Quelle psychiatrie dans un avenir en commun ? | #AMFIS2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
bonjour à toutes et à tous je suis Anne stambac ternoir député de hutegaron et ravi de vous accueillir pour C ENF on peut encore faire une h là si vous voulez [Applaudissements] bravo ravi donc de vous accueillir toutes et tous pour cette conférence sur la psychiatrie publique aujourd'hui j'ai la chance d'être entouré d'edit voocl ici i à ma gauche infirmière au CHU infirmière en psychiatrie au CHU de Toulouse et représentante Sud Santé socio monsieur Mathieu béassen psychiatre auteur et lanceur d'alerte madame Magalie maline qui est médecin généraliste à l'hôpital psychiatrique de Dol saintilie et monsieur mariejean saoret qui est professeur de psychopathologie clinique à l'Université de Toulouse le Miraille qui s'appelle maintenant jean- jores auteur et prof prof émérite des Universités tout à fait et auteur de de nombreux ouvrages cette conférence à la base c'est une c'est une proposition conjointe de ma collègue Élise Leboucher et moi Élise est député de la Sarte et éducatrice spécialisée en pédopsychiatrie de profession et donc elle est particulièrement engagée sur le sujet de la psychiatrie publique depuis le début de son mandat et alors je tiens à préciser tout de suite que quand cette conférence a été annoncée on a reçu plein de messages elle et moi de suggestions de plein d'invités des sociologes des représentants de d'association d'usagers de famille de travailleurs du secteur social et cetera et cetera donc juste pour vous dire on est tout à fait consciente que le sujet est immense on a aucune prétention à l'exhaustivité aujourd'hui ne vous inquiétez pas il y aura plein d'autres initiatives on va continuer à travailler elle et moi sur ce sujet que ce soit au sein de l'Assemblée nationale ou ailleurs donc voilà pas de panique aujourd'hui en tout cas on est on est ravi de parler de ce sujet pour moi c'est vraiment important parce que parce qu'en fait c'est un sujet qui fait régulièrement la la Une de de nos journaux et pour autant je suis pas sûr que tout le monde mesure l'ampleur la gravité de la situation et à quel point en tout cas nous il est il est urgent qu'on s'en par de la de la situation politiquement si je suis à cette table aujourd'hui c'est parce que pour moi en fait l'état de la psychiatrie publique ça a été mon premier choc d'élu quand j'ai été élu en juin 2022 littéralement je crois 3 jours après il y avait une grève aux urgence au centre hospitalier de Toulouse et vous savez quand on est quand on est député on a un droit de visite dans des lieux les lieux de privation de liberté ça inclut les unités fermées en psychiatrie ce qui fait que du coup je me suis rendu pour visiter les les urgences psychiatriques à Toulouse et là donc j'ai été accueillie par des par des soignantes soignants soignantes au bout du rouleau disons-le qui me font visiter les lieux qui m'expliquent voilà qu'il y a pas de place aux urgences et cetera qui un moment donné me disent et puis là du coup ben on en a quatre en consulte j'ai quatre en consulte en fait comme il y a pas de lit il y a pas de place bah il y a quatre personnes qui passent la nuit euh dans ce bureau de consultation donc là on me montre un bureau de consultation donc c'est une petite pièce sans fenêtre avec un bureau une chaise un bureau de consultation quoi dans lequel on met un un brancard pour donc du coup accueillir ces personnes qui n'ont pas de place là le choc parce que même moi rien qu'avoir le lieu j'étais angoissé hein donc on imagine quand même quelqu'un qui arrive là qui a priori est en crise va vraiment mal et là-dessus en plus elles me disent oui puis en plus bah finalement aujourd'hui ça va il y en a que quatre voilà donc là elle m'explique l'ampleur l'ampleur de la situation donc à partir de là moi vraiment ça a été ben un choc j'ai pas j'ai pas d'autres mots de voir voilà comment on accueillit les gens qui vont mal très mal dans notre pays et je me suis du coup engagée sur cette question et travailler j'ai travaillé et compris peu à peu voilà la gravité l'ampleur de du désastre en fait la façon dont on a laissé la psychiatrie publique se se déliter dans notre pays aujourd'hui il faut savoir que la santé mentale c'est le premier poste de dépenses de l'assurance maladie selon l'OMS une personne sur C souffre de maladie psychique ça veut dire quoi ça veut dire qu'en fait ça nous touche absolument tous directement ou indirectement à un moment ou à l'autre de notre vie on sait qu'aujourd'hui la jeunesse est particulièrement affecté il y a encore eu un un rapport de santé publique France en février 2024 qui faisait état d'un doublement des des tentatives de suicide déclaré chez les 1824 ans cé entre 2017 et 2021 et pourtant et pourtant les pouvoirs publics ne font absolument rien on a fermé 60000 lit d'hospitalisation en psychiatrie depuis les années 80 et sans développer pour autant euh en parallèle les les les structures ambulatoires nécessaires notamment les CMP les centres médicau-psychologiques et le résultat ben c'est des temps d'attente absolument phénoménaux pour un premier rendez-vous 6 mois 1 an 18 mois la situation est encore pire quand il s'agit des des enfants et des jeunes euh selon l'Institut de Recherche et documentation en économie de la santé 40 à 60 % des patients ne reçoivent aucun soin en temps voulu voilà où on en est et donc malgré les belles déclarations qu'on entend de temps en temps on a encore eu monsieur hatal he en début d'année qui disait à quel point ça serait une nouvelle priorité du gouver du gouvernement la situation s'aggrave il y a toujours pas de moyens il y a de moins en moins de temps toujours plus de pression sur les soignants et on laisse des milliers de personnes souffrir dans ce pays et c'est pour ça qu'il est absolument urgent urgent de faire mieux beaucoup mieux et c'est ce dont nous allons parler aujourd'hui je ne vais pas faire plus long car je veux laisser le temps à nos intervenants de pouvoir s'exprimer et je laisse la parole en premier à Madame donc edit Vard je rappelle donc dit tu es infirmière en psychiatrie dans le au CHUS de Toulouse tu es donc représentante syndicaliste donc su santé su santé sociaux et euh et c'est tout à fait j'ai rencontré tout le monde en même temps là-bas parce que justement à Toulouse en fait ça fait maintenant des années que les mouvements de grève se multiplient se suivent que ce soit au CHU ou à la à l'hôpital psychiatrique marchand euh dans un ouais relative relative silence en tout cas pas beaucoup de résultat et là en début d'année il y a une succession d'événements absolument dramatique à l'hôpital qui fait que le ministre s'est s s'est ramené quoi il est descendu hein à l'hôpital euh pour parler de dire que c'était la crise pour lui c'est une crise tout ça enfin bon voilà il avait l'air de découvrir un peu l'ampleur de la situation euh bref en tout cas il a dit qu'il allait agir hein rassurez-vous et il a mis en place notamment un comité de suivi auquel tu participes régulièrement donc tu vas nous ben nous nous expliquer un peu cette situation toulousaine qui malheureusement est une excellente illustration euh voilà de l'état de la psychiatrie publique d'une manière générale dans le pays à toi edit bon bonjour à tous euh moi je va vous parler aussi de mes collègues qui sont abasourdi au mieux au mieux résignés moi je pense qu'ils sont sidérés euh oui la situation touisenne déjà quelques points pour un état des lieux c'est un CMP pour 187000 habitants le maximum c'est un CMP pour 100000 habitants donc dans les CMP les centres médicau psychologique il y a plus d'accueil les rendez-vous au mieux c'est dans un an et si encore on accepte de prendre le le patient en soin sinon ils sont redirigés vers les libéraux les CMP ne prennent plus d'urgence ils Orient vers les urgences et quand ils hospitalisent ils s'hospitalisent généralement sur sur le privé notamment pour les Hel euh c'est la HauteGaronne c'est 1100 lit privé et 350 lit publies le centre hospitalier Gérard marchand qui est le l'hôpital de psychiatrie il manque il y a 15 lits qui sont fermés il manque 15 psychiatres au CHU on a calculé qu'il faudrait recruter pour la psychiatrie 19 soignants infirmier infirmière et 19 soignants a soignant et a soignante et un dernier point sur l'état des lieux une expertise a été rendue par un cabinet indépendant sur le management du CHU je vous livre quelques conclusion management par le stress par la violence par la peur harcèlement pour pousser à la démission voilà euh alors effectivement les événements ça a été en février