Laurent Burgoa : « Ce n’est pas à nous, parlementaires, de s’immiscer dans la vie de l’entreprise »
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Le Sénat transposé hier, l'accord conclu entre les partenaires sociaux pour réduire la durée d'indemnisation de l'assurance chômage en cas de rupture conventionnelle. Vous en étiez le rapporteur Laurent Burgois, on y revient dans quelques instants. Mais d'abord, on regarde ensemble les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord, la une du Courrier de l'Ouest, taxe sur le carburant. La crise rapporte-t-elle ? C'est la question à la une du journal.
Le gouvernement qui veut utiliser les recettes fiscales supplémentaires liées à la flambée des prix pour décarboner l'économie, alors que la réalité de ces surplus interroge. Deuxième une, celle du Républicain Lorrain. Erreur médicale, la loi du silence. En une, Maxime, il a perdu un œil suite à une banale opération des sinus. Comme lui, des milliers de patients sont victimes chaque année d'erreurs médicales. Tout le monde sait, mais aucune mesure n'est prise, dénonce un professeur. Et puis la dernière une, c'est celle du Sud-Ouest. On reparle des 80 km heure, ou plutôt des 90. Pourquoi ça freine ? C'est la une de Sud-Ouest.
La plupart des départements de Nouvelle-Aquitaine, l'en d'en tête, n'ont pas relevé la limitation de vitesse sur les départementales à 90 km heure. La limitation à 80 a-t-elle fait ses preuves ? Pas si sûre, dit le journal. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Je vais prendre la dernière, non pas une solidarité, j'allais dire, du Sud, mais entre Sud-Est et Sud-Ouest. Mais je crois que c'est un réel sujet, ce retour aux 90 km heure. Personnellement, j'étais conseiller départemental, je m'étais opposé à un baissement de 10 km heure. On est dans un département du Gard où il y a beaucoup d'accidents, beaucoup de mortalité. On est dans un département où il y a le plus de mortalité. On a baissé de 10 km heure, ça n'a pas empêché la baisse des accidents, ça n'a pas empêché malheureusement la baisse de la mortalité. Une fois de plus, c'est une mesure qui nuit, j'allais dire, aux honnêtes gens.
Et après, il ne faut pas s'étonner à travers ce type de mesure qui est inefficace, qui envote aux protestataires lors des élections. Donc vous en parlez encore ? Oui, on n'en parle, mais notamment, ça touche la ruralité, une fois de plus. Je crois que les gens qui habitent dans les grandes villes, peu importe, même dans les grandes villes, on est à 30 km heure sur les endroits, donc on est loin des 80 ou des 90. Non, ça touche la ruralité, comme on verra tout à l'heure le problème des carburants, des ZFE.
Et donc, il y a un vote protestataire de la ruralité qu'il faut entendre et qu'il faut comprendre, et avec ce type de mesure qui n'a pas été concertée, qui a été imposée et qui est inefficace.
Ça veut dire qu'on reparlera politique à la fin, mais ça peut peser sur Edouard Philippe ? Les 80 km heure, ce n'est pas digéré par les gens ?
Ça peut peser, oui, moi je l'entends, ça fait partie des mesures à laquelle il est marqué du fer rouge.
– Allez, on reparlera politique, on reparlera LR à la fin de cette interview, mais d'abord les prix du carburant, les prix à la pompe qui continuent de grimper. Le 100 plomb 95 franchit le cap symbolique des 2 euros le litre en moyenne dans l'hexagone. Vous dites toujours que l'État n'a pas les moyens de faire la politique du chèque, où là, compte tenu de la situation, vous dites que ce serait peut-être bien d'aider les Français ?
Il n'a plus les moyens, ça serait bien, mais il n'a plus les moyens. Je crois que nous avons vécu, et je l'ai voté moi à l'époque lorsqu'il y a la période de Covid, les aides de l'État, je m'en rappelle ici, on a siégé fin juillet très tardivement, on l'avait voté à l'époque, et je l'assume ces aides-là, mais on n'a plus les moyens. Je crois qu'il faut que les Français, les caisses sont vides, et que ce qu'a annoncé hier le gouvernement, que ce soit pour les agriculteurs, pour les pêcheurs, pour les transporteurs, c'est des mesurettes. Il faut qu'il y ait, à mon avis, une erreur de communication du gouvernement. Rappelez-vous, le ministre de l'Économie, M.
