L'invité de Bourdin Direct : Eric Zemmour - 18/01
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC, l'interview Apolline de Valherbe. Bonjour Eric Zemmour, merci d'avoir accepté de répondre à mes questions sur RMC et BFM TV. Vous avez été condamné hier par le tribunal correctionnel de Paris à 10 000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale après des propos sur les mineurs isolés en 2020. Vous faites appel, les propos c'est ils n'ont rien à faire ici, ils sont voleurs, assassins, violeurs, c'est tout ce qu'ils sont, il faut les renvoyer, il ne faut même pas qu'ils viennent. C'est une invasion permanente. Est-ce que vous regrettez d'avoir prononcé cette phrase ?
Non, je ne me regrette absolument pas d'avoir prononcé cette phrase. Je pense que je suis l'objet d'une justice politique qui évidemment veut m'interdire de parler non seulement d'immigration, mais de lier l'immigration à la délinquance et à l'insécurité. C'est tout simplement une justice politique.
Vous savez, il y a eu un rapport sénatorial, vous voyez, du Sénat, il y a quelques mois, qui dit, en d'autres mots, exactement la même chose, que la violence et la délinquance de ces prétendus mineurs isolés, qui sont en fait des clandestins, qui pour la plupart ne sont pas mineurs et qui ne sont pas isolés puisqu'ils sont soit manipulés par des bandes mafieuses, soient envoyés carrément par leurs parents. Je tiens à dire que, en vérité, j'essaye, moi, de protéger mon peuple et le peuple français des exactions de ces bandes de jeunes. Par ailleurs, imaginez, à Pauline de Malherbe, vous avez des enfants. Imaginez qu'un de vos enfants fait une fugue et s'en va à l'étranger.
Vous voulez tenter de dire qu'au fond, c'est presque de l'humanité ?
Mais bien sûr, c'est une position humaniste. C'est d'abord une position pour protéger le peuple français. Vous savez qu'il y a eu le peuple français et les Français qui sont agressés, volés. 96% des vols de téléphones portables sont le fait de ces mineurs isolés. Et par ailleurs, c'est une position humaniste.
Le juge considère que ce n'est pas une position humaniste, que vous les pointez du doigt et que vous encouragez le passage à l'acte à leur rencontre, que vous en faites des cibles au fond.
Quel passage à l'acte ? Il n'y a aucune agression, c'est eux qui agressent. Il faut vivre dans quel monde on vit. Qui agresse ces mineurs isolés ? Qui ? Personne. Et quand les policiers les arrêtent, on les relâche immédiatement. Il faut arrêter. Qui sont les agresseurs et qui sont les agressés ? Les agresseurs, ce sont ces mineurs isolés. Les agressés, ce sont les Français. Donc, il faut quand même relativiser. Donc, vous rediriez cette phrase. Et puis, en plus, une dernière chose, je redirai la même phrase. Une dernière chose, c'est que je vous signale quand même que je suis condamné pour incitation à la haine raciale. Complicité d'incitation à la haine raciale.
Déjà, je ne savais pas que les mineurs isolés étaient une race. Vous jouez sur les mots quand même ? Ah non, je ne joue pas sur les mots, non. Ce n'est pas une race. Mais qui joue sur les mots ?
Vous-même, vous avez dit, je veux montrer le lien entre immigration et délinquance. Ça veut bien dire que vous parlez... Absolument.
Oui, absolument. Les immigrés, des enfants immigrés qui n'ont rien à faire ici. Je le répète, il faut les renvoyer et les rendre à leurs parents. Encore une fois, la protection des Français. Et finalement, je ne le fais pas que pour ça, évidemment. Je veux d'abord protéger les Français. Mais c'est la position humaniste. Je vous répète, moi, j'ai des enfants. S'il y en a un qui s'en va, qui part à l'étranger, ce que je voudrais, c'est qu'on me les rende. Justice politique, dites-vous.
Vous serez d'ailleurs à nouveau jugé jeudi, jugé pour contestation de crimes contre l'humanité, pour avoir soutenu que Pétain avait sauvé les Juifs français. Vous voyez que c'est un harcèlement judiciaire. Mais jamais vous vous dites, vous, je vais trop loin.
