La mort d'Yvan Colonna, la présidentielle, l'amnistie des "gilets jaunes"... Le 8h30 franceinfo de Manuel Bompard
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Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Yvan Colonna n'a pas survécu à l'agression dont il a été victime en prison il y a trois semaines par un détenu radicalisé. Est-ce que vous considérez que l'État a une responsabilité dans la mort d'Yvan Colonna ?
Nécessairement. Quand on est en prison, quand on est incarcéré, on ne l'est pas pour être tué ou assassiné. Donc à partir du moment où malheureusement ça s'est déroulé, c'est bien la preuve qu'il y a eu une défaillance quelque part dans la gestion de la sécurité des détenus au sein de cette prison. Ça c'est le premier point. Le deuxième point, il est triste de voir qu'il a fallu attendre ce drame pour qu'un certain nombre de revendications qui sont portées par une partie de la population corse, majoritaire, puisqu'elle vote pour des élus autonomistes, que ces revendications soient enfin prises en compte.
C'est des discussions sur le rapprochement des prisonniers qui sont une revendication qui date depuis maintenant plusieurs années. C'est la question de l'autonomie et du rapport entre la Corse et la République qui, ça aussi, est un sujet de discussion depuis plusieurs années. Et c'est dommage de voir que malheureusement il faille en arriver à un drame pour que ces discussions s'ouvrent.
Sur la question de la responsabilité de l'État dans la mort d'Yvan Colonna, vous dites quoi ? Vous dites que c'est le ministère de la Justice, le garde des Sceaux particulièrement, Éric Dupond-Moretti, qui est mis en cause ?
Moi je dis qu'il faut faire la lumière sur ce qui s'est passé. Et il y a eu une demande qui a été formulée par des députés à l'Assemblée Nationale de voter et d'installer une commission d'enquête pour déterminer la vérité sur la réalité des événements tels qu'ils se sont déroulés. Personnellement j'y suis favorable, le groupe de la France Insoumise à l'Assemblée Nationale y est favorable pour faire en sorte de créer une situation d'apaisement. Si on veut apaiser les choses, il faut que la vérité soit faite.
Manuel Bompard, vous êtes le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. S'il était président, Jean-Luc Mélenchon, est-ce qu'il ferait l'autonomie de la Corse ? Est-ce que ça fait partie de son programme ?
Alors bon, l'autonomie c'est un mot derrière, ça voudrait dire, il faudrait discuter en détail de qu'est-ce que ça veut dire. Mais nous, nous avons dit, nous l'avons dit d'ailleurs publiquement et depuis plusieurs mois maintenant, que si la population corse le demande, si les élus en Corse le demandent, nous pensons qu'il faut ouvrir des discussions pour davantage d'autonomie. Et nous avons proposé, par exemple, si c'est la demande en Corse, d'introduire et de donner à la Corse le statut qu'on appelle l'article 74, qui est l'article qui s'applique à la Polynésie française et qui permet d'avoir davantage d'autonomie.
Ensuite, il faut discuter, cette autonomie, quel secteur elle doit concerner. Et vous savez que dans notre programme, il y a la 6ème République et la Constituante, c'est-à-dire une nouvelle Constitution. Et bien, nous pensons que dans le cadre de l'écriture de cette nouvelle Constitution, la question de l'autonomie peut être discutée, élaborée et décidée par le peuple français.
Justement, en parlant de 6ème République, lors de sa démonstration de force ce week-end, Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu'il était le seul à proposer parmi tous les candidats une 6ème République aux Français. Mais ça veut dire quoi ? Qu'est-ce qui va se passer au lendemain du 24 avril au soir si Jean-Luc Mélenchon est élu ?
Alors, d'abord, Jean-Luc Mélenchon, il propose effectivement une 6ème République, mais il propose surtout une méthode qui est une méthode inédite. En tout cas, il est la seule à la proposer. C'est d'introduire et de convoquer ce qu'on appelle une Assemblée Constituante qui va écrire la Constitution de la 6ème République. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire pour répondre à votre question ? Ça veut dire que Jean-Luc Mélenchon est élu président de la République. On élit aux élections législatives suivantes, à la fois une Assemblée Nationale et à la fois une Assemblée Constituante qui aura un seul rôle, une seule mission, réfléchir, travailler... Ce serait deux Assemblées différentes.
