« Mairies du changement » en Espagne et communs urbains à Naples
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Tout d'abord, je me présente donc moi, je m'appelle François Piquemal. Je suis député de la 4e circonscription de Haute Garonne. J'en profite pour saluer ma collègue Anaïs Bélois sa chérifi ici présente que vous pouvez applaudir. [Applaudissements] J'en profite pour remercier aussi toutes les militantes, les militants, le service d'ordre, les personnes qui sont à la technique derrière la caméra qui s'occupe de régler les micros quand on n'y arrive pas et cetera pour leur implication au cours de ces hill. [Applaudissements] Et j'ai à côté de moi deux invités exceptionnels que je vous présenterai à la fin de mon propos introductif pour cette conférence.
Donc se propose de regarder au-delà de non frontières les expériences municipalistes qui ont pu advenir en Espagne et à Naples. En Italie. Déjà, je suis très heureux de voir qu'on est aussi nombreus et nombreux à 17h30 un samedi après qu'on ait enchaîné des conférences tout aussi passionnantes mais aussi prenantes intellectuellement les unes que les autres.
Et ça montre aussi qu'il y a un intérêt pour l'échéance qui arrive les élections municipales. Donc je vais commencer par un petit sondage à la main levée. Qui va s'investir sur les élections municipales dans les mois qui viennent ici ?
Bravo ! Bravo ! Bravo à vous et bon courage.
Et celles et ceux qui n'ont pas lever la main et ben profitez-en parce que après il y a les présidentiels hein. Donc vous aurez intérêt de mettre boucher double vous de votre côté. Euh la question des municipales, elle elle intéresse d'autant plus notre mouvement euh qu'il y a eu un fait mondial qui s'est déroulé ces dernières décennies, voir ce dernier siècle, c'est qu'il y a maintenant l'immense majorité de la population mondiale et c'est vrai pour la France également qui vit dans les villes.
Il y a donc un fait urbain qui est central quand on veut penser la question politique et la question du lien humain que nous avons les uns avec les autres. On pourrait dire un homo urbanicus en quelque sorte. Et à l'heure où on cherche justement à voir comment créer euh et comment aller chercher le fameux 4e bloc, c'est-à-dire créer un peuple qui se reconnaît dans des valeurs communes et ça a été l'objet de conférence qu'il y a eu notamment avec Clémence Geté et du nouveau livre de l'Institut la Boessie.
Et bien je pense qu'on ne peut pas faire l'écueil de penser à comment on vit dans nos villes petites ou grandes tous ensemble. Alors Jean-Luc Mélenchon dans son livre avait développé notamment la théorie des réseaux. Donc que tout fonctionne en réseau dans les villes, que ce soit la question par exemple de l'eau, de l'éducation mais aussi de la culture et autres.
Et on pourrait aussi poser, c'est ce que je vais demander à nos à nos intervenants, la question des lieux de sociabilisation. Les lieux de sociabilisation, c'est-à-dire les lieux où on vit en commun. Je vais vous prendre un exemple.
Moi, j'ai eu la chance d'aller à Barcelone avec Ada Colaou qui est l'ancienne mère de Barcelone qui était présente l'année dernière ici. Et Barcelone, il y a par exemple des quartiers qui sont faits pour les familles. C'est-à-dire qu'il y a un des espaces où les enfants peuvent circuler librement sans se sentir en danger parce que il y a une circulation automobile qui est trop importante ou parce que il y a des détritus partout et cetera.
Bon, dans ma ville de Toulouse, il y a très peu de quartiers qui sont pensés et faits pour les familles et pour les enfants. De la même manière, la question des inégalités qui existent de genre dans la ville est pregnante. Et on pourrait prendre des exemples précis avec ma collègue Mathilde, on a travaillé sur les toilettes publiques.
Alors comme ça ça peut faire sourire mais c'est une question d'égalité aussi entre les femmes et les hommes. Il y a la question aussi des villes qui peuvent être discriminantes pour des personnes qui ont des problèmes de santé ou qui sont de telle ou telle origine ou qui vont pas se sentir à l'aise ou sécurisé dans tel ou tel endroit. Donc, il y a beaucoup de problématiques et de réflexions à avoir sur les lieux de sociabilisation parce que les lieux de sociabilisation, c'est là où on fait justement du commun entre nous et c'est ce qui permet la politisation et la participation des habitantes et des habitants aux grandes décisions.
Alors, ce qui est intéressant, c'est de voir comment en Espagne et en Italie, là où il y a eu des municipalités de gauche de rupture qui sont arrivés au pouvoir, ce qui a été mis en place, ce qui a pu fonctionner et puis aussi évidemment les limites qui ont eu lieu pour s'en aspirer nous en France. Et je vais pas être plus long parce que le on en a discuté, je pense que l'objectif et les mains levées dans la salle l'ont montré, c'est qu'on ait le maximum d'échange ensuite avec vous sur des réflexions, des questions que vous pouvez avoir à partir des expériences communales qui vont vous être décrites. Alors, le premier qui va en parler, c'est toi Mathieu.
Tu es chercheur politologue et tu sors un livre justement sur les expériences municipalistes en Espagne. Donc, tu vas nous nous évoquer cela. Et ensuite, on donnera la parole à Maria Francesca.
Tu es chercheuse spécialiste en droit constitutionnel et tu vas revenir sur l'expérience napolitaine qui a eu lieu en Italie. Et peut-être ma première question pour t'introduire pour t'introduire Mathieu avant qu'on passe à Maria Francesca. Comment est arrivé en Espagne le fait que une gauche de rupture puisse prétendre et prendre des villes aussi importantes par exemple que Barcelone ?
Bon, merci François. Bonjour à tous et bonjour à toutes. Alors, je mets minuteur pour bien pas dépasser.
Voyez, on essaie d'être euh Alors, ce que je vais euh Attendez, non, j'ai fait n'importe quoi la technologie. Bon, euh donc ce que je vais faire aujourd'hui, en fait, je vais essayer de de résumer mon propos. Alors, il y aura sûrement beaucoup de questions, mais ça sera ça sera pour après.
Je vais pas pouvoir tout dire. Je vais essayer de tirer cinq grandes leçons euh de du ce que j'appellerai le cycle municipaliste en Espagne. Donc c'est un cycle en fait qui a commencé en 2015 où on a l'accès au pouvoir local de gauche de rupture en fait dans un certain nombre de villes.
Alors on a retenu les villes de Madrid, de Barcelone, il y a eu aussi le cas de Valencia, donc les trois principales villes espagnoles. Mais il y a aussi d'autres cas tout à fait intéressants. par exemple Cadis en Andalousie, il y a eu des villes en Galis, Saint-Jacques de Compostel, La Corogne par exemple et puis il y a eu tout un tas d'autres villes plus modestes euh mais qui ont joué aussi un rôle.
Donc je vais essayer de tirer cinq leçons. Alors je les annonce tout de suite. Tout d'abord sur la dynamique d'accès au pouvoir.
Donc comment on fait pour accéder au pouvoir ? La leçon, ça sera que le contexte, le contexte, il compte énormément bien sûr, mais la lutte plus encore. Je je vais vous expliquer un petit peu tout ça.
Ensuite, la deuxième leçon, ça sera que il faut créer une dynamique originale dans votre campagne, notamment en Espagne, ce qui s'est appelé des confluences he des confluences municipalistes. On on en parlera. Troisièmement, alors là, c'est leçon vraiment classique de sciences politiques, je réinvente rien, c'est que le charisme, le leadership, ça compte aussi.
On verra ces variables traditionnelles, c'est-à-dire bah voilà, il faut aussi avoir des cadres, il faut des gens qui dirigent un petit peu le mouvement, même si on crée un mouvement populaire local. La 4rième leçon, c'est que en fait gagner les élections, c'est très bien mais ce n'est pas prendre le pouvoir. Vous essayerez de comprendre, vous verrez ce que je veux dire par là.
C'est vous avez beau gagner les élections, vous prenez pas forcément le pouvoir parce que le pouvoir c'est pas que le pouvoir populaire, il y a le pouvoir économique, il y a les médias, il y a vos opposants et eux ils seront toujours là même si vous accédez au pouvoir local. Il faut bien l'avoir à l'esprit. Gagner les élections ce n'est pas forcément prendre le pouvoir.
Et finalement bah malgré tout, on essaiera de finir sur une note quand même positive, c'est que ce qui compte vraiment c'est agir, agir encore et encore parce que on peut toujours modifier l'agenda des politiques publiques locales, c'est-à-dire les priorités, les manières de faire. Bien sûr qu'on a des contraintes, bien sûr qu'on est limité dans le temps et dans les compétences qui sont les nôtres, mais l'important c'est voilà savoir qui on représente et qu'est-ce qu'on essaie de faire au niveau local, pour qui on gouverne, quoi. Alors le la première idée, donc c'est ce que tu disais, c'est la la dynamique d'accès au pouvoir.
Alors en Espagne, ce qu'on a ce qu'on a vu, c'est que bien évidemment, il y a eu un contexte qui a facilité quand même cet accès au pouvoir. Le contexte c'était la phase postérieure à la crise économique de 2008 dans laquelle on a eu ce qu'on appelle en science politique une fenêtre d'opportunité ou une structure d'opportunité favorable. Pourquoi ?
Bah parce que on a des mobilisations sociales antérieures à la fois au niveau national et au niveau local. On a euh donc la des plans des plans d'austérité au niveau national et des mobilisations pour résister contre tous ces plans. Euh le discrédit des partis traditionnels, la social-démocratie traditionnelle, la droite traditionnelle et la naissance du parti homologue à la France insoumise en Espagne, parti Podemos en 2014.
Et puis on a des expériences locales de gouvernement assez discrédité he à Madrid. On a un pouvoir conservateur qui a un modèle urbain néolibéral depuis plus de 25 ans. On a ce cas aussi à Cadis, on a ce cas à Valence.
Bon donc ça vous vous dites "Ah bah donc si nous le contexte est pas favorable, on y arrivera jamais quoi." Bon alors oui et non. Pourquoi ?
Parce que le contexte il dépend aussi de vous. Il dépend de comment vous vous mobilisez et comment vous politisez l'agenda local antérieurement aux élections et comment déjà il y a quelques années et comment dans les années à venir vous vous mobilisez. Autrement dit, la seule chose que vous pouvez faire c'est vous mobiliser et donc indépendamment du contexte ce qui importe c'est de de se mobiliser localement d'infiltrer les collectifs, de de développer des liens avec des collectifs locaux, bref de tisser votre toile d'araignée militante à la fois dans le parti mais aussi en dehors du parti.
Donc ça dans le cas espagnol, on l'a vu par exemple au niveau national, il y a eu tout un tas d'expériences militantes qui étaient des échecs sur le moment mais qui derrière ont permis de former des cadres, de former des militants qui derrière se sont impliqués en 2015. Donc par exemple, on a un parti anticapitaliste AS qui a été un échec qui était une cission de je vous la fait brièvement une ciss de Iskel Daunida qui était le parti de gauche traditionnel un peu comme le PC. Il y a une sisson en 2008.
Bon c'est un échec total. Ils ont jamais décollé. Voilà, ils ont jamais réussi à percer.
Mais on retrouve quelques années plus tard des militants d'anticapitalistas dans les mouvements qui se mobilisent en 2015. Et parmi les cadres nouveaux qui arrivent, et bien on a ces gens et on voit cela dans tout vous-même, dans vos expériences militantes antérieures. Elles servent à vos engagements suivants.
