Violences à Brest : le maire Stéphane Roudaut dénonce une organisation "quasi militaire" des casseurs
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteRéponse directe
Quel est le bilan ce lundi matin à J2 ?
- 1:16OuverteRéponse partielle
Quel est le bilan financier ? Est-ce que vous avez pu commencer de chiffrer ?
- 1:48RelanceRéponse directe
Quand on fait le bilan du dispositif qui était en place, on se demande si le dispositif était assez efficace.
- 3:13OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous interrogez, vous aussi, sur les renseignements en amont ?
- 5:52OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'il faudrait changer en matière de doctrine de maintien de l'ordre pour éviter ce qui s'est passé à Brest et dans d'autres villes de France, selon vous ?
- 6:56RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous leur répondez ce matin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« lundi matin, la ville est, j'allais dire, présentable. »
- 1:01Invité politiqueFait
« qu'il y avait des chaînes humaines qui s'organisaient pour enlever les pavés et faire en sorte que les secours puissent passer. »
- 1:11Invité politiqueFait
« policiers avaient été blessés à des degrés divers, comme l'a rappelé le préfet hier. »
- 2:15Invité politiqueChiffre
« 1500 casseurs, d'après la préfecture, qui a rappelé les chiffres encore une fois hier, c'est du jamais vu à Brest. »
- 3:36Invité politiqueFait
« On l'a vu à Brest, avec une chaîne de commandements parmi les casseurs. »
- 3:43Invité politiqueFait
« Il y avait parmi les casseurs des personnes très organisées, avec des gilets pare-balles, avec des casques, avec des lunettes, avec des masques qui filtrent l'ensemble des lacrymos et qui donnaient des ordres à des petites brigades qui allaient tout casser autour. »
- 4:26Invité politiqueChiffre
« Près de 350 personnes ont commencé à constituer des barricades devant la mairie ou tout à côté de la mairie. »
- 5:02Invité politiqueFait
« il y avait une volonté très claire déjà d'en découdre avec les forces de police. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Il y a eu plusieurs commerces à proximité du rond-point de Pénarcleuse, le Buffalo Grill et le Burger King ont été saccagés. »
- 5:25Invité politiqueChiffre
« nous avons vu effectivement ces 1500 personnes, voire peut-être un peu plus, converger vers le commissariat Colbert pour faire le siège du commissariat. »
- 6:30Invité politiqueFait
« on manque de moyens d'investigation pour aller chercher les responsables, les attraper, les sanctionner et les mettre devant la justice. »
- 7:38Invité politiqueFait
« je pense que quand on défend ses valeurs, on doit le faire à visage découvert. »
- 7:54Invité politiqueFait
« dans les aspirations légitimes de la jeunesse que j'ai rencontrées, dans leurs revendications, dans leur façon de faire, il n'y a pas de violence, premièrement. »
- 8:06Invité politiqueFait
« un débat local sur les moyens dédiés, sur les conditions de bâtiments, un débat national sur Parcoursup, sur leur avenir, sur tout simplement l'orientation, sur le nombre d'enseignants. »
- 9:06Invité politiqueFait
« je les demande depuis le début de mon mandat et nous en avons eu. C'est insuffisant à ce stade, mais nous avons eu quand même des renforts. »
- 9:15Invité politiqueFait
« Il faudrait désormais que les départs à la retraite soient compensés. »
- 9:31Invité politiqueFait
« toutes les missions du quotidien, de proximité, de prévention seront menées par la police municipale et cette action permettra de dégager du temps des moyens pour la police nationale elle-même. »
Temps de parole
- Stéphane Roudaut69 %
- Présentateur28 %
≈ 5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On
fait le bilan, Sébastien Paour, des dégâts de samedi à Brest ce matin avec notre invité. Oui, le maire de Brest, métropole. Bonjour Stéphane Roudotte. Bonjour. Merci d'être en ligne ce matin sur Ici Brest-Dizel. C'est votre ville qui a été la plus touchée à la pointe grotonne par les violences de samedi, en marge de ses manifestations des lycéens et contre la vie chère. Les pavés décelés, square maton, des vitrines cassées. Nous sommes deux jours après. Vous êtes allé évidemment en ville constater les dégâts dès hier. Quel est le bilan ce lundi matin à J2 ?
Ce
lundi matin, la ville est, j'allais dire, présentable. Les services sont à pied d'œuvre depuis la nuit de samedi à dimanche, avec une mobilisation exceptionnelle des agents de la collectivité. Je salue, je suis vraiment très fier d'eux. Et puis, j'ai constaté par moi-même, dès le samedi soir sur site, dès que les rues étaient un peu plus sécurisées, qu'il y avait des chaînes humaines qui s'organisaient pour enlever les pavés et faire en sorte que les secours puissent passer. Parce que les pompiers avaient besoin d'accéder au commissariat Colbert, où
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policiers avaient été blessés à des degrés divers, comme l'a rappelé le préfet hier.
