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interviewBFMTV· 28 mars 2022 74 min

Présidentielle 2022: le discours intégral de Yannick Jadot lors de son meeting au Zénith de Paris

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Yannick Jadot

tu peux être fier d'eux. Mes chers amis, mes chers compatriotes, le moment du choix, de votre choix, est désormais tout proche, à portée de vote. Dans 15 jours, dimanche 10 avril, il vous reviendra de choisir pour votre présent, pour votre avenir, pour notre avenir. Rarement, dans l'histoire de notre pays, un tel choix aura été aussi décisif. Car nous savons, nous connaissons les rapports scientifiques qui, depuis 50 ans, ont tout prévu. Le réchauffement climatique et l'effondrement de la biodiversité, comme les conséquences pour la paix et la justice sociale. La catastrophe se rapproche. Nous en connaissons déjà l'avant-goût.

Des maisons emportées par les crues, des feux de forêt gigantesques, des étés sans pluie, des hivers trop doux, des habitations que l'on abandonne sur les littoraux, parce que les eaux s'élèvent, les récoltes abîmées ou perdues. C'est la survie de l'humanité qui se joue aujourd'hui. Et nous le savons. Le statu quo, c'est le chaos. Dès lors, la question posée à chacune et chacun de nous est bien celle du sens de son vote le 10 avril. Vous le ressentez intimement, comme moi. C'est un choix de civilisation. Car nous sommes dans un moment crucial où s'affrontent les forces de vie et les pulsions de mort. Et ce combat, au fond, c'est le nôtre.

Ce combat, depuis des décennies, entre les forces de vie et les pulsions de mort, c'est le nôtre, toujours. Et vous le savez, plus nous serons forts le 10 avril, plus vous serez forts et plus le climat et la vie seront forts. C'est avec un sentiment de gravité que je me présente devant vous. Je suis venu pour vous parler de la France, du climat, de la paix et de la guerre. Je suis venu pour vous parler de justice, de pouvoir de vivre et de démocratie. Je suis venu vous parler de ce chemin de résistance, de réparation, d'espérance que je vous propose avec les écologistes. ont été bouleversées, chamboulées, parfois meurtries au cours de ces dernières années par de profondes secousses.

La crise sanitaire nous a tous accaparés. Elle n'a pas encore disparu. Elle a révélé, pour celles et ceux qui ne voulaient pas voir, la fragilité du vivant lorsque la biodiversité recule. La vulnérabilité de nos vies, de nos systèmes de soins, de notre économie. La chape de plomb de la technocratie et la verticalité du pouvoir sous la Vème République qu'Emmanuel Macron porte à son apogée. Je veux à nouveau rendre hommage avec vous aux professionnels de la santé qui ont fait vivre la solidarité en veillant sur nos malades, sur nos anciens, sur les personnes précaires.

Levez-vous debout le peuple de l'écologie pour celles et ceux qui ont tenu la société, pour celles et ceux qui ont tenu l'hôpital, qui ont tenu l'école, qui nous ont permis de vivre. Merci pour elles, merci pour eux. À ces moments difficiles, s'ajoute désormais la guerre qui s'est déclarée à nos portes, en Ukraine, en Europe, fruit de l'agression d'une démocratie sœur par Vladimir Poutine.

Je veux ici saluer, en votre nom à toutes et tous, l'admirable résistance du peuple ukrainien Je veux ici, en votre nom, saluer le courage du président Zelensky face aux crimes de guerre, face aux crimes de guerre commis chaque jour contre les populations civiles, contre des femmes, des hommes et des enfants. salut fraternels à celles et ceux qui poursuivent le combat, à ces familles que Poutine contraint à rejoindre dans la terreur, les abris pour échapper aux bombes, à celles et ceux qui ont dû prendre la route de l'exode.

Chers amis, pour ces ukrainiennes et ces ukrainiens, ils sont, comme tous les réfugiés, les bienvenus dans notre pays où s'exprime un bel élan de solidarité qui démontre combien nous pouvons accueillir dans la dignité et dans la fraternité. Nous autres pacifistes, nous le savons, toute guerre est sale et devoir défendre le droit par la force nous fait violence. Mais les pacifistes que nous sommes avons aussi de la mémoire. Nous avons le souvenir de la guerre d'Espagne et nous savons que le gouvernement de la France aurait dû s'engager aux côtés des républicains, au-delà des brigades internationales qui ont sauvé notre honneur, mais non la République espagnole.