Exactement. Travailler à l'élaboration d'une constitution, d'une nouvelle constitution qui ensuite, au bout d'un an, un an et demi, deux ans, on verra le temps qu'il faut pour faire ce travail, que cette constitution soit soumise à référendum du peuple français à partir du moment où elle est adoptée, qu'elle rentre en vigueur. Pendant ces deux années, le programme de Jean-Luc Mélenchon, celui que nous présentons aujourd'hui aux Françaises et aux Français, s'applique sur les questions sociales, l'augmentation du SMIC, le blocage des prix, la retraite à 60 ans, etc.
Donc ça veut dire que la VIème République, c'est au bout de deux ans ?
Nécessairement, puisqu'il faut faire le travail... C'est pour les JO 2024, quoi. Je ne sais pas si c'est pour les Jeux Olympiques, mais en tout cas, c'est le temps que le peuple français, ses représentants, déterminent quelles sont les nouvelles règles du jeu qui doivent s'appliquer. Pourquoi cette méthode ?
Mais la constituante, ça va être qui ? Elle va être composée de qui ?
Eh bien, élu au moment des élections législatives.
Je veux dire, c'est les professionnels de la politique, c'est des élus qu'on voit déjà aujourd'hui ?
Non, justement, il y a des règles très précises dans notre programme, qui est qu'on ne peut pas se présenter à la constituante si on était membre de l'Assemblée nationale précédente, et on ne peut pas se représenter à l'Assemblée nationale suivante si on a été membre de la constituante. Justement, pour faire en sorte, si vous voulez, que le peuple français se ressource, qu'il réécrive les règles du jeu. On voit bien aujourd'hui qu'on est dans une crise démocratique extrêmement forte, de plus en plus de citoyens ne se reconnaissent plus dans les règles du jeu. On le voit, abstention, taux d'abstention, élection après élection. Et donc, il faut réécrire les règles du jeu.
Quand les gens ne croient plus aux règles du jeu, il faut les réécrire ensemble. Les réécrire ensemble, ça passe par le fait de convoquer cette Assemblée constituante.
Mais donc, ça veut dire qu'un auditeur, qu'un téléspectateur qui nous écoute ce matin pourra postuler à être membre de la constituante...
Bien sûr, comme n'importe quel citoyen français, avec l'idée ensuite de porter dans cette constituante des propositions pour aller vers une nouvelle république.
Mais pendant deux ans, il va... Pardon, j'essaie de savoir comment ça va se passer concrètement.
J'essaie de vous expliquer le plus clairement possible.
Oui, et donc, imaginons qu'un citoyen ait envie de faire partie de cette constituante. Il est désigné par les Français, il est élu. Pendant deux ans, il laisse de côté son job. Et il est payé par l'État parce qu'il fait partie de la constituante.
Comme un député à l'Assemblée nationale, malheureusement, peut-être d'ailleurs, on pourrait en discuter, est obligé de mettre son activité professionnelle, entre parenthèses, le temps d'exercer son mandat. Ce serait un mandat, une fonction, écrire la constitution de la VIème République. Alors après, vous pouvez me poser la question, qu'est-ce qu'on met dans cette VIème République ? À partir du moment où je vous dis une constituante, je ne peux pas vous dire exactement qu'est-ce qu'il va y avoir à la fin. Sinon, c'est que je ne fais pas confiance au peuple français pour déterminer ces conditions.
Ça veut dire qu'il y aura en même temps une campagne pour les législatives et une autre pour ce qu'on va mettre dans la VIème République. Ça risque d'être un peu dense.
C'est tout à fait possible, puisque je pense que les deux campagnes ne seront pas déconnectées l'une de l'autre. Ensuite, qu'est-ce qu'on met dans cette constitution ? Ça me paraît intéressant. Je pense que nous, nous avons des propositions à formuler. Une République soit davantage parlementaire et moins présidentielle. On dénonce la monarchie présidentielle de la Vème République, c'est-à-dire une constitution dans laquelle, finalement, les Français votent une fois tous les cinq ans pour un président de la République. Après, il est responsable devant personne. Il fait ce qu'il veut. Il peut ne pas tenir ses promesses. C'est ce qu'a fait Emmanuel Macron.
Je vous rappelle, Emmanuel Macron avait dit « Je vais introduire la proportionnelle. » Il ne l'a pas fait. Emmanuel Macron avait dit « Je vais sortir du glyphosate. » Il ne l'a pas fait. Emmanuel Macron avait dit « Il n'y aurait plus une personne qui va dormir dans la rue. »
Après, il n'y a des principes de réalité, Emmanuel Bompard. Le principe de réalité, ce n'est pas de revenir sur ses promesses. Dans votre VIème République, vous promettez de mettre en place un référendum d'initiative citoyenne pour permettre de proposer ou d'abroger une loi, mais aussi de révoquer un élu en cours de mandat. C'est valable aussi pour le président de la République ?
