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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 4 juillet 2025 17 min

"La grève des contrôleurs aériens est inacceptable" (Philippe Tabarot)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La grande interview C News Europe 1 avec aujourd'hui Philippe Tabarot, ministre des transports. Bonjour Philippe Tabarot. Bonjour Lazar.

Merci d'être d'être avec nous. On va comme tous les matins balayer toute l'actualité mais on va commencer évidemment ce matin avec la grève des contrôleurs aériens. Les contrôleurs aériens qui sont en grève depuis hier matin, enfin un quart d'entre eux, un quart seulement, qui refusent une réforme de leur temps de travail.

Des centaines de vols sont annulés alors que débutent les vacances scolaires. Déjà globalement, comment est-ce que vous qualifiez ce mouvement de grève ? inacceptable.

Inacceptable pour différentes raisons. À la fois par rapport au choix de la grève bien sûr, c'est l'idée de d'embêter le plus de monde possible. Il faut se rendre compte que hier et aujourd'hui 272 personnes dans notre pays vont impacter le bien-être, je dirais, de plus de 500000 personnes.

Donc ça c'est quelque chose qui est inacceptable. contrôleurs sur environ un millier quoi sur un millier qui aurait été en service. Il y a 3500 contrôleurs aujourd'hui.

Donc tout ce que je vais dire ne concerne bien sûr pas l'ensemble des contrôleurs. Pour autant là on voit que ça a un impact maximum sur la la qualité du service. Ils vont mettre en difficulté un certain nombre de compagnies puisque financièrement ça a un coût très important.

Euh il y a des compagnies bien sûr étrangères, des compagnies françaises et quand on parle d'Airfance et de Transavia, c'est 30 % du capital qui est français, qui est du contribuable français. Et puis euh il y a des revendications qui ne me paraissent pas justes. Quand on parle de rémunération, il faut savoir qu'ils ont eu une une augmentation significative de 7 % déjà l'an dernier.

Et puis il y a la question de la badgeuse, de la pointeuse qui est un vrai sujet aujourd'hui. C'est un engagement qu'ils avaient pris et qu'ils ne tiennent pas. On va en parler.

Les contrôleurs refusent en réalité qu'on mette le nez dans leurs horaires de de de travail. C'est l'anarchie aujourd'hui dans les emplois du temps. Écoutez, oui, c'est probablement l'anarchie.

En tout cas, s'il ne le souhaite pas, c'est parce que il ne respecte pas pour un certain nombre d'entre eux, et je le redis, les règles qui sont indispensables. Ce sont des métiers à responsabilité, des métiers de stress. Ils le disent eux-mêmes.

C'est la raison pour laquelle ils travaillent 32 heures par semaine. Ils partent à la retraite à 59 ans. Pour autant le temps qu'ils sont là, il faut faire pleinement leur travail.

Et on a eu un incident important, vous le savez, le 31 euh décembre 2022 à Bordeaux Méignac euh où deux avions ont failli se télescoper parce que dans les effectifs qui devaient être de 6, il n'y avait que trois contrôleurs euh dans la tour à ce moment-là et on ne savait pas où étaient les trois autres. Il y a une espèce d'autogestion dans les tours de contrôle qui est particulièrement dangereuse pour la la sécurité de nos concitoyens. Voilà, c'est la raison pour laquelle, pour toutes ces raisons, je ne cèderai pas ce chantage.

Je crois l'avoir montré déjà pour d'autres grèves et notamment au moment des cheminaux. Ma porte sera toujours ouverte en tant que ministre des transports pour le dialogue. Par contre, le chantage, non, ça suffit.

Il y a quand même une c'est une particularité he à laquelle vous faites allusion dans le monde du contrôle aérien. C'est le système de la clairance. C'est une possibilité de ne pas venir travailler quand le trafic est faible sans qu'aucun jour de de congé ne soit décompté.

Vous voyez ça c'est nul part voilà donc vous vous le démontrez très bien mais bien sûr et il y a également les contrôleurs, certains contrôleurs certains contrôleurs bien sûr qui se prêtent leur badge pour que un seul d'entre eux badge pour les autres et fasse croire qu'il y a du que les que les deux collègues sont dans la dans la tour. Accessoirement quand ils font ça on est d'accord, ils jouent avec la sécurité des passagers. C'est ce que vous nous dites.

