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interviewC à vous· 8 septembre 2025 9 min

À l’Assemblée, F. Bayrou étrillé par les oppositions - L’édito de Patrick Cohen

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

il y a longtemps. R.Davies est parti vendredi à 81 ans.

On lui rend hommage. - A.-E.Lemoine: F.Morel et les actualités de Bertrand notamment, voilà le programme jusqu'à 21h.

Tout de suite, l'Edito de P.Cohen. F.Bayrou a tenu cet après-midi devant l'Assemblée son dernier discours de Premier ministre. - P.Cohen: Un dernier discours sur un ton grave avant un renversement inéluctable, un vote dont nous connaissions l'issue depuis 15 jours.

Il a manqué 170 voix à F.Bayrou. L'homme s'est posé en homme de devoir, allant jusqu'au bout d'un combat qu'il continue de juger indispensable. "J'ai choisi de m'adresser à vous comme si le destin n'était pas écrit", a lancé le Premier ministre avant de se hisser à hauteur de l'histoire. - F.Bayrou: Ce dont nous traitons aujourd'hui, ce n'est pas une question politique, mais une question historique.

Les questions politiques, ce sont celles qui concernent les partis, les rivalités des uns avec les autres et les questions de pouvoir. Les questions historiques concernent les peuples et les nations. Les questions politiques sont celles qui concernent les adultes qui se disputent tout le temps.

Les questions historiques, ce sont celles qui concernent les enfants et le monde que nous construisons. - P.Cohen: "Le pronostic vital de la France est engagé", a répété le Premier ministre.

Aujourd'hui, le destin de la France, notre nation inscrite dans l'histoire, se trouve menacé par nos quotidiennes impérities. Si vous avez le pouvoir de renverser le gouvernement, vous n'avez pas le pouvoir d'effacer le réel. Le réel, c'est le poids d'une dette de plus en plus lourde. - A.-E.Lemoine: Il a conclu en lançant plusieurs avertissements. - P.Cohen: Contre ce qui menace de faire sombrer notre pays. - F.Bayrou: Les forces politiques qui annoncent faire tomber le gouvernement, ce sont les forces politiques les plus opposées entre elles, celles qui se désignent comme ennemies, celles qui sont incompatibles par les idées autant que par les arrière-pensées et qui échangent d'un bout à l'autre de l'Hémicycle les injures et les mises en cause.

Ce qu'elles préparent, si leur logique de division l'emporte, j'ai déjà utilisé le terme, c'est le tohu-bohu, le désordre, quand chacun hurle dans son coin et dont rien de bon ne peut sortir. - P.Cohen: "Tohu-bohu", "désordre"...

Une salve d'applaudissements, une des rares salves qu'il a obtenues. Désordre qui ne peut mener qu'à un régime autoritaire. Il a évoqué un mouvement d'ordre mondial qui ne cesse de s'étendre sur la planète. - F.Bayrou: Il y a un chemin sur lequel la planète bascule, le chemin qui considère que la destinée des peuples, c'est d'obéir, et que, pour que s'instaure cette logique autoritaire contre le droit des peuples, le droit des citoyens, tous les coups sont permis, que la fin justifie les moyens, notamment l'utilisation de tous les conflits et de toutes les calomnies qu'il convient de faire flamber. - P.Cohen: F.Bayrou oppose un autre chemin, celui de la vérité partagée et du courage.

C'est peu dire qu'il n'a pas été entendu. - A.-E.Lemoine: A gauche comme à droite. - P.Cohen: B.Vallaud a été l'un des plus cinglants.

L'attitude du PS est au centre de toutes les spéculations pour la suite. Vallaud a étrillé le bilan d'E.Macron en y associant F.Bayrou.

Il a aussi dénoncé l'injustice du plan de redressement présenté par le Premier ministre à la mi-juillet. - B.Vallaud: De quoi votre plan est-il le nom?

Celui de la souffrance humaine, de l'injustice sociale, de l'inefficacité économique. C'est l'augmentation promise du chômage, l'abandon de l'impératif écologique, l'étranglement des services publics, c'est ajouter de la crise à la crise. Il ne suffit pas d'être centriste pour être central. - P.Cohen: "Nous sommes prêts à gouverner", dit B.Vallaud.