Bien sûr.
On pourra révoquer le président de la République ?
Bien sûr, mais pas immédiatement. Au bout, à mi-mandat, si un certain pourcentage de la population le souhaite, on organise un référendum révocatoire. Et s'il y a une majorité des Françaises et des Français qui considèrent que le président de la République n'a pas tenu ses engagements, il peut être remplacé. La philosophie générale, c'est d'introduire des formes de démocratie directe dans la démocratie représentative.
Mais il faut combien de signatures pour justement déclencher un risque ?
Ça, c'est la constitution qui le détermine, mais c'est un pourcentage du corps électoral. Ça peut être 5%, ça peut être 10% du corps électoral qui signe. Et ensuite, il y a une élection. Et on ne peut pas le faire tous les 15 jours. On le fait une fois, à mi-mandat, mais vous savez, ça existe dans d'autres pays, dans certains États.
Là, vous n'avez pas déterminé le nombre de signatures nécessaires pour déclencher un risque. Ça veut dire qu'à tout moment, un élu peut être menacé de destitution. On peut lui retirer son mandat à partir de signatures.
C'est toujours à mi-mandat ?
Il n'y a pas un risque d'instabilité permanente ?
D'abord, je vais vous dire, ça existe, cette disposition, elle existe dans certains pays dans le monde, elle existe dans plusieurs États des États-Unis d'Amérique, qui, à ma connaissance, n'est pas un système politique particulièrement instable. Premièrement.
Mais elle n'est pas pour le président aux États-Unis.
Par exemple, dans certains États, pour un gouverneur, etc., ça existe. Deuxièmement, ça s'appelle l'impeachment. Deuxièmement.
Oui, c'est long.
Oui, mais ça existe.
L'impeachment, ce n'est pas populaire. C'est une procédure juridico-politique.
Non, il y a des procédures populaires dans certains États. Je ne vais pas rentrer dans les détails aux États-Unis en fonction des États. Les règles ne sont pas toujours les mêmes. Deuxièmement, bien sûr, il faut attendre mi-mandat. Il ne s'agit pas de dire que deux semaines après son élection, on peut révoquer un élu. Troisièmement, il faut un pourcentage important du corps électoral. Ce n'est pas que je ne veux pas vous le dire, c'est que je ne peux pas vous dire à la fois que c'est la constituante qui va écrire les institutions de la VIe République et vous dire qu'on connaît déjà le pourcentage. Donc, ce pourcentage, c'est un pourcentage qui est significatif.
Vous vous rappelez, quand on a voulu mettre en place le référendum d'initiative partagée sur Aéroport de Paris, la privatisation, il fallait plus de 4 millions de signatures, ce n'est pas si facile que ça de les trouver. Donc, ne pensez pas que ce sera une formalité. Et enfin, ce n'est pas parce qu'il y a un vote que le président de la République est révoqué. Il est révoqué si ensuite il y a une majorité des Français qui considère qu'il n'a pas tenu ses engagements.
Écoutez, l'objectif est de faire en sorte qu'on en termine avec un système politique où vous avez des représentants qui font des promesses dans les campagnes électorales et qui après ne les respectent pas sans qu'on puisse rien dire hormis attendre au bout de 5 ans. Et bien ça, je considère que c'est une cause qui génère la crise politique dans laquelle on vit et qu'il faut y apporter des réponses. On propose cette réponse-là.
Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Vous restez avec nous. Le Fil Info, 8h42, Maureen Suignard.
L'appel au calme et au dialogue au lendemain de la mort d'Yvan Colonna, l'assassin du préfet Rignac et l'indépendantiste Corse. Le porte-parole du gouvernement assure que toute la lumière sera faite sur son agression en prison il y a trois semaines par un détenu radicalisé. La nuit a été calme sur l'île. La capitale ukrainienne Kiev se réveille sous le couvre-feu ce matin. 27e jour de guerre et un possible compromis proposé par Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien veut parler directement avec son homologue russe, notamment à propos de la Crimée annexée en 2014 et du territoire pro-russe du Donbass. L'ancien maire de Marseille risque jusqu'à un an de prison et 15 000 euros d'amende.