Lescure, lorsqu'il y a eu le début de ce conflit, nous a dit aux Français, il n'y a pas de souci, on a trois mois de réserve, il n'y aura pas d'augmentation. Deux jours après, il y a eu plus de 20%. Les Français n'ont pas compris, ne comprennent pas. Je crois que c'est un problème de parole de l'État. Et récemment encore, j'ai écouté sur une chaîne de vos confrères que le même ministre disait qu'il n'y avait pas de choc pétrolier. Désolé, mais avec le problème qu'il y a, donc faisons attention à la parole de l'État.
Le gouvernement qui a aussi dit pas de pénurie. On est dans un problème de coût, on n'est pas dans un problème de pénurie. C'est vrai qu'il n'y a pas de pénurie. Il y a près de 10% des stations-services qui connaissent des ruptures. Est-ce que le gouvernement a menti ou il a mal anticipé la situation ?
Je crois que là où il y a pénurie, c'est là où il y a des stations-services qui font des prix particuliers. Et c'est vrai que les gens regardent. Je crois qu'il faut être conscient que les fins de mois sont compliquées pour la plupart de nos concitoyens, qu'il faut l'entendre, le comprendre. Et que, excusez-moi, mais de dire hier, on va faire une politique en matière d'électrification, je suis très surpris.
Justement parce que le gouvernement parle désormais d'éventuels surplus de recettes fiscales qu'il affecterait donc au financement des mesures prioritaires du plan d'électrification. Est-ce que pour vous, c'est le bon fléchage ?
Non, parce que c'est une utilisation dévoyée de l'argent public. Ce que attendent nos concitoyens ? Dévoyer des stations qu'ils attendent concrètement que demain, le prix baisse. Ils n'attendent pas des mesures.
Mais ça veut dire que ces éventuels surplus, vous vous demandez est-ce qu'ils soient réaffectés aux taxes, aux prix à la pompe et que ce soit les Français qui, quand ils font leur essence, en bénéficient ?
Il faut que les Français voient réellement par rapport au prix une baisse concrète, ce qui n'est pas le cas de nos jours. Alors est-ce qu'il faut baisser les taxes ? Est-ce qu'il faut faire demander des efforts aux pétroliers ? Mais il faut réellement qu'on voit qu'il y ait un effort sur le prix à la vente et non pas ce que prévoit le gouvernement, c'est-à-dire que si dans six mois, dans un an, on souhaite acheter une voiture électrique, on aura une aide de l'État. Non, c'est toujours pareil, c'est le chèque. Et ça va coûter in fine cher aussi à l'État.
Donc vous demandez des baisses de taxes ?
Je demande là. Alors je ne sais pas si c'est des baisses de taxes ou autre chose, mais il faut que le prix à la pompe ait une diminution significative.
Mais est-ce que le gouvernement n'a aidé pas un peu sur une ligne de crête ? Vous le dites vous-même, les LR le disent, on n'a pas les moyens. – Sauf que vous avez des Français qui en appellent à l'État et qui disent, mais du coup, face à cette hausse, pourquoi l'État ne fait rien ?
– Parce que je pense, et rappelez-vous ici, les débats à tous les PLF, projet de loi de finances, depuis plusieurs années, où le rapporteur général, la majorité sénatoriale, disait qu'il fallait faire des efforts pour diminuer le déficit et que chaque fois, à travers une majorité macroniste à l'Assemblée nationale, à travers un 49.3, on est revenu sur la copie sénatoriale qui faisait des efforts. Et donc, je pense que le gouvernement, la Macronie, est la seule responsable de la situation actuelle.
– On va notamment parler des pêcheurs, des agriculteurs, des transporteurs qui, eux, ont reçu des herdes. On va aller avec le président de la région Bretagne. Bonjour Loïc Chenet-Girard, merci beaucoup d'être avec nous, président socialiste de la région Bretagne. Avant de parler des agriculteurs, des pêcheurs, est-ce que pour vous, il faut aider les particuliers face à la hausse des prix de l'essence ? Ou est-ce que vous dites, comme le sénateur Laurent Burgoy à l'instant, on n'a pas les moyens ?
