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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 19 août 2018 31 minAutoproduitActualité / polémiqueTransportsEurope & internationalÉconomie & entreprisesSécurité

Les enseignements de l’effondrement du viaduc de Gênes

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueChiffre
    « il y aurait eu 41 morts et qu'il y aurait 10 à 20 disparus »
  • 1:37Invité politiqueFait
    « ce pont autoroutier avait été construit dans les années 60, qu'il était donc fatigué, qu'il était vieux – il avait donc maintenant plus de 50 ans, une cinquantaine d'années, un demi-siècle – et qu'il était dans un état qui était déplorable, un mauvais état d'entretien »
  • 7:04Invité politiqueFait
    « on a d'ailleurs un des plus beaux réseaux autoroutiers du monde »
  • 8:23Invité politiqueFait
    « le propriétaire de Vinci, ce sont les actionnaires. Et parmi les actionnaires, vous avez des grands fonds de pension, notamment des fonds de pension américains, comme dans Bouygues »
  • 13:10Invité politiqueChiffre
    « 30% exactement, 30% des ponts qui sont sur le réseau national non concédé, 30% des ponts qui nécessitent des travaux. Et il y a pire encore. 7% des ponts risquent l'effondrement »
  • 13:54Invité politiqueChiffre
    « il y a des dizaines voire quelques centaines de millions d'euros par an qui manquent à l'entretien régulier »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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0:14
François Asselineau

Eh bien bonjour à toutes et à tous. Nous sommes donc effectivement le 18 août. La chaleur a quand même commencé à diminuer un petit peu partout. La période de canicule est passée. Je pense que vous passez – pour certains d'entre vous en tout cas – des bonnes vacances d'été. Je me félicite de voir d'ailleurs au passage que nos entretiens d'actualité ont beaucoup de succès et beaucoup de vues. C'est très bien ainsi. Notre chaîne Youtube vole de record en record. Abonnez-vous à cette chaîne. Alors effectivement, vous m'interrogez sur cette affaire terrible de ce viaduc qui surplombait la ville de Gênes. Les gens qui sont allés en Italie savent qu'à partir de...

Après Nice, la côte est extrêmement accidentée en allant vers l'Italie. Et c'est une succession de viaducs et de tunnels jusqu'à Vintimille. Et puis ça se poursuit ensuite sur les côtes de la Ligurie et effectivement à Gênes. Alors aujourd'hui même, à l'instant même où je parle, il y a des dernières dépêches de presse qui disent qu'il y aurait eu 41 morts et qu'il y aurait 10 à 20 disparus. Donc c'est quand même une véritable catastrophe, de ce viaduc – vous le savez – qui s'est effondré alors que – il faut le préciser – il pleuvait beaucoup ce jour-là, il y avait des éclairs. Et il est peut-être possible qu'un éclair ait frappé l'une des piles du pont en question.

Ce qui est certain en tout cas, c'est premièrement que ce pont autoroutier avait été construit dans les années 60, qu'il était donc fatigué, qu'il était vieux – il avait donc maintenant plus de 50 ans, une cinquantaine d'années, un demi-siècle – et qu'il était dans un état qui était déplorable, un mauvais état d'entretien. Alors cette catastrophe a soulevé des questions. Et immédiatement, les deux vice-présidents du Conseil italien, qui sont M. Salvini, le ministre de l'Intérieur, le patron de la Lega, et puis M.

Di Maio, qui est le ministre du Développement économique, qui – lui – (NDLR : est) le patron du Mouvement 5 étoiles, se sont succédé devant les médias pour incriminer d'une part l'UE, avec ses restrictions budgétaires notamment, et d'autre part la société concessionnaire de l'autoroute, qui n'aurait pas fait toutes les diligences nécessaires et tous les investissements nécessaires pour maintenir le viaduc en bon état. Qu'est-ce que l'on peut en dire ? Nous, nous avons publié un communiqué de presse, que je vous invite à aller relire, qu'on a envoyé d'ailleurs à plus de 3 000 journalistes.

