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interviewRMC — Face à Face· 8 juin 2023 21 min

Face à Face : Manuel Bompard - 08/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Manuel Bompard Vous êtes le coordinateur de l'équipe opérationnelle de la France Insoumise En gros vous êtes le patron Vous êtes député des Bouches du Rhône On va revenir évidemment sur cette journée Cette journée qui commence dans une demi-heure Dans l'hémicycle Et honnêtement on se demande un peu pourquoi

0:29
Manuel Bompard

On ne se demande pas pourquoi Normalement il y a une niche du groupe Liot Le groupe Liot a fait le choix de déposer à l'intérieur de cette niche parlementaire Une proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites Et nous allons pouvoir en discuter

0:44
Présentateur

Vous n'allez pas en discuter, il n'y a plus grand chose dedans quand même En tout cas il y a plus que vous vouliez qu'il y a dedans

0:49
Manuel Bompard

On va pouvoir discuter de la proposition de loi Dans cette proposition de loi Initialement il y avait l'abrogation de la retraite à 64 ans Et la présidente de l'Assemblée nationale Que j'ai vue hier d'ailleurs sur votre antenne Franchement ça fait longtemps que je n'avais pas vu une comédie d'une aussi mauvaise facture Elle vient la main sur le cœur Nous dire Moi Présidente de l'Assemblée nationale J'applique les règles Mais c'est une mauvaise plaisanterie On a le droit dans ce pays De pouvoir voter à l'Assemblée nationale Pour savoir si la majorité des députés Sont favorables ou pas à l'abrogation de la retraite à 64 ans On a quand même le droit de le faire Et en prenant cette décision

1:28
Présentateur

Elle estime qu'en vertu de l'article 40 Qui empêche qu'une proposition de loi C'est-à-dire une loi qui émane des députés Rajoute des dépenses En vertu de cet article Elle estime que ce n'était pas constitutionnel

1:40
Manuel Bompard

Mais c'est une plaisanterie Madame Bron Pivet Qui préside le bureau de l'Assemblée nationale A la fin du mois d'avril A accepté le dépôt de cette proposition de loi Donc a accepté sa recevabilité A la fin du mois d'avril Et depuis Elle a changé d'avis Pourquoi elle a changé d'avis ?

Parce que le président de la République Lui a mis la pression En vérité En prenant cette décision Je le dis de manière solennelle Madame Bron Pivet N'est plus présidente de l'Assemblée nationale Elle est une sorte de Bon petit soldat Qui applique à la lettre Les consignes du président de la République Et ça je vais vous le dire Madame Apolline de Mallard C'est extrêmement grave Parce que Dans notre pays Il y a quelque chose Qui s'appelle la constitution La constitution Dans cette constitution Notamment dans le préambule de la constitution Il y a la déclaration des droits de l'homme et du citoyen Et un des principes Qui figurent dans la déclaration Des droits de l'homme et du citoyen C'est le principe de la séparation des pouvoirs Le principe de la séparation des pouvoirs On l'apprend au collège en France Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que le pouvoir législatif Il n'est pas sous la coupe du pouvoir exécutif Que les députés Ils peuvent délibérer librement

2:39
Présentateur

Et vous estimez qu'elle a bafoué ce principe fondamental Vous estimez même qu'elle n'a plus la légitimité C'est-à-dire que quand vous allez la voir au perchoir Comme on dit C'est-à-dire lorsqu'elle est en train de présider une séance Vous n'aurez pas pour elle Les attentions ou les égards Que vous devriez avoir A l'endroit d'une présidente de l'Assemblée Pour vous elle n'est plus présidente ?

