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ENTRETIEN SUR FRANCE INTER AVEC ALEXANDRA BENSAID (10.05.26)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Dominique de Villepin, doit-on croire le président russe lorsqu'il déclare que la guerre en Ukraine touche à sa fin ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut s'en réjouir concernant le réchauffement des relations entre la France et l'Algérie ?

  • 8:00RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'Emmanuel Macron a eu raison d'envoyer le porte-avions Charles de Gaulle vers le détroit d'Ormuz ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des profiteurs de guerre parmi les entreprises comme Total ? Faut-il les taxer ?

  • 16:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce que la baisse de la TVA sur l'énergie est une gabegie ou une orientation possible ?

  • 18:00FerméeÉludée

    Est-ce que vous êtes candidat à l'élection présidentielle de 2027 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Dominique de VillepinFait
    « Je pense que cela touche à sa fin, mais la situation reste grave. La guerre en Ukraine touche à sa fin. C'est ce que Vladimir Poutine dit. »
  • 3:30Dominique de VillepinChiffre
    « Vladimir Poutine a commandé au cours de l'année dernière 450 sondages. »
  • 6:00Dominique de VillepinFait
    « Si l'on veut rentrer à nouveau en guerre avec l'Algérie, je comprendrais. »
  • 7:00Dominique de VillepinFait
    « La capitulation de quoi et vers quoi conduit la politique qui était préconisée à l'époque par Bruno Retailleau ? »
  • 13:00Dominique de VillepinChiffre
    « Total a vu son bénéfice augmenter de 51% au premier trimestre. »
  • 19:00Dominique de VillepinPromesse
    « Je ne quitterai pas cette question. Est-ce que vous êtes candidat ? »
  • 23:00Dominique de VillepinFait
    « Je n'ai jamais payé d'amende pour non-publication. »
  • 26:00Dominique de VillepinChiffre
    « 24% des jeunes ont une pensée suicidaire. »
  • 29:00Dominique de VillepinChiffre
    « 9 000 milliards qui vont changer de main et qui vont être soumises à l'impôt sur les successions. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Tous, bienvenue dans Questions politiques. Ukraine, Iran, Trump, dans un monde géopolitique bouleversé, les Français apprécient les analyses de notre invité. Son regard qui balaye à l'échelle de la planète et son verbe, fluide, énergique, brillant, qui donne le sentiment qu'il est l'un de ceux qui s'est décrypté à défaut de maîtriser.

Justement, s'il était aux commandes, de quoi serait-il capable pour la France ? Pour arriver à l'Elysée, il faudrait déjà séduire les Français. Les connaît-il ?

Lui, le diplomate, l'ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ministre de l'Intérieur, ancien Premier ministre. En tout cas, après plus d'une décennie, loin de la scène politique, ce Chiracien a su revenir, c'était fin 2023, et s'attirer les faveurs de la gauche. Il a aussi créé son parti, la France humaniste.

Aujourd'hui, a-t-il des troupes ? Où en est-il de sa candidature ? L'affaire des statuettes peut-elle le faire trébucher ?

Dominique de Villepin est en direct sur France Inter. France Info, c'est le canal 16 de la télévision. Et c'est une émission en partenariat avec le journal Le Monde.

Nous sommes ensemble jusqu'à 13h. France Inter. Question politique.

Alexandra Ben Saïd. Bonjour et bienvenue Dominique de Villepin. Merci d'avoir accepté notre invitation.

A mes côtés, pour vous interviewer ce dimanche, je salue Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alix. Alix.

Bonjour Alexandra, bonjour à tous. Avec vous tout à l'heure, on fera bien sûr le portrait de Dominique de Villepin. Oui, votre parcours, Dominique de Villepin, vous emmène du Maroc où vous êtes née, à New York, mais aussi à Caracas où vous avez étudié.

Mais votre chemin, ce sont aussi des cassures politiques, une traversée du désert et l'envie d'un retour. Françoise Fressos du journal Le Monde est également en plateau. Bonjour Françoise.

Bonjour à toutes et tous. Vers 12h50, vous avez envie de démarrer. Vers 12h50, la question 2027, celle qui sera au cœur des débats.

A une de celles qui sera au cœur des débats. Françoise, vous avez choisi aujourd'hui de parler avec Dominique de Villepin de la jeunesse. La jeunesse, comment lui rendre espoir, avec quel discours et surtout avec quelles propositions concrètes.

Ça sera vers 12h50. Mais d'abord Dominique de Villepin, 5 minutes d'actualité entre 4 yeux et cette déclaration qu'on va écouter hier soir de Vladimir Poutine à des journalistes. Les pays occidentaux ont promis leur aide et ont commencé à intensifier la confrontation avec la Russie qui se poursuit encore aujourd'hui.

Je pense que cela touche à sa fin, mais la situation reste grave. La guerre en Ukraine touche à sa fin. C'est ce que Vladimir Poutine dit.

Dominique de Villepin doit-on croire le président russe ? Il faut prendre cela avec des pincettes. Je pense que ça s'adresse d'abord à Donald Trump.

Il veut montrer qu'il est conciliant. Il veut montrer qu'il ne ferme pas la porte. Et puis il veut peut-être aussi s'adresser au peuple russe qui commence à rechigner.

Un peuple russe qui, avec la fermeture de l'Internet extérieur, souffre au quotidien. Un peuple russe qui est aujourd'hui mieux pris en compte par Vladimir Poutine. On ne le sait pas toujours, mais Vladimir Poutine a commandé au cours de l'année dernière 450 sondages.

C'est ce que Elsa Vidal raconte dans son dernier livre. Donc il est soucieux de ce qui se passe sur le terrain. Et est-ce qu'il est affaibli, Vladimir Poutine ?

Il est affaibli, même si la récente crise du Golfe lui donne un peu de marge de manœuvre. Son économie est fragilisée. Son économie, du fait des embargos successifs, est aujourd'hui aussi en difficulté.

Donc il a intérêt à montrer des gestes d'ouverture. Mais on le voit bien, quand il dit qu'il est prêt à rencontrer Volodymyr Zelensky, il précise une fois l'accord de paix signé. À ses conditions.

Voilà, à ses conditions. Donc il faut évidemment prendre avec beaucoup de précaution ses déclarations. Mais cela n'empêche pas qu'il faut continuer à se battre pour avancer dans une réflexion sur ce que pourrait être à la fois un accord de cessez-le-feu, voire le moment venu un accord de paix.

Est-ce qu'on doit lui parler à Vladimir Poutine ? Nous les Européens, nous les Français. C'est la clé de la diplomatie.

On ne fait pas de politique sans parler à tous, quel que soit le sentiment que l'on exprime et quel que soit le rejet que l'on puisse avoir de l'agression russe. Oui, il faut lui parler et les Européens ne doivent pas laisser à Donald Trump le seul bénéfice d'un dialogue. Il faut lui parler de manière appropriée en choisissant ses conditions.

Mais il faut, oui, s'adresser à Vladimir Poutine, s'adresser au peuple russe et montrer qu'il y a une alternative possible à la guerre. Je crois que crédibiliser cette possibilité, ça fait partie des devoirs des pays européens et en particulier de la France. Autre dossier important ce matin, ce midi, Dominique de Villepin, c'est l'Algérie.

L'ambassadeur français vient de revenir dans le pays, près d'un an après avoir été rappelé par l'Elysée. Le journaliste Christophe Glez, détenu depuis près d'un an, devrait lui recevoir sa première visite consulaire dans quelques jours. Bref, on voit que les relations entre Alger et Paris se réchauffent.