– S'il y a des aides, ce sont des aides obligatoirement ciblées vers celles et ceux qui ont une dépendance au pétrole, une dépendance au gasoil la plus importante. Il est impensable d'arroser, comme cela a été fait lors de la dernière crise, suite à l'envahissement de l'Ukraine par la Russie, il faut cibler et il faut surtout penser long terme en électrifiant nos usages et en sortant de cette dépendance au fossile. C'est une drogue dure, le fossile, c'est agréable et doux lorsque les cours sont bas, mais régulièrement, nous voyons que nous sommes hyper dépendants de pays qui ne sont pas nos amis.
– Alors, il faut cibler, vous dites, le gouvernement a ciblé 70 millions d'euros d'aide pour les pêcheurs, pour les agriculteurs, pour les transporteurs. Est-ce que pour vous, ce sont les bonnes mesures ou est-ce qu'il en faut plus, notamment pour ces secteurs en difficulté ?
– Dans le domaine de la pêche, par exemple, nous demandons à mieux cibler encore, parce que le 20 centimes par litre, de manière identique pour tous les bateaux, n'a pas forcément de sens. Il y a des bateaux qui consomment plus. Lorsqu'on pêche la coquille Saint-Jacques, lorsqu'on pêche des langoustines, on traîne des arts traînants et ça consomme plus d'énergie que dans certaines autres pêches. Et donc, il faut intégrer cela dans les calculs, parce que derrière, c'est le salaire des marins qui est directement impacté. C'est le salaire des hommes et des femmes qui vont à la mer pour nous nourrir qui est directement impacté. Donc, il faut travailler là-dessus.
Mais je rappelle qu'un bateau neuf, ça consomme 35 % de gazoil en moins qu'un vieux bateau. Et donc, les aides, il faudra mieux les mettre dans des bateaux neufs. Là, on est dans une crise aiguë, on doit répondre en quelques jours, mais ça fait des années que je dis bateau neuf égale réduction de la défense aux fossiles.
Qu'est-ce qu'ils vous disent, les agriculteurs, les pêcheurs de votre région, Loïc Chéné-Girard ?
D'abord, ils sont fiers de nourrir, fiers de nourrir la population, que c'est la progression de Bretagne, de nourrir, qu'il y a effectivement des projets de détenance sur lesquels ils sont prêts à travailler. Mais il faut du terme, une stratégie d'imposer et des accompagnements. Les accompagnements que nous mettons en place, vous sortez encore une fois de cette année-là, c'est le cas qui est négé, c'est le cas aussi pour les intérêts. Nous avons plein de solutions sur lesquelles on peut travailler, nous avons des sujets de médecine, soit une des astrogèges...
Loïc Chéné-Girard, pardon ! Je me permets de vous couper, parce qu'on a des petits soucis de connexion, on a un petit peu du mal à vous entendre, du coup je vais faire répondre Laurent Berrois. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui, aide-cibler et plus d'aide pour les pêcheurs, pour les agriculteurs ?
Je partage totalement la position du président de région. Je disais ce matin, le Midi Libre, que mardi prochain, les pêcheurs méditerranés se mettent en grève et les cris vont être fermés. Donc il y a un réel appel de nos pêcheurs. Et je crois que ce qu'annonce le gouvernement, c'est que pour le mois d'avril, il va falloir pérenniser, avoir une vraie vision pour la pêche dans notre pays.
– Merci Loïc Chéné-Girard. Pardon pour les petits problèmes de connexion président socialiste de la région Bretagne d'avoir été avec nous. Merci Loïc Chéné-Girard. On va passer à l'actualité du Sénat, Laurent Berrois. Et hier, les sénateurs débattaient du projet de loi déposé par le gouvernement autour des ruptures conventionnelles. Faut-il les durcir ? Il y a eu un accord entre les partenaires sociaux. Rémi, on va parler de tout ça avec vous. Qu'est-ce qu'il dit ce texte ?
– Déjà, il faut rappeler ce que c'est les ruptures conventionnelles parce que ça n'existe que depuis 2008. Alors, ce sont ces pratiques de départ négociées entre salariés et employeurs sans perte de droit de chômage contrairement à la démission pour les salariés et visant à réduire de potentielles procédures judiciaires. En 2024, plus de 500 000 ruptures conventionnelles ont été conclues. Le gouvernement souhaitait donc revoir les règles d'indemnisation des ruptures conventionnelles individuelles. Un travail a été réalisé avec des partenaires sociaux qui a abouti à un accord le mois dernier à l'exception de la CGT et de la CFE-CGC.