2:58
Manuel Bompard

Mais écoutez La présidente de l'Assemblée nationale Son rôle c'est d'être la garante De la protection Du pouvoir des parlementaires Des droits des parlementaires C'est ça son rôle Elle nous représente Même si elle n'est pas de mon étiquette politique Elle est censée nous représenter Tous les députés Défendre nos droits Défendre notre pouvoir d'amendement

3:16
Présentateur

Vous étiez souvent dans sa cible Elle parle même à votre endroit De pompier pyromane

3:20
Manuel Bompard

D'abord je veux vous dire Contrairement à ce que j'entends d'ailleurs Depuis plusieurs jours Sur les plateaux de télévision Ce n'est pas vrai que Mme Broun-Pivet Respecte le droit Respecte la constitution Et respecte les règles Parce que si c'est le cas Vous allez me dire En vertu de quel article Par exemple Du règlement de l'Assemblée nationale Ou de la constitution Elle peut décider Avec la présidente des affaires sociales De l'Assemblée nationale De refuser à des parlementaires D'amender En vertu de quel article En vertu de quel article De la constitution En vertu de quel article Du règlement intérieur Elle peut prendre une telle décision Aucun Strictement aucun L'article 44 de la constitution

3:55
Présentateur

Comment ça va se passer tout à l'heure Quand vous allez rentrer dans l'hémicycle

3:57
Manuel Bompard

Je pense que Quand on va rentrer dans l'hémicycle D'abord le groupe Liot Puisqu'il est dépositaire De cette proposition de loi Va présenter son intention Son objectif Ensuite chaque groupe parlementaire Pourra dire Qu'est-ce qu'il avait l'intention De voter sur ce sujet Et nous demanderons des explications

4:14
Présentateur

Donc vous allez faire un faux vote Vous allez faire comme s'il y avait un vote

4:17
Manuel Bompard

Non nous allons demander des explications Nous allons demander Puisque c'est notre droit L'article Le règlement intérieur De l'Assemblée nationale Nous permet par exemple De demander des explications Écrites sur chaque amendement Qui a été jugé irrecevable Donc nous allons demander En vertu de quel règlement En vertu de quel article Cet amendement a été jugé irrecevable Alors que je demandais hier

4:36
Présentateur

A Yael Brunpivet Je parlais de la question du vote Et je disais finalement Il n'y aura donc pas eu de vote Sur cette question de l'allongement Du temps de travail Jusqu'à 64 ans Elle me disait Oui mais c'est pas de notre faute C'est parce que LFI notamment Qui crie aujourd'hui Au fait qu'il n'y ait pas de vote A déposé trop d'amendements Exprès pour pas qu'il y ait de vote C'est pas complètement faux

4:57
Manuel Bompard

Mais Apolline de manière C'est la France Insoumise Qui a utilisé l'article 49

5:00
Présentateur

Il y a eu des morceaux C'est une pièce qui se joue C'est une pièce qui se joue En plusieurs actes Et il y a eu certains actes Où vous-même à LFI Vous ne vouliez pas qu'il y ait de vote

5:10
Manuel Bompard

Alors attendez Je vais vous répondre Mais d'abord je veux dire C'est pas une pièce C'est pas un jeu On joue pas On parle de la vie des gens On parle de deux ans de vie A la retraite Non mais ça c'est un mauvais procès Non je suis bien d'accord C'était une métaphore Je ne dis pas du tout C'est un jeu Je dis simplement

5:21
Présentateur

En tout cas Ça s'est passé en plusieurs étapes En plusieurs chapitres Si vous préférez Mais sur le fond Lorsqu'elle dit Qu'il y a des moments Où vous ne vouliez pas de vote C'est vrai C'était même revendiqué Par Jean-Luc Mélenchon J'ai sous les yeux son tweet à l'époque Il avait reproché Au parti communiste Membre de la NUPES D'avoir retiré des amendements Et il dit Pourquoi se précipiter A l'article 7 C'est-à-dire celui Sur le passage de 62 à 64 ans Le reste de la loi Ne compte donc pas Hâte de se faire battre Ça veut dire qu'il avait peur