Ah non, jamais je ne me le dis. Vous savez, je pense que nous avons une justice qui, malheureusement, est très souvent politisée. Je ne dis pas toujours, je dis très souvent. Avec des juges qui ont une idéologie. Puis en plus, qui a requis contre moi ? Un, le parquet, aux ordres de M. Dupond-Moretti.
Vous ne croyez pas à l'indépendance de la justice ?
Le parquet n'a pas à être indépendant, chère Apolline de Maire.
Non mais globalement, vous les trouvez politiques ?
Oui, politisés. Pas tous, encore une fois. Mais pour la plupart.
Donc c'est sur commande, là, en l'occurrence ?
En tout cas, le procureur requiert sur commande. Requiert de M. Dupond-Moretti, qui est ministre de la justice, de M. Macron. Et deuxièmement, les dizaines d'associations et les présidents de conseils généraux, tous socialistes, c'est évidemment politique, qui veulent ma peau depuis dix ans. Donc, si vous voulez, moi, je continuerai à défendre les Français. Et à parler d'immigration, à parler d'insécurité qui est en lien direct avec l'immigration.
Cette phrase, elle est prononcée telle qu'elle ces jours-ci, à la fois par Valérie Pécresse, par Éric Ciotti, par Marine Le Pen, qui tous désormais mettent un signe de lien direct entre immigration et délinquance et insécurité. Oui, j'ai fait avancer les choses.
Maintenant, il y a une différence entre eux et moi. C'est que moi, je suis ciblé par toutes ces associations et par la justice. Ça veut vouloir dire quelque chose, que c'est moi l'adversaire du système. Maintenant, deuxièmement... Ils se disent tous adversaires du système. Oui, ils se disent tous, bien sûr, vous avez raison. Le gros mot système... Pécresse, puisqu'elle est à partie intégrante du système. Par ailleurs, il faut voir après qu'est-ce qu'on en fait de ce lien. Moi, j'ai un plan et pour l'immigration zéro, ce n'est pas le cas de Mme Pécresse, et que je fais le lien entre immigration et sécurité.
Donc, ce que je fais, c'est que j'arrête l'immigration par tous les moyens dans lesquels elle rentre, c'est-à-dire regroupement familial, c'est-à-dire étudiant, c'est-à-dire droit d'asile, c'est-à-dire aussi suppression de toutes les... si vous voulez, toutes ces raisons sociales qui font que les immigrés rentrent. Suppression de l'AME, suppression des prestations sociales non contributives aux étrangers.
Qui n'y trouvent aucun intérêt, quoi. C'est ce que vous voulez dire. Vous serez d'ailleurs à Calais, mercredi, on y reviendra.
Suppression du droit du sol, expulsion des étrangers délinquants, ça fait quand même 10 à 15 000 places, vous savez. Les étrangers sont surreprésentés dans tous les délits. Il y a 10 à 15 000 places de libérés que si on expulse les étrangers. Et déchéance de nationalité pour les tous les nationaux. On ne va pas refaire ici,
parce qu'il y a beaucoup de questions à vous poser ce matin, Éric Zemmour, la question aussi de savoir les causalités. Est-ce que c'est parce qu'ils sont aussi dans des situations extrêmement difficiles qu'ils sont davantage délinquants ?
Je pense que l'immigration, vous avez raison, l'immigration est un trouble, est un désordre. Et donc pour eux, c'est pour ça qu'il y a toujours eu, dans l'histoire, des surdélinquances. Donc une souffrance et donc une surdélinquance des immigrés. Mais justement, pour arrêter cela et pour protéger les Français, pour les protéger eux-mêmes, il faut arrêter toute immigration.
Éric Zemmour, je voudrais qu'on revienne sur vos propos sur l'inclusion des enfants handicapés à l'école. C'était samedi, vous avez dit, il faut des établissements spécialisés qui s'en occupent, sauf les gens qui sont légèrement handicapés, évidemment, qui peuvent entrer dans les classes. Pour le reste, l'obsession de l'inclusion est une mauvaise manière faite aux autres enfants, à ces enfants-là qui sont les pauvres, complètement dépassés par les autres. L'obsession de l'inclusion, ce n'est pas vous qui êtes obsédé de l'inclusion, qui la voyez partout ?