La durée des indemnités passerait ainsi de 18 à 15 mois pour les demandeurs d'emploi de moins de 55 ans. Et pour les plus de 55 ans, cela passerait de 22,5 à 20 mois. 600 à 800 millions d'euros d'économies par an sont attendues pour le régime de l'Unidic d'ici 2029. On parle même parfois jusqu'à 900 millions d'euros. Le ministre du Travail a rappelé l'importance des ruptures conventionnelles puisque, selon lui, elles sécurisent les employés en leur donnant accès à l'assurance chômage. Elles réduisent la conflictualité dans les entreprises et contribuent à apaiser les relations de travail. Mais Jean-Pierre Farando a aussi témoigné de son inquiétude quant aux finances publiques.
Il faut aussi constater que leur usage a profondément évolué. En 2024, 515 000 ruptures conventionnelles individuelles ont été signées, ce qui représente une progression de plus de 63% depuis 2015. Elles représentent désormais plus d'un quart des dépenses assurées en chômage, soit près de 9,4 milliards d'euros. – Et alors, je n'ai pas une petite question. – Je vous en prie. – Laurent Bourgois, comment vous expliquez cette explosion des ruptures conventionnelles depuis 2008 ?
– Je crois avant tout que c'est dans les PME qu'il y a eu le plus de ruptures conventionnelles et notamment par rapport au cadre qui ont intérêt justement d'un accord entre le salarié et l'entreprise pour éviter tout conflit. Je crois que c'est le dialogue social. Je pense qu'au Sénat, on est très attentifs au dialogue social. Rappelez-vous que Président Larcher a été ministre de l'Emploi il y a quelques années et ministre de l'Emploi qui souhaitait le gaulliste qu'il est, le dialogue social, la participation.
Je crois que ce sont des mots, des termes qui, pour nous, les gaullistes sont forts et que, personnellement, très attentifs, très favorables au dialogue social entre le patronat et les salariés et comment, moi, le parlementaire que je suis irait à l'encontre d'un accord sur un sujet tel que celui-là entre le patronat et les salariés.
– Donc pour vous, il n'y avait pas de débat. Il y a eu un accord entre les partenaires sociaux, il fallait le transposer, point bas.
– Oui, ils se sont débattus entre eux, ils se sont entendus entre eux. Je crois que c'est important. Au contraire, je crois que c'est bien que le politique ne s'immisce pas dans la vie de l'entreprise. Au contraire, je crois que plus il y aurait d'accord comme cela dans l'avenir, mieux ça serait. Après, j'entends certains de mes collègues, notamment à gauche, qui ressouhaitaient un autre accord. Je suis désolé, il y a quand même trois syndicats sur cinq qui l'ont signé, pas n'importe lequel, CFDT, FO, les trois syndicats patronaux.
Je crois qu'il faut prendre acte, ça a été fait d'ailleurs pour d'autres sujets il y a quelques mois, au Sénat, on a l'habitude de transposer l'accord tel qu'il a été signé.
Et alors, Rémi, le projet de loi, il a été largement raboté par rapport à la version initiale du gouvernement Bayrou à l'époque.
Oui, en 2025, le précédent gouvernement avait annoncé une large réforme de l'assurance chômage qui visait à faire entre 2 à 2,5 milliards d'euros d'économies par an. Les organisations syndicales signataires se sont donc réjouies de cet accord trouvé avec le gouvernement qui est selon eux un moindre mal, qui préserve l'essentiel, un accès aux droits inchangés, l'absence de dégressivité et un différé identique. Si le gouvernement et la majorité sénatoriale se sont félicités du dialogue social qui a abouti à ce projet de loi, à gauche, on s'est tout de même indigné de l'absence d'amélioration des droits des demandeurs d'emploi depuis plusieurs années.