le décès d'un monsieur qui s'est pendu avec les attaches qui étaient sur le brancard il a passé 10 jours dans le bureau 8 m² pas de fenêtre pas de sanitaire il attendait une place en hospitalisation libre 2 jours avant une jeune femme 18 ans a été violée dans les toilettes des urgences euh elle a dû attendre le lendemain ça s'est passé à 23h le lendemain à 9h on l'a conduite à la médecine légale elle a donc attendre plus d'une dizaine d'heures souillé et euh dans cette journée du lendemain le soir elle a fait une tentative de suicide elle est allée en réanimation elle est arrivée aux urgence parce qu'elle avait pris des médicaments pour une tentative de suicide une autre femme cette nuit-là s'est fait agresser par un alors qu'elle était attachée par un brancard sur un brancard bien les soignants sidérés oui parce que c'est un peu un hasard si le syndicat SUD a été alerté c'est une soignante avec qui on a travaillé on connaît qui nous alerte pour nous dire il y a eu des agressions sexuelles et un viol et le lendemain c'est la même soignante qui vient qui nous alerte aussi pour nous signaler queun monsieur est mort suite à ces événements sur 58 agents et soignants du service de psychiatrie dans les urgences 35 sont en arrêt donc oui des gens qui passent des nuits sur des brancards dans des bureaux les soignants utilise le terme de cododo parce qu'ils peuvent arriver à rentrer deux brancards dans un bureau de 8 m² donc on fait des cododo donc qure patient quand tu es venu à Anne ils sont pu aller jusqu'à 10 12 dans cet espace de consultation qui est tout petit une salle d'attente microscopique on arrive aussi à rentrer un brancard en plus de dans les bureaux et il y a deux salles d'attente une qui est dite zone froide et une zone chaude où on va qui est fermée où on va mettre là en attente les gens qui sont soit arrivés avec une demande de contrainte soit qui pourraient avoir besoin d'un soin sans consentement donc ils sont enfermés là dans une salle d'attente de 15 m²r où il y a aussi également deux bureaux dans lequel il y a des brancards pour d'autres gens qui sont en contrainte et qui ont pas de place les soignants ont fait une grève en 2022 quand tu es venu pour demander un personnel supplémentaire parce que les personnes qui attendent sur des brancards dans des bureaux ben il y a pas de sanitaire donc il faut les amener aux toilettes il faut les amener il faut le amener les repas et puis puis quand on attend un jour 2 jours 10 jours on n pas de soin on n pas soigné dans une salle d'attente aux urgen bien en octobre 2023 on été voir la pour la 1è fois la direction qui nous a expliqué que il pouvait rien faire et que c'était bien de mettre les gens là parce que c la politique du moindre risque ouvre les guillemets quant à la RS qu'on a rencontré également au même moment ils nous ont expliqué que rassurez-vous avec les fiop et les APIs tout va s'arranger donc 3 mois plus tard un un monsieur décède et deux personnes sont violées donc dans cette dans le cadre de de ces événements on fait un 23e et un 24e alerte pour dangers grav et imminent ça c'est des procédures hein pour dire à la direction que ça va pas on est reçu ensuite par la direction et une directrice de soins qui va mener le DGI concernant le monsieur qui s'est pendu va répéter plusieurs fois que dans la chambre le monsieur est décédé le réanimateur est venu dans la chambre les soignants l'ont trouvé et cetera donc on s'est un peu agacé mais il a fallu beaucoup insister pour qu'elle écrve dans son rapport CIT un bureau et pas une chambre et avec l'accord des soignants on a alerté la presse je pense que si on avait pas alerter la presse il ne se serait rien passé parce que des agressions sexuelles sur urgen c'est pas la première fois et les décès parendison bon ça c'est un autre aspect des choses mais quand on attend 10 jours dans son bureau on peut estimer que c'est pas lié à la pathologie euh donc des soignants sidérés aussi dans l'unité qui est qui est une unité fermée il y a eu 15 jours avant un incendie dans cette unité et euh la goutte d'eau he de ces événements c'est que aussi sur 30 soignants de cette unité 15 ont été en arrêt dans les jours qui ont suivi les derniers événements on a pas tout à fait repris encore des arrêts alors l'unité ils ont repris là mais sur les urgences il y a encore quelques arrêts des conditions donc indignes de soins que ce soit aux urgences que ce soit dans les unités où le personnel réclame un agent de plus par jour un soignant bah c'est c'est refusé hein donc ce qu'ils font leur boulot c'est quoi c'est distribuer les médicaments c'est les cigarettes les repas ils ont pas de temps pas de temps pour la relation pas temps pour rencontrer les gens pas de temps pour être avec eux les connaître leur permettre de s'exprimer de dire ce qui va pas pour eux d'exprimer leur désirs donc tout ça ça c'est plus possible alors quand par miracle ils sont un de plus il respire parce que quand on s'occupe des gens ben ils sont détendus hein ils décrivent tous ça que le service est calme détendu et ils peuvent faire des choses donc là ça leur est arrivé deux fois ils sont allé faire un pique-nique et puis ils ont fait une sortie ciné était super heureux tout le monde donc ça c'est des choses exceptionnelles mais ça ça devrait être du ça c'est ça le soin quoi ça ça devrait être tout le temps euh dans cette unité fermée il y a des consommations de drogue il retrouve des pipes à craque euh ce qui majore quand même les les tensions et les comportements parfois agressifs et ce qui rend plus difficile aussi la relation euh la population a changé elle est plus jeune et euh on a actuellement 90 % de de personnes hospitalisées qui sont en soins sous contrainte alors qu'avant on était à 30 % il y a une quinzaine d'années on va dire dans cette unité il reçoivent aussi des détenus qu'ils vont chercher soit seul soit à de et évidemment jamais dans les horaires où ils sont plus nombreux alors typiquement ça parce que le temps que tu arrêté préfectoral arrive on est à 20h donc ils laissent leur leurs collègues à deux dans le service là où il devrait être 5 donc je vous disais plus plus de temps c'est ça qui remonte hein plus de soin plus de temps pour la relation et je cherche mon are page les activités thérapeutiques n'en parlons pas hein réduite un éant l'espace de réadaptation il manque la moitié du personnel pas de psychomode pas de DRR pas une infirmière qui est pas remplacée donc ça aussi les accompagnements à l'extérieur on peut plus les faire accompagner les gens pour leur sortie aller chez eux voilà mettre un peu en place tout ce qu'ils ont besoin d'avoir pour leur sortie la question du transmission aussi a été discuté avec la direction puisque les soignants passent généralement une demi-heure de plus de leur journée notamment le soir pour finir leur transmission donc c'est 15 minutes en théorie de transmission he sur le temps de travail pour d' notamment du soir à la nuit transmission importante parce qu'elles vont être relayé sur l'équipe du matin sur tout ce qui s'est passé dans l'après-midi 22 patients bon la direction nous dit que on sait pas faire les transmissions hein que ça doit passer en 15 minutes tu faire là et qu'on a pas besoin de parler de tout le monde les formations ben il c'est sporadique il y en a quasiment pas quand à l'encadrement ben il est quand il est pas quand il est sympa peut pas trop faire grand-chose il est juste pas attaquant les activités alors le social pareil les assistantes sociales elles sont en PLS he dans les services quand elles arrivent à travailler et 6 mois sans assistant sociale dans un service voilà après on a la RS qui nous dit qu'il faut qu'on fasse sortir les gens mais pour ça on a besoin aussi que les assist sociales nous aident donc c'est les infirmiers qui font le job comme ils peuvent les congés ça c'est important les congés c'est un c'est les soignants qui organisent leur vie autour de l'hôpital sur 12 agents par exemple ils doivent partir à deux en congé ça rentre pas sur les congés d'été encore moins sur les autres congés donc les TR semaines de congé dont on a bien besoin et ben on va s'asseoir dessus la réponse de la direction quand on demande des gens ouvre les guillemets un effectif correct au lit du malade et puis quand on insiste un peu le directeur des soins qui dit ben je vais venir pour me rendre compte quand même et il a dit ça en février toujours pas venu euh la le service là où il y a eu l'incendie donc ils vont mettre des sous pour humaniser le service disIl bon nous on plus de la sécurisation que dehumanisation et puis là la DRH nous a prendu