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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 11 janvier 2013 60 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesDéfense

Qui gouverne la France et l'Europe ? - 4/4

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 75 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Locuteur 1Fait
    « C'est-à-dire des clubs de réflexion qui sont censés réfléchir à la place des peuples. Et pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de peuple européen. »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « Selon le journal anglais The Economist, ultralibéral, c'est un think-tank qui s'arrange pour être à la fois atlantiste et europhile. »
  • 5:00Locuteur 1Fait
    « Il est situé à Londres. Ça, c'est une saisie d'écran de sa page internet. »
  • 7:00Locuteur 1Chiffre
    « Apax Partners : américain, German Marshall Fund of the United States : les reliquats des fonds Marshall : c'est-à-dire la CIA, Goldman Sachs : banque américaine »
  • 10:00Locuteur 1Fait
    « M. Peter Sutherland, qui est un ancien commissaire européen de nationalité irlandaise qui est le président de Goldman Sachs International, président du groupe de Bilderberg »
  • 12:00Locuteur 1Fait
    « M. Mario Draghi, qui était l'ancien vice-président de Goldman Sachs Europe et qui vient d'être nommé en novembre 2011 président de la BCE à la place de M. Trichet. »
  • 14:00Locuteur 1Fait
    « M. Mario Monti, ancien consultant de Goldman Sachs, ancien commissaire européen qui a été nommé président du Conseil italien sans aucune élection en novembre 2011 »
  • 18:00Locuteur 1Fait
    « La Turquie doit-elle entrer dans l'Europe et pas la Russie ? »
  • 22:00Locuteur 1Fait
    « L'article 42 du TUE qui subordonne toute la défense de l'Europe à, d'abord... Ce qui a la prééminence, c'est l'OTAN. »
  • 24:00Locuteur 1Fait
    « L'article 63 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) interdit toute restriction aux échanges de capitaux. »
  • 26:00Locuteur 1Chiffre
    « Nous perdons actuellement 800 emplois industriels par jour et une usine par jour. »
  • 28:00Locuteur 1Chiffre
    « 6 Français sur 10 ont trouvé cette campagne présidentielle décevante. »
  • 32:00Locuteur 1Promesse
    « La réattribution à la Banque de France de son rôle de financement de l'État et des collectivités locales. »

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François Asselineau

À tout cela, et comme si ça ne suffisait pas, il faut ajouter enfin les think tanks. C'est-à-dire des clubs de réflexion qui sont censés réfléchir à la place des peuples. Et pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de peuple européen. Donc à la Commission européenne, eh bien lorsqu'on veut un peu savoir ce que pense le peuple européen, comme il n'y en a pas, on l'invente. Ce sont tous ces think tanks : le Groupe des Belles Feuilles, Heinrich Böll Stiftung, l'Institut Turgot, Kangaroo Group, Istituto Bruno Leoni, etc. Tous ces clubs de réflexion qui se sont créés... D'ailleurs, on retrouve très souvent les mêmes personnes. Avec des financements dont je vais vous montrer un exemple.

Et qui viennent voir la Commission européenne. Qui sont reçus en grande pompe par tel ou tel commissaire. Et qui disent : « Alors que veulent les Européens ? ». Et donc ces clubs de réflexion disent : « Voilà. Les Européens veulent qu'il y ait plus de réformes, plus rapides. Nous voulons plus d'Europe ». Ils parlent à votre place et à la mienne. On va en prendre un exemple. C'est le Center for European Reform : Centre pour la Réforme Européenne. Selon le journal anglais The Economist, ultralibéral, c'est un think-tank qui s'arrange pour être à la fois atlantiste et europhile. Je vois pas où est le problème, puisque c'est justement la même chose.

Et selon le Financial Times, « a think tank with an increasingly influential role in the shaping of official policy ». Donc c'est-à-dire : « un club de réflexion avec un rôle d'influence croissant dans la formation des politiques officielles ». C'est très très important. Il y a pas seulement que les fonctionnaires des administrations européennes. Il y a aussi tous ces clubs de réflexion qui font leur lobbying. Ce sont en fait le maki des lobbys européens. Alors c'est quoi, ce Center for European Reform ? Eh ben il est situé à Londres. Ça, c'est une saisie d'écran de sa page internet. Et si vous allez sur le site internet, vous trouvez la liste des gens qui financent ce think-tank.

Ce think tank – un des nombreux qui sont censés représenter le peuple européen – exigeait plus de réformes libérales. Et qui finance ? Eh bien je vous l'ai agrandi. Apax Partners : américain, German Marshall Fund of the United States : les reliquats des fonds Marshall : c'est-à-dire la CIA, Goldman Sachs : banque américaine, United Parcel Service : américain, Boeing : société américaine, United Technologies : société américaine, Morgan Stanley : banque américaine, Rolls Royce : ça n'est pas américain. C'est – vous savez – germano-anglais, puisque Rolls Royce a été racheté par BMW. Tiwewarner : américain, Unilever : néerlandais, Lockheed Martin : oh tiens, les revoilà !

« We never forget who we're working for ». Vous vous rappelez ? Lockheed Martin, américain. The Economist : anglais, Citigroup : américain, Merrill Lynch : américain, Deutsche Bank : c'est allemand, JP Morgan : américain, British Bankers' Association : c'est britannique, BP : c'est britannique. Dans toute cette liste, il y en a quelques-uns que je n'ai pas repris mais il y a une seule société française – et encore, qui est Thales – qui fait partie du lot. La grande majorité des financiers de ce think-tank qui est censé représenter ce que veut le peuple européen qui n'existe pas, eh bien ce sont les sociétés américaines. Voilà comment ça marche.

Alors d'ailleurs, nettoyons un peu ça et on va en garder deux. Hop ! Je les enlève. J'en garde deux. Goldman Sachs et JP Morgan, on les retrouve partout. C'est justement à Goldman Sachs et à JP Morgan que le gouvernement Fillon a ouvert le marché du gaz français pour qu'ils dégagent le maximum de cash. Quant à Goldman Sachs, eh bien Goldman Sachs, on en parle de plus en plus. On en a beaucoup parlé, d'ailleurs, en novembre de l'année dernière. Pourquoi ? Eh bien parce que l'un des grands big boss de Goldman Sachs, c'est M.

Peter Sutherland, qui est un ancien commissaire européen de nationalité irlandaise qui est le président de Goldman Sachs International, président du groupe de Bilderberg, président pour l'Union européenne et Transatlantic Policy Network, c'est-à-dire de cet organisme qui est en train de mettre sur pied le grand marché transatlantique qui nous attend pour 2015. À peu près en 2015, en tout cas, nous allons commencer à devenir tous carrément des Américains. C'est ce M. Peter Sutherland qui a sous son autorité M. Mario Draghi, qui était l'ancien vice-président de Goldman Sachs Europe et qui vient d'être nommé en novembre 2011 président de la BCE à la place de M. Trichet.

C'était un subordonné de M. Peter Sutherland. Maintenant, c'est lui qui dirige la BCE à la place de M. Trichet. Il a sur notre vie quotidienne, puisqu'il est la personne qui coordonne les taux d'intérêt sur l'euro, la valeur externe de l'euro... Il a sur la vie quotidienne de 500 millions de personnes et notamment de 65 millions de Français une importance qui est cent fois supérieure à celle que peut avoir le ministre français des Finances. Il faut y ajouter également M.

Mario Monti, ancien consultant de Goldman Sachs, ancien commissaire européen qui a été nommé président du Conseil italien sans aucune élection en novembre 2011 lorsque l'oligarchie mafieuse qui dirige désormais le continent européen a pointé le pouce vers le bas – vous savez, comme Néron, dans les jeux du stade – en décidant la mort politique de Berlusconi. Le président du Conseil italien M. Berlusconi avait réussi à survivre à tous les scandales. Scandales de mœurs, avec ses liens avec des starlettes, des jeunes filles, scandales financiers avec de la corruption, etc. Il avait survécu à tout, Berlusconi. Il n'a pas survécu lorsque M.