Nous avons vu raser Grozny, nous avons vu boubberder et tomber Alep, nous savons les compromissions qui ont armé la main des bourreaux. Nous avons le souvenir du silence des tribuns, d'habitude si bavards en leçon de géopolitique, qui se réjouissait que Poutine rétablisse l'ordre en Syrie. Les tribuns, dans les contorsions actuelles, dissimulent tellement mal leur abandon des Ukrainiens. L'histoire nous apprend que la lâcheté des uns fait l'impunité des autres. Et la complaisance a trop souvent été le visage de la politique française et européenne à l'égard de Poutine. Et pourtant, deux décennies de pouvoir de Poutine se résument en une seule obsession.

Vous voulez la liberté, vous aurez la mort, vous voulez la démocratie, vous aurez la guerre. Je suis fier, mes amis, je suis fier que notre force politique, et c'est la seule, ait toujours été constante vis-à-vis de Vladimir Poutine comme elle l'a toujours été vis-à-vis de toutes les dictatures. Les vieilles forces qui se partagent le pouvoir depuis longtemps n'ont pas de leçons à nous donner. C'est leur politique complaisante qui a construit la machine de guerre de Poutine, qui lui a laissé penser qu'il pouvait multiplier les conquêtes et les coups de force pendant qu'il lui donnait du cher Vladimir. Plus que jamais, la paix et le climat, est le même combat.

Chers amis, chers compatriotes, le vote écologiste est un vote de lucidité et d'espoir. Françaises, français, dressez l'oreille et écoutez ce que nous écologistes n'avons cessé d'affirmer. La bataille du climat est vitale et indissociable de la bataille pour la paix et pour la sécurité. Les énergies fossiles, voilà notre ennemi. Et nous sommes les seuls, depuis longtemps, à avoir combattu notre addiction aux énergies fossiles que tant d'autres ont organisées. Les seuls, il y a quelques semaines, qui refusions au Parlement européen contre le président Macron de considérer que le gaz était une énergie verte.

Les seuls qui combattions les projets de pipeline Nord Stream 1 et Nord Stream 2 pour construire notre indépendance énergétique. Les seuls qui, depuis si longtemps, portent un plan massif d'isolation des logements pour que les Français ne se retrouvent pas percutés par l'explosion des factures de chauffage et la précarité énergétique. Et s'il y a une leçon à retenir de cette guerre en matière d'énergie, c'est que les énergies renouvelables sont les seules énergies de paix, de sécurité et de souveraineté.

Nous, les écologistes, nous préférons dépendre de l'eau, de la chaleur du sol, de la biomasse, du soleil, du vent, des forces de la mer plutôt que de dépendre de Poutine et des monarchies pétrolières du Golfe. Et oui, nous, écologistes, avons la responsabilité d'offrir un avenir radieux à nos enfants débarrassés de la menace radioactive. Oui, les amis, décidément, paix, climat, démocratie, c'est le même combat. Le vote de lucidité, le vote écologiste est aussi celui qui porte toujours l'unité de l'Europe en son cœur.

Alors, alors que le monde se réorganise dans la violence et le fracas, alors que nous n'avons plus que jamais besoin de coopération, nous devons faire de l'Europe la puissance de demain au service de la justice et de la protection de la planète. L'Europe a commencé à répondre présent face à l'agression russe contre l'Ukraine. Certains, à droite comme à gauche, continuent de vouloir en sortir. Nous défendrons qu'il faut aller plus loin. Dans l'immédiat, en décidant un embargo total sur le pétrole et le gaz russe qui alimentent la machine de destruction de Vladimir Poutine. face à la pandémie, face à la pandémie, nous avons su faire face en Europe, ensemble.

C'est la même responsabilité qui aujourd'hui doit nous habiter pour que cessent les atrocités en Ukraine. Et le moment est venu et le moment est venu dans ces temps troublés de parachever l'Union des Européens. Je propose qu'au lendemain des élections présidentielles le peuple français soit consulté par référendum sur une union approfondie des Européens pour la sécurité climatique et énergétique pour la souveraineté industrielle et alimentaire. Une union de la défense et une organisation digne et efficace pour les réfugiés, les exilés et les migrants. Le moment est venu aussi de proclamer l'Union franco-allemande à l'avant-garde d'une unité européenne plus approfondie.

Plus que jamais, plus que jamais la France et l'Allemagne doivent unir leur destinée dans une union démocratique, écologique, industrielle, sociale et de défense. Et nous proposerons et nous proposerons une fédération européenne aux pays européens qui n'ont pas encore rejoint l'Union et que l'expansionnisme de Vladimir Poutine à Grèce autour de trois mobilisations un plan de sécurité climatique et énergétique, un plan de souveraineté alimentaire partagé et un plan d'indépendance et un plan d'indépendance numérique face aux attaques. Vous le savez pour nous, la France est notre maison et l'Europe est notre village.