On parlait encore François, je disais "Comment ça se fait que tu parles si bien à la télé ?" Il me dit "Ah, j'ai fait 10 ans au dalle." Bon bah oui, 10 ans au dalide quoi.
C'est sûr que quand on se mobilise sur le logement au niveau local, bah on sait un peu c'est quoi les problématique du logement. Voilà. Et après on sait défendre ces idées.
Et alors évidemment le mouvement des indignés hein en 2015 et donc si vous voulez il y avait tout un tas d'ingrédients, la critique de la classe dirigeante, la crise des parties, une rupture générationnelle, des demandes sociales qui étaient pas représentées par les canaux traditionnels et donc la possibilité de politiser ces enjeux localement. Donc vous vous devez penser dans votre contexte local, c'est quoi les enjeux vraiment là du mandat de ceux qui sont au pouvoir dans les six dernières années ? Qu'est-ce qu'ils ont fait ou plutôt qu'est-ce qu'ils n'ont pas fait et qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
Est-ce que c'est le logement ? Voilà, il y a une crise du logement dans votre ville. Est-ce que ça devient une ville massifiée où il y a le tourisme, Airbnb, les gens n'ont plus accès au logement ?
Est-ce que c'est ça ? Est-ce que c'est le manque d'espace public ? Est-ce que c'est une ville qui est pensée pour la voiture ?
Et donc il y a pas d'espace vraiment pour les piétons, pour les vélos, pour les mobilités douces. Voyez, c'est quoi les grands enjeux locaux et ensuite vous saisir de ces enjeux et les politiser. Donc on a parlé du cas de Barcelone par exemple, il y avait eu des mobilisations massives dans la période des années 2010 sur le logement avec notamment la plateforme des victimes du crédit qui mobilisait les gens en fait contre les expulsions locatives.
Après, ils ont politisé aussi la question par rapport bah aux clauses frauduses des banques dans les contrats de crédit mobilier et cetera. Et il se mobilisaient en occupant des banques, en danant du flamenco devant les les agences bancaires, en faisant des trucs festifs, sympas et à la fois des trucs très concrets bah à s'interposer devant les forces de police quand des expulsions et tout ça ça crée un mouvement social qui fait que derrière Adakola quand elle se présente à la mairie, elle est déjà connue localement. elle a pas euh besoin de de faire campagne avec une notoriété.
Vous voyez, on on va y revenir. Et ça ça joue aussi un rôle évidemment, mais il y a pas que le leadership, il y a aussi tout ce qu'il y a derrière. Vous voyez, c'est il y a tous ces ingrédients-là.
Alors deuxième idée euh c'est que voilà, on a vu aussi dans le cas espagnol, ça peut nous donner une leçon aussi, c'est une dynamique quand même assez originale dans ce qu'on a appelé des confluences municipalistes. Alors là, je vais essayer de d'illustrer cinq cinq manières avec lesquelles ces ces mouvements municipalistes ont été quand même assez innovants, hein, dans leur manière de faire campagne. Bien évidemment, aujourd'hui, ça a été repris par tout un tas de groupes militants de par le monde et par nous-mêmes, pourquoi pas.
Mais voilà, ils ont innové d'une certaine manière. Alors, tout d'abord, l'idée de confluence, c'est quoi une confluence ? Bah, c'est comme un c'est comme un fleuve en fait.
Vous avez pour faire un gros fleuve, faut des petites rivières qui confluent vers le gros fleuve. Bon bah ça c'est ce qu'il faut essayer de faire, c'est on crée un mouvement populaire au niveau local en se basant sur des groupes locaux, en se basant sur un parti, en se basant sur des microparties, en se basant sur des indépendants qui sont engagés dans leur ville et on essaie de faire confluer tout ça chacun ayant son rôle à jouer. C'estàd on va au-delà du parti, on dépasse le parti et ça et lesfiill l'a déjà fait lors des dernières municipales et peut-être encore plus aujourd'hui.
C'est on présente pas une candidature LFI. Alors peut-être que dans certains contextes, il faudra faire cela, mais la plupart du temps, on essaie de faire une connure plus globale dans lesquelles bah s'il y a d'autres partis politique qui veulent s'associer à nous, bah très bien. Voilà, pourquoi pas les écolos sils veulent bah voilà le PC ici ou là peut y avoir des gens de je sais pas du NPA, voilà et on arrête de penser global.
Non non au niveau local c'est là que ça se joue. On s'en fout des consignes nationales de qu'est-ce qu'ils nous disent. Non non, nous localement NPA, on milite avec eux sur le terrain, ils sont là dans l'immobilisation, c'est des copains, par allez hop, on fait on s'associe, vous voyez, de façon pragmatique.
Et si on nous pose la question "Bah en fait vous associez avec un peu tout ?" Non, non, nous on est la gauche, on est un blog populaire. Point.
Et parfois bah voilà, on s'associe avec des écolos, parfois avec le NPA, parfois peut-être dans une ville de droite, faudra peut-être s'associer avec des socio-démocrates. Alors, peut-être au premier tour, on va pas le faire, évidemment. Mais au second tour, peut-être que faudra le faire.
Si vous voulez gouverner Nice, vous allez pas gouverner Nice avec une plateforme de gauche radicale dès le premier tour. Voyez, je pense, je surprends personne. Bon, alors on le dit pas évidemment, mais voilà, ce que je veux dire, c'est qu'on s'adapte, on a une logique à géométrie variable où le but, c'est d'abord d'incarner une gauche de rupture avec nos idées, un bloc populaire et derrière les autres s'associent à nous.
C'est ça l'idée, c'est pas que voilà, on cherche des Non non, les autres s'associent à nous. C'est nous qui menons campagne d'abord. OK.
Et donc dans le cas espagnol, les confluences, ça a été c'est dépasser la forme de coalition de parti. C'est ça l'idée. C'estàdire, c'est à la fois peut-être qu'on a, pour vous donner un exemple, tout le monde comprennent, on a LFI, NPA, PC par exemple, mais au-delà de ça, on a des représentants du droit au logement.
On a alors qu'il s'engagent à titre individuel, peut-être qu'ils s'engagent pas au titre de leur euh de leur euh association ou de leur mouvement parce que le mouvement lui-même ne peut pas s'engager. Mais on a des gens qui sont identifiés localement comme militant du droit au logement, comme militant de telle association, comme militant de tel collectif qui s'engage à titre individuel parce qu'évidemment vous allez pas demander à la CGT de s'engager avec vous. Par contre, vous pouvez avoir des syndicalistes CGT qui à un moment donné bah s'engagent ou de sud solidaire.
Vous voyez, c'est ça l'idée. Mais ces gens-là, comme ils ont déjà lutté euh pour défendre tel enjeu dans votre ville, ils sont déjà connus et donc ils s'associent avec vous. Vous voyez, c'est ça une confluence.
Et on peut aussi avoir des gens indépendants, voilà, qui sont des personnes impliquées dans la ville. Donc ça c'est la première idée. La deuxième idée, c'est on a une logique de débordement, c'est-à-dire que voilà, on essaie de d'avoir comment dirais-je, d'impliquer les gens localement avec différents degrés d'implication.
Il y en a qui vont vouloir s'impliquer dans la campagne, sur le terrain, dans un quartier donné simplement. Ils veulent pas entendre parler de ce qui se passe dans toute la ville. Eux, ce qui les intéresse, c'est qu'est-ce qui se passe dans le quartier ?
Bah, on les implique par rapport aux activités du quartier. Vous voyez, d'autres on va les impliquer d'une autre manière, d'autres veulent être impliqués seulement bah par rapport, je sais pas, la campagne numérique hein. Et on on a différents degrés d'implication.
Alors, j'essaie d'aller vite parce que après ça ça passe vraiment. Ensuite, alors nous en France, bon au mois de mars, je sais pas si ça sera possible ou pas, mais en Espagne, c'est ce qui s'est fait. On essaie le plus possible de faire des événements ouverts dans des espaces publics.
On occupe l'espace public avec le droit. Évidemment, hein, maintenant les policiers nous font chier tout le temps, déclarent ça comme des manifestations mais ça en est pas. Donc vous déclarez systématiquement à la mairie, sinon vos opposants, ils vont appeler la police direct, ils arrivent, ils vous coent votre événement terminé.
Donc vous essayez de déclarer le plus possible mais parfois vous déclarez pas non plus faire une déambulation, faire euh sortir de la musique dans les rues, dans un quartier, enfin voilà. Et on fait le plus possible des événements dans les espaces publics. On est visible.
Donc en Espagne par exemple, ce qu'il faisait bah alors les élections avaient dû au mois de mai, donc c'est vrai que le temps aidé, mais malgré tout, on garde l'idée. Voilà, on fait des événements, comment dirais-je, public avec des logiques d'assemblée. On organise une assemblée comme là on fait maintenant.
Voilà. Alors, c'est sûr qu'il y en a qui vont arriver, qui vont alpaguer. Il y aura faut mettre un petit service d'ordre, faut voilà, faut s'organiser.
Mais vous allez être les seuls à faire ça. C'est pas euh la droite retillo qui va prendre le risque d'aller dans la rue occuper faire une assemblée citoyenne. Bon et ben nous on le fait et puis petit à petit dans un quartier puis dans un autre et cetera et cetera.
OK. Et alors finalement donc là il y a plus rien de nouveau mais à l'époque il y a 10 ans c'était quand même assez nouveau dans la constitution de vos listes. Alors là je sais que bon c'est un enjeu quand même compliqué mais voilà on essaie d'avoir des listes qui sont pas forcément totalement ouvertes au sens bah voilà on fait un vote en ligne et puis celui qui a le plus de votes est prier 2è 3e et cetera.
ça euh voilà, ça peut vraiment un truc libertaire, ça serait l'idéal, mais on peut pas forcément toujours faire ça, mais on essaie quand même de le faire dans une certaine mesure. C'est-à-dire, on peut dire par exemple, je sais pas s'il y a vraiment 4 c personnes qui doivent diriger le mouvement, bon bah on dit bah voilà, ceux-là ils vont être en haut de la liste et puis ensuite bah d'autres gens, ils vont être élus par un vote participatif avec des listes ouvertes, vous voyez ? Voilà.
Et ça, ça crée aussi un engouement. Pourquoi ? Bah parce que voilà, ça incite les gens à venir, ça incite les gens à voter, ça incite les gens à faire campagne avant même la vraie campagne officielle.
D'accord ? Et finalement alors là ce qui est plus facile à faire et qui maintenant est quand même bien connu et il y a des outils quand même pour faire ça, c'est le programme participatif. Bon ça maintenant c'est éculé, ça existe depuis des années, mais il n'empêche que c'est vachement intéressant, voyez.
C'est-à-dire, en gros, on prend la trame nationale du programme de LFI où vous avez des propositions nationales. Là-dedans, on sélectionne ce qui peut nous intéresser localement et puis ensuite localement, on réfléchit voilà concrètement bah quels enjeux nous on a localement hein. Et puis les gens peuvent faire des propositions, on peut même organiser des votes sur les propositions.
Vous voyez dans la campagne tout ça ça crée une dynamique de campagne. Puis à la fin, on arrive à un programme qui est mis avec des idées des dirigeants ou des cadres du mouvement, mis avec des idées des citoyens que l'on fait remonter et cetera et cetera. On essaie de faire un programme le plus participes villes comme par exemple à Barcelone, ils avaient même prévu des protocoles d'application.