Jean-Claude Godin compare à partir d'aujourd'hui pour détournement de fonds publics par négligence. La justice lui reproche de ne pas avoir été regardant sur les pratiques menées à la ville. 800 agents payés pour des heures supplémentaires non effectuées sous sa mandature. Un match en quart de finale allée de la Ligue des champions féminines. Ce soir, le PSG se déplace en Allemagne pour affronter le Bayern Munich. Coup d'envoi à 18h45. France Info Le 8.30 France Info Saliabrakia, Laurent Sénéchal
Toujours avec Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, le candidat insoumis à la présidentielle. On parlait tout à l'heure de cette démonstration de force ce week-end à Paris. Des dizaines de milliers de personnes venues écouter Jean-Luc Mélenchon et dans son discours, il a expliqué vouloir l'amnistie pour tous les gilets jaunes condamnés, en tout cas les personnes condamnées en marge du mouvement des gilets jaunes. Ça concerne tout le monde, y compris ceux, par exemple, qui ont incendié la préfecture du Puy-en-Velay ou qui ont saccagé l'Arc de Triomphe ?
Bien sûr qu'il faut regarder en détail les situations. Les personnes qui se sont attaquées à l'Arc de Triomphe, il y a neuf personnes qui ont été condamnées. L'une d'entre elles, par exemple, avait des portraits d'Adolf Hitler à la maison. Donc, je n'ai pas l'intention, si vous voulez, d'amnistier une personne qui est membre manifestement d'un groupe d'extrême droite et qui a décidé d'infiltrer des manifestations comme celle des gilets jaunes.
Et les huit autres, alors ?
Mais les autres, on va regarder en détail, par exemple, les profils. Mais attendez, je vais vous dire les choses. Il faut d'abord prendre la philosophie de la proposition. Ce mouvement, le mouvement des gilets jaunes, ça a été un mouvement populaire, très large, avec des revendications qui étaient des revendications justes contre la vie chère, pour davantage de poids en politique, davantage de prise en compte des réalités de la vie quotidienne, des gens qui ne se sentent pas représentés. Et ce mouvement, au lieu d'être traité politiquement, il a été traité de manière brutale et autoritaire.
Et se sont multipliées les condamnations sans fondement, se sont multipliées les actes de violence, d'ailleurs des actes de violence contre les manifestants, qui pour certains se sont traduits par des actes de violence contre les policiers. Donc il faut ramener le calme. Mais encore une fois, la justice s'est passée. On efface ce qui s'est passé à ce moment-là. Qui va décider d'annuler les décisions de la justice ? La justice, forcément, qui va examiner les profils en détail. C'est la justice qui les a condamnés ?
Bien sûr, mais ce n'est pas parce qu'on les a condamnés une fois qu'on ne peut pas se dire que c'était une mauvaise idée, dans ce contexte, de traiter cette situation qui était une situation sociale délicate par la force. Écoutez, pensez à ces gens qui étaient dans les manifestations, qui ont été nassés à la fin des manifestations, qui ont eu des gardes à vue, des perquisitions, pour le seul tort d'avoir voulu participer à un mouvement social. Est-ce que vous trouvez ça normal que ces gens-là aient été condamnés ?
On ne comprend pas ce que vous dites ce matin. Si, je crois que vous comprenez. La justice doit revenir sur les condamnations qu'elle a déjà faites à l'encontre de certains gilets jaunes qui ont été violents. Vous dites que la justice, on va le demander, Jean-Luc Mélenchon, président, va demander à la justice de revoir ces condamnations.
Je ne vous ai pas dit d'abord que... Ce n'est plus une amnistie d'ailleurs. Mais si, je vous ai parlé d'amnistie, mais vous m'avez posé les questions spécifiques sur des profils particuliers. Et je vous ai dit que sur ces profils particuliers, on pouvait tout à fait décider qu'ils ne participaient pas de cette logique d'amnistie parce qu'on pouvait considérer que leurs actes, les attentes qu'ils ont commises en marge de ces manifestations n'avaient rien à voir avec la participation à ces manifestations. Jean-Luc Mélenchon parle bien évidemment dans cette proposition de celles et ceux qui ont manifesté pacifiquement, qui ont participé à des occupations de rompre.
Alors ils ne sont pas condamnés s'ils ont manifesté pacifiquement. Ce n'est pas vrai madame. Et ce n'est pas seulement moi qui le dit. Regardez, consultez le rapport d'Amnistie International sur le traitement par la France de la manifestation des Gilets jaunes et vous verrez qu'Amnistie International pointe des situations arbitraires, des détentations arbitraires, des condamnations arbitraires. Et moi-même, je suis parlementaire européen. Sachez que la France a été pointée du doigt par le Parlement européen pour sa gestion calamiteuse du mouvement des Gilets jaunes. Donc l'idée est quoi ?