On n'a pas construit l'Europe, les amis, pour faire circuler des marchandises, des services et des transactions financières. On n'a pas construit l'Europe pour l'entourer de barbelés et laisser se noyer des personnes en Méditerranée et en Manche. Contre les nationalismes de droite et de gauche, contre le libéralisme et la technocratie, nous, écologistes, défendrons encore et encore pour la France et l'Europe un projet d'humanisme, un projet d'harmonie, un projet d'ouverture, un projet de solidarité, bref, un projet de civilisation.

Chers amis, chers concitoyennes, chers concitoyens, c'est un écologiste, un amoureux et un père, un picard, un français, un républicain et un européen, un citoyen du monde qui vous parle aujourd'hui à deux semaines de cette échéance. Je n'ai pas la conviction depuis toujours d'avoir un destin particulier. Je ne me sens pas l'âme d'un sauveur suprême ni d'un César. Je ne suis pas né candidat à l'élection présidentielle. présidentielle. Je le suis devenu après un long parcours de militant écologiste, associatif d'abord dans le mouvement alter-mondialiste et à Greenpeace, politique ensuite au Parlement européen. européen.

Ce parcours m'a aguerri, m'a instruit, m'a ouvert les yeux sur la dureté de notre monde et sur les fantastiques capacités de transformation qui sont les nôtres. Je sais qu'un autre monde est possible. Noël, souviens-toi, au Forum Social Mondial, François, José et tous les autres, oui, un autre monde est possible. Je l'ai appris, je l'ai appris à vos côtés. Vous, vous, femmes et hommes mobilisés pour bâtir un monde meilleur, pour conserver une planète vivante et vivable, pour faire de la lucidité le ferment de nos lendemains et de la solidarité le levain du futur.

J'ai dit que je suis un père, je suis aussi un fils, celui d'une institutrice et d'un instituteur qui m'ont donné le goût de l'effort, qui m'ont transmis l'émerveillement face à la beauté de la nature et qui m'ont donné l'amour de la République. Et c'est certainement parce que je n'oublie pas d'où je viens que je sais aujourd'hui où je vais. À l'heure où l'individualisme triomphe, je veux affirmer ma foi dans l'action collective. je veux me mettre à votre service, au service du peuple, au service du combat, pour la paix, pour le climat, pour la justice sociale. Plus nous serons forts le 10 avril, plus vous serez forts, plus le climat et la justice seront forts.

Chers amis, tout a concouru depuis des mois à retarder et à obscurcir votre choix du 10 avril. Compte tenu du temps perdu, et combien de temps perdu avec cette partie de cache-cache d'Emmanuel Macron, refusant le débat démocratique pour tenter de masquer l'inanité de son bilan et la brutalité de son projet. Finalement, le seul débat qu'aura eu Emmanuel Macron dans cette campagne, c'est celui que je lui ai imposé au Parlement européen à Strasbourg. En 2017, en 2017, de nombreux Françaises et Français, notamment de gauche, ont cru élire Mendès France ou Rocard. Ils ont eu l'arrogance de Giscard et la brutalité de Sarkozy.

Combien de temps perdu aussi avec ce déchaînement xénophobe et identitaire pour désigner les étrangers, les musulmans à la vindicte populaire. Ne soyons pas dupes là non plus. Marine Le Pen et Éric Zemmour sont les deux visages d'une même extrême droite. Cette extrême droite veut répandre l'ignoble théorie du grand remplacement. Nous savons que notre défi c'est le grand réchauffement. Elle veut s'y faire pour en appeler à la haine de celles et de ceux qui fuient la guerre ou la misère. Nous admirons celles et ceux qui leur apportent humanité et dignité. Elle veut répandre le nationalisme et revivre les guerres du passé. Nous avons l'Europe au cœur et la paix en étendard.

Elle se veut le héros d'une droite qui regrette Pétain et l'Algérie française. Nous faisons vibrer l'esprit de résistance et des luttes sociales, des combats ouvriers que nous avons reçus en héritage. Elle croit susciter en nous la nostalgie d'un passé déformé. Nous avons soif d'avenir, d'un futur optimiste. Elle est le chaos, la haine et la peine. Nous sommes la joie, l'égalité, la liberté et la fraternité. Je sais que vous ne vous laisserez pas abuser. Chers concitoyennes, chers concitoyens, je veux d'abord m'adresser aux Françaises et aux Français tentés par l'abstention et tout particulièrement aux jeunes. Car le regard de la jeunesse sur le monde que nous forgeons est impitoyable.

ils y sont compris mieux que d'autres que nous courons à la catastrophe. Jeunes de France, ne laissez personne décider à votre place. Ne laissez pas passer cette occasion historique de changer vos vies. Quand j'étais enfant, j'avais dans ma chambre, j'avais un poster de Rocheteau et de Kigan pour ceux de ma génération qui connaissent, mais j'avais aussi un poster de Greenpeace. Sauvons les baleines. Les jeunes d'aujourd'hui, ils ont dans la tête des ours polaires, à la dérive, sur des bouts de banquise. Ils ont dans la tête le cinquième continent de plastique, deux fois plus grand que la France et qui tourbillonne au milieu du Pacifique.

