Masterclass de Mélenchon face à un policier
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00RelanceRéponse partielle
Comment expliquez-vous que des tirs dans la direction d'un visage aient eu lieu 32 fois sans qu'aucune personne n'ait été jugée ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Vos propos sur la police ont heurté de nombreux policiers. Comment justifiez-vous ces déclarations ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Si vous êtes élu président, comment montrerez-vous votre soutien aux policiers et quelles mesures prendrez-vous pour leur sécurité ?
- 2:24RelanceRéponse directe
Vous proposez de désarmer la police dans les manifestations. Comment cela s'articule-t-il avec la lutte contre la délinquance ?
- 3:46OuverteRéponse directe
Comment en est-on arrivé à cette situation de défiance envers la police ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Vous critiquez les syndicats policiers. Comment voyez-vous leur rôle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:56Fait
« Vous avez tenu des propos sur une chaîne concurrente en disant que la police travaillait à la bonne franquette, que la police était raciste, que la police était violente, que la police tuait. »
- 2:24Fait
« Je ne suis pas d'accord avec le fonctionnement actuel de la police, comme je ne suis pas d'accord avec le fonctionnement actuel de l'hôpital, des EHPAD et cetera. »
- 3:46Fait
« Je ne suis pas d'accord avec le fait que Madame Zineb Redouane qui a été tuée au 4e étage à Marseille personne ne sait comment elle est morte. »
- 6:16Chiffre
« La police c'est 120000 fonctionnaires venant de toute origine, de tout horizon, toute religion, de toute appartenance politique, c'est 3500000 interventions de police secours par an. »
- 6:58Promesse
« Je créerai un organe indépendant avec des policiers bien sûr qui connaissent le fonctionnement de la police, mais aussi des sociologues, des philosophes comme ça se fait en Angleterre. »
- 7:34Promesse
« Ce que je me propose de faire, c'est de réintégrer la police dans la réalité dans d'autres conditions. Une police de proximité, pas la BAC. »
- 7:34Promesse
« Un DGPN entièrement renouvelé. »
- 10:04Fait
« Moi, je propose une police républicaine. Je sais qu'on peut la faire, mais pas comme on est là. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
En respectant les codes, monsieur Mélenchon est le code de déontologie Le code de déontologie interdit de tirer qu'on tire dans la direction d'un visage. Comment vous expliquez que ça a eu lieu 32 fois et qu'il y a pas une personne qui a été euh qui est qui a été jugée pour un acte qui contredit le je peux vous inverser vos propos. Je peux vous parler aussi des jets de projectiles qu'ont subi mes collègues et les collègues et les collègues qui ont été blessés. Oui oui, non mais attendez, sur la différence c'est que moi je vais pas vous dire que je suis d'accord avec le fait qu'on vous jette des projectiles parce que je ne suis pas d'accord.
Parce que j'ai toujours expliqué sur tous les tons que ça nous menait nulle part, ? Mais ce qui est frappant, c'est que moi je dis que je ne suis pas d'accord pour qu'on vous jette des projectiles ou pire parce que j'ai vu une fois qu'on jetait des trucs enflammés, mais vous vous n'êtes pas prêts à me dire une seule seconde d'homme à homme que vous ne pouvez pas approuver le fait qu'on tire dans la figure de quelqu'un et qu'on les borne. C'est quand même un monde. Est-ce que vous êtes à ce point pris dans le ? On en parle avec Fabrice Topin, 51 ans, il est policier, il est délégué syndical syndical SGPFO. Il a passé 9 ans à la BAC des Bouches-du-Rhône notamment.
Bon, on va pas se mentir hein, vos derniers vos récents propos sur les policiers l'ont pas mal heurté. Bonsoir Fabrice. Monsieur Mélenchon, monsieur le député, bonsoir. Donc voilà, il y a une semaine de ça, vous avez tenu des propos sur une chaîne concurrente en disant que la police travaillait à la bonne franquette, que la police était raciste, que la police était violente, que la police tuait. Si si monsieur Mélenchon, c'était sur le le plateau de monsieur Cyril Hanouna. [souffle coupé] Vos propos monsieur Mélenchon ont attisé encore la haine contre la police.
