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Discours / meetingSpi & Spi· 6 novembre 2020 60 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

L'ENGAGEMENT par François-Xavier Bellamy - conférence

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 94 %Attaque 4 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 41:33OuverteRéponse directe

    Quel est votre avis sur l'engagement politique vs associatif ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:31Invité politiqueFait
    « jeunes de France battez-vous »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « nous n'avons juste pas le droit de ne pas nous engager »
  • 11:19Invité politiqueFait
    « le nazisme c'est le mal le fascisme c'est le mal l'homophobie c'est le mal le racisme c'est le mal »
  • 11:53Invité politiqueFait
    « si dans cette salle quelqu'un dit que la porte de l'entrée est ouverte et quelqu'un d'autre dit que la porte de l'entrée est fermé bien en a forcément un qui se trompe et un qui a raison »
  • 28:59Invité politiqueFait
    « la politique n'a pas le pouvoir et elle ne l'a jamais eu »
  • 46:41Invité politiqueFait
    « ceux qui font l'histoire sont ceux qui ne se voient pas forcément »
  • 47:17Invité politiqueFait
    « les livres les plus importants de sa vie et les plus fort ceux qui vont transformer l'Europe ceux qui vont transformer le monde occidental ceux qui vont transformer le rapport que nous entretenons aujourd'hui et même à l'intérieur de notre propre foi à la religion »
  • 49:18Invité politiqueFait
    « dans la comédie humaine on a tous les on on a tout ce qu'il faut pour agir sur notre époque »
  • 50:51Invité politiqueFait
    « y a-t-il aujourd'hui des philosophes y a-t-il aujourd'hui des vrais responsables politiques »
  • 53:04Invité politiqueFait
    « je vais être présidente de la République et je vous propose de travailler pour moi »
  • 56:31Invité politiqueFait
    « le politique se laisse complètement guider par l'opinion mais complètement précisément parce qu'il n'a plus de vision »
  • 57:09Invité politiqueFait
    « soit d'accord ou pas les familles homoparentales elles existent donc il faut bien les reconnaître »
  • 57:47Invité politiqueFait
    « les cambrioleurs ils existent aussi ils ont pas attendu que la loi les reconnaisse pour faire leur activité »
  • 59:06Invité politiqueFait
    « c'est la première fois que les sondeurs ne testaient pas auprès des gens des idées mais des mots »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
François-Xavier Bellamy

alors on m'a demandé de de de parler avec vous de de l'engagement qui à la fois veut tout dire et rien dire enfin c'est un thème très très vaste et puis on a du mal à voir exactement ce que ce que ça recouvre mais j'aimerais bien peut-être essayer de livrer quelques réflexions à partir peut-être de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui ou dans laquelle nous avons la sensation de de nous trouver alors vous l'avez dit he nous avons quelque chose en commun c'est que nous sommes de la même génération nous avons le même âge et donc nous héritons du même avenir et puisqu'on est entre nous on peut se le dire franchement et bien on a un peu l'impression d'être mal barré euh on pourrait dire que tous les voyants semblent au rouge les voyants économiques évidemment mais aussi bien l'état de l'environnement de l'écologie la question qui nous concerne c'esti la question de la dette voilà on se demande comment on va la rembourser la question du chômage 24 % de jeunes sont sont sont au chômage n'arrivent pas à trouver un travail parce que le monde de la formation nous le savons est complètement inadéquat à celui du marché du travail bref tout ça semble bien inquiétant et puis en plus on a l'imession de dans un pays qui est relativement paralysé qui a du mal à se réformer qui a du mal à se dire les choses bref pour nous qui sommes jeunes et qui allon hérité du monde de demain et qui sommes déjà en train d'y rentrer et qui parfois avont déjà du mal à y rentrer bien on peut se dire que euh rien qui ressemble à quelque chose de très encourageant dans les perspectives qui nous sont offertes aujourd'hui alors d'ailleurs j'ai j'ai été invité ici ce soir je crois après un un enfin à cause d'un d'un article aussi euh euh que que j'ai eu l'occasion de publier dans Libération et qui illustrait bien peut-être le sentiment qui peut être le nôre en ce moment dans cette période euh en fait j'avais répondu à une tribune qui était parue dans Libération je sais pas si vous l'aviez vu passer qui s'appelait jeune de France votre salut est ailleurs barrez-vous et donc c'était une tribune qui était très très provocatrice mais qui en fait disait assez bien voyez l'impression que nous pouvons avoir aujourd'hui voilà on pourrait se dire mais en fait qu'est-ce qu'on fait encore dans ce pays où tout semble un peu bloqué tout semble nous être fermé on pourrait avoir l'impression aussi d'être quelque part les victimes de l'injustice que nous font subir des générations précédentes qui ont accumulé une dette considérable qui ont construit des dérèglements monstrueux dans le monde de la finance dans le monde de de de de l'industrie dans dans le rapport à l'environnement et aujourd'hui on se retrouve à devoir assumer tout ça et on pourrait avoir le sentiment de se dire ben en fait en réalité il ne reste plus qu'une chose à faire c'est des guerpir on en tous les cas trouvé les moyens de s'en sortir pour sa propre vie pour son propre bonheur pour son propre épanouissement et puis pour le reste qu'est-ce que vous voulez on peut pas y faire grand-chose et donc j'ai répondu une semaine après dans une autre tribune que libération a publié et qui disait jeunes de France battez-vous précisément pour dire peut-être que nous n'avions pas la possibilité de nous de nous désintéresser de de de l'avenir de notre société de l'avenir de notre pays je je voudrais étendre encore le diagnostic puisque on est entre nous là encore et peut-être on pourra avoir le sentiment même encore plus que ces différents voyant économiques ces différents indicateurs sociaux que je viens de citer avoir le sentiment que pour nous en particulier il est difficile d'en envisager un engagement dans la société d'aujourd'hui parce que peut-être nos convictions les idées qui sont les nôtres les choses auxquelles nous tenons le plus nous éloigne de la société telle que nous la voyons se construire en ce moment en particulier dans les débats qu' l'agit et que d'une certaine façon nous avons l'impression que les enjeux qui sont agités aujourd'hui font que nous sommes condamnés au silence que notre voix ne peut pas être entendue que nous sommes nécessairement considéré malgré notre jeune âge comme les représentants du passé comme ceux qui n'ont plus rien à dire de l'avenir qui se construit et au fond il y a peut-être quelque chose de très frustrant d'irritant un peu d'humiliant aussi dans ce regard que la société porte sur nous que les médias projettent sur nous nous qui qui qui portons certaines valeurs essentielles et bien nous pourrions avoir le sentiment d'être décrédibilisé par avance quant à ces valeurs que nous voudrions porter avir l'impression que notre engagement ne peut servir à rien puisque de toute façon il ne peut pas être reçu alors de ce point de vue-là bien je je voudrais essayer de de de réfléchir avec vous sur quelques enjeux qui me paraissent essentiels pour caractériser notre situation et le rapport que nous pouvons avoir à la société d'aujourd'hui et de demain et d'abord la première chose importante que je voudrais dire enfin c'est qu'il me semble Queau fond nous n'avons juste pas le droit de ne pas nous engager au fond la situation est désespérée et donc il faut y aller s'il y avait rien à faire voyez si tout était facile il y aurait même pas de raison de réfléchir à l'engagement s'il y avait pas de problème dans la société on serait même pas là à se poser la question de l'engagement voyez c'est un problème qui ne se poserait pas si tout allait bien on aurait pas besoin d'y réfléchir c'est une question qui serait sans objet si tout allait bien la société n'aurait pas besoin de nous précisément tout va mal et donc il y a quelque chose à faire on pourrait même dire d'une certaine façon qu'il a tout à faire ou qui a tout à refaire et donc l'engagement est peut-être plus nécessaire que jamais de ce point de vue là la la suprême erreur la suprême absurdité ce serait de se retirer du jeu en disant il y a trop de choses à faire et donc nous n'allons rien faire précisément ce serait créer une équation qui me paraît déraisonnable pourquoi est-ce que nous avons quelque chose à faire aussi bien tout simplement parce que nous nous trouvons là et que c'est ce qu'on pourrait appeler une vocation de situation he le fait que nous soyons là à ce moment précis à ce moment de l'histoire fait que nous avons certains devoirs toutes les générations n'ont pas eu les mêmes responsabilités et nous l'avons pas à considérer le passé