Évidemment, quasiment personne ne l'a repris, parce que nos communiqués de presse ont une curieuse particularité. C'est qu'ils sont souvent extrêmement intéressants. Sinon, nous ne les publierions pas. Ils prennent à rebrousse-poil, en général, l'opinion dominante. Ça, c'est la deuxième caractéristique. La troisième caractéristique, c'est qu'il est pratiquement acquis qu'ils ne sont jamais repris par quelque média audiovisuel que ce soit. Ce qui est quand même un peu curieux. J'y reviendrai peut-être à la fin de cet entretien d'actualité. Qu'est-ce que nous, nous avons dit ? Nous avons dit que l'UE, là-dedans, est extraordinairement responsable. Pourquoi l'UE est-elle responsable ?

Parce qu'elle impose à l'Italie, mais aussi aux autres pays et à la France... Elle impose deux grands choix stratégiques. Le premier, c'est la privatisation des services publics, dont la gestion des autoroutes. Il s'agit pas de la propriété en général physique, matérielle de la route, mais il s'agit de la gestion, qui est privatisée. Il y a une dissociation entre la propriété et la gestion. C'est comme les murs et un fonds de commerce, par exemple, pour un commerçant.

Donc la gestion, les orientations européennes, notamment dans le cadre des GOPÉ, l'article 121 du TFUE, l'idéologie qui suinte de tous les traités, de toutes les décisions de la Commission visent à privatiser au maximum la gestion de toutes ces affaires. Ça, c'est le premier point. Et le deuxième point, c'est que l'appartenance à l'euro contraint les pays membres de la zone euro à une politique – vous le savez très bien – de restrictions budgétaires absolument permanentes. Alors en Italie, il y a une polémique qui s'est nouée pour savoir... Il y avait peut-être eu des malfaçons particulières qui avaient été faites.

Et il y a des gens qui, aussitôt, pointent du doigt la mafia, puisque la mafia italienne... D'ailleurs, il y a plusieurs mafias. Il y a la mafia d'origine sicilienne, la vraie mafia. Il y a la 'Ndrangheta, qui est d'origine calabraise. Il y a d'autres mafias. On pourrait dire d'ailleurs de façon plus imagée qu'en règle générale, le BTP, les entreprises de bâtiment, travaux publics ne sont pas réputés pour être des couvents de bonne sœur, et qu'à travers le monde entier, en général, il y a souvent des soupçons de prévarications, de chantages, de détournements de fonds publics, de corruptions, qui entourent les grands travaux routiers, autoroutiers, et des entreprises de BTP.

Alors laissons cette polémique en Italie. Mais nous, ce qu'il faut en voir, c'est quelles sont les conséquences en France. Nous, nous sommes victimes de ces deux grandes orientations de l'Europe. La première, c'est la privatisation en effet des services autoroutiers. Je rappelle que M. Dominique de Villepin – ce n'est pas la meilleure chose qu'il ait faite lorsqu'il était Premier ministre – avait privatisé donc la gestion d'un certain nombre d'autoroutes françaises. Je crois qu'il avait récupéré quelque chose comme 20 milliards d'euros.

Je signale que ces contrats qui ont été passés à l'époque se révèlent léonins, c'est-à-dire très très favorables à une des deux parties, et naturellement pas à l'État mais au concessionnaire. En réalité, on a donné, on a vendu pour une bouchée de pain des gestions d'autoroutes qui rapportent énormément d'argent, notamment à Vinci, mais aussi à l'entreprise Atlantia, qui est justement bénéficiaire, qui a racheté la Sanef, qui était la société des autoroutes du nord-est de la France. Or, ce groupe Atlantia, c'est justement celui qui possédait la société Autostrade, qui était la gestionnaire du viaduc de Gênes. Alors on a privatisé la gestion de ces autoroutes. C'est-à-dire qu'on a...

C'est le patrimoine des Français. Ce sont les Français, ce sont les contribuables français, depuis des décennies, qui ont construit le réseau autoroutier français à partir des années 50-60, avec un très gros effort qui a été fait dans les années 70-80. On a d'ailleurs un des plus beaux réseaux autoroutiers du monde. Je n'hésite pas à le dire. Et ceci a été privatisé pour qu'en fait, on donne ça à des sociétés privées qui, naturellement, ont des contrats, signent un contrat avec l'État, des contrats de gestion, où ils s'engagent à faire des investissements nécessaires, ce qu'ils font... On peut dire que globalement, ils le font. Mais pas toujours.

