L'école, creuset de la citoyenneté avec Najat Vallaud-Belkacem
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 30 %Défensif 28 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:14OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'était une décision difficile à prendre avant de publier les caricatures ?
- 1:40OuverteRéponse partielle
Pourquoi le miroir de nos lâchetés ?
- 3:43RelanceRéponse directe
Natacha Polony disait, il faut diluer la menace. C'est vrai pour les journaux ?
- 4:33OuverteRéponse partielle
La situation est grave. Vous venez d'entendre le Premier ministre Jean Castex.
- 5:56OuverteRéponse directe
Natacha, est-ce que la situation est grave en Europe ?
- 7:50OuverteRéponse partielle
Sur les cas contacts, on va évoquer tout à l'heure la question de l'application et du traçage numérique.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:32InvitéFait
« Charlie Hebdo n'avait pas publié ça juste pour se moquer, mais en lien avec l'actualité. »
- 2:43InvitéFait
« Charlie Hebdo n'avait pas publié ça juste pour se moquer, mais en lien avec l'actualité. »
- 3:28InvitéFait
« Depuis des années, on a laissé petit à petit s'installer des associations islamistes qui font pression et prennent en otage les musulmans français. »
- 7:30InvitéChiffre
« Aujourd'hui, pour un cas de Covid dépisté, on est à peu près trois cas contacts à peine. »
- 22:19InvitéChiffre
« Cette semaine, 17 milliards de demandes sur le marché, 230 milliards qui étaient souscrits. »
- 28:30InvitéChiffre
« Il n'y a eu que 70 incidents. »
- 28:37InvitéChiffre
« Vous avez admis 200 incidents. »
- 31:14Invité politiqueFait
« Le rapport Aubin date de 2004. »
- 34:13Invité politiqueChiffre
« Nous avions cet objectif de 300 000 enseignants formés sur ce sujet. »
- 38:12Invité politiqueChiffre
« Vous avez 80% voire plus des élèves qui sont d'origine étrangère dans un même établissement scolaire. »
- 51:40Invité politiqueFait
« Il y a des erreurs qui ont été commises dans tous les camps. »
Temps de parole
- Najat Vallaud-Belkacem36 %
- Invité24 %
- Invité 221 %
- Présentateur13 %
- ?5 %
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Bonjour
et bienvenue, merci d'écouter le grand face-à-face de France Inter, nous sommes ensemble jusqu'à 13h avec vos rendez-vous du samedi, le duel entre la directrice de Marianne, Natacha Polony, et le directeur de la fondation Jean Jaurès, Gilles Finkelstein, et puis le débat du week-end, et que fait-on maintenant ? Un peu plus d'une semaine après la décapitation de Samuel Paty par un djihadiste islamiste, assassiné Samuel Paty pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, que faire ? Et que faire notamment à l'école ?
Notre invitée était ministre de l'éducation nationale au moment des attentats de 2015, elle avait fait diffuser un livret de la laïcité dans les établissements, elle avait lancé un programme de formation des enseignants, Elle avait installé un référent laïcité dans chacune des académies, on parlera avec elle de toutes ces questions, Najat Vallaud-Belkacem sera au rendez-vous dans une vingtaine de minutes Mais tout de suite, le duel
France
Inter,
le
grand face-à-face, Ali Badou
Le duel, Natacha Polony, Gilles Finkelstein, bonjour les amis Bonjour Heureux de vous retrouver à la une de Marianne, jusqu'à quand va-t-on se coucher ? Marianne qui a publié les caricatures, vous l'avez fait comme le magazine L'Express Natacha, est-ce que c'était une décision difficile à prendre avant de rentrer dans le vif du sujet des différents
thèmes
du duel
? Bien
sûr, parce qu'on sait très bien qu'on ne peut pas faire ce genre de choses à la légère Mais nous l'avons fait en lien avec L'Express qui avait republié, qui était l'un des seuls journaux avec François à avoir republié les caricatures la première fois au moment où Charlie
l'avait
fait Et la question se posait, je pense, à tous les médias Parce que l'enjeu, c'est d'abord de diluer la menace C'est de ne pas laisser certains être menacés parce qu'ils sont tout seuls Et c'est cela que nous avons voulu faire, en y ajoutant évidemment de la pédagogie C'est-à-dire, nous avons expliqué l'histoire de ces caricatures Il faut rappeler en permanence que les caricatures danoises, elles ont été publiées parce qu'un auteur de livres pour enfants voulait écrire une vie de Mahomet Et qu
'il n'y avait aucune intention
ni de nuire, ni de se moquer
initialement en 2005
C'est ça, et simplement, il était effondré parce qu'il ne trouvait aucun illustrateur C'est pour ça que ce journal a lancé un concours de dessin Et ensuite, la caricature qu'a montrée Samuel Paty Mahomet, une étoile aînée, qu'on peut aimer ou ne pas aimer, qui est particulièrement provocatrice Elle fait suite à la diffusion dans le monde entier d'un film Qui avait déclenché des vagues de violence dans le monde musulman Il faut se souvenir que ce film, qui était très anti-musulman, fait par un copte californien Donc avait déclenché, par exemple, la prise de l'ambassade américaine à Benghazi Avec la mort de 4 personnes, dont l'ambassadeur Charlie Hebdo n'avait pas publié ça juste pour se moquer, mais en lien avec l'actualité C'est tout ça qu'on a voulu expliquer
Mettre en perspective, pourquoi le miroir de nos lâchetés ? C'est l'un des titres que vous
avez employés
cette semaine ?
Oui, c'est le titre d'un article qui raconte point par point Comment on en arrive à la mort atroce de Samuel Paty En expliquant ce qui s'est passé au sein de l'éducation nationale Ce qui s'est passé au sein du renseignement territorial Et en fait, comment tout cela est un enchaînement ?
Parce que depuis des années, on a laissé petit à petit s'installer des associations islamistes Qui font pression et prennent en otage les musulmans français Et qui, petit à petit, diffusent une idéologie profondément dangereuse Et encore une fois, il faut les dénoncer justement Parce que leur but est d'abord d'avoir une emprise sur les français de confession musulmane Gilles, juste une phrase Natacha Polony disait, il faut diluer la menace C'est vrai pour les journaux C'est vrai aussi pour les enseignants Et
pour
les journaux comme pour les enseignants Il faut que derrière les journaux, derrière les enseignants Il
y
ait les institutions et qu'il y ait la nation toute entière Qui se pousse derrière ces institutions pour soutenir l'ensemble
Et
on aura évidemment l'occasion d'en parler avec Najat Vallaud-Belkacem Mais pour l'heure, le duel La situation est grave
Elle
est grave en Europe Elle est grave en France Nos services hospitaliers vont être mis à rude épreuve
Et
le nombre de morts va continuer d'augmenter Les nouveaux cas d'aujourd'hui sont les malades hospitalisés de demain Et malheureusement, parfois, les morts
d'après-demain
La
situation est grave Vous venez d'entendre le Premier ministre Jean Castex On avait le sentiment qu'il préparait les français à affronter des jours difficiles Un mois de novembre qu'il annonce éprouvant On avait l'impression d'entendre un dernier avertissement avant reconfinement, Gilles
Oui, la situation est grave On a souvent évoqué ici les difficultés de la réponse politique Les hésitations, les contradictions Moi, ce qui me frappe aujourd'hui, c'est moins la singularité française que la banalité française Comment ça ? Partout en Europe, vous avez une progression importante du virus Ce n'était pas le cas
au
printemps
Il
y a beaucoup de pays, notamment à l'est de l'Europe, qui étaient en dehors de cette vague Ils sont maintenant dedans Partout en Europe, vous voyez les difficultés de contrôle des dispositifs de traçage humain Partout en Europe, vous voyez des mesures relativement proches Les gestes barrières, évidemment Mais le plus de télétravail et des fermetures de bars et de restaurants Et partout en Europe, ou presque, vous voyez des mouvements de contestation des mesures qui sont prises Ça veut dire que nous sommes dans un moment
dans
lequel, je crois que tout le monde commence à prendre conscience Que nous allons vivre durablement
et
désagréablement avec ce virus
46 millions de Français, donc, soumis au couvre-feu Natacha
?