en nous demandant si d'autres auraient pu faire ce que nous avons à faire aujourd'hui ce qui importe c'est quelle est la situation dont nous héritons et qu'est-ce que nous allons pouvoir en faire au fond la vocation elle ne se décide pas nous n'avons pas décidé de naître dans cette situation du monde nous n'avons pas décidé de vivre dans une dans une société qui ressemble à celle dont nous héritons aujourd'hui hein bien sûr ça pourrait nous conduire à penser que et bien du coup il faut nous retirer que nous n'avons rien à en faire que nous ne sommes pas responsables de ce qui va se produire mais en réalité il me semble que c'est la leçon inverse que nous devrions tirer nous héritons d'une situation quel que soit le regard que nous portons sur elle il faut bien que nous en fassions quelque chose et donc nous ne pouvons pas nous en désintéresser et puis au fond ce à quoi j'avais le plus réagi dans cette tribune qui s'appelait jeune de France barrez-vous c'était à l'idée que nous nous n aurions pas de devoir au fond vous savez aujourd'hui on parle toujours de droit on parle toujours de nos intérêts personnels mais on ne parle jamais de devoir et notamment on ne parle jamais des devoirs que constituent le fait pour nous d'avoir reçu quelque chose en héritage précisément le le vigneron le cultivateur sait que le travail de la terre prend du temps c'est que la terre qui le reçoit elle a déjà été fécondée par le travail des générations antérieures et nous même si par bien des égards nous pourrions reprocher quelque chose aux générations qui nous ont précédé et bien nous devons reconnaître néanmoins que nous recevons quelque chose qui n'est pas rien que nous recevons un pays que nous recevons une société une tradition juridique une tradition politique un certain nombre de de de de valeurs qui se sont qui ont été mûis au fil du temps et tout cela et bien nous avons quelque chose à en faire et donc il me semble que nous ne pouvons pas tout simplement dans la situation actuelle particulièrement nous n'avons tout simplement pas le droit de penser notre propre vie pour nous-même je crois que ce serait la plus grande erreur ce serait de de penser notre avenir de penser notre carrière de penser notre formation de penser notre métier simplement pour nous-mêmes comme siil il s'agissait d'une simple équation personnelle comme si la question était simplement le nombre de casuros que nous allons gagner à la fin de l'année je crois que nous n'avons pas le droit de réfléchir à notre vie de cette façonlà et peut-être aujourd'hui moins que jamais précisément parce que notre vie parce que nos compétences parce que notre formation parce que notre profession est important non pas seulement pour nous mais pour la société qui l'attend et qui en a besoin au fond on a l'impression voez de vivre dans une société où on a on manque de cap on manque d'une orientation on manque de compétences on manque de clarté dans le regard et bien tout cela et bien nous pouvons y contribuer et donc nous devons y contribuer c'est précisément parce qu'il y a tout à faire que nous n'avons nous avons moins que jamais le droit de réfléchir à notre propre vie pour nous-mêmes et même nous avons moins que jamais le droit de réfléchir au salut de notre communauté ou de la petite société que nous formons comme si elle était indépendante de la société dans laquelle nous nous trouvons hein nous sommes une petite société nous avons nos relation d'amitié nous avons des convictions en commun il y a des valeurs que nous partageons voilà je pense que ceux qui sont ici viennent ici parce qu'il partage des choses importantes mais nous n'avons pas le droit de nous renfermer dans ce cercle que nous constituons et nous n'avons pas le droit de faire comme si le salut de notre petit cercle de notre communauté de notre société à nous était indifférent au bien de la société dans son ensemble en descendant l'escalier je voyais qu'il y avait des très belles images de de mer dans dans dans dans dans l'escalier des images de de bateau parfois dans les dans la houle et dans la tempête et bien vous savez qu'en philosophie depuis toujours l'image qui qui est utilisée pour décrire la société c'est l'image de du bateau de l'embarcation parce que l'image de l'embarcation elle dit bien ce qu'est une société précisément que nous le voulions ou non nous sommes embarqués et nous sommes précisément à l'intérieur de ce bateau dont la destinée nous importe et nous ne pouvons pas nous désintéresser de l'orientation que suit le bateau dans lequel nous sommes embarqués parce que nous ne pouvons pas faire comme si il y avait une indépendance une indifférence entre notre propre accomplissement l'accomplissement de notre vie notre réussite personnelle notre réussite professionnelle notre réussite familiale et le salut ou le bien de de la société voilà voilà le premier point que que je voulais évoquer alors il est peut-être un peu théorique mais peut-être essayons de de lui donner un un un contenu quelle est la la principale difficulté que rencontre la société aujourd'hui et la principale difficulté peut-être que nous rencontrons vis-à-vis de de cette société alors évidemment il y a toujours quelque chose de très présent tu as essayé de faire un diagnostic encore plus quand quand quand on m'a dit qu'il fallait que je parle 45 minutes donc essayer de de discerner le princip princip le problème que rencontre la société aujourd'hui en moins de 45 minutes c'est une gageur dont je ne prétendrai pas sortir nécessairement vainqueur mais peut-être pour essayer de de rassembler le sentiment que je peux avoir en une seule idée je dirais que notre société est piégé aujourd'hui par l'idée que la vérité n'existe pas vous allez dire ça fait très conceptuel c'est sans doute la déformation professionnelle du prof de philo qui qui s'exprime mais malgré tout je crois quand même qu'il y a quelque chose de central là l'idée que la vérité existe pas il n'y a pas de vérité nous vivons dans une époque relativiste c'est une banalité de le dire nous vivons dans une époque où il est convenu de dire que chacun a sa vérité que chacun suit sa vérité que chacun peut disposer de sa vérité comme il l'entend qu'il faut respecter la vérité des uns et des autres et toute la journée suff d'ouvrir un journal d'écouter une radio de regarder une télévision pour entendre des formules telles que c'est ma vérité il faut respecter ma vérité ou alors Lori a expliqué dans sa biographie ça sa part de vérité ou bien je sais pas l'invité de SP à livrer sa vérité à l'assistance le condamné à évoquer sa part de vérité bref ce sont des expressions très courantes que que nous entendons répéter sans arrêt bref il n'y a pas une vérité affirmer qu'il y a une vérité qui est la même pour tout le monde c'est une affirmation absolument terrifiante qui qui nous angoisse profondément parce que nous avons l'impression que s'il y a une vérité bien nous allons nous faire la guerre parce que s'il y a une seule vérité nous allons forcément renir auain pour savoir ce que c'est que la vérité et nous allons nous taper dessus parce que nous ne sommes pas d'accord donc nous préférons nous réfugier dans cette idée assez prudente qu'il n'y a pas une vérité mais que chacun a sa vérité et que donc il importe de tous se respecter enfin jusqu'à un certain point malgré tout parce que il y a quand même des situations dans lesquelles la vérité est une unique et universelle par exemple le nazisme c'est le mal le fascisme c'est le mal l'homophobie c'est le mal le racisme c'est le mal enfin il y a des choses qui sont universellement vraies quand même faut pas déconner non plus mais euh pour le reste voyez en dehors de ces grands dogmes que nous partageons il n'y a pas de de vérité cette idée de toute évidence elle est infondée elle est infondable elle est rationnellement impossible à à vérifier de fait le le racisme est universellement mauvais l'homophobie c'est universellement mauvais le nazisme aussi donc il y a des choses qui sont universellement bonnes etes sont universellement mauvaise il y a des choses qui sont universellement vraies d'utres qui sont universellement fausses et si dans cette salle quelqu'un dit que la porte de l'entrée est ouverte et quelqu'un d'autre dit que la porte de l'entrée est fermé bien en a forcément un qui se trompe et un qui a raison quand vous affirmez ça à des élèves de terminal vous constatz qu'ils sont tous tétanisés par cette simple affirmation ok pour la porte on est d'accord il faut qu'une porte soit ouverte fermée on est encore prêt à l'admettre mais l'idée par exemple que ce soit la même chose pour Dieu ou que ce soit la même chose pour les affaires de la politique pour le bien et pour le mal cette idé là ça nous terrorise quoi donc je je je suis obligé de de dire à les élèves que si si si dans la salle il y en a qui affirment que Dieu existe et d'R qui affirment que Dieu n'existe pas et si si nous sommes certains de parler de la même chose et bien il y en a forcément dans certains