Monsieur Mélenchon, si vous êtes élu président de la République comme l'a dit mon collègue, je vous obéirai comme je le fais d'habitude car je suis respectueux de nos institutions et de ma fonction. Monsieur Mélenchon, si vous êtes élu président de la République, j'ai une question à vous poser. Comment vous montrerez-vous à mes collègues votre soutien et quelles seront vos mesures pour assurer leur sécurité sur les ? Alors, commençons par aller directement à la contradiction qui nous oppose. Je ne suis pas d'accord avec le fonctionnement actuel de la police, comme je ne suis pas d'accord avec le fonctionnement actuel de l'hôpital, des EHPAD et cetera.
Et je pense que il faut changer des choses. Il faut changer beaucoup de choses. Il faut tout changer. Ma vision de l'action policière dans le pays, parce qu'il faut partir de ça, le moyen on le discute après, c'est d'abord d'attaquer de plein fouet et frontalement les sources du crime et de la délinquance, c'est-à-dire le trafic des êtres humains, le trafic de drogue, le trafic des armes. Ça, c'est la tâche prioritaire. Par conséquent, je ne crois pas habile d'avoir fait 7000 personnes dans la BAC, 5000 dans la police judiciaire. Je pense qu'il faut beaucoup plus de monde dans la police judiciaire qui fait des enquêtes et qui court après les grands délinquants.
Quant à la police pour le reste, je fais l'objet de divers faux procès. Par exemple, j'ai parlé une fois, j'ai dit "Désarmer la police." Aussitôt, on a dit "Ah, vous voulez désarmer la police alors que les voyous sont armés." Je ne dis pas que vous l'ayez dit vous, mais ça a été dit un nombre de fois incalculable. Alors que j'explique que ce qu'il faut désarmer, c'est la police dans les manifestations. Je suis contre les flash-balls, contre les les techniques de nassage et d'encerclement, contre les grenades de désencerclement, contre les grenades assourdissantes, parce que ce ces méthodes-là ne sont pas employées dans la plupart des pays civilisés et notamment ceux de l'Europe.
Il faut en revenir à une police qu'on va qualifier de gardien de la paix. C'est-à-dire des gens qui par leurs pratiques et leurs relations au grand nombre sont non seulement acceptés, mais demandés, réclamés par le grand public. Je vous rappelle la période où on est sorti de l'assassinat qui avait de djihadistes qui avait eu lieu à Charlie, si vous rappelez. Les gens applaudissaient les flics dans la rue, ? On était tous pareils quand on en voyait un, "Bravo, c'est bien" et cetera. On en était là. Comment on en est arrivé à la situation qu'on a ? Elle n'est pas satisfaisante. Vous ne pouvez pas dire que ça a entretenu la haine anti-flic.
Je n'entretiens pas de haine anti-flic, je ne suis pas anti-flic, je suis pas anti-juge, je suis un républicain et je considère que j'ai le droit de critiquer un mode de fonctionnement que je condamne de bout à l'autre. Je ne suis pas d'accord avec le fait que Madame Zineb Redouane qui a été tuée au 4e étage à Marseille personne ne sait comment elle est morte. Je ne suis pas d'accord pour que Vous êtes un homme fait, vous n'avez pas 20 ans. Vous êtes un adulte qui avez de l'expérience du commandement. Tout à fait, tout à fait. ?