Vous savez, ce n'est pas moi qui emploie le terme. Ce n'est pas moi qui... Là, en l'occurrence, si, là c'est vous. Non, non, c'était la question... Non, je vous assure. C'était une question, il faut remettre encore une fois dans le contexte, mais ça, les médias ne le font jamais. On balance ma phrase, on balance ensuite la réaction de la ministre, et voilà, et on arrête là. C'est de la désinformation. Je pense que c'est un cas d'école, cette histoire de désinformation médiatique. Vous n'avez pas dit l'obsession de l'inclusion ?
Je l'ai dit, bien sûr, mais je répondais, on avait toute une discussion sur l'inclusion, on avait toute une discussion sur les nouveaux principes de l'éducation nationale. Mais le mot obsession, c'est le vôtre ? Mais oui, parce que c'est une obsession idéologique. Moi, vous savez, je suis le candidouis,
c'est de l'idéologie de mettre des enfants handicapés parmi les autres, c'est de l'idéologie de vouloir donner à nos enfants, dès l'enfance, l'idée qu'ils font accueillir l'autre. Est-ce que ce n'est pas juste du vivre ensemble ? Est-ce qu'à un moment, vous ne voyez pas de l'inclusion dans le vivre ensemble ?
Non, non, non, il y a deux choses. Il y a le fait qu'effectivement, pour les parents d'enfants handicapés, c'est une souffrance que de ne pas voir leurs enfants avec les autres. Je comprends très bien et je compatis vraiment à cette souffrance-là. Deuxièmement, il y a effectivement des enfants pour qui c'est bien d'être au milieu des autres dans un environnement ordinaire, une école ordinaire. En particulier les enfants handicapés physiques ou alors d'autres mentaux, mais qui peuvent travailler, qui peuvent, même certains ont des résultats remarquables. Je n'ai jamais dit le contraire d'ailleurs.
Maintenant, après, il y a des enfants handicapés pour qui c'est une souffrance d'être au milieu des autres et qui sont martyrisés, qui sont bousculés, qui sont... Mais est-ce que ce n'est pas aux parents d'en juger ? Non, non, ce n'est pas aux parents d'en juger. Les parents, vous savez, ils veulent absolument que leur enfant soit au milieu des autres, je comprends. Et puis en plus, et puis en plus, il y a, et là, on voit la perfidie du gouvernement et des gouvernements et de toute cette classe politique. Vous avez remarqué une fois de plus l'unanimité de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par Valérie Pécresse et Emmanuel Macron. Tout ce que de dénoncer, ma brutalité, etc.
Et tout ce que de s'indigner artificiellement, de façon théâtrale, vous savez, comme disait Nietzsche.
Mais vous comprenez bien, moi je veux bien que vous me sortiez Nietzsche, mais à un moment, j'aimerais qu'on parle qu'on parle juste du quotidien des Français. Eric Zemmour, vous auriez pu dire les choses très différemment. Vous qui maniez le verbe, vous auriez pu dire, au fond, il faut essayer de trouver la meilleure manière pour que nos enfants puissent vivre ensemble, les plus faibles et les plus forts, qu'ils puissent justement être en humanité commune. Est-ce qu'il n'y a pas un moment où c'est ça qui manque, Eric Zemmour ? Vous ne pouvez pas le reconnaître ?
Non, je ne le reconnais pas. Je vais vous dire pourquoi. Parce que, parce que, il y a des enfants pour qui c'est un drame d'être avec les autres. J'ai reçu des centaines, des milliers de témoignages de parents ou de gens qui sont handicapés, qui m'écrivent en me disant « Vous avez raison, il faut pour beaucoup d'enfants les mettre dans des établissements spécialisés où ils seront beaucoup mieux organisés, beaucoup mieux aidés. » Vous savez, il y a aussi un problème de politique gouvernementale parce que derrière les bons sentiments et derrière la dénonciation de ma prétendue brutalité, qu'est-ce qu'il y a ? Il n'y a qu'un enfant coûte dans un enseignement ordinaire 6 000 euros.
Dans un établissement spécialisé, 70 000 euros. Donc, on fait des économies sur le dos des enfants handicapés. Oui, on fait des économies sur le dos des enfants handicapés.