dans la salle qui ont raison et d'autres qui ont tort c'est pas possible autrement c'est pas possible autrement c'est pas possible de dire chacun sa vérité ça n'a juste aucun sens s y en a dans la salle qui disent que Dieu exister qui disent que Dieu n'existe pas mais forcément certains qui ont raison et d'autres qui ont tort et si certains affirment que pour résoudre les difficultés que la France encontre aujourd'hui du point de vue économique et bien il faut alléger les charges patronales pour faciliter les recrutements et pour fluidifier le marché de l'emploi et d'autres qui affirment qu'au contraire il faut augmenter les impôts pour favoriser la formation des chômeurs il y en a forcément un qui ont raison et les autres qui ont tort c'est pas c'est pas possible autrement je dis pas qui a raison qui a tort je dis que tout le monde ne peut pas avoir raison en même temps et qu'on peut pas se restreindre à dire que c'est chacun sa vérité alors en fait quand on a dit ça on a l'impression qu'on qu'on quand on dit ça des élèves ils vous regardent avec angoisse comme si vous étiez justement un méchant fasciste mais en réalité en réalité c'est une absurdité parce que reconnaître que la vérité est la même pour tous c'est le seul moyen de reconnaître que nous avons quelque chose à nous dire si certains dans cette salle pensent que Dieu n'existe pas et que moi je pense que Dieu existe alors leur opinion devient infiniment précieuse pour moi parce que ça signifie que peut-être ils ont quelque chose à m'apprendre ou que peut-être j'ai quelque chose à leur apprendre et donc c'est le début du dialogue si nous parlons politique et que certains dans cette salallle considèrent qu'il faut augmenter les charges patronales pour pouvoir favoriser la formation des chômeurs et que d'autres pensent dans cette salle qu'il faut au contraire diminuer les charges patronales pour pouvoir fluidifier le marché de l'emploi alors il est très important que nous nous parlions que nous échangions nos arguments que nous essayons de nous démontrer les uns aux autres par quels moyen nous arrivons au résultats que nous que nous produisons et donc si nous affirmons qu'il y a une vérité nous disons que nous avons quelque chose en commun que nous avons quelque chose en commun à chercher qui est cette vérité que personne ne possède précisément je ne peux pas dire que c'est ma vérité ni que c'est la vérité de celui d'en face ça n'est la vérité de personne c'est la vérité de tout le monde c'est la vérité précisément ça n'est pas ma vérité c'est notre bien commun précisément c'est quelque chose vers lequel nous avons tous à aller et donc à partir du moment où nous affirmons qu'il y a une vérité et bien nous commençons à parler ensemble si Chun a sa vérité ça sert à rien de parler voyez si tu crois en Dieu mais je crois pas chacun sa vérité c'est cool bon on peut aller faire du foot on peut aller pêcher à la ligne on peut jardiner ensemble si on veut enfin on peut pas parler de Dieu voz parce que chacun sa vérité donc le dialogue est inutile et impossible et donc on ne se parle et donc on se comprend plus et donc on a peur les uns des autres et cette peur voyez on la vérifie partout aujourd'hui le grand paradoxe c'est que l'idée que chacun a sa vérité ça nous paraî la clé de voûe de la tolérance et du respect en fait en réalité on passe notre temps à répéter qu'il faut être tolérant mais puisquil a pas vérité on se demande même pourquoi il faut être tolérant après tout pourquoi la tolérance r un bien puisquil y a pas de vérité puisque chacun a sa vérité et si j'affirme qu'il faut être intolérant envers certaines opinions là j'ai le droit de l'affirmer c'est ma vérité donc je peux défendre cette idéelà en réalité voyez on se plonge dans un abîme de de de contradiction d'absurdité et surtout on s'interdit de parler ensemble on s'interdit de dialoguer ensemble et de fait le propre de la société dans laquelle nous vivons c'est qu'il n'y a plus de véritable dialogue hein le dialogue est suspendu le dialogue ne sert plus pour chacun qui a préserver ses opinions à défendre ses valeurs à défendre ses convictions mais non plus à chercher ensemble la vérité vous allumez votre radio le matin vous écoutez France Info et vous entendez chaque matin ce spectacle déprimant du match de France Info on met un type qui est bien de droite là il est patron du Figaro par exemple un Ty qui est bien de gauche il est patron de libération et chacun joue son rôle et il se tape dessus mais il y en a jamais un qui va dire en fait vous avez raison il est juste votre argument voyez enfin c'estàd très précisement plus personne n'est prêt à changer d'avis nous ne sommes plus là que pour défendre nos opinions et bien souvent même nous qui parfois parce que par exemple nous sommes croyants affirmons qu'il y a une vérité et bien nous nous enfermons dans ce lexique relativiste en disant par exemple que nous avons à défendre nos valeurs que nous voulons défendre nos convictions autrement dit que nous voulons défendre quelque chose qui nous est propre alors qu'en réalité ce qui importe c'est de défendre ce qui est vraiment juste et bon pour notre société dans son ensemble et donc qui est vraiment juste et bon pour t ceux qui sont prêts à raisonner à réfléchir et à s'accorder sur des points de consensus qui pourraient nous indiquer est précisément le lieu d'une vérité possible donc il semble que le principal piège dans lequel nous nous trouvons c'est cette idée qu'il n'y a pas de vérité et s'il n'y a pas de vérité à défendre alors à quoi sert l'engagement à quoi sert notamment l'engagement politique bien il ne sert à rien d'autre qu'à défendre ses ambitions évidemment puisque précisément chacun a sa vérité ça ne signifie plus rien d'autre précisément qu'il n'y a pas de terrain commun pour exercer l'activité politique l'activité politique elle est classiquement définie par la philosophie antique notamment par la la philosophie grecque comme le fait de parler ensemble faire de la politique c'est discuter ensemble sur ce qui concerne la société c'est le Logos partagé c'est le fait qu'on échange ensemble un certain nombre de raisons sur ce qui nous est commun nous avons un bien commun nous avons des affaires communes et faire de la politique c'est parler ensemble de nos affaires communales s'il n'y a plus ce bien commun s'il n'y a plus de vérité en commun s'il n'y a plus rien à chercher ensemble si chacun a sa vérité bien nous n'avons plus rien en commun et donc le relativisme est le corréat théorique de ce de C individualisme pratique dans lequel nous sommes enfermés s'il n'y a plus de vérité si nous n'avons plus de lieu commun qui est la vérité si nous ne convergeons plus vers ce lieu commun bien du coup l'activité politique se réduit à un individualisme total et définitif ce qui compte ce qui prime d'abord c'est l'ambition et de fait vous voyez qu'aujourd'hui dans le monde politique nous assistons au spectacle d'une ambition décomplexée totalement débidée qui s'affirme en premier avant d'affirmer des convictions d'ailleurs les convictions peuvent aisément varier au fur et à mesure que que que que l'ambition le nécessite c ça peut-être toujours été le cas mais ce qui est peut-être nouveau c'est précisément le fait qu'au fond cette primauté de l'ambition est reconnu comme assumé comme reconnu sans complexe par rapport à l'idée qu'il y aurait quelque chose à défendre on a des valeurs très faibles qui après tout sont les mêmes pour tout le monde on se on se demande bien parfois ce qui distingue la gauche de la droite tout le monde est prêt à se dire justement tout le monde est pas à se dire humanist tout le monde est pas à se défendre la tolérance le respect la prospérité mais voilà ça constitue pas un socle de condition très précis et une idée une vision de ce qu'est la véritable le véritable bien pour pour la société donc je crois que ce premier accueil qui guettete le le le le le monde politique en particulier mais la société dans son ensemble c'est cette espèce de relativisme qui conduit à un individualisme pratique dans lequel nous nous trouvons placés aujourd'hui maintenant il y a un autre écueil qui peut-être nous concerne plus nous et quand je dis nous là encore je je voudrais englober d'une façon en générale ceux qui et encore une fois je crois que vous êtes nombreux ici à à le à le penser ceux qui ceux qui croient en quelque chose ce qui sont croyants et qui notamment donc affirment qu'il y a une vérité et que la vérité doit être défendue et je crois que le risque qui nous gute c'est de croire dans l'évidence en réalité il y a une vérité hein je l'ai dis ça n'est même pas possible d'affirmer le contraire c'est rationnellement impossible de fonder l'attitude relativiste il y a une vérité mais je crois qu'il n'y a pas d'évidence pour le dire autrement la vérité ne saute pas aux yeux la vérité ne saute pas aux yeux il faut que nous arrivions pour cela qu'elle soit comprise et reçu à trouver les mots qui permettent qu'elle soit euh