Déficit, violences à l'école, licenciement dans la fonction publique, dose de proportionnelle aux élections législatives... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Marleix
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Olivier Marlex, c'est une information France Info, une info de Fanny Guinochet, le déficit dépassera les 5% en 2024 selon la trajectoire de stabilité qui sera dévoilée aujourd'hui par Bruno Le Maire, l'objectif initial du gouvernement c'était 4,4%, quelle est votre réaction ?
Clairement c'est pas, ça veut dire que le déficit de 2023, 5,5% n'était pas un accident et c'est une mauvaise trajectoire, c'est le laxisme depuis 7 ans que M. Macron conduit les finances de notre pays et donc ce qui est inquiétant c'est que le redressement va être violent puisque si on veut passer de 5,5% avec un gouvernement qui maintient sa trajectoire à 3% en 2027, faites un petit calcul, c'est grosso modo 70 milliards d'économies qu'il faut faire avec un président de la République qui nous dit que non non il n'y a aucun problème de dépenses dans ce pays, je crois qu'il mériterait le prix de l'humour grinçant en politique et donc on a un problème de recettes.
Donc c'est 70 milliards de recettes qu'il va falloir trouver, c'est un sujet qui mérite, qui peut inquiéter un peu les Français.
Le président qui écarte l'idée d'un budget rectificatif présenté aux parlementaires pour cette année, il considère que le problème des finances publiques effectivement c'est beaucoup moins de recettes et donc il va falloir quand même faire des économies. Il y aura quand même un débat sur le budget les 29 et 30 avril prochains, c'est suffisant ?
Non, évidemment on aurait préféré une autre finance rectificative pour que les choses soient très clairement sur la table et pas un débat fumé. Enfin, on va déjà écouter ce qu'ils nous disent une fois encore. Ce qui est très inquiétant aujourd'hui, c'est que ce qu'on sait, c'est qu'il va falloir trouver 70 milliards dans les 3 ans qui viennent. Que le gouvernement n'a pas l'intention de réduire les dépenses, puisque le président de la République nous dit qu'il n'y a pas de problème de dépenses. Le président de la République nous dit qu'on a un problème de recettes. Les recettes de l'État, c'est quoi ? C'est les impôts des Français.
Et donc visiblement, ils ont un projet, ce qu'on appelle un plan caché sur les impôts des Français. Et d'ailleurs, le Premier ministre a missionné un groupe de travail dans la majorité, qu'il a confié au rapporteur général du budget, pour travailler sur la rente. Alors qu'est-ce que c'est que la rente ? D'ailleurs, l'utilisation de cette expression un peu floue, évidemment, cache peut-être probablement un loup. La rente, c'est quoi ? Est-ce que c'est l'épargne des Français ? Est-ce que c'est les loyers des Français ? Est-ce que c'est cette idée folle de taxer les loyers fictifs ? Vous savez, des gens qui ont fini de payer leur maison. Et là, vous parlez des suppositions.
Olivier Marlach, c'est ça. Pourquoi vous parlez de plan caché ? Il y a de l'insincérité ? Il y a une volonté de cacher quelque chose selon vous, de la part du gouvernement ?
Ce qu'on sait, bien sûr. Parce que ce qu'on sait déjà, c'est qu'effectivement, le gouvernement a menti. C'est-à-dire que le gouvernement savait depuis le mois d'octobre, avait des alertes depuis le mois d'octobre 2023, qu'il y aurait une dégradation de la situation financière du pays. Et il n'en a absolument pas tenu compte pour présenter son budget 2024. Pourquoi ? Parce qu'il ne voulait pas, justement, annoncer de mauvaises nouvelles aux Français avant les élections européennes. Donc, le gouvernement a fait comme s'il n'y avait pas de problème. Vous êtes parlementaire, vous êtes chef d'un groupe d'opposition, un gouvernement qui ment. Qu'est-ce que vous décidez ?
Oui, effectivement, c'est un problème. Ce qu'on veut déjà, c'est qu'il dise la vérité aux Français. Donc, un gouvernement qui a menti sur la préparation de ce budget, on a un peu le sentiment que, probablement, il nous ment encore sur les mesures qu'il compte trouver. Donc, moi, ce que je veux, c'est quand même que le gouvernement mette sur la table les solutions qu'il compte proposer pour redresser les finances du pays.