Peter Sutherland a pointé le pouce vers le bas et que l'oligarchie, Goldman Sachs a décidé qu'il devait gicler. Et donc on a nommé M. Mario Monti, qui a été nommé sénateur à vie, et ensuite président du Conseil italien, sans avoir jamais été présenté à une seule élection. Jamais les Italiens n'ont voté pour ce monsieur. Ça s'appelle une dictature au sens étymologique du terme, parce que sous l'Antiquité, sous la Rome antique, la dictature, c'est lorsque – justement – il y avait des menaces étrangères. On suspendait les libertés publiques.

Et on remettait tout à un expert qui était censé mieux connaître que tout le monde ce qu'il fallait faire pour se défendre vis-à-vis des menaces étrangères et qui dictait ce qu'il fallait faire. Dictator. Je ne plaisante pas. C'est une dictature, au sens étymologique du terme. M. Monti n'a été élu par personne. Il a été nommé par une oligarchie qui a décidé que c'était lui qu'il fallait, parce que c'était lui, prétendument, l'expert. Il n'y a pas que M. Mario Monti, d'ailleurs, puisque ça a été également le cas en Grèce où M. Papandréou, le Premier ministre socialiste, compte tenu du désastre de la situation grecque qui, d'ailleurs, ne cesse de s'enfoncer dans l'anarchie... M.

Papandréou a eu un remords au dernier moment. Il a voulu organiser un référendum comme vous l'avez vu. Aussitôt, tout le monde lui est tombé dessus comme s'il avait fait un scandale. C'est presque comme s'il avait fait un coup d'État. Le Premier ministre grec a voulu faire un référendum pour demander au peuple grec s'il était d'accord avec le plan. Tout le monde lui est tombé dessus comme s'il avait voulu faire un coup d'État. Il a été viré en renonçant au référendum. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce qui se passe. Mais enfin nom d'une pipe, il faut que les Français se révoltent ! Il faut quand même que... Ça suffit de rester comme ça assis devant sa télévision.

Alors l'oligarchie a nommé M. Papadímos, ancien conseiller de la banque fédérale de Boston, aux États-Unis, ancien gouverneur de la Banque de Grèce de 1994 à 2002, lorsque la Grèce s'est qualifiée – entre guillemets – pour l'euro grâce à des comptes qui avaient été falsifiés par Goldman Sachs avec lequel M. Papadímos avait travaillé. Ancien vice-président de la BCE, nommé Premier ministre grec sans aucune élection en novembre 2011, quelques jours avant que M. Mario Monti ne succède à M. Berlusconi dans les mêmes conditions. Donc ce sont des dictatures qui viennent de s'imposer en Grèce et en Italie.

Ces deux pays sont désormais dirigés par des dictateurs élus par personne et qui sont aux mains de la mafia, de l'oligarchie financière qui dirige désormais l'Europe. Voilà la situation dans laquelle nous sommes. Huitième question bête : quelles sont les conséquences géopolitiques de tout ce que je viens de vous montrer au cours de cette longue conférence qui tire maintenant à sa fin ? Eh bien la construction européenne est au service des intérêts géopolitiques nationaux américains. Ça n'est pas uniquement une construction pour une oligarchie financière, comme certains tendent à le croire. Ça sert bien les intérêts géopolitiques nationaux américains.

L'exemple magistral : pourquoi la Turquie doit-elle entrer dans l'Europe et pas la Russie ? C'est une question à laquelle vos députés sont incapables de répondre si vous la leur posez. Ils biaiseront. Ils diront : « Mais moi, je suis pas pour. Mais ci. Mais ça ». Mais c'est pas la question. Allez demander à votre député, quelle que soit sa couleur : « Monsieur le député ou madame la députée, j'ai un petit problème. La Russie est un pays d'Europe. Bah oui. Bah oui. La Turquie, ça se discute parce que c'est vrai que la Turquie a un passé en Europe. Mais enfin, c'est quand même pas principalement un pays d'Europe. Donc pourquoi la Turquie doit-elle entrer dans l'UE et pas la Russie ? ».

Alors vous verrez votre député qui tournera autour du pot, qui dira : « Oui. Mais je suis pas sûr que les Russes veulent. Oui mais les Turcs... Mais je suis pas d'accord », etc. Mais il n'aura pas d'explication. La bonne explication, c'est celle que je viens de vous montrer, que je vais préciser. La Turquie, c'est le plateau anatolien qui appartient à l'OTAN qui surveille le Caucase, qui surveille l'Iran pour le compte des Américains, qui surveille l'Irak et la Mésopotamie, les ressources en eau, la Syrie, qui surveille la protection de l'État d'Israël et qui surveille la Méditerranée orientale. C'est le flanc sud de l'OTAN.

Et les États-Unis veulent faire coïncider le périmètre de l'OTAN avec le périmètre de l'UE puisque je vous l'ai déjà dit plusieurs fois : l'UE et l'OTAN, c'est la même chose dans l'état d'esprit des Américains. L'UE, c'est la vitrine politique. Le revers de cette médaille, c'est l'OTAN : la vitrine militaire. Voilà. Et l'objectif... Ça n'est pas moi qui le dis. Il faut lire Zbigniew Brzezinski, conseiller diplomatique du président Carter, conseiller diplomatique pendant quelques mois du président Obama, américain, d'origine polonaise qui a écrit un livre qui s'appelle « The Grand Chessboard », en américain traduit en français : « Le grand échiquier ».

Et qui explique que toute la politique américaine consiste à maintenir une hégémonie mondiale puisque pour la première fois depuis le Big Bang, depuis la création de l'univers, c'est une puissance qui est située sur le continent américain qui domine l'univers alors qu'auparavant, c'était toujours une puissance eurasiatique. Premièrement. Deuxièmement, pour maintenir ce leadership absolu des États-Unis, il faut donc contrarier la réapparition d'une menace en Eurasie. Ça veut dire avoir sous domination l'ensemble de l'Europe. Ça veut dire refouler au fin fond des steppes toute puissance russe. Et donc il s'agit d'encercler la Russie par l'ouest et par le sud.

Voilà pourquoi la Turquie va entrer dans l'UE. Et voilà ce qu'aucun responsable politique français ne peut expliquer puisqu'expliquer cela, c'est expliquer ce que c'est que la construction européenne. Et s'ils le faisaient... D'abord, je pense que beaucoup n'ont pas compris. Mais ceux qui le savent savent que s'ils le disaient à la population, ils seraient morts médiatiquement. Alors voici maintenant ce qui faisait la grande puissance de la France : les pays de la francophonie. Si la France était et est encore... Mais chaque année qui passe est en train de torpiller notre pouvoir mondial, notre rayonnement mondial.

C'étaient les pays de la francophonie, que l'on voit sur ce planisphère en couleur bleu ciel. C'est-à-dire pour l'essentiel les anciennes colonies françaises. Pas toutes parce que, par exemple, l'Algérie a refusé encore d'entrer dans la francophonie. Mais globalement, ce sont les pays où l'on parle le français. C'est-à-dire globalement des anciennes colonies françaises. Y compris le Canada, parce que c'est le Québec qui va avec. Et il faut bien comprendre que plus... Avec la construction européenne, eh bien on est en train de couper la France de tout ce qui faisait notre puissance et notre rayonnement mondial.

