Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 15 janvier 2026 27 minContradictoireActualité / polémiqueLogementAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Dominique Estrosi-Sassone : « Les maires sont les premiers confrontés à la crise du logement »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:07OuverteRéponse directe

    De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Donc vous comprenez la décision des agriculteurs de ne pas présenter de bovins au Salon de l'agriculture ?

  • 2:56OuverteRéponse partielle

    Pourquoi on n'arrive pas à régler ces problèmes de trésorerie et de normes pour les agriculteurs ?

  • 3:56RelanceRéponse directe

    Est-ce que la nouvelle loi d'urgence agricole promise par Sébastien Lecornu est la bonne réponse ?

  • 4:27OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'elle doit contenir pour vous, cette loi d'urgence agricole ?

  • 5:16RelanceRéponse directe

    À ce traité Mercosur, est-ce que c'est quand même un échec pour vous, le fait que le Mercosur soit signé samedi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:34Invité politiquePromesse
    « le rétablissement d'une programmation nationale du logement, que ce soit pour la construction, avec un objectif de 400 000 logements construits annuellement d'ici à 2030, ou la rénovation. »
  • 9:58Invité politiqueFait
    « les maires deviendraient présidents des commissions d'attribution à la place des bailleurs sociaux et disposeraient donc d'un droit de veto sur les attributions de logements. »
  • 18:16Invité politiqueFait
    « le texte complète aussi la loi anti-squat de 2023 et s'attaque notamment aux squatteurs Airbnb. »
  • 4:34Invité politiqueFait
    « elle doit reprendre toutes ces mesures qui concernent, par exemple, les retenues d'eau, parce qu'il n'y a pas d'agriculture s'il n'y a pas d'eau. »
  • 23:35Invité politiqueFait
    « je regrette que cette campagne soit du niveau du caniveau. »
  • 24:37Invité politiqueFait
    « je suis quand même le supplétif du RN. »

Temps de parole

  • Locuteur 659 %
  • Locuteur 314 %
  • Présentateur14 %
  • Dominique Estrosi-sassone9 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Dominique Estrodis. Bonjour. Merci beaucoup d'être notre invitée. Vous êtes sénatrice à l'herbe des Alpes-Maritimes. Vous présidez la commission des affaires économiques ici au Sénat. Votre texte sur le logement était donc examiné. On va évidemment longuement y revenir. Mais d'abord, on commence comme tous les jours par les une de la presse régionale. On en a sélectionné trois. La une des dernières nouvelles d'Alsace, Groenland, Iran. Trump prêt à rebattre les cartes du monde à la grande inquiétude de l'Europe. Il réitère sa menace d'annexer le Groenland qu'il juge indispensable aux boucliers antimissiles américains.

La deuxième une, c'est celle de l'Union. Les éleveurs sont bovins, mais pas sans colère. En raison de la dermatose, le Salon d'agriculture a décidé de se priver de bovins cette année. Une mauvaise nouvelle supplémentaire pour les agriculteurs, toujours sur le front contre le Mercosur. Et puis la dernière une, c'est celle de la dépêche. Notre épargne bat des records. L'épargne des Français qui atteint des niveaux élevés, près de 6 500 milliards d'euros. Assurance-vie livrait. Les choix d'investissement restent prudents. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:09
Locuteur 6

Écoutez, je vais choisir la une de l'Union, puisqu'on est quand même vraiment au cœur de l'actualité, avec la colère des agriculteurs qui s'expriment plus particulièrement, bien sûr, depuis de nombreuses semaines, mais qui a monté d'un cran supplémentaire la semaine dernière, et encore ce début de semaine. Même si les agriculteurs, pour l'heure en tout cas avec leurs tracteurs, ont décidé de regagner leurs fermes, la colère n'est pas moins retombée. Et à quelques semaines, du Salon international de l'agriculture, où pour la première fois, il n'y aura pas de bovins, parce que bien évidemment, il faut d'abord et avant tout être vigilant au regard de la dermatose modulaire contagieuse.

1:49
Présentateur

Donc vous comprenez la décision ?

