SÉBASTIEN CHENU : « Lorsque vous couvrez les corps, vous couvrez les esprits. » (BFM)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteRéponse directe
Pourquoi remettre cette idée d'interdiction du voile dans le débat de cette rentrée ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Une femme qui porte le voile dans la rue, c'est une menace pour la République ?
- 3:56RelanceRéponse directe
Pourquoi vous ne l'imitez pas aux mineurs dans ce cas-là ?
- 4:32FerméeRéponse directe
Ce sera dans un référendum, c'est ça ?
- 5:33RelanceRéponse partielle
Mais aucun autre pays au monde ne l'a fait pour le voile dans l'espace public.
- 8:07OuverteÉludée
Si demain le voile était interdit dans la rue, lesquelles seraient sanctionnées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Cette disposition qui dépasse d'ailleurs simplement le voile, elle existe depuis 2022 dans notre programme. »
- 0:30Invité politiqueFait
« Nous, on veut lutter contre l'islamisme. »
- 0:56Invité politiquePromesse
« pour l'interdire. »
- 1:11Invité politiqueFait
« porté ou revendiqué ou parfois imposé à des jeunes filles, est le symbole de cet islam radical. »
- 1:34Invité politiqueFait
« Vous savez que dans la religion musulmane, rien n'oblige à se couvrir. »
- 2:46Invité politiqueFait
« Nous, nous considérons que c'est un mauvais modèle que d'avoir une société communautarisée, dans laquelle la femme doit se couvrir. »
- 2:54Invité politiqueFait
« Car lorsque vous couvrez les corps, vous couvrez les esprits. »
- 3:38Invité politiqueFait
« L'islamisme est une idéologie qui fait des morts dans notre pays. »
- 4:52Invité politiqueFait
« On a regardé, vous savez qu'il y a une loi en 2010, celle qui interdit le fait de se couvrir intégralement. »
- 5:19Invité politiqueFait
« Je vous rappelle qu'il y a des pays qui sont sur le même chemin. La Belgique flamande, le côté flamand de la Belgique, a pris le même chemin avec une loi sur le niqab et regarde beaucoup ce que nous faisons en France. »
- 9:38Invité politiqueFait
« j'expliquais que j'avais reçu une proposition d'une députée LR qui disait cet été, même Corneloup, députée LR, elle avait probablement s'ennouillé pendant les vacances, elle nous proposait de signer sa proposition de loi pour l'interdiction de fumer dans sa voiture. »
- 10:59Invité politiqueFait
« D'abord, moi je fais confiance à la police de mon pays sur le discernement. »
- 14:58Invité politiqueFait
« Quand on est républicain, on accepte le résultat des élections. »
- 17:05Invité politiqueFait
« Nul. Une nullité, j'ai rarement vu ça. »
- 18:16Invité politiqueChiffre
« Sérieux, ils ont ruiné notre pays, 35 milliards d'euros de dette. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu62 %
- ?10 %
- Invité9 %
- Invité 26 %
- Présentateur3 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
- Invité 52 %
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On
va en parler avec Sébastien Chenu, député vice-président de l'Assemblée nationale, vice-président du Rassemblement national. Bonsoir,
monsieur le député.
Pourquoi remettre cette idée d'interdiction du voile dans le débat de cette rentrée ? Parce que vous avez l'impression d'être un peu oublié. On parle beaucoup d'Edouard Philippe, de Gabriel Attal, des autres. Il fallait se remettre sur les fondamentaux, c'est ça
?
Non,
mais
cette disposition qui dépasse d'ailleurs simplement le voile, elle existe depuis 2022 dans notre programme. Quelle est la logique de tout cela ? Nous, on veut lutter contre l'islamisme. Et en cela, on fait d'ailleurs la différence entre l'islam et l'islamisme. Et on considère que l'islamisme, l'islam radical, représente une menace dans le pays. Et cette menace, elle est toujours d'actualité. Et à partir du moment où on veut lutter contre cette idéologie, il faut la définir, il faut définir son mode d'expression, ses représentations, ses financements, ses relais pour l'interdire.