C'estàd qu'ils avaient fait par exemple voilà, on a telle telle idée et ensuite concrètement comment on va faire pour s'y prendre. Voyez, ça c'est extrêmement intéressant et aussi ce qu'il faut éviter par contre c'est faire un feuillet avec 1000 propositions pour ma ville de 10000 habitants. Bon ça c'est mort.
D'accord ? Vous faites tête sans proposition, puis après vous en sélectionnez les 20 et puis vous avez un programme avec toutes vos propositions. Comme ça vos opposants, bah vous pouvez leur dire "Non, non, regardez, nous c'est sérieux, on a des enjeux sur tous les idées, mais vous avez vos idées centrales aussi qui sont celles sur lesquelles vous insistez le plus hein.
Parce que si vous dites "Moi, j'ai 100 propositions peaville, personne va arriver, il faut les gens au final ils vont retenir quoi ? 3 4 5 encore. S'ils en retiennent cinq, c'est énorme." D'accord ?
Donc vraiment faut faut vous avez les 100 c'est pour la ou les 50 pour la crédibilité, vous avez les 10 pour faire campagne et vous avez les deux trois qui sont vraiment les enjeux sur lesquels vous tapez vous tapez voilà vous vous vous insistez là-dessus. Alors troisème élément, j'essaie d'aller vite, il me reste plus que 4 minutes, c'est voilà le charisme, le leadership. Bon en gros, dans le cas espagnol, on a eu trois cas qui ont un peu mieux marché, c'est à Barcelone, dans le cas de Valencia et dans le cas de Cadis.
D'accord. Donc tous ces maires ont été réélus hein au bout de 4 ans. Donc ils ont fait 8 ans de mandat hein parce que le mandat en Espagne c'est 4 ans.
Et on a d'autres cas comme par exemple en Galice où les expériences ont été euh ça a duré que 4 ans. Voilà. Ensuite l'opposition est revenue au pouvoir et même à Madrid ça n'a pas ils n'ont pas été réélus.
Alors je me focalise rapidement sur euh les cas les cas de succès, si on peut dire. Alors j'ai pas le temps de tout dire. Vous connaissez le cas de Barcelone peut-être donc je j'y reviens pas.
On a le cas de Cadis qui est peut-être moins connu. C'est un cas extrêmement intéressant. Cadis, Rossé Malia Gonzalez, il est anarchiste revendiqué.
Il est même pas, il se dit pas non, lui il se dit pas socialiste, il se dit anarchiste. Il est arrivé à la mairie, il a enlevé le bus du roi et il a mis Fermin Salvooa qui était l'anarchiste de Cadis à la fin du 19e siècle. D'accord ?
Il a été élu avec 25 % des voix en 2015, en 2019 réélu à 43 %. Comment il a fait ? Comment il a fait ?
Ils sont tous devenus anarchistes. Non, mais il a réussi à il a vraiment mis en avant l'éthique politique. L'éthique politique, c'estàd il y avait de la corruption énorme dans la ville.
Un autre modèle de ville, on fait plus une ville néolibérale, c'està-dire des grands projets avec des millions et cetera. On fait des petits projets dans les quartiers mais qui répondent à des demandes des habitants. Et lui, il se déplaçait dans la ville avec ce sous libret, son petit livre, en essayant d'écouter qu'est-ce que disaient les gens.
Voilà, ouais, là faudrait supprimer ce trottoir là, faudrait faire une place piétonne ici et cetera et cetera. Il écrivait ce que les gens disaient et ensuite il faisait. Alors évidemment, il a pas tout fait mais au moins ça a donné le sentiment que voilà, on est à l'écoute, on répond aux demandes citoyennes.
Ensuite, il a ouvert le conseil municipal à tout le monde. C'està-dire non seulement que évidemment vous pouvez assister aux séances du conseil municipal, mais les citoyens peuvent, comment dirais-je, faire des propositions pour l'agenda local. Ça c'est super intéressant.
En général, l'agenda local, c'est les élus locaux qui décident, "On a été élu et puis là maintenant voilà, c'est nous qui allons gouverner." Non, non, non. Même quand vous êtes élu, certes vous avez des idées, vous mettez des choses en place, mais vous restez ouvert, vous restez attentionné à ce que disaient les citoyens.
Comment faire ça le mieux ? Vous ouvrez le conseil municipal à des pétitions citoyennes. Ça c'est peut-être pas tout le temps, mais une fois par mois, vous réservez une séance de 3h le jeudi où les citoyens viennent, ils vous disent voilà, faudrait faire c, faudrait faire ça et cetera.
Évidemment, vous dites la vérité, on pourra peut-être pas tout faire mais vous reprenez quand même certaines idées et vous les mettez en place. Ensuite, ce qu'il a fait, alors en Espagne, c'est un peu particulier, mon temps se termine, je suis désolé, on continuera ça après avec les questions. Euh il y a il y a si vous voulez les élus au cour une indemnité de maire et ils ont une indemnité aussi d'éléluincial.
Donc ils ont deux indemnités. En fait, il a dit "Non, non, moi je touche pas mon indemnité des provinciales, je redistribue ça des associations locales." Euh il a limité euh les indemnités des élus locaux et puis en fait, il a une pratique vraiment éthique, c'est-à-dire bah voilà quoi, on l'a vu proche des gens déambulés dans la rue.
De fait, par exemple, ça peut vous inspirer, dans la campagne en 2015, ils avaient pas beaucoup d'argent. Comment ils ont fait campagne ? Ils ont fait un genre de carnaval, c'est-à-dire qu' déambulaient dans les rues et ils faisaient du porte à porte.
Voilà. en prenant le temps de parler avec les gens dans les quartiers. Voilà, un quartier, demain un autre quartier, on débule, on va rencontrer les habitants, on fait la fête dans la rue et cetera et cetera.
Et à la fin, bah voilà, vous avez un anarchiste qui dans une ville traditionnellement conservatrice est réélu à 43 %. Pourquoi ? Parce que même des gens qui étaient modérés, socio-démocrates, voire même d' droite, ne pouvaient pas le critiquer par rapport à son côté incorruptible, son côté voilà.
Oui, en effet, il fait des choses pour les gens. Peut-être qu'il fait pas tout bien, peut-être qu'on n'est pas d'accord avec lui, mais c'est quand même quelqu'un qui tient ses promesses, quoi. Voilà.
Et ça, je pense c'est une très belle leçon à retenir. Alors, je termine ensuite rapidement, malheureusement je m'excuse. Dans d'autres cas, comme l'a dit François, par exemple, on prend le cas de Barcelone.
Bon bah, il y a aussi des choses concrètes qui ont été faites. Alors, sur le logement évidemment hein, je donne quelques exemples. Bon, il y a eu un moratoire sur la création des logements touristiques.
Il y a eu ce qu'a dit François, c'est-à-dire la piétonisation de certaines rues, mais au-delà de simplement, on piétonise, on crée des micro centreville si vous voulez dans des quartiers qui ne sont pas le centre-ville. C'est on repense vraiment la ville au sens, il y a pas que la ville centre et la périphérie, il y a la ville centre certes, mais dans les quartiers, on recrée des villes centres dans chacun des quartiers, vous voyez, avec une place où il y a des commerces et cetera. Et ça, les gens aiment bien.
Bah parce que bah voilà, vous pouvez sortir avec vos enfants, euh vous avez pas le danger qu' meurent tout de suite écrasé par une voiture parce qu'il y a au moins un petit espace où voilà, il y a des terrasses a et cetera. Euh et puis on fait des choses simples. Je donne un autre exemple, les écoles.
Regardez, on a plein d'écoles en France. On parlait division du genre. Une école typique, c'est quoi ?
Au milieu, vous avez le terrain de foot. Bah qu'est-ce qui se passe ? regarder avec tous nos enfants, bah ce qui se passe c'est que les garçons prennent le terrain au centre et les filles sont autour et dès le plus jeune âge, on a une division genré de l'espace et une division genrée de de la vie en général.
Et donc, on fait des aménagements, par exemple dans les écoles pour que les petites filles aient autant d'espace que les garçons. C'est des choses symboliques mais voilà c'est très important. Et puis après bon bah il y a des batailles qui ont été menées.
Alors par exemple à Cadix, il y a une politique en faveur des sans-abris hein. On a recensé tous les sans-abris dans la ville, on a essayé de les aider. Il y a des politiques en faveur par exemple des personnes âgées hein, personnes âgées qui peuvent pas se déplacer dans les résidences qui vivent chez eux seuls.
On a créé un service municipal où la les comment dirais-je les les résidences pour personnes âgées cuisinent un peu plus et peuvent distribuer à domicile des repas pour les personnes âgées qui ne sont pas voyez des choses comme ça. des plans de continuité alimentaire par exemple pour les enfants vraiment qui en ont besoin, qui sont dans les familles les plus pauvres qui parfois bon bah se nourrissent d'abord avec les écoles publiques. Qu'est-ce qu'on fait quand il y a pas d'école publique l'été ?
On fait un plan de continuité alimentaire pour quand même s'assurer que voilà et puis des des des comment dirais-je des des programmes de municipalisation. On a le cas notamment à CADIS avec le service des plages. Alors c'est symbolique mais voilà on récupère tout ce qu'on peut.
Alors, les municipalisations, c'est compliqué parce qu'on s'attaque à d'autres niveaux de pouvoir, hein. On s'attaque parfois à la métropole, on s'attaque parfois à l'État, on s'attaque par à des compagnies privée, mais même si vous n'y arrivez pas, vous pouvez mener la bataille. On a parlé de l'eau.
Bon bah, si dans votre ville, il y a pas de régie publique de l'eau, bah vous pouvez faire campagne là-dessus. Ça se fera pas demain, mais progressivement ça peut se faire. Alors, je conclus parce que j'ai déjà trop parlé.
Gagner les élections ce n'est pas prendre le pouvoir. Juste une petite leçon, on a vu vraiment dans tous les cas des attaques féroces des oppositions qui bien évidemment bon on fait que par dans le cas de Madrid ou dans le cas de la Galice, ça peut vous amener à des échecs assez rapidement. Mais il faut bien être conscient de ça.
C'està dire faut être conscient que les libéraux ils sont libéraux que quand ils ont le pouvoir pour eux. Mais quand ils ont plus le pouvoir et surtout quand on a des coalitions de gauche radical qui arrivent au pouvoir, là ils sont plus du tout démocrates et vous voyez un axe libéral autoritaire qui se crée avec l'extrême droite et tout est permis. Campagne de diffamation, procès qui n'en finissent jamais et cetera.
Le parti bah ça fait comme les fill au Espagne, il y a plus d'une dizaine de procès en diffamation ou en pour tout tout est tout est permis. Aucun n'ont mais voilà, faut être conscient de ça. Donc il y aura des groupes d'intérêt contre vous à Barcelone par exemple les hôteliers parce que bah c'est un groupe très important voilà pouvoir économique, ils ont fait la guerre à Dakola.
Bon euh en Galice, il y avait même l'administration. Ils ont mis en place, par exemple en Galis, euh un programme de budget participatif et de démocratie participative. C'était les propres membres de l'administration locale qui disaient qu'en gros bon ça sert à rien, ça va rien changer, trop compliqué, ça nous fait du travail en plus. ils se sont opposés de l'intérieur hein, à leurs propres élus.
Donc faut être conscient de ça, faut se préparer à ça. C'est voilà. Mais on peut résister bien évidemment.