On parlait à l'instant des rentes. Gabriel Attal parle bien de rentes, mais il fait plutôt allusion aux entreprises, aux plus riches. Il attend, d'ailleurs, des propositions. Là-dessus, vous dites non. On ne pense pas, on ne doit pas réfléchir aux impôts.
Non. Parce que ce que je veux, ce n'est pas aux Français. Alors oui, on le dit très clairement. Non, ce n'est pas aux Français de payer aujourd'hui la facture de cette année de Gabgi Macron. Pendant sept ans, le président de la République a fait des chèques à tour de bras, a fait des cadeaux fiscaux, a financé ce qu'on appelait une politique de l'offre qui devait avoir un résultat magique de ruissellement. Tout ça, visiblement, est un échec. Et donc, ce n'est pas aux Français de payer aujourd'hui un redressement violent qui n'aurait pas lieu si on avait un tout petit peu géré ce pays avec bon sens.
Mais qu'on soit bien précis. Bruno Le Maire, hier, vous a dit, même dans l'hémicycle, pendant les questions au gouvernement, il n'est pas question d'augmenter les impôts des Français. En revanche, sur les super profits des entreprises, il faut réfléchir. Je ne l'en fais absolument pas confiance. C'est ce qu'ils disent dans la majorité.
Ils ont une impasse de 70 milliards dans les trois ans qui viennent. Où est-ce qu'ils vont trouver cet argent ? Il faut qu'ils le disent aux Français et pas après le 9 juin, pas après les élections européennes, qu'ils le disent avant, même si c'est douloureux.
Olivier Marlex, que vous disiez que le gouvernement mette des solutions sur la table. Ce matin, Stanislas Guérini, ministre de la Fonction publique, dit qu'il veut en finir avec le tabou de l'emploi à vie des fonctionnaires. Vous, vous voulez remettre en cause cet emploi à vie des fonctionnaires ? Non, pardon, on n'a pas fait exactement cette proposition-là.
La possibilité de licencier les fonctionnaires, j'ai envie de dire à M. Guérini déjà que ça existe dans notre droit. Ce n'est pas beaucoup utilisé.
C'est un sujet qui n'utilise pas, c'est leur problème.
Moi, je connais plein de collectivités locales. Quand il y a des problèmes avec des fonctionnaires dans le respect du droit, aujourd'hui, c'est utilisé. Si l'État ne le fait pas, c'est qu'il est un très mauvais employeur. J'ai envie de poser la question, sans malice, est-ce que ça vaudra aussi pour les ministres incompétents ? Non, mais c'est un sujet sérieux quand même. Vous avez un gouvernement avec un ministre de l'économie qui a planté ce pays, même le président de la République lui rappelle qu'il est là depuis 7 ans, et on est en train d'ouvrir une belle diversion en pleine campagne électorale.
Je pense que la réforme, on est en période électorale, donc le gouvernement sort de son chapeau des grands mots, licenciement des fonctionnaires, c'est le camp de la réforme contre ceux qui ne seraient pas réformateurs. Moi, j'ai envie de leur rappeler que la réforme, ça rime avec respect. On a fêté il y a quelques jours les 50 ans de la disparition de Georges Pompidou. Georges Pompidou, c'est un président qui avait l'art de moderniser et de réformer le pays sans créer de heurts, sans foutre le feu au pays.
C'était une autre époque, juste avant le choc pétrolier. C'était une autre époque.
C'était une autre époque où, en fait, on n'annonçait pas des réformes juste pour faire du buzz médiatique, et qu'on cherchait réellement à transformer les choses. Et donc la réforme, elle se faisait, elle rimait avec respect.
Vous aussi, vous voulez supprimer des fonctionnaires ? C'était le programme de François Fillon ?
Réduire le poids de la fonction publique, oui, on l'a fait d'ailleurs. Je vous invite à regarder les chiffres. Quand la droite était au pouvoir, on a réduit dans le périmètre de l'État le poids de la fonction publique de 6,5% de mémoire. M. Hollande l'a augmenté de 5,5% et M. Macron de plus de 12 ou 13%. Dedans, il y a évidemment un effet inflation, mais pas que. Donc ils ont fait exploser la masse salariale de l'État. Donc ils ne viennent pas jouer aujourd'hui, les grands réformateurs. Juste, enfin, on voit, c'est un tract électoral. Moi, je pense que les fonctionnaires, c'est un sujet dans notre pays.