Puisque plus nous nous enfermons dans cette espèce d'univers étriqué de l'empire euro-atlantiste, où l'on prétend que l'on doit fusionner avec des peuples comme l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie... Je n'ai rien contre les Estoniens, les Lituaniens ou les Lettons. Mais nous n'avons aucun lien particulier avec eux. En revanche, nous avons des liens avec des pays d'Afrique très importants dont nous nous coupons progressivement, parce que la construction européenne est une construction, dans son essence philosophique, qui est une construction raciste. Creusez l'européisme.

Vous trouverez tout de suite – ou en tout cas très rapidement – le partisan de l'Europe qui vous dira : « Mais oui, mais si jamais on ne fait pas l'Europe, vous vous rendez compte, les Arabes ! Vous vous rendez compte, les Noirs, les Indiens, les Chinois ! ». Voilà la réaction qui, d'ailleurs, est une réaction débile. À de nombreux égards, j'ai déjà eu l'occasion de l'expliquer puisque, par exemple, en matière industrielle, eh bien le français Renault fait alliance avec le japonais Nissan pour mieux combattre l'allemand Volkswagen. Pareil lorsque, par exemple, Thomson se fait racheter par le chinois TCL pour mieux combattre l'allemand Siemens.

C'est-à-dire que le jeu des alliances industrielles capitalistiques mondiales se jouent complètement du périmètre de l'UE. En attendant, la preuve est ainsi faite que ce n'est pas sortir de l'UE qui isole la France. C'est d'y rester. Et on le voit depuis 1965. Vous vous rappelez ce que je vous montrais, l'affiche de Mitterrand. Mitterrand qui disait que De Gaulle, c'était la France isolée. Non, ça n'est pas vrai. La France est plus isolée que jamais, maintenant. Si vous avez des amis latino-américains, russes, dans le monde arabe, africains, en Chine, si vous avez vraiment des amis comme moi j'en ai, qu'est-ce qu'ils vous disent tous ?

Ils vous disent tous : « Mais qu'est-ce qu'est devenue la France ? Mais qu'est-ce que vous êtes devenus ? Est-ce que vous vous êtes regardés dans la glace ? Vous, le pays de Louis XIV, de Napoléon, des soldats de l'an II, de Clemenceau, de Foch, de De Gaulle, qu'est-ce que vous êtes devenus ? Vous êtes devenus les larbins des Américains ! C'est ça, votre avenir ? ». Donc j'insiste. Ça n'est pas sortir de l'UE qui isole la France. C'est bien d'y rester. Cet effacement rapide de la France, d'ailleurs, n'est pas perdu pour tout le monde. En voici un exemple parmi des dizaines d'autres.

Le 1e novembre 2006, le président chinois Hu Jintao a rencontré à Libreville le président gabonais Omar Bongo, qui est décédé depuis lors mais, maintenant, c'est son fils. Regardez cette affiche. Alors on va me dire : « Ah oui ! Vous, vous êtes pour la Françafrique ». Non, je suis pas pour la Françafrique. Je suis pour des rapports totalement rénovés entre la France et les pays d'Afrique. Mais ce que je dis, c'est que ceux qui, en ce moment, se battent contre la Françafrique ont plusieurs métros de retard. Parce que maintenant, c'est plus du tout comme ça que ça se passe. Dans les années 70, on avait Pompidou avec Bongo, quand il allait à Libreville.

Et puis à la fin des années 70, c'était Giscard avec Bongo. Et puis dans les années 80, c'était Mitterrand avec Bongo. Et puis après, dans les années 90, 2000, c'était Chirac avec Bongo. Et maintenant, c'est Hu Jintao avec Bongo. Voilà la situation dans laquelle est en train de nous amener l'UE : la disparition de notre pays de la scène mondiale. En d'autres termes, les autres pays se marrent, hein. Les Américains : « Nous faisons bon accueil à une Europe vraiment unie ». Et la Chine soutient l'intégration de l'UE et apprécie les efforts de l'UE pour jouer un rôle plus grand et plus constructif dans les affaires internationales. Eh ben oui.

Les Américains sont en train de récupérer toutes les anciennes colonies dont nous partons très vite puisque nous ne donnons plus... Nous sommes en train de tuer tout ce qui faisait nos atouts mondiaux. Chapeau ! Chapeau, la stratégie des dirigeants français ! On est en train d'emmener l'ensemble de la population française vers la pauvreté et en train de détruire tous nos atouts mondiaux ! Et pour le plus grand bénéfice de qui ? Des Américains ou des Chinois. Les Chinois, pendant des décennies, n'ont pas cru. Ils ont dit : « C'est pas possible. Ils sont quand même pas bêtes au point de tomber pieds et poings liés dans cette stratégie américaine ». Eh ben si !

Eh bien y a un moment à partir duquel ils se disent : « Ben très bien. Qui va à la chasse perd sa place ». Et si les Français sont sur le déclin... Puisque la France est en pleine décadence vu de Pékin, vu de Washington... Enfin les Américains, d'ailleurs, n'ont pas beaucoup de leçons à nous donner. Mais enfin vu des pays d'Extrême-Orient que je connais bien, eh bien nous sommes en pleine décadence. Il est temps d'aller rendre notre place. Alors la « théorie du choc des civilisations » de Huntington est schématique comme un western hollywoodien. C'est la clé de voûte finale de cette conférence.

C'est qu'en réalité, vous savez que je vous ai parlé de Brzezinski, qui explique donc l'encerclement de la Russie. L'autre théoricien, c'est Samuel Huntington, l'Américain qui a dit que le monde devait s'orienter vers ce monde multipolaire dont on nous a bassinés avec, donc, des grandes civilisations qui se partageraient la planète. C'est une vision criminelle, belliciste, raciste, religieuse et qui est poussée par les Américains dans une espèce de volonté de taxinomie délirante pour diviser le monde en quelques grands blocs. Premier bloc, celui qui est de couleur framboise écrasée, c'est le monde judéo-chrétien. Oh ! Comme par hasard, ce monde judéo-chrétien correspond pile poil à l'OTAN.

Ça tombe bien. C'est la justification théorique de la mainmise des États-Unis sur l'Europe occidentale. La couleur pistache, c'est le monde latino-américain. Pourquoi n'est-il pas judéo-chrétien ? On se le demande. Mais non, on ne se le demande pas. C'est tout simplement parce que ce sont des gens qui détestent les Yankees. Et donc on les a confinés dans un ghetto. Ici, le long du Rio Grande, j'ai déjà dit : « On tire à vue sur les immigrés clandestins ». Et puis après ça, vous avez les très très très méchants qui sont de couleur moutarde. Ce sont les musulmans. Alors dans la pensée américaine, eh bien on va mettre dans ce monde moutarde... Ça va depuis le Sénégal ou la Mauritanie...

Les pays du Sahel, les Arabes du Maghreb, les Arabes du Machrek, les Badawiyoune d'Arabie saoudite... Tout ça, ce sont des Arabes. Mais on met dans le même sac les Iraniens qui sont des Aryens, qui sont des personnes qui ne sont pas des Arabes. On met le monde turcophone. Les Turcs, ce sont des autres ennemis mais ce ne sont pas des Arabes. On y met les Pakistanais qui sont des Aryens. On y met les Bengalis du Bangladesh qui sont encore des différents. Les Somaliens. On y met le monde malais avec l'Indonésie et la Malaisie. Et ça se termine par ces tribus papoues de l'Irian Jaya. Donc on fait prévaloir une vision délirante, uniquement religieuse.

D'ailleurs comme si l'islam n'était qu'une seule et même religion, alors que vous avez l'islam sunnite, l'islam chiite, l'islam zaïdique (NDLR : inclus dans l'islam chiite). Vous avez des quantités de sectes. Et puis vous avez bien plus encore : des schémas historiques, anthropologiques totalement différents. On sait très bien que l'islam de Malaisie ou d'Indonésie n'a rien à voir avec l'islam de l'Afghanistan ou avec celui de la bande du Sahel, parce que ce sont des peuples différents, des langues différentes. Par exemple, dans tout le sud-continent, il y a le pouvoir de la shakti, le pouvoir de la femme nourricière.