Et ma conclusion, je suis désolé, j'ai dépassé de 3 minutes 30, c'est que malgré tout, voilà, on peut quand même modifier l'agenda des politiques locales. On peut agir euh réguler le droit au logement, par exemple. On doit s'attaquer.
S'il y a des logements vacants dans votre ville, vous faites vous vous y attaquez. Voilà, vous avez droit. Alors certes, il y aura des gens mécontents, vous attaquez aux droits de propriété, vous aurez plein de gens aux fesses, mais c'est pas grave.
Pourquoi ? Parce qu'il faut savoir pour qui vous gouvernez. La transparence, l'éthique, c'est pareil.
Vous pouvez rendre les comptes de la mairie, le budget de la mairie beaucoup plus public, savoir comment on utilise l'argent public, hein. On peut créer sur le site internet de la mairie, voilà, dire voilà les investissements, tata, les aménagements urbains, donc l'espace public sera approprié, les quartiers, les transports, le vélo. Il y a des villes en France où on va vers une gratuité par exemple on a le cas, je crois de la métropole de Dquerc où voilà, il y a des transports publics entièrement qui vont vers la gratuité.
À Newor aussi, on a ce cas. D'accord. Donc dans des grandes villes, c'est possible les espaces partagés et cetera.
Et puis surtout, voyez en fait ce qui ce qui est intéressant, c'est qu'on a des cas par exemple dans le cas de Madrid où la mer rapidement a mené une politique plutôt social-démocrate en fait parce qu'elle elle est pas vraiment issue de la gauche radicale. Ils l'ont mis comme dirigeante de la coalition parce que Manuel Carmena, elle était connue comme juge et cetera et tout de suite elle s'est modéré et ben en fait tout de suite elle a perdu. Pourquoi ? parce que son électorat traditionnel c'est démobilisé.
Tous les gens du droit au logement l'ont les lâché en disant bah vous faites rien. Et l'opposition s'est mobilisé contre elle. Donc vous perdez des deux côtés.
Donc ce qu'il faut surtout c'est avoir une forme de radicalité, ne pas avoir peur de faire des choses voilà qui sont anticonventionnelles, mais en les présentant comme dans le sens commun, dans l'intérêt de tous hein. Parce que au fond le droit à l'éducation, le droit au logement, c'est des droits fondamentaux. Ça s'adresse à tous les citoyens.
Vous vous adresserez, c'est pas juste à votre camp. Vous améliorez la vie de l'ensemble de vos concitoyens au niveau local. Voilà.
Merci beaucoup de votre attention. Merci beaucoup Mathieu. Ça ça ouvre pas mal de perspective et de réflexion notamment sur la conquête du pouvoir mais aussi ce qu'on va faire une fois qu'on sera arrivé dans nos villes.
Et j'en profite pour saluer mon collègue Sébastien Rome qui est le futur maire de l'ODEV si tout se passe bien. Donc voilà. Alors, je vais pas saluer à toutes les candidates et candidats futur maire que j'ai reconnu de Colombie à Caor.
Voilà. Mais mais en tout cas, je suis très content de vous voir ici et je vais laisser la parole à Maria Francesca et après on ouvrira le débat dans la salle s'il y a des questions, des réflexions et toi tu vas nous parler du cas de Napl qui est peut-être un peu moins connu en France et qui pourtant est très intéressant. Merci et merci pour cette invitation.
J'ai déjà eu l'opportunité d'échanger avec des acteurs municipalistes français mais je trouve ce dialogue vraiment intéressant parce que évidemment LFI a eu la capacité de avoir un dialogue avec des différents classes et catégories sociales. Euh du coup merci en avance pour les échanges qu'on aura. Euh je vais introduire un petit peu comme il est écrit dans le titre la question des comment euh parce que en fait la question des comment était vraiment au centre de l'administration de des magistres des du gouvernement né municipaliste en Apple.
Tout d'abord euh ce que bah ce qu'on peut dire c'est en général sur les municipalismes, c'est que euh en fait euh le succès du municipalisme est dû à au fait de pas considérer euh la commune, la collectivité locale comme un instrument de la politique nationale, mais vraiment comme le point d'atterrissage des droits. Il y a vraiment beaucoup de choses, beaucoup d'actions, beaucoup de politiques qu'on peut faire au niveau local, au niveau de la commune justement pour aborder tout directement des droits fondamentaux dans les quartiers populaires et dans des catégories qui en ont besoin. Et du coup dans le cas de Naples et c'est pour ça que je vais introduire le thème des comments.
Les comment ont permis à cette nouvelle mairie du changement de l' de magistrelle qui était en le fruit d'une délusion d'une crise des parties traditionnelles de droite et de gauche. le le rapport le dialogue avec les commenta était justement une façon pour agréger un consensus différent pour trouver des nouveaux pour trouver et organiser euh des nouveaux électorats notamment en jouant sur la capacité des gens de s'auto-organiser. Évidemment, Mélinchon hier parlait de LFI comment parti avec un pied dedans et un pied dehors des institution.
Et voilà dans les pensées municipalistes, on dit souvent un pied de un pied dedans, 1000 pieds d'or des institution. Ça veut dire qu'il faut vraiment faire attention à pas seulement prendre le pouvoir au niveau local mais aussi faire en sorte que les communautés comme on en a parlé plusieurs fois dans ces amphies sont capables de s'autodéterminer et de construire vraiment une alternative de société solidale antiraciste, antifasciste, antisexiste et cetera. Et du coup le discours des commun euh souvent il est considéré par les programmes municipalistes évidemment parce qu'il permet d'aborder un peu les trois contradictions, les trois exploitations du capitalisme, c'est-à-dire pas seulement les l'exploitation du travail euh dans la dynamique entre les capital et le travail parce que très souvent les commences répond à des nécessités de partage et autogestion des moyens de production euh comme il a été par exemple le cas dans la silo qui a été le premier des commandes de Naples où les artistes ont commencé vraiment partager les moyens de production avec une vision large, c'est-à-dire en engageant la population toute entière dans l'aménagement de l'espace mais réponse aussi à l'exploitation de la nature.
Il y a beaucoup de comands qui en soutenant l'autodétermination des personnes sur leur territoire ont évidemment mis en place des combats écologiques, des combats d'autodétermination sur le territoire notamment dans les périphéries polluées exploitées de bagnolique un quartier euh périphérique où un une ancienne usine avait pollué en fait la mer et la côte littorelle littorelle et finalement le travail de soins de CER, c'est-à-dire le travail reproductif qui est souvent exploité par le capitalisme. Et en fait ce qui le comment font sont de valoriser et surtout d'émanciper ce type de travail pour le mettre au service de la création d'une société qui est au-delà de la compétition capitaliste, de euh de la méfiance et cetera et qui permet vraiment de créer euh de nouvelles sociétés solidaires. Et en arrivant à Naple, la l'idée ça été de pas seulement se rattacher à des à des comments, à des biens qui sont nécessaires pour les droits fondamentaux parce que vous savez que en Italie le débat sur le comment a été fondé principalement sur la question des droits fondamentaux.
Elon Rostrom nous a montré a gagné un prix Nobel en nous montrant que les gens sont capables les usageurs d'une ressource sont capables de s'autoorganiser au-delà de l'état c'est-à-dire de l'état comprendu d'une façon traditionnelle verticale et au-delà du marché. C'est-à-dire que les gens sont pas des usageurs de service euh et ou des usageurs de service public, mais qui sont des gens capables de créer ses propres règles. Et dans le discours politique italien, euh cette idée a été vraiment politisée à partir des droits fondamentaux.
Euh il y a une proposition loi qui portait à la protection des communs euh comme euh à les identifiant comme des biens qui expriment des utilités fondamentales pour les droits humain et que du coup doivent être accessibles à tout le monde et mis hors du hors du commerce. Euh ce que on a créé avec les communs urbains, c'est ce qu'on appelle les biencommands émergents, c'est-à-dire revendiquer la possibilité pour la population, pour les gens, pour les habitants du quartier de choisir quelles ressources doivent être considérées comme des comment et de les autogérer euh d'une façon partagée euh pas que avec pas avec les instruments traditionnels de l'administration partagée ou des accords, des contrats avec la mairie, mais vraiment à travers l'autogouvernement, l'autogestion des communs. Et évidemment, ça se rattache aussi à la lutte.
Ça en effet ça se rattache à des différents racines euh parmi lesquelles il y en a de international, c'est-à-dire la crise internationale de de la dette en fait euh par laquelle l'Italie comme tous les sud de l'Europe a été particulièrement concernée et du coup la mobilitation des mairies du changement dont on parlait avant à l'Espagne, les places des indignados et cetera. Mais il y a eu aussi le référendum sur l'eau euh en Italie parce que il y avait une loi du gouvernement Berlusconi qui imposait en fait la privatisation de l'eau. C'est pas que la permettait mais en fait elle l'emposé et le discours de l'eau bien commun, c'est-à-dire l'idée que l'eau soit ambiant nécessaire aux droits fondamentaux et qu'elle doit rester pas seulement publique comme propriété mais aussi publique comme modalité. de gestion, c'est-à-dire ouverte à tout le monde sans des barrières économiques et sans des profits économiques et euh avec des démarches participatives.
Cétait ce qui agré un consensus inédit pour un référendum citoyen qui a finalement permis d'abroger cette loi qui imposait la privatisation de service public. Et en fait la Naple un des seuls cas probablement le seul cas qui a complètement euh implémenté, qui a complètement actualisé les résultats du référendum en réalisant gestion complètement publique et participer de l'eau public. On m'a demandé un peu de aussi d'aborder les thèmes de comment euh saner l'administration municipaliste en APLE et de comment on a pris le pouvoir et de qu'est-ce qu'on a fait après.
Et en fait, évidemment, il y a il y avait des questions locaux des questions locales, c'est-à-dire évidemment en Italie, il y a une tradition de sens social autogéré euh qui sont pas les sens sociales comme vous les connaissez en France, mais qui sont en fait des lieux qui sont autogérés par des collectifs politiques pour répondre à des besoins fondamentals et en même temps pour organiser la participation politique, pour sensibiliser les personnes les quartiers euh sur certains principes politiques. Du coup, vraiment en Italie, on a une tradition d'autogestion d'espace. Qu'est-ce qui a permis de créer une société là là où il a permis évidemment de créer une société militante, de mobiliser même les quartiers populaires et les gens qui étaient éloignés de la politique.
Et en plus, il y avait évidemment des loutes écologiques notamment très particulières de territoire qui avait agrégé qui avaiit déjà agrégé des intérêts différentes, c'est-à-dire un peu les élites intellectuelles ou certains élites intellectuelles, certains intellectuels avec des comités de quartiers, des comités de des aras concernés qui ont commencé à revendiquer la possibilité de s'autodéterminer par rapport à leur territoire. Je parle en particulier de la question de Bagnoli dont je parlais avant et aussi la question des déchets urbains qui avait été en grande crise euh en APL. Euh dans ce cadre, la liste de des magistres c'est la pu comme je le disais en effet euh cueillir les moments de crise des partis traditionnels qui étaient très forts en Italie.