5:48
Manuel Bompard

Que vous vous fassiez battre Si vous voulez bien Ce qu'on va faire C'est que Puisque vous avez dit Qu'il y avait plusieurs épisodes On va reprendre l'histoire Depuis le début Rapidement Qu'est-ce qui s'est passé ? Le gouvernement avait l'intention De reporter l'âge de départ A la retraite à 64 ans Et il aurait pu le faire Dans une proposition de loi classique Une procédure parlementaire classique

6:05
Présentateur

Il a choisi une formule accélérée

6:06
Manuel Bompard

Il a choisi une formule Qui s'appelle Le recours à l'article 47.1 De la constitution Pour comprimer

6:10
Présentateur

On est tous devenus Des grands spécialistes De la constitution

6:12
Manuel Bompard

C'est peut-être le point positif De cette séquence Donc il a comprimé Le temps du débat parlementaire En nous forçant A avoir 9 jours de débat Et je le revendique Et je l'assume

6:24
Présentateur

Et vous l'avez assumé En disant Que vous aviez peur De vous faire battre

6:27
Manuel Bompard

Non, pas que j'avais peur De me faire battre Je revendique Le mot n'est pas de moi Il est de Jean-Luc Mélenchon D'accord, moi je vais vous dire Quelque chose Je revendique le fait De ne pas être entré Dans le cadre Qu'avait voulu nous imposer Le président de la République En disant On va expédier ça En quelques jours Pour ne pas permettre A la résistance sociale Dans le pays De se déployer Et oui A ce moment-là De l'examen du texte En faisant en sorte Que le débat Dure le plus longtemps possible On a laissé le temps A la mobilisation sociale De se déployer Mais à la fin Ce n'est pas moi Qui en dernière lecture Parce qu'en tout état de cause Il y aurait eu un vote En dernière lecture Normalement Ce n'est pas moi Qui ai eu recours A l'article 49.3 De la prostitution Et ce n'est pas moi Qui ai en train d'empêcher Les députés de voter Aujourd'hui Sur une proposition D'abrogation De la réforme des retraites Ce n'est pas moi Qui ai en train de le faire

7:10
Présentateur

Et d'ailleurs Le député Éric Coquerel De la France Insomis Qui préside la commission De la finance Souhaitait que cet article Soit effectivement Examiné et voté Attendez juste une chose

7:20
Manuel Bompard

Apolline de Malherbe Juste une chose La constitution Le fonctionnement parlementaire Les macronistes Ne peuvent pas jouer avec Comme ils veulent Voilà Donc là Il y a des lignes rouges Qui sont franchies Et qui sont inacceptables Et ce n'est pas seulement moi Qui devrais m'indigner Les conséquences Elles vont être D'abord C'est du point de vue Pour les françaises Et les français Vous savez très bien Quelles sont les conséquences Ils se disent Mais qu'est-ce que c'est Que cette histoire On a élu des députés

7:44
Présentateur

Ils ne vont plus vraiment Dans la rue

7:45
Manuel Bompard

Non mais attendez Ça on va en parler C'est important C'est important Parce que

7:48
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas un moment Où les français eux-mêmes Ne sont pas forcément devenus Attendez vous m'avez posé une question

7:52
Manuel Bompard

Je vais vous répondre Je vous promets

7:53
Présentateur

Pour cette réforme En un jour Mais ils sont un peu passés A autre chose

7:58
Manuel Bompard

Je vais vous répondre Sur ce sujet Je vous promets Mais d'abord je veux vous dire Vous m'avez demandé Quelles vont être les conséquences D'abord Ça abîme la démocratie Parce que les gens se disent Je vais voter pour des députés En fait ces députés Ils ne peuvent pas voter ensuite Quelle va être notre réponse Je vous dis Il ne devrait pas y avoir que nous Qui réagissons sur ce sujet Les lignes rouges Qui sont franchies Du point de vue du respect De nos règles élémentaires Qui permettent le fonctionnement Normal d'une démocratie Ça inquiète beaucoup de gens Pas seulement la France insoumise Donc nous Nous l'avons dit Nous allons le faire Nous allons saisir Le Conseil d'Etat Nous allons saisir Les institutions internationales Le Conseil de l'Europe La Cour Européenne des Droits de l'Homme En leur disant Attention Ce qui se passe en France Est une dérive grave On est sortis D'un cadre républicain normal On est dans une monarchie présidentielle absolue Où le président de la République Tout seul Peut décider contre tout le monde Vous espérez