L'éducation nationale fait des économies sur le dos des enfants handicapés.
Et le gouvernement. Et il y a des milliers d'enfants qui, aujourd'hui, prennent le taxi chaque matin pour aller en Belgique parce qu'il y a plus d'établissements spécialisés. Dernière chose, est-ce que vous savez qu'il y a à peu près 420 000 enfants handicapés en France et il y a seulement, écoutez-moi bien, 120 000 aides. Vous savez, les AESH, les aides aux enfants en situation d'handicap. Comment voulez-vous qu'ils soient correctement aidés ? Vous voyez, c'est une hypocrisie énorme, cette histoire.
Avec quand même cette phrase, se préoccuper de l'insertion des personnes handicapées dans la société, au fond, vous le dites vous-même, ce n'est pas digne des priorités d'un président. C'est le journal Le Monde qui a retrouvé cette phrase. Vous dites, lorsque Jacques Chirac en a fait l'une de ses priorités, l'insertion des personnes handicapées, c'était un objectif digne d'un président de Conseil Général.
Je, si vous voulez, effectivement...
Ce n'est pas digne d'un président de s'intéresser aux handicapés ?
Ne faites pas dire ce que je n'ai pas dit, c'est trop facile, vous comprenez. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a des grandes priorités. Un président de la République, il est en charge de la France. Après, il y a des premiers ministres, il y a des ministres qui s'occupent de sujets très importants comme les handicapés. Mais, effectivement, quand Jacques Chirac avait dit ma priorité, c'est contre le cancer, on ne va pas dire que ce n'est pas important de lutter contre le cancer. Mais, est-ce que c'est une priorité du président de la République qui est en charge de la France ? Non, c'est une priorité du ministre chargé de la santé, etc. Et c'est tout à fait noble.
Voilà ce que j'ai voulu dire. Alors, à propos d'un ministre... Vous savez, j'essaye toujours de remettre la France dans la présidentielle. Le sujet de la présidentielle, c'est la France.
Avec une question qui est l'éducation, restons sur la question de l'école. Il y a une nouvelle grève prévue ce jeudi, un appel à la grève nationale le jeudi suivant et un certain nombre de candidats, y compris Yannick Jadot, demandent la démission de Jean-Michel Blanquer. Est-ce que vous estimez que Jean-Michel Blanquer doit partir ?
Vous savez, moi je n'aime pas les chasses à l'homme pour en avoir été moi-même victime plusieurs fois. Je n'aime pas ça. Donc, j'ai des désaccords avec Jean-Michel Blanquer. Je critiquais Jean-Michel Blanquer quand M. Jadot se taisait. Moi, maintenant, je ne demande pas la démission. De toute façon, qu'est-ce que ça va changer ? Ce n'est pas Jean-Michel Blanquer qui est responsable. C'est Emmanuel Macron. C'est lui le seul responsable. On lui fait porter le chapeau. Là, vous avez vu, il y a le journal Mediapart
qui révèle qu'il était à Ibiza lorsqu'il a décidé du protocole. C'est une circonstance atténuante pour vous ou pas du tout ? Ça ne m'étonne pas de Mediapart.
Tout ça est minable. C'est un non-sujet. Oui, pour moi, c'est un non-sujet. Pour moi, le responsable de la politique c'est Emmanuel Macron. C'est lui qui fait n'importe quoi ou plutôt qui instrumentalise le Covid pour des raisons politiciennes pour éviter qu'on parle de la France pour pouvoir apparaître comme le protecteur des Français les fameux et avec les autres qui l'emmerdent. Mais ça va se retourner. Je suis désolé pour lui. Mais parce qu'aujourd'hui on comprend bien... Le pass vaccinal ?
Le pass vaccinal c'est pour emmerder les Français ?
Oui, bien sûr. Et c'est typique. Vous avez vu qu'Emmanuel Macron a voulu emmerder les non-vaccinés avec ce pass vaccinal qui ne servira à rien puisque aujourd'hui on voit bien que le Omicron, le fameux variant ne contamine énormément mais a des effets graves beaucoup plus limités.
Le fait qu'il demande au restaurateur de vérifier y compris la pièce d'identité, ça...