C'était un moment où l'antipolitique où de toute façon les listes qui sont dehors de la politique traditionnelle ont gagné beaucoup de terrain en Italie. Et euh en fait ce qu'il a fait tout au début et c'est comment on peut aussi c'était dans les dans l'idée de Barcelona incomode à Daakola c'est vraiment de proposer parfois d'une façon un peu populiste, une façon différente d'aménager la ville pour les droits des habitants et pas pour en dehors des intérêts organisés qui étaient déjà au pouvoir dans la ville. Et en fait un peu comment il venait, il était évoqué avant au tout début euh la campagne de des magistr [Musique] qui qui venaient de des crises qu'on avait observé comme celle des déchets urbains et du sentiment des méfiances de contre les institutions en général et les partis poli. politique en général.
Euh du coup, ce qu'il a fait c'était vraiment de chercher des nouveaux électorats euh de participer aux assemblées habitantes. Et en fait dans ce cadre, les mouvements qui ont porté à la création des communs urba à la création des assemblées citoyenne de massacritique à les assemblées municipalistes, euh c'était vraiment une façon de pour pour évidemment la communauté de s'autoorganiser et donner son agenda politique, mais euh évidemment aussi pour le maire pour pouvoir avoir une nouvelle base électorale face euh voilà à la situation de méfiance par rapport aux partis traditionnelles et aux classes intellectuel et et économique dominante dans la ville. Euh qu'est-ce qu'on a fait en concret notamment par rapport au commun urbain ?
En fait, la plupart des commands urbains, bah tout en fait tous les commands urbains qui qui existent en Apple qui ont été reconnus en Apple, il s'agit de h espaces, ont été occupés tout d'abord d'une façon illégale. Euh c'est-à-dire c'était pas l'Amérique qui a décidé de les revitaliser, de les régénérer. en fait les habitants qui se sont sais dans le lieu pas pour leur même pour eux-mêmes pour leur enterrer bien évidemment aussi pour leur enterré c'est-à-dire pour répondre collectivement à des besoins collectifs mais aussi pour la ville toute entière et du coup ils se sont vraiment saisis de la responsabilité de proposer de créer des politiques publiques pour la ville et là vraiment je trouve que la la mairie a eu le courage de se mettre à l'écout de ce que la communauté venait de faire et de reconnaître euh juridiquement ce que ce qui se passait.
En fait, les ce qui s'est passé, c'est que les communautés des commun ont inventé euh un nouveau outil juridique qui a permis de reconnaître les autogestions qui avenaient euh à chaque à chaque jour, à chaque semaine par des assemblées publiques. On a utilisé un instrument qu'on avait dans le droit italien qui portait notamment sur l'aménagement collectif des terres rurales, des pâturages de terres collectives qui permettait justement à des communautés d'autogérer des domaines collectifs euh selon des règles qui naissent par les usages euh qui se sont créé dans le temps euh dans l'utilisation la ressource sur la base de certains valeurs constitution Nel, on a pu créer euh le même la même dynamique dans un commun urban, c'est-à-dire l'occupation qui était tout d'abord illégale a permis et et qui a été en fait toléré évidemment par la Nouvelle mairie par la mairie municipaliste a permis de commencer créer des pratiques et des règles vraiment d'ouverture parce que les critères c'est d'ouverture à tous les monde avec des critères d'antifascisme, antiracisme, anti sexisme. et de sage non exclusif des biens.
Et euh du coup, ces règles ont été écrites dans des déclarations de sage civique qui ont été reconnues par la ville. et après le réseau de ces comaient été reconnu pas avec un contrat entre la ville et des associations des comment et cetera, mais avec la reconnaissance des organismes d'autogouvernement des communautés informelles, on crée une plateforme municipaliste qui s'appelle Massa Critique et qui avant les élections de 2015 a décidé de proposer de se mettre ensemble pour proposer à la au prochain maire n'importe qui aurait été parce qu'on savait pas encore qui aurait été mais euh de proposer un agenda partagé une agenda qui sortait de des assemblées publiques et évidemment des magistres a participé à cette assemblée mais en fait la dynamique a continué à être différemment et là c'est la principale différence entre peut-être entre Barcelona et Napl euh a continué à être de dialogue de d'une dynamique dialectique entre les mouvements qui ont continué à être autonome et le gouvernement de la ville qui s'est mis à l'écout de ce que les mouvements disaient. Et ce que je trouve pour être intéressant aussi pour un programme politique qui soit pas en Italie, je trouve c'est un peu la façon dont cette expérience a renouvelé la participation politique et la propriété.
Évidemment, euh tout d'abord euh c'est ce qu'on a fait en APL, c'est-à-dire la création d'un nouveau outil juridique qui reconnaissait l'autogestion, l'autogouvernement des comments. Euh on l'appelait usage créatif du droit. Et ça a permis vraiment aux gens, aux communautés avec les cours et la collaboration du gouvernement de la mairie de créer des nouvelles institutions, c'est-à-dire des nouvelles façons de gérer des biens publics.
Mais aussi ce que Massa Critique cette plateforme municipaliste a fait, c'est aussi il a été aussi de proposer proposer obtenir des nouvelles institutions comme l'observatoire de comment et le conseil d'audit sur la dette publique pour vraiment euh mettre des activistes dans ces institutions qui étaient dans ces organismes consultatifs du gouvernement local qui était pas l'organisme traditionnel de experts avec des titres mais qui étaient vraiment les activistes qui pouvaient se saisir de l'intérêt général et créer des moments d'élaboration euh en soutient des politiques de la ville mais évidemment aussi de dialogue avec avec les activistes, les communautés informelles et euh en plus le l'expérience des commenta à mon avis au moins a permis de vraiment organiser la participation politique, c'est-à-dire tous les instruments que vous voyez dans les programmes de démocratie participative, les consultations, les concertations, les différentes formes de dialogue entre la ville et les citoyens euh porte toujours des risques. un des risques, c'est d'être instrumentalisé dans une logique libérale, c'est-à-dire faire semblant que tout le monde est au même niveau. Et du coup, on organise des assemblées où tout le monde parle mais en effet pas tout le monde a la même possibilité d'être là. pas tout le monde a la même possibilité de bien en parler et de parler d'une façon rationale et tout ça et du coup évidemment la participation où chacun vaut une personne comme les dis euh a ses limites et du coup la l'autoorganisation et le soutien l'autoorganisation des habitants permet de vraiment mettre en place une dynamique participative qui soit attentif des injustices sociales des différences sociales, des différentes conditions avec les gens avec lesquels les gens puissent accéder à la participation politique.
En même temps, les consultations, les utiles des démocraties participatives sont souvent euh appropriées ou acqué par des intérêts privés. Euh et là c'est un vrai danger parce que une fois qu'on a mis en place une organisme, une processus de participation politique, là il est difficile de tourner à l'arrière. Euh du coup du coup la possibilité pour les communautés de s'auto-organiser, de faire ses propositions euh dans dans des processus de décision publique.
Ça importe la possibilité de vraiment de faire de donner une substance au processus participatifs. Et enfin, c'est des instruments qui sont vraiment antitechnocratiques, c'est-à-dire dans les labor les les comment se sont comportés ont fonctionné comme des vrais corps intermédiaires, même si différents des corps intermédiaires traditionnels. Et du coup, ils l'ont permis de vraiment échanger, faire de la pédagogie, et mettre des expertises qui existent quand même dans les communautés au service de l'intérêt général.
Et du coup, enfin, juste pour conclure euh en paix sur les points de force et les limites de l'expérience. Évidemment, comme je le disais euh en APLE, le choix était de de la part de la mairie a été vraiment de ne pas avoir les de la part des mouvements des des activistes aussi de ne pas avoir ces mouvements dedans, mais de garder une dynamique de confrontation qui a permis en même temps de changer vraiment les institutions. Et là, j'aime souligner que comme la dynamique comme cette dialectique a permis de garder l'autonomie des communauté euh là les instruments des comment et les instruments qui ont été mis en place pendant la période de l'administration municipaliste, ça existe toujours même dans un nouveau gouvernement parce que les mouvements ont gardé leur autonomie et ont gardé leur consensus sur leur territoire, ce qui a permis de rendre vraiment difficile d'un point de vue jure. et d'un point de vue politique de changer ce qui avait été fait dans la par la mairie précédente et évidemment ce qui a été peut-être la limite aussi de l'expérimentation c'était justement ça que la la liste elle-même elle est restée concentrée sur à peu près une personne et du coup il y a bah comme les mouvements et les dynamiques participatives ne sont pas vraiment rentrés dedans le parti politique et la force politique.
Là, on a eu évidemment des problèmes avec la suite. Quand on a plus pour candid, on a dû changer les candidats. Évidemment, la on a souffert le fait qu'on n pas ou une majeure pluralité, un majeur accès des mouvements à l'intérieur de de la liste elle-même.
Et voilà, je ferme là. Du coup, j'imagine qu'on aura des questions et merci encore. [Applaudissements] Merci beaucoup Maria Francesca pour cet exposé en français en plus.
Donc vraiment chapeau à toi. Alors on va je vous propose de lever la main si vous voulez intervenir les unes les uns les autres. On va essayer de prendre un maximum de d'intervention de manière paritaire évidemment.
Juste un petit mot par rapport à à vos deux exposés. Je pense que ce qui est revenu aussi et ce qui nous intéresse, c'est la question de la participation des habitantes et des habitants euh tant dans la conquête du pouvoir et toi tu as exposé comment en Espagne ça avait pu se faire, comment si en Italie alors avec la tradition des des centres sociaux autogérés parce qu'il y a une tradition en autonome et anarchiste en Italie assez forte. moi que j'ai pu aller expérimenter d'ailleurs à Milan.
Je suis allé dans un centre social autogéré quand j'étais jeune. Et euh et aussi en Italie où il y a en Espagne pardon où il y a une tradition anarchiste forte d'ailleurs qu'on connaît aussi à Toulouse puisque Toulouse était capitale de l'exil de la République espagnole et où le syndicat de la CNT notamment était assez important jusqu'à il y a quelques décennies. Mais tout ça montre qu'il y a déjà des ferments parfois dans nos villes de participation de culture politique qui existe et qui sont préexistantes et sur lesquelles on peut s'appuyer aussi pour créer une dynamique.
Et là-dessus, moi je tiens à dire que à mon sens, il y a souvent un écueil qui existe en France de manière globale, c'est le manque de culture historique qu'on peut avoir de nos villes. Alors que nos villes sont souvent riches d'expériences militantes qui parfois sont effacées, sont oubliées parce qu'il y a pas de transmission de ces luttes, de ces mémoires là. Moi, je prends le cas de Toulouse par exemple, j'ai redécouvert il y a que quelques années.
Alors, pourtant, j'ai fait des études d'histoire qu'en fait, contrairement à ce qu'on me racontait tout le temps, Toulouse, la municipalité c'était pas les bodies seulement, c'était aussi toute une tradition de mer socialiste rouge qui quand il gagnait au Capitol mettait le drapeau rouge sur le Capital. Enfin voilà donc euh et qui en fait des transformations les plus importantes de la ville et je suis sûr que ça vaut ça vaut le le coup aussi ailleurs de regarder ce qui a pu se faire. La participation des habitants, la mémoire de la ville, son identité politique et aussi quand on arrive au pouvoir, comment on compose avec les habitantes et les habitants pour que bah déjà les décisions soient les plus partagées possibles mais pas que pour qu'ils apportent des propositions et qu'on en tienne compte. tu as parlé des agendas municipaux, tu as parlé aussi de l'accaparement des biens communs par ces dynamiques, on va dire militante.