Et parfois, ils se laissent tirer l'oreille, parce qu'ils refusent de faire tous les travaux auxquels ils s'étaient engagés. Naturellement, une société privée a pour objectif n°1 d'apporter du profit à ses actionnaires. Et donc naturellement, les entreprises gestionnaires des autoroutes ont tendance à augmenter continuellement les péages autoroutiers, en faisant valoir : « Oui, mais c'était... », « L'État ne connaissait pas ses coûts ». Enfin c'est toujours la même chose. Pratiquement à chaque fois qu'il y a une privatisation, on explique aux Français dans un premier temps : « L'État ne sait pas quoi faire. Il ne sait pas bien faire. On va donner ça au privé ».

Puis une fois que c'est donné au privé, au bout d'un an ou deux, le privé dit : « Ouh là là, c'était beaucoup, vous ne connaissiez pas vos coûts. Il faut absolument renchérir les services ». On a donc une flambée en France des péages autoroutiers, et puis une augmentation considérable des versements aux actionnaires. Les gens de chez Vinci se frottent les mains de la bonne affaire. Ça n'est pas normal ! C'est une espèce de racket qui est effectué. J'en profite d'ailleurs au passage pour signaler que le propriétaire de Vinci, ce sont les actionnaires.

Et parmi les actionnaires, vous avez des grands fonds de pension, notamment des fonds de pension américains, comme dans Bouygues, qui ont mis la main... C'est-à-dire que lorsque vous passez un péage autoroutier, lorsque vous donnez de l'argent, il y a une petite partie, au bout du compte, qui va terminer chez des retraités de Californie, par exemple, qui vont bénéficier de votre péage. Nous, nous sommes contre. Nous avons dit qu'il fallait renouer avec la grande tradition des services publics à la française.

Et dans le programme présidentiel que j'avais présenté l'année dernière, il y avait notamment la renationalisation de toutes les autoroutes françaises, de toute la gestion des autoroutes. Alors il se trouve – c'est vraiment un hasard – que nous avions à l'occasion de cet été lancé une campagne d'affichage qui est en cours... Et je remercie ici tous nos adhérents, militants qui vont coller des affiches. Je suis moi-même allé en coller, d'ailleurs, dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis récemment.

Pour aller coller ces affiches, c'est une campagne thématique sur la récupération des autoroutes françaises, qui nous permettrait de récupérer certainement au bas mot 2 milliards d'euros par an pour que ce soit l'État qui s'occupe de ça. Ça n'est pas une société privée qui doit s'occuper des grandes infrastructures d'un pays, parce que ces grandes infrastructures, que ce soit l'électricité, le gaz, les chemins de fer, les autoroutes, etc., ou bien les hôpitaux ou bien les écoles... Tout ceci, ce sont des investissements très lourds, ce sont des investissements qui doivent échapper à la loi de la rentabilité immédiate. Sinon, on risque d'avoir des dysfonctionnements majeurs. Voilà.

C'est le cas avec cette affaire autoroutière. Et puis il y a un deuxième élément en quoi l'Europe est responsable. C'est qu'elle impose des restrictions budgétaires. Alors les restrictions budgétaires, elles ne vont pas concerner les portions du réseau routier qui (NDLR : ont été concédées) à des sociétés privées, mais les restrictions budgétaires, elles concernent le réseau routier qui n'a pas été concédé. Et c'est bien là que le bât blesse, notamment en France. En France, il y a eu une espèce de méli-mélo il y a quelques années, où le réseau national... Avant, c'était très clair en France. Il y avait des autoroutes qui étaient payantes mais dont la gestion était assurée par l'État.

Et puis vous aviez ensuite les routes nationales, les routes départementales, les routes communales. Alors ce système existe toujours. Sauf que les routes nationales, il y en a beaucoup qui ont été déclassifiées, qui ont été confiées aux départements. D'ailleurs, on ne comprend plus rien, parce que certaines routes nationales qui sont encore indiquées en rouge sur les cartes Michelin, maintenant, sont devenues des routes départementales, etc., etc. Pourquoi la puissance publique a-t-elle fait ça ?