Est-ce qu'il faut s'en réjouir ? Oui, il y a des gestes de part et d'autre. Alice Ruffaut, la ministre déléguée à la Défense, a participé aux cérémonies de 45 en commémoration des massacres de Sétif.

Notre ambassadeur revient sur place. Il y a un dégel dans les relations de sécurité tellement importantes entre Paris et Alger. Quand on voit la situation au Sahel, quand on voit l'engorgement des OQTF qui ne rentraient pas, aujourd'hui, les choses reprennent.

C'était dangereux d'avoir des relations gelées avec l'Algérie ? Oui, c'est un pays clé dans le Maghreb. Et la coopération dans ces domaines est tout à fait essentielle et stratégique pour les deux pays.

Alors si on parle de politique, c'est Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur actuel, qui a impulsé cette reprise du dialogue. Son prédécesseur, Bruno Retailleau, revendiquait lui une politique de fermeté vis-à-vis de l'Algérie. Et le président du parti LR dénonçait encore il y a dix jours une capitulation d'Emmanuel Macron sur ce dossier.

Vous n'êtes pas d'accord avec Bruno Retailleau ? Mais la capitulation de quoi et vers quoi conduit la politique qui était préconisée à l'époque par Bruno Retailleau ? Si l'on veut rentrer à nouveau en guerre avec l'Algérie, je comprendrais.

Mais nous avons des intérêts partagés. Nous avons de part et d'autre des rives de la Méditerranée. Nous avons des hommes et des femmes dont l'avenir dépend de la qualité de cette relation.

Donc il avait tout faux Bruno Retailleau ? Mais je crois qu'il a une posture politique et diplomatique qui est une posture sans issue, qui n'est pas celle d'un homme de responsabilité traitant les dossiers avec le souci de les faire avancer. Je crois que tout ce qui essentialise une relation avec un pays étranger, tout ce qui caricature ces relations, eh bien ça fait du bien à un électorat.

Et je ne doute pas que certains parmi les Républicains sont très heureux de cette posture de fermeté qu'ils veulent en découdre. Mais ça ne fait pas avancer les choses et ça ne sert pas en tout cas les intérêts de la France. Une question d'Alex Bouillaguet.

Si on vous comprend bien ce matin, vous êtes donc totalement d'accord avec Emmanuel Macron lorsqu'il traite de maboule tous ceux qui disent qu'il faut se fâcher avec l'Algérie ? Oui, je pense qu'en matière diplomatique, il ne faut pas hésiter à considérer que connaître un pays, avoir la connaissance d'un pays, avoir une connaissance de sa psychologie, de son histoire. Nos relations avec l'Algérie sont des relations qui ont été extraordinairement difficiles, mais aussi très riches.

Et le fait de considérer qu'à un moment donné, rien ne sert de se parler, mais qu'il faut se taper dessus, ça ne fait pas avancer les choses, bien au contraire. Et je pense que nous sommes dans un monde où il faut éviter que les dirigeants, que les responsables partent ainsi en guerre à chaque occasion. Il y a suffisamment de difficultés sur la planète pour que nous cherchions au contraire des solutions.

Ça demande de l'expérience, ça demande de l'humilité, ça demande de la remise en cause de soi-même, d'être capable de tirer le leçon des échecs. Donc c'est difficile, mais c'est la meilleure solution de toute évidence. François Sressose, on sent quand même qu'il y a un tel passif dans nos relations que c'est très difficile à dépasser.

Est-ce que vous voyez, vous, une clé où on pourrait repartir quand même sur des bases avec l'Algérie un peu moins compliquées que celles qu'on a vécues ces dernières années ? Nous avons un passé douloureux et très important en commun. Il faut être capable aujourd'hui de s'inventer un avenir.

Et ce qui nous a toujours fait défaut, c'est cette capacité à penser cet avenir. Quelle coopération ? Sur quels enjeux géopolitiques, économiques travailler ?

C'est cela qu'attendent de part et d'autre les Algériens, les Français, les Franco-Algériens. Il y a une attente d'être capable de retravailler ensemble avec respect, parce que c'est important. Et vous pensez que c'est possible ?

Et en apurant les difficultés du passé. Vous pensez que le moment est propice, là, que c'est possible ? Emmanuel Macron, il arrive en fin de mandat.

Donc, il est en quelque sorte libéré de tout effet de manche. Il a les marges de manœuvre pour le faire. Je pense que du côté algérien, il y a un intérêt aussi à agir, parce que nous sommes dans un monde dangereux.

Et dans ce monde dangereux, on a plus besoin d'amis et d'alliés que d'ennemis. Donc, je crois que oui, il y a une possibilité. Ce n'est peut-être pas Emmanuel Macron qui clorera le chapitre.

Un nouveau ou une nouvelle présidente ouvriront ce chapitre. Mais en tout état de cause, oui, il peut faire avancer les choses. Je crois que Laurent Nunez est un homme qui connaît bien ce genre de dossier.

Il a le jeu de balle, la touche, la sensibilité, l'humanité pour traiter ce dossier. Le ministre des Affaires étrangères est lui aussi mobilisé. C'est à travers ce travail collectif, ce travail d'équipe, que l'on peut-être sera capable d'avancer.

Et en tout état de cause, il y a une priorité, c'est de faire en sorte que Christophe Gleize rentre à la maison. Justement, avec ce changement de contexte. Ses parents, sa mère et son beau-père étaient à Alger.

Ils ont décidé, c'est un choix qu'a fait Christophe Gleize, ils ont décidé de changer de stratégie sur le plan judiciaire en renonçant à un recours en cassation. Donc aujourd'hui, la décision est dans la main du président Tebboune. La grâce.

La grâce. Et vous êtes optimiste. Et écoutez, je veux croire et je le souhaite.

Et je pense que c'est bien sûr l'intérêt de toutes les parties. Et c'est la justice par ailleurs. Et aujourd'hui, nous allons avoir la première visite consulaire qui va être rendue.

Donc ça veut dire que les choses peut-être seront possibles. Dominique de Villepin, vous parliez d'un monde dangereux. Alors le dossier iranien.

La France vient d'envoyer son porte-avions Charles de Gaulle avec les Rafales embarquées vers le détroit d'Hormuz. Cette initiative française, elle s'inscrit dans le cadre de la mission conjointe avec le Royaume-Uni pour fédérer une cinquantaine de pays désireux de débloquer pacifiquement le détroit sans attendre un cessez-le-feu complet. Question d'Alix Bouillaguet.

Est-ce qu'Emmanuel Macron a eu raison d'envoyer ce porte-avions ? Ou est-ce que vous faites partie de ceux qui disent que c'est une forme d'implication progressive de la France dans le conflit ? Je ne ferai pas de procès d'intention à Emmanuel Macron sur des sujets aussi graves.

Ce qui m'apparaît certain, c'est qu'il faut se tenir à très grande distance de tout cela. On voit bien que depuis maintenant plusieurs semaines, Donald Trump veut nous impliquer, nous et les Européens, nous impliquer dans ce qui est un échec américain à ce stade, qui est, alors que le détroit d'Hormuz était ouvert, d'être confronté aujourd'hui à un détroit d'Hormuz qui est fermé à travers un double blocus. Donc éviter une implication, par contre concourir avec tous les autres pays, nous mobiliser pour essayer de trouver une solution.

Jean-Luc Mélenchou, il dit que c'est une gesticulation, donc pas pour vous. Une fois de plus, je crois que rien ne sert de faire de procès d'intention à Emmanuel Macron. Il a décidé d'avoir un dispositif à proximité, en tout état de cause.