Le
voile porté par une femme est un symbole de l'islamisme. Évidemment. Évidemment qu'aujourd'hui, le voile tel que nous le connaissons, porté ou revendiqué ou parfois imposé à des jeunes filles, est le symbole de cet islam radical.
Imposé.
Imposé. Parfois ou parfois choisi. Quand il est choisi, c'est une rupture, évidente, une façon de dire « Je ne me reconnais pas dans cet État républicain
»
C
'est
une liberté aussi. Puisque c'est une soumission, c'est une liberté. Il y
a
une liberté religieuse. Bien entendu, mais nous, nous considérons qu'elle est l'étendard de la soumission des femmes à la loi islamique. Vous savez que dans la religion musulmane, rien n'oblige à se couvrir. Donc les gens qui font la promotion sont des gens qui souhaitent envoyer un message de radicalisation,
de rupture avec le pays. Mais pour qu'on comprenne
bien, une femme qui porte le voile dans la rue, c'est une menace pour la République
?
Ah ben c'est une volonté de ne pas être en accord avec les valeurs de la République. Ça c'est une évidence. Et pour tout vous dire,
nous avons...
Cette
femme
est peut-être une citoyenne française. Elle paye ses impôts. Elle respecte la
loi.
Elle décide personnellement de porter un voile. Et c'est une menace. C'est-à-dire qu'on serait bien fragile de se sentir menacé quand même par cette femme qui porte le voile.
Cher monsieur Truchot, il y
a
beaucoup de gens qui payent leurs impôts et qui sont très menaçants. Pour le pays, on pourrait en faire des listes. Simplement, projetons-nous. Il y a quelques années, moi vous savez, je suis né dans l'Oise. Je connaissais très bien Ernest Chénière, le principal du collège Avest de Creil. Les deux petites filles voilées, fin des années 80, ont été le premier symbole finalement de l'entrisme des frères musulmans dans la sphère la plus visible de la société. Et depuis, ça n'a cessé d'augmenter. À la fin, vous vous retrouvez avec quoi ? Avec une société qui est communautarisée, à l'anglo-saxonne. Eh bien nous, nous ne défendons pas ce modèle.
Nous, nous considérons que c'est un mauvais modèle que d'avoir une société communautarisée, dans laquelle la femme doit se couvrir. Car lorsque vous couvrez les corps, vous couvrez les esprits. Alors il y a aussi un avantage à l'interdiction du voile dans la société, c'est que ça va libérer des jeunes filles. Il
y a
des jeunes filles qui se font imposer le voile par une pression, qu'elle soit physique, intellectuelle, que sais-je. Eh bien elles vont, grâce à cette loi aussi, trouver la possibilité d'enlever
le voile. Mais vous n'interdisez qu
'un
seul signe religieux dans
l'espace public, vous
n
'interdisez pas les autres.
Non mais
vous n'avez
pas compris. Parce que Maud Bréjean ce matin disait,
si on met en
place
à telle
mesure, il va falloir interdire l'ensemble des signes
religieux visés dans l'espace
public. C'est grave pour la porte-parole du gouvernement d'être dans ce niveau-là. Je viens de vous expliquer que c'était l'étendard de l'islamisme. Le reste ne sont pas les étendards d'idéologies mortifères. L'islamisme est une idéologie qui fait des morts dans notre pays. Je ne crois pas que les autres idéologies qui découleraient de religion en soient là. Donc nous luttons contre l'islamisme, pas contre l'islam, la religion de l'islam. Chacun peut la pratiquer comme il veut, comme il se doit. Nous sommes dans un état
laïque, aucun problème. Pourquoi vous ne l'imitez pas
aux mineurs dans ce cas-là, qui en effet se le font imposer
? C'est un adulte qui
choisit. Mais on peut considérer que des femmes adultes choisissent en connaissance de
cause
davantage.
Mais
madame, d'abord, pourquoi les limiter ? L'argument peut être également inversé. Pourquoi ne les limiter comme mineurs lorsqu'on veut se débarrasser dans une société de l'étendard de l'islamisme ? Mais la chose la plus simple, je vais vous dire, c'est encore ce que disait Jordan Bardella, c'est que ça va ouvrir ce sujet de société. On va le mettre sur la table. Ce sont les Français et dans notre projet de loi, il
n'y a
pas que
le
voile pour lutter contre l'islam radical, la fermeture d'un certain nombre de mosquées salafistes. Ça
sera dans un référendum, c'est ça, Soumy
?