1:50
Locuteur 6

Complètement. Mais vous savez, je me suis rendu avec une délégation de la Commission des affaires économiques au sommet de l'élevage. C'était au début du mois d'octobre, près de Clermont-Ferrand, et déjà, malheureusement, les bovins n'étaient pas présents. Donc il est important de respecter et d'être vigilant, parce que bien évidemment, on voit bien combien cette maladie est contagieuse. Et comme bien, il y a aussi d'autres maladies. On parle maintenant de la tuberculose bovine, qui est encore plus une maladie inquiétante, parce que c'est une maladie dormante, et c'est plus difficile encore de pouvoir arriver à identifier les contaminations.

Donc les agriculteurs sont malheureusement pris en tenaille de toutes parts, et aujourd'hui, il faut plus que jamais les soutenir. Le gouvernement a de nouveau annoncé des mesures, mais je pense que ce qui est important avant tout, c'est de prendre en compte la question économique des fermes. Et ce qui est le plus urgent, c'est les problèmes de trésorerie, auxquels les agriculteurs de nos entreprises, qui sont des entreprises familiales, à taille humaine, sont confrontés.

2:46
Présentateur

Et dont on entend parler depuis des mois, voire des années, ces problèmes de trésorerie, le problème de revenu des agriculteurs, le problème de trop de normes, trop de textes, trop de temps administratifs pour les agriculteurs. Pourquoi on n'arrive pas à régler ces problèmes ?

2:58
Locuteur 6

Eh bien parce que je pense qu'on a d'abord trop tardé. Il faut voir qu'il y a un an, nous étions au début de l'examen de la loi d'orientation agricole. Nous avions dit ici même que cette loi, elle était nécessaire, mais qu'elle n'était pas suffisante. Elle ne traitait que de la question qui est importante, celle du renouvellement des générations. Mais laisser tout le pan que vous avez énoncé, la surréglementation, la concurrence déloyale, la problématique des retenues d'eau, de pouvoir étendre son bâtiment d'élevage, tout ça n'était pas réglé. C'est la raison pour laquelle on a été moteur ici avec Laurent Duplomb et Franck Menonville.

Mais quand on voit que cette proposition de loi Duplomb, qui est devenue une loi, qui a été promulguée l'été dernier, les décrets d'application ne sont toujours pas sortis. Eh bien ça, c'est inadmissible parce qu'on perd du temps. Et comme on continue à perdre du temps, notre agriculture continue à perdre de sa compétitivité et de sa souveraineté.

3:53
Présentateur

En parlant de loi, Sébastien Lecornu a promis cette semaine qu'il y aurait une nouvelle loi d'urgence agricole examinée au Parlement d'ici l'été. Est-ce que c'est la bonne réponse ou est-ce que ça risque d'être une loi de plus ?

4:01
Locuteur 6

Alors, on espère toujours. Mais j'ai peur que ça soit de nouveau des mesures dont on sait qu'elles sont nécessaires, mais qui s'empilent les unes sur les autres, avec derrière, pas forcément, de réalité concrète dans les fermes, dans les étables. En tout cas, nous, on sera ici, bien évidemment, en soutien complet de l'agriculture française, comme on l'a toujours été. On considère, bien évidemment, que c'est une question de souveraineté, souveraineté agricole.

4:27
Présentateur

Qu'est-ce qu'elle doit contenir pour vous, cette loi ?

4:29
Locuteur 6

Eh bien, elle doit, si les décrets d'application de la loi Duplon ne sont pas sortis d'ici là, elle doit reprendre toutes ces mesures qui concernent, par exemple, les retenues d'eau, parce qu'il n'y a pas d'agriculture s'il n'y a pas d'eau. Elle doit contenir aussi des questions qui touchent à des mesures et à des moyens de production. Et puis, bien évidemment, continuer à faire en sorte que nos agriculteurs ne soient pas victimes d'une concurrence déloyale.

Alors, ils le sont, on en a mis l'exemple à travers le Mercosur, mais même sans le Mercosur, sans des accords de libre-échange tels qu'ils sont et contre lesquels nous nous élevons, eh bien, on voit bien que nos agriculteurs sont sans cesse en train d'appliquer des normes qui sont plus strictes que celles que les autres agriculteurs s'appliquent à eux-mêmes, que ce soit en Europe, mais bien sûr dans le monde.

5:16
Présentateur

Votre parti, Les Républicains, a un temps menacé de censure sur cette question du Mercosur. Finalement, il n'y a pas eu de censure. Emmanuel Macron s'est opposé. À ce traité, est-ce que c'est quand même un échec pour vous, le fait que le Mercosur soit signé samedi ?

