Discours de Diane Lagrange - Européennes 2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:30Diane LagrangeFait
« L'euro est une mécanique de divergence qui éloigne les pays au lieu de les rapprocher. »
- 5:00Diane LagrangeFait
« La mondialisation marchande et l'extraterritorialité du droit qui l'accompagne sont un ferment de totalitarisme. »
- 7:00Diane LagrangePromesse
« Nous voulons une France ouverte sur le monde. Notre charte est traduite en 19 langues. »
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(Applaudissements) Bonsoir ! Bonsoir Paris ! Je suis très honorée d'être parmi vous ce soir en tant que candidate n°30 sur la liste et coordinatrice des délégations de l'étranger.
Aujourd'hui, je voudrais d'abord saluer – peut-être qu'il y en a qui regardent en direct – nos plus de 2 000 membres de l'UPR qui sont répartis partout sur le globe hors de la France et qui travaillent dans 112 pays du monde pour le Frexit. Bravo ! (Applaudissements) Personnellement, je trouve que ça donne beaucoup la pêche.
Tous les jours, je reçois des messages du monde entier, en fait. Et je sais que du coup, ça fait le 24 heures, en fait, de l'UPR. Il y a toujours des gens en train de militer.
Donc c'est extrêmement satisfaisant. (Applaudissements) J'étais également la responsable de la délégation du Japon. Donc j'adresse un salut tout particulier aux Japonais, aux adhérents du Japon. (Applaudissements) Voilà.
J'ai vécu 10 ans expatriée : 4 ans au Royaume-Uni et 6 ans au Japon. J'ai eu également le privilège de voyager beaucoup pour mon travail par le passé. Et j'ai travaillé dans des sociétés de plusieurs pays.
Et je pense que ça m'a apporté beaucoup de recul. Voilà. C'est un peu cliché de dire cela.
Ça fait depuis « les Lettres persanes »...
Mais on apprend beaucoup de choses sur son propre pays quand on n'y est pas. En fait, quand on le voit un petit peu de l'extérieur, on est dépaysé, justement. Et de la même façon qu'on a un regard extérieur sur le pays d'accueil où on est, on acquiert également un autre regard sur son propre pays.
Et c'est ça qui m'a fait m'intéresser à l'histoire de France, à la politique, à l'histoire de mes pays d'accueil aussi. Et de fil en aiguille, c'est comme ça que je suis arrivée ici. Il faut savoir que la vie de nos compatriotes vivant à l'étranger et qui ont plébiscité les listes de LREM et M.
Macron est...
Ils pâtissent en fait de l'austérité de ses politiques, parce que notre rayonnement international est en train de souffrir, en fait, de ces politiques-là. Notre réseau de lycées français, qui forment la jeunesse en fait de nos expatriés et des étrangers qui veulent apprendre le français, qui sont un outil de rayonnement culturel, est en train de se faire couper beaucoup de crédits, de perdre beaucoup de personnel. Il y a 10% du personnel qui est supprimé dans les 3 ans.
On bouche les trous en prenant des personnes sur place qui sont pas forcément formées. Les réseaux également, les instituts et les alliances françaises qui représentent notre culture à l'étranger sont sous pression budgétaire. Les services consulaires disparaissent ou sont réduits.
On voit apparaître des colocations d'ambassades, donc les ambassades de la France et d'un autre pays au même endroit, notamment avec l'Allemagne. (Huées) Nos chambres de commerce à l'étranger commencent à être concurrencées par les chambres de commerce européennes. Le service d'action extérieure européen, le service diplomatique se développe, tandis que notre propre diplomatie ne sert pas prioritairement nos intérêts, comme on l'a vu avec le traité d'Aix-la-Chapelle. (Applaudissements et huées) Et la francophonie est en recul dans les institutions internationales.
Aujourd'hui, l'UE, qui est une courroie de transmission d'une mondialisation dévastatrice, met en péril la France, et au-delà la natiodiversité – comme il existe une biodiversité –, qui doit être préservée. (Applaudissements) La certitude qu'il existe un ailleurs avec d'autres cultures et d'autres lois est gage de liberté. Saint-Exupéry, dans sa correspondance, disait qu'il se battait pour la France, mais aussi pour qu'une petite nation comme la Finlande puisse exister sans être écrasée par son voisin.