Vous voyez la contradiction. On délégitime le plus possible les policiers quand ils demandent en parlant de contrôle aux faciès, etc. Et on demande aux restaurateurs des citoyens de contrôler l'identité des autres citoyens. Mais je remarque que... On peut s'amuser 30 secondes les palinodies d'autres candidats comme Mme Pécresse qui avait fait campagne pour le pass vaccinal qui avait même morigéné ses députés qui le refusaient et qui maintenant dit que c'est un scandale le pass vaccinal. Vous voyez, c'est ça la politique politicienne, c'est ça la classe politique aujourd'hui de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon.
Éric Zemmour, j'oserais qu'on parle du pouvoir d'achat et des hausses des prix qui prennent les Français en tenaille. D'abord, sur la question du pain, il y a ce débat autour du prix de la baguette. La baguette lancée par les centres Leclerc, la baguette à 29 centimes d'euros. Est-ce que vous dites oui, tant mieux, ça permet au plus modeste de pouvoir acheter des baguettes pas chères ou est-ce que vous dites non, pas question, ça casse les prix et il faut défendre les artisans boulangers ? Écoutez,
je comprends très bien qu'il y ait des gens qui soient très contents d'acheter leur baguette à 0,29 centimes parce que ça fait un moins dans le budget. Je comprends très bien ça. Maintenant, on connaît la technique de Leclerc et des autres grandes surfaces, mais en particulier de Leclerc. C'est un prix d'appel, vous avez bien compris. Donc en fait, leur baguette, elle va leur coûter 50 centimes ou 60 centimes de moins et ils vont acheter deux fois plus de produits et ça va leur coûter 10, 50 euros de plus. On connaît le truc. On est habitué maintenant aux manœuvres des grandes surfaces. Donc moi, ce que je dis, c'est qu'il faut protéger les artisans, les vrais artisans boulangers. Comment ?
Il faudrait comprenter le prix ? Je vais vous dire. Je vais vous dire. Il faut, parce qu'en plus, comment on arrive à ce 0,29 ? On importe des produits de l'étranger, on sacrifie les agriculteurs français. Vous voyez, c'est tout ça derrière. Il faut voir derrière un peu le prix. Sauf qu'il y a quand même
un certain nombre de Français qui préfèrent acheter leur baguette à 29 centimes d'eau.
Je vous ai dit, mais de quelle qualité est-elle ? Qu'est-ce que ça sacrifie comme agriculteurs français et comme boulangers artisans ? Moi, oui, j'ai pas mal de mesures pour protéger les artisans de centimes d'eau. Alors, dites-nous. Par exemple, j'arrête toute création de grandes surfaces aux entrées des villes. Comme ça. Deuxièmement, je bascule les fonds, vous savez, très importants de la politique de la ville qui sont sur les banlieues, je les bascule sur ces villes moyennes et petites villes pour revivifier ces bourgs, etc. Troisièmement, pour les artisans, je propose d'augmenter le plafond de l'IS à taux réduit. Au-delà de ces termes technocratiques, qu'est-ce que je veux dire ?
Je veux dire, vous savez, aujourd'hui, il y a deux impôts sur les sociétés. Le tarif normal, 25%, et le tarif réduit à 15%. Sauf que le tarif réduit, il ne s'applique que jusqu'à un plafond de 36 000 euros de bénéfice. Vous le faites ce titre ? Moi, je dis, il faut augmenter ce plafond jusqu'à 300 000 euros. Comme ça, tous les petits commerçants, les artisans qui font du bénéfice pourront payer un tarif réduit.
Et du côté de l'essence, il n'a jamais été aussi cher qu'aujourd'hui de faire son plein. Vous, président, vous faites quoi ?
Vous avez mille fois raison. D'abord, il faut bien comprendre que toute cette augmentation de prix du tarif de l'énergie vient d'une gestion chaotique de l'Europe, de M. Macron, et qu'il faut absolument dénoncer. Maintenant, pour le prix de l'essence, on parlera, j'imagine, de l'énergie ailleurs. Pour le prix de l'essence, si vous voulez, je considère que, je propose que tous les salariés, il y a 8 millions de salariés français qui vont en voiture à leur travail. Cela, je propose que leurs tarifs kilométriques, c'est-à-dire ce que leur coûte en essence, soient payés par moitié par les patrons.