un truc qui s'appelle les trames organisationnelles donc avant ça tournait hein voilà les gens étaient un peu habitués il y avait ceux qui voulaient faire les nuits qui avaient leur nuit ceux qui étaient plutôt désireux des jours qui étaient en jour tout ça s'équilibré alors maintenant tout le monde va faire tout va faire tout et n'importe quoi voilà et les soignants qui veulent faire les nuits à l'année vont devoir aller voir leurs collègues dire est-ce que voilà ce moislà je peux prendre tes nuits C autre moi aussi et cetera donc aller à la pêche à leur planning euh les congés ça j'en ai parlé ah oui pendant alors donc on a fait grève on avait commencé une grève au moment de l'accréditation mi-janvier alors là c'est marrant parce que pendant la grève tous les soignants ont été remplacés on n pas eu de souci et ils ont été même en surnombre lol euh voilà euh bon et alors avec tous ces affaires là donc la presse alerté on demande que la RS Vienne le ministre tout ça à notre grande surprise la RS arrive et le ministre un peu plus tard et puis donc des mesures il y en a 12 je vais pas vous les et la première des mesures c'est pas d'hospitalisation à la consultation alléluia bien pour ça il mett en place une cellule de régulation 3 minutes c'est parfait une cellule de régulation qui a été assez efficace puisquelle a quand même contraint un peu le privé à prendre des hospites en hchel donc alors juste un exemple une clinique privée nous a dit bon ben oui ils ont fait des efforts ils ont créé quatre lits pour prendre en charge les personnes suicidaires he des personnes suff en psychiatrie mon Dieu alors voilà ils peuvent pas en faire si ils ont pas le personnel mais ils ont recrutés donc ils prennent donc au niveau des achels les gens restent d j'ai envie de dire moins parce que quand même en mijuin il y en a quatre qui ont dormi à la consultation euh un service de posteurgence de 15 lits qui va être sur le CHU donc pour accueillir les gens puis mettre un peu leur situation sociale en ordre qui soit plus présentable c'est comme ça qu'on le pense nous hein pour les cliniques et puis qu'il soit un peu apaisé aussi parce que il y a une clinique qui a 20 lit de soin sans conscentement et qui en a rajouté 19 là avec les mesures du comité suivi mais ils ont qu'une chambre d'apaisement donc on est prié de leur adresser les patients plutôt tranquilles voilà euh concernant les CMP donc pour 100 habitants on a 8 CMP il en faudrait 15 et donc grâce au comité de suivi on en aura un de plus qui va être sur le nord du partement avec pour l'hospitalisation sur laavore et le DG de laavore au comité de suivi nous a expliqué qu'il avait deux bâtiments sur trois qui étaient complètement dégradés qui pourrait pas prendre les hospites donc ça va aller sur le privé euh voilà et alors juste le le la petite rigolade c'est l'ARS qui répète le directeur donc Dears qui répète il faut embaucher embaucher il faut et il faut que les soignants soient en nombre plus que suffisant ce sont ces mots pour que il y ait des bonnes conditions de travail et puis après quand on le chope entre qu du on lui dit mais vous causez mais il se passe rien et ben il nous dit ouais mais moi j'ai pas de pouvoir sur la direction des hôpitaux ben voilà merci de faire des belles phrases on s'en fout un peu quand même bon tjour mieux de le dire mais bon ça marche pas ça ça marche pas bien voilà et puis ben sur le il y a aussi les effectifs là sur la création des 15 lites poste urgence où ils veulent mettre en binô pour 15 patients qui relèvent de l'urgence un infirmier un de attends deux infirmiers de soignants pour 15 patients ça nous paraît un peu limite il y a déjà H8 LD ouverts avec un infirmier un a soignant ils nous ont déjà expliqué que c'était un peu juste et on espère que on demande un un agent de plus on verra bien voilà merci beaucoup etit pour ce témoignage absolument édifiant et merci toi tous tes collègues pour ce que vous faites la l que vous menez là-bas je je glisse une petite anecdote parce que évoqué le manque de moyens le fait qu'il veilleent embaucher mais par ailleurs il donne pas d'argent pour ça mais euh quand j'ai j'ai assisté tu veux préciser quelque chose ah oui alors ça c'est aussi rigolo donc il y a quelques années ça fait un moment qu'on demande du personnel et il y a quelques années il nous disait on a pas les sous et alors maintenant c'est on a on a les sous c'est-à-dire qu'il y a pas de contrainte financière dit le DG de la RS mais alors maintenant ils sont pénards parce qu'ils ont pas les soignants donc tout va bien voilà excellente illustration et et donc justement quand quand le le ministre est venu il a le directeur de la RS et cetera donc moi j'étais venu aussi avec Adrien Clouet et et le directeur de l'hôpital a eu le culot de dire devant le ministre aujourd'hui je vous cite la maquette organisationnelle ne justifie pas de moyens supplémentaires voilà je crois que c'est exactement ce qu' illustrait le le témoignage d'edit à l'instant ça vous donne une idée du du niveau euh merci beaucoup donc eDIT pour pour cette présentation je donne maintenant la la parole à Matthieu bassen Matthieu donc tu es psychiatre auteur de nombreux ouvrages dont celui-ci qui est sorti récemment abolir la contantention et vous pourrez retrouver à la librairie tu as été reconnu en juin lanceur d'alerte par la Défenseur des droits et bien tu vas nous nous livrer un peu ton ton regard sur la psychiatrie publique aujourd'hui ton combat pour le pour le droit des patients bah merci déjà de l'invitation juste en introduction pour faire un peu le lien avec ce que disait edit c'est euh un moment donné tu as dit oui pour la rigolade en fait ce rire jaune là ça montre la souffrance au travail et ça montre le symptôme de nihilisme politique qui qui se traduit par un niilisme thérapeutique chez les gens qui sont supposés soigner et en fait c'est ce niilisme là dont on doit sortir et politiquement et dans les pratiques alors ça c'est la petite petite incist du début deux mots tu as parlé du statut de lanceur d'alerte il y a plusieurs registres de pratiques sur lesquelles on peut lutter il y a les pratiques cliniques qui sont les pratiqu dans nos endroits dans nos lieux quand c'est possible nous ça a été possible pendant une dizaine d'années puis on s'est on s'est affronté à un mur de répression drastique dont je vais vous dire un petit mot il y a les pratiques au niveau juridique et je crois que là les les les dernières luttes positives et émancipatrices pour la psychiatrie c'est les psychiatrisés eux-mêmes qui les ont eu hein c'est-à-dire les questions prioritaires de constitutionnalité ce sont les psychiatrisés avec des avocats et des gens voilà qui qui qui sont en lutte qui qui l'ont obtenu et qui ont obtenu notamment l'arrivée du juge des libertés de la détention dans le contrôle des mesures d'hospitalisation sans consentement et il y a les pratiques politiques alors moi ça c'est la le l'articulation de ces trois registres de pratiques j'appelle ça les pratiques altératrices c'est-à-dire qu'il faut altérer l'institué de la psychiatrie asilaire même si on il y a plus l'asile maintenant c'est un asile numérique là qu'on nous construit avec les lobbyes comme fondamental et cetera donc voilà il y a ces différents registres alors dans le registre juridique qui vient à partir des pratiques je vais juste vous dire dire un petit mot il y a quelques années j'avais été invité sur le plateau d'glièr là au festival résistant d'hier et d'aujourd'hui et en préparant la venue sur le plateau on avait fait un groupe journal avec les patients dans l'unité d'hospitalisation et puis j'avais dit bah tiens je suis invité là-bas qu'est-ce que je peux raconter puis on a une discussion on faisait un journal à l'époque et il y a un des patients qui dit ouais moi je pense que ce qu'il faut c'est réexister alors c'était pas un lapsus c'est résisté existé je trouve c'était pas mal et donc voilà essayons de réexister alors pour Rister il y a plusieurs choses l'arme du droit moi il se trouve que pendant le premier confinement dans l'hôpital psychiatrique où j'étaison je vous passe tous les détails je les raconte dans le bouquin et puis je les raconte ailleurs mais l'idée c'est que vous savez on peut isoler psychiatriquement les gens on peut les enfermer à clé mais s'ils ont des problèmes psychiatriques par contre quand quelqu'un a une maladie infectieuse la tuberculose ou le covid vous pouvez les confiner en chambre mais jamais au grand jamais vous avez le droit de les enfermer à clé puisque le consentement à une maladie physique n'est pas la même chose que le