Mais
oui, c'est un autre référendum qui n'a rien à voir avec le référendum sur l'immigration.
C
'est un autre référendum qui est lutté contre l
'idéologie islamiste. Ce sera anti-constitutionnel
selon de nombreux constitutionnalistes. Nous avons regardé les choses aussi. Il
y a un débat quand même sur les constitutionnels. Mais ça,
vous savez, c'est toujours les arguments pour rien faire. On vous dit, mais ce sera anti-constitutionnel. On a regardé, vous savez qu'il
y a
une loi en 2010, celle qui interdit le fait de se couvrir intégralement. Le niqab, il est interdit dans notre pays. Déjà, le Conseil constitutionnel s'est prononcé là-dessus. Ce qui pouvait poser problème, c'était, est-ce que ça crée un trouble à l'ordre public ? Eh bien, le Conseil constitutionnel, nous l'avons vérifié, a élargi cette notion. Les traités européens également ont donné de la marge à toutes ces notions. Donc pour nous, ça passe et les Français auront le choix de pouvoir le voter ou pas. Je vous rappelle qu'il
y a
des pays qui sont sur le même chemin. La Belgique flamande, le côté flamand de la Belgique, a pris le même chemin avec une loi sur le niqab et regarde beaucoup ce que nous faisons en France.
–
Mais il
n
'y
a
aucun autre pays au monde qui le fait pour l'instant, qui n'a interdit
le voile dans l'espace
public pour l'instant.
– Non
mais sur
le voile intégral, oui. – Mais Donald Trump et d'autres n'y ont pas pensé. – Sur le voile intégral,
oui. Sur le voile intégral, oui. Mais avec la multiplication de ces cas revendiqués, de ces étendards de l'islamisme, peut-être qu'effectivement d'autres prendront le même chemin. En tous les cas, il y en
a
qui nous regardent avec beaucoup d'intérêt. –
Justement, voyons avec Raphaël Grabli maintenant dans l'Effet Grabli que le Rassemblement national et le voile, bonsoir Raphaël. –
Bonsoir.
– C'est une longue
histoire politique
quand
même. – Oui, une longue histoire, une histoire d'ailleurs assez simple. Sur le papier, en fait, dès 2012, Marine Le Pen se prononce pour l'interdiction dans la rue du voile et de la kippa d'ailleurs à l'époque, une position qu'elle maintient uniquement pour le voile en 2017 et en 2022. Et voici ce qu'elle disait. Il y a cinq ans, à quelques jours du premier tour,
c
'était le 4 avril 2022 face à Apolline de Malherbe.
–
Vous interdirez le port du voile partout, sauf à la maison quoi. – Oui, oui, j'interdis le port du voile dans l'espace public.
C
'est-à-dire qu'en réalité, j'élargi la loi d'interdiction du voile de l'école pour qu'elle touche l'intégralité de l'espace public.
–
Alors ça, c'est pour la théorie. En pratique, ça peut se compliquer. Un quelques jours plus tard,
on
est le 15 avril 2022. Marine Le Pen fait campagne à Pertuis, dans le Vaucluse. Une femme voilée l'interpelle devant les caméras.
– Je
suis une fille d'ancienne combattante d'armée française qui a fait 15 ans de service militaire. J'ai commencé à porter le voile une fois que je suis une femme âgée maintenant.
Je n'ai pas 50
ans,
je n'ai pas
60 ans. C'est un signe
d'être grand-mère. –
Alors dès le lendemain, Marine Le Pen, elle est interrogée sur cet échange et elle revient avec une position qui est légèrement plus nuancée.
– Je
sais très bien quels sont les problèmes qui sont liés au voile. Je sais très bien qu'il y a des femmes âgées qui le mettent parce que ça correspond pour elles à un moment de leur vie et qu'elles sont devenues grand-mères et que ça n'a pas la même signification que les jeunes femmes à qui on force en fait de le mettre.