Évidemment qu'il faut poursuivre une réforme, une modernisation de notre fonction publique, comme on l'a fait à notre époque, avec, vous savez, l'histoire des journées de carence. Enfin, il y a un tas de choses à faire. Il faut s'interroger sur ce périmètre de la fonction publique, notamment dans la très haute fonction publique aussi.
Donc ça va plutôt dans votre sens. Mais quand même, le député, on vous entend.
Mais pardon, ne jetons pas ça en pâture, ne jetons pas les fonctionnaires comme ça en pâture.
Depuis quelques minutes, on vous entend. Le gouvernement a menti, vous nous avez dit. Un ministre de l'économie qui a planté le pays, est-ce que ça vaut une motion de censure des Républicains ?
Parce que, moi, je ne voudrais pas qu'on s'imagine qu'on est dans un jeu politique et politicien. Moi, je veux vraiment que les Français se rendent compte de la gravité de la situation. Vous savez, le président de la République nous expliquait, il participait à des débats il y a trois ans, au moment où les taux d'intérêt étaient négatifs. disant, oui, la dette perpétuelle, cette dette, on n'aura peut-être jamais à la payer. On a toujours dit que c'était de la folie de raisonner comme ça et qu'on était à la merci d'une hausse des taux d'intérêt. Je dis, c'est ce qui arrive. Aujourd'hui, on a un problème de soutenabilité de notre dette.
Non, mais ma question portait sur la motion de censure.
Entre, pardon, en deux ans. Non, mais oui, la réponse à la question de la motion de censure, c'est d'abord celle de la prise de conscience. Il faut que nos compatriotes mesurent la gravité de la situation. La charge de la dette, les intérêts qu'on paye, on est passé en l'espace de deux ans, entre 2021 et 2024, enfin trois ans, trois budgets, on est passé de 20 milliards à 53 milliards. On terminera le quinquennat entre 70 et 90 milliards. Non, mais clairement, il faut d'abord que les Français aient conscience de la gravité de cette situation.
Ils en ont conscience, Olivier Marlex, on en parle depuis plusieurs jours, depuis que les chiffres sont tombés. La question, c'est votre responsabilité, vous êtes parlementaire, vous avez l'occasion de renverser le gouvernement.
Et que c'est eux qui paieront l'addition, le moment venu.
Politiquement, vous pouvez faire quelque chose. Qu'est-ce que vous allez faire ?
Tractement, notre projet, c'est de protéger les Français face à un retour de manivelle. Une fois encore, ce n'est pas aux Français de payer. Donc, on a dit clairement que la question de la motion de censure, elle se poserait s'il y avait le moindre augmentation de la fiscalité. Ce n'est pas aux Français de payer l'addition pour l'incurie de M. Macron. Voilà, on a posé des lignes rouges très claires. Notamment, aussi, on ne touche pas aux retraites puisqu'on sent que c'est la tentation du gouvernement.
Olivier Marlex, on laisse passer le fil info. Il est 8h40. Donc, on vous retrouve juste après Mathilde Romagnon.
Le projet de loi sur la fin de vie sera présenté ce matin en Conseil des ministres. Il prévoit la possibilité d'un suicide assisté dans de strictes conditions et, exceptionnellement, l'euthanasie, ainsi qu'une clause de conscience pour les professionnels de santé opposés à cette pratique. Après 48 heures d'ultime, discussions, syndicats et organisations patronales ne sont pas parvenues à un accord sur l'emploi des seniors. Cet échec met en péril la finalisation de la Convention d'assurance chômage. Elle a été négociée à l'automne dernier. Les menaces sont prises très au sérieux par le ministre de l'Intérieur.
La sécurité est donc renforcée à Paris ce soir pour le quart de finale de la Ligue des champions de football. Le PSG reçoit le FC Barcelone et le groupe Etat islamique a proféré des menaces d'attentats sur ces quart de finale avec un message diffusé sur les réseaux sociaux. Son objectif ? Grimper 110 mètres à la corde à la Tour Eiffel. L'athlète française Anouk Garnier tente le record du monde ce matin à Paris. L'occasion aussi de récolter des dons au profit de la Ligue contre le cancer. France Info Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia.