Donc vous savez comme moi, ce qu'on sait tous quand on est un homme qui a l'expérience du commandement, c'est que les plus jeunes imitent autour d'eux et que le rôle de la hiérarchie est essentiel pour dire "Ça on ne fait pas, ça on ne fait pas, ça on se comporte comme ça." Et bien comment en est-on ? En plus vous êtes à FO, donc en principe, c'est une confédération syndicale qui participe à l'histoire du mouvement ouvrier. C'est pas rien à mes yeux. Je vous parlerai peut-être pas pareil si vous étiez à Alliance, mais vous êtes à FO. Euh vous savez, pour moi les collègues d'Alliance sont avant tout des camarades de travail.
C'est pas parce qu'ils ont une une appartenance syndicale que ce n'est pas des ce ne sont pas des policiers. D'accord. Non mais si je voulais me fâcher avec tout le monde, je le ferais puisque vous êtes venus manifester devant mon siège les uns et les autres. Mais ce n'est pas pareil pour moi, un syndicat qui est rattaché à une confédération syndicale qui est liée à l'histoire du mouvement ouvrier est un groupe que je considère comme un ramassis de factieux. C'est ma vision des choses. Une chance pour moi alors. ? Une chance pour moi. Je sais pas si c'est une chance, j'espère que ça vous fait plaisir, mais bon.
Donc euh vous êtes Vous savez comme moi que ce n'est pas possible de maintenir dans la tradition républicaine, celle qui est incarnée par exemple des hommes comme Bernard Delplace que j'ai connu, ? Grand syndicaliste flic qui avait pris le risque énorme alors qu'on était dans un moment euh dont vous peut-être vous vous souvenez, peut-être que que non, mais c'était l'époque où il y avait le le Grimaud et de place c'était le syndicaliste et l'un et l'autre disaient on ne frappe pas un homme à terre parce qu'un policier se déshonore en le faisant. Mais mentir et tirer dans la figure de quelqu'un, ce n'est pas acceptable. Moi je ne veux plus entendre parler de ça.
Alors c'est toujours cette pratique qui est qui vaut droit, on ne frappe pas un homme à terre dans tous les cas. Bah je Mais je pense que je je sais je ne sais pas qui vous conseille au niveau de la police et de la sécurité en général, mais cette personne soit n'a jamais été policier soit ça fait bien longtemps qu'elle n'a pas été sur la voie publique. La police c'est 120000 fonctionnaires venant de toute origine, de tout horizon, toute religion, de toute appartenance politique, c'est 3500000 interventions de police secours par an. C'est une intervention police secours toutes les 8 secondes. C'est un refus d'obtempérer tous les quarts d'heure.
Et cette année enfin [grognement] pour l'année passée, c'est 10000 policiers blessés. Donc ma question était toute simple monsieur Mélenchon, comment apporterez-vous votre soutien à mes collègues et quelles seront vos mesures pour assurer la sécurité de mes collègues lors des ? Attendez, mais vous m'avez pas entendu hein, j'ai l'impression.
Je crois que écoutez pense que vous n'avez pas compris comment le fait que vous désapprouvez comme moi des actes tels que tirer dans la figure de quelqu'un et de l'éborgner, que frapper madame Legay comme ça a été le cas en plus après en mentant en disant que c'est pas vrai parce qu'elle était rentrée dans le camp des labos, vous pouvez pas être d'accord avec ça. Vous êtes forcément d'accord avec moi. Dès lors que vous êtes d'accord avec moi, que le citoyen lambda, j'espère que vous êtes d'accord avec moi, a une voie de recours. C'est la vie monsieur, des divergences il y en aura toujours et dans un état libre bah les gens libres disent qu'ils ont envie de dire.
S'ils veulent protester et qu'ils s'adressent à l'IGPN qui est composé de policiers jugeant leurs collègues, personne ne peut croire que l'IGPN est un organe indépendant. Donc je créerai un organe indépendant avec des policiers bien sûr qui connaissent le fonctionnement de la police, mais aussi des sociologues, des philosophes comme ça se fait en Angleterre ou dans d'autres pays dont personne n'a dit jusqu'à présent que leur police ne valait rien. Ce que je propose de faire, je vous demande de m'entendre, de pas écouter ce qui se dit à mon sujet, mais de regarder ce que je me propose de faire.