Ils ont la guerre sur leurs écrans, les pics de pollution d'air dans leurs poumons, l'angoisse de vivre dans un monde invivable. Chez nous, les rivières meurent, les poissons se font rares et on retrouve les dauphins éventrés sur les plages. Les abeilles périssent et entraînent avec elles toute la chaîne du vivant. Dans nos montagnes, sur le pic du Midi, sur le pic du Mont Blanc, dont le glacier fond, on retrouve du plastique. Jeunes de France, faites irruption dans ce scrutin. Venez nous bousculer avec vos envies, avec vos colères, avec vos enthousiasmes. Rejoignez-nous ! Rejoignez-moi !

Donnez-nous la force, donnez-moi plus de force encore pour construire la République écologique, celle qui réalisera les promesses de notre République, liberté, égalité, fraternité. Vous vous engagez pour le climat, contre les racismes et les discriminations, contre les violences faites aux femmes, contre la souffrance animale. Venez avec votre énergie, venez avec votre créativité et cette diversité magnifique qui fait l'image et la beauté de la France. Ensemble, ensemble, nous éradiquerons la grande pauvreté, celle qui vous oblige à faire la queue pour un repas gratuit. Nous créerons un revenu citoyen, accessible dès 18 ans, qui ne laissera personne, personne sous le seuil de pauvreté.

Et ça vous donnera aussi l'autonomie de choisir votre vie, parce qu'un pays qui maltraite sa jeunesse est condamné à décliner et à disparaître. Pour 50 euros par mois, vous bénéficierez du ticket Liberté Climat qui vous permettra de voyager partout en France, en illimité, en transport en commun. Nous légaliserons le cannabis pour lutter efficacement contre les addictions et contre les trafics. Nous imposerons le récipicé pour mettre fin au contrôle, au faciès. Nous investirons massivement dans l'enseignement supérieur, pour que vous puissiez choisir vos vies et enrichir la société de votre intelligence et de vos engagements.

Vous l'avez compris, notre programme est un acte d'amour pour notre jeunesse. Jeunes de France, jeunesse de France, levez-vous et faites de ce scrutin, le 10 avril, le scrutin de la vie, du climat et de la justice sociale. Jeunes de France, plus nous serons forts le 10 avril, plus vous serez forts et plus le climat et la vie seront forts. Le 10 avril, mes chers amis, mes chers compatriotes, faisons face, changeons, avec le vote écologiste, exprimez un choix de conviction. C'est le sens de ma candidature. Je veux m'adresser aussi, je veux m'adresser aussi aux Françaises et aux Français qui ont fait confiance à Emmanuel Macron en 2017.

Pensant, pensant, pensant qu'il portait un projet de changement progressiste. Regarder, juger, évoler, et voter. Vous vouliez une action résolue pour l'écologie ? Vous avez eu un quinquennat d'inaction climatique condamné deux fois par la justice de notre pays. En votant écologiste, vous aurez la règle d'or climatique qui conditionnera chaque politique publique, chaque euro d'argent public à la protection du climat et de l'environnement. Vous vouliez une France apaisée. Emmanuel Macron n'a eu de cesse de souffler sur les braises de la division.

Méprisant les appels au secours, au respect et à la démocratie des Gilets jaunes, des salariés, des Français, méprisant les élus locaux et les syndicats, il a toujours répondu de manière plus répressive et plus brutale. Jetez à la poubelle le rapport Borloo sur les banlieues, à la poubelle les cahiers de doléances issus du grand blabla, à la poubelle les mesures de justice climatique portées par la Convention citoyenne sur le climat. Avec le vote écologiste, vous aurez la démocratie partout, au Parlement, dans les territoires, dans les entreprises, pour transformer, pour rassembler, pour apaiser.

Et une Convention citoyenne pour le renouveau démocratique définira les contours d'une nouvelle République, la République écologique. Vous vouliez une réforme des retraites justes. Vous avez eu un simulacre de négociations pour imposer une réforme comptable et injuste. Il propose aujourd'hui la brutalité de la retraite à 65 ans. Que rien d'autre qu'un aveuglement idéologique ne justifie. Une réforme pour faire payer, par l'épuisement et la mort, prématurer des plus fragiles l'enrichissement des très riches. Ecologistes remettront la pénibilité au cœur d'un système de retraite fondé sur la justice pour en finir avec une des grandes injustices de notre pays.