Et le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée, Olivier Marlex. La loi sur la fin de vie arrive ce matin au Conseil des ministres. Un volet sur l'aide à mourir, un volet sur les soins palliatifs. Dans sa version actuelle, le texte vous paraît-il équilibré ?
Le texte à laquelle nous parlons, je ne le connais pas encore. Donc je ne peux pas vous répondre. Je crois que la vraie urgence, ce que veulent nos compatriotes, ce à quoi on aspire tous, c'est évidemment à une mort sans douleur pour soi-même, pour ses proches. Et donc le vrai sujet, le premier défi, c'est évidemment les soins palliatifs.
Pour lesquels le gouvernement a annoncé un peu plus d'un milliard d'euros sur les 300 millions d'euros.
Oui, alors un milliard d'euros, Philippe Juvin a évoqué le sujet à l'Assemblée nationale. En réalité, ce sera insuffisant. Et ça veut dire que si on se projette dans le temps, compte tenu du vieillissement de la population, en réalité, ça veut dire qu'au terme de ce plan, il y aura moins de moyens qu'il y en a aujourd'hui pour amener à la population qui est confrontée à la mort. Donc pour l'instant, les moyens n'y sont pas du tout. L'autre question qui est celle du suicide assisté, évidemment, elle pose énormément de questions. C'est la première fois que dans notre société, on s'engagerait sur ce chemin.
Le président de la République a utilisé un mot que j'avais moi-même utilisé dans une tribune qui est l'idée de faire une loi de fraternité. Moi, je pense que dans une société, on n'a pas le droit d'aider l'autre à mourir si on ne lui a pas proposé avant de l'aider à vivre. C'est ce qui est question. Je crois profondément à cette idée.
Catherine Vautrin, la ministre de la Santé et du Travail, disait pour tous les candidats à l'aide à mourir, avant, il sera proposé des soins palliatifs.
Mais moi, des soins palliatifs, pas forcément. Vous savez, la demande du suicide assisté, je ne sais pas dans la loi qui ça concernera, mais enfin, ça ne concerne pas forcément des gens qui ont un pronostic vital engagé à court ou moyen terme. Quand on parle de suicide assisté, ça peut aller au-delà. Et je pense que ceux qui militent pour cette idée veulent aller au-delà. Moi, je pense qu'on n'a pas le droit de... Ce que vous demandent les gens, au fond, on n'a pas le droit d'apporter cette réponse qui est la mort si on n'a pas tout fait avant pour exprimer la fraternité de nos sociétés. Le Conseil constitutionnel a donné en 2018 une valeur opposable à ce principe de fraternité.
Mais c'est précisément ce principe de fraternité qui est invoqué par Emmanuel Macron.
Il est invoqué, mais je ne vois pas en quoi il se traduit dans le droit positif. Donc, moi, je veux très clairement... Un exemple tragique. Dans notre pays, on a 650 jeunes de 15 à 25 ans qui se suicident chaque année. 650. C'est un drame absolu, évidemment. Ces mêmes jeunes, on n'est même pas capables aujourd'hui... Alors, tous ne le demandent pas. Mais on n'est pas capables de leur offrir des consultations de pédopsychiatrie quand il s'agit de jeunes. Nos centres médicaux...
Si, il y a un plan qui a été remporté. Non, non, je ne peux pas vous laisser dire ça. C'est à Gabriel Attal.
Appelez un CMPP pour essayer d'avoir une consultation pour un ado. Appelez. Faites le test. C'est des mois et des mois d'attente. Il y a une vraie détresse des familles. Donc, non...
La prise en charge augmentée de 30 à 50 euros.
La réponse, ça doit d'abord être ce devoir de solidarité, ce devoir de fraternité.
Olivier Marlex, Gabriel Attal a promis hier, je cite, des mesures extrêmement fortes partout dans la rue. Les classes et les familles après plusieurs cas de violence entre jeunes aux abords d'établissements scolaires. Quelles doivent être ces mesures fortes ? Qu'est-ce que vous attendez ?
Écoutez, je pense que c'est vraiment une remise à plat aujourd'hui de beaucoup de choses, en réalité. On est dans un système où on a à la fois une forme d'irresponsabilité des jeunes, c'est la question de la majorité pénale qui doit être posée, avec ces jeunes qui sont condamnés, qui passent plusieurs fois devant le juge des enfants.
Vous voulez qu'on revienne sur l'excuse de minorité, c'est ça ?