Et de revenir au calme, de faire en sorte d'apaiser cette situation, d'effacer cette triste période de notre histoire pour pouvoir reconstruire ensemble la France dont nous avons besoin.
Manuel Bompard, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, va s'exprimer demain à l'Assemblée nationale. Est-ce que tous les députés de la France insoumise seront présents dans l'hémicycle ?
Je le pense. Après, je ne maîtrise pas le calendrier, l'agenda des 17 parlementaires de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon, il sera. Qui, vous le comprenez, sont en ce moment-là, à trois semaines du premier tour de l'élection, très primes. Et en tout cas, la volonté est d'y participer, d'écouter, de dialoguer. Et qu'on aura l'occasion de l'interroger. Oui, de l'interroger pour savoir quelle est la vision des choses de M.
Zelensky et comment la France doit agir pour remplir l'objectif qui doit être l'objectif qui nous rassemble tous, c'est-à-dire obtenir la paix, obtenir le cessez-le-feu, obtenir le retrait des troupes russes du territoire ukrainien et obtenir la discussion qu'il faut ouvrir pour une solution qui soit une solution diplomatique. Donc, si ça peut y contribuer, bien évidemment, nous y participerons.
Un groupe de députés européens tente de proposer le nom du président ukrainien pour le Nobel de la paix. Vous êtes député européen. Est-ce que vous validez cette initiative et vous vous joignez à eux ?
Je ne sais pas. On verra si cette initiative va au bout. Mais honnêtement, moi, je veux bien toutes les initiatives symboliques qu'on veut. Mais tout ça est très symbolique. Excusez-moi. Mais l'enjeu aujourd'hui, ce n'est pas que M.... Les symboles sont forts en temps de guerre. Mais bien sûr que les symboles sont forts. Ce sont forts. C'est pour ça que moi, je ne m'y oppose pas par principe. Je vous dis juste, honnêtement, l'enjeu aujourd'hui, ce n'est pas que M. Zelensky soit nommé avec telle ou telle fonction ou telle ou telle décoration. L'enjeu, c'est comment on fait en sorte que les bombardements cessent. Comment on fait en sorte que la population ukrainienne arrête de devoir fuir.
Comment on fait en sorte de ramener la paix. C'est ça qui doit être l'enjeu. Donc l'enjeu, ce n'est pas on ne peut rien faire donc on va décorer M. Zelensky. Non.
Et quand l'Union Européenne, à l'inverse, parle de Vladimir Poutine par la voix de Joseph Borrell, son représentant en diplomatie, comme d'un criminel de guerre.
Bah, écoutez, pour déterminer...
C'est matière à jeter de l'huile sur le feu ou vous êtes d'accord avec cette qualification ?
Vous savez, c'est une détermination qui est une détermination juridique. Donc ce n'est pas à moi de le dire. Il y a des tribunaux qui doivent déterminer si les actes commis par M. Poutine sont effectivement des actes qui correspondent à la définition du criminel de guerre. Moi, franchement, tout ça, je n'ai pas de problème pour en parler. Mais ce que je pose comme question, c'est qu'est-ce qu'on fait concrètement ? Qu'est-ce qu'on fait ?
Qu'est-ce qu'on fait ? Pour mettre davantage la pression à Vladimir Poutine, est-ce qu'il faut que certaines entreprises françaises, que les entreprises françaises toujours présentes sur le sol russe, partent ? Je vous donne pour exemple Total. Total qui est visé par certaines associations. Pourquoi Total reste sur place ? Est-ce que vous, vous approuvez cette décision de Total de rester en Russie ?
Je ne suis pas certain que ce soit parce que Total soit en Russie ou Total ne soit pas en Russie que la guerre va s'arrêter. Donc moi, je ne suis bien évidemment pas un aficionados de Total et de ses profits, vous l'entendez bien. Mais si c'est pour que Total s'en aille et qu'une autre entreprise d'un autre pays décide de prendre la place, je ne vois pas ce que ça permet de résoudre et je ne vois pas en quelle mesure ça permet de rétablir la paix. La question aujourd'hui, elle est d'ouvrir des négociations ou de réouvrir des négociations ou en tout cas de faire en sorte que ces négociations soient possibles.
Puisque le président russe, Vladimir Poutine, manifestement pour l'instant ne veut pas discuter, d'augmenter la pression sur le pouvoir russe et augmenter la pression, pour moi, c'est des sanctions ciblées sur l'oligarchie en Russie. C'est plus de sanctions ? Oui, mais sur l'oligarchie, pas sur la population, sinon on se tire une balle dans le pied.