reçu et qu'elle soit comprise la vérité ne saute pas aux yeux et parfois ça nous échappe complètement et nous voudrions que la vérité apparaisse par elle-même je je pense en particulier à pour faire évidemment référence à un débat qui nous agite particulièrement aujourd'hui qui est la question du du mariage pour tous que nous sommes parfois un peu piégés lorsque nous enfin ceux qui ceux qui voudraient s'opposer à cette réforme d'umarage pour tous se trouve un peu piégé par le fait que au fond ça leur paraît évident vous voyez un père une mère c'est élémentaire enfin voyz ça saute aux yeux quoi enfin pour faire un gamin il faut quand même un papa et une maman c'est évident en réalité non ça n'est pas évident c'est vrai c'est vrai mais ça n'est pas évident la vérité n'est pas l'évidence encore une fois la vérité ne saute pas aux yeux la complémentarité de l'homme et de la femme la différence même de l'homme et de la femme elle est vraie elle est réelle mais elle ne saute pas aux yeux elle n'est pas évidente voir les différences suppose une certaine culture suppose un certain regard et par culture j'entends ici tout ce qui modèle notre regard tout ce qui nous aide précisément à faire des différences je voudrais m'appuyer pour le montrer sur un exemple auquel nous allons nous essayer dans un très court instant et qui est l'exemple de l'onologie prenons l'onologie comme je le disais au producteur que nous recevons enfin que que que que nous recevons que que nous qui va nous faire bénéficier de ces de ces merveilles tout à l'heure je suis un profan en matière d'onologie je ne connais absolument rien j'adore le vin j'adore le bon vin comme comme vous sans doute mais je ne suis pas du tout un spécialiste en j'ai un très bon ami qui a grandi dans le bordelay et qui comme tout bordelay a eu l'occasion de fréquenter depuis sa prime jeunesse la diversité des vins merveilleux de cette région et donc il s'y'est beaucoup familiarisé et il m'impressionne énormément parce que quand il il boit un vin il est capable de dire qu est spage comme vous j'im comme beaucoup d'entre vous peut-être dans cette salleable de dire quel est le spage quel est l'origine du vin si c'est un si c'est un grand millésime ou si c'est un vin relativement médiocre si c'est un grand cru ou si c'est un vin moyen autrement dit il est capable d'avoir un jugement extrêmement juste et sûr et donc il est capable de distinguer les vs de faire des distinctions d'opérer des distinctions ces distinctions elles sont fondées sur la réalité du V c'est des distinctions qui sont objectives et de fait il y a objectivement des grands cru il y a objectivement des moins bonnes années il y a objectivement des des des des appellations prestigieuses qui donnent des très grands vins et pu objectivement on des vins de de moins bonne qualité ça c'est objectif vous voyez c'est une vérité ça c'està dire ça dépend de l'objet ça ne dépend pas de notre opinion il ne donne pas son opinion sur le vin mais il réussit à faire des distinctions que moi je ne sens pas qui ne m'apparaissent pas à moi tout simplement parce que je n'ai pas la culture du vin que je n'ai pas assez la culture du vin autrement dit faire la distinction entre un grand vin vin et un vin médiocre suppose une certaine culture suppose une familiarité suppose un certain regard un regard qui a été habitué qui a été éclairé qui a été instruit un regard qui a reçu précisément un certain savoir qui a formé sa capacité à distinguer les différences qui s'opèrent entre les vs et c'est vrai de tous les champs de la culture de tous les champs de l'art en particulier la première fois de votre vie que vous avez entendu un opéra quand vous étiez enfant vous avez peut-être pissé les yeux en disant mais qu'est-ce que c'est que ce bruit bizarre mais petit à petit ou on se familiarise on reconnaître un grand opéra euh précisément de la dernière fonction de Rihanna par exemple un enant à reconnaître que c'est pas exactement le même plaisir etétif qu'on trouve dans un air de Rigoletto et euh dans une chanson de section d'asso et bien ça c'est la culturez la culture c'est ce qui permet d'apprendre à faire des différences mais ces différences encore une fois elles ne sautent pas aux yeux ell ne s'imposent pas d'elles-même la différence par exemple entre l'homme et la femme elle ne saute pas aux yeux quoi qu'on dit elle ne nous saute pas aux yeux faire la différence apprendre à reconnaître cette différence qui existe dans la nature entre l'homme et la femme apprendre à la reconnaître suppose une certaine culture suppose un certain regard de fait nous vivons aujourd'hui dans une certaine culture qui nous apprend à ne pas faire de différence qui nous apprend à rejeter les différences de fait toute différence nous apparaît comme une inégalité et toute inégalité nous apparaît comme une injustice et donc les différences nous sont devenues insupportables quel qu'ell soit c'est curieux d'ailleurs qu'on est de la génération qui a grandi dans l'incantation du respect des différences he quand on était petit on n pas arrêté de nous dire ça les différences c'est cool il faut rest respecter les différences vivre la diversité et tout mais en fait en réalité on se rend compte que nous détestons les différences que nous en avons une peur terrible et que nous les vivons mal précisément d'une façon générale nous vivons très mal la différence alors il y a la différence de l'homme et de la femme mais il y en a d'autres hein par exemple quand vous êtes prof de philo vous pouvez savoir qu'il y a un cours dans l'année qui est horrible en terminal il y a un cours qui est horrible maintenant j'enseigne plus en terminale mais en terminal je faisais l'expérience à chaque fois il y a un cours qui est super pénible ça suscite la polémique c'est la la guerre des tranchées vous prenez des coups il y a des projectiles des boulettes et tout enfin c'est terrible c'est la révolte les les élèves se rebellent argumentent dans tous les sens bon c'est un cours très très pénible c'est pas le cours sur la religion c'est pas un cours sur la politique c'est pas un cours sur la justice non non c'est le cours sur le langage parce que quand vous parlez du langage vous en venez à parler de la différence entre le langage humain et la communication animale le fait que les animaux communiquent entre eux c'est vrai mais les animaux n'ont pas un langage parce qu'un langage c'est un système de signne articulé et conventionnel un langage donc c'est un dictionnaire un dictionnaire et on dit que on dit que bouteille désignera cet objet qui une bouteille et ça c'est artificiel la Preve c'est qu'il y a plus plusieurs langues alors vous dites que les hommes ont un langage et les animaux n'ont pas de langage ils ne parlent pas comme les hommes alors là révolution dans la salle ah Monsieur c'est pas vrai moi mon chat il parle et tout vous dites que mon chat il communique pas avec moi et bien sûr que si je sais très bien que mon poisson rouge il est trisee quand je sors et donc l'idée vous voyez l'idée que vous ayez osé faire une différence entre l'homme et l'animal suppose que d'abord vous méprisez l'animal mépriser l'animal c'est insupportable et donc vous avez commis un acte terrifiant et vous avez rejeté dans les limbes mon chien qui le matin pleure en me voyant partir et donc vous êtes obligé d'expliquer à vos élèv vous allez désolé j'ai pas voulu dire du mal de votre chien je suis vraiment confus bien sûr bien sûr en plus je ne ni pas que que que le chien communique précisément qu'il puisse dire quand il a envie de sortir et qu'il en a marre d'être resté à l'intérieur bien sûr le chien communique même de façon souvent très ex les animaux communiquent entre eux même parfois ils communiquent bien mieux que les êtres humains avec leur langage justement mais les animaux ne parlent pas et alors au bout de 2 he un peu décontané vous êtes obligé de finir par dire bon écoutez je veux bien alors je connais tous les exemples les les dauphins ont des prénoms les chimpanés cond jusqu'à 4 les Bonobo sont capables d'éduquer leurs enfants et cetera enfin bon au bout de tout ça vous êtes obligé de dire au bout de 2 heur écoutez je veux bien répondre à vos objections mais quand même à un moment il faut finir par reconnaître que même si les chimpanés comp jusqu'à 4 et que le bonobo et leurs enfants on comp soouchme différent l'an quose d'incroable qu'on soit obligé Demer de raisonner sur le fait qu'il y a une différ entre l'me et l'anim homesem faire uneérilosg j bon demand qui il éit différent des hommes et c'est pas seulement parce qu'on comprend pas c'est juste parce que ça ne se produit pas enfin c'est donc donc euh euh voyez on pourrait on pourrait être un peu dans cette situation de désarroi en se disant mais au fond mais pourtant c'est évident quoi voyez c'est évident la vérité elle saute aux yeux mais en fait non en réalité la vérité ne saute pas aux yeux donc double péril voyez peut-être double danger qui guête le monde dans lequel nous vivons