C'était la position d'hier de Monique Lubin, sénatrice socialiste des Landes. Depuis 2017, nous avons subi pas moins de 7 réformes de l'assurance chômage, toujours dans le sens d'une dégradation des droits des travailleurs. Quel est le point commun de toutes ces réformes ? C'est une dégradation du niveau d'indemnisation et de la durée d'indemnisation des demandeurs d'emploi. Pas une réforme n'a été dans le sens d'une amélioration des droits des demandeurs d'emploi. Laurent Burgoy, qu'est-ce que vous répondez à la sénatrice Lubin ? Je connais bien Monique Lubin de ces gens ensemble aux affaires.
Là où elle a raison, mais ça ne paraît pas dans votre morceau, c'est que depuis plusieurs années, l'État ponctionne les financements excédentaires de l'UNEDIC. C'est des milliards chaque année. Rappelez-vous, à chaque PLFSS, le Sénat rappelle cela au gouvernement. C'est vrai que si peut-être il n'y avait pas eu ces ponctions vers le budget général, il pourrait y avoir d'autres décisions. Et moi, je me réjouis quand même, je reviens quand même. Et même le Parti Socialiste, puisqu'ils se sont abstenus, ça prouve qu'ils ont fait un pas quand même.
Je me réjouis que les représentants du patronat et des salariés sont même allés au-delà de la lettre de mission des ministres, parce que la lettre de mission des ministres prévoyait une économie de 400 millions d'euros. Ils sont arrivés à un accord qui, à une vitesse de croisière d'un 2 ou 3 ans, pourrait économiser entre 700 et 900 millions d'euros. Et là, vous avez raison, c'est que dans la lettre de mission de M. Bérou, ce n'était pas 2 milliards, c'était 4 milliards. Et là, ce n'était pas acceptable, me semble-t-il, par rapport aux finances de l'Union Édic. On doit se réjouir de ce dialogue social. C'est ce qu'il faut mettre en train. Il y a un accord entre salariés et patronats.
On devrait se réjouir. Ce n'est pas à nous, parlementaires, de s'immiscer, j'allais dire, dans la vie de l'entreprise, puisque s'il y a une relation entre le patron et le salarié qui va dans le bon sens et que l'un et l'autre, puisqu'ils ont signé l'accord, c'est-à-dire qu'ils sont d'accord. Madame Blumen dit que les représentants des salariés ont été contraints. Je ne pense pas que les représentants des syndicats sont contraints parce qu'ils ont fait, mon avis, la communication très rapidement. Non, ils ont accepté cet accord. Nous, les parlementaires que nous sommes, ont pris acte et l'ont transposé tel quel. On ne va pas s'immiscer.
On termine avec l'actualité dans votre région, une actualité politique. On va reparler municipale. On retrouve Vincent Coste qui est journaliste au Midi Libre. Vincent, il a deux questions pour vous et on va commencer en revenant sur les enseignements de ces municipales dans le Gard et notamment la ville de Nîmes. On le rappelle, la ville de Nîmes, c'était la plus grande ville détenue par les Républicains dans le pays.
Monsieur Laurent Burgoy, sénateur du Gard, bonjour. Lors des dernières élections municipales, les Républicains ont perdu la ville de Nîmes face à une liste de l'Union de la Gauche hors LFI, une ville dont Jean-Paul Fournier était le maire LR depuis quatre mandats, quatre mandats consécutifs. Je voulais donc vous demander aujourd'hui comment envisagez-vous ou envisagez-vous déjà une stratégie de reconquête pour cette ville qui était jusqu'aux dernières élections municipales, la dernière ville, les Républicains détenue par les Républicains, la dernière ville de plus de 100 000 habitants détenue par les Républicains.
– Laurent Burgoy, comment reconquérir Nîmes ?
– C'est une bonne question, de Vincent Coste. Nous l'avons d'abord perdu parce qu'on s'est situé en Désunie au premier tour puisqu'il y avait deux adjoints qui s'affrontaient l'un comme l'autre. Mais comment reconquérir ? – C'est-à-dire pour vous,
la perte, elle est liée aux divisions de la droite ?
– Bien sûr.
– La dynamique que vous n'avez pas eu au second tour, vous ne l'avez pas eu au second tour non plus ?