Ce que je me propose de faire, c'est de réintégrer la police dans la réalité dans d'autres conditions. Une police de proximité, pas la BAC. Pas la BAC, une police de proximité. Un DGPN entièrement renouvelé. Jean-Luc Mélenchon. Des fonctionnaires qui sont en cours de carrière élevés par un niveau de formation qui leur permet de progresser. Ce qui est pas le cas aujourd'hui. Monsieur Mélenchon, vous voyez là, je suis devant vous, je vous respecte, je je garde mon sang-froid. Je je n'élève pas la voix et j'ai suivi la même formation que mes collègues en école de police pendant 1 an pour ma part, d'autres 18 mois, d'autres 10 mois. 1 an. D'autres 10 mois même.
Donc et tout au long de ma carrière, j'ai appris. On ne devient pas policier du jour au lendemain, on rentre par conviction bien souvent, mais on ne devient pas policier. La formation continue est importante. La formation en école est importante et je vous dis euh pour moi, mes collègues agissent de la meilleure des façons bien souvent. Bien même très souvent. Je suis sûr qu'ils agissent en pensant bien faire, mais permettez-moi de vous dire que c'est pas la question. Non, mais en respectant les codes, monsieur Mélenchon et le code de déontologie Le code de déontologie interdit de dire qu'on tire dans la direction d'un visage.
Comment vous expliquez que ça a eu lieu 32 fois et qu'il y a pas une personne qui a été euh qui est qui a été jugée pour un acte qui contredit le Je peux je peux vous inverser vos propos. Je peux vous parler aussi des jets de projectiles qu'ont subi mes collègues et les collègues et les collègues qui ont été blessés. Oui oui, non, mais attendez. La différence, c'est que moi, je vais pas vous dire que je suis d'accord avec le fait qu'on vous jette des projectiles parce que je ne suis pas d'accord. Parce que j'ai toujours expliqué sur tous les tons que ça nous menait nulle part. ?
Mais ce qui est frappant, c'est que moi, je dis que je ne suis pas d'accord pour qu'on vous jette des projectiles ou pire parce que j'ai vu une fois qu'on jetait des trucs enflammés, mais vous, vous n'êtes pas prêts à me dire une seule seconde d'homme à homme que vous ne pouvez pas approuver le fait qu'on tire dans la figure de quelqu'un et qu'on les borne. C'est quand même un monde. Est-ce que vous êtes à ce point pris dans le ? Vos collègues, il s'en est suicidé depuis le début de l'année, 13.
Quand nous déposons nous insoumis qui sommes censés être des anti-flics dans le vocabulaire de certains syndicats, une motion pour demander qu'il y ait une enquête qui soit faite sur pourquoi il y a un tel nombre de suicides dans la police, il y a aucun syndicat de police qui nous soutient. Zéro, pas un. Juste par a priori politique contre nous. Eh bien, il faut écouter ce que les gens disent et proposent et pas se référer seulement à l'apparence des choses. Moi, je propose une police républicaine. Je sais qu'on peut la faire, mais pas comme on est là. Je crois que nous sommes déjà des policiers républicains. Vous l'êtes sans doute, monsieur le ministre.
J'ai pas l'intention de vous offenser. Écoutez-moi, monsieur, j'ai pas l'intention de vous offenser ou de vous dire que vous êtes pas républicain ou pas démocrate. Mais vous connaissez comme moi le poids des mots. Aujourd'hui, nous sommes dans une crise de désamour absolu et il faut régler ça parce qu'il y a aucune société civilisée qui peut fonctionner si la police est regardée par toute une partie de la population comme un corps étranger. Il faut donc remettre tout ça d'aplomb. C'est pas si compliqué, je sais le faire.
[musique]