consentement à une maladie psychiatrique quelqu'un qui a des voix qui veut pas se soigner psychiatriquement il peut tout à fait se soigner physiquement il y a pas de souci bon tout ça pour dire que dans mon établissement à l'époque et ben on a confondu l'isolement psychiatrique et le confinement sanitaire et donc tous les patients ont été enfermés à clé euh pendant des durées variables allant jusqu'à 14 jours pour certains ce qui s'appelle de la séquestration collective c'est 30 ans de prison quand même et 450000 € d'amende bon et du coup on prévient la direction une première fois pas de réponse parce que quand c'est comme ça ils répondent pas euh j'en parle aussi aux collègues et un certain nombre de collègues faut le dire pas de réponse ou alors tu fais chier parce que les droits des patients bah c'est emmerdant quoi et c'est ça aussi pour la suite il faut que le droit des patients organise la psychiatrie publique à venir il faut pas que ça soit le droit des salariés contre le droit des patients il y a énormément de lieux où les salariés luttent pour avoir des unités pour malades difficiles ou des unités d'hospitalisation spécialement aménagé mais ne lutte pas pour avoir des conditions d'hospitalisation et d'accueil avant même l'hospitalisation et donc ça je crois qu'il y a un truc aussi c'est il faut que nos mentalités sécuritaires à nous de citoyens et de soignants en l'occurrence puissent être se décoloniser on peut dire et ça c'est un travail qu'on a tous faire dans la société qu'on soit psy paps euh voilà et et bon donc j'en reviens l'histoire de l'hôpital euh je préviens finalement le contrôleur des libertés qui vient faire une visite sur site à l'époque c'était Adeline aan qui fait une recommandation en urgence nous donnant raison surtout surtout et juste après enquête administrative de l'hôpital contre nous et pas contre la la privation de liberté bon je vous passe au fin des fins au bout d'un an de de de bataille avec le collectif de soins et cetera moi j'ai été destitué de mes fonctions de médecin chef alors là il y a un truc c'est-à-dire est-ce que euh l'hôpital public doit s'organiser sur on on on soutient les abuseurs ou est-ce qu'il doit s'organiser sur soutenir ceux qui dénoncent les abus ce que tu as raconté de ta collègue qui j'espère ne sa'est pas n'a pas eu trop de représail juste pour vous dire en 2018-29 quand il y a eu tous les soulèvements dans les hôpitaux psychiatriques au moment du Printemps de la psychiatrie juste avant il y avait eu les soulèvements dans les épades juste après il y a eu les soulèvements dans les urgences c'était la première fois que les les professionnels se soulevaient non pas pour des conditions de salaire ou et cetera mais se soulevaient pour des conditions d'accueil et de dignité dans les soins Greff de la finim à rouant perché sur le toit de l'hôpital du Havre Pinel en lutte qui avant les gilets jaunes se ont planté la tente sur le rond-point et ont fait 90 jours 90 nuits de gr 120 jours de grève quand même tout ça c'était en 2018 un peu avant les gilets jaunes quand même donc et il y a eu aucun débouché politique si ce n'est que on a la chance maintenant d'avoir un délégué ministériel à la psychiatrie qui s'appelle Franck bévier et qui est fondamental alors vous l'entendez ils le fontessortir de leur boîte une fois de temps en temps bon alors voilà il a il va y avoir plusieurs choses à faire au niveau politique premièrement c'est que tous ces conseils antidémocrat pratique qui sont soi-disant d'experts là il va falloir aller mettre son nez dedans et il va falloir que les citoyens mettent leur nez dedans parce que là encore récemment il y a le le Comité national pour les troues du neurodéveloppement qui nomme des gens qui n'ont de d'expertise que leur infatuation narcissique on peut dire et donc c'est pas possible que il n'y ait pas de contrepouvoir dans nos institutions qu'elles soient nos institutions démocratiques nos institutions de soins et cetera bon donc ça c'est la première chose et là après donc moi j'ai été destitué de mes fonctions en juillet 2021 là on est en août 2024 donc le Défenseur des droits m'a reconnu le statut de lanceur d'alerte donc c'est le premier la première fois en psychiatrie qui a un statut de lanceur d'alerte qui est donnée donc on va voir ce que ça va donner mais là on a déposé plainte au pénal contre X par rapport à tout ce qui s'est passé dans l'établissement donc il y aura des suites judiciaires si ça peut mettre un petit coin de dire que les directions établissements les ARS ne peuvent pas faire n'importe quoi avec les personnes psychiatrisées ça sera pas mal on verra peut-être que ça marchera pas mais en tout cas on aura essayé bon ça c'est la première chose la deuxième chose et ça c'était un petit peu le le bouquin sur la contention là abolir la contention dans le service on attachait pas on attachait pas pourquoi parce que on mettait en place les conditions de travail avec les patients he avec euh et les conditions de travail sur l'ambiance c'estàd que si vous travaillez l'ambiance si par exemple vous vous quand vous êtes soignant vous arrivez dans le service vous sentez bien bah vous pouvez vous dire raisonnablement si vous êtes pas trop sadique et qu'il y a pas trop de sadique autour de vous que un patient qui arrive dans le service il va se sentir aussi bien bon et donc ça ça se travaille ça se travaille avec les réunions avec les clubs thérapeutiques avec plein d'outils on peut dire de démocratie directe et ben ça permet de se passer de tout un tas de mesures de contraintte de les limiter ça permet d'avoir des portes ouvertes dans les établissements et c'est pas la même chose quand vous accueillez quelqu'un si la porte elle est ouverte et quand il il fait la gueule et qu'il a envie de vous casser la gueule bah il peut sortir claquer la porte disant vous me faites chier je vais je vais dans le parc où je vais ailleurs que de lui sauter dessus et puis le mettre en chambre et puis après de l'attacher dans le service nous on attachait pas on avait pas de de de de matériel de contention parce que je pense qu'on traitait l'ambiance et qu'il y avait tout un tas d'outils comme ça et moi j'ai été étonné et s'il y a un point que je veux développer 2 minutes c'est ce que vous avez dit là tout à l'heure toutes les deux sur la question de du soin depuis la loi Sarkozy de 2011 sur les hospitalisations sans consentement qui sont renommées soins sans consentement on a un gros problème avec le mot soin parce que on ne peut pas soigner sans consentement on peut hospitaliser quelqu'un sous la contrainte on peut lui donner des médicaments sous la contrainte mais les soins ça nécessite forcément un minimum de consentement c'est-à-dire un minimum de relation mettre une piqûure de neuroptique retard une fois par mois si vous faites que ça s'il y a pas de parole échanger s'il y a pas tout un tas de trucs ce ne sont pas des soins et alors nous les psy on a une fâcheuse tendance à avoir des petites perversions qui est que on peut nommer des choses comme étant des soins alors qu'elles ne le sont pas par exemple de plus en plus vous avez les soignants qui vont dire que la contention c'est thérapeutique ça soigne c'est contenant la contention en psychiatrie ça fait des morts tous les ans il y a un rapport de la NSM l'Agence nationale de sécurité du médicament de 2020 qui dit qu'entre 2011 et 2019 il y a eu 42 morts en contention en psychiatrie dans les épades il y a eu un scandale dans le 93 là il y a quelques semaines qui a été divulgué dans parisien une personne en épad qui est mort sous contention bon 10000 personnes par an sont sous contention en psychiatrie 10000 il y a qu'en psychiatrie où elle est encadrée la contention dans les éepades dans les foyers aux urgences elle n'est pas encadrée bon c'est un problème ce qui est un problème c'est bon ça existe d'accord il y a des fois on peut pas faire autrement peut-être moi j'ai pas travaillé aux urgences les collègues des urgences disent dans certaines situations on peut pas faire autrement avec les toxiques et cetera bon la question c'est qu'est-ce qui fait que nous les psis et les pouvoirs publics notamment le ministre de l'époque qui est devenu médecin esthéticien maintenant et qui fait 800 € le Botox merci beaucoup comment ça se fait que par exemple Olivier Verant à l'Assemblée nationale en 2021 il répond à Caroline Fiat qui é soignante et puis débuté LFI à l'époque il lui dit bah oui la la contention c'est un soin de la vie des psychiatres même parce que ça permet de calmer les situations si on dit que c'est un soin ça veut dire qu'on dit ça on fait ça pour le