–
Donc c'est au résume, il y
a
le voile acceptable, celui des grands-mères, et puis le voile qu'il faut combattre, celui des islamistes. – Alors comment fait-on la différence entre les deux ? – Alors c'est assez difficile en tout cas si on écoute certains policiers, ceux qui devraient mettre des amendes in fine aux femmes voilées dans la rue. Alors figurez-vous que ce n
'est
pas moi qui le dis, ça. C'est Jordan Bardella qui le disait face à vous deux d'ailleurs, Alain et Olivier. C'était dans les GG le 19 mars 2025. Écoutez Jordan Bardella.
–
Évidemment l'interdiction dans la rue, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il suffit d'aller discuter avec des policiers en Seine-Saint-Denis par exemple, dans des territoires qui sont très communautarisés. – L'application est compliquée.
–
L'application est compliquée, donc je pense qu'il faut y aller étape par étape. – Donc Jordan Bardella qui admet que c'est compliqué. J'ai une question pour vous Sébastien Chenu. Je voulais vous montrer à l'écran, vous allez voir apparaître 4 femmes différentes qui ont un point commun quand même, qui ont la tête couverte. Alors j'ai une question à vous poser. Si demain le voile était interdit dans la rue, lesquelles seraient sanctionnées ?
– Non mais
ça c'est le travail du législateur, voyez-vous, ou le travail effectivement des Français qui choisiront…
– Là-dessus vous ne sauriez pas dire… –
Je n
'ai
pas à me prononcer pour ne
pas
tomber dans le piège. D'abord je vois qu'il y
a
du personnel religieux là-dedans, sur les 4 photos que vous me présentez.
– Oui il y a une bonne soeur, oui. –
Donc vous mettez déjà des gens qui n
'ont
rien à faire ensemble.
Le personnel
religieux n'est évidemment pas touché. Donc vous voyez, ce genre de petit piège est vraiment lamentable.
– Si on enlève la bonne soeur… – Non mais si on enlève la bonne soeur, les
3 autres…
–
Donc moi le législateur se prononcera, mais vous voyez que déjà vous attaquez le sujet par l'argumentation de tous ces gens qui ne veulent rien faire.
–
Oui mais… – En fait c'est toujours pareil, non mais je vais terminer. Parce qu'on nous dit, ah mais c'est compliqué, ah mais c'est impossible
de le faire… – C'est déjà d'un barré là
-dedans,
il dit que c'était compliqué. – Non, non, non,
mais monsieur, que ce soit compliqué dans notre pays d'appliquer la loi et de la faire respecter, oui c'est une évidence. Vous voyez le nombre de refus d'obtempérer, quand il y
a
un refus d'obtempérer le nombre de jeunes qui se mettent autour des forces de l'ordre, qui sont en train d'essayer de dresser un procès verbal. Oui, la notion d'ordre public dans notre pays, elle est effectivement difficile à maintenir. Et nous on est, pourquoi on s'engage ? Pour rétablir cette notion d'ordre public. Donc oui c'est difficile.
Vous savez je disais tout à l'heure, j'expliquais que j'avais reçu une proposition d'une députée LR qui disait cet été, même Corneloup, députée LR, elle avait probablement s'ennouillé pendant les vacances, elle nous proposait de signer sa proposition de loi pour l'interdiction de fumer dans sa voiture, pour vraiment être à côté des problèmes de la société pour proposer ça. Mais madame Corneloup, comment elle fait appliquer l'interdiction de fumer dans sa propre voiture ? On a mis, monsieur, des amendes à des gens qui ne portaient pas le masque. On a mis des amendes à des gens qui ne sortaient pas de chez eux sans avoir fait signer un papier.
Donc vous voyez, effectivement, une société qui se tient debout, c'est une société qui édicte des lois, qui sait les faire appliquer et nous considérons qu'effectivement nous soutiendrons la police de France pour faire appliquer. Mais
justement,
écoutez à ce représentant policier à propos de cette perspective législative.