C'est une espèce de mistigri pour essayer de refiler aux autres des investissements publics que la puissance publique ne veut pas faire, ce qui pose des problèmes très importants, puisque le réseau routier national non concédé ne bénéficie plus maintenant des investissements nécessaires pour l'entretien des infrastructures existantes. Alors il se trouve que je connais particulièrement bien ce sujet, puisque c'est la dernière mission que j'ai faite à l'Inspection générale des finances avant de partir en disponibilité pour la campagne présidentielle de l'année dernière. Et je ne suis toujours pas revenu à l'Inspection générale.

Donc il se trouve que j'ai participé, avec des collègues de l'inspection du ministère (NDLR : de l'Écologie), etc., et de l'Équipement... J'ai participé à une mission. Alors là, pour le coup, je ne peux pas en parler, puisque je suis astreint au (NDLR : devoir) de réserve. Donc je n'ai pas le droit d'évoquer des sujets que j'ai eu à connaître particulièrement dans mon cadre professionnel.

En revanche, je peux quand même en parler dans la mesure où le ministère (NDLR : de la Transition écologique et solidaire) et le ministère délégué auprès du ministère des Transports dont la ministre est Mme Borne ont publié au mois de juillet un rapport qui est une version publique édulcorée de la mission à laquelle j'avais participé. Et ils ont publié ce document qui a fait grand bruit dans la presse. Alors comme ça a fait grand bruit dans la presse, je suis libéré d'une partie de mon (NDLR : devoir) de réserve. Je vais évoquer ce qui a été évoqué dans la presse.

Il a été montré dans la presse que le réseau routier national non concédé, c'est-à-dire le réseau routier qui appartient à l'État et dont la gestion est toujours effectuée par l'État, présente maintenant des déficits d'entretien de plus en plus graves. On estime qu'il y a par exemple en matière d'ouvrages d'art un tiers... 30% exactement, 30% des ponts qui sont sur le réseau national non concédé, 30% des ponts qui nécessitent des travaux. Et il y a pire encore. 7% des ponts risquent l'effondrement. Ça a été publié quelques semaines avant l'affaire du viaduc autoroutier de Gênes. Alors ce qui est très grave dans cette histoire, c'est que... Le rapport en parle, donc je peux en parler aussi.

Mais moi, je l'ai vu et je peux confirmer ce qui est dans ces rapports, puisque je l'ai vu, de mes yeux vu, dans cette mission. Ce qui est très grave, c'est que l'État ne fait plus son devoir. C'est qu'il y a en permanence des restrictions budgétaires. Et donc on estime qu'il y a... C'est pas moi qui le dis. Le chiffre a été rendu public. Mais qu'il y a des dizaines voire quelques centaines de millions d'euros par an qui manquent à l'entretien régulier. C'est exactement comme si vous aviez une maison...

Eh ben tout le monde sait que si vous avez une maison, il faut régulièrement entretenir la toiture, entretenir – je sais pas – la fosse septique, entretenir les volets, etc., parce que si vous ne le faites pas, pendant 1 an, 2 ans, 3 ans, il va rien se passer. Mais de façon souterraine, les choses vont se dégrader. Et puis d'un seul coup, s'il y a une tempête, vous risquez au bout de 5 ou 7 ans ou 10 ans d'insuffisance d'entretien, vous risquez de voir une grande partie de votre toiture s'envoler. Et à ce moment-là, les travaux vont être... D'abord, ça peut créer des gros problèmes dans votre entourage.

Et puis les travaux risquent de coûter beaucoup beaucoup plus cher que si vous aviez fait un entretien régulier. C'est ce que connaissent également toutes les copropriétés dans les immeubles. Eh bien c'est exactement la même chose. C'est-à-dire que l'État, en France, n'agit plus avec ce qu'on appelait la gestion de bon père de famille. C'est-à-dire que nous avons des restrictions budgétaires qui sont tellement considérables dans tous les domaines, que ce soit le ministère de la Défense, les hôpitaux, la gendarmerie, etc., que aussi en matière de transports, il y a ces réductions budgétaires qui sont considérables.