et puis notre petit monde à nous peut-être le danger pour le monde c'est de croire qu'il n'y a pas de vérité mais le danger pour nous c'est un peu de trop croire dans la vérité de TR de trop croire dans la force de la vérité et de croire en particulier qu'elle se passe de nous et qu'elle se passe de notre engagement en réalité ce que ça veut dire c'est cette très rapide ce très très rapide développement ça signifie simplement que pour que la vérité rejoigne ceux qui nous entourent pour que ce que nous croyons être vrai ce que nous avons identifié comme étant vrai puisse rejoindre ceux qui nous entourent nos contemporains ceux qui sont autour de nous et bien cette vérité elle a besoin de nous elle a besoin de notre parole elle a besoin que nous soyons là pour témoigner pour informer la culture dans laquelle nous vivons pour contribuer à la former et pour faire en sorte que cette vérité rejoigne ceux qui sont autour de nous j'en tire une conséquence qui qui qui me paraît enfin qui qui moi me paraît être déterminante et c'est là aussi une une petite erreur de perspective que que qu'il me semble important de corriger cette conséquence c'est que la priorité c'est l'engagement culturel au sens le plus large de ce terme je veux pas dire par là queil faut tous devenir des artistes quand je parle de culture vous l'avez compris je ne parle pas des beauxards je parle de la culture au sens de tout ce qui fait que nous regardons le monde d'une certaine façon et en ce sens notre engagement sur le terrain culturel est nécessaire et ça signifie aussi qu'il est nécessaire aujourd'hui c'est par notre simple engagement personnel par notre simple témoignage par les conversations que nous pouvons avoir autour de nous par le travail intellectuel que nous pouvons faire par les dialogues que nous pouvons échanger bien notre engagement est requis précisément pour que se transforme la culture dans laquelle nous vivons ce qui est premier c'est la culture et ça n'est pas la politique et bien souvent encore je crois que dans dans dans notre société et dans notre petit monde aussi en particulier nous sommes victimes d'une distorsion de perspective et nous croyons que la priorité c'est la politique et nous croyons que la politique a le pouvoir c'est une absurdité la politique n'a pas le pouvoir la politique n'a pas le pouvoir et elle ne l'a jamais eu jamais elle ne l'a pas en démocratie parce qu'il est évident que d'une façon générale à la fin ce dont le peuple est majoritairement convaincu finira par se réaliser à très court terme dans une démoc e c'est une nécessité lorsque le peuple est convaincu par exemple je sa pas lorsquune majorité de l'opinion est absolument convaincu que l'ethanasie est une chose juste et nécessaire l'ethanasie se fera c'est impossible autrement voyez dire que le candidat qui la défendra sera élu un jour et le candidat qui ne la défendra pas ne pourra pas être élu donc celui qui modèle l'opinion commune modèle la politique c'est vrai en démocratie mais c'est vrai dans tous les régimes mackiavel qui n'est pas spécialement un démocrate enseigne à à son patron dans le prince à faire en sorte que le peuple le soutienne parce que mackiavel sait que le plus grand autocrate du monde est que le plus parfait dictateur ne gouverne jamais longtemps contre son peuple donc au fond ce qui importe c'est d'abord le terrain de l'opinion ou ce que j'appelais tout à l'heure le terrain de la culture ce qui compte c'est d'abord que nous ayons la possibilité que nous fassions en sorte précisément que cette vérité que nous voudrions porter dont nous voudrions témoigner qui ne nous appartient pas et qu' nous appartient de faire partager aux autres que cette vérité elle puisse informer le regard de ceux qui sont autour de nous pour reprendre l'exemple dont je parlais tout à l'heure ceux qui ont gagné le combat pour le mariage homosexuel ne sont pas les députés et les sénateurs qui dans quelques jours ou dans quelques semaine vont s'applaudir eux-même d'avoir voté cette grande réforme pour le progrès de l'humanité ceux qui ont fait le mariage homosexuel sont ceux qui ont réussi à faire accepter à une majorité de gens que un papa et une maman c'était la même chose qu'un homme et une femme au fond c'est la même chose autrement dit les les les par exemple parmi d'autres les partisans de la théorie du genre qui ont poussé cette idée là tous ceux qui ont réussi à modeler le regard que nous portons sur la différence des sexes et à faire en sorte que cette différence nous apparaisse aujourd'hui comme quelque chose de révoltant vous allez voir dans quelques jours ça va être la journée de la femme pardon la journée des droits des femmes pardon madameou la journée des droits des femmes et ça va être épouvantable parce que maintenant la journée des droits des femmes consiste à nous expliquer que les femmes n'existent pas et que les femmes sont des hommes comme les autres et que si vous parlez à une femme différemment que si vous parlez à un homme vous êtes un terrifiant sexiste que vous êtes coupable et en plus moi qui suis un homme je suis présumé sexiste et donc je suis présumé méchant d'ailleurs j'ai vu que France Télévision it créé je dis ça parce que je trouve ça particulièrement horrible j'ai vu ça la nuit dernière atroce une petite série qui s'appelle le Bureau des Affaires sexistes o les hommes se feront juger pour touses les villénnies qu'il passent leur temps à dire sur les femmes et qui consiste à reconnaître que les femmes sont des femmes c'estàd qu'elles sont un peu différentes que nous pour le dire autrement au fond le combat par exemple sur cette question là typiquement du du du du mariage homosexuel ça n'est pas d'abord un combat politique mais c'est d'abord un combat culturel la question qui se pose c'est d'abord de savoir quel regard nous portons sur la différence des sexes est-ce que cette différence là nous voulons la combattre comme quelque chose qui nous impose une limitation insupportable à nos désirs quelque chose qui impose à nos désirs à notre désir d'enfant en particulier une borne qui nous révolte parce que aujourd'hui dans l'état actuel du droit moi qui suis un homme si je veux avoir un enfant il faut encore que je trouve une femme qui veille bien coopérer avec mon projet et ça c'est insupportable est-ce que donc nous voulons que la nature dans sa limitation dans sa particularité que notre nature dans sa particularité soit regarder comme un obstacle qui gêne mon désir et mon projet ou est-ce que nous voulons recevoir cette limite que la nature nous impose c'est vrai comme le lieu d'une fécondité qui est belle et qui mérite d'être reçu comme le lieu aussi d'une limite à nos désirs qui est sage et qu'il est utile de respecter parce que satisfaire tous nos désirs serait la clé la plus sûre de notre malheur au fond c'est exactement l'ambiguïté l'hésitation dans laquelle nous nous trouvons et ce qui compte encore une fois c'est de savoir quel regard notre société va porter sur la différence des sexes et lorsqu'elle aura porté sur la différence des sexes ou lorsqu'elle porte sur la différence des sexes un regard qui est positif et qui dit que la différence des sexes doit être respectée parce qu'elle est le lieu d'une fécondité naturelle lorsque notre société portera sur la nature un regard positif qui consistera à dire qu'il faut recevoir la nature qu'il faut l'admirer qu'il faut savoir recevoir ces enseignements un peu le même regard que nous portons aujourd'hui sur l'environnement c'estàdire sur la nature à l'extérieur de nous alors dans ce cas et bien nous aurons gagné ou nous reviendrons sur cette question du du mariage homosexuel mais ça n'est pas encore une fois d'abord une question politique on me demande souvent on m'a souvent demandé de parler de l'engagement politique mais en fait en réalité ce que ce que la présentation de tout à l'heure ne disait pas moi je suis tombé dans la politique un peu par hasard mon projet ça a toujours été d'enseigner la philosophie j'ai j'ai jamais adhéré à un parti et la seule fois de ma vie où je me suis présenté à des élections j'étais sûr de les perdre donc donc c'est une sorte de curieux retournement de l'histoire quelque chose que je n'avais pas prévu et dans laquelle je n'ai aucun mérite qui fait que j'ai été élu et élu aussi jeune mais euh au fond de moi et c'est ça le grand paradoxe je suis absolument persuadé que l'engagement politique n'est pas du tout la priorité bien sûr il faut aussi qu'il y ait des gens qui s'engagent politiquement mais ça n'est pas d'abord par la politique qu'une société évolue c'est d'abord par la culture voilà donc le le le le point que qui me semblait important de de soulever je crois donc que si si je devais résumer mon propos d'abord nous n'avons pas le droit de nous désintéresser je regarde parce que j'ai noté ce que j'avais à dire et je voudrais pas oublier un point parce qu'après je serais terriblement frustré euh je je je disais donc que nous ne pouvons pas faire comme si notre notre bien