C'est un des éléments de la réponse, ce n'est pas le seul. Mais quand vous avez des jeunes qui passent une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois pour des faits de violence, et qu'ils ressortent à chaque fois avec du sursis, c'est une espèce de quittus, une espèce de sentiment d'impunité. Donc, il y a une question de la réponse pénale, il y a une question de la responsabilité des parents. Bon, moi j'attends de voir, vous savez, au moment des émeutes, j'avais demandé à ce qu'on mette en œuvre une disposition qui est dans le code pénal, qui permet de sanctionner des parents défaillants.
C'est-à-dire qu'un gamin de 13 ans, tout seul, une nuit d'émeutes dans la rue, je n'allais même pas se poser la question de savoir s'il a commis un délit. C'est une faute des parents, dans leur devoir éducatif.
Mais ça, ça a été la réponse, Olivier Marlex, du gouvernement, suite à ces émeutes, dans le plan qui a été dévoilé des sanctions de travaux d'intérêt général pour les parents, par exemple.
Je ne connais pas les chiffres. J'attends d'avoir les chiffres, département par département, de savoir quelle a été la réalité de la réponse pénale, sur les mineurs et sur les parents. Ça fait plusieurs fois que j'écris au gouvernement, en leur demandant la réponse pénale, département par département, les Français ont le droit de savoir la réalité des poursuites qui ont été engagées par les procureurs, des sanctions que la justice a mises sur les mineurs et sur les parents défaillants.
Vous voulez quoi sur les parents, en fait ? Quelles sanctions ? Parce que, par exemple, comme le Rassemblement National, Éric Ciotti, votre patron, il propose de supprimer les allocations familiales pour ces parents-là.
Bien sûr, la droite l'avait fait, M. Hollande l'a supprimé, et M. Macron s'est contenté.
Avec un résultat qui n'était pas court.
Pas du tout, ça a été supprimé tellement vite que, de toute façon, on n'a pas eu beaucoup de temps de voir. Mais bien sûr, pour les gamins qui insultent leurs enseignants, qui menacent leurs professeurs, évidemment qu'il faut supprimer les allocations familiales, il faut responsabiliser les parents. On ne peut pas avoir un système de double impunité.
Mais ce n'est pas une manière de les enfoncer un peu plus dans la difficulté ?
Pardon, on a des services d'aide sociale à l'enfance. Si les parents sont dépassés, qu'ils le signalent aux services sociaux. On dépense des milliards dans ce pays sur l'aide sociale à l'enfance. Donc, on ne peut pas avoir un système de double irresponsabilité. Irresponsabilité du mineur, au nom de l'excuse de minorité, et irresponsabilité des parents. Moi, je suis partisan d'une vraie révolution dans la réponse pénale des mineurs. Je pense qu'il faut mettre dans ce pays une logique de courte peine. Je pense qu'un mineur qui commet un délit et qui en ressort avec un sursis, il a le sentiment qu'il peut recommencer.
Et ça dépend des violences, vous le savez très bien.
Bien sûr, mais je fais confiance au juge. Je fais confiance au juge pour appliquer après. Mais ce que je veux, c'est qu'on change notre logiciel et qu'on ait un dispositif de courte peine avec des établissements adaptés. Moi, je pense qu'à le premier acte de délinquance, je parle de délit, ils sont énumérés dans la loi, on doit avoir des courtes peines de prison. On doit avoir, en fonction de l'âge, etc., mais on peut avoir une semaine, un mois de privation de liberté pour mettre un peu de plomb dans la cervelle des gamins. Je pense qu'il n'y a que la privation de liberté qui, aujourd'hui, peut faire comprendre la gravité de la situation. Sinon, vous laissez dégénérer les situations.
Olivier Marlex, on vous retrouve juste après le fil. Il est 8h50, il est de Romagnon.
Sécurité renforcée à Paris ce soir face aux menaces du groupe Etat islamique sur les quarts de finale de la Ligue des champions de football. Des menaces proférées sur les réseaux sociaux. Le PSG accueille ce soir le FC Barcelone à 21h en quarts de finale. Allez, lever le tabou du licenciement dans la fonction publique. C'est ce que veut Stanislas Guérini. Le ministre de la Transformation et de la Fonction publique veut sanctionner davantage les insuffisances professionnelles des fonctionnaires. Il le dit aux Parisiens aujourd'hui en France après avoir lancé des concertations avec les syndicats.