Un ouvrier a 10 ans de moins d'espérance de vie en bonne santé qu'un cadre. Vous vouliez plus de justice sociale. Vous avez eu l'explosion des inégalités. La fin de l'ISF, la baisse de la fiscalité sur le capital, la baisse des APL et des allocations chômage. Vous avez eu l'enrichissement indécent des plus riches au détriment des autres. Et il propose aujourd'hui la baisse généralisée des droits de succession et le flicage des bénéficiaires du RSA. En votant écologiste, vous aurez la création d'un ISF climatique et l'imposition sur les grandes successions. Vous aurez un SMIC à 1 500 euros net, une négociation obligatoire sur les bas salaires, le dégel du point d'indice des fonctionnaires.

Vous vouliez voir la France renouer avec sa tradition d'accueil après qu'Emmanuel Macron ait salué l'action d'Angela Merkel. Vous avez eu les tentes des migrants détruites à Calais et à Paris. La hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers, des patrons contraints à la grève de la faim pour empêcher l'expulsion de leurs apprentis. En votant écologiste, vous aurez un accueil digne et organisé, la faim des campements indignes, l'asile respecté, une organisation de la migration pour le travail et une grande politique de solidarité et d'intégration.

Vous vouliez que les droits des femmes soient enfin une grosse cause nationale, plus de 600 féminicides sur le quinquennat, un viol ou une tentative de viol toutes les 6 minutes et à peine 1% d'entre eux sont punis. En votant écologiste, nous déploierons un milliard d'euros pour éduquer, former, protéger, avec une police et une justice spécialisées, des hébergements d'urgence, la possibilité de porter plainte à l'hôpital et des contraintes d'éloignement efficaces. Vous vouliez une démocratie française libérée ? En votant écologiste, vous libérez notre République de l'ingérence des lobbies, avec lesquelles et pour lesquelles Emmanuel Macron a gouverné pendant 5 ans.

« Dehors, dehors le lobby des pesticides qui détruisent la biodiversité et contaminent nos organismes. Voter écologiste, c'est interdire immédiatement le glyphosate et les néonicotinoïdes. C'est interdire les épandages à moins de 150 mètres des habitations et des écoles. C'est reconnaître et indemniser toutes les victimes, j'ai bien dit toutes les victimes, de l'empoisonnement au chlordécone dans les Antilles. Le lobby de l'élevage industriel. Voter écologiste, c'est interdire l'élevage en cage pour favoriser un élevage paysan, respectueux des animaux. Le projet d'Emmanuel Macron est connu, il est revendiqué. C'est numérique, robotique et génétique. On parle bien d'un programme agricole.

C'est remplacer les paysans par des robots. Et c'est relancer les OGM. Nous n'avons pas envie de nouveau d'aller arracher des OGM dans les champs. Nous ne voulons pas renforcer notre dépendance aux engrais azotés russes et aux soja brésiliens qui ravagent l'Amazonie. Voter écologiste, c'est mettre les 13 milliards d'euros d'argent public annuel vers un projet d'agroécologie et de souveraineté alimentaire. C'est payer dignement les paysannes et les paysans. C'est installer 100 000 jeunes en agriculture. Et c'est fournir une alimentation saine et savoureuse.

Dehors aussi, le lobby des EHPAD à but lucratif, qui n'ont cessé de spéculer sur la perte d'autonomie et dont Emmanuel Macron a été un VRP opiniâtre pour la Russie et pour la Chine. Voter écologiste, c'est interdire tout nouvel EHPAD à but lucratif. C'est imposer un ratio d'un accompagnant pour un pensionnaire pour sortir de la maltraitance. Dehors encore, le lobby des constructeurs automobiles, qui ont toujours obtenu des dérogations aux normes de pollution, malgré les 100 000 morts prématurées par an liées à la pollution de l'air.

Voter écologiste, c'est faire de la prévention, de la santé environnementale et du combat contre les maladies chroniques et la malbouffe, la priorité des priorités. Dehors le lobby des compagnies minières, qui veulent faire de la Guyane une mine à ciel ouvert. Voter écologiste, c'est sanctuariser la biodiversité dans tous nos territoires. Dehors, bien sûr, le lobby des chasseurs. Voter écologiste, c'est interdire la chasse le week-end et pendant les vacances scolaires, pour que tout le monde, oui, tout le monde, puisse profiter de la nature en toute tranquillité. Et nous interdirons les chasses cruelles, comme la chasse à cour.

Dehors, le lobby des industriels qui combattent l'interdiction des molécules les plus dangereuses et qui refusent les normes de sécurité, malgré AZF, malgré Lubrissol. Voter écologiste, c'est instaurer la responsabilité des entreprises et reconnaître le crime d'écocide. Voter écologiste, c'est investir massivement dans la rénovation thermique des logements pour protéger la santé et le pouvoir d'achat des Français. C'est déployer enfin les énergies renouvelables. Nous n'acceptons pas que la France soit le seul pays européen, le seul, à ne pas respecter ses objectifs en matière d'énergie renouvelable.