Nous ne devons être impliqués dans des actions offensives en aucun cas. Cette guerre n'est pas la nôtre et cette guerre, malheureusement, est une guerre sans objectif et sans stratégie politique. Et nous sommes à un moment très important parce qu'il y a une fenêtre d'opportunité.

La difficulté, c'est que les Iraniens ont le sentiment de gagner. Ils ont le sentiment d'être renforcés dans leur position. Le régime s'est durci.

Désormais, ce sont les militaires les plus radicaux qui sont au pouvoir et donc ils ne cèdent pas sur l'essentiel. C'est-à-dire aujourd'hui la question nucléaire et quelques autres questions connexes. La question, c'est comment on peut séparer cette question du nucléaire et la question du retour à la navigation, à la libre circulation dans le détroit d'Ormuse.

Et nous savons que les Américains ne sont pas aujourd'hui les meilleurs négociateurs. Donc je crois qu'on a besoin de tout le monde. On a besoin de la Chine.

On a besoin des États du Golfe. C'est la Chine qui a la carte en main pour l'arrêt du conflit ? Elle a des relations avec l'Iran qui peuvent être précieuses.

Et puis elle est très concernée par le passage du pétrole et du gaz dans le détroit d'Ormuse, puisqu'elle est dépendante en partie de ce pétrole. Et 20% de l'offre mondiale passe par le détroit d'Ormuse. Donc c'est un enjeu mondial, c'est un enjeu pour les Français.

Et nous allons le voir, nous le voyons déjà, et nous le verrons peut-être encore plus à l'automne. Mais je pense qu'il faut être capable, pour la communauté internationale, de se mobiliser avec les États du Golfe, qui sont très divisés sur cette question. Donc il y a un intérêt de sécurité, il y a un intérêt économique mondial.

Et donc il faut faire en sorte, quelle que soit nos réticences, de concourir à la recherche d'une paix. Un pays qui a l'impression de jouer sa survie, c'est quand même Israël, qui se sent vraiment pris en étau et très menacé par l'Iran. Comment peser sur Israël ?

Est-ce que, par exemple, il faut aller jusqu'à dire que l'Union européenne suspend ses relations commerciales ? Comment peser sur ce pays-là ? Aujourd'hui, nous avons une politique du gouvernement Netanyahou, qui est une politique tous azimuts dans la région, qui consiste à intervenir au Liban, occuper une partie du sud-Liban, agir contre la Syrie dans le sud de la Syrie.

De la même façon, le gouvernement Netanyahou est à l'origine à entraîner Donald Trump dans cette guerre. Alors comment peser ? Je crois d'abord que ce sont les Américains qui disposent de la clé.

Les Américains qui, d'ailleurs, s'interrogent sur l'aventure dans laquelle ils sont. En tout état de cause, la planète Maga ne suit pas aveuglément Donald Trump. Par ailleurs, on le voit au sein de l'armée américaine et le limogé d'un certain nombre de grands dirigeants américains a montré qu'ils ne partageaient pas la vision stratégique qui a été vendue à Donald Trump.

Et par ailleurs, je crois que les Européens doivent prendre leurs responsabilités. Nous ne pouvons pas rester sans réagir face à la situation au sud-Liban. Eh bien, nous avons des leviers.

Dans le cadre de l'accord d'association entre l'Europe et Israël, il est prévu le respect d'un certain nombre de clauses concernant les droits humains. Quelle est la situation à Gaza aujourd'hui ? Est-ce que les choses ont progressé à Gaza ?

Gaza est rentrée dans un oubli total, alors que la situation ne s'est guère améliorée. Le nombre de camions qui passent au quotidien à Gaza, ce nombre est très inférieur aux besoins de ce territoire. Et je ne parle pas de la situation de la Cisjordanie.

Je crois que les Européens, s'ils veulent pousser Israël à agir, il ne s'agit pas du tout de contester l'existence de l'État d'Israël, ni la sécurité d'Israël. Il s'agit de faire en sorte que le Moyen-Orient, qui est aujourd'hui déchiré et dans la guerre, puisse retrouver un équilibre. Et cet équilibre, il passe à la fois par des signaux très forts adressés à la politique israélienne, et il passe par des propositions de paix qui doivent ramener tout le monde autour de la table.

Israël ne peut pas rester un pays sans frontières qui décide au gré de ses désidératas d'intervenir sur tel ou tel voisin. Donc je pense que le moment viendra d'une grande conférence internationale dans le cadre des Nations Unies. Et nous allons voir dans les prochains mois les Nations Unies solliciter à nouveau.

Pourquoi ? Parce que sans droit et sans justice, eh bien c'est le chaos. Le chaos que nous voyons au Moyen-Orient et le chaos que nous voyons risquer de se propager ailleurs, c'est-à-dire le terrorisme, la prolifération, un désordre international qui ne fait que le jeu des puissances les plus négatives.

Vous croyez au retour des Nations Unies, Dominique de Villepin, c'est ce que vous venez de dire. Je vous ramène sur le terrain français. La conséquence de ce conflit au Moyen-Orient qui dure depuis plus de deux mois, c'est que le prix des carburants a explosé, on est au-dessus de 2 euros.

Pendant que les automobilistes paient, certains acteurs économiques font des profits. Que devrait faire l'État ? Que pourrait faire l'État ?

On écoute la réponse d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, il n'y a pas des producteurs ou que ce soit qui sont en train de faire beaucoup d'argent et qui font monter le prix à dessein. Il y a surtout un contexte géopolitique par ce blocus.

Et donc la priorité, c'est la réouverture pacifique et concertée d'Hormuz et le suivi, la transparence. S'il y a des profits excessifs ou des comportements, si je puis dire, un peu prédateurs ou spéculateurs, en effet, les différents pays et les Européens devront y répondre. C'est intéressant ça.

Total a vu son bénéfice augmenter de 51% au premier trimestre. Ce n'est pas la seule entreprise qui est en train de très bien se porter pendant cette guerre. Est-ce qu'à vos yeux, Dominique de Villepin, il y a des profiteurs de guerre ?

Et est-ce que la France devrait les taxer ? Est-ce que c'est l'Europe qui devrait les taxer ? Il y a des situations très différentes.

Il y a les profits, et c'est l'objectif de toute entreprise. Et puis il y a les rentes de situation des entreprises qui sont en position de monopole. On le voit par exemple avec les plateformes numériques.

Et puis il y a les rentes de crise. Et il est normal que nous ayons une attention particulière vis-à-vis de ces rentes. Total, en l'occurrence, qui peut à partir de là racheter un certain nombre de ses propres actions.

Et nous entrons dans quelque chose qui n'est pas perçu comme juste par la plupart de nos compétences. Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Alors d'abord, faisons la lumière, parce qu'il ne faut pas faire de procès d'attention.

Emmanuel Macron a raison de dire de quoi parle-t-on. Évaluons exactement la situation de ces rentes ou de ces super-profits. Là, sur Total, 50% de plus de bénéfices au premier trimestre, c'est assez clair.

Deuxièmement, il y a, parce qu'il faut être juste vis-à-vis de Total, ces profits ne sont pas faits sur le territoire français. Donc aller taxer les profits qui sont faits ailleurs, ce n'est pas forcément quelque chose de simple. Néanmoins, nous sommes en droit de demander une contribution exceptionnelle à Total.

Et puisque nous le voyons avec le 4,40, comme avec la situation des bourses mondiales, les entreprises font de très gros bénéfices dans cette période, il est normal qu'il y ait un retour. Total apporte une contribution de retour en plafonnant les prix dans ces stations d'essence. C'est déjà un effort de guerre ?