Et quel est le bilan financier ? Est-ce que vous avez pu commencer de chiffrer ? Est
-ce
que ça va coûter à la ville de Brest
? À
la ville de Brest, nous sommes en cours d'évaluation. J'aurai des chiffres, j'imagine, au fur et à mesure. Mais ce qu'il faut bien avoir à l'esprit, c'est que les collectivités n'ont pas d'assurance pour tout ce qui est sur le domaine public, puisque les assureurs n'y vont pas. Sur le bitume, sur les enrobés, sur les pavés, sur le mobilier urbain, les dégradations auront un coût net pour la collectivité. Et c'est autant d'argent de moins mis sur d'autres politiques.
Quand on fait le bilan du dispositif qui était en place, 8 arrestations pour 1500 casseurs, vous avez rappelé une trentaine de policiers blessés rien que dans votre ville. On se demande si le dispositif était assez efficace. Laurent Nunez a présenté sa démission à Emmanuel Macron. On apprend ce matin qu'il l'a refusé. Le ministre de
l
'Intérieur reste en place. Le maintien de l'ordre était dimensionné comme il le fallait dans votre ville samedi
?
1500 casseurs, d'après la préfecture, qui a rappelé les chiffres encore une fois hier, c'est du jamais vu à Brest. C'est du jamais vu. Et effectivement, je pense que des compagnies de maintien de l'ordre auraient été utiles à Brest, mais elles étaient sur d'autres villes.
Ce
qui fait que dans les prochaines heures, si d'aventure il devait y avoir des risques pour les jours à venir, j'en ferai la demande. D'abord au préfet, au préfet de région, et j'espère que cette demande sera entendue. Mais ça ne doit pas masquer la mobilisation exceptionnelle des forces de l'ordre aussi sur le territoire. Nous avons eu des renforts en fin de journée de Quimper, de Saint-Brieuc. Les gendarmes étaient présents aussi à la demande du préfet. On a eu des renforts des PSIC, donc des pelotons de surveillance de la gendarme vie, qui sont venus protéger un certain nombre de bâtiments publics, dont la sous-préfecture et le tribunal de Brest, qui, selon toute
vraisemblance,
étaient visés. Mais vous rappelez évidemment qu'il n
'y
avait pas ni CRS, ni gendarmes mobiles spécialistes du maintien de l'ordre, comme le disent aussi les syndicats de policiers. Le candidat Horizon à la présidentielle, Édouard Philippe, dont vous partagez certaines idées, on peut dire ça comme ça, dit-lui qu'il se pose des questions sur le dispositif de maintien de l'ordre après ces violences. Est-ce que vous interrogez, vous aussi, sur les renseignements en amont
?
Je ne suis pas au cœur de ces discussions, je ne suis pas au cœur de ces informations, mais force est de constater qu'il y
a
eu un effet d'entraînement, c'est comme ça que je le lis, avec des groupes très organisés, des black blocs. On l'a vu à Brest, avec une chaîne de commandements parmi les casseurs. Il y avait parmi les casseurs des personnes très organisées, avec des gilets pare-balles, avec des casques, avec des lunettes, avec des masques qui filtrent l'ensemble des lacrymos et qui donnaient des ordres à des petites brigades qui allaient tout casser autour. Et ça, c'est du jamais vu à Brest. C'est du jamais vu un tel degré d'organisation quasi-militaire, quasi-militaire, chez les casseurs.
Et ils ont entraîné dans leur sillage des jeunes de tous horizons qui ont été embrigadés, si vous me permettez l'expression. Et c'est pour ça qu
'on
s'est retrouvés avec un volume très, très important. Et j'aimerais simplement vous donner mon témoignage, puisque j'étais au cœur du dispositif. On a vu ces cortèges se reformer à proximité de l'hôtel de ville. Près de 350 personnes ont commencé à constituer des barricades devant la mairie ou tout à côté de la mairie. Et sans une manœuvre, sans des ordres donnés par le préfet du Finistère, la mairie aurait pu être envahie, comme vous l'avez vu, à Limoges, à Lille, à Marseille. On est passé à vraiment très peu pour que ces 350 personnes puissent pénétrer dans l'hôtel de ville de Brest.
Les policiers, les hôtels de ville, ce sont les représentations de l'État, du pouvoir, de l'autorité, qui sont visées dans ces manifestations. Et c'était le cas aussi à Brest. C
'est
ce que vous nous dites ce matin.
Oui,
il y avait une volonté très claire déjà d'en découdre avec les forces de police. Mais dès le matin, ça n
'a
pas été le fait que de l'après-midi. Mais dès le matin, très tôt, on a constaté des dégradations et des provocations. Il y a eu plusieurs commerces à proximité du rond-point de Pénarcleuse, le Buffalo Grill et le Burger King ont été saccagés. Et puis, ça a duré et monté crescendo toute la journée. Et en fin de journée, nous avons vu effectivement ces 1500 personnes, voire peut-être un peu plus, converger vers le commissariat Colbert pour faire le siège du commissariat. Ils pénétraient, tout cassaient et probablement s'en prendre aux policiers.