Ce qui fait que nous avons le Bangladesh ou le Pakistan qui sont parmi les principaux pays musulmans du monde qui ont été parmi les premiers pays du monde à être dirigés par des femmes. Comme, d'ailleurs, l'Inde et le Sri Lanka qui... L'un est hindou majoritairement et l'autre bouddhiste. Donc on a des schémas anthropologiques qui prévalent tout ça mais les Américains s'en foutent ! C'est pas le problème ! Alors en plus de ça, après ça, c'est la civilisation africaine. Dans l'esprit de celui qui a conçu ça, c'est évidemment l'absence de civilisation. Donc on a mis dedans n'importe quoi.

On a mis le Sud ivoirien, qui est catholique et francophone, avec le Nigeria qui est musulman anglophone, avec Madagascar, dont les plateaux sont peuplés de gens d'origine malaise comme vous le savez, avec des pays relativement développés voire très développés, comme l'Afrique du Sud. On s'en fiche éperdument. Et puis alors on a mis l'Inde, la civilisation indienne, comme si l'Inde n'était pas un pays musulman, alors que c'est le deuxième pays musulman de la planète le plus peuplé après l'Indonésie. Je rappelle d'ailleurs au passage – comme vous le savez sans doute, mais c'est toujours bon à rappeler – que la majorité des musulmans ne sont pas arabes. C'est d'abord des pays...

Les pays les plus peuplés, c'est l'Indonésie puis l'Inde puis le Pakistan puis le Bangladesh. Nous avons ici ensuite la civilisation dite confucéenne, c'est-à-dire chinoise et ses prolongements. La civilisation japonaise, que les Américains ont eu la gentillesse de considérer comme une civilisation à part. Et puis les deuxièmes très très méchants qui sont couleur caca. Eh bien après la couleur moutarde, là, c'est le monde orthodoxe. Whouuuuu ! Ils sont très très méchants aussi. Faut vraiment les repousser au-delà.

En tout cas, tout cela pourrait prêter à plaisanteries si, comme je l'ai dit tout à l'heure, ça n'était pas la pseudo-justification théorique d'une volonté de faire un ensemble euro-atlantiste guerrier qui a vocation à vouloir diriger le monde et imposer des guerres néo-coloniales. Alors c'est évidemment extrêmement grave. Parce que cette construction européenne, qui tient encore un petit peu dans l'esprit des gens parce qu'on leur fait croire que l'Europe, c'est la paix... Non. L'Europe est en train de nous entraîner vers la guerre ! Et on le voit de plus en plus !

Je signale que l'Eurocorps, qui est l'embryon d'une armée européenne, comporte 5 membres permanents : depuis 1992 la France, l'Allemagne, l'Espagne, la Belgique et le Luxembourg. 4 autres pays qui participent à l'état-major : l'Autriche, la Grèce, la Pologne et la Turquie ! Ceux qui croient encore que la Turquie n'entrera pas dans l'Union, elle est déjà dans l'Eurocorps. Si vous allez sur le site internet de l'Eurocorps, vous verrez – c'est une saisie d'écran – que c'est marqué dessus : « EUROCORPS », « A force for the European Union and the Atlantic Alliance ». Je suis obligé de parler en américain puisque tout ce qui européen, en fait, est américain.

Ça, ça veut dire : « Une force militaire pour l'Union européenne et l'alliance atlantique ». C'est donc la confirmation de ce que je ne cesse de vous dire depuis le début de cette conférence : l'UE et l'OTAN sont les deux faces de la même monnaie. C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, lorsque Nicolas Sarkozy a fait que la France a réintégré le commandement militaire intégré de l'OTAN, c'est évidemment... Je considère ça comme un scandale. Mais c'est un scandale qui est tout à fait logique. Et je trouve tout aussi scandaleux ceux qui font semblant de s'en offusquer. Comme certains comme – par exemple – M. Mélenchon ou M.

Dupont-Aignan qui prétendent rester dans l'UE et l'un veut sortir de l'OTAN, l'autre du commandement militaire intégré. Mais ça veut dire qu'ils mentent. Il suffit de lire l'article 42 du TUE qui subordonne toute la défense de l'Europe à, d'abord... Ce qui a la prééminence, c'est l'OTAN. Donc il y a encore une fois... Le choix est extrêmement clair. Soit on est dans l'UE et donc dans l'OTAN – il faut participer à l'OTAN, tout –, soit on sort de l'UE et de l'OTAN. Mais on peut pas avoir un croisement entre les deux. On peut pas être dans l'UE sans être dans l'OTAN. Certes, on va me dire : « Oui. Il y a la Suède ou l'Autriche ». Mais ce sont des pays neutres.

Ce ne sont pas des pays qui entretiennent une armée comme l'armée française. Donc il y a une logique profonde aux décisions stratégiques. C'est donc un des grands tabous de notre société : l'Europe, c'est la guerre. C'est d'ailleurs ce à quoi on assiste. Nous sommes désormais présents, par exemple dans le cadre de l'ISAF... Nous sommes présents dans l'Eurocorps. Nous sommes présents en Afghanistan. Nous participons toutes les semaines à des crimes de guerre qui sont qualifiés de bavures dans les médias. En disparaissant progressivement dans l'UE-OTAN, dans ce que les médias appellent la communauté internationale... Vous savez que c'est un mot codé, « communauté internationale ».

Si vous lisez les journaux, vous découvrez un jour que la communauté internationale proteste contre les déclarations du président Chavez du Venezuela. Ah ! Donc ça veut dire que le Venezuela n'est pas dans la communauté internationale. Le lendemain, vous apprenez que la communauté internationale s'émeut des conditions de l'élection présidentielle en Russie. Ah ! Très bien. Donc la Russie n'est pas dans la communauté internationale. Après ça, la communauté internationale est inquiète de la situation des droits de l'homme en Chine. Ah ! Donc la Chine n'est pas non plus dans la communauté internationale. La communauté internationale est préoccupée par la situation en Iran, en Syrie, etc.

Donc de proche en proche, vous vous apercevez... Mais qui est dans la communauté internationale ? La communauté internationale, c'est un mot codé, une expression codée dans la langue de bois des médias sous domination actuelle. Ça veut dire les États-Unis et l'UE plus le Canada plus les obligés ou alliés des États-Unis comme par exemple le Qatar, le Costa Rica ou ce genre d'État. En tout cas, plus nous disparaissons dans l'UE et l'OTAN, plus la France apparaît aux yeux du reste du monde comme indigne de son histoire et se rend de plus en plus méprisable et odieuse aux trois quarts de l'humanité.

Maintenant, nous arrivons à la fin de cette très longue conférence en posant la dernière question bête : « À quoi sert votre bulletin de vote ? ». Eh bien votre bulletin de vote ne sert pas exactement à rien. Il sert à vous faire croire que vous êtes encore en démocratie. Il sert à vous enfumer. Parce que si on vous aviez retiré le droit de vote, vous seriez pas contents. Donc on vous a laissé le droit de vote. Mais on vous fait voter entre des personnes qui n'ont pratiquement plus aucun pouvoir réel, sauf sur des sujets de nature... Du style sujets de société : euthanasie, mariage gay. Ce genre de choses. Mais à part ça, sur tous les sujets stratégiques, ils n'ont pu rien avoir.