8:46
Présentateur

Que la France puisse être Carrément pointée du doigt Avoir condamnée Pour un problème de régime

8:54
Manuel Bompard

Mais elle l'est déjà La France elle l'est déjà Il y a déjà eu des institutions internationales Qui ont dit Attention Alors c'était plutôt sur La manière avec laquelle A été encadré Devrais-je dire Réprimer la mobilisation sociale C'était sur la question du maintien de l'ordre Le Conseil de l'Europe Des commissions de l'ONU Ont dit Attention Ce qui se passe en France Est pas normal Mais là Emmanuel Macron lui-même

9:13
Présentateur

Il pourrait être visé

9:14
Manuel Bompard

Non mais c'est pas Emmanuel Macron Bien sûr qu'il est visé Pour son usage Du régime Comme le droit nous le permet Apolline de Malherbe Dans notre pays Vous avez des recours nationaux C'est le Conseil d'État Et quand tous les voies De recours nationaux sont expirées Vous avez des possibilités de recours Auprès notamment De la Cour européenne des droits de l'homme Pour dire Ce qui se passe N'est pas respectueux Des règles élémentaires Dans lesquelles devrait fonctionner Une démocratie

9:40
Présentateur

Ça c'est la partie juridique Dans l'Assemblée Il y a encore une bataille politique Vous estimez pouvoir la mener Avec une motion de censure ? Bien sûr

9:47
Manuel Bompard

Ça c'est la réponse institutionnelle L'exécutif Puisque la motion de censure Ça vise à censurer l'exécutif L'exécutif a outrepassé son rôle Quand vous avez une ministre Une secrétaire d'État En l'occurrence Du gouvernement Qui vient sur un plateau de télévision Et qui dit On fera tout ce qu'il est En notre capacité Pour empêcher le vote Mais je suis désolé De vous le dire L'exécutif N'a pas à s'immiscer Dans la manière avec laquelle S'organise le débat parlementaire En France Donc nous déposerons Une motion de censure Avec tous ceux qui veulent La déposer Nous la déposerons Parce que nous considérons Que ce qui s'est passé La constitution a été piétinée Les droits des parlementaires Sont piétinés Et donc nous réagissons Par une motion de censure

10:29
Présentateur

Et je vous pose la question Quand vous voyez Qu'il y a finalement Assez peu de monde Dans les rues Mardi Lors de la Quatorzième journée De mobilisation Est-ce que vous vous dites pas Bon peut-être qu'il est temps De passer à autre chose

10:39
Manuel Bompard

Alors d'abord je pense que C'est vrai qu'il y avait Moins de monde Je ne le conteste pas Que les fois précédentes Je pense qu'il ne faut pas Non plus mépriser Des mobilisations De 300 000 selon la police Ou 900 000 personnes Selon les organisations Mais au minimum vous pouvez dire Il y a moins de monde Et quand il y en a moins

10:54
Présentateur

Ça veut dire qu'il y en a une partie En tout cas qui a renoncé

10:55
Manuel Bompard

C'est un fait Qu'il y a eu moins de monde Ce que je vous dis C'est que c'est quand même Des centaines de milliers de personnes Après comme vous l'avez dit vous même 15 journées d'action Après 6 mois de mobilisation Dans un contexte C'est un contexte Extrêmement dur D'un point de vue social Avec l'inflation Sur les prix alimentaires Les gens ont des difficultés Mais je le disais C'était la 14ème journée Il n'y en aura pas 15 Il n'y en aura pas 16 La question à Apolline de Malherbe C'est est-ce que vous avez l'impression Est-ce que vous avez l'impression Que les gens ont été convaincus Que les gens sont d'accord Avec cette réforme Encore une fois je disais