Vous l'avez compris, l'un des actes fondateurs de la République écologique sera de voter, dès notre arrivée au pouvoir, une grande loi de séparation des lobbies et de l'État. Ce sera la fin de leur insupportable arrogance, la fin aussi, au cœur de l'État, des cabinets de consultants comme McKinsey, qui, à coups de centaines de millions d'euros par an, ont pensé sur commande des gouvernements, la suppression des lits d'hôpitaux, la réduction des APL et toutes les réformes sociales brutales. Vous aurez la fin du mélange des genres, des complaisances et des échanges de bons procédés entre l'État, la haute administration et les grandes entreprises.

Car, chers amis, à la fin, qui dirige dans ce pays ? Le peuple ou les lobbies ? C'est au peuple de décider. Alors, peuple français, décide. Le 10 avril, décide. La République des lobbies ou la République écologique ? Un dernier mot sur les lobbies. Total, Total, doit quitter la Russie. Total doit quitter la Russie maintenant. Total doit cesser de financer les crimes de guerre de Poutine, maintenant, parce que la vie des Ukrainiens et des Ukrainiens vaut plus que leurs profits. Il est temps, il est temps de sortir de l'exploitation et de la destruction, et nous stopperons enfin tous les projets climaticides. Alors, M. Pouyanné, je persiste et je signe. Je ne retire pas un mot. M.

Pouyanné, la vie, les vies, le climat valent plus que tous les dividendes de vos actionnaires. Que votre rémunération, que votre rémunération indécente, qui a augmenté de 50% en 2021, pour atteindre 6 millions d'euros. Alors, pour que tout le monde soit clair, au cas où ils pensaient m'effrayer avec leurs veines menaces, J'ai été espionné par les barbouzes d'EDF. Ils n'ont fait que renforcer ma détermination. Les écologistes ne reculent jamais. Depuis toujours, on veut nous réduire au silence. Mais savent-ils qui nous sommes seulement ? Nous sommes des femmes et des hommes qui savons ce que désobéir veut dire.

Eva Jolie, Noël Mamère, Dominique Pouyanné et José Bové, qui ont porté fièrement les couleurs de l'écologie, n'ont jamais rien cédé. Damien Carême, qui a refusé de laisser des exilés dormir dans la boue et le froid. On lui a demandé de reculer. Il n'a rien cédé. Delphine Bateau, alors ministre, a dénoncé les attaques répétées contre l'écologie. On lui a demandé de se taire. Elle n'a pas cédé. Marie Toussaint avait une idée. Attaquer l'État français en justice pour une action climatique. Tout le monde lui disait que ça ne marcherait pas. Elle n'a pas cédé. La pétition à l'affaire du siècle est devenue la pétition la plus signée de l'histoire de France.

Et l'État en France a été condamné pour une action climatique et pour réparation. Et je pourrais citer ici celles et ceux qui sont devant moi, les maires, les élus, et vous, les militantes et militants, qui ont toujours été poussés à renoncer. Nous sommes des milliers. Nous ne renoncerons jamais. Nous défendons parce que nous défendons une alliance avec la nature, parce que nous défendons les droits humains, nous défendons la démocratie. Nous ne considérons jamais que ce qui est mauvais pour les droits humains ou pour la planète pourrait être bon pour la France. Car la France n'est pas seulement un pays magnifique, avec un patrimoine naturel, historique, culturel, unique au monde.

La France est aussi une idée magnifique qui ne souffre pas d'être avilée. Nous, écologistes, défendons dans cette campagne cette idée de la France, les pieds sur terre, les pieds dans la terre, mais le regard sur l'universel, pour la dignité et les droits, pour toutes et tous. Je ne reculerai pas. Nous ne reculerons pas. Nous ferons face en votant écologiste. Mes amis, mes chers compatriotes, vous mettrez un terme à ce quinquennat de complaisance, de connivence, d'endogamie et d'intérêt mêlés. Vous remplacerez la République des lobbies par la République écologique. Le mouvement, l'espérance, l'innovation, l'audace sont écologistes. C'est ça, le vote écologiste.

Et plus nous serons forts le 10 avril, plus vous serez forts. Et plus nous serons forts pour une République exemplaire. Mes chers compatriotes, je sais le dépit ressenti par nombre de citoyennes et de citoyens à l'idée de devoir se retrouver, une fois de plus, une fois de trop, à ne pas pouvoir voter par conviction au deuxième tour. à n'avoir comme seul choix que celui de faire barrage à l'extrême droite. Et j'entends qu'à cela, on agite le mirage d'un vote utile ou efficace. Mais mes amis, mes amis, le vote utile, le vote efficace au premier tour d'une élection, c'est le vote de conviction.