notre bien personnel et notre succès individuel devait être distingué du bien que nous espérons pour la société que nous avons des choses à dire que nous avons des choses à faire des choses à transmettre et que nous devons les faire partager et pour le pour le pour le faire et bien il me semble qu'il faut remettre l'accent sur la priorité qui est langage culturel et cet engagement culturel du coup ce qu'il dit c'est que il n'est pas nécessaire d'avoir des postes de responsabilité pour commencer à agir au fond on commence à agir sur la culture de l'intérieur les vrais changements sont toujours intérieurs c'est vrai dans notre propre vie c'est vrai dans notre dans notre vie personnelle si si je dire c'est vrai dans notre vie spirituelle le véritable changement est toujours intérieur le seul vrai changement le seul changement qui compte c'est le changement de l'intérieur et de ce point de vue-là nous navons pas besoin d'attendre d'avoir du pouvoir d'avoir des responsabilités d'avoir de l'influence d'avoir de la notoriété pour commencer à agir ce qui compte c'est que nous puissions mettre à profit les occasions qui nous sont données d'agir de l'intérieur sur la société telle que nous la recevons ça c'est le point qui me paraît le plus important à à soulever je je termine d'un d'e d'une simple remarque pour dire qu'au fond le fait même de notre engagement le simple fait de notre engagement me paraît être la solution à la situation que nous traversons au fond tout toutes les formes de la crise dont nous parlons sans arrêt toutes les formes de la crise que notre société traverse quelle qu'elle soit que ce soit la question de la dette la question du chômage la question de la structure de l'économie la question de l'écologie bref toutes les formes de la crise que traverse la société dont nous héritons elles sont du me semble-t-il à une seule raison à cet individualisme dont je parlais tout à l'heure et qui est la conséquence nécessaire la conséquence pratique du relativisme que j'évoquais au fond toutes les causes de la crise tiennent à une seule c'est-à-dire au fait que nous sommes largement convaincus que notre vie doit être pensée pour nous-mêmes et que être heureux dans l'existence c'est construire sa vie pour soi-même que être heureux suppose de satisfaire ses désirs personnels si nous sommes face au mur de la dtes que nous connaissons aujourd'hui c'est parce que des générations de responsables politiques encouragés en cela par des générations de citoyens qui les ont élus pour cela ont préféit sacrifier l'avenir pour favoriser le présent si nous sommes placés devant la difficulté que nous rencontrons dans la crise écologique et climatique c'est parce que des générations de responsables politiques et économiqu encouragé par des générations de citoyens qui les ont élus pour cela ont préféré donner à l'immédiat la possibilité de consommer sans mesure sans se préoccuper de l'avenir autrement dit l'individualisme est vraiment me semble-t-il la clé de toutes les formes de la crise t que nous la traversons aujourd'hui la clé ultime la clé anentropologique la clé civilisationnelle pourraiton dire peut-être pas la clé technique mais la technique une déclinaison de de cette première euh signification ou de cette première cause de cette crise que nous traversons choisir de s'engager choisir de regarder sa propre vie comme quelque chose qui ne concerne pas que nous-même voilà peut-être ce qu'on pourrait appeler l'engagement considérer que notre vie précisément n'est pas dégagée de toutes les obligations possibles que ça n'est pas le moment de dégager justement que c'est le moment de s'engager c'est-à-dire de regarder dans sa propre vie ce qui peut-être l'occasion de servir ce qui peut-être l'occasion de faire en sorte que notre vie soit mesurée par une autre mesure que notre propre bonheur choisir même de placer le succès de notre vie et donc notre bonheur dans ce que nous aurons pu apporter à d'autres qu'à nous dans ce que nous aurons pu produire de plus grand que nous et bien il me semble que c'est déjà en soi la solution de la crise avant même que nous ayons mis à profit notre engagement cette simple perspective que nous jetons sur notre propre vie est déjà une réponse que nous apportons à la situation dans laquelle nous nous trouvons au fond cet altruisme nécessaire il faut pas avoir peur d'employer le euh d'employer ce mot qui pourrait paraître un peu dépassé cette générosité euh que que nous sommes appelés à avoir aujourd'hui plus que jamais sur notre propre dans le rapport que nous avons à notre propre existence à notre travail à nos revenus à notre parcours de formation à notre parcours de carrière cette générosité que nous sommes appelées à avoir qui consiste à regarder notre vie comme euh étant la condition d'un plus grand bien non pas seulement pour nous mais pour les autres elle est à la fois la clé de notre bonheur j'en suis absolument certain et elle est aussi la clé euh du bien euh de notre société parce qu'au fond c'est ce témoin age là qui est attendu l'idée que notre vie pèse plus que notre vie l'idée que notre individualité vaut plus que notre individualité que la mesure de l'homme c'est plus que la mesure de l'individu que notre mesure c'est plus que notre simple bonheur ou que notre simple que la simple satisfaction de nos désirs individuels l'idée que que Pascal résume d'une formule très paradoxale et très étonnante qui dit que l'homme passe infiniment l'homme que nous sommes appelé à nous dépasser dans quelque chose qui est plus grand que nous cette idée là au fond sans doute de la même façon que l'individualisme qui a voulu nous enfermer dans notre propre mesure et la clé de tous les problèmes que nous rencontrons cette idéelà est sans doute la simple en elle-même la simple réponse aux difficultés qui sont les nôtres après encore nous trouverons les solutions techniques de toute façon nous n'avons pas le choix il va bien falloir que nous les trouvions les solutions techniques nous les trouverons et il est certain que nous aurons assez de compétences assez d'intelligence assez de qualité pour pouvoir venir à vousout des problèmes qui se posent à nous la seule question qui se pose donc c'est la question de savoir si nous sommes capables de regarder notre vie avec ce regardl avec ce regarde profondément désintéressé qui est non seulement la clé du bien de la société mais qui est aussi la clé de notre propre bonheur parce que paradoxalement l'individualisme fait notre malheur commun hein nous n'avons jamais vécu dans une société où règne encore aujourd'hui une telle prospérité pour chacun où le désir individuel peut-être aussi facilement satisfait et pourtant nous n'avons jamais été aussi malheureux et nous n'avons jamais consommé autant d'antidépresseurs he précisément parce que construire une vie à la mesure de notre individualité c'est construire une vie qui perd sa signification à l'inverse ouvrir notre vie sur quelque chose de plus grand que nous l'engager au service de quelque chose qui est plus grand que nous c'est sans doute à la fois la clé de notre bonheur et aussi la clé de ce dont notre société a besoin c'était peut-être très rapide très superficiel et j'en suis désolé ça mériterait d'être consolider mais j'étais très heureux de partager ces quelques réflexions avec vous merci beaucoup

40:57
Non speech

[Musique]

41:05
François-Xavier Bellamy

avz des questions n'hésitez pas peut-être prre le le microier ou quelquun une question ça commence Pr oui oui bonsoir une question sur l'engagement vous parlez d'engagement et c'est vrai que dans l'engagement il y a souvent on est souvent tenté par un engagement qui brille l'engagement politique voz pas mal euh l'engagement associatif ça brille un peu moins et même dans l'associatif il y a des choses qui brillent ou pas quel est votre avis làdessus alors merveilleux vous avez tout à fait raison je crois enfin quand je parlais de cette distorsion du regard que que nous avons souvent je crois vraiment qu'on est fasciné par la politique qu'on est fasciné par le pouvoir d'une façon générale ça c'est constante hein mais mais je crois nous sommes fascinés à tort par la politique et nous sommes persuadés que notre salut viendra d'elle et nous avons toujours cette espèce de naïveté qui consiste à croire que celui qui nous sauvera c'est l'homme politique providentiel et nous attendons invariablement que arrive enfin un vrai bon parti un vrai bon responsable politique qui soit notre Rédempteur et qui viennent apporter les solutions aux difficultés que nous rencontrons en fait je crois que c'est vraiment une miopie et que et que l'essentiel qu je dis que l'essentiel est intérieur je pense vraiment que l'essentiel est invisible ce qui ce qui compte vraiment c'est ce qui ne se voit pas ce qui agit vraiment dans l'histoire c'est ce qui est discret et silencieux alors là vous allez dire encore une fois déformation professionnelle mais quand quand quand j'ai quand j'ai quand quand j'avais le quand j'ai