Oui, je pense que...
Enfin, je rejoins Gilles sur ce constat évident Que c'est l'ensemble de l'Europe qui est confrontée à cela Avec des tentatives de la part de chaque pays D'essayer de rester le plus raisonnable possible De confiner ponctuellement, de circonscrire Sauf qu'on voit bien que ça ne marche pas Et on voit bien la difficulté du discours Quand on entend les autorités françaises expliquer qu'il va falloir essayer de sauver Noël Cela semble presque dérisoire, absurde Mais oui, dans le sens où la question n'est pas de sauver Noël Ou de se dire qu'on va restreindre maintenant pour pouvoir réouvrir derrière Dans la mesure où c'est exactement l'erreur qu'on a commise avec les vacances d'été C'est-à
-dire
de tenir le discours aux gens qui consistait à dire Vous avez vécu le confinement, donc maintenant lâchez-vous Vivez vos vacances comme s'il n'y avait plus de virus Non, justement,
tout
l'enjeu c'est en effet D'apprendre aux gens à vivre avec ce virus Dont on sait maintenant qu'on ne lui trouvera sans doute pas de vaccin véritablement efficace Avant plusieurs mois Dont finalement la seule porte de sortie est d'améliorer les traitements Et en effet, je rejoins aussi Gilles sur un point La question du traçage et de l'isolement qui n'est pas efficace On voit par exemple que le nombre de cas contacts diminue C'est-à-dire qu'on a de plus en plus de mal à identifier les cas contacts des gens Aujourd'hui, pour un cas de Covid dépisté On est à peu près trois cas contacts à peine Ça veut dire qu'on ne les détecte pas tous Donc ça veut dire qu'on a énormément de mal à comprendre comment se diffuse ce virus Et donc à empêcher qu'il ne se réplique
Gilles
? Sur les cas contacts, on va évoquer tout à l'heure la question de l'application et du traçage numérique Stop Covid qui est venu tous anti-Covid Mais je voudrais revenir sur les raisons de la gravité de la situation Et de cette inquiétude du Premier ministre que l'on voyait cette semaine Quand il parlait du mois de novembre Il y a eu un moment où
peut
-être il y
a
eu des interrogations sur ce qu'allait être la suite du virus C'était les débats, vous vous en souvenez ?
Est
-ce qu'il y
aurait
une deuxième vague ? Est-ce que le virus a muté ? Et puis très rapidement, et c'est ça je crois qui est intéressant et auquel on doit penser C'est que
nous
savions,
mais
nous n'avons pas cru ce que nous savons
Comment
ça ? Ce qui arrive souvent, c'est des biais cognitifs qui sont bien connus Vous n'avez pas envie de croire ce que vous savez Et puis il y a peut-être une autre explication C'est qu'on entend beaucoup, la progression du virus suit une courbe exponentielle Or, le bon sens ne permet pas de comprendre ce qu'est une courbe exponentielle
On
dit ça double, ça double tous les trois semaines, ça double tous les quinze jours Mais on n'arrive pas à se figurer ce que veut dire cela Parce qu'on est nul en maths ? Non, parce que ce n'est pas le bon sens
Je parle
pour moi Je vais vous en donner une illustration Avec une parabole que beaucoup d'auditeurs doivent connaître Qui s'appelle la légende de Sissa Vous aviez eu un roi en Inde Qui s'ennuyait et qui demande un jeu pour le distraire Sissa arrive avec un jeu d'échec Le roi trouve ça formidable, il lui dit Qu'est-ce que vous voulez comme récompense
?
Sissa dit, eh bien, je voudrais un grain de riz sur la première case Deux sur la deuxième Quatre sur la troisième Huit sur la quatrième Cesse sur la cinquième Le roi dit,
pourquoi
seulement cette récompense-là ? Le problème,
c
'est qu'il y ait une courbe exponentielle Le problème, c'est que quand on arrive à la 64ème case Vous avez 18 milliards de milliards de grain de riz C'est-à-dire 1000 ans de production mondiale C'est ça une courbe exponentielle Alors on n'est pas
à
la 64ème case Mais il y a un moment Et c'est le moment où nous sommes Où la courbe exponentielle fait qu'on perd le contrôle Il
y a les biais cognitifs Est-ce qu'il y a aussi les comportements Qui se relâchent Ou ceux qui ne veulent pas tout simplement suivre les règles C'était édifiant de regarder Envoyé spécial sur France 2 jeudi soir Un reportage sur les fêtes clandestines Où l'on voyait des corps se toucher Des personnes dansées Personne n'était masqué Étonnant d'entendre aussi ces fêtards Dire à nos âges On ne ressent rien du tout
C
'est
marginal ou
est-ce que c'est important
?