On ne vote pas en oubliant les ambiguïtés face aux complotistes de la crise sanitaire, en oubliant les soutiens à l'intervention russe en Syrie et les contortions ambiguës sur l'Ukraine et aujourd'hui sur l'Union européenne. On ne vote pas pour ceux qui refusent d'appeler un dictateur, un dictateur. On ne vote pas pour affaisser et effacer notre horizon européen et nos convictions internationalistes. Est-ce qu'ainsi que l'on respecterait la mémoire de Jean Jaurès, de Léon Blum, de Pierre Mendès-France ou l'action de Lionel Jospin ? Je vous le dis, renversez la table, votez par conviction, votez pour construire un autre avenir politique.

Et au soir du 10 avril, vous pourrez opposer l'écologie au libéralisme technocratique. Vous pourrez mettre la justice sociale face à l'explosion des inégalités. Vous pourrez opposer Jadot à Macron. Alors oui, les colères sont là. Ces colères populaires sont miennes. Elles sont nôtres. Je sais trop la disparition des services publics dans les terres, comme ma picardie natale. Le sentiment d'être laissé pour compte qui s'empare de certains territoires et des citoyens qui y vivent. Le désarroi des salariés et le ressentiment de nos quartiers abandonnés par la République où fleurissent les discriminations dans l'emploi, le logement, les contrôles d'identité ou l'accès aux boîtes de nuit.

Je ne suis pas au-dessus de ces colères du peuple. Elles nourrissent notre projet et ma candidature. Alors, en ces temps de colère, j'entends dire que je ne crierai pas assez fort pour me faire entendre dans cette campagne. C'est que je veux m'adresser à l'intelligence des femmes et des hommes de ce pays, pas à leur instinct. C'est qu'ajouter des cris aux cris a rarement permis de se faire entendre mieux. Ce n'est pas ce que je suis. Ce n'est pas ainsi que je conçois le débat démocratique, l'action politique, la vie sociale. Mon projet est radical par l'ampleur de la bataille pour le climat, pour la paix, pour la justice sociale, parce que tous ces combats l'imposent.

Et j'entends pour cela rassembler, pas exclure. J'entends pour cela apaiser et pas attiser. Vous le savez, beaucoup de ces colères aujourd'hui sont liées au pouvoir d'achat. Le vote écologiste est l'allié le plus fiable du pouvoir d'achat et de l'emploi. Dans la République écologique, il n'y aura pas d'argent public pour autre chose que le soutien à la transformation écologique, au progrès social et à l'égalité entre les femmes et les hommes. Nous en terminerons avec les fins de mois impossibles, en luttant contre les dépenses qui s'imposent aux Françaises et aux Français les moins fortunés. Le logement, le chauffage, le transport, l'alimentation.

Notre projet, c'est 700 000 logements sociaux sur le quinquennat, 7 milliards d'euros dans les transports en commun et en particulier dans les trains du quotidien, dans les trains de nuit, dans les trains de marchandises. C'est la baisse de la TVA pour l'alimentation bio et les biens et services de réparation, de réutilisation et de recyclage. Ces économies procureront aux Français un 13e mois écologique, un 13e mois de pouvoir de vivre.

Respecter les classes populaires, faire sienne leurs aspirations, ce n'est pas leur vendre des chimères, ce n'est pas les condamner à la malbouffe, à une espérance de vie plus faible, ce n'est pas enteriner l'illusion que l'urgence climatique est une affaire de bourgeois que l'on peut régler avec des centrales nucléaires qu'Emmanuel Macron nous promet pour dans 20 ans. Donnez-nous les clés de l'Elysée et nous créerons les conditions de la création d'emplois durables. Au total, ce sont un million d'emplois qui seront créés par la transition écologique, dans les services publics, dans l'agriculture, dans les infrastructures ferroviaires, dans la construction, le textile et l'énergie.

Voilà le projet de l'écologie. Plus de climat, plus d'emplois. La République écologique est par nature sociale. Elle ouvre le chemin d'abord à celles et ceux que la République a oubliés, dans les quartiers, dans les campagnes, dans les usines, dans les services. L'écologie, c'est la prospérité pour toutes et tous. Nous ne laisserons personne au bord de la route. L'écologie, c'est une économie où nous privilégions les entrepreneurs et les salariés plutôt que les actionnaires et la finance. L'innovation, la responsabilité et l'investissement plutôt que la rente, l'immobilisme et la prédation. Plus nous serons forts le 10 avril, plus vous serez forts pour la justice sociale et pour l'économie.