11:20
Présentateur

C'est pas sur le fond Je pense pas que Les gens qui ne sont plus dans la rue Soient pour autant Pour la réforme à 64 ans Mais pour autant Ils sont passés à autre chose

11:28
Manuel Bompard

Mais moi je vous le dis Solennellement Là aussi On lâchera jamais L'affaire sur ce sujet Jamais C'est-à-dire que Tôt ou tard On utilisera tous les moyens possibles Tôt ou tard La réforme sur la retraite A 64 ans Sera abrogée Dans ce pays On le fera s'il le faut Lors de notre prochaine niche parlementaire On redéposera Une proposition de loi d'abrogation S'il y aura une discussion budgétaire A la fin de l'année Sur le projet de loi de finances De la sécurité sociale On déposera des amendements Pour abroger la retraite A 64 ans Je vais vous donner un exemple Dans la dernière discussion Sur le projet de loi de financement De la sécurité sociale A la fin de l'année dernière On avait déposé des amendements En disant qu'on se fixait L'objectif de la retraite A 60 ans D'ailleurs à l'époque Ils avaient été jugés recevables Vous voyez Recevables Pourquoi ?

Parce qu'ils ne font pas de charges financières C'est un objectif Là on avait déposé Dans la niche liotte Parce qu'on avait compris Que Mme Brune Pivet Avaient l'intention De censurer ces amendements Il y avait quand même Un peu en fin de passe-passe On avait déposé D'autres amendements Qui disaient La nation se fixe l'objectif De l'abrogation de la retraite A 64 ans Ça ne crée aucune charge financière Vous êtes d'accord C'est un objectif Elle les a jugés irrecevables En vertu de quel article ?

Voilà La réalité C'est qu'ils ont peur Ils ont peur Ils avaient peur aujourd'hui De faire la démonstration Qu'une majorité de députés A l'Assemblée nationale Est hostile à cette réforme Et donc ils ont empêché le vote Et c'est extrêmement grave

12:45
Présentateur

On ne lâchera jamais l'affaire Voilà ce que vous dites Manuel Bonfard J'ai des questions économiques J'ai des questions aussi Sur la baille J'ai des questions sur Taha Bouhaf D'abord sur l'économie Les super profits des autoroutes Seront sans doute taxés Et le ministre des Transports A demandé aux opérateurs d'autoroutes De faire un geste Est-ce que ça vous paraît Aller dans le sens De ce que vous auriez pu décider aussi ?

13:08
Manuel Bompard

Mais c'est les ministres De ce gouvernement C'est monsieur et madame Je demande Alors monsieur le maire Je demande s'il vous plaît Aux entreprises qui font Des profits extraordinaires D'en faire un petit peu moins Je demande s'il vous plaît Peut-être d'augmenter un peu les salaires Il ne se passe jamais rien Donc ils vont demander Encore une fois Comme d'habitude Aux grandes concessions autoroutières S'il vous plaît Faites un effort Elles ne le feront pas D'ailleurs

13:27
Présentateur

Elles vont faire un petit effort Mais c'est vrai que c'est assez contraignant Il faut avoir

13:30
Manuel Bompard

Le passe

13:32
Présentateur

Il faut payer en chèque vacances Enfin on s'est rendu compte Qu'il y a beaucoup d'alinéaires

13:35
Manuel Bompard

Beaucoup d'astérix Le journal Marianne a publié Au mois de mars Un rapport Qui démontre Que monsieur Macron Quand il était ministre de l'économie Madame Borne Quand elle était directrice de cabinet Au ministère de l'écologie Avait organisé Le fait que Les concessions Les sociétés autoroutières Puissent faire Des profits gigantesques Et extraordinaires Que leur rentabilité A été de 12% Je crois Alors qu'elle était prévue De 8% Ça c'est la réalité De la politique Qui est mise en place Donc maintenant