Et nous en France, je pense qu'on a une difficulté, c'est que tu évoquais à juste titre les réunions de concertation où euh enfin, vous devez tous connaître ça puisqu'on est des militants, donc nous, on se les fade euh qui sont souvent des réunions de frustration, voire d'humiliation pour les personnes puisqu'on se retrouve face à des technocrates avec un langage très particulier. qui désespère les gens. Du coup, il y a toujours les mêmes personnes.
Du coup, celles et ceux qui viennent pour la première fois se sentent totalement perdus par rapport à ça, frustré, voir se sentent humilié parce qu'on se sent pas inférieur, infériorisé. Exactement. Et donc, on part aussi de ce de cet existant-là et qu'on va pas résoudre comme ça d'un claquement de doigt ou avec une baguette magique parce qu'on a une solution miracle.
Et c'est pour ça que je trouvais intéressant aussi de se dire que il faut se donner la possibilité d'essayer des choses, d'expérimenter des choses et donc de se tromper hein, puisque comme dirait un célèbre rappeur que j'aime bien, qui ne se plante jamais, n'a aucune chance de pousser et euh et donc je pense que c'est des réflexions qu'on doit avoir. Euh je vais laisser la parole désormais si vous avez des questions ou des remarques. J'ai vu des mains se lever et après j'ai parlé, du coup elles se sont rabaissées.
Euh là-bas, il y a quelqu'un ? Ouais. Johann va faire passer le micro.
Donc levez la main vers Johann qui est là si vous voulez qu'il vous voit. Bonjour, merci beaucoup pour cet exposé, c'est super intéressant. J'ai une petite question, vous l'avez pas mal évoqué le une fois qu'on a gagné la mairie, on a on a loin d'avoir fini le travail et du coup comment on fait avancer une mairie qui a été conquise par une force alliée ou une force insoumise et on fait avancer de concerts avec les forces militantes.
Donc qu'est-ce qui est qu'est-ce que vous avez pu voir à Barcelone ou à Napl de cette synergie qu'il peut y avoir pour ne pas faire s'épuiser des dynamiques qu'on a créé lors des municipales et au contraire ramener d'autres personnes dans la lutte et pouvoir aller plus loin et faire avancer la municipalité. aussi on essaie de faire un homme, une femme et cetera pour des question par évidemment pour l'Italie. Moi j'aimerais bien savoir si c'est actuel parce que je n'ai pas entendu de date et par rapport au fait que maintenant il y a l'extrait une droite, qu'est-ce que ça a changé ?
Et pour l'Espagne, vous avez pas mal évoqué que ça s'est arrêté donc en 2019 pour les villes qui n'étaient pas assez radical mais il me semble que de toute façon ça s'est encore c'est moi qui parle ça s'est encore arrêté après enfin comment on pouvez expliquer que finalement des expériences qui nous enthousiasment et qui semblent bien pour tout le monde comment ça s'est arrêté enfin pourquoi est-ce que vous pouvez nous aider pour que quand nous on va le faire ça ne s'arrête Bonjour et merci beaucoup pour la présentation, c'était trop bien et moi je viens de Cadis en fait donc merci pour la présentation et je connais bien Alkichi euh c'est le nom que on le donne à Ros Ros Marie et en fait moi j'avais deux questions pour vous. Euh la première question, c'est comment est-ce qu'on pourrait se réappropier de ces passes dans des municipalités qu'on était prise par la droite et la droite ? Peu importe soit au niveau de la France, de l'Espagne ou de l'Italie parce qu'aujourd'hui c'est le cas.
Et la deuxème question, comment est-ce que euh on pourrait euh incorporer la population migrante euh qui aujourd'hui représente aussi un gros question pour la gauche euh donc et améliorer ces ces crises d'accueil qu'on a dans nos villes en fait dans nos municipalités selon votre point de vue. Voilà. On va encore prendre deux questions, après on fera un retour puis ensuite on reprendra les question.
Euh du coup, moi je voulais réagir sur le côté autogestion. Donc moi, je viens aussi de la tradition anarchiste. Euh du coup, je connais euh les limites que ça peut avoir et je me disais comment est-ce qu'on peut articuler justement un soutien tout en conservant l'autogestion.
En fait, quel est le rôle de la mairie là-dedans ? Comment soutenir sans étouffer en fait ? Oui.
Oui. Moi ce que j'aimerais c'est faire un petit témoignage de ce que nous avons fait dans notre ville. Voilà.
OK. Est-ce que tu es en capacité de le faire en 2 minutes, 3 minutes ? Oui, je peux essayer.
Alors euh pour reprendre ce que euh Maria Francesca a dit et vous aussi, j'ai mince, j'ai oublié le prénom, euh nous avons essayé de faire participer la population et cela dès la campagne électorale. Euh c'est une ville de 15 C'est dans quelle ville, pardon ? C'est une ville de 15000 habitants.
Mais ça a l'air d'une petite ville, mais en vérité c'est la troisème ville du département parce que j'habite dans les landes. Et elle s'appelle comment ? C'est Saint-Paul.
Comment ? Saint-Paul LDAX. D'accord.
Voilà. Donc nous avons fait dès la campagne euh ce ce que nous avons fait. Nous avons distribué dans toutes les boîtes aux lettres un document disant que nous voulions organiser des réunions publiques sous forme de d'atelier autour de thème et demander aux personnes de dire ce qu'elles souhaitait pour leur pour comme débat.
Donc nous avons organisé trois trois soirs des rassemblements de la sorte et organiser plusieurs tables ronde dans une salle publique. Et puis nous avons récolté tout ce qui nous avait été dit et nous avons essayé d'établir à partir de là un programme pour notre ville que nous avons à nouveau proposé par distribution en boîte aux lettres et euh et puis nous avons fait trois autres réunions où nous avons sollicité les retours par rapport à ce qui avait été proposé et nous avons encore amélioré notre notre programme. Donc nous avons réussi à être élus.
Mais quand je parle d'être élu, il ne s'agissait pas que d'insoumis parce que dans la municipalité sur 24 élus, il y avait des socialistes essentiellement beaucoup de personnes de la société civile non encarté et deux écologistes, trois communistes et deux insoumis. Voilà. Donc au début, on a mis en application pas mal de choses.
Par exemple, l'enregistrement des conseils municipaux, la présence du public qui pouvait poser des questions à la fin du conseil municipal et cetera et cetera. Euh et puis nous avons essayé de faire des conseils de quartier. Nous avons donc divisé la ville en quatre quartiers et donner un budget et une autonomie à chaque quartier pour qu'il qu'il propose et fasse des choses.
Ça ça a marché bien dans un quartier, dans deux autres moyennement et dans celui du centre pas du tout parce que finalement les gens me nous disait mais il y a déjà tellement d'animations dans notre quartier que bon on voit pas ce qu'on pourrait faire de plus. C'est très bien soigné le centre. Voilà donc là ça n'a pas marché.
Et puis je dirais que depuis 1 an et demi euh alors qu'au départ on a beaucoup pu mettre de choses en place. Là, je parle que de la participation citoyenne, mais moi, j'étais adjointe à la petite enfance et aux affaires scolaires. J'ai pu mettre pas mal de choses en place, mais depuis 2 ans, euh tout le monde est tendu par rapport à la prochaine échéance électorale et je dirais que les socialistes ont pris le dessus et que ben on peut plus rien faire, les autres ne peuvent plus rien faire.
Voilà. Donc c'est une expérience assez frustrante et euh enfin et même douloureuse. Oui.
Bah merci en tout cas à toi de ton témoignage. Ton prénom c'est Martine. Marine Martine.
Bah merci beaucoup à toi en tout cas de ton témoignage et parce que ça montre bien aussi qu'avec la meilleure volonté du monde, on se retrouve face à des obstacles dans dans les communes une fois qu'on est aux affaires. Je vais vous laisser répondre Mathieu et Maria et Maria juste 3 minutes chacun pour qu'on puisse revenir et reprendre des questions puisqu'il y a d'autres mains qui sont levées. Merci.
Bon alors j'essaie de résumer vraiment l'essentiel. Alors la question en fait de nous en sciences politique on parle de le mouvement d'institutionnalisation. C'est comment les mouvements sociaux peuvent arriver se transformer en parti politique arriver au pouvoir et qu'est-ce qu'on fait après en fait ?
Donc ça en fait c'est un processus assez classique en fait. Donc qu'est-ce qui se passe ? Bah vous avez vos militants, vous avez votre liste, vous avez voilà, vous avez fait campagne, vous avez des cadres et tout.
Ces gens-là, ils deviennent élus. Bon et donc de fait faut être conscient que souvent le processus classique, c'est qu'il y a un essoufflement en fait de la base. Donc la question c'est comment arriver à à garder une base quand les nosilleurs militants, si on peut dire deviennent des élus ?
Alors, il y a deux choses. Premièrement, c'est comme on l'a dit, c'est que ces élus, faut essayer que bah les autres qui viennent derrière, souvent les plus jeunes, voilà, le reste de votre base en fait, leur mette un peu la pression et les contrôles d'une certaine manière en les obligeant d'être élus dans l'institution, mais aussi en dehors, c'est-à-dire voilà garder un pied dans les mouvements sociaux, dans votre ville, dans vos vos quartiers. Donc c'est pas forcément évident, mais voilà, faut essayer de de maintenir un contrôle sur vos propres cadres, si on peut dire, hein.
Et deuxièmement, bah il faut aussi que les cadres assument le fait que bah faut former une nouvelle génération, faut former d'autres gens derrière, faut qu' a voilà, chacun a son rôle à jouer. Et le problème souvent, c'est qu'on on voit une forme de parlementarisation des élus locaux, si on peut dire, et le groupe local en fait, il tourne autour de l'élu en fait. Et ça c'est un gros problème.
Souvent les élus, ils sont confortables là-dedans parce qu'ils disent "Bon bah tiens, j'ai pas d'autres concurrents locaux dans le groupe et cetera." Très bien. Ouais.
Sauf que c'est un piège parce que derrière quand vous retournez bah il y a plus personne. D'accord ? Donc faut être conscient de ça et essayer de de garder ces deux pieds.
Et ce qu'on voit bah c'est que ceux qui réussissent le mieux à faire ça, bah c'est ceux qui ont le plus de de chance de survivre quoi, par rapport à ce qui les concerne eux-même. Après, il y a les opposants, il y a le contexte, il y a tout ça. Mais en tout cas, ce qu'on peut faire nous c'est ça quoi, c'est avoir des élus dans les institutions et aussi en dehors qui restent des militants en fait.
Voilà, qui restent des militants et derrière amplifier le groupe local. Deuxièmement, par rapport à l'échec. Alors, il y a toujours des des raisons multiples et variées he dans le cas espagnol.
Voilà, les cas de Barcelone, le cas de Valencia quand même, c'est quand même la 2è et la 3è ville d'Espagne, c'est pas rien. Le cas de Cadis aussi, moi je parle pas d'échec parce qu'ils ont été élus quand même pendant deux mandats hein, pendant 8 ans. Ils ont fait vraiment pas mal de choses quand même.
Et ensuite, il y a des effets d'alternance. Il y a le fait aussi qu'il faut voir que la politique locale, malheureusement, elle est aussi imbriquée dans la politique nationale, hein. Donc quand on vous fait une élection municipale au milieu du Covid, votre campagne, malheureusement, vous avez beau faire tout ce que vous pouvez et vous êtes plombé par le contexte national, vous y pouvez rien.
Donc il y a quand même des facteurs comme ça. Mais ce qu'il faut retenir, c'est que par exemple dans le cas de Madrid, bon bah il y a une trop grande modération dès le départ. Voilà, sur le logement, ils ont rien fait.