Que ce soit en matière économique, financière, industrielle, diplomatique, militaire, culturelle, rien ! Alors comment ça s'est passé ? Eh ben je me permets de vous rappeler rapidement, quand même, quels sont les pouvoirs qui nous ont été volés. L'UE possède une compétence dite exclusive. Ça veut dire que les États n'ont plus leur mot à dire. Quand on dit « les États », ça veut dire « les électeurs ». Sur quels sujets ? Premièrement sur l'union douanière et la politique commerciale commune. Ça veut dire notamment les délocalisations.

Je me suis répandu depuis des mois et des mois à expliquer aux Français que l'article 63 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) interdit toute restriction aux échanges de capitaux. Ça veut dire qu'on ne peut plus lutter contre les délocalisations. Parce qu'avant, dans les années 60, 70, 80, quand une société... Si une société avait voulu construire une usine en Chine, il fallait qu'elle demande l'autorisation de la direction du trésor du ministère des Finances qui disait « non ». Voilà. Et si une société américaine voulait ou enviait de racheter une société française, fallait qu'elle demande l'autorisation au ministère français des Finances, qui disait « non ».

Qui pouvait dire « oui », mais qui disait en général « non ». C'est comme ça que ça se passait. Et la France n'était pas la Corée du Nord ou 1984. C'est pareil pour tous les autres États. Les délocalisations, c'est pas tombé du ciel ! C'est une décision qui a été prise délibérément par la Commission européenne et le US Trade Representative américain. Quand on fait croire aux Français que l'Europe nous protège... Vous savez, c'est l'Europe qui a créé la situation qui est en train de nous détruire. C'est ça qu'il faut bien comprendre. Donc l'article 32, l'article 63 du TFUE...

Je vous renvoie à mes conférences, la présentation de mon programme présidentiel, à la fois sous forme vidéo et sous forme de texte sur notre site. Eh bien cette politique échappe à la volonté des électeurs. Deuxièmement, l'établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur. En particulier le démantèlement des services publics, la privatisation. La privatisation rampante d'EDF, de GDF, de La Poste, etc, tout ça est décidé par l'UE. C'est une compétence exclusive ! Donc ça veut dire que quoi que vous puissiez voter, sauf si – comme moi, je vous le propose – nous décidons de sortir de l'UE, de cette prison des peuples...

Mais si nous décidons d'y rester, ce qu'ont proposé, d'ailleurs, les 10 candidats à l'élection présidentielle de 2012, eh bien si nous décidons d'y rester, eh bien il faut s'attendre à la poursuite du démantèlement de nos services publics. Troisièmement, la politique monétaire pour les États dont la monnaie est l'euro. Donc ça veut dire les taux d'intérêts, toutes les grandes orientations de politique économique, le niveau de vie, la croissance, l'emploi, le chômage. Toutes ces questions qui sont au cœur, évidemment, des problèmes des Français. Tout cela ne dépend plus de votre vote. Voilà.

Et enfin, le dernier point, qui est un peu accessoire quand on part dans le Jura, qui ne l'est pas du tout quand on part – comme je l'ai fait – à Lorient ou à Quimper. C'est la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la pêche. Donc notamment le revenu des pêcheurs. J'ai déjà expliqué... J'ai un peu de sang breton dans les veines. Eh bien je peux vous assurer que dans les années 60 – je connais bien la presqu'île de Crozon –, il y avait des ports de pêche à Morgat, à Camaret, et puis un peu en dehors de la presqu'île de Crozon à Douarnenez. Eh bien en tout cas, à Morgat, il n'y a plus de port de pêche.

À Camaret, il n'y a plus de port de pêche. À Douardenez, il n'y aura bientôt plus de port de pêche. Enfin, il y en a quand même un, maintenant, pour trouver un port de pêche. Et donc tous ces anciens ports de pêche se sont transformés en stations balnéaires espagnoles, avec des bistrots et on vend, vous savez, des gouaches ou des pastels où on représente des navires échoués sur une plage. Le deuxième volet, ce sont les sujets sur lesquels l'UE possède une compétence dite partagée.

Un nouvel euphémisme qui signifie en réalité que les États – c'est-à-dire les électeurs –, là non plus n'ont plus leur mot à dire sauf sur des sujets accessoires et sauf si l'UE le leur demande, ce qu'elle fait très rarement. C'est le marché intérieur, la politique sociale sous de très nombreux aspects, la cohésion économique, sociale et territoriale, l'agriculture, l'environnement, la protection des consommateurs, les transports, les réseaux transeuropéens, l'énergie, les questions de liberté publique, les questions de sécurité, la justice, l'immigration et les enjeux communs de sécurité en matière de santé publique. Ça veut donc dire, en gros... Bah à peu près tout.

Ça veut dire que que ce soit la politique vis-à-vis de l'immigration, sujet sur lequel on adore faire se battre les Français... Mme Le Pen, M. Le Pen, la SARL Le Pen & Co : M. Le Pen, Mme Le Pen, le gendre Le Pen, la petite-fille Le Pen font leur beurre – sans mauvais jeu de mots – depuis maintenant 29 ans sur la question de l'immigration. Personne ne dit que depuis le traité d'Amsterdam, les questions d'immigration ont été transférées – en matière stratégique – à l'UE. On l'a vu, d'ailleurs, lorsque le gouvernement de M. Fillon a voulu procéder à des expulsions massives de roms. Je ne prends pas parti, ni pour ni contre. Je parle simplement en termes juridiques.

Eh bien aussitôt, Mme Viviane Reding, commissaire européenne luxembourgeoise, a menacé la France de la déférer devant la Cour de justice de l'Union européenne parce que les expulsions d'étrangers sont décidées désormais au niveau européen. Pareil en matière de carte bleue. Vous savez que la politique de l'UE en matière d'immigration, c'est désormais d'aller faire son marché aux esclaves. C'est-à-dire d'aller dans les pays du Sud et de retenir, de choisir les gens diplômés. C'est immonde ! Pourquoi ça ? Bah parce qu'on s'est aperçu que quelqu'un qui a une licence en maths, par exemple... C'est quelqu'un qui a – admettons – 22, 23 ans et qui a son bac et qui a une licence universitaire.

En gros, ça coûte à peu près 200 000 € à fabriquer. Les gens qui nous dirigent raisonnent comme ça. Parce qu'il faut avoir un service de maternité. Il faut qu'il y ait une maman qui ait un bébé. Il faut assurer, donc, l'accouchement. Il faut assurer le bien-être de la maman. Ensuite, il faut nourrir le bébé, le loger, l'habiller. Puis après ça, il faut qu'il aille à l'école. Faut avoir un service d'éducation. Il faut le soigner. Puis il faut le faire grandir jusqu'à 20 ans. Puis faut qu'il aille à l'école, puis au collège, puis au lycée, puis à l'université. En gros, allez, 200 000 €. Bah si on va chercher un Sénégalais qui a une licence en maths, ça fait 200 000 € de gagnés !

C'est exactement le schéma des Américains avec la green card. Et c'est le schéma, maintenant, des Européens avec la blue card qui va décider, qui va chercher des personnes compétentes dans les pays du Sud. Ce qui est une honte, puisqu'il s'agit vraiment d'aller faire son marché aux esclaves. Et c'est évidemment empêcher les pays du Sud d'essayer de se développer. Parce que si on leur pique systématiquement toutes les élites qu'ils produisent, évidemment, ils ne se développeront jamais. On pourra maintenir, d'ailleurs, avec ces États des relations de domination. Alors ça, c'est sur l'immigration.

La façon dont j'en parle, qui est la vraie façon dont on devrait en parler, évidemment, personne n'en parle. À l'extrême-droite, on préfère faire mousser la viande hallal. Les OGM, c'est pareil. Les organismes génétiquement modifiés, 85% des Français sont contre. Mais ça nous est imposé par l'UE. Et d'ailleurs, si nous refusons... Nous avons été, d'ailleurs, déjà déférés devant la Cour de justice, avec une pénalité de 160 000 € par jour de retard dans la transposition des directives européennes sur la question. C'est-à-dire si on attend 100 jours, 160 000 par 100, ça fait 16 000 000 € parce qu'on a attendu 3 mois avant de transposer les directives européennes.