C
'est très compliqué également de verbaliser quelqu'un qui a le voile intégral parce que tout de suite, quand vous arrivez à deux ou trois policiers, vous avez beaucoup de gens qui viennent autour, vous avez plein de personnes qui se mettent au milieu en disant « mais vous n'avez pas autre chose à faire que verbaliser quelqu'un qui a un voile intégral
».
C'est déjà très compliqué dans l'application et il y en a assez peu d'amendes qui soient émises. Alors il y en a encore quelques-unes parce que parfois, franchement, il faut qu
'on
le fasse. Mais je ne vous cache pas que déjà c'est compliqué. Alors imaginez si c'est simplement pour un voile où on voit le visage de la personne. Franchement, je crois que quand on est flic, on a bien d'autres choses à faire que ce genre de contravention.
–
Que répondez-vous à ce policier ?
– Deux choses. D'abord, moi je fais confiance à la police de mon pays sur le discernement. C'est-à-dire ce qu'on demande dans l'application de la loi. Faites preuve de discernement. Et les policiers de France font preuve, dans tous les cas où ils sont confrontés dans la vie quotidienne, à cette notion de discernement. – On leur demande déjà
beaucoup aux policiers. –
Mais on va beaucoup les aider
aussi. Mais nous, on va être beaucoup en soutien des policiers.
– Vous allez embaucher davantage les policiers pour en faire. – Oui, et là, si on enlève la bonne sœur, comment ils vont faire le discernement entre les trois autres
? – Monsieur, moi je fais confiance
à la police de mon pays. – Et oui, mais là c'est concret. – Et je peux vous
dire, quand vous vous baladez dans la rue et vous voyez une jeune fille qui est voilée, vous dites elle est voilée. Et en
réalité,
il y a assez peu de probabilités pour que vous
vous… – Mais c'est peut-être cette jeune fille qui va les travailler. – D'ailleurs,
vous l'avez bien vu, j'ai tout de suite dit qu'il y avait entre les quatre une personne qui était du personnel
religieux. – Oui, mais les trois autres, j'ai fait les trois autres. – Elles ont des
voiles. –
Donc elles sont verbalisables. – Le
discernement.
– Donc elles sont verbalisables. –
Le discernement. Le voile religieux.
– Elles sont verbalisables. – Oui, elles sont
verbalisables.
– Les trois.
–
Alors,
je préjudice juste qu'effectivement, à gauche, la jeune femme porte un voile islamique. Juste à sa droite, c'est un voile qui est porté notamment par certaines jeunes femmes juives. –
Mais
au
milieu,
c'est une homme qui a un turban, ça n
'a
rien à voir avec le voile déjà. –
Non,
non,
et tout à droite, c'est une femme qui porte un foulard pour chimiothérapie, qui
est vendue. J'ai trouvé que ces modèles seraient pas bonnes. – Il faut faire
preuve de discernement.
– Oui, oui, non, mais voilà. –
Et la dame vous répondra si vous l'interrogez, monsieur, je porte un foulard parce que j'ai une chimiothérapie. Il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles. Il y a eu la même chose pour l'ABAIA. C'est pas moi qui l'ai défendu, d'ailleurs, c'était Gabriel Attal. On disait, ah mais vous allez mesurer la longueur. Non. –
Vous avez demandé les certificats médicaux
?
–
Les principaux de collège savent très bien, et d'ailleurs ça se passe plutôt bien, j'ai l'impression, savent très
bien
interdire une ABAIA. Il faut arrêter de se réfugier derrière des argumentations qui sont souvent stupides ou ridicules ou caricaturaux pour dire ne rien faire. Moi, je vous le redis, il faut envoyer un signal fort, immédiat, si on ne veut pas se retrouver dans le cadre d'une société qui soit communautarisée à
l
'anglo-saxonne. –
J'ai une précision à vous
demander, pour le sport, sur le voile, est-ce que vous voulez aussi l'interdire dans toutes les compétitions sportives, y compris au niveau amateur, et faire une loi en ce sens ou pas ? –
Non, mais si le voile est interdit dans la société française, il est interdit dans tout ce qui est, dans tout l'espace public, le sport aussi.