Bon et puis alors il y a des choses qui ont été fait sur l'espace public et cera mais pas assez durable. Si bien que dès la droite arrive au pouvoir, hop, ils ont remis en cause tout ce qui a été fait sur la piétonisation, sur euh la réappropriation des espaces. Par contre, vous prenez l'exemple de Valencia, ils ont vraiment pensé l'idée d'une ville des places alors qui à mon goût c'est pas assez élargi dans les quartiers hein, c'est d'abord dans le centre-ville et sa grande périphérie.
Mais voilà, ils se sont réappropriés tout un tas de places qui même si aujourd'hui la droite est revenue au pouvoir et bien ça monte leur leg et demain ils pourront dire voilà nous on a fait ça, c'est nous qui avons fait ça et les habitants trouvent que c'est bien. Voilà, il y a des politiques concrètes qui resteront hein sur l'écologie, sur le fait que c'est une ville verte et cetera. Euh dans le cas de Cadis, bon, il y a le leadership.
Kichi, c'était un leader très populaire. Il a fait l'erreur de dire "Dès le départ, je me représenterai pas plus que de mandat". Malheureusement, c'était l'erreur.
Il a il a il a tenu sa promesse et donc il a passé la main. Mais voilà, son successeur qui était pourtant adjoint, bon bah ils l'ont présenté un peu tard dans la campagne et cetera. Ça a joué un rôle indéblement mais ils ont perdu la ville à quelques milliers de voix hein.
À Valence aussi, c'est à quelques milliers de voix. Donc parfois ça se joue assez peu et finalement alors sur les deux autres questions, je j'essaie de de faire vite. Sera approprié par rapport à la droite, l'extrême droite quand il gouverne au niveau local ?
Bon bah ça c'est c'est la vraie question mais faut bien voir que vos opposants aussi font parfois des erreurs. On a vu en Espagne de des gouvernements d'extrême droite arrivent au pouvoir au niveau local, au niveau régional et à peine 1 an après, ils sont sortis des gouvernements régionaux parce que c'était tellement des bons ariens, ils faisaient tellement n'importe quoi que ils se sont autoexpulsés. si vous voulez.
Donc bon voilà, il il y a la possibilité de revenir de de la même manière que eux ils peuvent bénéficier des faits d'alternance, vous pouvez aussi en bénéficier. La question c'est quand vous êtes dans l'opposition, bah c'est vrai que c'est compliqué mais restez mobilisé quoi. Restez mobilisé en tant qu'opposant à la politique locale.
Voilà et puis le le temps viendra où les campagnes de demain préparent les campagnes de de l'avenir. Et alors sur la question des des populations migrantes, bon c'est une question un peu complexe parce que déjà il y a la question de bah voilà les migrants, bah c'est toujours ceux qui sont le moins défendus hein. Voilà donc c'est difficile mais je pense qu'on a un devoir de prendre à bras lecor cette question en Espagne.
La question par exemple à un moment donné tu te'en rappelles souvent avec l'aqualius de de l'accueil d'un bateau qui était venu qui était venu au secours de migrants méditerrané personne voulait l'accueillir. Bon bah ces villes on dit non nous on est des villes ouvertes voilà on va les accueillir. Il y a aussi la question de l'inscription sur les listes locales.
Les FFI fait ça à chaque élection. Les campagnes d'inscription, il y a beaucoup de gens parce que dans le vocab migrant, il il y a plein de gens en fait qui sont sans papier ou qui sont enfin il y a tout un tas de situations, mais il y a des gens qui sont français et racisés qu'on considère comme migrants et cetera alors que ils pourraient avoir accès au droits de vote, ils le savent même pas et cetera. Donc on peut politiser cette question dans le cadre des campagnes d'inscription sur les listes électorales, hein.
Dans le cas espagnol par exemple, il y a tous les personnes originaires d'Amérique latine qui souvent leur double nationalité et cetera. On peut les associer, ils sont très peu représentés dans les institutions locales euh en Espagne. Et voilà, j'en resterai là.
Merci. Désolé Mathieu, mais je suis obligé si on veut repasser et je donne le challenge à Maria Francesca de tenir moins de 3 minutes. C'est un record.
Alors euh comment on concert on discute avec les forces militantes ? Euh en fait ce que ce qu'on a eu en Apple c'était vraiment porte ouverte euh c'est-à-dire quand les mouvements allaient négocier des trucs avec l'administration, il y avait pas de représentant. Euh tout le monde pouvait entrer négocier avec la mairie.
Et là on crée vraiment des discussions qui portaient sur l'intérêt général de la ville. C'est-à-dire qu'est-ce que c'est mieux, qu'est-ce qu'il est mieux pour la ville. Et là aussi les les travailleurs de euh pas les élus mais les travailleurs l'administration si a un grand rôle à jouer euh parce qu'ils ont de l'expertise, ils savent euh comment ça marche la machine l'administration et ont pu contribuer en fait à la réalisation ce qu'on a réalisé.
Euh mais là on perdait un peu vraiment le son de euh moi c'est qui et toi c'est qui, mais c'était vraiment comment faire l'enterrêté de la ville et parfois il faut du courage. Euh ce qu'on a fait à Naple a été beaucoup de fois vraiment à la limite de ce qui était légal de faire. Évidemment, le maire est un juriste, l'ancien maire, il est un mag un ancien magistrat.
Euh, il connaît le droit, les activistes, il y a des activistes qui connaissaient les droits et cetera et du coup, on a toujours exploité en zone grise et on a aussi fait valoir que la valorisation des biens publics, c'est pas que la valorisation économique. On a créé des nouveaux outils juridiques, on a créé un aménagement public de l'eau. Ça c'est tous des choix qui sont qui ont des risques.
Cependant, quand les parquets ont fait des recherches, on a investigué, ils ont trouvé rien d'illégal, mais il y a une mairie qui a eu le courage quand même de se poser à cette limite. Et là, je trouve il est quand même important et en plus de accepter les conflits. C'est-à-dire que la mairie n'a pas pu dire moi n'a jamais pu dire moi j'ai derrière tous ces activistes parce que c'était pas le cas en fait il y avait comme je le disais en dynamique toujours conflit et même si on se soyait au même table dans l'enterrêt de la ville le jour après on pouvait avoir une manifestation contre contre la mairie.
Du coup, c'était pas c'était comme ça qu'on a gardé une dynamique, je trouve saine, salutaire entre les mouvements sociaux et et la mairie. Euh sur la question des dates, euh alors la mairie municipaliste dont j'ai parlé, ça existe plus. Maintenant gouvernement de coalition entre centre gauche qui est un peu parti démocratique un peu comme les socialistes et stelle qui est très libériste en fait mais beaucoup de changements qu'on a mis en place pendant la mairie de des magistres ils sont encore là justement pour la capacité d'aller vraiment changer pas seulement la politique mais aussi les mécanismes administratifs de la ville Et du coup là les commences ça existe encore.
Et juste pour répondre aussi à la question l'extrême droite, évidemment, on est toujours dans une dynamique plus de résistance que de conquête euh du palais d'hiver, mais euh quand même, on est arrivé à rester là pour la légitimation qu'on a construit dans le territoire et pour la quantité de changement administratif qu'il a fallu pour reconnaître les comment et qu'il est très difficile à détruire sans sans prendre la responsabilité. politique en tant que gauche de effacer des exemples international de de régénération urban, des comment et cetera. Et quant aux limites de l'autogestion, j'essaie un peu d'interpréter la question mais je me dis si si je me trompe.
La question c'est qu'est-ce que la mairie peut faire au moment où il s'aperçoit que les autogestions ont des limites ? Évidemment, c'est compliqué parce qu'il y a très peu de choses que on peut faire de de la de la part de la mairie pour soutenir dans ce cas les limites de l'autogestion. Mais je trouve que l'observatoire des comment que je que j'ai nommé avant, ça a été inutile très important parce que c'était en fait un conseil de personnes militantes de personnes qui connaissent très bien même s'ils sont des gens académiques ou pas, c'est des gens qui connaissent très bien l'activisme et et qui avaient la légitimation auprès des activistes euh pour pouvoir bah s'introduire ou dire quelque chose par rapport aussi aux dynamiques. interne.
Ça veut pas dire que l'observatoire était une médiation ou qui a sauvé qui a résolu toutes les limites des autogestions, mais je trouve que ça a été un instrument important dialogue entre les institutions et et les mouvements et et les communautés des comment et finalement par oui par rapport au migrant et à l'extrême droite, je trouve que on n' pas beaucoup à enseigner dans ce àfi euh en apple heureusement l'extrême droite n'est pas très forte et la situation en Italie assez difficile par rapport au vote des personnes migrantes parce que euh obtenir la le droit de vote la citoyenneté, il est encore plus difficile qu'ici et du coup c'est pas un électorat nombreux. Ce que je peux dire, c'est que vraiment ce qui est servi par rapport à l'extrême droite et à éviter l'expulsion des personnes migrantes, c'est vraiment les pratiques qu'on a mis en place dans les communs, c'est-à-dire parfois les gens, les quartiers devient d'extrême droite pour un manque vraiment de présence militant sur le territoire ou pour un manque de exemple concret de qu'est-ce que ça peut être la solidarité. Qu'est-ce que ça peut être une société mutualiste, une société solidaire ?
Du coup là, les pratiques, les comments, les autogestion, mais aussi les associations et cetera euh je trouve qu'ils font ils ont fait euh vraiment la plupart du travail par rapport à à l'extrême droite, pédagogie populaire et et à la présence sur les sur les territoires. Et oui, je m'arrête là. Merci à Maria Francesca.
Alors, je suis désolé étant donné le le temps qui nous reste, on va pas pouvoir reprendre de questions, mais vous pouvez si vous voulez après venir interroger Mathieu et Marien Francesca. Je vais vous laisser quand même chacun un petit mot de conclusion mais cette fois me faites pas le coup parce que j'apprends à vous connaître. Il faudra vraiment faire rapide.
Euh voilà euh pour euh pour qu'on puisse tenir dans le timing. Euh juste moi je vais faire le mien comme ça ce sera fait. Ensuite Maria Francesca et ensuite toi à Mathieu.
Euh bon, on s'apprête quand même à partir sur une élection qui euh je sais ici qu'il y en a qui sont chevronnés sur la question municipale, mais pour celles et ceux qui dont ça va être peut-être la première déjà nous, ça dure pas 4 ans le mandat si vous êtes élu, ça dure 6 ans. Donc ça veut dire que c'est un investissement que vous prenez, un contrat de entre guillemets de long terme d'investissement local théoriquement là-dessus. C'est-à-dire que vous liez à la ville dans la dans laquelle vous êtes et que vous prenez l'engagement de tenir un mandat qui peut être soit un mandat exécutif si vous gagnez, soit un mandat d'opposition.
Et euh et le mandat d'opposition est toujours plus ingrat que le mandat exécutif parce que le mandat exécutif connaît des difficultés, des limites d'exercice du pouvoir. Mais le mandat d'opposition c'est en plus vous êtes dans un cadre d'expression que vous n'avez pas choisi. Il y a qu'à voir nous à Toulouse par exemple le cadre imposé par la municipalité fait qu'aujourd'hui on n' pas réussi à dynamiter l'institution municipale comme on a réussi à le faire notamment au niveau de l'Assemblée nationale.