Les vaccinations massives, la privatisation d'EDF-GDF, la précarisation de l'emploi, les fusions-acquisitions, la préservation de l'environnement, les mandats d'arrêt... Vous savez qu'il y a le mandat d'arrêt européen qui est en train de ruiner nos libertés publiques dans un aspect fondamental. Les fonds structurels régionaux... Bref, tout cela... Je ne dis pas « est décidé exclusivement par Bruxelles ». Ça, c'est excessif. Mais très largement décidé par Bruxelles. En tout cas pour tous les sujets stratégiques. Les élus nationaux français, dans le meilleur des cas, n'ont plus qu'une faible marge de manœuvre.

Le troisième volet, eh bien c'est là où l'UE possède une compétence dite de coordination. Alors là, pour le coup, les États – donc les électeurs – conservent une marge de manœuvre. Les États ont une marge de manœuvre mais l'UE a un pouvoir d'appui, de publicité et de coordination. C'est quoi les sujets ? La protection et l'amélioration de la santé humaine, l'industrie, du moins pour ce qu'il en reste, puisque je rappelle que nous perdons actuellement 800 emplois industriels par jour et une usine par jour. La culture. La culture, ça veut dire par exemple qu'on a ce pouvoir extraordinaire. C'est de pouvoir organiser une exposition sur les impressionnistes au Grand Palais.

Le tourisme quoique la plupart, maintenant, des activités de promotion touristique soient faites en France par les comités départementaux ou régionaux du tourisme. C'est quand même pas un sujet d'une ampleur stratégique. L'éducation. Alors l'éducation, c'est un très grand sujet, bien entendu. Sauf que c'est un sujet doté d'une inertie considérable. C'est très très inertiel quand on prend des mesures en matière d'éducation. Ça s'étale sur des années et des années pour que ça fasse des évolutions. Et d'ailleurs, au passage, je signale quand même, en matière d'éducation, l'UE met son grain de sel puisque, de plus en plus, on va vers un manuel d'histoire franco-allemand, des choses comme ça.

C'est-à-dire en fait, comme dans tout pays totalitaire, une réécriture de l'Histoire. D'ailleurs, on parle de moins en moins de ce dont je vous ai parlé ce soir : par exemple de François Ier, Charles Quint. C'est de très très mauvaise... C'est pas du tout intéressant. Faut surtout pas en parler aux Français. Voilà. Il faut de plus en plus que les Français oublient quelle est leur propre histoire. C'est exactement le mythe de l'homme nouveau – Homo sovieticus – de l'Union soviétique. On voulait réécrire toute l'histoire antérieure selon la lumière d'une espèce de processus dialectique conforme à la pensée marxiste-léniniste.

Donc là, on réécrit toute l'histoire antérieure en fonction de l'idée de la construction européenne. C'est vraiment des choses tout à fait voisines. La formation professionnelle, la jeunesse, le sport, la protection civile et la coopération administrative. Tout ça, ce sont des sujets qui ne sont pas sans intérêt, bien entendu. Ce sont des sujets qui ont de l'intérêt. Mais vous voyez bien que ce sont des sujets soit très très inertiels comme l'éducation, soit des sujets relativement de deuxième ordre ou de troisième ordre par rapport à tout ce dont on vient de parler qui concerne le chômage, le taux de croissance, le taux d'intérêt, la politique en matière de services publics, etc., etc.

Le quatrième et dernier volet, c'est la politique européenne de sécurité et de défense. Donc le traité de Lisbonne nous contraint de plus en plus à essayer d'avoir la même politique étrangère. Tout à l'heure, je vous ai présenté l'armée mexicaine pour vous montrer à quel point c'était une gageure. Néanmoins, de plus en plus, on est pieds et poings liés – comme on l'était, d'ailleurs, sous la IVe République – aux directives venues de Washington. Aucun ministre français ne va à Cuba, parce que les Américains ne veulent pas qu'un ministre français aille à Cuba. Aucun ministre français ne va au Venezuela, parce que ça déplairait aux Américains.

Tous les Français s'indignent de la situation en Iran, parce que les Américains en ont décidé ainsi. Je signale quand même que je ne suis pas là pour défendre la situation en Iran. Mais enfin, il se trouve qu'on reproche à l'Iran de vouloir créer une bombe atomique. Ce qui, d'ailleurs, d'après les 17 agences de renseignement américaines... Paraît-il qu'elles ont confirmé que ce n'était pas le cas. Moi, je lis ce que j'ai vu dans l'Express. En tout cas, ce que j'observe, c'est que l'Iran est entouré de puissances qui ont la bombe atomique.

Que ce soit Israël, la Russie, le Pakistan ou bien les États-Unis ou la Chine – les États-Unis présents par des sous-marins à proximité –, tout le monde reproche à ce pays de vouloir avoir une bombe atomique alors que c'est justement ceux qui en possèdent. En tout cas, nous ne pouvons plus avoir de pensées divergentes. Vous avez vu que les Américains ont décidé d'un seul coup de refaire copain-copain avec la Birmanie. Donc d'un seul coup, tout le monde, tous les Européens, très gentiment, retournent en Birmanie alors que – c'était un sujet que je connaissais bien – on n'avait pas le droit d'aller en Birmanie parce que les Américains avaient décidé qu'on n'avait pas le droit. Etc., etc.

Nous sommes devenus complètement dominés par les États-Unis d'Amérique. Alors la conclusion de tout cela, c'est quoi ? Eh bien c'est que l'essentiel de nos lois et de nos règlements... Alors il y a des gens qui disent 80%. Il y a des gens qui disent « Mais non », etc. Ça dépend de ce qu'on appelle une loi. Il y a des lois qui sont de très très peu d'intérêt. Par exemple, la délimitation des eaux du Maroni entre la France et le Suriname, ça fait partie d'une loi. Mais c'est pas d'un intérêt... Si on déplace la frontière de 5 mètres ou de 15 mètres, c'est pas très important. Donc ça dépend de ce qu'on appelle une loi.

Mais tout ce qui est stratégique, désormais, ce sont les simples transpositions des directives européennes. Donc le président de la République, nos ministres, nos députés, nos sénateurs ne décident presque plus de rien de stratégique. Alors ils peuvent faire de la mousse. Ils peuvent faire mousser tel ou tel sujet. Comme on le voit... En général, ce sont des sujets – d'ailleurs – polémiques et clivants mais qui ne changent en rien l'évolution stratégique de notre pays vers la soumission à l'empire et vers la destruction de la France. Donc la vérité, c'est que la République française n'est plus qu'un fantôme. Notre démocratie n'est plus qu'une apparence.

Alors ce qui est nouveau, peut-être grâce – notamment – à Internet, peut-être aussi, je pense que j'ai pu personnellement contribuer à cette prise de conscience parmi nos concitoyens puisque notre mouvement se développe très rapidement et que nous avons des milliers, des milliers, des milliers de connexions sur notre site... Donc je pense que nous avons pu contribuer avec d'autres à cette prise de conscience et que de plus en plus de Français commencent quand même à se rendre compte du problème. Et puis il y a les faits. Comme disait Nietzsche : « Les faits et leur formidable éloquence ».

Parce qu'il y a 20 ans qu'on avait promis que l'euro et que l'UE apporteraient bienfaits, bonheur, prospérité, etc. Et les Français sont obligés de constater, comme les Grecs, comme les Italiens, comme les Espagnols que c'est le contraire qui est vrai et que chaque année est pire que la précédente. Et donc progressivement, eh bien les Français commencent à le comprendre. Je voudrais attirer votre attention sur un sondage Viavoice pour le journal Libération du 16 avril 2012, au sujet de l'élection présidentielle de 2012. 6 Français sur 10 ont trouvé cette campagne présidentielle décevante.