– Dans toutes les compétitions
sportives,
parce que pour l'instant, ce n'est pas le cas. – Oui, madame,
bien sûr, ce n
'est
pas le cas du tout dans le pays, d'ailleurs. Si le voile est interdit, il est interdit. Quand on vous dit de mettre votre ceinture de sécurité, vous mettez votre ceinture de sécurité à
la ville et à
la campagne. Donc vous voyez, s'il y a une loi, elle s'applique sur l'ensemble du territoire.
– D'accord.
Fuck Marine Le Pen, projeté dans un concert, un festival de rock, c'est de la liberté d'expression
? –
C
'est surtout d
'abord de la vulgarité la plus insigne. –
Ça a été posté
par Mathieu Pigasse, qui est le
financeur qui finance les
rock
-en-seignes.
– Comme quoi, Mathieu Pigasse, le financeur, pas uniquement de rock-en-seignes, probablement de LFI aussi, en tous les cas, le sponsor au moins intellectuel, le milliardaire ami de la France insoumise, ne fait pas partie des nuisibles que la France insoumise condamne. Vous savez, pour eux,
il
y
a
des bons milliardaires. – Il
n'est pas milliardaire,
il
est millionnaire. – Il est millionnaire, excusez-moi cette nuance.
– C'est important. – Disons qu'il n
'a
pas trop de problèmes de ce côté-là. Il fait partie, en tous les cas, des nuisibles acceptables de la France insoumise. Et je pense que c'est le degré zéro du débat public, ça. C'est le degré zéro du
débat public. – Ça veut
dire que les artistes vont se
mobiliser
? – Mais chacun dit ce qu'il veut dans le pays. Et si ces individus pensent qu'ils vont faire bouger une seule voix parce qu'ils écrivent « fuck Marine Le Pen », je les plains. Parce que si c'est ça pour eux faire une campagne et penser convaincre quelqu'un avec « fuck Marine Le Pen », écoutez, sincèrement, s'ils en sont là, je me fais du souci pour eux.
–
Mais tiens, justement,
ça c'est l'avance, c'est en campagne. Mais si Marine Le Pen arrive au pouvoir, vous avez entendu notamment Marine Tondelier et d'autres personnes aussi à la France insoumise dire « Non, on entrera en résistance, ça ne se passera pas comme ça, on fera ce qu'il faut, il y
aura
même des appels à la désobéissance, désobéissance civile contre
l'élection de Marine Le Pen. » – Quand on est républicain,
et ces gens-là décernent des brevets de républicanisme à peu près à tout le monde, ce sont eux qui décident qui est républicain, qui ne l
'est
pas dans le pays. Quand on est républicain, on accepte le résultat des élections. Moi, je n
'ai
jamais remis en cause l'élection d'un député de la France insoumise.
–
La liberté de manifester ou
d'être contre. – Non, c'est autre chose, vous pouvez
manifester, vous exprimer,
y
compris, effectivement, le lendemain, vous pouvez
aller… – Mais la désobéissance civile, ce n'est pas
pareil. – Ça, c'est autre chose, c'était ce que disait M. Balibagayoko, c'est
ce
que dit Marine Tondelier ou Mathilde Padeau. C'est
-à
-dire que ce sont des gens qui refusent le résultat d'une élection et qui donc sont eux-mêmes disqualifiés, quelque part, pour participer au débat public. Vous ne vous engagez pas dans le débat public en disant que si le résultat ne vous convient pas, vous allez le contester, y compris dans la rue, y compris d'une façon violente. Ces gens sont en train de se révéler pour ce qu'ils sont, c'est
-à
-dire que ce ne sont pas des démocrates, ce ne sont pas des républicains, ils sont habités en tous les cas par une idéologie qui fait que lorsque les résultats, la volonté populaire à être exprimée, ne leur convient pas, eh bien ils veulent empêcher le peuple de pouvoir jouir du résultat de cette élection.
– Vous qui êtes un élu du Nord, vous avez dû apprécier Edouard Philippe et Gérald Darmanin en train de faire des frites, Edouard Philippe a appris.