Alors nous, nous avons publié un communiqué de presse pour expliquer tout ça aux Français. Parce que les Français ne le savent pas ! Ils ne le savent pas ! Et pour expliquer aux Français, nous avons demandé u gouvernement... Et bien sûr, aucune réponse. Aucune répon... Aucune reprise même de notre communiqué de presse ! Nous avons demandé que le gouvernement présente aux Français les choix budgétaires qu'il a faits depuis 10 ans sur d'une part l'entretien du réseau routier national non concédé, donc le réseau routier dont la gestion appartient à l'État, où il y a des sous-investissements considérables...

Et de mettre les sommes qui ont été consacrées à ça depuis 10 ans en regard des sommes que nous avons consacrées via l'UE à aller donner de l'argent à la Pologne, à la Lettonie, à la Lituanie, à Chypre, etc., etc., et également à des pays extra-européens mais qui bénéficient des fonds dits européens, comme par exemple l'Ukraine. C'est là où il y a un véritable scandale, qu'il faut que les Français comprennent très bien ! L'UE tue ! Elle tue parce qu'elle nous met dans la position de devoir faire des restrictions budgétaires sur les ponts qui risquent de s'effondrer bientôt, avec des morts. Et au même moment, nous avons donné par exemple à l'Ukraine, qui n'est même pas membre de l'UE...

Rappelez-vous, c'était début 2017, je crois. M. Jean-Claude Juncker, là, le pochtron qui est à la tête de la Commission européenne, avait décidé de sa propre initiative de verser 1,5 milliard d'euros à l'Ukraine, parce qu'il y a eu un coup de fil de Washington. Comme la France paye à peu près 16% – je l'ai déjà dit plusieurs fois –, ça veut dire qu'en gros, la France avait dû verser par l'intermédiaire des fonds que nous versons à l'Europe à peu près 16% de 1,5 milliard, c'est-à-dire quelque chose comme 200 millions d'euros, alors que c'est justement de quelques dizaines de millions d'euros dont manque le réseau routier national non concédé pour pouvoir être maintenu à niveau.

Il y a donc – et ça, faut vraiment bien le comprendre – des choix budgétaires qui nous sont imposés par la construction européenne. Je demande une nouvelle fois aux gouvernements de rendre public... Et comme il ne le fera pas, il faudrait que les grands médias relayent cette demande. Mais comme TF1 est possédée par Bouygues, il est effectivement assez peu vraisemblable que TF1 va relayer cette demande.

Mais enfin il serait quand même nécessaire au minimum que les députés prétendus d'opposition comme FI ou bien le FN ou bien je ne sais pas qui d'autre : le PCF, etc., qu'ils fassent ce que nous, nous ne pouvons pas faire, puisque nous n'avons pas de députés, c'est-à-dire des questions au Parlement en demandant au gouvernement ce que nous avons demandé, c'est-à-dire de présenter aux Français combien il manque sur le réseau routier national non concédé pour assurer la sécurité des Français depuis 10 ans, et combien on a versé à l'Ukraine, aux pays baltes, etc.

Le scandale est d'ailleurs un scandale au carré, si l'on peut dire, puisque non seulement cet argent, nous ne l'assurons pas pour la sécurité des Français, mais on le donne à des pays qui entraînent l'insécurité des Français, puisque lorsqu'on donne de l'argent par l'intermédiaire de l'Europe à l'Ukraine ou bien aux pays baltes qui commémorent les Waffen SS et qui, en permanence, sont là à nous entraîner dans une posture antirusse, nous jetons de l'huile sur le feu sur un conflit potentiel entre l'UE et la Russie. C'est tout à fait évidemment anormal.

J'ajoute que la même chose se produit dans les départements, puisque comme je le disais tout à l'heure, le gouvernement français a déclassifié toute une série de routes nationales, qui ont été reclassifiées en routes départementales. Mais il se trouve que les départements, et qui ont d'ailleurs de plus en plus de mal à joindre les deux bouts... Puisque par ailleurs, l'État est en train de diminuer les dotations globales de fonctionnement pour les départements comme pour les communes. Eh bien les départements, il y en a qui sont plus riches que d'autres.