Vous savez, comme nous, Urbain, nous avons le pass pour le métro, quand on paye le métro, on a la moitié. Qu'est-ce qu'il en est pour emmener les enfants
à l'école, pour aller faire ses courses ?
Déjà, accordez-moi que pour aller au travail, c'est bien. Ce n'est pas mal d'avoir la moitié de son essence payée par le patron. C'est une aide colossale. Maintenant, pour aller faire ses courses, il faut surveiller les prix de l'essence. Donc,
vous ne supprimeriez pas les taxes, ou en tout cas, pas de manière immédiate ?
Pas de manière immédiate. Je pense que c'est un... Vous savez, il faut un ensemble global de l'énergie. Il y a une politique de l'énergie. Il y a une politique qui devrait favoriser le nucléaire pour favoriser le nucléaire dans l'électricité et que Emmanuel Macron n'a pas fait. Il découvre six mois avant l'élection que le nucléaire, c'est formidable.
Mais mieux vaut tard que jamais. Vous êtes d'accord là-dessus ?
Oui, mais dans ce cas-là, si vous voulez, on a sous tout. Il a proposé en 2018 la fermeture de 12 réacteurs. Il a fermé Fessenheim. Il n'était pas obligé. Moi, je propose qu'on arrête ce plan-là de fermeture, qu'on crée 14 réacteurs nucléaires de plus et qu'on prolonge les actuels réacteurs leur durée de vie jusqu'à 60 ans. Vous voyez, pour permettre vraiment une utilisation pleine et entière du nucléaire. Avec cette question, l'Europe,
sur ces questions de l'énergie, elle est très importante. L'Europe qui sera au cœur des attentions demain. Emmanuel Macron sera à Strasbourg. Vous, vous voulez parler d'Europe mais vous le ferez depuis Calais. Pourquoi ?
Parce que Calais est le type même de ville sinistrée par Schengen et par la gestion apocalyptique de l'immigration par l'Europe par l'absence de frontières par ces frontières. Vous savez, ils arrivent à Calais parce qu'ils veulent aller en Angleterre mais avant, ils sont passés par la Grèce, par l'Italie et tout ça, ils rentrent comme dans du beurre là-dedans. C'est absolument impardonnable. Nous devons tout à fait réviser Schengen. Mais...
Vous arrêtez Schengen ? Vous arrêtez Erasmus ?
Attendez. Pourquoi j'ai arrêté Erasmus ?
Parce que c'est aussi une circulation au sein de l'Europe ?
Les étudiants ils repartent, ce n'est pas le problème. Ils viennent. Non, il n'y a aucune raison d'arrêter Erasmus. Ça n'a rien à voir. Là, ce sont des émigrés clandestins. Ils n'ont rien à faire chez nous. Donc moi, ce que je propose, c'est effectivement de modifier Schengen, mais je ne suis pas dupe. On va mettre des années. Sans sortir de l'Europe ? On a bien compris. Non, je n'ai jamais dit qu'on sortait de l'Europe. On ne sortira pas de l'Europe. Et en revanche, on demande de la renégociation de Schengen. Je ne suis pas le seul.
Je ne sais pas si vous avez vu en décembre dans le Figaro, il y avait une tribune de 11 ministres européens, les Hongrois, les Polonais, les Grecs, les Lituaniens, les Danois, qui demandent aussi une modification de la politique migratoire de la Commission. Donc, il y a la moitié des pays qui est favorable à cette modification. Mais, je sais très bien, je ne suis pas dupe, ça va prendre des années parce que tout est lent à Bruxelles.
Donc, moi, en attendant, quand je serai élu président de la République, je dirai à Bruxelles, voilà, sur l'immigration, je vous préviens, je ne respecte pas les traités, je fais une politique qui défende la survie de mon peuple car je pense que la survie de mon peuple est en cause. Et donc, je vais prendre des mesures radicales. Je vous ai dit, suppression du regroupement familial. Ça, j'ai bien compris.