J'allais dire que la très grande majorité des gens Essayent de respecter les règles Mais d'abord Même parmi la très grande majorité des gens Il y a toujours des moments de relâchement Ce qui est normal Ce qui est fatal Et après il y a une minorité de personnes Qui ne respectent pas ces règles Et quand on regarde Les statistiques Sur justement les différentes règles Qui sont respectées ou non On s'aperçoit que le port du masque Est en augmentation C'est
-à-dire
les gens le portent de plus en plus
On
voit en revanche Que les rassemblements familiaux La diminution des rassemblements familiaux Est en baisse constante Que la diminution des rassemblements festifs Est en baisse constante C'est-à
-dire
les gens en fait relâchent sur ce plan-là De même il y a une relâche Sur le respect du mètre ou du mètre et demi de distance Et on voit bien que c'est le problème De la difficulté d'être en permanence aux aguets Alors que évidemment C'est cette distance qui est la plus efficace Pour éviter toute contamination Mais de fait C'est un bouleversement de nos vies tel Qu'il y
a
un moment où ça devient insupportable Pour n'importe qui
Où en est l'acceptabilité comme on dit Gilles Dans les enquêtes d'opinion Vous qui suivez le moral des français Et leur rapport à cette épidémie Depuis ses tout débuts
On
est dans un moment
Que
l'on a déjà connu Où les mesures individuellement Sont assez massivement approuvées Et où la politique globalement Est majoritairement rejetée
C
'est très clair Après un démarrage poussif En tout cas le gouvernement a lancé A la fin de la semaine Son application de traçage numérique Des cas contacts A travers les smartphones Bon il y avait StopCovid On peut dire qu'elle n'a pas trouvé son public Cette application Pour
le dire
publiquement C'est ce que disait l'un des ministres Pour expliquer qu'elle a été téléchargée Par à peine 4% de la population En 4 mois Et il y a donc une version mise à jour Tous anti-Covid Qui propose de nouvelles fonctionnalités Le problème c'est que jeudi Dès son lancement Il y
a
eu un problème Avec un bug Pour beaucoup de monde Il a été impossible d'activer Le traçage par bluetooth Pendant plusieurs heures Et bon Plus tard dans la soirée Le problème a été résolu Mais c'est pas exactement le lancement Qu'espérait le gouvernement Gilles
C'est pas difficile de manier l'ironie Sur ce sujet J'en conviens C'est assez tentant Au printemps Il y a eu le lancement de cette application Après des débats de fond Sur l'équilibre Est-ce que cette application Menaçait les libertés Son lancement a été un échec Je crois que ça c'est assez difficilement contestable La question est de savoir pourquoi
Est
-ce que c'est une question de défiance Et notamment de défiance Envers les pouvoirs publics Est-ce que cet outil a été considéré comme dangereux
Est
-ce que c'est une question de calendrier
Il
a été lancé 3 semaines Après le déconfinement Il a pu paraître anachronique
Ou
est-ce que c'est une question de design C'est-à-dire que les choix Le contenu de cette application Faisait que pour beaucoup Elle était inutile Selon les réponses que l'on apporte à cette question L'avenir de ce deuxième lancement N'est pas le même Cette fois-ci le calendrier est le bon Parce que chacun voit que la menace est là Ils ont tiré des leçons en disant Ça ne va pas être simplement une application d'alerte Mais ça va être aussi une application d'information Pour faire en sorte que cette application soit active Et c'est comme ça qu'elle est efficace Moi je crois qu'il serait souhaitable
qu
'elle marche Je pense que les garanties en termes de liberté sont claires Et que c'est un des outils de plus Pour éviter ce que vous évoquiez tout à l'heure C'est-à-dire les risques de reconfinement total ou partiel
Est
-ce que c'est possible
? C
'est possible Ça a marché ailleurs Au sens où cette application a été massivement téléchargée Dans des pays comme le Royaume-Uni Ou comme l'Allemagne Ça peut marcher ici Ça dépend beaucoup de l'investissement qu'en font les pouvoirs publics Mais aussi de la manière dont la société s'en saisit Je pense au restaurant On remplit quand on va dans un restaurant Aujourd'hui on remplit des petites fiches Avec son nom, son numéro de téléphone Si on a l'application c'est quand même beaucoup plus simple Et puis ça dépend de la manière dont les français eux-mêmes vont s'en servir S'il y a eu des bugs C'est aussi peut-être parce qu'il y
a
eu un intérêt Vous l'avez téléchargé ? Oui Natacha
? Il
y a une question de communication C'est-à-dire que Gilles disait à l'instant peut-être que La première application Les fonctionnalités n'étaient pas les bonnes Je pense que la plupart des gens ne sont même pas Allés voir les fonctionnalités de StopCovid Même pas Et tout simplement parce que La communication autour de StopCovid Avait été erratique Et nous en avons débattu au printemps Nous avons discuté de tout cela En effet des questions de fond Je pense qu'aujourd'hui La situation n'est pas la même Dans la mesure où nous sommes dans un retour de vague épidémique Dans la mesure où la plupart des gens me semblent être capables désormais de comprendre que les garanties en matière de protection des libertés individuelles sont suffisantes Et comme le disait très justement Gilles Il est beaucoup moins intrusif d'avoir cette application que de laisser son numéro de téléphone et son adresse mail sur un carnet dans un restaurant Alors que tout le monde peut consulter ce carnet Donc je pense qu'il va y avoir là un moment différent Pour autant la défiance vis-à-vis des pouvoirs publics est telle Que cela risque de freiner cet instrument Dont il semble aujourd'hui qu'il soit à peu près un des seuls Avec les gestes individuels que nous pouvons accomplir
Les
gestes
barrières Puissent
à peu près fonctionner Mais c'est une J'allais dire C'est une contention de soi à chaque instant Qui est une violence Si une application peut aider à limiter cette violence Après tout Ce serait quand même pas si mal France Adair
Le
grand face à face
Le
duel
J
'en ai conclu que nous devons nous préparer Un arrangement qui ressemble à ce qui a été conclu Avec l'Australie L 'Union Européenne veut continuer à contrôler nos régulations Notre pêche Et pour un pays indépendant C'est inacceptable
C
'était la voix de Boris Johnson Le Premier ministre britannique On se dirige vers une situation comme avec l'Australie Disait-il L'UE veut continuer à contrôler notre pêche Et pour un pays indépendant C'est inacceptable Le spectre d'un no deal se profile Gilles Et vous vouliez y revenir sur ce feuilleton interminable Il y a encore une nouvelle Et peut-être une dernière session De négociation entre l'Union Européenne Et le Royaume-Uni Il y aurait a priori Une dizaine de jours encore Pour éviter une sortie sèche du Royaume-Uni De l'Union Bon Qu'est-ce qui permet d'imaginer que Ce sera enfin la conclusion D'une si longue histoire Et qu'un compromis sera trouvé ?