Il a conclu par "qu'ils viennent nous chercher", l'injonction de l'affaire Benalla. Le PS qui, avec ce réquisitoire, met la barre assez haut pour celui ou celle qui succédera à F.Bayrou et devra s'atteler à un accord de non-censure avec les socialistes. - A.-E.Lemoine: Perspective évoquée par L.Wauquiez. - P.Cohen: L.Wauquiez a déploré le gâchis du gouvernement Bayrou.

Le chef des députés LR a demandé à ce qu'on inverse pour la suite la manière de faire, de définir un programme de gouvernement, et désigner ensuite un Premier ministre. - L.Wauquiez: Si on veut donner un minimum de stabilité à un gouvernement, il faut changer la méthode.

On ne peut pas se contenter de désigner, chers collègues, une personnalité quelle qu'elle soit, Premier ministre à Matignon, à qui l'on signe un chèque en blanc sans avoir défini de trame. Aucune démocratie mature au monde ne fait cela. Quand il y a la nécessité de définir une coalition, quand il y a la nécessité de définir en discutant avec des gens avec lesquels on ne partage pas nécessairement les mêmes opinions, mais parce qu'on veut donner un minimum de stabilité, il faut assumer et se mettre autour de la table pour définir un programme de travail. - P.Cohen: Il a parfaitement raison.

Ca prend des mois. Compte tenu des contingences budgétaires, on n'a pas forcément des mois. L.Wauquiez n'a pas fermé la porte à un gouvernement de gauche.

Il a exclu des ministres LFI, mais il n'a pas dit qu'il y aurait une censure automatique. - A.-E.Lemoine: Il l'avait déjà dit.

M.Le Pen s'est posée en alternative. - P.Cohen: En se félicitant de la fin d'un gouvernement fantôme.

Elle renvoie droite et gauche à leurs responsabilités passées. - M.Le Pen: Dirigeants de droite comme de gauche, vous êtes coupables.

Vous ne pouvez pas pleurer devant les caméras les conséquences des méfaits que vous avez vous-même commis. Curieux procédé, de brandir les dettes dont on est comptable, les déficits dont on est responsable, l'effondrement général dont on est coupable, pour chercher à obtenir la confiance du Parlement. - P.Cohen: M.Le Pen a à nouveau réclamé le pouvoir, la dissolution, qui n'est, selon elle, pas une option mais une obligation.

Elle a donné raison au président de l'avoir fait en juin 2024, mais en lui reprochant les affaires d'appareil qui ont fait échec au RN. Le procès en appel dans l'affaire des eurodéputés se tiendra en janvier. Elle s'était dit prête, malgré son inéligibilité, à sacrifier son mandat de députée pour porter son parti à Matignon. - A.-E.Lemoine: On revient en détail sur les conséquences de ce vote historique à l'Assemblée nationale.

La première conséquence, c'est la démission de F.Bayrou. Il la remettra dès demain matin au président de la République.

Il a manqué 170 voix. Il y a eu 364 contre le vote de confiance. Il n'y avait pas de suspense.

On ne connaissait pas exactement la répartition des voix. Un mot sur ce résultat? - P.Perrineau: Il n'y avait pas de suspense étant donné les prises de position des partis des oppositions.

Les hésitations, jusqu'au coeur de la majorité...

L'ampleur de la défiance est tout de même très importante. Comparons. Lorsque M.Barnier part, c'était 30 voix qui le font partir.

Là, c'est 364. Il y a plus de 30 députés en plus qui ont nourri le mouvement de défiance. - A.-E.Lemoine: La crise s'aggrave. - P.Perrineau: Ca s'accélère.

La défiance, ce n'est pas simplement dans la population française. C'est aussi au coeur même de l'institution parlementaire. - A.-E.Lemoine: "Si vous avez le pouvoir de renverser le gouvernement, vous avez le pouvoir de renverser le reste." Extrait du discours de F.Bayrou.

Ce discours signe ses adieux à Matignon. Vous en retenez la gravité? - L.Vigogne: Il n'a rien dit de très nouveau par rapport à ce qu'il a dit ces derniers jours.

Il n'y a pas de grandes phrases qui resteront de ce discours.

À l’Assemblée, F. Bayrou étrillé par les oppositions - L’édito de Patrick Cohen — Marine Le Pen · Pourquijevote