On voit donc arriver actuellement en France ce qui est inimaginable par rapport à la mentalité française : le fait que quand vous prenez une route autrefois nationale qui traverse plusieurs départements, vous allez avoir des tronçons où c'est correctement entretenu parce que le conseil départemental du département en question consacre l'argent, parce qu'on a un département assez riche, et puis après ça, on arrive dans un autre département qui est plus pauvre ou dont l'entretien du réseau routier n'est pas une priorité pour le conseil départemental. Et à ce moment-là, vous allez avoir des nids-de-poule, vous allez avoir ce genre de choses.

C'est dire qu'on est en train en plus de ça d'hétérogénéiser complètement la France. Je parle même pas du réseau routier communal. Vous savez que les communes – on en reparlera tout à l'heure – sont également dans une situation budgétaire très grave, parce que l'État diminue de façon drastique les dotations globales de fonctionnement aux communes. Voilà la situation. Donc la situation, elle est quand même particulièrement grave à cause de ces contraintes budgétaires. J'ai encore deux choses à dire sur ce sujet. En premier, c'est que j'ai vu qu'une polémique est née en Italie, parce que lorsque justement M. Salvini et M.

Di Maio ont fait valoir les contraintes budgétaires européennes, il y a eu la Commission européenne qui a par l'intermédiaire de son porte-parole fait une déclaration en disant que c'était scandaleux, ce qu'avait dit l'Italie, et a dit que la Commission européenne avait versé (NDLR : 2,5 milliards d'euros) à l'Italie pour l'entretien de ses routes. « Donc taisez-vous ». Et le porte-parole a même précisé que ce qu'avait reçu l'Italie pour l'entretien de ses routes était supérieur à ce qu'avait reçu la France, qui était de l'ordre de 300 millions d'euros. Alors là, je voudrais m'adresser à toutes les personnes qui m'écoutent et rappeler notamment...

Parce que je sais qu'il va y avoir sur Internet des gens qui vont dire : « Oui, c'est scandaleux, c'est une fausse information ! Vous ne mentionnez pas ce que l'Europe donne à la France pour le maintien de ses routes ». Je dis que c'est scandaleux parce que je répète pour la 57e fois que l'argent versé par l'UE, ça n'est pas de l'argent qui est spontanément créé par l'Europe, c'est notre argent ! C'est notre argent. La France est contributrice nette. C'est notre argent que nous donnons à l'UE et dont nous recevons les deux tiers.

Donc lorsque l'Europe se permet de dire qu'elle donne 300 millions d'euros par an à la France pour le maintien de ses routes, c'est un véritable scandale, parce que si nous n'étions pas dans l'UE, nous aurions des marges de manœuvre budgétaires beaucoup plus importantes, au minimum de 9 milliards d'euros par an supplémentaires, et nous pourrions entre autres choses consacrer les quelques dizaines ou 100 ou 200 millions d'euros par an de remise à niveau de notre réseau routier national. Le dernier point, c'est que je profite de cette information, de ce sujet pour attirer l'attention des gens qui veulent bien m'écouter sur les dysfonctionnements majeurs de l'UE sur ces questions de transport.

Il y a actuellement un éléphant blanc – comme on dit – qui est connu dans toute la haute administration française, que ce soit à Bercy, que ce soit au ministère des Transports, ministère de (NDLR : la Transition écologique et solidaire), que ce soit même auprès du Premier ministre. C'est la liaison Lyon-Turin. Cette liaison Lyon-Turin, qui est une liaison ferroviaire avec percé un tunnel à travers les Alpes, a été décidée par la Commission européenne, qui comme Ubu roi voit la carte de l'Europe et dit : « Tiens, on va faire des choses transeuropéennes. Donc ça va permettre d'aller de là à là ». Ce projet Lyon-Turin, je ne connais personne dans la haute administration française...

