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speechyoutube.com· 3 juin 2024 14 min

Meeting d'Aubervilliers - Le discours de Yannick Jadot en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Yannick Jadot

Bon, chers amis, vous savez qu'il y a des moments particuliers dans l'histoire, des défis auxquels on ne peut se soustraire, des rendez-vous historiques qu'on ne peut rater. Qui peut croire qu'on vivra mieux dans le chaos climatique, avec l'extinction des espèces, la pollution de la nature et des corps, les inégalités chaque jour plus inacceptables, insupportables, les libertés bafouées, les conflits sur les ressources, le repli sur soi et la haine des autres, le racisme, l'antisémitisme et la LGBTphobie. C'est pourtant ce que nos adversaires et nos concurrents nous promettent, sans le dire, probablement même sans s'en rendre compte.

Entre la grande régression des uns, le statu quo des autres, il n'y a que l'échéance qui change, mais le résultat sera le même, le naufrage de l'humanité. Alors que nous appelons à la mobilisation générale de toutes les énergies, de tous les savoirs, de toutes les forces vives, ils signent des armistices avec les lobbies, ils flattent les habitudes, justifient le renoncement, encouragent la résignation. Vous les connaissez. Malgré les discours, dès qu'il s'agit d'agir, c'est toujours pour demain.

Bientôt, un peu plus tard, s'il vous plaît, un dernier verre pour la route, une dernière prolongation du glyphosate, une dernière autoroute, un dernier traité de libre-échange, quelques forages pétroliers de plus. Après, promis, on fera autrement. Il y a cinq ans, vous le savez, tout le monde était écolo. Tous les candidats l'avaient plus vert que les verts. Aujourd'hui, nous sommes les seuls, les seuls, à vouloir relever les défis, à regarder l'avenir en face. Regardez nos élus, si tu peux les prendre là, à l'image. Regardez nos élus européens et nos candidats, comme ils sont beaux. Et ils ne sont pas simplement beaux, ils sont bons. Et ils ne sont pas simplement bons, ils sont efficaces.

Levez-vous les candidats. Vous pouvez vous rasseoir. Chers amis, nous le voyons chaque jour un peu plus, l'Europe est gangrénée par le trumpisme. Celui qu'on moquait, il n'y a pas si longtemps, avant qu'il n'arrive au pouvoir aux Etats-Unis et qu'il menace d'y revenir. Le temps et l'espace se sont écrasés. Le trumpisme est là, en Europe. En Europe, et malheureusement, Emmanuel Macron y a cédé. Le trumpisme, c'est la politique qui renonce aux solutions pour désigner à l'invendicte populaire des coupables, des boucs émissaires, et toujours les mêmes, les migrants, les chômeurs, les pauvres, les fonctionnaires.

Le trumpisme, c'est la politique qui renonce aux faits, à la vérité, pour faire de la science une opinion comme les autres. Quand vont-ils enfin écouter ces milliers, ces milliers de scientifiques qui hurlent leur alerte sur le dérèglement climatique, l'effondrement de la biodiversité, sur la pauvreté ? Le trumpisme, c'est la politique qui libère la parole raciste partout. Le trumpisme, vous le savez, c'est la virilité masculine portée en étendard pour combattre l'égalité pour toutes et tous. Le trumpisme, vous le savez, c'est aussi une diplomatie de complaisance qui n'est souvent qu'un nationalisme d'indifférence, un corporatisme de cupidité et un mercantilisme d'indignité.

Alors il faut se réjouir que l'Europe se soit unie pour aider à la résistance en Ukraine, même si nous savons, même si nous servons que certains dirigeants n'en ont pas fini avec leur complaisance en important du gaz russe, des engrais et de l'uranium. Mais quelle faillite ! Quelle faillite criminelle de la diplomatie européenne au Proche-Orient ! Quelle indignité ! Nous, écologistes, nous revendiquons de pleurer les victimes des attentats terroristes du Hamas. Nous revendiquons de pleurer les victimes palestiniennes du gouvernement d'extrême droite suprémaciste de Netanyahou.

Nous savons qu'il n'y aura pas de paix sans un devoir de justice et de mémoire, comme il n'y aura pas de paix en niant l'histoire et le droit de ces deux peuples à vivre en paix et en sécurité dans deux États démocratiques voisins. Mais quelle est cette diplomatie de la lâcheté qui abandonne un peuple à la folie meurtrière d'un Premier ministre criminel, un massacre qui condamne à mort des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants, comme il condamne les otages retenus par le Hamas ? Mais qu'attend le président Macron pour reconnaître l'État de Palestine ? Est-ce qu'il attend de le faire à titre posthume ?

Oui, la France, comme l'Espagne, l'Irlande, la Norvège, doit reconnaître l'État de Palestine. Oui, elle doit exiger la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. Oui, elle doit exiger le respect des décisions de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale. Chers amis, chers amis, notre tâche est lourde. Chers amis, notre tâche est lourde. Ne pas laisser mourir le projet européen sous les coups de boutoir de l'international fasciste. Notre responsabilité est immense, renouée avec le rêve européen, un vieux rêve que nous portons en héritage et qu'il nous revient de poursuivre.