C'est déjà le cas sur les oligarches ?
Non, ce n'est pas vrai. Il y a un yacht qui a été saisi à la Ciotat. Vous voulez qu'on aille ensemble sur la Côte d'Azur ? Je vais vous en montrer d'autres. Je vais vous en montrer des villes. Mais les gels d'avoir, selon Bruno Le Maire. Honnêtement, ce n'est pas fait suffisamment.
Il y a des centaines d'oligarches qui sont visés.
Oui, mais les chiffres, ce n'est pas moi qui les ai inventés. Quand il y a un seul yacht qui a été saisi, on peut se dire manifestement qu'on ne fait pas tout ce qu'il est possible de faire. Augmenter la pression. sur la scène internationale. Ça veut dire discuter avec la Chine. Ça veut dire discuter pas uniquement entre les Européens ou avec les Américains. Et puis, c'est mettre sur la table une proposition qui permet une sortie du conflit. J'ai observé que le président russe, le président ukrainien, excusez-moi, pose la question de la neutralité ou du fait que l'Ukraine ne rejoigne pas l'OTAN comme étant un axe possible d'une sortie de crise.
Je crois qu'il faut l'écouter, il faut le suivre et il faut construire la solution diplomatique. Il n'y aura pas de solution militaire.
Juste sur la question de Total, est-ce que vous considérez comme Yannick Jadot que Total peut être considéré comme complice de crimes de guerre en Ukraine ?
Non, je ne considère pas que Total peut être considéré comme complice de crimes de guerre. S'il y a des crimes de guerre, encore une fois, ce n'est pas à moi de le dire, ce sera à des tribunaux de le dire. Le seul responsable, c'est Vladimir Poutine.
Il doit être radieux en justice ?
Si c'est le cas, il faut que les tribunaux internationaux qui ont été mis en place s'en emparent. La difficulté, vous la connaissez, c'est qu'un certain nombre de pays dans le monde ne reconnaissent pas ces tribunaux internationaux. Là aussi, mais les Etats-Unis non plus. Donc tout ça est franchement une discussion qui me paraît malheureusement une discussion assez abstraite. Moi, mon souci, ma préoccupation aujourd'hui, c'est de trouver une solution pour ramener la paix. On a besoin de la paix, la paix, la paix, ça doit être notre seule boussole.
Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon avec nous sur France Info. 8h51, c'est l'heure du Fil Info avec Maureen Suignard.
Au 27e jour de guerre en Ukraine, les entreprises françaises de plus en plus sous pression pour quitter la Russie. Sur France Info, la CFTC se dit extrêmement en colère par le silence profond de la direction de Leroy Merlin. Un magasin du groupe a été bombardé à Kiev, la capitale, ce week-end. La mort d'Ivan Colonna est la preuve qu'il y a eu défaillance quelque part dans la gestion de la sécurité des détenus. Dit sur France Info ce matin, Manuel Bompard, le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise à l'élection présidentielle.
Ivan Colonna, l'assassin du préfet Erignac, indépendantiste corse, est donc mort hier après une agression en prison il y a trois semaines. Une femme de 24 ans présentait un juge d'instruction aujourd'hui après l'assassinat samedi de l'ancien rugbyman Federico Martin Aramburu à Paris. Pour les enquêteurs, elle conduisait la voiture d'où sont partis les coups de feu. Le principal suspect, un militant d'extrême droite est toujours recherché. Avec un salaire brut mensuel de 4 millions d'euros par mois, Neymar est le joueur le mieux payé de la Ligue 1. France Info et l'équipe vous révèlent les estimations des salaires des joueurs.
Kylian Mbappé, lui aussi parisien, est à un peu plus de 2 millions d'euros brut par mois. France Info, l'info juste. Le 8.30 France Info, Salia Braquia, Laurent Sénéchal.
Avec toujours Manuel Bompard, le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon qui progresse dans les sondages petit à petit qui est autour de 13%, parfois même 15% dans les intentions de vote, pas encore assez pour être qualifié pour le second tour et c'est même un risque que Jean-Luc Mélenchon soit au second tour à entendre Marine Le Pen. Écoutez.
Si c'est le cas, alors j'en appelle aux électeurs qui sont attachés à la France parce que Jean-Luc Mélenchon, je vous rappelle, c'est le soutien quand même à des théories racialistes, des théories des groupements islamistes, c'est vraiment une politique de déconstruction de notre pays.