Écoutez, l'exemple de Bordeaux l'a montré de manière très concrète et puis quand une badgeuse est installée, on n pas dégradé ce matériel. On a demandé de pouvoir mettre en place la biométrie qui est le meilleur système possible pour qu'ils soient tout simplement à leur poste et que dans les 32 heures de travail qu'ils ont par semaine, je rappelle que c'est un certain nombre de semaines par an et pas toute l'année, qu'ils puissent faire leur travail dans les meilleures conditions possibles. Le contrôle aérien, il n'y a rien de plus important puisque vous l'avez vu, ça impacte des milliers ou des millions de personnes.

Et objectivement, je pense aux usagers qui ont tellement galéré hier, qui vont galérer encore aujourd'hui. Je pense également à l'image que cela donne de notre pays. Vous savez, on on sort de du salon du Bourger qui a été une réussite exceptionnelle où on a montré que l'aérospatial français, l'aéronautique également, la défense mais sont vraiment des secteurs d'excellence.

Et là aujourd'hui, ce que font ces 272 contrôleurs impactent le ciel aérien français bien sûr, européen et mondial. Et tout le monde parle aujourd'hui du contrôle aérien français en de mauvais termes et c'est très frustrant pour le représentant de notre gouvernement que je suis. J'entendais un contrôleur CGT, contrôleur aérien CGT dire que euh vérifier les horaires, on va le voir à l'écran ce qui ce qu'il a dit exactement, mais vérifier les horaires des contrôleurs, allit les stresser et que c'était mauvais pour euh pour la sécurité.

Regardez ce qu'il a dit aujourd'hui. Si on vient pointer individuellement les agents, leur rapport au travail va changer. C'est une mesure qui est pour nous génératrice de stress et donc de risque dans le travail.

Qu'est-ce que vous lui dites ? Écoutez, euh ce serait s'apprêterait à à à rigoler, à plaisanter si ce n'était pas la sécurité de nos concitoyens qui euh qui est en jeu parce que oui, le métier euh est stressant comme beaucoup d'autres métiers également et c'est pas pour autant que les personnes qui ont ce genre de métier peuvent se permettre en plein milieu de journée de dire "Allez, on rentre à la maison ou on passe une heure à la machine à café". Non, il y a des responsabilités.

Euh ces personnes sont formées, sont très bien rémunérées euh par rapport à d'autres Français qui ont des métiers qui ont des métiers très stressant également et qui euh et qui euh galèrent au quotidien avec d'autres euh salaires. Donc pour toutes ces raisons et là encore je le redis une troisième fois, c'est une minorité mais une minorité qui a un impact sur le reste de la population et qui donne une mauvaise image de leurs collègues qui pour l'immense majorité font bien leur travail. Philippe Tabarot, ministre des transports, invité de la grande interview C News Europe cette greffe pourrait aller au-delà d'aujourd'hui ?

Écoutez, il n'y a pas d'autres préavis qui ont été déposés. Euh et puis euh si jamais c'était le cas, vous savez qu'il y a 48 heures maintenant depuis une loi toute récente parce qu'avant il ne pouvait euh il pouvait décider de faire grève du jour au lendemain sans se déclarer. La loi Capocanelas ça permis de pouvoir se déclarer ou d'obliger les contrôleurs grvistes à se déclarer 48 he avant pour essayer d'organiser un plan de transport minimum.

Mais vous voyez par rapport aux images que vous montrez dans les aéroports que même 48 he ce n'est pas suffisant pour pouvoir assurer un service quasi normal et puis surtout informer les voyageurs. On voit ces scènes qui sont vraiment attristantes de personnes qui attendaient depuis des mois et des mois de partir en vacances, des familles qui sont coupées en deux, qui sont divisées, qui n'arrivent pas à se retrouver. Bref, queles que soient les revendications qu'on peut avoir et en l'occurrence ce ne sont pas des des revendications qui sont cruciales.

On ne peut pas faire ce chantage qui impacte euh des milliers voire des millions de personnes. Philippe Tabarot, je voulais vous parler également du train concurrence dans le ferroviaire depuis le 1er juillet. La la toute première compagnie française indépendante de train à grande vitesse a dévoilé son nom officiel.

Velvette qui entend bien bousculer le paysage du du TGV dès 2028. Vous soutenez ce projet ? Est-ce que ça va faire baisser le prix des billets pour les Français ?

Moi, je soutiens depuis le premier jour l'ouverture à la concurrence dans notre pays. C'était à la fois une directive européenne qui a été retranscrite dans le dans le droit français. Je l'ai mis en place dans ma région puisque en dehors de la compagnie Velvette qui va s'installer sur la grande vitesse et tant mieux et je m'en réjouis.