Le rêve franco-allemand de réconciliation d'abord, après les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. L'Europe, c'est plus jamais la guerre. Le rêve des peuples grecs, espagnols, portugais, qui combattaient la dictature et partageaient une même conviction. C'est en entrant dans l'Union européenne qu'ils allaient ancrer définitivement la démocratie dans leur pays. Le rêve des peuples d'Europe de l'Est et orientale, qui, après l'effondrement du mur de Berlin, rejoignaient enfin la grande famille européenne. C'était ça l'Europe, plus jamais le fascisme et la dictature.

Alors que ressurgissent, vous le savez, les murs et les barbelés à nos frontières, souvenons-nous des paroles d'Angela Merkel qui avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens. Elle disait « Le mur de Berlin appartient à l'histoire et nous enseigne qu'aucun mur qui exclut les gens et restreint la liberté n'est assez haut ou long qu'il ne puisse être franchi. » Que nos dirigeants d'aujourd'hui méditent cette phrase de l'une d'entre eux quand ils laissent mourir en Méditerranée ou dans la Manche tant de femmes et d'hommes qui avaient pourtant jusque-là tellement souffert, tellement survécu. L'Europe, c'est le rêve toujours des Ukrainiens, des Géorgiens et de tant d'autres.

Le rêve plus lointain des femmes iraniennes, afghanes ou congolaises violées, torturées et tuées qui se battent pour leurs droits. C'est le rêve des Ouïghours et des Tibétains. Et l'Europe, pour nous, écologistes, c'est le rêve que l'étranger ne soit plus jamais celle ou celui qui, au hasard de l'histoire, est né de l'autre côté de la frontière. Que l'étranger ne soit plus jamais le noir, l'arabe, le juif, le musulman, porté comme un étranger de l'intérieur. Ce qui nous est étranger à nous, écologistes, c'est le racisme et l'antisémitisme, c'est l'humiliation et l'injustice, c'est le chaos climatique et l'effondrement du vivant.

Nous n'abandonnerons jamais l'Europe qui s'est construite contre les fascistes, aux fascistes. L'Europe s'est construite contre les dictatures et l'extrême droite. Ils ne peuvent pas la reprendre. Chers amis, avec Marie, avec vous, j'en appelle aux 3 millions 55 mille 23 électrices et électeurs qui, il y a 5 ans, se sont levés, sont allés voter, ont glissé un bulletin vert dans l'urne, notre bulletin, avec un seul message, une seule mission, prendre à bas le corps l'avenir de la planète, celui de nos enfants, lutter contre le dérèglement climatique, la disparition des espèces, remettre la solidarité au cœur de nos sociétés.

Grâce à elles, grâce à eux, l'agenda écologique, le fameux pacte vert, est devenu l'agenda européen. Nous savons ce qui s'est passé quand il a fallu passer à l'action. Tous nos concurrents, tous nos adversaires politiques ont calé, ils ont renoncé. Nous sommes aujourd'hui leur cible parce qu'ils ne savent plus comment justifier autrement leur capitulation criminelle. Je demande à ces 3 millions d'électrices et d'électeurs rejoints par 5 années d'une jeunesse qui maintenant peut voter de ne céder ni à la résignation, ni à la laïcité, ni à la déception. Chaque jour, chaque minute, nous avons agi pour arracher des victoires, éviter les pires défaites.

Chaque jour, nous nous battons pour qu'advienne le monde d'après. Vous vous souvenez le monde d'après ? Celui que les Européens partageaient pendant le Covid et qui mettaient l'essentiel, la vie, au cœur de notre agenda et qui voulaient enfin reconnaître et valoriser celles et ceux qui, travailleurs de première et de deuxième ligne, tiennent la société debout. Alors, est-ce qu'on a tout bien fait ? Non ! On n'a pas tout bien fait. On n'est pas parfait. Mais est-ce qu'il y a une équipe remplaçante ? Est-ce qu'il y a une équipe B ? Eh bien non, il n'y a que nous, avec nos défauts, mais aussi avec toutes nos qualités de conviction, de compétence, de travail que porte cette liste.

Nous sommes là pour que vive le rêve européen d'une Europe où les pesticides s'effaceront devant les coquelicots et les abeilles, d'une Europe où le nucléaire s'inclinera devant les éoliennes, une Europe où la brutalité du libéralisme laissera la place à la confiance, à la coopération, à la bienveillance, à la solidarité, à la justice et à la douceur. Une Europe où la haine sera balayée par l'ouverture au monde, l'accueil des plus vulnérables et le droit de s'afficher dans toutes ses différences, dans tous ses amours et dans toutes ses envies de vie. Une Europe où notre jeunesse s'épanouira avec enthousiasme et non pas dans l'instabilité des guerres.

Une Europe qui lui offrira un horizon vaste comme le monde et pas un repli derrière des frontières qui ne sont plus productrices de rien. Les amis, cette Europe, elle est à portée de main, elle est à portée de notre main en votant écolo le 9 juin prochain. Cette Europe se rêve, on ne va pas simplement en rêver, on va la faire vivre cette Europe, on va la faire avec Marie, avec la liste Europe Écologie. Le 9 juin, on se mobilise. Merci !

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