Parce que c'est au pied du mur qu'on voit le mieux le mur
C
'est très bien dit Or le feuilleton est interminable Il est incompréhensible Mais le 1er janvier de l'année prochaine Il y a le Brexit S'il n'y a pas d'accord
Donc on
s'approche Ce qui est très intéressant dans ce qui vient de se passer Et dans le petit extrait de Boris Johnson
C
'est que peut-être Qu'on est au début d'un mouvement
Et
peut-être même d'un début d'un renversement Pour la première fois Lors du Conseil Européen De la semaine dernière Il n'a pas été évoqué Contrairement à ce qui était prévu La nécessité Je cite D'intensifier les négociations Et les Britanniques Tout d'un coup Ont compris que l'Europe
Se
préparait
A
la possibilité d'un no deal C'est la première fois Que cette hypothèse est prise au sérieux C'est probable Et
ce
qui est intéressant C'est la manière dont les Britanniques ont réagi De manière
Comme
les Britanniques parfois peuvent le faire De manière inattendue Avec une sorte de génie politique Qui est un peu la stratégie du fou Qui est en train de jouer aux échecs En train de perdre
Il
soulève l'échiquier Il balance toutes les pièces Il sort de la pièce en hurlant
Et
il revient un peu après Son adversaire est sidéré Et il lui demande s'il s'est calmé
Ça
peut produire des effets Inattendus Et en l'occurrence Ça a produit des effets Au sens où Ça a créé du stress Non pas du côté britannique Mais du côté européen Où un certain nombre de pays Y compris ceux qui ne commercent peu Avec le Royaume-Uni Se sont dit
Quand
même On s'approche d'un no deal Et surtout Là où il y a Un coup de génie Britannique C'est que Ils ont réussi à faire D'une question Qui représente peut-être 1% Du sujet Qui est la pêche
L
'accès des pêcheurs européens Aux eaux britanniques Le sujet central Oui Qui est le seul sujet Sur lequel L'Europe est demandeuse Alors que c'est eux Qui le sont Sur tous les autres sujets C'est un des sujets Qui peut diviser Les européens Et c'est là où je dis Il y a peut-être Le début D'un renversement Parce que jusqu'à présent On est dans une situation Un peu paradoxale Où l'Europe Alors qu'elle est 27 Était unie Et où les britanniques Qui sont seuls Était divisées Y compris à l'intérieur Du gouvernement Entre ceux qui souhaitent Le deal Et ceux qui ne le souhaitent pas Là
On
a une fenêtre De négociation Qui s'ouvre Et on va voir Si tout cela tient Natacha Polony
Oui
on va voir En effet Si l'Union Européenne Parce que J'avoue Que c'est de ce point de vue là Moi que cela m'intéresse Le plus C'est de voir Comment l'Union Européenne Va réussir Ou non
A
penser Ce qu'elle doit être Face à un pays Qui a choisi De sortir C'est à dire Est-ce que l'Union Européenne A enfin compris Qu'il ne fallait Ni punir Les britanniques Ni essayer A tout prix D'atténuer Ce Brexit Mais d'en faire Un instrument De cohésion Qui permettrait Aux différents pays européens De définir Ce qu'est Une Union Qui soit Non pas seulement Une Union commerciale Mais une Union politique Je pense que Tout cela est en train De se jouer On voit que des choses Bougent On voit que Les différentes Le Brexit N'est pas le seul sujet Sur lequel Cette question là Est en train de bouger Elle est passionnante Parce que Je pense que Même côté français On est sorti Du mythe D'un couple franco-allemand Qui a l'air Régler tout cela Et il y a véritablement Une défense Par la France De ses intérêts Et des intérêts De la majorité Des pays européens Quitte à fâcher L'Allemagne Et à engager Et
à engager
Un bras de fer Avec l'Allemagne Donc je pense que Tout cela est en train De se jouer Autour du Brexit Autour du plan de relance Autour de tous ces sujets Nous sommes en train Peut-être De comprendre Ce que doit être Une Union européenne On va voir À manger là Deux phrases seulement Premièrement Symbole de ce génie britannique Boris Johnson parlait D'un modèle australien Auparavant il parlait D'un modèle canadien Les relations entre Les Etats-Unis Et le Canada Ça ça existe Les relations Un accord entre L'Union européenne Et l'Australie A ma connaissance Ça n'existe pas Donc là on va très loin Dans l'inventivité Et puis dernière remarque Il ne s'est pas passé que ça Il y
a
eu quand même d'autres Une bonne nouvelle Notamment Vous vous souvenez De ce débat Autour de l'émission D'une dette commune Notamment pour la relance Mais aussi pour Les dispositifs De chômage partiel La première émission A été lancée Cette semaine 17 milliards De demandes Sur le marché 230 milliards Qui étaient souscrits On voit que Il y a de la marge Pour que l'Union européenne Soit un acteur Et un acteur commun Sur ce marché là
A
suivre dans le grand face à face Le débat avec Najat Vallaud-Belkacem
France
Inter
Le
grand face à face
Le
débat
Nous ne renoncerons pas Aux caricatures
Aux
dessins
Même
si d'autres reculent
Nous
continuerons Professeur
Nous
rappellerons
Que
nos libertés Ne tiennent
Que
par la fin De la haine
Et
de la violence
Par
le respect De l'autre
Nous
continuerons Professeur
Et que faire Et
que faire
maintenant Un peu plus D'une semaine Après la décapitation De Samuel Paty Par un djihadiste Assassiné Après avoir montré Des caricatures De Mahomet A ses élèves Que faire Que faire Notamment à l'école Quelle réponse républicaine Notre invitée Était ministre De l'éducation nationale Au moment des attentats De 2015 Elle avait fait Diffuser un livret De la laïcité Elle avait lancé Un programme de formation Des enseignants Elle avait installé Un référent laïcité Dans chacune des académies Défendu la liberté
C
'était pédagogique Des profs Et c'est elle Que nous avions Envie d'entendre Bonjour Lajette Valo-Belkacem Bonjour Merci d'être au micro De France Inter Même à distance Vous êtes en duplex Depuis Lyon Et les studios De France Bleu Bientôt le 2 novembre Bientôt la fin Des vacances scolaires D'après vous Que devront faire Les enseignants Dans les salles de classe Lorsqu'ils retrouveront Leurs élèves
D
'abord il faut espérer Que ces quelques jours De vacances scolaires Leur donnent le temps Eux-mêmes De reprendre leurs esprits Car il faut Imaginer la souffrance La douleur La peine Qui est la leur Comme la nôtre d'ailleurs
Et
puis Que le 2 novembre Il puisse être Le mieux possible Accompagné par L'institution Par le ministère De l'éducation nationale Qui doit être Je le suppose En train de préparer Un certain nombre De contenus pédagogiques Pour faire en sorte Que la parole des élèves Puisse être accueillie Ce matin là Dans un contexte Très particulier Charlie Les attentats de Charlie Et les lendemains Avait déjà été évidemment Très particuliers Très chargés en émotions
Oui
Cette
fois-ci C'est un professeur Qui a été attaqué Dans le cadre Et en tout cas En réaction Un cours qu'il avait donné Donc la conversation La discussion Avec les élèves Pour les enseignants Elle va être encore Plus délicate D'une certaine façon Parce que ça les concerne Très directement Et donc Plus que jamais Ils ont besoin D'être accompagnés
Est-ce qu'il y a Des leçons à tirer De ce qui s'est passé En 2015 Après les attentats De Charlie Est-ce qu'il y a Des erreurs A ne pas commettre Ou est-ce qu'il y a Des choses Qu'il faudra Peut-être mieux faire Avec les élèves Pour éviter Les incidents Pour éviter Par exemple Que les minutes De silence Soient perturbées Pour éviter Que certains élèves Ne comprennent pas Ou voire s'opposent A l'idée même D'une commémoration Et de De l'hommage A Samuel Paty