C'est un effort de quelques centaines de millions. Évaluons le total cumulé et faisons en sorte que dans cette période difficile, des gestes à proportion soient faits par ces entreprises. Sauf que Patrick Pouyanné, le patron de Total, il a déjà répondu, c'était la semaine dernière dans le quotidien Sud-Ouest, en cas de surtaxe, fini le plafonnement.

Vous dites quoi ? Vous dites qu'il faut quand même une surtaxe ? Je dis évaluons la nature du coût de ce plafonnement, à quoi cela correspond-il ?

Est-ce que c'est en rapport avec l'importance des profits réalisés ? Et puis mettons tout cela sur la table, dans le cadre Total, comme dans d'autres entreprises qui peuvent être en situation de rente ou de profit exceptionnel lié à la crise. Et puis essayons de faire un effort de justice.

Vous savez, notre pays traverse d'immenses difficultés. Et bien évidemment, ce sont les plus vulnérables qui sont ceux qui payent les premiers. Et bien que ceux qui sont les plus aisés, qui font des bénéfices exceptionnels, puissent être taxés davantage, c'est normal.

Et par ailleurs, cela pose la question de la répartition des bénéfices. Nous sommes dans un pays où le partage entre le capital et le travail se fait mal. Et c'est toute la proposition qu'avait fait le général de Gaulle en son temps, de l'intéressement et de la participation.

Il est normal que les salariés d'une entreprise, qui aujourd'hui sont la variable d'ajustement, parce que les salaires ne progressent pas à la hauteur des profits réalisés, les actionnaires gagnent beaucoup d'argent, et bien ce n'est pas le cas des salariés. Donc il faut mettre sur la table, et je pense que ce sera un des grands enjeux de la prochaine présidentielle. Pour rester sur le pétrole, certains partis comme le RN disent, il faut baisser globalement la TVA sur l'énergie.

Vous dites, c'est de la gabegie ou c'est une orientation possible ? Je dis, regardons les chiffres. Le gouvernement dit, la baisse de la consommation de pétrole fait que les recettes ne sont pas aussi importantes que ce que l'on croit.

Regardons les chiffres, c'est toujours pareil, c'est l'opacité qui nourrit...

Vous n'avez pas un positionnement quand même, parce que regardons les chiffres, ça fait deux mois maintenant que la crise est là, donc le RN c'est la baisse de la TVA, l'FI c'est le blocage des prix, vous entre les deux, vous dites...

Mais ce sont des positions idéologiques, le blocage des prix, on sait que ça ne tient pas cinq minutes, ça n'a jamais marché nulle part. Donc moi je veux bien qu'on ait la position identique à celle qu'on a toujours eue. Moi ce qui m'intéresse, c'est de prendre des mesures utiles, qui vont répondre aux problèmes des Français.

Moi ma conviction, c'est qu'il faut changer de stratégie. Une stratégie de fond d'abord, et dans la durée, c'est l'électrification de la France, parce que c'est véritablement, et nous n'avons pas suffisamment anticipé cela...

Bravo le cornu vous dites là. Oui, mais qui le dit bien tard. Nous aurions dû le faire, et il faut le faire beaucoup plus intensément.

Deuxièmement, cette stratégie, elle est souvent faite en liaison avec des grandes plateformes, ma prime Rénov', par exemple. Je pense qu'il faut être plus près de la vérité, plus près du terrain, et qu'il faut être capable, avec les maires, de leur donner la responsabilité d'avoir un véritable budget pluriannuel dans le domaine de la transition verte, qui leur permettra d'ajuster les aides en fonction des situations de leur territoire, à la fois en ce qui concerne le chauffage, les pompes à chaleur, en même temps en ce qui concerne l'électrification, et notamment les voitures électriques. Donc il faut des stratégies ciblées, fines, il n'y a pas de baguette magique, nous le savons tous, et c'est pour cela que les solutions qui sont aujourd'hui le plus souvent préconisées par les partis politiques, sont des solutions toutes faites, qui sont répétées depuis des années et des années, et qui n'ont jamais changé quoi que ce soit.

Dominique, Dominique Villepin, on vous écoute, on entend ses propositions, ses idées, vous parlez de justice fiscale, de justice sociale, des questions qui seront au cœur de la présidentielle, c'est quasiment le discours d'un candidat. Alors écoutez, permettez-moi d'abord de vous citer Jean-Luc Mélenchon une nouvelle fois, c'est dans la tribune dimanche, il a annoncé sa candidature il y a quelques jours, aujourd'hui, dit-il en substance, c'est l'heure de ceux qui ont de l'expérience, c'est l'heure des caractères au pluriel. Alors Dominique Villepin, est-ce que c'est votre moment aussi ?

Est-ce que vous êtes candidat à l'élection présidentielle de 2027 ? Jean-Luc Mélenchon, j'étais au Conseil des ministres, quand il était ministre délégué à l'enseignement supérieur, j'occupais la petite table à côté de la table du Conseil des ministres, où étaient Lionel Jospin et Jacques Chirac, à cette époque. Donc ça ne nous rajeunit pas, c'était presque l'époque Jurassic Park.

Mais est-ce que c'est un atout aujourd'hui ? Écoutez, c'est peut-être un atout pour éviter la sixième extinction planétaire. L'expérience n'est pas inutile dans les périodes de crise.

Il faut regarder les choses. Donc est-ce que vous êtes candidat ? Je ne quitterai pas cette question.

Est-ce que vous êtes candidat ? Ma détermination est entière et tous ceux qui nous écoutent ont bien compris que je n'étais pas en ce dimanche de long week-end avec vous pour le simple plaisir de me faire plaisir. Mais vous vous déclarez la candidat ?

Si vous ne pouviez dire la phrase, ça nous arrangerait. Je pense que nous ne sommes pas dans ce temps présidentiel. Et si vous permettez, j'aimerais vous expliquer pourquoi.

Alors, allez-y. Aujourd'hui, la question qui est posée par les médias, par les sondeurs, c'est qui va gagner ? Et nous connaissons la réponse.

La réponse, c'est le Rassemblement national, Mme Le Pen ou M. Bardella. C'est donc une réponse mécanique et statistique.

Ce n'est pas la réponse à la question que vont se poser les Français d'ici à la présidentielle. Et c'est pour cela que nous ne sommes pas dans ce temps-là. La vraie question, c'est qui est le mieux placé pour rassembler le plus grand nombre de Français et sortir la France du blocage, de l'humiliation, de l'empêchement où nous sommes aujourd'hui placés ?

Partons du départ. Nous sommes dans des circonstances exceptionnelles. Nous ne pouvons pas imaginer que dans des circonstances exceptionnelles, sur le plan intérieur, blocage politique français, blocage de l'action publique, et sur le plan extérieur, le risque de guerre que nous voyons partout, nous ne pouvons pas penser que ces élections vont se dérouler comme les autres élections que nous avons précédemment connues sous la Ve République.

C'est-à-dire ? Pourquoi ? Eh bien, pourquoi ?

Parce qu'il ne s'agit pas seulement d'avoir un président élu à 50% plus une voix. La question fondamentale, c'est de savoir si ce ou cette présidente, ne préjugeons de rien, sera en mesure de redresser le pays. Et qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire qu'il faut construire un chemin. Et construire ce chemin, c'est un, être capable d'exercer la fonction présidentielle. La fonction présidentielle a été, à mon sens, mal exercée depuis quatre mandats, puisque nous nous sommes trompés.

Depuis Jacques Chirac ? Depuis Jacques Chirac, depuis 2007, nous avons perdu le président arbitre indispensable, nous avons perdu le président garant, nous avons perdu le président stratège. C'est le quinquennat, ça.