– Oui, mais c'était trop tard. L'union de la droite au second tour qui était nécessaire mais elle était plus technique. Et c'est vrai que la dynamique d'une élection, elle avant tout au premier tour. Et qu'au premier tour, regardez, les deux candidats ont fait 20 et 15 et demi. Ils se sont neutralisés. Et qu'après, au second tour, il y a eu, certains partis de l'électorat ont eu peur, donc ils allaient plutôt voter pour la liste de gauche et d'autres ont eu peur des communistes et ont voté pour l'extrême droite.
– Mais est-ce que c'est-à-dire que l'électorat de droite, effectivement, on est loin de l'addition des deux listes de droite au premier tour, au second tour, on est loin de l'addition, on est quasi au score d'une des deux listes. Est-ce que ça veut dire que votre électorat de droite, il est allé voter RN ?
– Pas forcément. Il y a une partie qui est allée voter, je pense aussi une partie de l'électorat centriste, est allée voter à gauche de peur de l'arrivée de l'extrême droite. Et donc, pour l'avenir, qu'est-ce qu'il faut ? Il faut tout reconstruire, comme avait fait d'ailleurs en 1995 Jean-Paul Fournier, puisque, rappelez-vous, il y a en 1995 également des unions de la droite, donc basculement de Nîmes à gauche, et même ville communiste. Il faut reconstruire tout dans le cadre de l'union de la droite et du centre.
– Jusqu'où, pardon, l'union de la droite ?
– De la droite et du centre.
– C'est le Républicain et le centre, point.
– Ah oui. Je suis défavorable, je ne suis pas favorable à cette union de la droite que certains… Ceux qui veulent l'union de la droite, il y a le parti de M. Surty qui leur tend les mains, moi je ne suis pas…
– Mais vous n'êtes pas sur la ligne d'Éric Ciotti qui disent les LR c'est fini, maintenant il faut une nouvelle union des droites ?
– Pas du tout, moi je, vous savez, j'ai commencé ma politique avec quelqu'un qui était Jacques Chirac et Jacques Chirac, moi ma position c'est ni LFI ni RN et je m'y tiendrai à cela. Je crois qu'on peut reconnaître, regardez ici, la majorité sénatoriale fonctionne très bien et je suis dans cette continuité de la majorité sénatoriale donc pour moi l'union de la droite c'est l'union de la droite et du centre.
– Allez justement, on va parler du Sénat puisque ces municipales auront des conséquences sur les sénatoriales en septembre. Votre département fait partie des départements renouvelables, c'est la deuxième question de Vincent Coste.
– C'est que cette défaite dans le département du Gard notamment peut avoir des conséquences sur les prochains rendez-vous électoraux. Ce sont les élections sénatoriales à la rentrée prochaine, le Gard est concerné par ces élections. Redoutez-vous un impact de cette défaite au municipal à Nîmes pour ce scrutin, scrutin dont vous serez et pour lequel vous avez déjà été en plus particulièrement visé par le candidat du Rassemblement national qui a estimé qu'il ferait tout pour vous faire chuter personnellement lors de ces élections sénatoriales.
– Vincent, il le dit gentiment, Julien Sanchez qui était le candidat à la Méridine, M. Bourgois sera dégagé du Sénat, c'est ce qu'il a dit durant la campagne électrique.
– Monde à mot, monde à mot, ça prouve bien la personne, à travers les mots, on peut décrypter la personnalité des gens. La politique, c'est normal, affrontement d'idées, de personnes, mais je crois qu'il y a des mots quand même qui dépassent l'entendement. Qu'ils disent qu'ils souhaitent me faire battre, c'est logique, c'est la politique. Dégager, c'est un terme très fort et je veux dire que ça m'a fait chaud au cœur d'avoir le soutien de beaucoup de maires du Gard. Alors oui, il y aura des élections sénatories en septembre, la droite a perdu Nîmes, mais on a gagné aussi d'autres communes dans ce département.
Je pense notamment au Gros du Roi avec Charlie Crespe qui l'a repris qui est une commune de plus de 10 000 habitants. La gauche a beaucoup perdu, je ne parle pas de la gauche, mais la gauche a perdu Bagnole, la troisième commune de l'Université, Vauvert qui a été pris au RN. Donc toutes les conquêtes du RN, c'était vers des grands électeurs de gauche.
Donc les RN auront un siège dans le Gard pour vous ? Contre l'Université municipale ?