Je ne parle même pas des réseaux associatifs qui sont vent debout. Je ne connais personne dans la haute administration française qui considère que ce soit un bon projet. C'est un projet qui est par nature totalement délirant. C'est un projet qui ne trouvera jamais sa rentabilité et qui coûte des sommes absolument astronomiques. La question, c'est : pourquoi est-ce que le gouvernement français accepte de dépenser des sommes astronomiques pour ce projet Lyon-Turin alors que des choses sont beaucoup plus importantes, qui consistent à assurer la sécurité au quotidien des Français, à commencer par réparer les nids-de-poule ?

La réponse, c'est que ce projet Lyon-Turin a été décidé par la Commission européenne dans le cadre du grand projet de relance de l'économie européenne inventé par le pochtron de la Commission européenne, toujours M. Juncker, qui entre deux whiskys, a décidé avec la Commission de faire ce genre de choses. Et tenez-vous bien, on nous dit à nous, à la France : « Si vous voulez récupérer une partie de l'argent que vous avez versé, vous devez faire le Lyon-Turin. Et vous devez par ailleurs faire des cofinancements », c'est-à-dire : il faut en plus donner de l'argent. Vous voyez comment ça marche ?

C'est-à-dire que si le gouvernement français disait : « Non, finalement, nous ne voulons pas faire ce projet Lyon-Turin qui n'est pas rentable. Il y a déjà des quantités d'autres moyens pour passer en Italie », si nous décidions de ça, eh bien la Commission européenne dirait : « Les fonds européens qui devaient vous être consacrés, vous les perdez définitivement. Ils ne peuvent pas être transférés à un autre projet ». Rappelez-vous ce que j'ai dit plusieurs fois dans un certain nombre de réunions publiques.

Non seulement la Commission européenne nous prend un tiers des sommes que nous versons, et qu'elle nous redonne ensuite – l'argent – avec les drapeaux bleus aux étoiles d'or, mais elle prend le pouvoir et elle prétend savoir mieux que les Français ce qu'il faut faire en France, et notamment sur ces grandes infrastructures routières. C'est vraiment le domaine de Ubu roi. Ubu roi, d'ailleurs, a été consacré de façon incroyable par le délégué à la sécurité routière, un apparatchik lambda. Le délégué à la sécurité routière, qui a fait cette déclaration qui – moi – m'a laissé comme deux ronds de flan.

Il a dit : « Finalement, la dégradation des routes françaises, c'était finalement très bien pour la sécurité du public, la sécurité routière ». C'est-à-dire sous-entendu : « Comme maintenant, on a des nids-de-poule sur les routes, finalement, c'est mieux. Les gens vont rouler moins vite ». Mais de qui se moque-t-on ? C'est complètement dingue ! Et ce type a dit ça une dizaine ou une quinzaine de jours avant qu'il n'y ait l'affaire du viaduc autoroutier de Gênes. On voit où mènent la dégradation du service public et la dégradation des routes. Ce délégué interministériel à la sécurité routière aurait dû être viré immédiatement pour avoir fait une déclaration de cette nature.

À ce moment-là, on va dire aussi que c'est formidable – je sais pas, moi – d'avoir des hôpitaux où il y ait aucune hygiène, parce que du coup, les gens vont faire davantage attention de ne pas se blesser, quoi. C'est à peu près ça. C'est un scandale ! Cette déclaration est absolument inimaginable. Et je terminerai, pour prendre un peu de hauteur de vue sur ces questions routières... L'histoire du monde a montré que l'état des voies de communication est un bon indicateur du développement d'un pays, et aussi que la dégradation de ses voies de communication est un parfait indicateur de la décadence d'un pays.

Je rappelle par exemple qu'à la plus grande grandeur de l'Empire romain, sous Auguste, sous la dynastie des Julio-Claudiens, Ier siècle après J.-C., l'Empire romain s'était fait connaître pour avoir créé des voies romaines à travers toute sa domination, notamment sur une partie de l'Europe et de l'Afrique du Nord, et également du Moyen-Orient. C'était la Pax Romana, la Paix romaine, qui avait été imposée et qui faisait l'admiration du monde antique.