La mondialisation marchande et l'extraterritorialité du droit qui l'accompagne sont un ferment de totalitarisme. Il suffit de voir le cas de Julian Assange. (Applaudissements) Je suis rentrée à l'UPR pour me battre par amour de la France.
Mais le combat va au-delà. Personnellement, je suivais le mouvement depuis plusieurs années. Mais j'ai adhéré au moment du référendum grec en 2015, quand j'ai vu comment nous traitions ce pays qui est le berceau de notre culture européenne, justement, ainsi que les autres pays du sud de l'Europe méprisamment appelés le Club Med. (Applaudissements) L'euro est une mécanique de divergence qui éloigne les pays au lieu de les rapprocher.
L'UE est une menace pour l'amitié entre les peuples européens. (Applaudissements) Nous voyons se dessiner un ordre international basé sur l'intégration et la privation : une sorte de prison mondiale qui est une nouvelle forme de colonisation insidieuse. (Applaudissements) Edgar Quinet disait : « Le véritable exil n'est pas d'être arraché à son pays, mais d'y vivre et de ne plus rien trouver de ce qu'il faisait aimer ».
C'est ce qui est en train d'arriver à notre pays. (Acclamations) Les hommes, dans ce nouvel ordre, ne sont qu'une marchandise comme les autres. Le libre-échange intégral est une catastrophe sociale, mais aussi un non-sens écologique, car on délocalise juste la pollution à des milliers de kilomètres. (Applaudissements) La Chine a récemment arrêté d'importer les déchets plastiques.
Et c'est seulement maintenant, suite à cela, que beaucoup de pays commencent à se poser la question du recyclage. Notre division internationale du travail est fondamentalement injuste, avec des pays réduits à être des réservoirs de matières premières pillées, comme les travailleurs qualifiés par les économies plus attractives. La Roumanie manque maintenant de main-d'œuvre, car les Roumains les plus dynamiques émigrent.
Et ils commencent donc à faire venir des travailleurs asiatiques, mais qui iront ensuite repeupler les Philippines. Même chose en Pologne avec des Ukrainiens. Est-ce qu'on veut vraiment une espèce de hiérarchie de pays, classés par ordre de productivité ou d'attractivité ou de rémunération du capital ?
Cela n'a absolument aucun sens. Nous refusons cet ordre basé sur la course au moins-disant. On nous accuse de vouloir nous refermer sur nous-mêmes.
Mais rien n'est plus faux. Nous voulons résister à l'hubris d'une partie de nos concitoyens...
Ils sont peut-être nostalgiques de l'Empire français. Et quand on leur dit qu'on veut sortir, ils disent : « Oh, mais on... »...
Ils regrettaient que la France ne soit que la France. Si la 7e puissance mondiale ne peut pas être indépendante, qu'est-ce que cela veut dire ? Qui peut l'être ? (Applaudissements) À l'hubris s'ajoute une part d'irresponsabilité politique.
Nos concitoyens, peut-être traumatisés par le XXe siècle, veulent rester dans leur cage pourtant de moins en moins dorée, considèrent la mondialisation et son bras armé comme des phénomènes telluriques du registre des phénomènes naturels. Il faut le dire et le redire : ce sont des choix politiques. Et ces choix doivent pouvoir être renversés.
Il est temps d'être des adultes d'une nation d'adultes, et de ne pas nous laisser dicter ces règles du jeu déséquilibrées. (Applaudissements) À l'UPR, nous voulons une France ouverte sur le monde. Notre charte est traduite en 19 langues.
Nos adhérents sont partout dans le monde. Nous voulons ouvrir l'esprit des Français en facilitant les contacts culturels avec le monde entier. Nous voulons Bollywood à égalité avec Hollywood. (Applaudissements) Nous voulons un ordre international plus juste basé sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et une communauté internationale qui ne se réduit pas à un petit groupe de pays occidentaux. (Applaudissements) Luttons contre les logiques de bloc.
Cherchons la voie du non-alignement. Il est temps de défendre toutes les nations contre tous les empires, car comme disait le général de Gaulle : « Il y a un pacte vingt fois centenaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ». (Applaudissements) Vive la France et le monde libres !
Bonne soirée. (Acclamations)
François Asselineau