Oui
Vous l'avez dit J'ai été Ministre de l'éducation Entre 2014 et 2017 Dans une période Malheureusement Marquée par plusieurs attentats Parce qu'on a Ceux de Charlie en tête Il faut aussi Repenser à ceux Du Bataclan En novembre 2015
Oui
bien
sûr Donc d
'une certaine façon Entre janvier 2015 Et novembre 2015 Déjà on a vu Une évolution
En
janvier 2015 Nous n'étions pas prêts Soyons honnêtes Personne n'imaginait Qu'un attentat De cette ampleur Pouvait se produire Les
minutes de silence
Cette
improvisation
C'est vrai C'est vrai
C
'est
aussi
Un endroit rassurant Un endroit sécurisant L'un des rares lieux Où on se dit Quand on traverse Une tragédie Comme celle qu'on a traversée En janvier 2015 Ou en novembre 2015
J
'ai besoin de raison J'ai besoin de retrouver Un cadre dans lequel
Voilà
C'est pas les passions Qui l'emportent C'est la réflexion C'est la tentative De réponse aux questions Que je peux avoir Et donc en novembre 2015 En particulier Je me souviens Que nombreux étaient Les parents
A
être venus A la rencontre Des directeurs d'établissement Ou des enseignants Et que des échanges Aussi avaient été Très utiles À ce moment là
Oui
Bonjour
Najat Vallaud-Belkacem
Bonjour Juste Pardon d'insister Mais est-ce qu'il n'y a pas Depuis des années Dans l'éducation nationale Une forme de culture Qui est à la fois Celle du compromis De la médiation Ce qui peut parfois Être très bien Mais qui parfois Est un peu trop faible Comme réponse Et une culture du déni
Quand
j'ai commencé Dans le journalisme En 2002 Des professeurs racontaient Comment au lendemain Du 11 septembre Des élèves Avaient applaudi Ben Laden Avaient expliqué Que c'était un héros Et ils étaient Ils se sont heurtés À un mur On leur a expliqué Que c'était très ponctuel Que ça n'existait pas Qu'ils exagéraient Qu'ils étaient racistes Ça a duré pendant des années Et vous évoquiez Le lendemain Du 7 janvier Les minutes de silence
Ont
été Dans beaucoup d'endroits Perturbés Au départ Votre ministère A minimisé En disant Non ce n'est pas vrai Il n'y a eu que 70 incidents Puis au bout De quelques jours
Devant
la pression De certains professeurs Vous avez admis 200 incidents C'est à dire 200 Pas 201 Pas 203 Pas 190 200 Comme une façon D'admettre Que oui C'était beaucoup plus Mais qu'on N'irait pas plus loin Est-ce que Avec le recul Vous ne vous dites pas Qu
'il
aurait fallu À ce moment là Justement Sortir De cette culture là
Et
aller Beaucoup plus loin Dans la volonté De l'institution De regarder La réalité en face
Je
suis
d'accord Avec la première partie De votre raisonnement Mais pas avec la seconde La première partie C'est que Clairement Il y avait Au sein de l'éducation nationale Des incidents Qui n'étaient pas Suffisamment remontés Pas suffisamment signalés Et c'est d'ailleurs Tout le sujet Au moment où Ces perturbations De minutes de silence Se produisent C'est à dire que Dans les faits Je peux vous le dire Je suis à ce moment là À mon bureau de ministre Moi Je me base sur Ce qui remonte Jusqu'au ministère Donc dans les premiers temps Peu de cas sont remontés Et c'est parce que Nous passons un message Pour inciter Les professeurs Les équipes pédagogiques A le faire Que davantage de choses Sont remontées Donc je suis d'accord Avec vous Quand vous dites Que malheureusement Alors c'est ce que Certains appellent Le ne pas faire de vagues Ou est-ce que Ce n
'est
pas plus pertinent Finalement de discuter Avec nos élèves Que de les dénoncer Ou de les sanctionner Enfin Toute cette espèce De culture là Exister C'est clair Et à partir De janvier 2015 Vous ne pouvez pas Ne pas reconnaître Qu'il y
a
eu quand même D'énormes efforts Qui ont été réalisés A partir de ce moment là On décide d'une politique De fermeté Déjà L'instauration De remontées Systématiques Pour les moindres incidents Et de signalement Et je peux vous dire Que y compris Moi comme ministre Il m'est arrivé De m'en prendre Plein la tête Parce que D'une certaine façon Certains considéraient Qu'on sur-signalait Mais pour moi C'était absolument essentiel On était dans un moment Des froids De craintes À l'égard de la radicalisation Des élèves Donc
On
avait instauré Des mécanismes De fonctionnement Très étroits Entre le ministère De l'éducation nationale Et le ministère De l'intérieur Avec des cellules
Départementaires Pilotées par Pardon
Le rapport Aubin Date de 2004
Je suis d'accord Je suis d'accord Le rapport Aubin Dans
toute l
'éducation
nationale Il
faut rappeler C'est-à-dire que Quand il est présenté
Le rapport Aubin C'est sur les territoires Perdus de la République En gros Où il raconte Justement Voilà
Cette ambiance Qui est décrite De
minimisation De
nombre de montées Des incidents Et on lui a expliqué Que ce n'était pas
scientifique Que c
'était ponctuel
Et qu
'il exagérait beaucoup Le rapport
Aubin De
2004 Et à ce moment-là En 2004 Il est en effet méprisé Il n'est même pas publié Sur le site Du ministère De l'éducation nationale Que voulez-vous Que je vous dise Mais c'était en 2004 En
2015 Je peux vous
dire Que d'ailleurs On a travaillé Y compris en étant En contact avec lui On a
tout
repris Sur la question De la fermeté Donc le signalement Suivi systématiquement D'effets De sanctions Quand ça s'imposait Mais aussi Sur la question De la pédagogie Parce que En fait Le vrai sujet aussi C'est que La laïcité Elle a besoin A la fois De s'imposer Dans les établissements Scolaires Comme une règle Stricte à respecter Pour les élèves Mais elle a aussi Besoin d'être comprise La charte de la laïcité Les enseignements Comme l'enseignement Moral et civique La formation des enseignants Justement A transmettre Les valeurs de la république A parler de laïcité Avec les élèves Les référents laïcité Que vous évoquiez Tout à l'heure En introduction Qu'on a installé Dans les académies Tout ça C'est des dispositifs Qui visent A faire vivre Une pédagogie De la laïcité C'est à dire Qu'en gros Il suffit pas de dire Bah voilà On impose C'est ainsi Et c'est pas autrement Pour attirer à vous Des élèves Et leur faire Désirer Ces valeurs de la république Or nous A l'école Nous voulons Faire désirer Ces valeurs de la république Et cette laïcité Aux élèves Comme des principes Qui les protègent Y compris eux
On
va en parler Justement Et je signale Que Jean-Pierre Robin D'ailleurs Vous rendez plutôt Hommage récemment Lorsqu'il l'avait À s'exprimer Sur ce rapport là Même si Natacha Polony N'a pas l
'air
d'être D'accord avec moi Mais au moins Ça
fait une position D
'équilibre Gilles Finkelstein
Oui
Je voudrais revenir Sur les différentes initiatives Que vous avez prises Qui ont été rappelées Par Libadou Et que vous venez de rappeler A l'instant Non pas sur les mesures Elles-mêmes Mais sur l'effet Qu'elles ont eu Quel est le bilan Que lorsque vous quittez Le ministère de l'éducation nationale En 2017 Vous pouvez en dresser Et est-ce que vous avez eu Le sentiment Qu'il
y a