Mes chers amis, mes chers compatriotes, le vote écologiste, c'est évidemment le grand retour de l'État au service du peuple. Je veux ici, devant vous, fils d'enseignant, vous dire mon amour de ces femmes et de ces hommes qui font l'État, qui sont l'État. Je veux ici, en votre nom, les remercier, ces enseignants, ces chercheurs, ces soignants, ces policiers, ces gendarmes, ces magistrats, ces fonctionnaires nationaux et territoriaux qui tiennent le pays à bout de bras. Nous les accompagnerons dans la réalisation des promesses de la République. Nous donnerons à l'hôpital les moyens d'assurer sa mission en augmentant les salaires et en recrutant 100 000 infirmières et infirmiers.

Nous donnerons aussi à l'école les moyens pour remplir sa mission républicaine. Nous la réparerons, elle qui a été si maltraitée pendant ce quinquennat, en augmentant les salaires de 20% et en recrutant 65 000 enseignants. Et nous organiserons, à l'issue d'une large concertation, les enseignements et les temps qui leur sont consacrés en fonction des besoins des jeunes et de leur épanouissement, avec notamment, et nous l'assumons, une plus grande place pour les apprentissages liés à la nature, à la culture, au sport et aux travaux manuels. L'écologie redonnera aussi aux Français l'envie et la possibilité de réaliser enfin pleinement la promesse républicaine.

Notre écologie est la fille cadette de la République. C'est à ce titre qu'elle a vocation à reprendre le flambeau de la longue histoire des combats pour réaliser enfin la promesse républicaine. Liberté, égalité, fraternité. C'est à ce titre que l'écologie prend et prendra toute sa part à l'écriture d'un nouveau chapitre de l'histoire nationale. Car elle a vocation à redonner aux Françaises et aux Français la fierté, le sens de l'audace et de la fraternité dans l'espace national, en Europe et dans le monde, pour unir, pas pour diviser. C'est bien pour ça, c'est bien pour ça aussi, que la laïcité constitue une valeur et un principe fondamental de la République écologiste.

Notre programme est sans ambiguïté, sans lâcheté et sans instrumentalisation. La loi de 1905, rien que la loi de 1905, toute la loi de 1905. Mes amis, le vote écologiste est aussi un vote de construction. L'espace politique français est un champ de ruines. L'extrême droite y prospère, contamine une droite désormais représentée par Emmanuel Macron. Quant à la vieille gauche française, elle n'apporte plus l'espérance qu'elle a longtemps portée. Nous savons ce que nous devons à la gauche, la République elle-même et notamment la laïcité, les combats pour la justice sociale et la critique du capitalisme si spontanément prédateur.

Mais cette ancienne gauche se meurt de trop de renoncements, du conformisme qui a fini par étouffer sa soif initiale de changement, cette soif qui est au contraire toujours et encore la nôtre. Il revient, il revient à la République écologique, il nous revient de reprendre le flambeau des combats de la gauche française pour répondre aux défis de l'heure avec toutes celles et tous ceux venus de la gauche et d'ailleurs humanistes, progressistes, qui le souhaiteront. Votre vote du 10 avril est la première étape de la construction d'un grand mouvement porteur de ce projet, de cette vision, de cet horizon.

La République écologique, porteur des combats pour le climat, la paix, la démocratie et la justice sociale. Plus nous serons forts le 10 avril, plus vous serez forts et plus ce mouvement de construction de l'avenir sera fort. Mes amis, alors mes chers compatriotes, il nous reste deux semaines pour convaincre, deux semaines pour lever les écrans de fumée et donner envie à vos proches, à vos amis, à vos collègues, à vos voisins de se donner, de donner à la France et à l'Europe une espérance, celle de l'écologie.

Il nous reste deux semaines, deux semaines pour faire prévaloir un vote de conviction, un vote de construction, le vote écologiste contre les tenants de la stagnation ou du défoulement stérile. Je ne ménagerai pas mes efforts jusqu'à la dernière minute pour continuer à convaincre chaque Française et chaque Français. Je compte sur vous et sur votre mobilisation. Demain, demain, demain, demain, nous appartient. Et c'est demain, pas dans cinq ans, qu'il nous faut reprendre nos vies en main.

Alors, chers amis, déjouez les pronostics, démodez les étiquettes obsolètes, faites taire les chiens de garde du vieux monde pour maintenant, pour demain, pour la France, pour l'Europe, pour un monde plus juste, pour bien vivre, pour l'écologie, pour la paix, pour la solidarité, pour réparer, pour protéger, pour préparer, pour transformer nos espoirs en victoire, pour faire face et pour agir dès le 10 avril. Votez et faites voter écologistes, vive l'écologie, vive la République et vive la France ! 14 jours pour convaincre, 14 jours pour transformer nos espoirs en victoire. Merci !