quand j'ai eu le projet de d'enseigner la philosophie c'est parce que j'étais profondément convaincu de cette idée-là que au fond on prépare mieux l'avenir dans l'obscurité d'une salle de classe que en s'engageant dans un parti je dis pas qu'il faut pas qu'il y en ai qui s'engagent dans les partis mais je je je c'est c'est très TR important je pense que chacun aussi fait ce à quoi il est appelé avec ses talents avec sa personnalité avec les situations dans lesquelles il se trouve placé aussi et de ce point de vu la vocation de situation est aussi une réalité mais moi qui aimait la philosophie et qui me sentait plutôt attiré par l'enseignement j'étais convaincu que il y avait quelque chose dans la discrétion dans l'obscurité de de ce métier et dans son caractère même parfois un peu marginalisé qui pourtant était décisif de fait c'est pas c'est pas évident comme projet parce que parce que parce que d'abord je sais pas s'il y en a dans- est-ce qu'il y a des enseignants dans la salle vous voyez dans notre petit monde c'est pas si fréquent que ça hein alors c'est exactement ça quand quand moi quand quand quand j'avais 19 ans et que et que je suis entré que je suis entré à l'école et que je dit que je voulais être prof de philo mais mais personne me croyait mes amis me disent attends tu vas quand même pas être prof de philo enfin prof prof c'est un truc sérieux quoi va travailler dans une entreprise quoi un vrai un vrai métier quoi mais pas prof en plus toi tu es tu es es tu es pas de gauche quand même enfin prof non prof le rater quoi enfin voyez le l'échec quoi c'est c'est terrifiant et donc et donc en effet je je suis vraiment je suis je partage complètement votre avis ENF on est on est pris dans cette absurde vision qui fait qu'on a l'impression que pour agir vraiment il faut aller là où ça se voit ce qui est visible ce qui est palpable ce qui est brillant aux yeux du monde l'argent ou la politique voilà précisément ce qui compte mais en fait en réalité c'est une absurdité et alors il suffit pour s'en convaincre de jeter un bref regard en arrière un tout petit regard historique suffit à nous convaincre du contraire qui a fait mes68 par exemple qui a fait la société dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui qui a fait la société dans laquelle il est interdit d'interdire qui a fait la société dans laquelle la religion n'a pas à se mêler des affaires de l'État mais c'est pas des politiques c'est évidemment pas des politiques c'est c'est c'est alors là pour le coup je voudrais pas favoriser ma Corporation mais c'est une petite poignée DEP philos minuscule celui qui est le père de la société que nous connaissons aujourd'hui plus que personne d'autre c'est Nietzsche alors évidemment tout le monde l'a oublié mais c'est la marque suprême de son succès le génie se fait oublier dans son œuvre et donc quand Daniel conbendit tag sur les murs de la Sorbonne Dieu est mort tout est permis il était sans doute persuadé d'être très intelligent et de faire l'histoire mais ce qu'il ne savait pas c'est que c'est Nietzsche qui écrivait et que lui faisait que tenir la plume voyez de la même façon que je sais pas qui a fait les droits de l'homme par exemple qui qui a construit cette idée qui qui a réussi à révéler cette idée magnifique que tout homme par nature a des droits c'est même incroyable comme idée ça pour le coup c'est une vérité qui est loin d'être évidente vous voyez mais c cette vérité là elle a été muûrie pendant des siècles par par par par des philosophes par des juristes par des théologiens vous lisez des des noms qui sont complètement inconnus un Suarez par exemple qui connaitt Suarez dans C sal personne mais par contre tout le monde connaît la Déclaration des droits de l'homme et du citoyens mais la Déclaration des Droits de l'Homme du citoyens indirectement c'est sur ce qu'il a écrit sauf que personne ne le sa donc je crois que que en fait en réalité ceux qui font l'histoire sont ceux qui ne se voient pas forcément et Cuxa et bien Nietzsche en avait une justement une conscience extrêmement aigu la vie de Nietzsche vous savez je sais pas si vous connaissez Nietzsche qui est un auteur fabuleux mais Nietzsche c'est la vie de Nietzsche c'est l'histoire d'un échec aux yeux du monde c'estàd que il a commencé une carrière d'universitaire qui commençait très brillamment enfin il s'est brouillé avec tout le monde donc il l'a complètement raté il s'est fait virer de tous les postes l'enseignements où il était en plus il était toujours à moitié malade donc ça ça se passait pas très bien et puis il s'est mis à écrire il publie des livres le premier est très lu le deuxème moins le troisème pas du tout à la fin il publié à compte d'auteur mais les livres les plus importants de sa vie et les plus fort ceux qui vont transformer l'Europe ceux qui vont transformer le monde occidental ceux qui vont transformer le rapport que nous entretenons aujourd'hui et même à l'intérieur de notre propre foi à la religion et bien ces livresl ils ont été écrits dans une discrétion absolue mais ça ne décourageit pas niich qui était absolument conscient que ce qu'il était en train de faire allait ébranler à plus ou moins court terme les fondements sur lesqu était construit la morale classique de l'Occident chrétien n avait parfaitement conscience et ASI par les qui sont dernier livre qu'il écrit alors qu'il a déjà les premiers symptômes de la folie et donc un livre très mystérieux et très très fragile de de vue écrit la chose suivante alors ça répondre question il y a pas de meilleure réponse ce sont les paroles les plus silencieuse qui s la tempête et les pensées qui mènent le monde viennent sur des PES de colombe ce sont les paroles les plus silencieuses qui sèment la tempête et les pensées qui mènent le monde viennent sur des pattes de Colon extraordinaire donc ça veut dire voyez que au fond c'est pas la peine de faire beaucoup de bruit pour commencer à agir c'est pas la peine qu'on vous donne le micro pour commencer à à à témoigner voyez au fond c'est c'est c'est précisément dans ce qu'il y a de plus silencieux que le plus décisif se joue et l'engagement il faudrait pas le restreindre à des lieux précis de l'engagement comme si l'engagement ne pouvait se vivre que dans la politique ou même d'une certaine façon que dans le monde associatif je crois encore une fois enfin Mo ce que j'appellerai l'engagement au sens le plus large c'est le regard que nous portons sur notre propre vie sur notre propre pensée sur notre propre culture sur notre propre intelligence sur notre parole au fond notre regardez par exle la façon don don dont nous envisageons la culture la culture vous l'aurez compris je pense que c'est quelque chose d'absolument décisif et pourtant nous aussi nous regardons bien souvent la culture comme quelque chose de complètement artificiel B la culture bon il faut aller tempss dans un opéra ça fait bien c'est classe on prend un billet à bastil on fait sa petite soirée et cetera au fond qui d'entre nous lit beaucoup qui lit la bruyère Voltaire qui lit condiaac Rousseau qui lit j'en sais rien moi qui qui qui lit Suarez justement qui lit Nietzsche enfin qui prend le temps même de lire des vrais romans voyez qui lit la Comédie humaine et pourtant dans la comédie humaine on a tous les on on a tout ce qu'il faut pour agir sur notre époque on a précisément un regard magnifique posé sur la la société et donc tous les moyens d'y agir intelligemment et donc nous ne faisons pas là encore comme si notre propre culture ne comptait que pour nous comme si cétait juste une question d'agrément pour nous-même le fait que nous soyons cultivés ou le fait que nous soyons compétents par exemple le fait que nous soyons compétents dans ce que nous avons à faire bien ça ne compte pas que pour notre carrière ça compte pour le bien de la société dans son ensemble parce que de notre compétence de l'État de notre culture de la maturation de notre intelligence dépendra la qualité précisément de notre engagement dans le monde voilà ce que j'appellerai l'engagement c'est d'abord ce regard qu'on porte sur sa V vie et précisément il y aurait peut-être une forme de d'illusion me semble-t-il à penser que l'engagement ça se fait dans des lieux particuliers et non mais là j'ai mon boulot mais un jour je m'arrêterai et pendant un an j'irai faire de l'humanitaire c'est super important l'engagement c'est vrai non mais c'est vrai c'est hyper important j'irai faire l'humanitaire ou j'irai dans une assosce où je ferai de la politique et cetera en fait l'engagement ça commence maintenant voyez c'est dire que dans votre travail vous pouvez être engagé ça veut pas dire qu'il faut témoigner n'importe comment à temps et à contetemps mais ça veut dire que votre place votre votre connaissances vos connaissances vos compétences elles sont précisément d'ors et déjà utiles pas seulement pour le témoignage he mais pour le service concret de la société dans son ensemble y a d'autres questions et du coup je me demandais quels