5:30
Locuteur 6

Alors, moi, je considère que tant que ce n'est pas signé, on peut tout empêcher. Et aujourd'hui, la France doit continuer à faire pression, et la France doit continuer à utiliser tous les leviers qui sont en sa possession.

5:42
Présentateur

Mais il y a encore le temps, parce que Ursula von der Leyen dit qu'elle va le signer samedi au Paraguay.

5:46
Locuteur 6

Oui, mais l'un des leviers qui est encore possible pour la France, et nous l'avons réclamé, et nous l'avons voté à la mi-décembre, c'est de saisir la Cour de justice de l'Union européenne. Parce que ça permettrait de bloquer l'accord, et ça permettrait ensuite potentiellement de considérer que cet accord n'est pas conforme aux principes fondamentaux, et plus particulièrement aux principes de précaution.

6:09
Présentateur

Sauf que Jean-Noël Barraud a dit non. Il a dit que ce n'est pas au gouvernement de le faire, et que c'est plus efficace si ce sont les parlementaires européens qui le font.

6:15
Locuteur 6

Eh bien non, on espère en tout cas que les parlementaires européens s'en saisiront. En tout cas, moi, je considère qu'on doit combattre jusqu'au bout, qu'on ne doit pas baisser les bras, et que ce moyen de saisine est un moyen supplémentaire pour dire notre opposition au Mercosur, et bien évidemment éviter d'appliquer cet accord. Après, si cet accord s'applique…

6:36
Présentateur

Sauf qu'au niveau européen, Dominique et Souris-Sasson, les parlementaires du PPE, c'est le groupe auquel appartiennent les LR, ils sont majoritairement favorables à ce Mercosur. Est-ce que ce n'est pas aussi le problème des LR ?

6:45
Locuteur 6

Alors, ce n'est pas forcément le problème, bien sûr. Les parlementaires européens ne sont pas tous alignés, et on voit bien que dans cet accord, le problème c'est que dans cet accord, il y a des choses qui sont favorables, qui sont favorables pour notre pays, pour notre économie, et d'autres qui le sont moins. Mais dans la situation…

7:00
Présentateur

Mais est-ce que les parlementaires LR, François-Xavier Bellamy, ils ont du mal à peser au sein de leur groupe, les députés européens ?

7:05
Locuteur 6

Oui, je ne le conteste pas, mais je pense véritablement que ce que nous devons faire, si cet accord était finalement approuvé et voté, il faut renforcer les contrôles. Il faut renforcer les contrôles dans les ports, dans les aéroports, en interne, pour éviter justement que ces produits qui mettent en danger la protection de nos consommateurs et qui mettent en danger, bien évidemment, l'activité de nos agriculteurs, ne puissent pas rentrer impunément sur notre territoire.

7:33
Présentateur

On va dire un mot des discussions budgétaires, on l'a vu dans le journal, elles se poursuivent à l'Assemblée. Vous croyez vraiment à un compromis, à un budget d'ici la fin janvier ? Non.

7:41
Locuteur 6

Il n'y aura pas de compromis ? Moi, je pense qu'il n'y aura pas de compromis, je pense que ce texte n'est pas capable d'obtenir une majorité. Si on ne l'a pas eu au mois de décembre, je ne vois pas pourquoi on l'aurait au mois de janvier. Donc je pense qu'il faut siffler la fin de la récréation budgétaire, si j'ose dire. De quelle manière ? Alors, il y a deux voies de passage, tout le monde s'en fait écho. Les ordonnances, bon, là c'est une terre inconnue, et en plus, je pense que ça serait un petit peu une voie acrobatique.

Et puis, ce que nous demandons, dès l'échec de la commission mixte paritaire, c'est que le Premier ministre utilise l'article 49.3 parce que c'est un moyen qui lui est donné et parce que ça permettrait d'en finir avec le projet de loi de finances, de voter potentiellement un budget, en tout cas de faire en sorte que le budget, que la France ait un budget, même si ce budget, on le sait, qu'il ne fera pas avancer l'économie, qu'il ne réduira pas les déficits, mais il faut vraiment tourner la page et passer à autre chose.

8:35
Présentateur

Est-ce que le Sénat va réexaminer ce budget ou est-ce que vous allez faire comme sur le budget de la Sécurité sociale, laisser désormais la main à l'Assemblée ?