Emmanuel Macron demande ce matin à Laurent Nunez, dont il a donc refusé la démission, de déployer au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d'action contre ces casseurs que vous décrivez comme organisés quasiment paramilitairement. Qu'est-ce qu'il faudrait changer en matière de doctrine de maintien de l'ordre pour éviter ce qui s'est passé à Brest et dans d'autres villes de France,
selon vous ? Moi, je ne me permettrais pas, je ne suis vraiment pas un spécialiste du maintien de l'ordre. Moi, je constate, je prends des décisions municipales, je suis au-devant, je vais à la rencontre des commerçants, je soutiens les forces de l'ordre dans le moment. Ce qui manque véritablement, et là, c'est à mon niveau, c'est le renseignement. Vous l'avez rappelé tout à l'heure, Sébastien, c'est que je pense qu
'on
doit mettre plus de moyens sur le renseignement. Savoir qui, savoir où, savoir comment, ce sont ces questions et là, on a besoin probablement beaucoup plus de moyens. Et la deuxième volée, c'est qu'à Brest, comme partout en France, on manque de moyens d'investigation pour aller chercher les responsables, les attraper, les sanctionner et les mettre devant la justice.
C'est ça qui manque aujourd'hui. Le député insoumis de Brest, Pierre-Yves Cadalin, dit que les violences sont la conséquence d'une doctrine chaotique du maintien de l'ordre. Le groupe écologiste de votre ville aussi écrit que les forces de l'ordre ont échoué à protéger les biens et les personnes, ont déployé des moyens disproportionnés qui ont alimenté le chaos. Qu'est-ce que vous leur répondez ce matin
? Je
crois qu'on ne peut pas dénoncer les violences et dire ça comme ça. On ne peut pas être dans un état des lieux comme nous le sommes aujourd'hui ce lundi. Moi, je pense que dans ces déclarations, il manque l'appel au calme et j'attends des responsables publics d'où qu'ils viennent, national ou local, qu'on dénonce les violences. C'est extrêmement important et sans ambiguïté, sans aucune ambiguïté et surtout d'appeler au calme. On
est
en train... Comment ?
Non,
non,
j'allais dire est-ce que c'est le sens de l'appel que vous lancez au rassemblement ce midi à l'appel de l'Association des maires devant toutes les mairies ? Vous vous dites venez ce matin, venez ce midi devant la mairie à visage découvert, sans cagoule, sans capuche.
Oui,
je pense que quand on défend ses valeurs, on doit le faire à visage découvert. Dès lors qu'on met une capuche et un masque, excusez-moi, mais ce n'est pas de bonnes conditions pour défendre ses valeurs. Et ce que je regrette, c'est que dans les aspirations légitimes de la jeunesse que j'ai rencontrées, dans leurs revendications, dans leur façon de faire, il n'y a pas de violence, premièrement.
Ils
veulent tout simplement engager un débat, un débat local sur les moyens dédiés, sur les conditions de bâtiments, un débat national sur Parcoursup, sur leur avenir, sur tout simplement l'orientation, sur le nombre d'enseignants. Et comment peut-on, tout simplement, lorsqu'on est responsable politique, être dans des positions aussi ambiguës
?
Moi, je demande de la clarté. Et je vais simplement vous dire que ce midi, effectivement, j'appelle toutes et tous à venir devant l'hôtel de Ville de Brest à 12h. je ne prendrai pas la parole parce que je ne veux pas politiser ce moment. On a besoin de nous retrouver. Nous sommes à six mois de
l
'élection présidentielle. Laissons le débat s'installer. Et j'imagine que vous avez vu, comme moi, la presse internationale, la façon dont elle décrit la France aujourd'hui. J'en suis abasourdi.
Le maire de Brest a donc entendu néanmoins les revendications des lycéens qui passent un peu à la trappe avec toutes ces violences. D'un mot encore, prochaine mobilisation, ce sera après les vacances de la Toussaint, le 5 novembre. Qu
'est
-ce que vous allez demander ? Des renforts pour votre ville
? Oui,
je les demande depuis le début de mon mandat et nous en avons eu. C'est insuffisant à ce stade, mais nous avons eu quand même des renforts. Il faudrait désormais que les départs à la retraite soient compensés. C'est ce vers quoi je me dirige maintenant en demandant vraiment est-ce que ces départs à la retraite soient compensés au niveau de Colbert, au niveau de l'hôtel de police. Ça, c'est un premier point. Et le deuxième point, c'est de trouver cet équilibre avec la police municipale qui va arriver à Brest au milieu du mois de décembre.
Quand je dis un équilibre, c'est que toutes les missions du quotidien, de proximité, de prévention seront menées par la police municipale et cette action permettra de dégager du temps des moyens pour la police nationale elle-même. Vous voyez, c'est un jeu d'équilibre. Et ça, on sent que la police municipale manque aujourd'hui à Brest.
Elle sera donc la bienvenue à partir du mois de décembre. Merci beaucoup Stéphane Roudotte d'avoir été en ligne avec nous ce matin.
Merci de votre invitation.
Et qui sera donc ce midi devant l'hôtel de ville sans prendre la parole. On l'a bien entendu à l'instant. Il est 7h54, lundi 19 octobre.
Stéphane Roudaut