14:03
Présentateur

Il faudrait les renationaliser tout de suite

14:04
Manuel Bompard

Mais bien sûr Pour vous il faut nationaliser Les autoroutes Elles ont été privatisées Dans des conditions désastreuses Et vous avez aujourd'hui Des gens A qui on dit Faites des efforts Mais ils sont en train D'augmenter le prix des péages Et dans le même temps Ils s'en mettent plein les poches Ils se font des profits Qui sont des profits gigantesques Concessions d'autoroute Je le rappelle Ça a été voté A l'Assemblée nationale Oui mais pas par nous J'imagine qu'on n'y était pas En l'occurrence Et je pense que ceux qui l'ont voté Doivent avoir du mal A se regarder dans la glace Aujourd'hui

14:28
Présentateur

Manuel Bompard Je voudrais que vous regardiez Et que vous écoutiez Ce reportage De Véronique Fèvre Sur BFM TV À l'entrée De collège et de lycée À Lyon Écoutez ces jeunes filles À propos Du port de la Bayard Sur 30 On doit être 16 Ouais 16-18 À quoi ? Sur 30 élèves À porter des abayas Même des pas voilés Une vingtaine on est Au moins

14:52
Invité

Il y a quelques profs Qui nous regardent mal Ou des trucs comme ça Il y en a Mais après Il y en a aucun qui a osé parler Des professeurs Désarmés devant ces lycéennes Aucun de ceux Que nous avons contactés N'a accepté De nous parler face caméra Mais sous couvert d'anonymat Il nous affirme Que volontairement ou non Les élèves qui portent la Bayard Font peser une pression Sur l'ensemble De l'établissement Il arrive que certaines élèves Fassent des remarques À des enseignantes Surtout l'été Lorsque les bras sont découverts La mixité au sein du lycée Est de plus en plus compliquée

15:25
Présentateur

Qu'est-ce que vous en pensez ?

15:27
Manuel Bompard

Je pense que Comme chaque année Quand on a envie De détourner l'attention Sur des sujets sociaux Qui sont au cœur de l'actualité On cherche à inventer Une nouvelle polémique Pour s'entendre aux musulmans Je ne vous dis pas Que le témoignage est inventé Je trouve que L'écho médiatique Que vous donnez A ce sujet Me paraît Totalement disproportionné Je ne sais pas Si vous n'avez pas Trouvé de piscine Cette année Ou de plage Pour parler du burkini Donc vous avez trouvé Les abayas Et je pense que Les musulmans de ce pays Ils en ont marre De servir de chair A canon médiatique Vous voyez

15:59
Présentateur

De la chair à canon médiatique

16:00
Manuel Bompard

Oui oui bien sûr Oui bien sûr C'est ce que vous faites En permanence Et je pense que C'est assez insupportable Maintenant on va parler Non mais je ne sais pas Ce que je suis en train De vous dire Je suis en train de vous dire Que je ne suis pas obligé

16:08
Présentateur

Si on en parle C'est uniquement Pour en faire de la chair à canon médiatique

16:11
Manuel Bompard

Je pense que vous donnez Un écho médiatique A ces polémiques Qui me paraît totalement Dispensable Vous avez entendu La jeune fille Elle a quand même dit

16:16
Présentateur

On est 16 ou 18 Je vais répondre

16:18
Manuel Bompard

Je vais répondre à vos questions Vous voulez qu'on parle Des difficultés à l'école Parlons des difficultés Ah non non

16:22
Présentateur

Vous répondez à mes questions Oui mais moi d'abord Là j'ai une question Vous m'avez pas répondu Vous m'avez répondu Qu'on avait un problème A en parler Moi je vous pose la question