8:42
Locuteur 6

Alors, écoutez, je pense qu'il y a encore des discussions qui sont faites entre le rapporteur général de notre Assemblée et bien évidemment le rapporteur général à l'Assemblée nationale. Pour autant, je pense que la volonté quand même aujourd'hui d'aller vite, tout le monde dit qu'il faut qu'on en termine avant la fin du mois de janvier, et bien faisons en sorte que l'on passe à autre chose. D'ailleurs, je crois que les Françaises et les Français sont déjà passés à autre chose.

9:05
Présentateur

Comment relancer le logement ? C'est un sujet qualifié par beaucoup de bombes sociales. Il fait partie des sujets de préoccupation majeure des Français, notamment à l'heure de choisir leur mère. Et vous avez proposé un texte, la loi dit « Choc, conforter l'habitat, l'offre de logement et la construction ». Texte examiné cette semaine dans l'hémicycle du Sénat en première lecture. Guimet, il vise à relancer la construction et la production de logements. Qu'est-ce qu'il contient précisément ?

9:28
Dominique Estrosi-sassone

Alors, dans les dispositions du texte, il y a d'abord des mesures qui sont saluées par l'ensemble de l'hémicycle, comme par exemple le rétablissement d'une programmation nationale du logement, que ce soit pour la construction, avec un objectif de 400 000 logements construits annuellement d'ici à 2030, ou la rénovation. Et puis, il y en a d'autres beaucoup plus polémiques. Parmi celles-ci, la place donnée aux maires dans l'attribution des logements sociaux, une mesure contenue dans l'article 4, les maires deviendraient présidents des commissions d'attribution à la place des bailleurs sociaux et disposeraient donc d'un droit de veto sur les attributions de logements.

Les opposants craignent un risque de dérive et de clientélisme ou encore l'exclusion des personnes à bas revenus. On écoute la sénatrice socialiste, Viviane Artigalas.

10:16
Locuteur 2

Ensuite, le droit de veto des maires dans les attributions de logements, présentés comme du bon sens, risque surtout de transformer la pénurie en instrument politique local sans créer un logement de plus. Quand l'offre est insuffisante, la gouvernance ne remplace pas la construction, elle ne fait que déplacer l'attention.

10:36
Dominique Estrosi-sassone

Madame la sénatrice, vous comprenez ces craintes ? Comment peut-on s'assurer de garde-fous ?

10:40
Locuteur 6

Non, je ne la comprends pas parce que si l'on veut aujourd'hui encourager de nouveau la production de logements et plus particulièrement de logements sociaux, la base est de redonner confiance aux élus locaux, aux maires. Et pour leur redonner confiance, il faut que dans l'acte de construire, ils puissent avoir un retour au travers de l'attribution des logements sociaux. Ça ne veut pas dire que les maires feront n'importe quoi. Les maires sont des élus responsables. Les maires sont ceux qui sont les premiers confrontés à la crise du logement qui touche les habitants de leur commune.

Et en devenant président de la commission d'attribution, avec des dossiers égaux par ailleurs, des dossiers tout autant urgents les uns que les autres, le maire, parce qu'il aura très certainement une plus fine connaissance de ses candidatures, pourra dire que cette candidature est peut-être encore plus urgente que les deux autres qui ont été proposés. Et puis je rappelle que nous avons mis un garde-fous. C'est un droit de veto, mais un droit de veto motivé.

C'est-à-dire que le maire ne pourra pas utiliser son droit de veto de façon discrétionnaire s'il décide d'utiliser le droit de veto parce qu'il considère que la candidature qui est proposée potentiellement peut déséquilibrer ce qui se passe à l'intérieur d'un bâtiment. Eh bien, il faudra qu'il le motive.

Et je crois que ça, c'est vraiment une volonté de montrer que les maires sont au cœur de la politique du logement, qu'ils veulent avant tout loger leurs concitoyens et qu'ils soient les mieux logés possibles, mais qu'ils veulent aussi éviter qu'il puisse y avoir demain des difficultés à l'intérieur d'un bâtiment parce qu'on aurait proposé une famille qui potentiellement pourrait poser problème ultérieurement.