61% des personnes interrogées ont estimé que l'adjectif « décevante » s'appliquait bien à la campagne présidentielle de 2012. 57% l'ont trouvée ennuyeuse. 51% agressive. 45% compliquée. 32% constructive. 30% proche des vrais problèmes. Ça veut donc dire que 70% des Français considèrent qu'elle n'était pas proche des problèmes des Français. Ça veut donc dire que les Français commencent à réaliser que l'on se paye leur tête, qu'on leur fait une campagne décevante et qui ne concerne pas les vrais problèmes. Ça veut dire que nous sommes entrés dans une phase politique qui va aller de plus en plus vers une remise en cause générale de la situation. Les Français sont extrêmement mécontents.

Ils sont mécontents de cette campagne. Ils sont mécontents des candidats qu'on leur a présentés. Je vous ai rappelé qu'ils avaient été présélectionnés par les médias et qu'aucun des 10 candidats n'a dit ce que – moi – je voulais dire. Mais moi, je n'ai pas eu mes parrainages parce que je n'étais pas médiatisé. Et il y a 19% des personnes interrogées qui ont estimé qu'il y avait de bonnes raisons de s'abstenir particulièrement à cette élection présidentielle. Vous vous rappelez qu'au premier tour, il y a eu 20,5% d'abstention, d'ailleurs. Et parmi ces personnes-là, 38% d'entre elles estimaient que cette élection ne changera rien.

29% que les candidats ne sont pas à la hauteur et 27% que la campagne électorale n'a pas été convaincante. Alors que faire ? Eh bien que faire ? Nous, nous avons une solution. C'est celle pour laquelle j'ai créé ce mouvement politique : l'Union populaire républicaine. C'est de sortir de l'UE. Comment ? Eh bien en appliquant l'article 50 du traité de l'Union européenne qui, justement, prévoit comment ça marche. C'est-à-dire que tout État membre peut sortir de l'Union. Article 50, alinéa 1 du TUE. Donc déjà, ne vous laissez pas avoir par ceux qui vous disent : « Ah, c'est impossible ». C'est pas impossible puisque c'est écrit. C'est prévu. Donc si c'est prévu, c'est que c'est possible.

Et si c'est possible et si c'est prévu, alors on a le droit d'en débattre. Et vous vous rappelez ce que je vous ai dit. La stratégie américaine depuis 1854 : éviter tout débat. Nous, nous sommes là d'abord et avant tout pour poser les termes du débat et pour imposer qu'en France, on ait le droit de débattre de ce choix stratégique qui a été fait en 1950. Excusez du peu. Ça fait quand même 62 ans que l'on est dans la stratégie de la construction européenne qui ne marche pas. 62 ans depuis 1950. Il y a un proverbe chinois que j'aime bien qui dit : « Avoir toujours la même stratégie, c'est ne pas avoir de stratégie ».

L'alinéa 2 de l'article 50 précise que l'Union doit négocier et conclure avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait. Donc on fait ça calmement. Il n'y a pas de crise d'hystérie et de crise de nerfs. On décide d'en sortir et on négocie avec les 26 autres partenaires, sujet par sujet, ce que l'on va faire. D'ailleurs, on peut très bien conserver des réglementations. Vous savez, la règle de succession des États, c'est que tant qu'une réglementation n'a pas été modifiée, elle se maintient. Si on sort de l'UE, il y aura le jour d'après. Le Soleil va se lever. La boulangère va vous vendre sa baguette. C'est pas l'apocalypse. D'ailleurs, on pourra maintenir...

On va pas recréer des... On va pas hérisser la France de frontières. Les gens qui vous disent : « Ah ! Vous voulez rétablir des frontières. Vous vous rendez compte ? ». Je leur réponds : « Mais les frontières, elles existent ». Elles n'ont été supprimées qu'avec la Belgique, l'Allemagne, le Luxembourg, l'Italie et l'Espagne. Mais pour tout le reste des pays du monde, il y a des frontières. Quand vous prenez un avion pour aller à New York, à Djerba, à Londres – qui ne fait pas partie de l'espace Schengen – ou à Tokyo ou n'importe où, vous présentez votre passeport à Roissy ou vous présentez votre passeport au bateau pour aller à Alger.

D'ailleurs, c'est le cas général de tous les pays du monde. Donc il n'y a pas de besoin de pousser des cris d'orfraie en disant : « Vous voulez rétablir les frontières ». Mais elles sont maintenues partout sauf dans le cas des pays frontaliers de l'espace Schengen. Je prends cet exemple pour montrer à quel point on a mis dans la tête des Français des espèces de réflexes pavloviens qui les empêchent de penser. Et puis l'article 50, alinéa 3. Les traités cessent d'être applicables à l'État concerné à partir de la date d'entrée en vigueur de l'accord de retrait ou, à défaut, 2 ans après la notification.

Ça veut donc dire que si au bout de 2 ans, on n'a toujours pas trouvé d'accord, on en sort de plein droit. Voilà. L'Union populaire républicaine : l'union du peuple pour rétablir la démocratie. J'insiste sur notre slogan. Si nous voulons sortir de l'UE – j'espère vous l'avoir prouvé au cours de cette longue conférence –, ça n'est pas par nostalgie. Ça n'est pas par xénophobie ou racisme. C'est tout le contraire. C'est tout le contraire parce que, justement, c'est la construction européenne qui est xénophobe et raciste dans l'âme. Ça n'est pas par nostalgie d'un monde perdu. Au contraire, nous sommes en plein dans le XXIe siècle et dans le IIIe millénaire.

Nous estimons que la France n'a pas à faire le distinguo des torchons et des serviettes entre le Maroc et la Slovaquie, ou entre l'Argentine et Chypre. Ça n'a pas de sens. Nous sommes dans un univers ouvert dans le monde entier. Le monde est vaste et la France a un grand rôle à y jouer, pour paraphraser ce que disait Charles de Gaulle en 1964 à Alain Peyrefitte. Nous sommes les seuls, je dis bien les seuls... Allez regarder les professions de foi aux présidentielles de Mme Le Pen, de M. Dupont-Aignan, de M. Mélenchon. Allez les regarder à la loupe pour voir ce qu'ils ont dit et ce qu'ils n'ont pas dit.

Délibérément, vous constaterez que nous sommes bien les seuls de toute la scène politique française – d'abord – à proposer aux Français l'analyse que je viens de développer, puisque c'est le silence total dans tous les autres mouvements politiques sur les origines, les tenants et les aboutissants de la construction européenne. Alors comment peut-on proposer aux Français d'être guéris d'une maladie dont on ne fait pas le bon diagnostic ? Nous, nous sommes les seuls à faire le diagnostic sur ce que c'est qu'en profondeur, la construction européenne. Et deuxièmement, nous apportons le bon remède.

Et nous sommes également les seuls à apporter le bon remède qui est la sortie unilatérale de l'UE et de l'euro de façon parfaitement sereine et juridique par l'article 50 du traité de l'Union européenne. Il n'y a aucune raison pour laquelle les autres pays pourraient s'offusquer du fait que nous mettions en œuvre une clause sur laquelle tout le monde est tombé d'accord puisque tout le monde a ratifié ce traité. Les 7 remèdes prioritaires que nous avons proposés, notamment que j'ai proposés lors de la présentation du programme présidentiel, qui dure très longtemps... Je vous y renvoie.