Il y aurait une possibilité, mais après il y a une élection aussi. Et une élection, vous savez, les grands électeurs... Mais là, je ne sais pas
que vous commencez à faire vos calculs. Oui. Vous arrivez à peu près à savoir quels seront les décérifs.
Il y aurait une probabilité que le RN puisse avoir un siège.
Et est-ce que les LR avec la perte de Nîmes pourront conserver leur siège ?
Oui. À mon avis, la logique verra qu'il y ait un siège à gauche, un siège à droite et peut-être le troisième au RN. Mais après, il y a une campagne aussi. Vous savez, le Gard, ce n'est pas que Nîmes. C'est aussi 349 autres communes avec des communes très rurales. Et le sénateur qui a fait, j'ai fait une fois et demie le tour du Gard. Je suis allé rencontrer ses élus. Il y a plutôt quand même, il y a quelques changements, mais il y a quand même aussi une continuité des élus. Et je pense que le travail de terrain paye. Et on verra cela en septembre. Mais je serai de nouveau au rendez-vous. J'irai rencontrer les nouveaux élus parce que je crois que c'est important.
Vous savez, quand vous êtes sénateur, vous êtes sénateur de tous. Moi, je me suis mis à la disposition des élus de mon département.
Plus largement sur les Républicains, vous nous avez dit l'Union des droites, ça doit être les Républicains, ça doit être le centre point barre. On a entendu avant-hier David Lysnard, qui était une figure des Républicains, président de l'Association des maires de France, quitter les LR pour deux raisons. Une primaire qui lui paraît truquée et puis un manque de clarification avec le macronisme. Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une fracture chez les Républicains ?
Écoutez, je pense qu'il y a eu quelque chose d'important chez les Républicains. Il y a eu un vote à la présidence des Républicains. Il y a eu deux candidats. Bruno Rotaillot, que je soutenais, a obtenu 75% des voix. Ça a été clair, ça a été clarifié. Après, moi, je regrette...
Ça ne carifie pas la ligne avec le macronisme. À l'époque où il a été président des Républicains, où il a été élu, il était au gouvernement.
Oui, mais je te dirais, le Premier ministre, il s'appelait Michel Barnier. Et Michel Barnier, je te dirais, il n'est pas macroniste. C'était un gouvernement, on était quasiment en cohabitation. Et je peux vous dire qu'ici au Sénat, on était très attentifs, le président du Sénat, la majorité sénatoriale, parce qu'on a piqué bien l'article 20 de la Constitution, c'est-à-dire que c'est le gouvernement qui gouverne. Après, il y a eu François Béroud. Le président Macron a choisi, j'allais dire, son principal opposant de sa majorité. C'est une autre cohabitation de la majorité. Et puis maintenant, il y a M. Lecornu, je ne me ressens pas dans ce troisième gouvernement. Personnellement, je...
C'est vous, pardon, Sébastien Lecornu. Pour vous, il est... Oui, à un moment... C'est l'opposition, Sébastien Lecornu, par rapport à...
Ce n'est pas l'opposition, mais il est quand même... Je pense qu'il faut quand même reconnaître que c'est la fin du macronisme. Il faut le dire. Bruno Rotailleau l'a dit, je le dis aussi, dans un an, il n'y aura plus de macronisme. Donc, on va... Le ni gauche ni droite du président Macron, c'est fini. Il y aura une gauche, il y aura une droite. Enfin, j'allais dire. Parce qu'à cause de cela, il y a eu une extrême gauche et une extrême droite à cause du macronisme. Donc, il faut qu'on retrouve... Moi, je serais fier qu'il y ait un grand parti de droite, qu'il y ait un grand PS et qu'on s'affronte... Si on se dit...
Moi, je suis très fier aussi qu'il y ait un grand PS qui a été un grand parti du gouvernement. Vous voyez, ce n'est pas forcément éthique, mais je le souhaite. Et je remercie... Je sais qu'en un certain instant, vous allez recevoir la présidente Delga, je le dis aussi, qui est très claire par rapport au LFI. Nous, de notre côté, on a l'URN, mais eux, ils ont un LFI. Il y a certains au PS qui sont des positions un peu ambiguës. Elles, non.
Et justement, on la reçoit dans quelques secondes. Merci, Laurent Burgoy, d'avoir été avec nous ce matin. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Laurent Burgoa