en général c'est que dans les grands moments de basculement de l'histoire ceux qui sont aux affaires ceux qui sont en responsabilité c'est pas ceux qui sont le plus lucides sur ce qui se passe et que parfois la société peut glisser très vite et en fait ça c'était impossible il y a 5 ans totalement inenvisageable il y
a
10 ans qu'un magazine municipal d'une grande ville de notre pays fasse une chose pareille je pense qu'on aurait même pas pu imaginer que ça arrive et finalement on se dit ah bah ouais c'est Ménard ah bah ouais etc ça devrait être simplement impossible et c'est pour ça que je pense qu'il faut refaire de la politique qu'il faut redire un certain nombre de choses y compris sur l'égalité la lutte contre le racisme contre ce qui a fait prospérer les politiques et pourquoi certains politiques jouent sur ces questions d'identité pourquoi Sarko donne l'interview qu'il a donnée qui est vraiment abject quand on connait son histoire et ce qu'il a dit avant parce qu'ils savent pas répondre sur les vrais problèmes parce qu'ils savent pas parler de ce virage pour l'écologie et donc ils agitent des peurs ils agitent des sujets pour occuper l'espace politique et essayer de gagner des voix