Comment vous réagissez Manuel Bompard à ses propos de la candidate aérienne Marine Le Pen ? Ça me remplit de plaisir,
c'est la preuve qu'elle a peur qu'elle est inquiète d'être absente du deuxième tour et donc elle raconte n'importe quoi. Racialiste, islamiste, déconstruction de la France. Madame Le Pen, ce n'est pas un militant de la France insoumise qui a armé les terroristes du Bataclan. Vous voyez, il était proche et sympathisant du Rassemblement national. Donc, Mme Le Pen devrait commencer par balayer devant sa propre porte. Une fois ceci dit, parce que moi, je n'ai pas l'intention si vous voulez de répondre aux caricatures de Mme Le Pen. Vous faites le bien avec Mme Le Pen ?
Non, mais ce que je vous dis, monsieur, c'est que Mme Le Pen, si elle veut qu'on débatte, le mieux, c'est de ne pas faire des invectives, des caricatures, c'est qu'on débatte des sujets de fond. Moi, ce que j'ai observé, c'est que Marine Le Pen a abandonné la revendication de la retraite à 60 ans pour tout le monde. J'ai observé que Marine Le Pen est opposée à la hausse du SMIC et à la hausse et au dégel du point d'indice pour les fonctionnaires. J'ai observé que Marine Le Pen est hostile et opposée à la mesure de blocage des prix que nous proposons avec Jean-Luc Mélenchon pour faire face aux mesures sur le carburant.
Donc, quand on se revendique et quand on se présente comme la candidate du pouvoir d'achat comme essaye de le faire Mme Le Pen, c'est pas cohérent quand en même temps on dit aux gens qui vont travailler plus longtemps que leurs salaires vont rester figés et qu'on laisse les prix s'envoler et le marché et la spéculation faire en sorte que les Françaises et les Français n'arrivent plus à s'en sortir. Ça, c'est un peu plus intéressant que les caricatures et les invectives de Mme Le Pen.
Manuel Bompard, dans cette élection, Jean-Luc Mélenchon veut incarner le vote utile à gauche sauf que pour une partie de la gauche, vous n'incarnez pas ce vote utile parce que vous n'êtes pas en position de gagner à la fin. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Moi, je leur réponds que ces mêmes personnes il y a six mois nous disaient qu'on n'était pas en position d'être au deuxième tour et qu'aujourd'hui ils nous disent vous allez peut-être être au deuxième tour mais finalement vous ne pouvez pas gagner. Vous savez, il y a un premier tour et puis il y a un deuxième tour. Donc d'abord, on est dans le match du premier tour et la question qui est posée aujourd'hui, c'est de savoir si au premier tour, on préfère que les deux premiers, les deux qui se qualifient pour le second, ce soit M.
Macron et Mme Le Pen ou que Jean-Luc Mélenchon et qu'il y ait un candidat de gauche présent au second tour et je pense que toute conscience de gauche ne peut pas être insensible au fait qu'on puisse qualifier un candidat de gauche au deuxième tour, qu'on puisse chasser l'extrême droite dès le premier tour. Regardez comme Mme Le Pen a peur. Est-ce que ça ne vous interpelle pas ? Comme elle a peur d'être éliminée du second tour. Donc d'abord, on se qualifie et puis ensuite, au deuxième tour, on regroupe toutes celles et ceux qui veulent gouverner avec nous et il y a un match avec Emmanuel Macron et il n'y a aucun match qui est perdu d'avance.
D'ailleurs, j'observe que dans tous les sondages depuis maintenant plusieurs jours, Emmanuel Macron est en train de baisser et Jean-Luc Mélenchon est en train de progresser. Donc on verra ensuite au deuxième tour le programme qui est porté par Jean-Luc Mélenchon sur la retraite, sur le SMIC, les propositions dont je vous ai parlé aujourd'hui sont majoritaires dans la population. Par contre, quand Emmanuel Macron propose la retraite à 65 ans, ça c'est minoritaire. Donc vous voyez, sur un certain nombre de sujets, le programme de Jean-Luc Mélenchon peut être majoritaire.
Sauf que dès le premier tour, Fabien Roussel.
On va y venir.
Petit lapsus justement. Sauf que dès le premier tour, Emmanuel Bompard, il y en a un qui vous complique la tâche, c'est Fabien Roussel. Il est aujourd'hui crédité de 3,5-4% dans les sondages. C'est pile ce qui vous manque pour atteindre le second tour. Est-ce que vous lui en voulez ?