– Je vois qu'on est sur les sujets de
fond. –
C'est en tout cas l'une des
images de la campagne de ce week-end. – Je vais vous dire. – Elles sont bonnes ces frites là au fait ?
– D'abord,
ça m'a fait penser, évidemment, à l'image de Donald Trump qui faisait ça. Et j'avais entendu ce qu'on disait de Donald Trump. « Oh mais quel populisme, quel scandale, regardez-le, il va dans un McDo faire des frites, c'est indigne, etc. » pour Edouard Philippe, c'est très drôle, c'est très sympathique, bon c'est une mise en scène. Et moi je vais vous dire, je l'ai écrit sur les réseaux sociaux, moi voyez-vous, dimanche j'étais dans ma circonscription du Nord, j'étais dans une friterie, dans la bonne ville de Main, et c'était une association caritative qui faisait des frites, pour les vendre évidemment au bénéfice de ces actions.
Et donc dans le Nord, quand les gens font des frites, ils en font ou quand ils en consomment, c'est probablement souvent pour leur plaisir, mais c'est aussi parfois, comme je peux le citer avec la ville de Main, pour de bonnes actions, pas pour faire de la com politique, pour essayer de faire passer pour populaire, quelqu'un qui considère simplement que les Français doivent s'incliner lorsqu'ils passent sur son bilan catastrophique.
Comment vous jugez son entrée
en campagne justement ?
Nul. Une nullité, j'ai rarement vu ça. Mais enfin, qui a envie de voter Edouard Philippe ? La réalité c'est que... Visiblement,
c'est le mieux placé pour être au secondaire à côté de Main de Main. Puisque
visiblement, il est au coude à coude maintenant avec Mélenchon. Et c'est pas avec ce genre d'avatar de communication, en essayant de se faire passer. Vous savez, dans la vie, il ne faut pas se faire passer pour ce qu
'on
n'est pas. Voilà.
Edouard Philippe est un techno
qui a un air sérieux, mais qui lorsqu'il a eu les leviers de commande, c'était un fiasco total. Et aujourd'hui, il essaie de se faire passer pour un mec sympa, populaire. Il n'est pas ça. C'est pas grave. Il a probablement d'autres qualités.
Et vous, ce qui vous
manque, ce n
'est
pas le côté sérieux, à l'inverse ? Quand
vous
essayez justement de dire que vous ferez des économies, que vous ferez la règle d'or
budgétaire ? Eh bien, vous avez tout à fait raison. Nous sommes en train de démontrer notre sérieux. C'est sûr que ce n
'est
pas ces gens-là qui peuvent vous démontrer
notre sérieux.
Sérieux, ils ont ruiné notre pays, 35 milliards d'euros de dette. Non mais, ils sont disqualifiés pour expliquer ce
qu'il n'est pas. Est-ce qu'on est sérieux
en disant qu'on
va
faire 125
milliards d'euros d'économie,
mais en même temps, la retraite, ça sera 62
ans, alors qu'on vit de plus en
plus vieux ? Vous mettez en parallèle deux choses différentes. La première, c'est la règle d'or et les 125 milliards d'euros d'économie. 125 milliards d
'euros
d'économie, c'est en 5 ans, c'est les 25 milliards d'euros d'économie par an. Donc nous les avons calculés, ils seront présentés par Jean-Philippe Tanguy au moment du débat budgétaire. Vous saurez exactement ce que nous voulons faire comme économie, même si vous avez déjà un certain nombre d'indices, de pistes, puisque ce n
'est
pas nouveau à chaque débat budgétaire. Nous fléchons et nous expliquons là où nous voulons faire des économies. À côté de ça, à côté de cette règle qui sera la technique, eh bien il y a la pratique et les économies que nous allons faire. Et ça, ça donne de la fiabilité. Et à côté de ça, nous avons un projet de société. Ce projet de société, c'est effectivement la réforme des retraites. Si vous avez commencé avant 20 ans, vous avez vos 40 annuités, vous partez à 60 ans. Et ensuite, à 62 ans avec 42 annuités. C'est un choix de société, 9 milliards d'euros, on sait le financer.
Merci Sébastien Chenu, député vice-président du Rassemblement national.
Sébastien Chenu