Et en échange, pas seulement, et en échange, nous avons eu l'hyper-président qui n'avait autour de lui que des collaborateurs. Ça ne peut pas fonctionner, la République française ne peut pas fonctionner comme ça. Donc il faut un chemin.

Ce chemin, c'est avoir un président, un candidat qui est capable de faire converger des forces politiques et de rassembler le plus grand nombre des Français. Et c'est ce qui va se passer. Qu'est-ce que nous voyons aujourd'hui ?

Tous les partis politiques sont en train de se fragmenter. La plupart des partis politiques sont en train de contester les candidats qui ont été choisis. On le voit chez LR, on le voit du côté de Renaissance.

Il y a donc une multiplicité de l'offre. À un moment donné, il va bien falloir se poser la question. Qui est le mieux placé pour éviter la victoire du Rassemblement national ?

Et puis, il faut bien comprendre que si nous nous contentons de jouer mécaniquement et de laisser faire cette élection présidentielle, Marine Le Pen ou Jordan Bardella sera à l'Élysée, que vont-ils faire ? Est-ce qu'ils auront une majorité pour agir ? À l'évidence, non.

Ils vont dissoudre, ils vont dissoudre. Ils se retrouveront dans la même situation d'un Parlement bloqué. Et c'est pour cela que je veux qu'on aille jusqu'au bout de la réflexion.

Ça veut dire qu'au lendemain de l'élection présidentielle, il n'y a pas de fatalité à dissoudre. La clé, c'est de poser la question d'une majorité de projets. Et donc, le président élu ou la présidente doit convoquer les deux assemblées en congrès pour les placer devant leurs responsabilités.

Mais pourquoi vous l'auriez, vous, cette majorité, Dominique de Villepin ? Chercher sur l'échiquier politique l'homme ou la femme qui est capable de travailler avec tout le monde. C'est ça la clé.

C'est qu'aucun chef de parti aujourd'hui est susceptible de rassembler. Prenez l'exemple de Mme Le Pen ou de M. Bardella.

Ils arrivent, président de la République. Ils convoquent des élections. D'abord, j'aimerais voir dans quelle situation sera la France à ce moment-là.

La violence, vous pensez ? Est-ce que le pays connaîtra des violences ? Est-ce qu'immédiatement, aux élections législatives, il y aura un rejet profond de ce parti et donc pas de majorité, et donc une situation bloquée ?

Et c'est donc pour cela qu'il y a une première question au lendemain de l'élection. Dissoudre ou ne pas dissoudre ? Tout dépendra du comportement du Parlement et de sa capacité à accepter les quelques grandes réformes qui sont à faire immédiatement.

Les retraites, par exemple, la trajectoire budgétaire, la nécessité d'affirmer la souveraineté, et en particulier dans le domaine de l'intelligence artificielle. Et quel est votre rôle ? Mon rôle, c'est de dire aujourd'hui, si nous ne voulons pas faire comme avant et nous retrouver dans la même situation qui est celle de nos voisins, regardez le Royaume-Uni, c'est-à-dire une situation de tripartition ou plus bloquée, il faut une méthode.

Et la méthode, il n'y en a qu'une dans l'histoire de France depuis un siècle, c'est la méthode gaulliste. La méthode gaulliste qui est celle du rassemblement et de l'autorité. C'est-à-dire qu'à un moment donné, quels que soient les idéaux politiques de tel et tel, on prend chacun comme il est, socialiste, démocrate, chrétien, les uns et les autres, et on travaille ensemble.

C'est ce qui a marché avec le Conseil national de la résistance, c'est ce qui a marché en 1958. Mais d'où à où ? Donnez-nous des noms aujourd'hui, il y a un paysage politique, donnez-nous des noms.

Vous pensez à un grand rassemblement. Mais vous voyez bien qu'aujourd'hui, nous sommes encore dans la phase de fragmentation. C'est pour cela que nous ne sommes pas rentrés dans le jeu politique.

Personne aujourd'hui ne s'est posé...

De Retaillot à Ruffin ? Personne ne s'est posé la question de savoir comment nous allions redresser le pays. Moi, c'est la seule question que je me pose.

Alors, Dominique...

Comment la France va-t-elle se redresser ? Avant d'aller plus loin, il y a quand même...

Vous vous voyez un rôle, vous dites en ce moment qu'il y a quelque chose...

Mais je me vois un rôle parce que je ne vois pas d'autres responsables politiques dont la première préoccupation est de rassembler. Vous savez, moi, mon obsession, ce n'est pas d'être en haut de l'affiche. Mon obsession, c'est de faire en sorte...

Non, Dominique Vipin, non. Et si, et si. Vous savez, à 62 ans, on a peut-être mieux à faire que de se regarder dans une glace ou sur une affiche.

Ma question...

L'objectif, l'objectif, c'est redresser un pays qui est aujourd'hui dans le malheur. Allez-vous parvenir à maintenir cet objectif ? Il faut quand même qu'on parle aujourd'hui de cette affaire des statuettes.

Parlons de tout. Moi, je suis là pour répondre à toutes vos questions. C'est parfait, on en a des questions.

Alors, il s'agit de deux statuettes de Napoléon que Robert Bourgiste, une figure de la France-Afrique, vous a offertes lorsque vous étiez au Quai d'Orsay. Dans l'émission complément d'enquête, le lobbyiste affirme que c'est cadeau qui vaudrait plusieurs dizaines de milliers d'euros. Lui, il chiffre ça, il a des factures à 125 000 euros, ont été payées par un industriel italien et par l'ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré.

À l'époque, ça n'était pas illégal. Lundi, est-ce que vous nous confirmez que lundi, vous avez rendu au Quai d'Orsay ou donné au Quai d'Orsay ces statuettes ? Alors, permettez-moi d'abord de dire comment les choses se sont passées.

Ça a son importance pour comprendre. Il y a 25 ans, M. Bourgi m'a donné à l'occasion d'anniversaire deux statuettes.

Aujourd'hui, il raconte une toute autre histoire que j'ai découverte lors de cette émission et sur laquelle, je le précise, je ne sais rien. Donc, je ne m'aventurerai pas sur ce terrain. Mais il y a pour moi trois choses qui sont sûres.

La première, et il ne s'en cache pas, l'intéressé règle des comptes. Il a été écarté dans les années 2004-2005. Il règle des comptes et il veut me nuire, pour ne pas dire m'écarter définitivement du jeu politique.

Et d'ailleurs, il menace à la cantonade toute la classe politique. Deuxièmement...

Il y a des factures quand même, Dominique de Villepin. Non, mais ça n'a rien à voir. Les factures, moi, je ne les connais pas.

Par définition, vous recevez un cadeau, vous ne connaissez pas les factures. Deuxièmement, il y a un procédé récurrent de l'intéressé. Ce n'est pas la première fois.

En 2011, le 11 septembre, il produit toutes sortes d'allégations. Trois jours plus tard, je suis...

Alors, on va voir, c'était des mallettes d'argent qui vous auraient été versées, données par Robert Bourgi à Jacques Chirac et à vous. On parle de plus de 3 millions d'euros. Et trois jours plus tard, j'ai ma double relax dans l'affaire Clastrain.

M. Bourgi est un ami de 40 ans de Nicolas Sarkozy. Est-ce que c'est Nicolas Sarkozy ?

Disons cela, qu'est-ce que vous dites ? Et à chaque étape, en 2011, évidemment, ce n'était pas une bonne nouvelle, ma relax dans l'affaire Clastrain pour Nicolas Sarkozy. Et aujourd'hui, le fait de pouvoir être candidat à l'élection présidentielle, ce n'est peut-être pas non plus une bonne nouvelle, d'autant plus que ces indications, pseudo-révélations, interviennent à un moment.