Le projet de loi pour lutter contre les dérives sectaires, en particulier sur Internet, a été adopté hier par le Parlement. Le texte crée un nouveau délit, celui d'incitation à l'abandon ou à l'abstention de soins médicaux. La Palme d'Or, d'honneur pour le réalisateur Georges Lucas lors du prochain Festival de Cannes. Le scénariste et producteur de la saga Star Wars et Indiana Jones recevra la récompense en clôture de cette 77e édition. Ce sera le 25 mai prochain. France Info Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Draclia.
Toujours avec Olivier Marlex, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Une autre information de France Info, celle de Julie-Marie Lecomte du service politique. Yaël Braun-Pivé, la présidente de l'Assemblée Nationale, va recevoir les présidents de groupe demain, dont vous, pour parler proportionnel. Elle veut transmettre sa proposition au Conseil d'État avant l'été pour un vote avant Noël. Les 10 ou 11 départements les plus peuplés voteraient à la proportionnelle. Est-ce que c'est une proposition qui va dans le bon sens, selon vous ?
Je me suis amusé à faire une petite simulation pour voir ce que ça aurait donné si on avait appliqué ça aux dernières élections législatives. Sauf que Renaissance aurait eu 16 ou 17 députés de moins. Donc c'était plutôt pour me faire plaisir. Et le grand gagnant, ça aurait été les Républicains. On aurait eu 8 députés de plus. Je crois que le RN, on en a eu 6. Et reconquête, on en a eu 4. Ça, c'est sur la base du scrutin de 2022. On parle des législatives. On aurait été les grands gagnants. Néanmoins, moi je pense à mon pays avant de penser à mon parti. Et même si on aurait été les grands gagnants de ce dispositif, moi je n'y adhère pas. Je n'y adhère pas pour deux raisons.
Vous ne voulez pas la proportionnelle, vous ?
Non, pour deux raisons. D'abord, aujourd'hui, l'Assemblée nationale qui était élue, elle représente la diversité des Français. On ne peut pas lui enlever ça. Et donc, je ne vois pas ce que ça apporterait de plus, de mettre la différence. Il y aurait eu qu'être député de reconquête en plus.
On lui a longtemps fait le reproche inverse, de ne pas représenter précisément toute la diversité des opinions.
C'était le cas quand le fait majoritaire jouait de manière massive. Mais au terme de la réélection de Emmanuel Macron, les législatives de 2022 ont montré qu'il y avait une diversité extrême, totale, dans cette Assemblée nationale. Donc, la proportionnelle ne répond pas à cet objectif-là. Moi, je suis attaché aux faits majoritaires et à ce qu'un président élu puisse avoir une majorité.
Mais ce dispositif hybride, parce que là, on est vraiment sur un dispositif qui mène un peu les deux. C'est-à-dire les dix ou onze départements les plus peuplés.
Le deuxième argument, j'ai reçu ma permanence à Dreux lundi, un franco-italien qui me dit, mais ce qu'il y a de formidable, moi, j'ai vécu en Italie pendant 20 ans, on ne pouvait pas avoir accès à un député. Parce qu'ils sont élus à la proportionnelle et qu'ils n'en ont rien à faire des électeurs. Là, ce qu'il y a de formidable, c'est que vous, vous avez une permanence, vous avez des pignons sur rue, on vous trouve qu'on rentre comme on veut.
Je ne sais pas si ça a rien à voir, c'est bizarre comme argument.
Ah si, parce que quand vous êtes élu à la proportionnelle, vous avez un seul électeur, c'est le patron de votre parti, c'est lui qui vous met en tête de liste, qui vous met sur la liste et qui fait que vous êtes élu. Les électeurs, vous n'en avez plus rien à faire, pardon, ça ne compte plus. Vous êtes élu sur une étiquette politique. Attends, c'est ce que vous dites parce que les députés européens qui vous écoutent et qui sont élus à la proportionnelle, je ne suis pas sûr qu'ils sont d'accord avec vous.
Est-ce que les députés représentent vraiment les Français et cette indépendance à l'égard des partis politiques et ne doivent leur légitimité qu'aux électeurs qui les élisent ou qui ne les élisent pas ?
Mais ça, vous le dites, ça, Gérard Larcher qui est le président du Sénat et qui est votre collègue LR, qui lui est pour la proportionnelle à 20% ?