16:28
Manuel Bompard

Qu'est-ce que vous pensez du fond Donc c'est pas vous Qui allez décider Ce que je vais dire Ce que je vais dire à ma place Ce que je pense du fond Il y a une loi Elle a été votée en 2004 Une loi qui interdit Les signes religieux Ostentatoires à l'école Il faut que cette loi Soit appliquée Tout simplement Donc cette loi Elle s'applique Elle est appliquée aujourd'hui Sur la situation Des abayas Si j'ai bien compris L'application de la loi Lorsqu'une jeune fille Arrive avec une tenue De cette nature Il y a une discussion Entre elle Et les directeurs D'établissements Pour discuter avec elle De savoir Si le port de ce vêtement Correspond à une motivation Religieuse ou pas Et ensuite Les directeurs d'établissements Considèrent Si c'est le cas ou pas Si c'est le cas Ils lui disent Que ce n'est pas possible Parce que ça ne respecte pas la loi Et si ce n'est pas le cas Ils en restent là Voilà Et donc je pense que cette loi Doit être appliquée Maintenant puisque j'étais en train De vous dire ça Quand on vous dit

17:17
Présentateur

Que la loi doit être appliquée Comme vous le savez Il y a évidemment Une question Qui est sur l'interprétation De la loi Lorsqu'il y a 3, 4 cas En effet Comme vous dites Il n'y a pas de problème Les discussions se font Ce que disent Les professeurs Et dans le cas De ce lycée Le proviseur C'est que quand il y a D'avantage Et la jeune fille Elle-même dans son témoignage Dit sur 30 élèves On doit être 16 ou 18 À porter la baïa Vous comprenez bien Que c'est difficile De discuter avec chacun A l'entrée Chaque matin Est-ce que ça vous l'entendez ?

17:45
Manuel Bompard

Difficile mais qu'est-ce que Vous proposez d'autre ?

17:47
Présentateur

Je ne sais pas justement Est-ce qu'il ne faut pas Clarifier la loi ?

17:49
Manuel Bompard

Mais comment vous allez Les clarifier ? Comment vous allez déterminer Qu'un vêtement ample Parce que c'est une abaya C'est un vêtement très ample Est un vêtement religieux Vous allez le déterminer Par des critères Comment vous allez le faire ? Alors c'est ce que dit

17:59
Présentateur

Le recteur de votre académie Je l'ai reçu ce matin Sur RMC Le recteur de l'académie D'Aix-Marseille Il a eu ce propos Très précisément À mon antenne Il a dit L'abaya C'est porter l'abaya C'est manifester Ostensiblement Une conviction religieuse Que la jeune fille Cherche à imposer Est-ce que ça pour vous Ça doit être purement Et simplement interdit Du coup à partir du moment Où on franchit la

18:22
Manuel Bompard

Non ça c'est son point de vue

18:23
Présentateur

Non c'est pas un point de vue Il est recteur d'Aix-Marseille Il a dit ça c'est le fait

18:26
Manuel Bompard

C'est pas parce qu'il est recteur D'Aix-Marseille Apolline de Malherbe Qu'il n'exprime pas des points de vue

18:29
Présentateur

Donc pour vous C'est pas une tenue religieuse

18:30
Manuel Bompard

C'est un point de vue Vous êtes d'accord C'est son avis Il a le droit de le donner Non c'est la règle Lui il dit que c'est la règle

18:36
Présentateur

Après vous pouvez dire C'est un point de vue Lui il dit que c'est la règle

18:38
Manuel Bompard

Je ne connais pas Toutes les jeunes filles Qui viennent à l'école Avec une abaya Je pense qu'elles ont Des motivations très différentes

18:44
Présentateur

Ils n'ont pas des motivations religieuses

18:45
Manuel Bompard

Certaines peuvent avoir Des motivations religieuses D'autres peuvent avoir D'autres formes de motivations Qu'est-ce que vous voulez faire d'autres Que de rencontrer ces jeunes filles Et de discuter avec elles

18:54
Présentateur

Ça peut être quoi Les autres motivations ?