le bien des personnes si on fait so ça pour le bien des personnes bah arrêtez de nous dire que on on fait des méchancetés donc politiquement là il y a une une peut-être un projet de loi qui serait à faire qui coûterait 0 € qui serait de dire d'inscrire dans la loi que la contention n'est pas un soin c'est une mesure de contrôle peut-être mais c'est pas un soin parce que si vous dites que c'est un soin il y a un imaginaire derrière qui est que vous acceptez l'imaginaire de la domination où nous les soignants on peut faire vivre aux patients des trucs qui sont pas corrects et ça c'est dans le bouquin j'appelle ça la culture de l'entrave c'est-à-dire que elle nous traverse toutes et tous cette culture de l'entrave bon je vais juste terminer parce que je pense qu'il me reste pas beaucoup de temps euh sur un autre point important euh qu'il faudrait revoir euh au niveau général c'est que vous savez que il y a eu la T2A la tarification de l'activité euh à l'hôpital général qui a été lourdement décrié d sa mise en place et des dans dans les années 2000 euh par celles et ceux qui déjà voyaient le le le l'optique néolibérale avancée et puis par quasiment tout le monde au moment du covid parce que oui l'hôpital s'était transformé en entreprise pendant que l'entreprise se transformait en hôpital d'ailleurs bon euh et du coup euh en psychiatrie 2020 1er avril 2020 c'est pas un poisson d'avril moi je reçois un mail à l'époque où je suis médecin chef là de d'Aurélien Rousseau qui à l'époque est DG de la RS d'île-de-fance qui dit ah merci beaucoup de votre engagement à toutes et tous les soignants dans cette première vague c'était le moment où on pouvait organiser nous-même les soins donc ça marchait mieux forcément le même jour il y a un rapport de la Cour des comptes où qui dit voilà faut continuer le le public privé à l'hôpital ça marche bien et au même moment il y a une Task Force qui continue de se réunir sur la création d'une nouvelle modalité de tarification en psychiatrie ce qu'on a appelé la tarification de compartiment la T2C voilà qui est en application et qui s'est mise en application à partir du 1er janvier 2021 et sur 4 ans voilà il va y avoir 4 ans pour l'appliquer pleinement c'est-à-dire que ce qu'on sait qui ne marche pas à l'hôpital général on le met en place en psychiatrie bon donc là aussi il va y avoir des projets de loi à faire c'est de revoir le financement et d'arrêter avec ce financement débile qui est de financer plutôt les indicateurs que de financer les soins là aussi ça permettra de sortir du niilisme où finalement ça nous pousse à être devant des ordinateurs plutôt qu'à nous occuper des gens pour conclure euh pour conclure dans dans dans le livre là je parle du système contentionnaire et juste pour vous dire un petit truc euh vous savez la marque comment s'appelle la marque de contention donc le dispositif pour attacher les gens à l'hôpital il y a une marque ça s'appelle le dispositif Pinel Philippe Pinel c'est le mec qui a libéré les fous de leur chaîne il y a une statue sur le boulevard de l'Hôpital dans la C pétrière à Paris de Pinel libérant les les les aliénés bon et alors là avec c'est ça qui est bien avec l'option néolibérale c'est que vous pouvez utiliser le nom du mec qui a déchaîné dans le bon sens du terme les entre guillemets fous pour en faire une marque de contention donc ça ça ça ça en dit long aussi de nos imaginaires et des imaginaires de niliste bon bah des gens qui sont dans le marketing ça d'accord mais euh des gens qui vont acheter ces ces dispositifs aussi sans problème et quand vous faites remarquer ça dans les conseils de surveillance des hôpitaux et cetera on vous dit oui bon enfin bon c'est pas si grave que ça voyez et c'est contre ces ces petites choseslà microscopiques dont on doit lutter dans les pratiques mais pour ça faut comme le reste hein faut un mouvement large quoi pour les services publics et de psychiatrie je m'arrête là [Applaudissements] merci merci beaucoup Mathieu je donne maintenant donc la la parole à Marie Jean sauré donc Marie Jean me disait tout à l'heure tu es professeur émérite des universités en l'occurrence à tout ça veut dire à la retraite me glisse--il il exagère et tu donc tu es l'auteur de plusieurs ouvrages dont un notamment sur la sur l'histoire de la de la psychologie clinique tu fais beaucoup le le lien entre bah en fait la situation de la non seulement de la psychiatrie mais de la santé mentale de la dérive sécuritaire avec la la société finalement dans dans laquelle on vit aujourd'hui je te laisse nous en dire unot bon merci Anne en fait tout est dit d'un certain point de vue on perçoit déjà la la logique des choses la la question que je je me pose et sur laquelle je vais essayer d'avancer un petit peu au fond c'est comment on est arrivé à cet état catastrophique de notre société et de la psychiatrie en particulier pourquoi les politiques s'entendent de plus pour l'agravé que pour y objecter mais aussi pourquoi tant de nos concitoyens s'y soumettent et parfois nous-mêmes plus ou moins passivement plus ou moins passivement pardon donc si on veut rompre avec avec ce système il nous faut saisir cette logique deslé TER pour savoir où mettre nos nos petits cailloux sinon euh j'ai peur que donner bien sûr qu'il faut donner plus de moyens aujourd'hui hein pour écouter pour passer du temps et cetera mais donner plus de moyens sans changer la logique c'est prendre le risque que demain les mêmes causes produisant les les mêmes effets on aura simplement donné plus de force c'est on peut à la fois dire il faut embaucher et comme edit me le disais tout à l'heure en même temps la Cour des comptes disant oui mais il faut faire un effort sur la masse salariale ce qui veut dire diminuer encore le nombre de salariés donc pour se tenter je je je vais vous inviter à un détour j'espère que vous l'accepterez à la fois dans le temps et dans les discours susceptibles de nous éclairer c'est c'est pas fait pour pour vous convertir à telle ou telle logique mais au moins pour essayer de se doter d'une langue commune après ça permet de penser et de débattre alors le premier élément euh c'est c'est quand même de de revenir à ce que c'est qu'un sujet parce que c'est quand même ça qu'on accueille c'est ça que avec qui nous nous faisons c'est avec ça qu'il faut faire société mais le sujet à partir de de ma langue à moi c'est ce qui parle dans lui-même parler c'est du un par un c'està-dire c'est singulier si on respecte pas ça ben on respecte pas le sujet sauf que c'est aussi social parce que parler c'est s'adresser à l'autre et s'il y a pas un autre qui accueille la Parole la parole est disqualifiée et donc le sujet il est toujours pris dans cette t entre le singulier et le social et on peut dire que la souffrance psychique les symptômes c'est la marque de cette tension et on peut dire déjà j'aime beaucoup ce mot que ce sont des indexes de la réexistence du du sujet en effet c'est très beau cette résistance qui fait que chacun d'entre nous doit loger sa singularité dans le commun sans s'y dissoudre mais sans faire voler un éclat de commun donc bon voilà ça c'est le prier point la deuxième chose le sujet ne peut pas donner sens ne pe pas donner sens à sa vie il la met en récit et mais il doit la tresser avec ceux avec lequel il partage le commun et le social c'est ça c'est il y a pas de social définitif ça n'est jamais que qu'un travail en cours après le langage 3ème remarque c'est c'est un peu embêtant le langage parce que ça ne fait ça ne permet que de représenter c'est incapable d'attraper une réponse définitive euh ça fluit toujours euh ça rate le réel dont on parle donc on peut pas arrêter de s'expliquer avec aut dit ça introduit du manque dans le sujet mais le manque ça a un effet c'est le désir et c'est ce désir qui est le moteur un petit peu des tentatives de solutions que nous essayons d'inancer bon ça veut dire aussi voyez que dès que je me pose la question de ce que je suis je ne peux pas ne pas me la poser la réponse ça n'est jamais qu'un être de mots on n' pas le temps mais sinon je m'amuserai avec ça moi je m'appelle Marie Jean on m'appelle madame depuis très très longtemps bon mais oui mon professeur mérite tout ce que vous voulez mais il y en a d'autres des lanceurs d'alerte il a pas beaucoup à psychiatrie alors c'est déjà des partic particularité peut-être plus marquante bon mais c'est toujours mensonger l'identité donc l'identité c'est c'est un truc est stable il y a beaucoup qui se plignent je suis pas sûr de moi et cetera mais c'est de structure d'ù le fait qu'on a trouvé des solutions historiques c'est d'étayer ça sur