12:16
Présentateur

Il y a aussi, à contrario, vous avez répondu au risque point de la gauche, risque de clientélisme et compagnie, mais est-ce qu'à l'inverse, c'est pas aussi mettre les maires sous pression que de leur donner plus de pouvoir dans l'attribution des logements sociaux ?

12:28
Locuteur 6

Non, parce que les maires nous le réclament. Les maires nous le réclament parce qu'ils veulent vraiment pouvoir... Ce sont eux qu'on va voir quand on cherche un logement, mais ce sont eux aussi qu'on va voir quand on n'a pas eu de réponse à sa demande de logement ou quand on a eu une réponse qui a été négative. Eh bien, il faut qu'ils soient à même de pouvoir expliquer à leurs concitoyens pourquoi la commission d'attribution dans laquelle ils ont siégé avec d'autres membres en toute collégialité, eh bien, n'a pas pu satisfaire la demande de logement. Donc, je crois que les maires sont demandeurs et j'insiste vraiment, c'est une question de confiance.

13:03
Présentateur

Guy Mettier, une autre mesure controversée,

13:05
Dominique Estrosi-sassone

c'est l'assouplissement de la loi SRU. Oui, la loi Solidarité et Renouvellement Urbain qui, pour rappel, impose depuis 25 ans aux communes urbaines entre 20 et 25 % de logements sociaux, une obligation que l'article 3 se propose de modifier. Désormais, les communes en retard pourraient, entre autres, intégrer au comptage des logements locatifs intermédiaires, dits LLI, des logements au loyer plafonné et inférieur donc au prix du marché. Mais ce n'est pas la seule modification de la loi SRU dénoncée par l'opposition. On écoute Yannick Jadot.

13:37
Locuteur 1

Le texte traduit également une volonté de décentralisation en matière de logements et d'habitats. Derrière cette intention louable, c'est la loi SRU qui est visée. Problème. Neutralisation des sanctions contre les communes en situation irrégulière, les communes carencées, intégration du logement intermédiaire dans le rattrapage des quotas SRU, suppression de la Commission nationale SRU. Tout concourt à faire chuter la production de logements sociaux et à déprioriser les publics les plus fragiles. Nous nous y opposons fermement.

14:11
Dominique Estrosi-sassone

Qu'est-ce que vous pensez de sa réaction ? Vous trouvez qu'elle est déconnectée du terrain ?

14:15
Locuteur 6

En tout cas, je constate qu'on retrouve un clivage droite-gauche sur ces sujets-là qu'on a connus depuis de nombreuses années. Nous, on veut assouplir la loi SRU. On ne veut en aucune manière, comme ils essaient de le laisser dire, détricoter cette loi SRU. Moi, je considère que la loi SRU, elle a été efficace parce qu'elle a permis effectivement de produire plus de logements sociaux. Mais en étant pragmatique et réaliste, cette loi SRU, elle pose encore un certain nombre de difficultés. Elle est imparfaite.

Et comme elle est imparfaite, nous essayons d'y apporter des réponses en prenant mieux en compte les réalités territoriales, les spécificités territoriales, toujours dans le but de dire aux maires « Il faut que vous continuiez à construire, mais parce que vous avez des difficultés, on va mieux vous accompagner et on va essayer de surmonter avec vous ces difficultés.

» Donc, plutôt que de décourager les maires en leur tapant dessus, en leur mettant des sanctions financières toujours plus lourdes, eh bien, prenons le contre-pied, disons aux maires « Il faut que vous construisiez, on a pris en compte des difficultés que vous rencontrez, donc on essaie et on veut les assouplir pour que vous puissiez vous mettre dans cette position qui vous encourage à continuer à construire. » Parce qu'aujourd'hui, les maires nous le disent, s'ils continuent à être sanctionnés alors qu'ils ont fait des efforts qui sont notoires et qui sont reconnus localement, eh bien, ils vont tout simplement être découragés et arrêter de construire.

Donc, c'est tout l'effet inverse de ce que dit la gauche, mais c'est un positionnement idéologique avant tout, de leur part.