18:56
Manuel Bompard

Je sais pas Faut en discuter avec elles

18:58
Présentateur

Non mais puisque vous dites Qu'il y a d'autres motivations

18:59
Manuel Bompard

C'est quoi les autres motivations ? J'ai vu des syndicalistes De l'enseignement par exemple Hier dans la presse Qui se sont exprimés sur ce sujet Et qui disent par exemple Je sais pas si c'est vrai ou pas C'est leur propos Que par exemple Il peut y avoir des jeunes filles Qui veulent venir Avec un vêtement ample Parce qu'elles ont pas forcément envie Qu'on voit les formes de leur corps Ça peut exister aussi

19:19
Présentateur

Il y a aussi une autre question Qui est la question de l'égalité Hommes-femmes Et il y a des professeurs Qui ont précisé Que ces mêmes jeunes filles C'est-à-dire celles qui portent la baïa Sont aussi des jeunes filles Qui refusent parfois la mixité Qui refusent y compris D'assister à des cours Sur la condition de la femme Qui préfère avoir une sanction Que de devoir dire Que de devoir écrire Sans doute dans leur copie Que les femmes sont légales des hommes Qu'il y a une question Ça c'est pas possible Ça vous intéresse pas ? Qui est peut-être un lien Entre le port de ce vêtement Et la question du positionnement De la femme par rapport à l'homme De l'égalité homme-femme

19:47
Manuel Bompard

Malheureusement De l'avenir de ces jeunes filles Malheureusement Malheureusement Sur le plan d'égalité avec les hommes Les gens qui ont des problèmes Avec l'égalité femme-homme Dans ce pays Ça se réduit pas A des personnes Qui peuvent porter des abayards Ah bah ça c'est pas du tout Ce que j'ai dit Simplement moi j'ai pensé

20:01
Présentateur

Que vous étiez toujours Du côté de l'émancipation

20:02
Manuel Bompard

Du côté de la gauche Je le suis Mais je crois pas Que l'émancipation Ça soit de commencer A déterminer A partir de quelle ampleur Du vêtement Ou longueur de la jupe Non mais par contre La question de l'égalité Homme-femme Attendez laissez-moi terminer Quand vous me posez une question Sinon c'est compliqué Pour les gens qui nous écoutent Je crois pas Que être dans le sens De l'émancipation C'est déterminer A la place d'une personne Quelle doit être exactement La tenue qu'elle porte Et je dis attention A cette logique On va pas faire La police du vêtement On va pas faire L'Iran à l'envers Décider Ça c'est une tenue acceptable Ça c'est une tenue Qui ne l'est pas Donc je ne dis pas Qu'il ne peut pas y avoir Des difficultés Je pense que quand elles arrivent Vous devez les régler Par la discussion Et donc je reprends Ce que j'ai dit tout à l'heure Je pense Et d'ailleurs l'interview Qu'on est en train d'avoir Elle est en train de le démontrer Qu'on n'est peut-être pas obligé Sur ce type de sujet Trêtons-les par les discussions Localement Quand il y a des situations Qui se présentent Carl Marx était assez clair

20:47
Présentateur

La critique de la religion Et la condition de toute critique Mais puisque vous dites Que ce n'est pas religieux Ça ne nous permet pas

20:52
Manuel Bompard

Si vous êtes devenu marxiste Apolline de Malherbe Vous n'en savez rien Ça m'intéresse Ça m'intéresse Mais vous savez Dans ce cas-là Je vous propose de lire Karl Marx en entier Karl Marx il dit Par exemple Que le système capitaliste C'est un système Qui appauvrit C'est un système Qui exploite Les êtres humains Et la nature Et comme moi Je suis effectivement marxiste Je pense qu'il faut lutter Contre ce système capitaliste Vous voyez

21:15
Présentateur

Mais on a tout à fait

21:18
Manuel Bompard

Le droit de critiquer La religion Et je suis très attaché Au fait qu'on puisse Critiquer la religion Dans ce pays Mais je dis Attention Ne confondons pas La critique d'une religion Avec la stigmatisation Des personnes Qui la pratiquent