Donc on a des difficultés comme celle-ci qui s'expriment, qui sont liées à à beaucoup de paramètres différents. Euh mais il est important aussi de réfléchir cette questionlà, c'est-à-dire on va peut-être prendre des villes, mais on va peut-être aussi avoir un chemin qui est déjà de rentrer dans l'institution avant de prendre l'institution. Ça ça dépend des communes dans lesquelles on est, de la sociologie électorale qu'on a, des forces qui sont qui sont mises en place.
Mais j'insiste là-dessus pour dire qu'une élection municipale, d'ailleurs, moi quand j'ai euh quand j'ai concrétisé le fait de vouloir être candidat, j'ai des gens autour de moi expérimentés, je citerai pas les noms, qui m'ont dit "Mais pourquoi tu vas faire ça ? Quoi ? Tu vas avoir que des problèmes." Et effectivement, on a souvent que des problèmes et ce n'est que le début.
En plus, la campagne commence le 1er septembre. Donc, si vous avez déjà des problèmes, dites-vous qu'officiellement il commence le 1er septembre. Avant, c'était rien du tout. et qu'ensuite quand on sera à la mairie, on aura toutes les problématiques avec des gens qui viennent manifester contre nous puisqu'ils sont insoumis aux insoumis.
Voilà. Et c'est normal et ça fait partie des contrepouvoirs, mais c'est ce qui permet aussi de tenir une dynamique et tenir ses engagements. Euh donc euh donc je pense que ces réflexionsl elles sont importantes à avoir en terme d'engagement et je pense que il y a peu de gens qui vous diront merci de le faire pour celles et ceux qui vont le faire.
Donc moi je vous le dis, merci de vous engager sur les élections municipales et d'avoir l'ambition qu'on prenne des villes parce qu'à mon avis c'est le levier pour qu'on prenne aussi le pouvoir à l'échelle nationale. Donc merci à vous toutes et tous de le faire. Vous pouvez vous applaudir parce que parce que je connais l'histoire pendant 6 mois.
Ça va être surtout des tâches assez ingrates et des difficultés à gérer. Mais je pense que le jeu en vaut la chandelle parce que comme ça a été dit, la forme de nos villes en fait a été marquée par des générations qui nous ont précédé et qui ont marqué des ruptures municipalistes. Euh je vais prendre un exemple peut-être assez bizarroïde, mais moi je me souviens d'une interview de Bernard Tapi qui disait que il devait tout au fait d'avoir été un enfant du communisme municipal. disait que lui il venait d'une famille des classes populaires et qu'il n'aurait jamais eu accès à un certain nombre de choses, à la culture, à l'éducation s'il était pas dans s'il était pas né, s'il n'avait pas grandi dans une ville du communisme municipal.
Alors Bernard Tapier est un exemple bien sûr que j'ai pris de manière provocante un petit peu de manière voilà mais beaucoup de gens beaucoup de Françaises et de Français qui ont réussi à à avoir un parcours d'extraction de leur classe sociale le doivent aussi au communisme municipal et beaucoup le reconnaissent. Je pense à Jamel Deb aussi et d'autres qui ont pu en parler. Donc, il y a un intérêt majeur à ce qu'on puisse prendre des villes et à ce qu'on puisse améliorer le quotidien des gens, mais aussi être en pointe de notre projet de société qui est la planification écologique, la justice sociale et la 6e République.
Donc, c'est le chantier qu'on va avoir devant nous. Et pour finir, je vais donner la parole à Maria Francesca et à Mathieu pour conclure et nous encourager dans les mois qui viennent. [Applaudissements] OK.
Alors, tout d'abord, un grand merci encore pour cet échange et juste en paix pour conclure, j'espère que et bien évidemment congratulation pour le choix de vous saisir des élections communales. Pour moi la la question c'est vraiment de essayer de faire de la ville en laboratoire de démocratie et de comment on peut vraiment créer des nouvelles institutions parce que chaque nouvelle société a besoin de nouvelles institutions. Du coup, n'hésitez pas de expérimenter avec les droits.
Il y a pas mal d'experts qui qui peuvent vous aider. Vous pouvez les chercher, il y a des avocats, avocates, militants du coup parce que là vraiment ça va changer la structure de l'administration et ça va créer des changements de longue durée. Et en deuxième, n'hésitez pas vraiment, comme je le disais un peu avant, chercher vraiment des rattachements avec votre communauté locale euh qui sont vraiment ceux qui vont être vos interlocuteurs et comme et en fait vraiment donner de la substance au projet communaliste que j'ai lu que vous proposerez par la France sououmise du coup euh vraiment chercher des connexions, vous mettre à l'écou euh des mouvements qui ont parfois vraiment une grande sagesse, qui ont des compétences à mettre au service de la ville et qui peuvent sûrement structurer la nouvelle société qu'on qu'on peut créer parce que en effet vraiment la ville peut être bah c'est ce qui les municipalisme dit toujours c'est que la ville peut vraiment être un laboratoire de changement réel actuel là et maintenant et possiblement permanent ou qui peut être répliqué dans d'autres villes, dans d'autres lieux.
Du coup, c'est vraiment l'occasion de expérimenter avec les problèmes concrets de la démocratie et des politiques concrètes qui peuvent être mises en place. Et en dernier, je trouve bah j'écouté aussi de débats sur l'austérité, sur la dette qui est bien sûr un grand problème pour les collectivités locales qui ont parfois pas l'autonomie économique qu'il croi de pouvoir avoir. Et là, je réplique un peu les paroles du mouvement municipaliste napolitain qui a dit "Si la dette est publique, elle doit être discutée d'une façon publique." Euh c'est-à-dire il est pas une question technique, il est une question politique. [Applaudissements] Quelles sont les dettes euh quelles sont les dettes illégitimes qu'on a ? les dettes qu'on a contrahi pour la guerre, pour les exploitations, pour les crédits qu'on n' pas pris et quelles sont les ressources qu'on peut prendre des privés pour les des politiques d'intérêt général et merci encore.
Alors euh bon pour pour conclure, je voudrais dire deux trois choses sur euh des éléments un peu concrets peut-être pour la campagne à venir, les campagnes à venir. Vous donner deux trois deux trois idées. Alors François l'a dit déjà très bien, faut partir de votre contexte local, c'est-à-dire la mémoire, l'histoire de votre ville, l'histoire même des des quartiers hein.
N'hésitez pas à aller voir les votes des élections antérieures, même si voilà notre courant était pas forcément représenté ou pas autant, vous allez voir voilà lors des dernières législatives, lors des dernières municipales, vous étudiez un petit peu les votes et si vous pouvez vous regarder par quartier, hein, c'est public, vous allez sur internet, vous pouvez trouver ces éléments-l comme ça vous voyez déjà les quartiers dans lesquels on vote pas mal à gauche, ceux dans lesquels on vote moins. Alors ça paraît tout simple hein, mais il y a plein de militants, ils font même pas ça. Mais ça c'est vous vous avez une vraie stratégie militante.
Donc allez voir les votes, allez voir comment vote tel ou tel quartier et ensuite orienter votre stratégie de mobilisation. Vous faites des choix, vous dites "Bon bah ces quartiers là, ça sert à rien, on va pas perdre notre temps, il votent à 80 % contre nous, on va privilégier tel ou tel quartier et puis dans tel quartier, c'est un quartier qui a voté à droite des fois, à gauche des fois. Donc c'est aussi important d'y aller.
Voyez, vous avez une stratégie comme ça. Ensuite, quand vous faites des événements publics, oubliez pas, alors je sais c'est un peu touchy mais c'est important, faites passer, mettez des gens qui soient responsables de prendre les contacts. Vous mettez à la fin de votre réunion une un papier, voilà, avec nom, prénom, liste, mail, numéro de téléphone point.
Vous avez le droit, pas d'information personnelle, pas de rien, mais si les gens vous donnent leur contact, vous avez le droit. Ensuite, vous faites des mailing list à petit, vous élargissez tout ça et à chaque fois qu'il y a un événement, vous faites un mail. Voilà, mais vous faites pas chez les gens avec 15000 mails, mais vous envoyez comme ça et petit à petit vous élargissez.
Euh pensez quel est votre peuple local ? Quel est votre peuple ? C'est qui vos citoyens locaux, hein ?
Est-ce que c'est voilà, vous avez des paysans, vous avez des artisans, vous avez dans quoi ils travaillent vos gens dans votre ville et en fonction de qui est votre peuple local, essayez de penser bah de parler avec eux déjà, d'aller les rencontrer et ensuite de faire des propositions qui leur parlent. Je vous donne un exemple très simple. Euh par exemple euh bon les cantines, ça c'est facile, les cantines plus gratuites, les filières d'approvisionnement des camp des des cantines.
Bon avec associé les paysans locaux, les maréchés locaux, il y a même des villes en Argentine, ça s'est fait par exemple où on crée voilà un service de maréchage municipal, si bien que tous les élèves de la ville consomment des produits qui sont produits localement. Et là, on met des gens qui sont en insertion, par exemple, on leur donne un job euh local euh financé par la municipalité et cetera et cetera. Donc, on fait de l'économie sociale et solidaire et en même temps, on fait euh de la production bio et cetera.
Les horaires des centres aérés ou les horaires d'accueil. Famille monoparentale. Plus de 20 à 30 % des familles françaises sont monoparentales aujourd'hui.
Une demande très simple de beaucoup de femmes, c'est que bah voilà l'accueil pouvoir à 7h déposer leurs enfants et pouvoir peut-être parfois les reprendre à 19h quand vous avez des des des horaires en décalé parce que l'horaire de l'école c'est pas suffisant. Donc vous mettez des associations qui viennent avant l'école et qui viennent après. Comme ça bah vous permettez à des familles monoparentales, voilà, d'avoir un repos, d'avoir de de des perspectives d'emploi et cetera.
Vous voyez, des choses très simples, s'adresser à tous, s'adresser à chacun. Je vais très vite et hésitez pas à désobéir. Il y a plein de villes françaises, on rentre les panneaux publicitaires.
Voilà, vous faites une campagne, désobéissance, vous dites que vous allez tous les supprimer et cetera, vous les prenez d'assaut. Bon, vous faites des trucs symboliques, hein, vous y arriverez peut-être pas, mais c'est populaire, c'est ça marche. Donc la publicité, voilà, des radicalités concrète, d'accord ?
On a parlé budget participatif, la fiscalité, regardez ce qui s'est fait à Nior et à Dinquer pour les transports publics. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Bah, ils ont augmenté la cotisation foncière des entreprises.
Voilà, ils ont assumé les entreprises locales doivent payer un peu plus d'impôts pour qu'on ait un transport public. Voilà. Et inspirez-vous de tout ça le plus possible.
Le sport dans les quartiers, les piscines, l'accès au sport, hein, les bibliothèques et pensez à chaque fois les collectifs. Regardez, dans toutes les villes, on a des collectes d'ordure. Les gars qui travaillent dans les ordures, c'est notre électorat.
Il se lèvent à 4h30 5h le matin, vous dites "On va municipaliser le service de collègues des ordures et l'horaire ça sera plus 5h, ça sera 6h30 7h." Qu'est-ce que vous en dites les gars ? Pensez qu'ils vont être contre voyez ? vous associez aux gens, vous associez aux collectifs, vous essayez de proposer des trucs concrets qui parlent aux gens et vous oubliez la politique nationale pendant 6 mois.
Merci beaucoup. [Applaudissements] C'est
François Piquemal