Un autre événement important pour la concurrence ferroviaire dans notre pays, c'est que une autre compagnie que la SNCF dans les régions dans ce qu'on appelle le transport conventionné a circulé entre Marseille, Toulon et Nice dans ma région avec la compagnie TransDEV. Tout ceci pour montrer que la l'ouverture à la concurrence n'est pas contre la SNCF. L'ouverture à la concurrence, c'est pouvoir permettre pour le même prix d'augmenter l'offre ferroviaire, donc pour le client, pour l'usager et puis euh essayer d'améliorer bien sûr la qualité de service et quelque part aussi comme vous l'avez très justement faire baisser le prix.

Il y a eu différents reportages qui montrent que le prix des trains à certaines périodes de l'année sur certaines lignes s'envolent. Je pense que l'ouverture à la concurrence quand elle a bien fonctionné dans d'autres pays européens montre que ça augmente l'offre et que ça peut faire baisser le prix. C'est tout ce qu'on souhaite parce qu'en plus il y a une appétence de train.

Par exemple, Velvette souhaite opérer dans l'ouest de la France. Aujourd'hui, la SNCF ne peut pas fournir les places suffisantes et il y a des personnes qui n'arrivent pas à avoir de place sur ce territoire de notre de notre pays. Donc vraiment la concurrence c'est une bonne chose. elle ne va pas régler tous les problèmes de réseau notamment qui existent et on l'a vu hier soir dans le nord de la France avec un incendie du probablement aux conditions climatiques de ces derniers jours ou quelquefois de la faune qui qui vient percuter les les trains et avec une douzaine de trains qui ont été annulés, une cinquantaine qui ont été en retard.

Mais par contre sur l'offre ferroviaire et sur le prix de nos trains, oui, la concurrence va apporter beaucoup et je m'en réjouis. Monsieur le ministre des transports, on a parler de l'aérien du RA. Je voulais qu'on parle de de la route.

Euh un mot de de l'Île-de-France. Des voix se font entendre en Île-de-France pour abaisser la vitesse sur certaines autoroutes à 50 km/h. Est-ce que vous y êtes favorable ?

On veut tuer la la circulation routière là ? Non, je pense que la mairie de Paris notamment tout autour du périf a pris déjà un certain nombre de décisions qu'avec le préfet de police nous n'étions pas forcément favorable que je n'ai pas souhaité sur les autoroutes qui sont de ma responsabilité les suivre là-dessus qu'on fasse des expérimentations, qu'on voit si en matière de pollution, en matière de circulation, cela apporte quelque chose. éviter sans arrêt également de d'utiliser les moyens de cocition et de dresser des procès verbaux en permanence.

Je pense qu'on peut à la fois en contrôlant la vitesse de manière raisonnable et en évitant un certain nombre de de bouchons qui existent en région parisienne de manière très forte, de fluidifier la circulation, mais ça doit pas être au détriment des automobilistes. On a aujourd'hui probablement en cours de finalisation le plus grand réseau de transport en commun d'Europe autour de Paris. Quand tout ça sera terminé, je pense que ce sera le moment de se dire "Allez, peut-être que maintenant avec l'offre qui existe en matière de transport en commun, on est en mesure de laisser son véhicule et et d'utiliser les modes de transport en commun.

Les chantiers ne sont pas tous terminés et je pense que c'est à ce moment-là qu'on devrair la place de la voiture tout autour de la capitale, mais pas en plein milieu des chantiers." Manifestation contre la 69. La justice administrative a autorisé fin mai la la reprise de la construction de l'autoroute à 69, la Toulouse Castre, un chantier contesté par des écologistes stop qui était stoppé depuis fin.

Il y a des manifestations prévues ce weekend, vous vous ne lâchez pas évidemment, vous défendez cette autoroute à 69 qui est souhaitée par les par les élus locaux. Vous craignez des débordements ce weekend sur ce projet comme sur d'autres, j'irai jusqu'au bout. Je l'ai dit, j'ai fait appel immédiatement après la seule décision de justice qui a été défavorable. euh sur 13 qui ont été favorables.

Euh oui, je crains des débordements parce que il y a une une instrumentalisation de ce de ce projet de de l'ultra gauche avec un certain nombre de violences. On a vu que depuis la reprise du chantier, comme je l'avais dit depuis mi-juin, progressive, même si c'est pas simple de reprendre un chantier qui a été arrêté ne serait-ce que 3 mois, ça va prendre encore plus de temps, mais qu'il y a des actes de vandalisme, des compteurs qui ont été brûlés. Donc on s'attend malheureusement à une situation très compliquée.