Nicolas Sarkozy connaît des moments difficiles dans une affaire judiciaire, qui est l'affaire libyenne. Donc, il est clair qu'il y a une volonté de nuire et un procédé récurrent...

Non, mais là, vous êtes en train de dire que Nicolas Sarkozy téléguide...

Non, non, je vous dis les choses, un procédé récurrent d'écran de fumée auquel il a déjà procédé. Mais, mais, mais, je termine. Je n'aurais pas dû accepter ces statuettes.

À l'époque, vous l'avez dit, il n'y avait pas d'encadrement de ces situations. C'était une erreur. Et c'était une erreur.

Je n'aurais pas dû les accepter. Mais d'un point de vue moral, tout de même, donc, vous l'avez dit, enfin, on le sait, ce n'était pas illégal, mais ça oblige et implicitement se pose quand même la question des contreparties. Est-ce que ce n'est pas handicapant, voire réduitoire, lorsqu'on veut exercer les plus hautes fonctions de l'État ?

La réponse que je vous l'ai donnée tout à l'heure, M. Bourgi a été écarté par moi-même et par Jacques Chirac en 2004-2005, ce qui montre bien qu'il n'y a aucune prise, aucune forme du tout de lien qui puisse se nourrir à cette occasion. Mais quand vous dites, j'ai un regret, est-ce que vous n'avez pas le sentiment qu'en fait, tout ce qui s'est passé là, c'est ce que rejettent profondément les Français, et que vous êtes, d'une façon ou d'une autre, lié à ce monde ancien, comme d'ailleurs Nicolas Sarkozy, est-ce que ce n'est pas la fin aujourd'hui d'une période ?

On peut considérer qu'on est coupable d'être trop vieux et d'appartenir à l'ancien monde. Le nouveau monde, vous savez...

Non, c'est avec des pratiques, qui étaient quand même...

Le nouveau monde a aussi ses problèmes. Qu'est-ce qui est important en politique ? C'est de tirer les leçons, c'est d'avancer.

Ce n'est pas tout nouveau, tout beau, et tout vieux, tout à rejeter. Mais est-ce que vous allez porter plainte ? Et cela oblige le responsable politique, en l'occurrence, c'est une obligation que j'ai, à faire preuve de beaucoup d'humilité, et à véritablement accepter ce type de déclaration et de critique, quelles que soient les pincettes avec lesquelles il faille les prendre.

Est-ce que vous allez porter plainte contre Robert Bourguet ? Je n'ai jamais porté plainte depuis le début de ma carrière comme secrétaire général. Pourquoi ?

Non. C'est que les procès en diffamation et autres ne permettent pas de régler l'essentiel, surtout à l'époque des réseaux sociaux, qu'est la rumeur. Comment lutter contre la rumeur ?

Donc moi, ma réponse est toujours la même. C'est ma bonne foi, j'accepte la transparence, c'est ma bonne foi et la nécessité dans laquelle je me situe, d'accepter de tirer toutes les leçons de ce type de situation. Et donc vous ne redoutez pas que les accusations de Robert Bourguet vous affaiblissent ?

On a bien vu que ça a plombé la campagne de François Fillon en 2017 avec l'affaire des costumes. Nous ne sommes pas du tout dans la même situation, et je vous rappelle que la volonté de nuire, de l'intéresser, elle date de 2004-2005 et qu'elle est parfaitement située sur le plan politique. Et je rajoute que si vous êtes candidat, on a quand même compris que vous en preniez le chemin, vous devrez faire toute la lumière sur votre revenu, votre patrimoine, ça, ça ne vous pose pas de problème ?

Vous savez, les activités de ma société, les chiffres de ma société, même si certains refusent de se donner le mal de regarder, sont parfaitement connus, contrairement à ce qui a été dit, je n'ai jamais payé d'amende pour non-publication, et donc les choses sont parfaitement claires. Et la transparence, c'est un devoir national. Françoise, Françoise, un mot sur vos activités ?

Françoise, les activités. Alors sur les activités en Chine, c'est peut-être le volet qui est le plus handicapant pour vous aujourd'hui, c'est-à-dire que vous avez fait des conférences en Chine, est-ce que vous n'avez pas l'impression d'avoir été un influenceur au profit du régime chinois au moment où on s'aperçoit qu'au fond, la Chine est quand même une grosse menace pour l'Union européenne ? Est-ce que vous ne regrettez pas aussi toute cette activité où vous avez fait des conférences très bien rémunérées ?

Alors il y a eu une enquête de la cellule d'investigation de Radio France qui a montré que vous travaillez pour des entreprises chinoises. Tout ça a été sur Internet, c'est une enquête malgré tout à portée limitée. Non mais je veux dire par là que, et c'est la réponse à François Fresseau, il n'y a rien de caché.

Il n'y a rien de caché. Faire une conférence, c'est public, il n'y a rien de caché. Deuxièmement, dans la scène internationale aujourd'hui, la connaissance, toute la connaissance du monde est essentielle quand vous prenez des décisions.

Moi j'ai vécu 8 ans, 9 ans aux Etats-Unis, j'ai voyagé à travers le monde, j'ai fait des conférences dans le monde entier et j'ai beaucoup souhaité dans les dernières années aller en Chine depuis les années 2008. Pourquoi ? Parce que c'est là qu'une grande partie de l'histoire de cette région et du monde est en train de s'écrire.

Et j'ai été l'un des premiers à faire écho aux Nouvelles Routes de la Soie, au plan Made in China 2025. Dominique de Villepin, on vous entend, mais...

Et donc, connaître permet d'apprécier et de mesurer les défis qui sont les nôtres. On vous entend, mais dans vos expressions publiques, vous rendez quand même souvent hommage au pouvoir chinois. Je vous cite, nous avons besoin d'une Chine plus forte, c'est ce que vous avez notamment dit dans un entretien accordé à China.org après le 19ème congrès du Parti communiste chinois, c'était en novembre 2017.

En tant qu'ex-premier ministre attaché aux droits de l'homme, est-ce que là aussi, ce n'est pas moralement répréhensible ? Je ne cite qu'Ursula von der Leyen en 2019, elle parle d'un rival systémique. La Chine est un rival systémique pour l'Europe.

Je l'ai dit...

Et vous dites que la Chine doit être forte. Je l'ai dit 100 fois, mais nous ne parlons pas de la même chose. Quand je m'exprime, et c'est toujours le problème quand on pique une phrase et qu'on la sort de son contexte, en l'occurrence, ce que j'indique, c'est qu'il est important que la Chine joue tout son rôle et davantage sur la scène internationale.

La Chine est aujourd'hui l'un des premiers pourvoyeurs en force de paix. La Chine est un membre permanent du Conseil de sécurité. Et nous avons besoin d'une Chine qui s'investisse dans le multilatéralisme, à l'opposé de ce que font les États-Unis, qui s'en désengage.

Regardez. Mais est-ce que ça veut dire que vous pouvez continuer les conférences de l'Union de 2020 ? Levé Hondus vient d'accoster aux Canaries.

Les États-Unis sont sortis de l'Organisation mondiale de la santé. Et nous avons besoin donc que les grandes puissances s'investissent dans le multilatéralisme. Donc, vous sortez une phrase et vous faites un procès d'intention.

L'essentialisation, c'est toujours dangereux. Et c'est pour cela que des gens qui enquêtent sans connaître le pays concerné, sans faire véritablement un travail de fond, eh bien évidemment sont pronts à des conclusions. C'est facile de faire des conclusions.

Mais croyez-moi, ce n'est pas fondé sur une véritable connaissance de ces dossiers. Et je ne le vise personne, bien sûr. L'essentialisation de Radio-Chance a travaillé en profondeur.