une généalogie on est fils Dee c'est ça au moins on l'imession que ça tien le coup sauf que c'est un peu êtant parce que le premier de la série c'est qui alors là la on a inventé la religion pour trouver un premier ça s'appelle Dieu et ça a longtemps garanti l'autorité de ceux qui partageai ses croyances c'était la première mouture de social et ça partage et ça garantissait l'autorité non seulement de ceux qui géraent en son nom de la divinité le le social mais jusque dans la famille c'est cette espèce de modèle qui est devenu dans nos sous n laattitude le modèle un petit peu dit patriarcal bon alors simplement les humains ils ont pas resté à ça ils ont toujours utiliser le langage c'est-à-dire le pouvoir de symbolisation de représenter des choses qui n'existent pas donc de créer de mentir de créer c'est ça on est partagé entre ça ils ont pas arrêté jusqu'à l'invention de la science moderne faut aller vite ça c'est 17e siècle on invente la science moderne c'està-dire un savoir certain réfutable réfutable ça veut dire que on peut refaire le calcul et démontrer que c'est juste ou faux on se fout de la question de la vérité que suis-je du sens que ça peut avoir par contre ça doit être exact ou faux bon c'est un savoir quand je dis certain c'est-à-dire il doit être valable pour tous les objets de même type et pour tous ceux qui le partagent euh et ça a eu cette invention un certain nombre d'effets une mutation du savoir c'està-dire une division du savoir entre le savoir certain de la science et les savoirs existentiels disqualifiés ça veut dire que toutes les solutions adoptées jusque-là pour faire société ne tiennent plus la route fondamentalement donc il faut ça ça crée ça alimente ce malaise d'un humain qui habite le langage et non pas le réel des choses en quelque sorte dont il est séparé par le FU même de parler et euh ça va booster le mariage de la science opératoire ce qu'on appelle la technoscience si vous voulez et le marché ça va booster le système capitaliste qui lui va va en quelque sorte bon bon on va devenir d'abord industriel on na pas le temps de développer mais financier numérique aujourd'hui simplement j'insiste les humains n'habitent pas un système mais le discours qui leur permet d'habiter ce système qui leur permet de vivre avec c'est ce qu'on appelle le bon je vais appeler ça moi le discours capitaliste et et ce discours capitaliste il veut tout maîtriser et toujours plus tout maîtriser c'est ça le système capitaliste pour pour le dire dans ma langue parce que il y a d'autres bien d'autres caractéristiques mais vouloir toujours plus tout maîtriser ça veut dire qu'il est dans sa logique d'être autoritaire et dans sa logique d'être antidémocratique faut le repérer ça c'est dans son principe dans son essence qu'il est la deuxième remarque c'est qu'il veut il prétend tout expliquer scientifiquement qu'on comprendra tout tout fabriquer qu'on jouira de tout évidemment c'est un cadruple mensonge mais qui va secréter une idéologie avec laquelle nous sommes invités à nous penser l'homme machine l'homme entreprise l'homme isme qui doit être efficace rentable adapté disons au système qu'il fait vire je dois dire c'est à la fois le même sujet qui fabrique le système d'lé TER contre lequel il va ça devrait nous réjouir d'un certain point de vue puisque si c'est nous qui le fabriquons on devrait être capable de le déconstruire et d'autre part si nous en souffrons et ben on a peut-être un allié du côté de cette réexistence pour repr reprendre pour reprendre ce mot alors le la la difficulté là les choses sont compliquées je sais pas si si je vais y arriver un peu de temps mais ce ce le privilège de le discours capitaliste reconnaît qu'une seule valeur la valeur marchande donc les critères de rentabilité sont les seuls ça veut dire que tous les autres critères inventés jusque- là de solidarité et cetera sont tendentiellement disqualifié le il substitue aussi une confusion ce qu'on appelle le scientime le scientisme c'est ce qui nous suggère qu'on pourrait répondre à toutes les questions par les moyens de la science oui c'est vrai qu'aujourd'hui la biodiversité est menacée mais faites confiance à la science demain ça règlera tout oui ta vie n'a pas de sens mais tu verras demain prends la pellule tu verras ça Sarr c'est vraiment une confusion qui qui prétend qu'on peut répondre aux questions scientifiques par les moyen de la chance ça c'est normal mais qu'on peut répondre aux questions existentielles qui pent sur le sens pris par les moyens de la science et ça c'est une supercherie combien oh pardon ouais comme je suis sourd je vois pas la différence c'est donc le le le discours capitaliste c'est un discours de on va dire de frustration puisque il vous fait croire que l'objet qui vous manque c'est celui qui est sur le marché évidemment vous y allez c'est jamais l'objet du désir parce que le désir c'est toujours désir d'autre chose mais c'est tant mieux pour le capitalisme bah pas étonnant c'est nous qui l'avons inventé hein puisque ça vous renvoie sur le marché chercher le téléphone suivant le le machin suivant jusqu'à ce que vous en ayez marre de tous ces objets que vous soyez gavés et alors vous faites ces formes modernes de dépression qui sont après tout des modalités de l'anorexie de de il y en a marre de tout ces trucs ça nous gaveave bon ça marche pas donc ce qu'il faut retenir c'est c'est que il y a là une crise sociale du fait de la disqualification des solutions qu'on avait adopté et c'est dans ce contexte et c'est dans ce contexte je vais y arriver ouais que s'invente la médecine scientifique qui elle est réductible à l'organisme si vous voulez sur le modèle de la physique mais qui va se heurter tout de suite à toute une série de phénomènes d'angoisse de stress de délire et cetera de tas de ement de psych de ce qu'on a met aujourd'hui sur le compte de la psychopathologie dont on narrive pas immédiatement à les faire rentrer dans l'organicité et comme le mot médecin était pris en latin on a utilisé le mot yatros en grec et on a attribué ces mots qu'on pouvait pas attribuer à l'organisme à l'âme on a inventé le yatros de la psychée mais il faut bien voir qu'il nî comme un échec de la médecine organique et comme un échec mais parce qu'il s'intéresse à quoi à ce ce sujet qui se demande qu'est-ce qu'il est qu'est-ce qu'il fait avec ça et dans ce moment où s'invente la psychiatrie c'est dans ce moment qu'on invente les psy qui vont s'occuper de cette situation d'être incommode d'être humain si vous voulez dans ce moment-là qu'est-ce qu'on découvre et on découvre que les sujets ont des modalités de fonctionnement 3 minutes il me reste bon je vais juste dire ça on découvre des on découvre des modalités de fon inement psychique c'est les grandes époques de crépelin tout ça mais moi je dis bon des fonctionnement névrosés psychotique ou pervers qui sont des modalités inventé par chacun pour habiter le social mais qui sont qui sont pas forcément pathologiques c'est vraiment on a un style de solution selon sa façon de se loger bon et une façon de se loger qui est singulière on va découvrir au même moment que le évidemment qu'il faut inventer autre chose pour faire social que euh que la religion bon c'est l'époque on invente le libéralisme mais ça va être mais le lien social c'est pas ça c'est de découvrir en effet que c'est le discours qui nous fait tenir ensemble qu'on habite le discours faudrait que je vous montre comment à cette époque- làà la il y a une psychiatrie qui va vouloir regagner le giron de la science c'està faire tout rentrer dans le pourquoi parce que c'est beaucoup plus adapté à la logique néolibérale à l'éradication des singularités tandis qu'une autre re psychiatrie va se mettre à l'écoute à la question du sens elle est d'abord phénoménologique et là c'est vrai que les femmes il faut moins que je dise ça on jouit un rôle déterminant en imposant elles ont de tout temps hein mis MRE en échec d dès 1700 ans avant Jésus-Christ le gynécocrate égyptien disait les femmes sont malades parce que elles ont un utérus migrateur et elle ellest elle lui disait toujours merde bon si je puux dire en langage ocitant bon et enfin je sais pas si un peu universel et et elles ont aussi historiquement s ont mis en échec la religion qui disait mais ce sont des possédés mis en échec le maître juge qui disait ce sont des des des sorcières mis en échec le psychiatre qui a d'abord dit avec babenski c'était des simulatrices sachant que c'est le diagnosticque qu'on a utilisé contre les soldats de la deuxème guerre la Première Guerre mondiale pour les plus c'est lâ qui préférrait être fusillé