J'ai échangé avec mon collègue ministre de l'intérieur là-dessus qui va mettre les forces de police nécessaire. pendant le chantier, les entreprises seront protégées. C'est quand même incroyable dans notre pays qu'on puisse pas mener euh à bien un chantier d'intérêt national, d'intérêt public majeur selon la formule consacrée qui est attendue par le TAR, mais qui est un symbole sur l'ensemble du pays.

Je souhaite que ce chantier puisse se terminer dans les meilleures conditions possibles. On fera tout pour avec la société concessionnaire et avec les forces de l'ordre qui certes auraient bien d'autres choses à faire dans notre pays que de surveiller un chantier mais c'est indispensable pour le mener à bien et pour montrer que la force doit rester à l'État en l'occurrence et comme dans toutes circonstances. Philippe Tabarot, ministre des transports, invité de la grande interview C News europein.

Je voulais vous entendre également. Euh vous êtes ministre, vous êtes également élu de élu de terrain. Euh je voulais vous entendre sur euh ce qui s'est passé à l'aparc dans la Sartte, sur un lac dans la Sart.

Il a dû fermer, il a à peine eu le temps d'ouvrir cet aquaparc. Il a dû fermer sa structure installé sur sur ce lac à cause de voyou qui ne respectaient rien et qui se sont comportés de façon violente. Le patron de cet aquaparc a tout subi euh et il a fermé, il a il remballe.

Il a comparé ce qu'il a subi à un pays arabe qui a subi la guerre, l'Irak. Il a dit c'est Bagdad. Qu'est-ce que ça dit de la France ?

Ça dit un petit peu comme l'a dit également Bruno Rotayot que que la France déson est consacrée à confrontée à ce genre de situation. On l'a vu par les et là c'est lui qui remballe, c'est lui qui ferme parce que euh les les forces de l'ordre ne peuvent pas le sécuriser. Il y a des gens qui veulent tout simplement faire leur travail dans de bonnes conditions, qui soit sont soit des entrepreneurs, soit des personnes qui quelquefois pour des petits salaires vont travailler le matin.

Je pense aux deux infirmières qui ont eu ce grave accident de voiture mortelle dans ma région et qui allaient tout simplement soigner les autres à l'institut Arnaud Zang à Mougin et qui ont rencontré des chauffards de la route, des gens qui avaient bu et qui s'étaient drogués toute la nuit et qui leuront enlevé la vie. Ce genre de de d'exemples, on pourrait les multiplier entre ceux qui souhaitent tout simplement rester dans les règles, qui souhaitent entreprendre, qui souhaitent travailler, qui respectent les règles et ceux qui tout autour d'eux font totalement l'inverse. Et ça c'est totalement inacceptable.

Donc euh il faut une tolérance zéro, il faut accompagner les personnes qui souhaitent entreprendre et il ne faut rien lâcher dès les premières incivilités comme on les appelait. Mais c'est plus que des incivilités. C'est des gens qui n'ont aucun aucune foi ni loi comme le dit l'expression et on doit avoir un état fort et répondre à ça et permettre aux gens qui veulent vivre dans de bonnes conditions tout en travaillant, tout en contribuant au bien-être de la société de les protéger de ces personnes qui ont des comportements inacceptables, inadmissibles.

Philippe Tabarot, une ma question sera pour Boem Sans sale. Il pourrait être gracié demain par le président algérien. C'est une possibilité mais ça n'a rien de certain.

La France joue la carte de la diplomatie et de l'action sous les sous les radars, l'action discrète. On sera demain si c'est la bonne méthode. On sera probablement demain.

Je le souhaite de de tout cœur et c'est la raison pour laquelle je mesurerai mon propos. Pour autant, demain c'est le 5 juillet. C'est une date importante pour les Algériens mais j'aimerais dire que c'est une date importante également pour les Français d'Algérie, les pieds noirs, les Arquis euh qui euh le 5 juillet 62 pour 3000 d'entre eux ont été massacrés. euh où ont disparu dans des conditions terribles et on ne parle jamais d'eux.

On ne parle jamais de ce drame qu'a connu notre pays, qu'on connu nos ressentissants, qu'ont connu les pieds noirs et les harquis. Et demain, j'aurai une pensée pour Boisem sans sal également pour Christophe Glaise, mais j'auraiis une pensée très forte pour tous ces pieds noirs et arquis qui ont été massacrés ce 5 juillet 1962 à Auran. Philippe Tabarot, ministre des transports, invité de la grande interview c'est news européens.

Merci d'être venu ce matin sur ces news et sur Europe. Bonne journée à vous.