Les 7 remèdes prioritaires constituent à eux seuls le changement politique le plus puissant qui ait été présenté aux Français depuis 1958. D'abord, la sortie de l'euro le plus rapidement possible. Je rappelle que Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie américain, a dit – je crois que c'était le 30 mars 2012 – : « Les pays de l'euro qui sortiront les premiers de l'euro seront ceux qui s'en sortiront le mieux ». C'est pas moi qui le dis. C'est un Américain prix Nobel d'économie. Deuxièmement, la réattribution à la Banque de France de son rôle de financement de l'État et des collectivités locales.

Ça veut donc dire la suppression de l'article 123 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Troisièmement, la réappropriation par la France de son droit inaliénable à défendre elle-même ses propres intérêts à l'Organisation mondiale du commerce. C'est là que se négocient les droits de douane, les quotas, tout ce qui touche au commerce international. Quatrième point : le rétablissement effectif du contrôle des flux de capitaux, de marchandises et de services, sans quoi il n'y a pas de lutte contre les délocalisations possible.

Ni, d'ailleurs, on ne pourra pas préserver le niveau de vie des Français si on maintient les Français en concurrence frontale avec 1 milliard 300 millions de Chinois, 1 milliard d'Indiens, etc. Parce que si on les maintient dans cet état, nous allons avoir de plus en plus ce à quoi nous assistons déjà depuis plusieurs années. C'est-à-dire une toute petite couche de la population française qui va devenir de plus en plus riche et puis un appauvrissement général des classes moyennes et un effondrement vers la pauvreté absolue de 10 à 20% de la population. Ça a commencé. Ça va continuer.

Le cinquième point, c'est le rétablissement d'une politique étrangère indépendante accompagnée d'une sortie de l'OTAN et du retrait de nos troupes engagées dans des guerres néocoloniales. Parce que l'Europe, c'est la guerre. Et que moi, je suis, comme la plupart – j'espère – d'entre vous un homme de paix. J'ai des enfants. Je ne souhaite pas qu'ils voient les horreurs de la guerre. Donc que l'on ne vienne surtout pas nous dire que l'Europe, c'est la paix. Le sixième point, la sortie au plus vite de l'UE parce que toutes les mesures précédentes sont contraires aux traités européens. C'est l'article 50 du traité sur l'Union européenne qui a prévu cette sortie.

Et enfin le septième point, eh bien c'est l'adoption d'un programme inspiré de celui du Conseil national de la Résistance de 1944 mais adapté aux contraintes de la France du XXIe siècle. Alors je vous y renvoie. Je vous renvoie à la longue présentation que j'avais faite de ce programme. J'insisterai simplement sur le fait que j'avais prévu, et je prévois toujours – et l'UPR avec moi – la dépolitisation et la professionnalisation du Conseil constitutionnel et du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), l'éviction des grandes féodalités économiques et financières, comme on disait déjà du temps du CNR.

C'est-à-dire la démocratisation des grands médias, la renationalisation de TF1, la renationalisation des autoroutes, la renationalisation des réseaux d'adduction d'eau, le maintien dans le service public et l'inscription dans la Constitution française que EDF, GDF, TDF et La Poste doivent être des sociétés publiques et doivent le rester, et puis également la renationalisation de toute banque bénéficiant d'aides publiques. Je vous renvoie pour la suite à l'ensemble du programme qui comportait beaucoup d'autres éléments très importants, notamment en matière éducative, culturelle, diplomatique et militaire.

Je termine maintenant cette conférence – comme je le fais toujours – avec un petit clin d'œil sur la phaléristique, c'est-à-dire... Je suis un amateur de cette discipline qui consiste à collectionner les médailles, parce qu'elles sont un petit témoignage dans du métal d'un évènement historique. Ça, c'est une médaille que j'ai chez moi, qui est une médaille en bronze qui a été frappée à la révolution de 1848 lorsque les Français ont chassé Louis-Philippe le dernier roi, le roi des Français. Alors à l'avers, vous avez ici marqué « République française - 1848 » et puis vous avez ici une Marianne que j'aime bien – cette Marianne – parce qu'elle a un côté très populaire.

On voit une espèce de ménagère un peu en chair qui a ici des sabots et puis là, elle a une espèce de balai avec une serpillière avec laquelle elle vient de faire le ménage et de chasser la royauté. Donc c'est une vision d'une Marianne un petit peu originale et qui me plaît bien avec marqué autour – donc – « République française - 1848 ». Mais j'aime encore mieux le revers de cette médaille. Vous avez ici le faisceau des licteurs, symbole de la République romaine et de ses vertus. Vous avez ici deux épées entrecroisées qui sont le symbole d'un peuple en armes qui lutte pour sa liberté, avec « RF » pour « République française ».

Ici, vous avez une équerre, symbole de la maçonnerie, puisque la révolution de 1848 avait été empreinte d'idées des sociétés de philosophie. Ici, vous avez le bonnet phrygien, qui est le symbole de la liberté. Le peuple de Phrygie, sous l'Antiquité, c'était un peuple de l'Anatolie centrale qui s'était révolté contre l'empire romain. Mais surtout, le plus beau de cette médaille, eh bien c'est ce qui est écrit le long du listel et qui court tout ici et que je vais développer avec vous. Eh bien c'est marqué : « La France donne l'exemple aux nations ». Voilà. C'est une très belle citation, une très belle formule de nos aïeux de 1848. Parce que ça veut dire quoi ?

Eh bien ça veut dire que le reste du monde attend que le peuple français bouge. C'est ce qui s'est passé en 1789. En 1789, nos aïeux, quand ils sont allés prendre la Bastille, ils ne se sont pas concertés avec le peuple des États du Saint-Siège, des États de l'Église, avec ceux du duché de Wurtemberg, avec ceux du royaume des Deux-Siciles, avec ceux du royaume d'Espagne, du royaume de Prusse, du royaume d'Angleterre, du royaume de Danemark. Non. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils sont allés prendre la Bastille. Après, ils ont fait la Déclaration des droits de l'homme, la suppression des privilèges. Et tout ceci a créé un souffle qui a balayé l'ensemble de l'univers occidental.

Pareil en 1792 lorsqu'ils ont aboli la monarchie. Pareil en 1830. Pareil en 1848 lorsque les Français, en février 1848, ont chassé Louis-Philippe. Ils ont donné le signal à un formidable mouvement de libération qui a balayé tout le continent européen. Donc il ne faut jamais sous-estimer l'importance de la France dans l'imaginaire collectif mondial. Je dis souvent, sous forme de semi-boutade, que la France n'appartient pas qu'aux Français. Je prends le contre-pied – vous savez – de cette formule de Mauras qui disait : « La France aux Français ». Non. Bien sûr que la France appartient au peuple français.

Mais elle n'appartient pas uniquement au peuple français, parce que nous représentons un patrimoine moral, politique, historique de tout premier plan. Et dans les pays du monde arabe, dans les pays d'Amérique latine, dans les pays en Indochine, etc., en Russie, pendant des décennies... Et c'est encore vrai. Même encore maintenant, les peuples se disent : « Mais que pensent les Français ? Que font les Français ? ». Voilà. Il faut que nous retrouvions ce souffle épique qui est celui de notre peuple, celui avec lequel nous devons donner l'exemple aux nations.

Lorsque les Français auront décidé de sortir de l'UE, nous n'aurons pas de mesures de rétorsion, contrairement à ce que certains prophètes de malheur vous disent : « On va avoir des mesures de rétorsion ». Ça, c'est le manifeste de Brunswick en 1792, lorsque l'Europe voulait mater la Révolution. Mais non. Ce n'est pas comme ça que les choses se passeront lorsque les Français auront décidé de sortir de l'UE. La conséquence, ça sera que tous les peuples d'Europe nous imiteront. Nous aurons donné une nouvelle fois l'exemple aux nations. Je vous remercie pour votre attention. (Applaudissements du public)

59:08
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(Musique)