de la continuité Dans l'action des pouvoirs publics Parce qu'on peut avoir Le sentiment Qu'à chaque fois On a l'impression De recommencer En année zéro Et que tout cela Manque de continuité Najat Vallaud-Belkacem
Oui absolument En fait Je vais vous dire Pour moi C'est le principal risque Du moment C'est que Sur un sujet Aussi important Aussi sérieux Qui demande tellement D'efforts collectifs
On
s'amuse D'une certaine façon A faire de la tactique On s'amuse A prétendre Que rien n'a existé avant On s'amuse A prétendre Qu'on est en année zéro De la laïcité Ou de la fermeté A l'école Non seulement c'est stupide Mais en plus C'est totalement Contre-productif Sur ces sujets là La vérité C'est qu'il faudrait Regarder Beaucoup plus sérieusement Ce que nous avions lancé Et pour vous répondre Il y a des choses Qui sont restées Je pense que Les référents laïcités Dans les académies
Demeurent
Je ne suis pas sûre Qu'on ait continué A former les enseignants Comme nous le voulions Nous avions cet objectif De 300 000 enseignants Formés sur ce sujet Nous avions progressé Nous en étions A quelques 100 000 à l'époque Est-ce que ça a été poursuivi ? Je n'ai pas cette certitude Je ne suis pas sûre Que des choses Très très pédagogiques Justement Comme par exemple Le fait de faire signer La charte de la laïcité Aux parents A chaque rentrée scolaire Et lorsque
les
parents Refusaient de la signer De les inviter A venir en discuter Avec le directeur d'établissement
Pour
comprendre pourquoi Et pour faire là encore De la pédagogie Je ne suis pas sûre Que ça ait été continué On avait instauré Une journée de la laïcité Tous les 9 décembre Est-ce qu'il se passe Encore des activités ? Elle a dû être conservée Mais tout est une question Aussi d'impulsion Et de force Que vous donnez aux choses Et donc là-dessus Honnêtement L'un des exemples Les plus
Les
plus Criants pour moi D'un soufflet Qui est retombé
C
'est la réserve citoyenne De l'éducation nationale La
réserve citoyenne De l
'éducation nationale Qu'est-ce que c'est ? C'est à un moment donné Au lendemain des attentats De Charlie Moi personnellement Comme ministre Mais aussi Beaucoup d'enseignants Recevons énormément De courriers De citoyens
De
toute profession De tout profil Des magistrats Des journalistes Etc Des personnes à la retraite Qui nous écrivent En nous disant Écoutez Tout ça c'est trop lourd Pour les épaules Des seuls professeurs Qui par ailleurs Doivent aussi enseigner A lire, écrire, compter Nous on veut bien Venir vous aider A transmettre Les valeurs de la république On veut bien Parce que c'est notre métier De journaliste par exemple Venir parler De liberté d'expression On veut bien Parce que c'est notre métier Venir parler De ce que c'est qu'une caricature On veut bien Parce que c'est notre métier Venir parler du droit Bon Donc à partir de là J'avais créé Ce vivier de citoyens Qui était fort De quelques On était à près de 10 000 Voir peut-être un peu plus Citoyens Qui étaient inscrits dedans Et qui étaient censés Intervenir dans les écoles Ça avait commencé comme ça Lorsque j'étais encore Au ministère
Pour
moi Cette chose là A disparu Et ce qui me fait Terriblement mal au coeur C'est quand Au lendemain De l'assassinat De Samuel Paty J'entends ici Ou là Dans les commentaires A la radio Ou à la télévision Ah mais on devrait En fait Faire venir plus souvent Des journalistes Dans les écoles Ou des citoyens Pour parler de ces sujets là Avec leurs mots à eux Aux élèves Mais enfin On va pas passer notre temps A réinventer la poudre C'est une plaisanterie Pourquoi est-ce que ce soufflet Est retombé Natacha
Polony
Juste
Vous avez tout à fait raison Sur un point Il faut une continuité Je pense De l'action publique Et il faut essayer De s'inscrire Même quand on n
'a
pas forcément La même vision De certains sujets Que ses prédécesseurs Il faut essayer de s'inscrire Là-dedans C'est pourquoi J'ai une question Sur un sujet Qui est une espèce De serpent de mer Et qui empoisonne L'école La question De l'accompagnement Des sorties scolaires
Pour
ma part Je pense que nous ne sommes plus Dans un moment Où il faudrait justement Rouvrir cette querelle Les difficultés sont telles Que ce n'est pas le moment En revanche Quand vous êtes arrivé Au ministère Il existait une circulaire La circulaire Châtel Qui avait instauré Qu'on n'acceptait pas Les signes religieux Lors des sorties scolaires Et c'était acté Vous êtes revenu Sur cette décision Or la question Que je me pose C'est
Il
y a toute forme De signes religieux Mais quand vous avez Des professeurs Qui témoignent Que
des
mères accompagnatrices Sont entièrement couvertes D'une longue abaya Avec des gants Quelle image Donne-t-on
Des
femmes Aux enfants Qui sont accompagnés Dans le cadre D'une sortie scolaire Donc ce choix A ce moment-là N'a-t-il pas manqué De vision Sur
l
'idéologie Qui était portée Parfois
Par
ces tenues
Najat
Vallaud-Belkacem Puis Gilles Finkelstein
En
fait je pense Que votre question Se pose en particulier Dans des territoires Où finalement Vous avez 80% Voire plus Des élèves Qui sont D'origine étrangère Dans un même Établissement scolaire
D
'une même culture Où en effet A la fin Les parents Les seuls parents Disponibles Pour accompagner Les sorties scolaires C'est des accompagnatrices Avec un foulard Ou plus sur la tête
Bon
Mais j'ai envie De vous répondre Que le vrai sujet Dans ce genre De configuration C'est comment Pourquoi A-t-on laissé 80% Des élèves D'origine étrangère Dans un seul Établissement scolaire De façon totalement Ségrégée Du reste de la société Sans aucune mixité sociale Qui aurait permis La mixité sociale D'avoir dans les accompagnateurs De sorties scolaires Finalement Des gens habillés Tous différemment Donc c'est ça Le sujet fondamental De notre société Parce que Après si vous le prenez Par l'angle Parent Nous avons Tout intérêt A ce que les parents S'intéressent A la scolarité De leurs enfants Alors Il
va de soi C'est pas dans un
établissement scolaire Que des parents Avec la tête couverte Des femmes Avec la tête couverte Vont venir intervenir C'est dans le cadre De sorties scolaires Comme On dit juridiquement Collaborateur occasionnel Du service public C'est pour donner Un coup de main En l'occurrence A l'école Et aux enseignants Qui emmènent Leurs élèves En sortie scolaire Donc c'est un cas Quand même Très particulier Extérieur à l'école Et dans lequel Encore une fois On a plus intérêt A avoir des parents Qui s'investissent Que des parents Qui se désintéressent De l'école Vous savez que L'investissement des parents Compte énormément
Dans la réussite scolaire Le père qui a contesté L
'enseignement de Samuel
Paty S'intéressait
beaucoup
A l'école Alors c'est justement
Là dessus Que je voudrais Vous interroger Sur cette question Des réseaux sociaux Cette question là S'est posée En 2015 Les réseaux sociaux Ayant beaucoup Contribué A véhiculer De multiples théories Du complot Elle s'est reposée Cette fois-ci Quel est pour vous Le bon débat ? Est-ce que c'est La question De l'anonymat Sur les réseaux sociaux Même si En l'espèce Le père En question N'était pas anonyme Et le prédicateur Ne l'était pas non plus Mais cette question là Est
-ce
que c'est pour vous La bonne question ? Est-ce que c'est la question De la surveillance Des réseaux ?