plutôt qu'aller au front et je vous signale au passage il y a du féminin aussi chez l'homme pour résister elles ont toutes mis le mettre en échec et là on a découvert qu'il avait plusieurs c'est un lien social d'être capable d'intéresser l'autre à son symptôme tout en lui révélant qu'elle soutiennent l'énigme de ce que chacun est parce qu'il n'y a pas de réponse dans le savoir qui disent ce que chacun est il a l'inventé donc on a comme ça des modalités de lien qui apparaissent discours on va on va dire hystérique pour faire rendre hommage à ces femmes discours du maître qui est toujours châtré discours universitaire quand c'est le savoir qui vient nous imposer comment il faut faire la bureaucratie en est le bon exemple et discours bon autrement dit c'est constitué une un écosystème en même psychique en même temps qu'une biodiversité et bien c'est ça qui est mis à mal par le discours capitaliste qui récuse absolument toute singularité en voulant la faire rentrer dans le commun j'ai pas le temps d'aller plus loin mais je dois dire que restaurer la parole à chacun c'est vraiment le sujet de la démocratie dont la démocratie a besoin c'est vraiment une question politique et nous perdons beaucoup à nous laisser emporté par cette logique qui bon qui fait qu'on va traiter des tas de gens qui sont potentiellement nos alliés parce que même le plus fou celui qui a besoin des institutions pour Pier l'insuff des solutions qu'il a qu'il se donne sa solution nous enseigne sur la façon dont chacun peut construire un monde de commun merci merci beaucoup Marie Marie Jean je donne maintenant la la parole à Magalie maline Magalie donc tu es médecin généraliste au sein donc de l'hôpital psychiatrique de Dol saintilie dans le Jura et en 2020 tu as réalisé avec je me trompe pas de date 2020 avec les avec les agents donc de de ton de ton hôpital un clip sur la qui reprenait la chanson de Big flow et Olly donc la table est extrêmement toulousaine finalement assez assez dommage donc clip pour dénoncer pour dénoncer bien évidemment la la situation à l'hôpital le manque de moyens le le manque de temps pour les soins et ben tu vas pouvoir nous nous raconter ce combat et d'e manière général le l'évolution que tu as pu voir toi de dans ta profession alors bonjour à tous donc effectivement je suis médecin généraliste en psychiatrie depuis 2017 je suis arrivé en novembre 2017 au CHS de doll à donc saintthilie et puis ce qui m'a fait faire ce clip euh c'est que bon on avait beaucoup de discussions hein autour de la psychiatrie publique avec les collègues on se demandait ce qu'on devait faire pour pour en parler et puis Charles Olivier donc un de mes collègues ici présents m'a invité à participer au congrès de de l'USP à qu'il organisait à Besançon en en mars 2019 euh où on a rencontré les soignants de rouan et du Havre dont tu parlais tout à l'heure Mathieu donc ces soignants qu' ont fait la grève de la fin et moi il y a il y a quelque chose qui m'a beaucoup marqué dans leur discours c'est que bah les médecins non non seulement de l'hôpital ne le ne les supportait pas enfin ne le en tout cas ne ralliait pas spécialement leurs cause mais en plus de ça leur passit devant alors qu'ils étaient en grff de la fin sans même leur demander comment ils allaient dans mon dans mon logiciel ça matchait pas très bien quand on est revenu de ce weekend de syndical à l'hôpital mes collègues du syndicat donc plutôt soignant et et non médecin m'ont dit qu'ils allaient à la RS 2 jours plus tard donc on a décidé d'avoir un représentant à la RS j'y suis allée ça leur a fait bizarre de voir un médecin en phase 2 déjà euh il connaissait pas l'USP donc l'USP l'Union Syndicale de la psychiatrie un syndicat de de de de la psychiatrie et non de psychiatre euh donc je pu je peux en faire partie en tant que médecin généraliste et puis les réponses de la RS elles nous ont pas spécialement plu c'est-à-dire que on nous disait mais vous comprenez donne des subventions pour pour certains projets innovants pour certains voilà donc très bien donc avec pas forcément les moyens en face ou des moyens non pérennes et puis surtout qui concerne qu'une petite partie des patients dont on s'occupe donc au bout d'un moment je je lu dis mais vous comprenez que on peut pas réfléchir pour être rentable on s'occupe pas de de de boîtes de petits poids mais de personne et là et on m'a rétorqué que bah il fallait pas que je vote Macron fallait pas voter Macron bon alors en sorti de là je me suis dit bon ben je vais écrire une chanson euh j'ai écrit une chanson et puis j'ai commencé à aller à chanter à l'hôpital et puis au début bah il pensait que j'allais j'allais dire un truc drôle et puis au final et ben ils av mais j'avais les fait escomé et pour quelqu'un qui écit pas souvent mais qui a envie d'écrire des choses de recevoir en face des gens qui qui reçoivent en fait ce qu'on ce qu'on veut faire passer ben c'est c'est vraiment plutôt très émouvant donc on a décidé de faire ce clip j'ai j'ai activé mes réseaux personnels moi d'artistes qui m'ont un petit peu entouré et puis à l'aide de l'USP et des copains et des copains du syndicat on a réussi à fédérer et ce dont on est fier dans ce clip c'est qu'il y a pas seulement des médecins il y a des seul il y a des médecins il y a des internes il y a des infirmiers il y a des cadres il y a des administratifs il y a le service technique il y a les gens qui nous donnent à manger tous les midis heureusement qu'ils sont là sinon on vous soigne pas il y a les as il y a les SH il y a tout ça et on a fait on a fait ce clip euh en janvier 2020 et malheureusement après on n pas pu beaucoup faire parler de nous parce qu'il y a eu le covid donc et pour le coup bah il était encore plus d'actualité parce qu'à la fin on dit qu'on est épuisé quand même euh et dans le même dans le même moment à l'hôpital on a appris que euh donc nous on est dans le Jura il y a quatre secteurs dans le Jura et le secteur du Sud Jura c'est un petit peu compliqué il est loin on a plus ou moins de médecins mais quand même on arrivait à tenir mais c'était pas suffisant pour l'hôpital général de lonceelogier dans le sud dans le sud du Jura puis surtout en plus ils étaient endettés puis la RS lui mettait la pression pour pour être un peu plus rentable donc ils ont décidé de faire un projet de psychiatrie avec la clinique du du département d'à côté et de louer deux étages de de de leur hôpital pour faire de la de la psychiatrie privée donc on nous a annoncé ce projet on nous a dit vous êtes pas d'accord vous avez 2 mois pour faire un contreprjet ok bon au final celui qui décidera ce sera le directeur de l'hôpital de Lon ah bon les c'est c'était pipé finalement ce projet a eu lieu heureusement ça ça l' reculé un petit peu avec le covid mais bon au final ils ont eu lieu ils ont ouvert finalement 36 lit et puis quelques anné plus tard enfin moins d'un an plus tard je crois nous on a fermé 25 lits par manque de de de psychiatre mais mais enfin bon est-ce qu'il y a vraiment une relation de cause à effet on nen sait rien mais le fait est que nous on a dans le même secteur des psychiatres en moins et 25 L en moins voilà ce que c'est aujourd'hui la psychiatrie donc nous on par rapport à ces psychiatres en moins ça ça me ça me permet de vous parler un petit peu de ça euh effectivement on ferme des lits parce qu'on a pas de de psychiatre euh j'ai posé la question à des internes euh tout récemment qu'est-ce qui fait que vous venez pas qu'est-ce qui fait que les les internes ils viennent ils viennent plus en psychiatrie moi à mon époque c'était pas les derniers du concours qui choisissait la psychiatrie c'était pas ça du tout euh c'est pas non plus les premiers parce que les premiers c'est les radiologues les ophtalmau ça ce ceux qui gagnent des sous euh bah oui c'est quand même quand même toujours un peu la même caste hein les médecins mais euh bon c'est une petite digression alors les les les internes moi je pensais peut-être que c'était cette dérive administrative où il faut faire des certificats tout ça qui sont très bien hein pour contrôler les lieux de privation de liberté mais qui sont qui sont très pompeuses et qui qui demandent beaucoup de temps finalement au psychiatre non les les internes en psychiatrie il m'ont dit ben c'est par un défaut de formation c'est-à-dire que à l'université Ben les grands professeurs ils parlent beaucoup de clinique on parle beaucoup de somatique mais très peu de psychiatrie puis quand on parle de la psychiatrie c'est pour dire que les psychiatres c'est pas des médecins et il y a pas d'obligation de passer en stage de psychiatrie quand