Et à partir du IIIe ou du IVe siècle après J.-C., avec les invasions barbares à partir du IIIe siècle, progressivement, l'Empire romain a commencé à sombrer, n'a plus été capable d'entretenir ses routes romaines, qui sont tombées progressivement en désuétude et qui n'ont pas été entretenues. C'était le début de la fin de l'Empire romain. On voit d'ailleurs la même chose avec l'Empire inca. Chez les Incas, il y avait des voies de communication très élaborées... Alors moins élaborées que l'Empire romain, mais quand même, des voies de communications qui avaient été faites.

Eh bien là aussi, lorsque Pizarro, qui est un des conquistadors venus d'Estrémadure, au XVIe siècle, vient démolir l'Empire inca, eh bien déjà, le réseau routier était déjà en voie de délabrement général. Et donc les Espagnols sont arrivés dans une situation d'un Empire inca qui était en déclin. Eh bien malheureusement, malheureusement, on constate que les États-Unis d'Amérique, par exemple, montrent aussi le même phénomène. Il y a eu un travail colossal qui a été fait pendant la première moitié du XXe siècle aux États-Unis : grande construction de routes, d'autoroutes.

C'est le moment où l'empire américain est en pleine ascension au niveau mondial, va s'imposer après la Seconde Guerre mondiale comme étant la première puissance du monde. Et puis qu'est-ce que l'on voit maintenant aux États-Unis ? Eh bien on voit un réseau routier qui est en plein déclin. Il y a des routes, des autoroutes qui ne sont absolument plus entretenues. Ça va exactement de pair avec le déclin de l'empire américain. Eh ben la même chose se produit en France. Je rappelle qu'en France, nous avons un réseau routier qui s'est développé au XVIIIe siècle, tout particulièrement sous Louis XV. Je tape suffisamment sur le Louis XV, qui a commis des erreurs géopolitiques énormes.

Je vous renvoie à ma conférence sur l'histoire de France. Je tape suffisamment sur Louis XV pour, là, pour le coup, pour une fois, rendre hommage à sa sagacité, aux gens qui l'entouraient. C'est-à-dire que c'est sous Louis XV qu'il y a eu le développement de beaucoup de routes, de routes pavées notamment. C'est là, à partir de Louis XV, qu'on a planté aussi des platanes. C'était pour permettre aux voyageurs en calèche ou en diligence d'être protégés des ardeurs du soleil quand il faisait chaud. C'est de là que vient un certain nombre de nos routes nationales et débordées de platanes.

Et nous avons eu évidemment le développement de ces routes qui s'est développé ensuite au XIXe siècle, en particulier des routes, puis du chemin de fer sous Napoléon III et sous la IIIe République. Eh bien on constate que la France, à l'évidence, est en décadence, puisque le réseau routier est de moins en moins bien entretenu, les voies ferrées sont de plus en plus fermées. C'est un indicateur absolument irréfutable du fait que la France est actuellement en déclin. Je l'ai rappelé tout à l'heure, je le signale : le grand réseau routier et autoroutier français a été construit en France sous les Trente Glorieuses.

C'est la raison pour laquelle toutes ces affaires ne doivent pas être traitées comme simplement une anecdote ou un fait divers. Derrière cette affaire de l'effondrement du viaduc autoroutier de Gênes, c'est en fait l'effondrement général des pays européens. Et si vous permettez – ça sera le point final –, je considère que ce viaduc autoroutier de Gênes qui s'effondre, c'est un petit peu comme l'affaire du Costa Concordia. Vous vous rappelez, ce paquebot qui s'appelait Europa qui s'était fracassé sur des rochers. C'était symbolique. (NDLR : Europa a heurté un quai et Concordia a heurté des rochers).

Là, la symbolique qui se cache derrière le viaduc autoroutier de Gênes, qui se cache derrière le fait qu'il y a 7% des ponts du réseau routier national français non concédé qui risquent de s'effondrer... Tout ça, ça fait penser à quoi ? Ça me fait penser à l'affaire de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986, qui était le symptôme, le syndrome de l'effondrement en cours de l'Empire soviétique, d'une société malade de l'idéologie, malade du dogmatisme, qui était en train de s'effondrer. C'est exactement ce que nous vivons en ce moment. Retrouvez nos analyses, nos propositions, adhérez ou faites un don sur « upr.fr ».

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