Je n'ai pas entendu ce qu'avait dit Gérard Larcher. Mais il le porte depuis plusieurs années maintenant. Non, non, le Sénat bénéficie de ce mode de scrutin qu'on a d'ailleurs toujours combattu. C'est la gauche qui a toujours voulu renforcer la proportionnelle au Sénat. Nous, on est attaché à la représentation des territoires. Et donc, je pense que c'est le cas aussi, d'ailleurs, de Gérard Larcher et des Français. Et des Français, les députés doivent représenter les Français, pas les partis politiques.
Olivier Marlex, Gabriel Attal part aujourd'hui pour le Canada, un pays qui est inquiet de voir l'accord de libre-échange avec l'Union européenne, le CETA, menacé par les parlementaires français. Vous êtes totalement aligné avec les sénateurs LR qui ont rejeté le CETA tout récemment ? On a rejeté le CETA avant eux, d'ailleurs.
Les députés des Républicains ont voté contre le CETA dès 2019 quand le texte a été présenté à l'Assemblée nationale. Pourquoi ? Parce que c'est vraiment ce genre d'accord de libre-échange dont on ne veut plus. LR, historiquement, a été un parti favorable au libre-échange. Oui, mais enfin, les temps, il faut regarder quand même la mondialisation en face. Il faut regarder un peu ses défauts. Aujourd'hui, on a des excès qui sont évidents. Ce n'est plus possible d'importer des choses qu'on interdit de produire en France. Est-ce que vous avez envie de manger du bœuf élevé aux farines animales ? Ce n'est pas le cas aujourd'hui, en tout cas, dans notre pays. Donc, il est hors de question.
Ça n'a aucun sens. Si la France et l'Europe se veulent un optimum d'écologie, de bonnes conditions de production, etc., on ne va pas importer des choses qui sont produites dans des conditions qu'on refuse dans notre pays. C'est une concurrence déloyale pour nos producteurs, en plus.
Olivier Marlex, deux choses à vous notifier quand même. Le CETA, il a été initié par Nicolas Sarkozy sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Et par ailleurs...
Sous la présidence, ça a été négocié par l'Union Européenne. Nicolas Sarkozy n'est absolument pour rien.
Il a œuvré pour. Si, si, si, il a œuvré pour. Et deuxième chose, le gouvernement dit, et chiffre à l'appui, ça a permis d'augmenter de 33% les exportations françaises vers le Canada. Ça, ça ne compte pas ?
Non. Écoutez, on ne peut pas en permanence nous parler du bilan carbone, etc. Arrêtons cette politique d'importation à tout va. C'est un accord de libre-échange qui est totalement daté. Aujourd'hui, je pense qu'il y a un consensus très, très large dans notre pays pour dire que la première source d'émissions carbone dans notre pays, c'est en clair, ce n'est même pas un consensus, c'est l'objectif. Ce sont nos importations.
Mais vous avez changé, en fait, à droite, là ?
Pas du tout. Écoutez, on prenait tout ce que je dis depuis dix ans. Non, non, non, mais ce n'est pas... Justement, ce libre-échange aveugle dans lequel on met des contraintes. C'est peut-être ça qui est nouveau, c'est qu'on met de plus en plus de contraintes. La même Europe, la même Union européenne, qui vous met des contraintes pour les producteurs au sein de l'Union européenne, compense le manque à produire dans l'Union européenne par des importations faites dans des conditions qu'on refuse de l'Union européenne. On marche sur la tête, comme disaient nos amis de la FNSUA.
Un dernier mot en quelques secondes. Olivier Marlex, Emmanuel Macron, là, après hier, va remettre les insignes de l'ordre du mérite à Michel Sardou au mois de juin. Certains, ils voient un acte politique. Est-ce que c'est votre cas ?
Je pense qu'il le mérite amplement. C'est quand même un monument de la chanson française. Et donc, je suis très heureux pour lui. Et rien de politique derrière tout ça, alors ? Je pense que ça doit être un vrai sujet de consensus national. Ce n'est pas tous les jours qu'Emmanuel Macron réussisse cette prouesse. Je peux dire merci à Michel Sardou de lui donner cette occasion.
Olivier Marlex, président du groupe LR à l'Assemblée. Merci d'avoir été avec nous sur France Info.
Alain Marleix