Est-ce que ça veut dire que vous pouvez continuer à travailler pour des entreprises chinoises ? Et que vous allez le faire alors que vous voulez avoir un rôle ? Ce n'est pas le cas.

Ce n'est pas le cas. Il est évident que quand vous vous présentez à une élection, vous faites en sorte de vous y consacrer le plus totalement possible. Et donc, ce n'est pas le cas.

Et je n'ai jamais, et c'est important, je n'ai jamais que choisi d'avoir des activités qui ne m'engageaient pas dans des entreprises. Des activités d'avocat ou des activités de conseil. La question, vous pourriez la poser à certains de mes collègues premiers ministres qui ont participé à des conseils d'administration.

Je n'ai jamais participé à un conseil d'administration ou d'ancien président de la République. Je n'ai jamais participé à un conseil d'administration parce que là, vous êtes en action exécutive. Moi, je l'ai toujours fait à titre consultatif.

Conseiller, ce n'est pas être responsable et ce n'est pas en aucune façon cautionner une stratégie. Alex Bouillaguet, on va passer avec vous au portrait de Dominique de Villepin. France Inter Alexandra Ben Saïd Question politique Et bien sûr, Alex, vous avez fait remonter cette archive.

Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal. Nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.

Dominique de Villepin, c'est vrai que personne n'a oublié ce discours prononcé à l'ONU. Le 14 février 2003, vous bataillez contre la guerre en Irak. Vous portez à ce moment-là la voix de la France.

Effet rare au Conseil de sécurité. Vous êtes même applaudi à la fin de votre discours. C'est votre moment de gloire, celui qui vous fait connaître dans le monde entier.

Est-ce que vous n'avez pas eu le sentiment après, finalement, d'être réduit à ce discours ? Sans doute, et jalousé, ce qui explique le nombre de mes ennemis politiques, peut-être. Mais ce discours, il trace pour la France une ambition de leadership sur la scène internationale, de porter des idéaux, un idéal de paix, un idéal de justice, un idéal de droit.

Et l'une de mes plus grandes douleurs, depuis une vingtaine d'années, c'est de constater que la France n'a pas persévéré. Les gouvernements, les présidents n'ont pas persévéré dans cette lignée, au point que nous avons engagé une guerre en Libye, au Sahel, sans réfléchir aux conséquences que cela aurait, et sans tirer les leçons. C'est ça qui est le plus douloureux en matière politique.

C'est de se battre, de mener combat pour un idéal, et de constater que cet idéal n'est pas compris et partagé. Votre mentor, c'est Jacques Chirac. Il vous rappelle votre père, Xavier de Villepin, qui fut un temps sénateur des Français de l'étranger.

Chirac, vous ouvre toutes les portes du pouvoir, secrétaire général de l'Elysée, on l'a dit, le Quai d'Orsay, l'intérieur, Matignon, vous êtes son ombre et sans doute une bonne partie de son cerveau. La dissolution...

Non, non, non, n'abusons pas. Ou en tout cas, voilà, vous avez l'oreille du président, comme on dit aujourd'hui. Donc Jacques Chirac était un homme qui ne partageait pas ses convictions et qui était bien lui-même en possession de son ambition et de sa volonté.

Mais, je reviens à ma question, la dissolution de 97, on dit que c'est votre idée, est-ce que vous l'assumez ? On dit...

Je vous pose la question, justement. Oui, bon, je l'ai dit 100 fois. Je suis lassé parfois de répondre à certaines des questions.

Mais c'est la décision de Jacques Chirac à travers des propositions qui lui ont été faites à l'époque. Dont la vôtre. Non, à travers des propositions qui lui ont été faites à l'époque pour sortir d'une situation qui n'était pas acceptable en l'État.

Donc, il fallait prendre une décision. Parallèle avec la situation d'Emmanuel Macron. Qui n'a strictement rien à voir.

Un peu quand même. Oui, mais pas sur les conséquences. À l'époque, nous sommes dans un jeu institutionnel qui amène la cohabitation, c'est-à-dire à une situation qui a permis aux Français de trancher, de choisir.

Dans le cadre de la dernière dissolution, ça débouche sur le chaos et l'inconnu. Ça n'a donc strictement rien à voir. Sur la décision, qui est la question que vous posez, Jacques Chirac avait le choix entre demander à Alain Juppé de partir.

Il ne le voulait pas. Et c'est partant de cette situation qu'il s'est retrouvé avec comme seule option, puisqu'il voulait qualifier la France pour l'euro et que les indications économiques que nous avions montraient que la route était bloquée. Il fallait donc prendre une décision.

Donc, c'est bien la décision de Jacques Chirac. Recommandée par l'ensemble de la classe politique. Un peu vous, quand même.

L'ensemble de la classe politique. Moi, je ne peux pas repartir. Secrétaire général de l'Élysée, vous n'êtes pas un politique.

Et l'ensemble de la classe politique a peut-être deux exceptions. Qu'était Philippe Séguin qui a marmonné et François Bayrou s'y était contre. J'ai encore deux questions.

Je voudrais aller jusqu'au bout. 2007, Nicolas Sarkozy s'installe à l'Élysée. On le sait, c'est votre ennemi de toujours.

Non. Non, non, non. J'ai tendu la main à Nicolas Sarkozy et c'est moi qui l'ai fait revenir en 1996.

À partir de 2007, vous avez quand même des années de purgatoire pour vous. Et d'ailleurs, vous quittez la politique, vous montez votre cabinet d'avocats en droit international, vous sionnez le monde, vous faites des affaires. Dans votre livre, Le pouvoir de dire non, vous décrivez cette période comme un exil intérieur.

Est-ce que vous avez quand même eu le sentiment d'avoir été chassé de la politique par Nicolas Sarkozy ? J'ai été en situation d'être menacé dans l'existence qui était la mienne. Quand on vous promet un gros de boucher, il faut prendre des dispositions.

Et donc, il a fallu que j'invente une vie. Oui, j'aurais pu effectivement ne pas créer un cabinet d'avocats, ne pas...

Et d'ailleurs, les promesses qui m'étaient faites à l'époque devaient me conduire à diriger l'une des grandes maisons de vente dans le domaine de l'art. Donc, vous voyez, ma vocation à m'intéresser à l'art et la culture était bien là. Et c'est bien parce qu'il a fallu tout réinventer seul que j'ai dû retourner à ce que je savais faire le mieux.

C'est connaître le monde, prédire les événements du monde, aider à la gestion des crises et à partir des compétences qui sont les miennes. Et pourquoi n'avoir jamais remis les pieds à l'Elysée ? Emmanuel Macron ne vous a jamais convié en neuf ans à l'Elysée.

Pourquoi ? J'ai été une fois à l'Elysée, si ma mémoire est bonne. Mais il ne vous a pas échappé qu'Emmanuel Macron a fait un très long bout de chemin avec Nicolas Sarkozy.

Est-ce qu'il y a un lien entre les deux ? Je n'en sais rien. Mais en tout état de cause, ce que j'avais peut-être à dire en matière de politique étrangère ne lui aurait pas plu.

Je n'en sais rien. Mais c'est une réalité. Dominique de Villepin, comme tous nos invités, on vous a demandé de venir avec une carte blanche une minute, une minute.

Ce n'est pas beaucoup. Ce n'est pas beaucoup. Pour mettre le projecteur sur quelque chose de massif, majeur, c'est l'intelligence artificielle.