Dans
les conclusions Des services de renseignement
Qui
concluaient A une pacification Du débat C'était beaucoup Sur ce qui se passait
Dans
la vie réelle Mais pas Dans la vie numérique Or il y
a
une connexion Entre les deux Ou est-ce que c'est aussi Une question de régulation Des réseaux ? On a quand même vu A cette occasion Qu'un sein dénudé Était plus rapidement Enlevé Qu'une tête décapitée Beaucoup plus rapidement Najat Vallaud-Belkacem
Oui
c'est clair Parce qu
'on
est vraiment Dans un monde Absurde A bien des égards Moi pour vous répondre La première chose Qui me frappe Quand vous me parlez D'internet Et notamment A l'occasion De cette affaire Samuel Paty
C
'est notre faiblesse Tout de même On a une plateforme Qui s'appelle Pharos Comme vous le savez
A
laquelle peuvent être Signalés Les contenus Qui sont problématiques Qui constituent Des menaces de mort Etc Il apparaît Que le meurtrier De Samuel Paty Qui avait rédigé Des messages suffisamment graves Pour que ces messages Soient signalés Par la LICRA
A
trois reprises A cette plateforme Pharos Et pourtant Ça n'a été suivi D'aucun effet Donc moi Premièrement J'ai un problème Avec ça Faros Est notoirement Sous-staffé Sous-staffé Il n'y a pas assez de monde Il faut vraiment Enfin vous voyez De la même façon Qu'on dit avec le Covid Il faut vaincre le Covid Quoi qu'il en coûte J'ai envie de dire Il faut vaincre Le terrorisme islamiste Quoi qu'il en coûte Donc quand on a Une plateforme Comme celle-là On lui donne Les moyens De fonctionner
Et
puis je pense Qu'au-delà Du renforcement De cet outil Eh bien On pourrait par exemple Créer un groupe Dédié au cyber Espace scolaire Parce que Finalement Le cyber Espace scolaire Peut faire des ravages Tant en matière De terrorisme On l'a vu Avec ce tragique attentat Mais aussi en matière D'harcèlement scolaire Et puis évidemment Ce que vous avez dit Sur les plateformes Les GAFA Oui Évidemment Que leur rôle Doit être absolument Plus important Et moi je suis favorable A ce qu
'une
nouvelle loi On parle de la loi Dite Avia Soit retravaillée Pour être conforme A la constitution Et fasse en sorte Que ces acteurs-là Aussi soient dans la régulation
Après
pour le reste Sur la question De l'anonymat Ou plutôt du pseudonymat D'ailleurs Parce que c'est plutôt Du pseudonymat Généralement
J
'entends les arguments De ceux qui disent Que c'est une garantie De la liberté D'expression J'arrive à comprendre Ce point Mais je dis Que pour réguler Les abus Et bien Il faut Encore une fois Outiller la puissance publique Pour rapidement Très rapidement Lever Cet anonymat Ou ce pseudonymat Quand
la loi
D'expression
nationale Pour le dire vite Ou d'unité nationale A tout le moins En tout cas Sur la scène politique
Vous savez J'ai vécu Les attentats de Charlie Et je sais très bien Ce qui saisit Un pays A ce moment-là A la fois Une émotion Une colère profonde Une
colère profonde
Profonde Profonde Profonde Un désarroi
Qui
peut très vite Conduire à la dislocation Honnêtement Ça a été L'une de nos craintes Les plus importantes En janvier 2015 En novembre 2015 Et cette fois-ci Aussi On est un petit peu Dans cet état-là Où on se demande Si notre unité nationale Est capable De tenir Ou pas Les mots Du président Macron Et notamment Au moment de l'hommage national A Samuel Paty Que j'ai trouvé très dignes Ces mots Allaient dans le bon sens Ceux de
l
'unité nationale Maintenant Je crois qu'il faut En effet Chacun Que l'on mesure nos propos Qu'on ait de la tempérance Dans ce que l'on raconte Qu'on soit bien sûr Ferme sur les principes Mais qu'on soit respectueux Des individus Qu'on fasse attention A nos débats Vous savez
Je
trouve Que depuis Plusieurs jours On met beaucoup La lumière sur l'école Après l'assassinat De Samuel Paty Mais ça n'est pas L'école Qui a failli Dans ce domaine
J'allais vous
en parler Parce que
précisément L'école Elle était en train De faire son travail Samuel Paty Il faisait son travail De transmission Puis il avait l'air De le faire bien En plus
Ce
n'est pas l'école Qui a failli Ce qui a failli C'est ce qui entoure L'école De l'extérieur Ce qui a failli C'est la façon Dont des parents Pensent pouvoir S'immiscer Dans le contenu éducatif
Et ça Le
projet
de l'école De
l'école
républicaine Or il y a des débats Au sein De l'éducation nationale Sur justement La façon Dont doit se faire Cette transmission Et même Le contenu De ce qui doit être Transmis Et c'est très important Vous déploriez Qu'il n'y ait pas D'union nationale Mais il y a aussi C'est vrai Des débats Je pense par exemple Au débat Sur Ce qu'est L'école elle-même Il y a Aujourd'hui Au sein de l'éducation nationale Dans certains instituts De formation Des gens Qui sont des théoriciens De l'idée Qu'il existerait Un racisme d'état Que l'éducation nationale Elle-même Pratiquerait Un racisme d'état Ces gens Ces associations
Ont
participé Notamment A la rédaction Des programmes d'histoire Quand vous étiez ministre Est-ce que ça change Quelque chose D'avoir une association De professeurs d'histoire Qui considère Qu'il y
a
un racisme d'état Et qui contribue A rédiger Des programmes d'histoire Quel message On envoie aux élèves Dans ces cas là
Najat
Vallaud-Belkacem
A
quoi est-ce que vous faites référence Exactement Parce que c'est une accusation Lourde que vous portez là Et précisément C'est contre ce type D'anathème Et d'accusation Sans fondement
C'est pas une accusation Sans fondement
Najat Vallaud
-Belkacem Des associations Comme
Agornamento Par exemple
Donc vous mettez en accusation Une association Comme Agornamento Qui est quand même Assez
maniement ruse Ce n'est pas moi Qui accuse
Chacune
son tour
On a le droit De considérer Qu'il existe Un racisme d'état C'est en effet Ce que fait par exemple Une personne Comme Laurence Decoq Qui intervient Dans des instituts De formation Voilà Je constate simplement Je n'accuse pas Je constate Et je vous demande Ce que vous en pensez
Alors je vais vous dire Moi ce que j'en pense D'abord je pense Que ce sont des accusations Graves que vous lancez Parce que je ne crois pas Qu'on puisse dire Des membres De cette association Agornamento Qu'ils considèrent Qu'il y a un racisme D'état à l'école Je ne le pense Absolument pas Et je vous invite A les inviter Tout simplement Sur votre plateau Pour en discuter avec eux
Ils
ont
fait des collocs Là-dessus