15:48
Présentateur

Guilmette, vous avez d'autres questions ? Euh, non. Non, et le texte, pardon, c'est moi, c'est moi qui ai une autre lance. Le texte qui fait aussi le diagnostic d'un prix du foncier trop élevé. Il souligne que les prix

15:58
Dominique Estrosi-sassone

ont presque triplé en 20 ans. Oui, justement, et pour tenter de réguler le marché, il y a cette proposition contenue dans l'article 5 « Permettre aux collectivités à titre expérimental de préempter des terrains si le prix est jugé excessif par rapport à celui du marché. » Une mesure saluée par certains qui estiment que le prix des terrains était jusqu'ici un angle mort, mais une mesure qui pourrait avoir ses limites. Notamment, vous n'avez pas peur que cela encourage les propriétaires menacés par des préemptions à conserver leur bien plutôt qu'à le mettre sur le marché ? Non, je pense qu'au contraire,

16:29
Locuteur 6

c'est une volonté de lutter contre la spéculation foncière et contre la rétention foncière. On sait que le foncier, c'est la base de tout. C'est la matière première si l'on veut mener une politique de production de logements importante. Sauf qu'on voit que dans un certain nombre de territoires les plus tendus, les prix de l'immobilier, les prix du marché du logement ont explosé. Et donc, si l'on veut que ce foncier puisse être abordable pour des bailleurs sociaux, pour des opérateurs privés, pour qu'ils puissent ensuite réaliser des opérations de logement, il faut qu'on arrive à régulier les prix du foncier.

C'est la raison pour laquelle on propose de pouvoir utiliser à titre expérimental et puis on en tirera les conséquences, un droit de préemption urbain à la main des collectivités locales. Mais je pense que c'est un outil supplémentaire qui s'inscrit toujours dans cette volonté de produire plus de logements dont notre pays a tant besoin. Et pourquoi ne pas encadrer les prix du foncier sur des périmètres délimités ? Parce que je pense que ça serait peut-être un petit peu trop restrictif. Il faut quand même faire en sorte que bien évidemment nous sommes attachés au respect de la propriété privée et nous prenons en considération les propriétaires privés.

Mais on voit que quand même certains propriétaires privés justement attendent le plus loin possible, le plus longtemps possible parce qu'ils savent qu'il va y avoir une surenchère sur les prix. Si au contraire ils savent que la collectivité locale peut mettre en branle le droit de préemption urbain à condition que derrière il y ait une volonté que ce soit fait pour la construction de logements, je pense que les propriétaires privés seront heureux de trouver la vente tout de suite et opportunément de leur terrain et cela pourra participer à cette offre supplémentaire de logements. Un mot oui

18:09
Présentateur

parce qu'il y a d'autres mesures notamment des mesures contre les squatteurs dans cette loi.

18:13
Dominique Estrosi-sassone

Oui effectivement le texte complète aussi la loi anti-squat de 2023 et s'attaque notamment aux squatteurs Airbnb c'est-à-dire lorsque des personnes contournent la location meublé touristique et s'introduisent dans un logement de manière tout à fait légale mais continuent à l'occuper illégalement à l'issue de la période de location le texte pénalise donc le maintien dans le domicile d'autrui même lorsque l'entrée s'est faite dans un cadre légal il élargit aussi les procédures d'expulsion au bureau au commerce et aux autres locaux mais il distingue bien les squatteurs des locataires en difficulté de paiement. Il y avait besoin

18:47
Présentateur

de compléter cette loi qui ne date pourtant que de 2003.

18:49
Locuteur 6

Oui mais les choses ont évolué on voit bien avec la multiplication par exemple des meublés touristiques où il peut y avoir un détournement de l'usage du meublé touristique et à ce moment-là le propriétaire est complètement démuni c'est le cas aussi puisque on avait fait les procédures anti-squat uniquement pour les logements on voit que ça peut aussi se produire dans des locaux commerciaux dans des bureaux et puis n'avait été pris en compte que l'introduction dans un logement par des voies frauduleuses or il y a maintenant des pros du squat si j'ose dire qui peuvent rentrer de façon légale entre guillemets dans un logement parce qu'on leur a par exemple remis des clés une fois qu'ils sont dans le logement ils changent tout de suite les serrures ils changent les abonnements et bien après le propriétaire n'arrive plus à les faire sortir ou en tout cas ne peut pas engager une procédure dans un temps très très très court parce que justement il n'y a pas eu d'introduction par voie frauduleuse donc c'est toujours la volonté de rééquilibrer les relations entre les propriétaires et les locataires bien évidemment en prenant en compte la situation des locataires qui ne sont pas des locataires de mauvaise foi il ne s'agit pas bien évidemment d'expulser ce type de locataires il y a d'autres dispositifs pour leur permettre si j'ose dire de pouvoir se désendetter ou en tout cas de retrouver le paiement normal des loyers mais il s'agit vraiment de revaloriser la propriété privée et surtout de dire aux propriétaires on a besoin de vos logements sur le marché du logement mais si effectivement ils savent que potentiellement leur logement peut être squatté et qu'ils n'arriveront pas à faire sortir la personne ou en tout cas pas dans un délai relativement court et bien on aura de nouveau une attrition des logements sur le marché locatif