Non, je ne l'en veux pas. Je regrette cette situation et il n'est pas temps de lui en vouloir. De toute façon, Fabien Roussel, il sera candidat jusqu'au bout. Tout le monde l'a compris maintenant. On est à trois semaines du premier tour. Vous n'avez pas essayé de le dissuader de y aller jusqu'au bout ? Maintenant, le sujet n'est plus la discussion entre les candidats ou entre les chefs. Le sujet, c'est la conscience de chaque électrice et de chaque électeur.
Moi, je dis aux électrices et aux électeurs de Fabien Roussel, mais des autres candidats, je leur dis, est-ce qu'honnêtement, ce n'est pas plus pertinent, plus efficace aujourd'hui de qualifier Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour alors qu'on partage et qu'on a en commun 95% des propositions qui sont dans le programme ? Est-ce que vous voulez un candidat ?
Il dit quand même que sans lui, il n'y aurait pas de représentation de son courant d'idée, celui de la France du pouvoir d'achat, de la République laïque, sociale, féministe, universaliste. Je ne pense pas. Ça veut dire
que vous n'êtes pas tout ça ? Je pense qu'on l'est. Enfin, en tout cas, il suffit de consulter notre programme, vous verrez, et je crois qu'il correspond à ses caractéristiques. Il n'est pas d'accord, Fabien Roussel. C'est son point de vue. Ensuite, quant à la représentation, nous, nous avons dit que si nous étions qualifiés au deuxième tour, nous ouvrions immédiatement une discussion avec celles et ceux à gauche qui veulent gouverner avec nous et donc que Fabien Roussel se rassure. Les militants communistes, le parti communiste sera représenté dans ce cas-là dans une coalition majoritaire. Y compris avec les écologistes. Mais bien sûr, s'ils le souhaitent.
Mais pour ça, il faut que Jean-Luc Mélenchon soit qualifié au deuxième tour. Donc, on a entendu pendant très longtemps, la gauche, elle est éliminée, elle est balayée, elle ne pourra pas gagner cette élection présidentielle. Il y a une opportunité de le faire. Même celles et ceux qui regrettent la dispersion, ils ont une opportunité aujourd'hui de faire en sorte qu'il y ait un candidat de gauche au deuxième tour qui ensuite rassemblera au deuxième tour. C'est Jean-Luc Mélenchon. Moi, je les appelle à la responsabilité. J'appelle aussi l'ensemble des électrices et des électeurs qui n'ont pas fait leur choix encore, qui hésitent à se mobiliser parce que cette élection, elle est importante.
Il y a une question rapide.
On reste que pour le moment dans les intentions de vote, le duel du second tour, c'est Macron-Le Pen. Si au soir du 10 avril, le duel du second tour, c'est Macron-Le Pen, vous, vous choisissez.
Réfléchir rapide. On verra. Voilà. On verra après le premier tour. Pour l'instant, l'enjeu... Vous ne choisissez pas. Mais si, mais... Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Je n'ai pas dit que je ne choisissais pas. J'ai dit qu'on prend les étapes les unes après les autres. Non, mais on vous pose la question parce qu'en 2017,
Jean-Luc Mélenchon n'a pas donné de consigne de vote. Ce n'est pas vrai.
Jean-Luc Mélenchon, en 2017, a dit qu'il ne faut pas une voix...
Chacun fait en conscience.
Et il ne faut pas une voix pour le Front National. Nous avions ouvert une consultation sur la plateforme de la France Assoumise à l'époque où il y avait trois choix et il n'y avait pas le choix de voter pour Mme Le Pen. Donc ne dites pas qu'on n'a pas donné de consigne de vote. C'est faux. Ce n'était pas clair,
contrairement à tous les autres.
Mais il a dit pas une voix pour le Rassemblement National. Et vous le redites aujourd'hui ? Non, moi aujourd'hui, je dis qu'on est dans la bataille du premier tour et je veux faire en sorte qu'au premier tour, Jean-Luc Mélenchon soit qualifié. Et pour ça, j'appelle celles et ceux qui nous écoutent et je leur dis qu'on a une opportunité de changer le cours de l'histoire en qualifiant Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour de l'élection présidentielle. Venez nous aider. Venez participer à la campagne. Consultez le programme si vous n'êtes pas encore décidé. Il reste trois semaines et ces trois semaines, on peut faire en sorte de transformer notre pays. Et il viendra Jean-Luc Mélenchon
sur le plateau de France Info bientôt pour exprimer ces propositions. Merci Manuel Bompard.
Merci. Bonne journée. Bonne journée à vous. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille. Le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
Manuel Bompard