sont les liens aujourd'hui entre les les politiques et les philosoph philosop est-ce qu' y a beaucoup de politiqu qui sont philosophes est-ce qu'il s'appu sur eu com alors votre question suppose de répondre d'abord à deux questions préalables y a-t-il aujourd'hui des philosophes y a-t-il aujourd'hui des vrais responsables politiques la réponse à ces de questions est au moins problématique euh alors pour ce qui nous tient lieu de philosophe et pour ce qui nous tient lieu de politique aujourd'hui on pourrait dire que la relation est réglée par un strict rapport d'utilité la politique aujourd'hui voudrait se servir des idée comme d'un matériau utile pour légitimer ses ambitions je je vous raconte une scène qui qui une scène que j'ai vécu qui est une scène presque balsacienne justement mais j'avais 21 ans et j'étais en cabinet ministériel j'étais au cabinet du garde des saau donc et j'étais conseiller technique je m'occupais des des de la prospective et le le cabinet allait enfin le ministre allait bientôt être remplacé à la faveur d'un remagement ministériel donc donc mon mandat en cabinet allait s'arrêter d'ailleurs j'avais l'intention de m'arrêter et donc vous savez à ce moment-là surtout quand c'est pas quand quand il y a pas d'alternance il y a une sorte de de mercato enfin entre entre les cabinets et donc je suis invité à dîner par une une secrétaire d'État à l'écologie j'aurais pas dû vous dire vous allez la reconnaître maintenant je vais pas pouvoir vous raconter toute l'histoire bon alors regarde pour vous alors je je la connaissais pas du tout je la connaissais absolument pas et donc elle m'invite à dîner dans son dans son ministère et on dine à 4 avec son chef de cabinet son conseiller politique je sais plus et puis son mari est donc j'avais 21 p j'étais très étonné d'être là et puis on on parle de tout et de rien c'était très agréable les B Salan du ministère de écologie enfin vraiment très très curieux on parle de philosophie de poésie de plein de choses et puis au dessert au dessert elle me dit voilà mon su ami je vous ai pas fait venir pour ça je voulais vous dire un truc important d'cord minist elle me dit voilà je vais être présidente de la République et je vous propose de travailler pour moi et je pense que pour vous ça sera une très bonne idée alors tell à je peux vous être uit très simple moi jeis ingénieur de formation tout ce qui est tech je connaisis mais reste j'ai aucune é aucune ID et donc j'is bien réféchir et j'ai BES de vous pourét éch és Ré elle veut l'être VO c'est ce qui habite son projet mais elle ne sait pas pourquoi elle sait pas pourquoi faire vous savez dans il y a un film génial qui s'appelle dans la peau de jackirac qui avait été fait par et qui raconte à partir d'image d'archiv le parcours de Ja et il y a un imitateur qui fait la voix commente les images et shirac dit à un moment mais ça devient vrai alors que c'était de la dérision shirac à un moment donc la voix deimitateur dit le problème avec le pouvoir c'est que non il dit le pouvoir je ne suis fait que pour conquérir pour ça je suis très fort mais après une fois que je l'ai je sais pas com en faire c'est exactement ça c'est dire que donc les responsables politiques voyez ce qu'ils savent aujourd'hui mais précisément à cause de cette situation relativiste dans laquelle on trouve ce qu'ils savent c'est qu'ils veulent le pouvoir et donc grâce à Nicolas Sarkozy vous savez qui avec son je pens c'est pas seulement rasant et cetera l'idée de l'ambition dé complexé voilà il faut faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt bien sûr je vais être président cétait le grand crédau de Sarkozi pendant des années qui avait quelque chose de sain en fait parce que du coup on se disait ben ça voilà c'est vrai que c'est pas la peine de se cacher de mentir d'être hypocrite donc je rappelle fais une dans une usine en 2005 il voit un type qui qui est là il dit vous êtes quoi le gars je suis contre mare vous êtes souschef c'est ça vous voulez devenir chef ou et ben moi c'est pare je suis souschef jeir chef mais c'était sympathique voyez c'est sympa c'est fra au MO Mo c'est Fran quoi on ditp il m pas quoi voilà il est clair il dit président de la République posé quoi le problème de cette ambition décomplexé c'est quand il y a rien derrière quoi dire être président pourquoi et quand on sait pas pourquoi on va l'être alors du coup du coup on dit bonah il faut un programme quoi donc on appelle UNP on dit bon vous vous êtes philosophes c'est ça oua ouais vous auriez pas des idées qui serait un peu de droite là alors le problème c'est que du coup on fait appel à deux personnes deux types de personnes donc on fait appel au philosophes en pour ce qu'il en reste donc donc on fait intervenir des intellectuels dans des dans des conventions politiques et cetera et puis après on fait appel au sondeurs on dit au sondeurs on tester cette idée là les gens et les frontières ils sont pour ou contre ah ils sont pour Ahès bien on faire une compagne sur les frontières le politique se laisse complètement guider par l'opinion mais complètement précisément parce qu'il n'a plus de vision regardez sur le mariage homosexuel par exemple c'est génial comme truc le mariage homosexuel alors on vous dit le mariage homosexuel de toute façon que voulez il faut le faire puisque puisque la société évolue et donc il faut le faire de toute façon ça se fait c'est le sens de l'histoire la société évolue et donc il faut bien que la loi évolue aussi mais j'ai rencontré her rapporteur du projet BL parce que j'ai j'ai signé un texte dans l'IB sur le enfin on avait écrit un texteon a qu'on a signé avec 1000 jeunes peutêtre Sign 1 et depuis beaucoup plus qui s'appelait mariage pour t justice nul part et donc nous a nous a reçu ça présent comme une lettre ouverte parlementaire donc lui a adressé et puis nous a invité à le rencontrer et puis son argument céit de dire écoutez de toute façon soit d'accord ou pas les familles homoparentales elles existent donc il faut bien les reconnaître voilà la loi il faut qu'elle valide l'évolution de la société enfin entendre un législateur qui dit ça fait un peu froid dans le l'OT quand même parce que parce que vraiment on a perdu précisément toute vision politique le législateur il n pas là pour dire ça se fait donc il faut le reconnaître parce que sinon alors après l'argum c'est parce que ça se fait dans comme ça ça se fera dans des bonnes conditions dans des bonnes conditions très important les famill parental ell existe donc il faut les reconnaître comme ça ce sera dans des bonnes conditions alors dans ce cas on pourra dire ENF bon je pas sur le même plan les famarental et les cambrioleurs enfin les cambrioleurs ils existent aussi ils ont pas attendu que la loi les reconnaisse pour faire leur activité on pourrait dire il faudrait quand même légaliser l'activité du cambrioleur- que vous voulez la sociéé a évolué ça fait très trèstemp les cambrioleur exist et comme ça ça permett au cleur de faire le activité dans de bonnes conditions c'estra parjourdhui il sont paség par le droit du travail problème ça comment il fa le mais pouro dit le cambriolage précisément parce que le législateur dit que le cambriolage c'est mal parce que le droit à la propriété privée c'est un droit fondamental et ça c'est vrai et ça c'est juste et ça c'est bon pour une société à partir du moment ça c'est quand même une idée relativement simple voyez et donc pas la peine d'appeler des philosophes pour le savoir mais le problème c'est que dès que ça se complexifie un peu l'idée que façon a pas de vérité du coup il reste plus à la loi qu' accompagner l'évolution de la société alors on demande au philosophes de donner des produits des produits qui soient marquable par des sondeurs hein de produire des idées qu'on puisse ensuite vendre à l'occasion d'un me on teste des idées comme ça ça devient de pire en pire d'ailleurs parce que à la dernière campagne présidentielle je sais pas si vous avez remarqué mais c'est la première fois que les sondeurs ne testaient pas auprès des gens des idées mais des mots tiens on vous dit par exemple je sais pas Nicolas Sarkozi a dit halal dans sa campagne ça côre mone de deux points il a dit le mot halal mais dire un mot c'est c'est pas encore produire une idée hein on sait pas exactement quelle son idée mais enfin il a dit il faut parler du halal deux points trois points voyez donc au fond quelle place la politique aujourd'hui laisse aux idées je suis pas sûr qu'elle en laisse beaucoup parce que je suis pas non plus que les citoyens demandent beaucoup d'idées au fond les politiques ne font que ressembler à ce que nous attendons d'eux malheureusement mais donc on peut dire qu'aujourd'hui il a une relation très superficielle entre l'activité philosophique encore une fois qui est plutôt l'activité intellectuelle et médiatique intellectuelle qui peut-être pas l'activité philosophique au sens plus précis du terme pour dire que les philosophes d'aujourd'hui ceux qui se promènent sur