20:31
Présentateur

On va parler des municipales pour terminer Dominique Estrosi-Sassonne des municipales chez vous à Nice où on va aller bonjour Baptiste Bize merci beaucoup d'être avec nous Baptiste directeur des rédactions de Nice Matin-Varmatin et Monaco Matin-Baptiste on va parler de cette campagne des municipales à Nice quelque peu sous tension

20:47
Locuteur 3

Bonjour Auriane et bonjour Madame la Sénatrice Effectivement à deux mois des élections municipales à Nice on peut dire que la campagne bat son plein et que les candidats ne se pannent pas il faut dire qu'on a la chance à Nice d'avoir deux candidats d'envergure nationale engagés dans cette élection municipale à ma droite Christian Estrosi ex-LR passé à horizon avec Édouard Philippe est maire depuis trois mandats et puis à ma droite aussi mais un peu plus à droite Éric Ciotti député ancien collaborateur de Christian Estrosi ancien ami de Christian Estrosi ex-président de LR qui a fondé l'UDR en 2024 en saluant avec le RN alors les deux hommes ne se font aucun cadeau je vous disais pour vous donner une idée en début de semaine dans le Figaro Éric Ciotti s'étonner de la déclaration d'honoraire d'1,5 million d'euros de la société de conseil dirigée par Christian Estrosi et puis sur X la semaine dernière son vice-président à la métropole en charge des transports publie une vidéo d'IA présentant Voldemort le méchant d'Harry Potter avec le visage d'Éric Ciotti qui distribuait des sortilèges avec des lasers et des baguettes magiques des sortilèges mortels évidemment à tout va alors nouvel épisode cette semaine Marianne a publié une photo d'Éric Ciotti qui pose fièrement avec un mouflon mort qu'il a chassé qu'il tient par les cornes une vidéo dans laquelle on voit Éric Ciotti devant des sangliers mort aussi à l'issue d'une chasse à cour dans Loire-et-Cher a également fuité angle d'attaque choisi comment peut-on demander un hommage national pour Brigitte Bardot et en même temps pratiquer la chasse alors on sait tous à quel point Brigitte Bardot détestait la chasse et les chasseurs donc dans l'édition papier de Nice Matin aujourd'hui et puis sur nismatin.com Éric Ciotti s'en explique il rappelle que c'est une tradition familiale qu'il chasse chez lui dans son village de Saint-Martin-Vésubie depuis qu'il est tout petit avec son père avec son oncle il ajoute d'ailleurs qu'il ne s'en est jamais caché et qu'il est chasseur et qu'il est passionné de chasse plus intéressant encore il accuse le cabinet de Christian Estrosi d'avoir fait fuiter cette photo de lui avec le mouflon et la vidéo avec les sangliers il raconte que c'est un de ses anciens collaborateurs qu'il aurait volé enfin volé entre guillemets parce qu'en fait selon lui il voulait envoyer cette photo de chasse à son ami François Baroin il s'est trompé il l'a publié sur Whatsapp en story et son ancien collaborateur l'aurait rapidement récupéré c'est ce qu'il dit au passage Éric Ciotti nous confie qu'il a lui aussi une photo de Christian Estrosi et de lui-même tenant une tête de cerf dans leurs mains à l'issue d'une chasse ça c'était à l'époque où ils étaient amis tout ça pour vous dire le niveau de la campagne d'où mes questions à madame la sénatrice qui est aussi colistière de Christian Estrosi peut-on être chasseur et vouloir saluer la mémoire de Brigitte Bardot et puis deux tous les coups sont-ils permis et que pensez-vous de ce début de campagne des municipales à Nice