Mais, au fond, je m'interroge quand je vous écoute depuis le début et d'ailleurs dans tous les domaines parce que ce soit sur la question des handicapés dont on parlait tout à l'heure, sur la question des mineurs isolés et de votre condamnation, même sur la question de l'Europe, serez-vous capable de compromis, serez-vous capable de dialoguer avec ceux qui ne sont pas d'accord avec vous ? Est-ce que gouverner, ça n'est pas ça ? Est-ce que ce n'est pas ça qui vous manque ?
D'abord, gouverner, ce n'est pas dialoguer. Gouverner, c'est décider. Gouverner, c'est trancher. Gouverner, c'est choisir.
Mais c'est aussi faire des compromis. Regardez, même Donald Trump, même Donald Trump,
dont parfois, il était capable
de faire des compromis.
Le problème, c'est que d'Emmanuel Macron, c'est qu'il parle, il parle, il parle, il fait mine de prendre des compromis, il ne décide rien. Donc ça, c'est un problème. Moi, je pense qu'il faut décider. Vous savez, moi, je ne me suis pas engagé dans cette campagne présidentielle pour faire carrière, pour avoir un poste de plus. Je veux vraiment sauver mon pays que je crois en danger de mort. Donc à partir de là, on peut évidemment discuter. J'ai passé ma vie... Mais regardez... Mais Apolline de Malherbe, accordez-moi que j'ai passé ma vie à discuter. Je débats. Moi, je ne refuse pas les débats. Je ne refuse pas les débats comme Mme Le Pen et Mme Pécresse.
Est-ce que vous avez demandé à débattre, en effet, avec l'une comme avec l'autre et à ce stade, elle refuse ? Robert Ménard, qui est votre ami, il se dit surpris, déçu par votre brutalité, précisément. Est-ce que ce n'est pas ça le talon d'Achille ? Est-ce qu'à un moment, vous n'êtes pas capable de dire d'être, au fond, dans la main tendue, dans l'acceptation de la différence ? Même les Américains, quand vous avez fait un discours sur le débarquement, vous vous êtes sentis obligés de dire qu'ils avaient tenté presque de nous coloniser. Est-ce que ce n'est pas cette politique de la rupture qui vous est reprochée, y compris par vos amis ?
Je suis très heureux qu'on me reproche cette politique de la rupture. Oui, je suis la rupture. Oui, je suis la rupture avec le monde actuel. Oui, je suis la rupture avec Emmanuel Macron. Je suis la seule rupture. Ça, vous avez raison. Je suis la seule rupture. Ils ont raison. Je suis la seule, la seule rupture. Tous les autres, de Marine Le Pen à Jean-Jémini, sont en vérité complices du système. Ils se soumettent au système. Il n'y a que moi qui suis effectivement en rupture avec le système. Mais il ne parle pas de cette rupture-là. Il parle de votre brutalité et de votre manque d'empathie.
D'abord, Robert Ménard, je prétends, mon ami, vous savez, je crois, quand je l'écoute et quand je le vois, je crois entendre Charles Pasqua me dire avec des amis comme Sarah, tu n'as pas besoin d'ennemis. Robert Ménard a fait des choix politiques. Il a choisi de soutenir Mme Le Pen sur lequel il disait pique-pampe pendant des années. C'est son problème et c'est le leur. Maintenant, on peut dire que, vous savez, il y a des amis qui se retournent. Donc, très bien, il est avec Mme Le Pen. Il est devenu un adversaire politique. J'en prends acte. Je considérerai désormais tout ce qu'il dit comme le fait d'un adversaire politique. Et donc, je tirerai les conséquences de ça. Rupture.
Vous savez, la politique, c'est ça. Moi, donc maintenant, sur le fond, parce que je réponds toujours sur le fond, la brutalité, c'est le réel qui est brutal.
Mais est-ce que précisément la civilisation, ce n'est pas le rendre plus vivant ?
Ce que vivent les Français à Pauline de Malherbe est brutal. Ce que vivent les Français est terrible. Quand ils sont agressés, quand ils sont volés, quand ils sont, vous savez, simplement, quand on change leur univers et on est en train de changer la France. Moi, je veux que la France reste la France.
On l'a bien compris. Merci beaucoup, Éric Zemmour, d'avoir répondu à mes questions sur AMC et BFM TV.
Éric Zemmour