on est externe et euh et et d'ailleurs en tant qu'interne en médecine générale il y a pas non plus d'obligation de pas de de faire des semestres en en psychiatrie pourtant moi mes tuteurs en médecine générale ils m'ont dit 25 % de ta patientelle ils auront un problème psy ah d'accord mais comment je fais pour les prendre en charge bon VO on va donner des binzau puis des antidépresseurs ça va bien se passer euh voilà donc donc ce qui explique ce qui explique déjà ce ce ce défaut d'attractivité euh sur le plan des infirmiers je sais pas trop mais en tout cas ce que je sais c'est que il y a une 15 vingtaine d'années ben euh on a on a arrêté la formation des infirmières de pratique euh spécialisé en en psychiatrie euh donc on a encore quelqu que dinosaure à l'hôpital mais mais sinon la plupart des des des infirmiers qu'on recrute ils ont peut-être fait un stage en psychiatrie mais ils savent quand même pas vraiment où ils mettent les pieds alors ils s'adaptent hein on a quand même des équipes formidables surtout avec le peu de nombre qui sont euh donc on arrive quand même à effectivement avoir du mal à recruter des médecins avoir du mal à recruter des infirmiers et et puis à côté de ça moi de mon point de vue médecin généraliste par ce défaut de formation puis ce défaut de connaissance euh quand moi j'envoie un un patient aux urgenence ou en médecine générale bah c'est compliqué hein c'est c'est difficile il y a quand même alors déjà avant d'arriver parfois il y a un défaut de prise en charge mais je veux pas acheter la pierre à mes collègues urgentistes hein franchement les urgences il y a 15 ans 20 ans quand j'y suis passé puis maintenant il y a vraiment c'est c'est vraiment très compliqué compqu donc ils ont vraiment beaucoup de boulot mais en plus de ça ils connaissent pas la la la pathologie psychiatrique et il y a une discrimination une stigmatisation de nos patients à l'entrée des urgences même même quand nous on les envoie déjà quand nous on les envoie ils se disent queon est trop nul on est des médecins trop nuls d'ailleurs c'est pour ça qu'on travaille en psychiatrie on travaille avec des gens qui connaissent pas la médecine donc donc voilà nos patients il ils ont quand même du mal avec la agitation psychique ils ont du mal ils ont du mal avec les patients qui viennent pas en consultation aussi c'est donc une fois quand ils viennent pas en consultation une fois après ils veulent pas les reprendre euh et puis nous on a du mal aussi alors ça c'est pas par un défaut de formation mais moi j'ai du mal à envoyer mes patient en examen complémentaire parce que certains de mes patients mais ils sont trop agités pour rester dans un IRM dans une IRM ou un scanner il faudrait des anesthésie générale courte pour pouvoir y passer mais on en a qu'un endroit dans toute la région franchecé qui fait ces examens là sous anesthésie générale et puis les dentistes bah c'est compliqué c'est pareil je les envoie au CHU sinon même dans dans les pôles de de consultation pour pour handicap moi on m'a dit qu'est-ce qu'il a comme handicap bah il a une encéphalopathie des troubles autistiques et puis un peu des troubles du comportement mais là il est bien ah des troubles du comportement non madame on prend pas ça voilà donc nos patients ils sont stigmatisés alors les internes ils m'ont dit aussi que que c'était aussi le le le le regard de la société sur sur la psychiatrie c'est-à-dire leur parents il ils leur disent mais tu vas aller en psychiatrie mais tu vas te faire agresser par par tes patients enfin c'est violent c'est tout ça alors c'est vrai que ça fait un peu peur parce qu'en plus on nous dit qu'il y a moins de moyens pour pour écouter les gens puis pour les sécuriser donc du coup ça fait un peu peur à nos internes puis ça fait peur à leur famille puis ça fait peur à la société toute entière et pour moi c'est c'est ça c'est un gros sujet la stigmatisation de la psychiatrie quand même alors c'est sûr hein on en parle à travers tous les crimes de nos de de certains patients schizophrènes mais faut quand même faut quand même savoir que que nos patients ils sont pas plus violents que la population générale et que par contre ils sont de ils sont beaucoup plus victimes de violence envers eux alors parfois que eux eux-mêmes s'infligent ça c'est vrai mais que l'inverse merci merci pour eux surtout et bon benah s Sarkozi nous a fait des beaux discours et puis on a eu une belle dérive judiciaire après de de la psychiatrie alors nous on pourrait penser que ça va sur le bon chemin pour pas enfermer mais mais de la part de Sarkozi c'est vraiment pas pas trop ça euh c'était c'était plutôt justement pour pour pour stigmatiser et puis et puis benah moi je me mets de temps en temps du point de vue de mes mes collègues psychiatres ils ont quand même des des injonctions un petit peu paradoxal alors fois on leur dit bah faut pas enfermer les gens c'est pas bien il y a le juge qui va venir vous donner des coups de bâton et des fois les juges ils lèvent les ils lèv les hospitalisations sous contrainte ils ont quand même pas peur hein mais pour des trucs alors ok ils suivent la loi mais nous nous on n pas assez de médecins pour que ce soit un médecin différent qui signe les certificats puis hop il y a une levée de de d'hospitalisation sous contrainte enfin bon bref c'est c'est c'est assez compliqué tout ça donc d'un côté il y a ça puis d'un autre côté ben il y a Darmanin il y a pas longtemps il a dit c'est un échec de la psychiatrie ce crime euh donc voilà d'un autre côté les psychiatres sont responsables des crimes des des patients qu'ils ont lâché dans la nature vous comprenez faudrait quand même pas les lâcher trop vite pour pour citer un exemple on m'a dit il y a pas très longtemps nous on a accueilli un patient tuberculeux euh je je surveille aussi et on devait l'enfermer malheureusement le temps parce qu'il comprenait pas qu'il allait contaminer tout le monde donc quand j'appelle le pneumologue pour lui dire à quel moment on peut leur lâcher dans la nature il a dit ben moi de mon côté ça va là il a un mois de traitement tout va bien mais est-ce que vous êtes sûr qu'il va pas agresser sa femme je je lu dis bah non mais est-ce que vous vous allez agresser votre femme demain je je sais pas non plus donc voilà un un un autre un autre petit exemple un autre petit exemple aussi par ce défaut de formation cette stigmatisation de nos patients que je trouve assez dramatique et qui nous est arrivé en fait dans dans le service moi je travaille dans un service don j'arrive pas me à me détacher c'est un service avec des des patients donc trouble du comportement des troubles autistiques des vieux psychotiques qui sont dis communiquants à qui bah j'ai appris à chanter des chansons pour pouvoir communiquer avec eux parce que je chante des chansons d'ailleurs vous pouvez aller voir sur youtube euh ouais c'est dommage vraiment et donc on a on a deux patients donc il y en a un qui était en foyer on a réussi à le sortir de notre service de chronique comme on dit ça et mais il est revenu en fait au bout de de mois parce que chez eux il a fait une fausse route deux fausses routes il a fait une pneumopathie d'inhalation il a été réanimé une fois aux urgences ils ont dit on le réanimera plus hein d'accord donc ils ont pris la décision unilatérale que Ctait la dernière fois qu'ils ne feront plus d'acharnement thérapeutique pour ce patient pas d' pas pas d'intubation pas de enfin voilà alors moi je veux bien qu'on discute sauf qu'on était hors de cette discussion là et bah il y a pas longtemps on a reproché aussi à nos équipes d'avoir réanimé un autre patient qui a fait une fausse route sa maman est venue en visite elle lui a donné un kinder buenau il l' valait de travers et il était tout bleu donc l'équipe est venue l'a réanimé quand même courageusement l'a envoyé aux urgences maintenant il va bien il est revenu mais quand même l'urgence les urgences en conclusion ils ont ils ont quand même dit c'est la dernière fois qu'on le réanime quoi donc voilà alors effectivement ce sont des gens qui sont pas rentables pour la société c'est-à-dire que bah il créent pas de de de richesse mais est-ce que pour autant on a le droit de de de d'avoir le droit de vie ou de mort sur eux je je je me pose des questions et ben pour terminer ça fera 15 minutes tout pile euh je vais citer la même phrase qui a à la fin de mon clip sur Youtube la psychiatrie en détresse Magalie maline d vous allez voir donc Lucien Bonafé disait que on juge de l'état de civilisation d'une société à la manière dont elle traite ses fous [Applaudissements]
Anne Stambach-Terrenoir