Ils seront bien meilleurs Porte-parole Que moi De leur association Qui fait au contraire Un travail très important D'esprit critique justement Parce que c'est d'esprit critique Qu'on a besoin En ce moment De complotisme Et d'échaînement Des passions Partout Et pas seulement à l'école Mais pour vous répondre Qu'il y ait des débats Sur la façon De transmettre les valeurs Bien sûr Qu'il y a des débats Il y a ceux qui vous disent Par exemple Mais écoutez C'est très simple Transmettre les valeurs Ça se fait En apprenant par cœur Les paroles de la Marseillaise Et puis Et puis je ne sais quoi D'ailleurs Enfin des choses Très descendantes
C
'est bien D'apprendre par cœur Les paroles de la Marseillaise D'ailleurs vous l'aurez remarqué Puisque vous connaissez Les programmes par cœur C'est présent dans les programmes scolaires
En
général
On connaît le premier couplet Ce
qu'on a considéré En 2015 C'est que Je reviens à ce que je disais Sur la pédagogie De la laïcité Ce qui est important C'est de mettre En condition Les élèves Pour qu'ils comprennent Le sens de ce qu'on est En train de leur transmettre Pour que l'école soit Ce creuset de la citoyenneté Faire en sorte que Les élèves puissent être Citoyens d'une certaine façon Et faire l'expérience De cette citoyenneté L'enseignement moral et civique Que nous avions mis en place Il avait un programme Qui était un programme Fait pour que les élèves Débattent Pour que les élèves Expriment les choses Qui restent très Fantasmagoriques Dans leur esprit Les choses Qu'ils ont pu entendre Et pas compris Les choses
Et c'est d'ailleurs En cours de MC Que Samuel
Paty Avaient travaillé
Avec ses
élèves Sur la liberté d'expression Parce que
les exprimés Être dans
un débat contradictoire Se rendre compte De l'altérité Et bien c'est
Une
première expérience De citoyenneté Qui vous permet Finalement de déguiser Votre esprit critique Cet enseignement moral et civique Tel que nous l'avions pensé Je me souviens Qu'il y avait par exemple En son sein Ce qu'on appelle Des dilemmes moraux On y organisait Des débats Et des jeux de rôle Pour vraiment Que les élèves Se saisissent de tout ça Il a été Cet enseignement moral et civique Révisé En 2018 Sous une forme Alors là Qui l'a profondément Vidé de son sens Puisqu'on est à nouveau Dans quelque chose De très descendant Où on apprend Par coeur Les institutions Et les règles Etc
C'est
important De
connaître Gilles Finkelstein On est
vraiment Dans un temps Et tous les professeurs Vous le diront Dans un temps Où l'école doit faire face A des difficultés Inédites
Parce
que La multiplication Des canaux d'information Les réseaux sociaux Le complotisme Partout Les biais cognitifs Que vous évoquiez tout à l'heure Qui sont confortés Par des milliers De fake news Etc Font Que On a besoin A l'école D'avoir des outils Modernisés Pour transmettre Ces valeurs de la république
Gilles Finkelstein Alors je voudrais Vous interroger Non pas comme Ancienne ministre De l'éducation nationale Comme on le fait Beaucoup depuis le début Mais la responsable politique La responsable socialiste Que vous avez été Que vous serez Peut-être à nouveau Olivier Faure Le premier secrétaire Du parti socialiste A pris sur ces questions là C'est vrai Depuis l'assassinat De Samuel Paty Mais ça a été vrai En novembre dernier Au moment De la manifestation Contre l'islamophobie Des positions Qui étaient Très claires Qui étaient très fermes Y compris Au risque De se démarquer D'une autre partie De la gauche Je voulais savoir Si vous étiez En phase Avec cette position Du premier secrétaire Du parti socialiste Najat Vallaud-Belkacem
Oui
je suis en phase Avec la position D'Olivier Faure Et je pense en effet Que nous avons Au fond Tous Dans toutes les formations Républicaines Dans tous les partis Nous devons faire un travail Qui consiste à regarder en face Là où par le passé Nous avons pu être finalement aveuglés Ne pas être suffisamment conscients De ce qui se passait Ne pas être suffisamment fermes Je pense que Complaisant
vous diriez ?
Il y
a
des erreurs Qui ont été commises Dans tous les camps Donc aujourd'hui Ce qu'on doit bien A la mémoire de Samuel Paty En particulier Plutôt que d'être Dans une forme de maccartisme généralisé Où chacun se renvoie A la responsabilité Etc C'est qu'on prenne L'engagement D'être plus rigoureux Que jamais Avec les dogmatismes religieux Qui n'ont pas A régenter nos vies Et ça Ça vaut pour les partis politiques Mais ça vaut aussi Pour nous comme citoyens Quand Comme Mais
ça passe par la loi D
'Ajad Belkacem Ça passe par la loi De nouvelles lois Notamment Un durcissement Des textes Qui réglementent La vie en société La loi sur le séparatisme Qui est toujours En discussion Moi
je pense Qu'on a vraiment besoin D'une loi Sur l'aspect du numérique C'est ce que j'évoquais Tout à l'heure Bon il y
a
eu Tout ce pataquès Autour de la loi Avia Qui doit être reprise Maintenant Après pour le reste Il me semble Que quand même Beaucoup de choses Sont déjà dans la loi Et que ce dont on a besoin Surtout C'est de soutenir Nos fonctionnaires Qui appliquent la loi Et en réalité Pour revenir à l'école Ce dont on a besoin C'est que les enseignants Se sentent à la fois Soutenus Et protégés Et protégés Par leur institution Protégés par la police Honnêtement Moi je
Ça
m'a déchiré D'apprendre Que Samuel Paty Était allé déposer plainte Et
de
lire sa déposition
Je
Voilà La question c'est Pourquoi est-ce qu'il n'a pas Bénéficié d'une protection Ensuite Mais j'allais dire C'est malheureusement D'une banalité infernale Le nombre de femmes Victimes de violences conjugales Qui vont déposer plainte Et qui ne bénéficient pas Ensuite de la protection adaptée On le sait C'est ça Le vrai sujet aujourd'hui Plutôt que de se précipiter A adopter des lois Et je ne
dis
pas Qu'il n'en faudra jamais Mais en tout cas Le vrai sujet C'est celui De donner les moyens Aux fonctionnaires Qui sont chargés D'appliquer les lois Que nous avons déjà Et les missions Que nous leur confions déjà De les appliquer Et de les mener
Merci
infiniment Najat Vallobel-Cassem D'avoir accepté Le principe de cette discussion Merci aux équipes De France Bleu à Lyon Qui vous ont accueillis Dans leur studio Je vous souhaite Un bon week-end Natacha et Gilles On se retrouve samedi prochain Merci à Mathilde Clatte Qui a préparé l'émission A la réalisation C'était Marie Merier A la technique Donatien KU Et quant à moi Je vous dis A demain midi Pour Questions Politiques
Najat Vallaud-Belkacem