C'est l'intelligence artificielle parce que le grand enjeu en 2027, c'est la question de la capacité de la France à redevenir maître de sa souveraineté. La grande ambition gaulliste, c'est l'indépendance. Et la souveraineté aujourd'hui, ça veut dire, comme c'était la dissuasion nucléaire et l'arme nucléaire au XXe siècle, aujourd'hui, c'est d'être capable de maîtriser l'intelligence artificielle qui va intervenir dans l'ensemble des secteurs, qu'il s'agisse de la santé, de l'économie, des services publics, l'intelligence artificielle.

Nous devons faire partie de ce jeu-là. Aujourd'hui, nous investissons des sommes qui sont importantes, mais modestes quand même, à l'échelle de la planète, 2,5 milliards. Du côté des États-Unis, pour les trois grandes sociétés d'intelligence artificielle, c'est 800 milliards.

Donc vous voyez qu'il y a un différentiel. Si nous ne voulons pas être pris en étau entre la Chine et les États-Unis, il faut une intelligence artificielle qui soit adoptée dans tous les secteurs. Il faut que ce soit une intelligence artificielle alignée sur l'intérêt général.

Cette intelligence artificielle, il faut également qu'elle soit accompagnée pour ne pas créer trop de dégâts dans le domaine de l'emploi et au contraire créer des opportunités. Elle doit donc être souveraine, elle doit être sûre, cette intelligence artificielle, et elle doit être sobre, parce que s'il y a quelque chose auquel je crois, c'est qu'aujourd'hui le gaullisme, c'est un éco-gaullisme. Nous ne pouvons pas espérer être souverains, indépendants, comptés dans le monde, sans prendre en compte que le fait que la situation de notre planète se dégrade.

Et donc la France doit être en pointe en matière écologique. Vous nous amenez à 2027 avec un éco-gaullisme. Françoise Fresseuse, la jeunesse, c'est le thème que vous avez choisi aujourd'hui.

Oui, j'ai notamment choisi ce thème parce que je me souviens très bien de ce qui s'était passé en 2005. Vous êtes Premier ministre et vous êtes l'inventeur du contrat première embauche qui avait fait descendre des milliers d'étudiants dans la rue. Alors c'était un contrat à durée indéterminée.

Assez délivré. Proposé aux étudiants qui sortaient de leurs études, mais assorti d'une période au fond de décès de deux ans, et c'est ça qui a été contesté. Avec le recul, est-ce que vous diriez que ça reste une bonne mesure ?

Ça reste une bonne intention, mais une mesure qui n'a pas été comprise. Et donc c'était une erreur. Il faut être capable d'appeler un chat un chat.

Mais la situation de la jeunesse aujourd'hui, elle est grave. Et c'est pour cela que je suis pour un état d'urgence de la jeunesse dans notre pays. Pourquoi ?

La jeunesse, elle est en souffrance. On le voit en matière psychique et parfois psychiatrique, puisque 24% des jeunes ont une pensée suicidaire. C'est considérable.

Cette jeunesse, elle a du mal, par ailleurs, dans le choix de sa vie, à s'orienter. On lui demande de s'orienter très tôt et elle est insuffisamment accompagnée. Et je suis pour une orientation dès la classe de première qui permette aux jeunes de savoir quels sont les goûts qui sont les leurs et quels sont leurs talents.

Il faut également faire en sorte que Parcoursup soit davantage humanisé. Parcoursup, c'est trop souvent un coup près qui avantage ceux qui connaissent le système et ceux qui ont une famille qui les aident. Il faut faire en sorte que cette inégalité à l'intérieur de Parcoursup ne soit pas trop grande.

Et enfin, il y a un véritable danger pour la jeunesse que l'on peut mesurer. 3 000 enfants qui dorment dans la rue, c'est aussi considérable. 160 000 enfants chaque année qui sont victimes de violences sexuelles.

Je crois qu'il y a, à travers la Commission sur l'inceste, des témoignages extrêmement forts. J'écoutais Muriel Salmona jeudi dire à quel point trop souvent les victimes sont incomprises et méprisées. Il faut que cela change.

Je recevais il y a quelques jours le président de l'association Les Papillons. Papillons, ce sont des boîtes aux lettres dans les écoles qui l'acceptent. Et malheureusement, il y a trop de réticences du côté de l'éducation nationale.

Mettre une boîte aux lettres et recueillir la parole des enfants. Qui permet de mesurer le risque qu'il y a en matière de harcèlement, voire de violences sexuelles. Rien que ça, ça permet de détecter à la source ces violences.

Les retraités ont été extrêmement choyés sous ces deux quinquennats. Est-ce que vous pensez que pour donner davantage à la jeunesse, il faut accepter qu'au fond on désindexe les pensions de retraités sur l'inflation et qu'on donne beaucoup plus d'argent aux jeunes pour vraiment développer ? Alors la jeunesse dans notre pays, elle part avec un fardeau considérable sur les épaules.

La dette financière, la dette écologique, la dette d'un monde en guerre, ce qui n'était pas le cas de ma génération quand nous sommes arrivés. Et vous avez raison, d'une dette générationnelle. Et il y a aujourd'hui un fossé qui se crée encore plus entre ces générations.

On taxe plus les retraités ou pas ? Ou pas taxés mais peut-être l'héritage ? Nous ne sommes pas dans le temps des mesures.

Mais il faut rééquilibrer la relation entre ces générations. Nous savons que beaucoup de retraités aident leurs petits-enfants. Il faut prendre en compte cette situation.

Nous allons avoir aussi la plus grande transmission jamais connue dans notre pays. 9 000 milliards qui vont changer de main et qui vont être soumises à l'impôt sur les successions. Il faut donc un grand plan sur les successions.

Augmenter la taxation des successions ? Personnellement, oui, mais pas à la hache, si je puis dire. Je pense qu'il va falloir augmenter la possibilité de transmettre 500 000, 1 million d'euros et qu'il faudra augmenter pour les plus grandes fortunes, au-delà de 5 millions, sans doute passer à un barème, non pas de 45%, mais de 50%.

Et au-delà, passer à 60%, c'est dire que nous aurons la possibilité, avec des marges de manœuvre assez solides, par exemple, de financer des bourses pour ceux qui sont parmi les jeunes les plus défavorisés et qui ne bénéficient pas d'un patrimoine de départ. Donc cette exigence de justice, elle est essentielle. On n'est pas assez attentif à toute la souffrance qui existe dans notre pays.

J'étais près de Rennes il y a quelques jours avec un agriculteur absolument formidable dans une ferme bio. Et il accueillait deux jeunes, l'un qui était de Sciences Po et l'autre, une jeune ingénieure, qui expliquait comment il se reconstruisait, comment il se construisait une vie dans un milieu qui n'était pas du tout le milieu d'origine qui était le sien. Eh bien, nous avons besoin de ces solidarités.

Allez, le vrai faux, vous savez comment ça marche ? Je fais des affirmations. Non, je n'ai aucune idée de ce que ça marche et je déteste les quiz.

Question habituelle de politique fiction, 2027, deuxième tour. Mélenchon Bardella, vous votez Mélenchon. Vrai ou faux ?

Non, non, pas de politique fiction. Le front républicain face au RN, ça ne sert plus à rien. Vrai ou faux ?

Faux. Vous pensez qu'entre les deux extrêmes, vous pouvez être ce candidat d'un grand centre qui rassurerait les Français à la présidentielle de 2027. Vrai ou faux ?

Je veux être l'homme du rassemblement et du rassemblement le plus large possible dans le respect des idéaux politiques de chacun. Les Français devant toi. Donc vous voyez, quel réalisme.

Allez, Dominique de Villepin, merci d'avoir accepté d'être l'invité de Questions politiques. Merci d'avoir regardé cette vidéo !