23:32
Locuteur 6

Eh bien écoutez d'abord je regrette que cette campagne soit du niveau du caniveau mais il faut reconnaître que quand les attaques sont portées eh bien le camp adverse est amené à y répondre alors sur la question entre la chasse et l'hommage à Brigitte Bardot effectivement c'est un mélange des genres mais on voit bien que c'est d'abord avant tout du populisme c'est-à-dire qu'on saute sur tous les sujets d'actualité et on essaye d'être dans le mouv et donc on ne fait plus grâce à des arguments qui sont des arguments rationnels moi j'espère véritablement parce qu'on est maintenant à deux mois à deux mois du premier tour des élections municipales que tout le monde va se ressaisir et je dirais plus particulièrement que le camp de monsieur Eric Ciotti va se ressaisir parce que ce sont eux qui portent les attaques qui sont les plus graves et ce sont eux qui manient le plus le populisme et qui manient aussi la confusion des genres c'est-à-dire que non non mais on conduit une liste sans étiquette mais en même temps je m'affiche au vœu de monsieur Bardella en disant que bien évidemment que c'est mon ami et je suis quand même le supplétif du RN donc il faut assumer il faut assumer mais je crois que les Niçois et les Niçois aspirent maintenant à ce qu'il y ait un véritable débat d'idées les programmes et les projets des candidats vont sortir en tout cas pour Christian Estrosi il en fait état tous les jours des projets à venir et c'est là-dessus que les Niçois et les Niçois auront à se prononcer détermineront à qui ils devront témoigner leur confiance et moi je suis confiante parce que je sais que cette ville elle est belle que cette ville elle est attractive que cette ville elle s'est bien développée et que les Niçois sont heureux de vivre à Nice et qu'ils seront montrés ainsi leur confiance au maire sortant à Christian Estrosi

25:16
Présentateur

Un dernier mot Baptiste ?

25:19
Locuteur 3

Oui c'est vrai que dans notre journal ce matin ni ce matin dans l'édition papier c'est déjà en ligne on a un article de ma consœur Stéphanie Gaziglia qui vous concerne Madame la Sénatrice et qui raconte comment hier sur X vous avez littéralement dézingué Pierre Hippolito qui est le nouveau colisté d'Éric Ciotti alors pour celles et ceux qui ne le connaissent pas en dehors de la Côte d'Azur c'est l'ancien patron des entrepreneurs des Alpes-Maritimes qui a annoncé cette semaine qu'il ferait équipe avec Christian Estrosi et qu'il serait son adjoint aux entreprises Christian Estrosi pardon l'absus avec Éric Ciotti et qu'il serait son adjoint aux entreprises si Éric Ciotti était élu alors sur X vous avez raconté comment l'été dernier Pierre Hippolito vous avait approché pour faire équipe avec lui et pour trahir Christian Estrosi c'est comme ça que vous le formulez et ma question c'est aussi on parle beaucoup de trahison est-ce que vous vous étiez amis avec Céry Ciotti comme Christian Estrosi avant à l'époque où les deux hommes étaient amis et le considérez-vous à l'époque vous aussi comme un ami

26:16
Locuteur 6

alors permettez-moi de dire que je n'avais pas le même degré d'amitié avec M.

Éric Ciotti que l'avait à l'époque Christian Estrosi et que j'avais très souvent mis en garde de Christian Estrosi sur la façon dont se comportait Éric Ciotti pour autant vous remarquerez que jusqu'alors si vous suivez mon compte X je n'ai jamais réagi ni surréagi dans la campagne de caniveaux qui se passe actuellement à Nice si je l'ai fait hier c'est parce que j'ai voulu mettre fin à l'hypocrisie à la confusion des genres et à dire véritablement ce qui s'était passé et quand je vois que bien sûr Pierre Hippolyto s'est rallié par pur opportunisme et bien ça ça m'a fait bondir et j'ai souhaité mettre les choses à plat et dire la vérité et d'ailleurs il ne l'a pas démenti

27:00
Présentateur

Merci beaucoup Merci Baptiste d'avoir été avec nous directeur des rédactions de Nice Matin Var Matin Monaco Matin On regarde la lune de Nice Matin Unis pour la liberté en Iran ce matin Merci Baptiste et merci Dominique d'avoir été notre invité Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat

Dominique Estrosi-Sassone : « Les maires sont les premiers confrontés à la crise du logement » — Dominique Estrosi-sassone · Pourquijevote