L'économie de marché, c'est le vice récompensé et la vertu punie
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ravi d'animer ce premier échange ce regard croisé sur un thème d'actualité pour ouvrir ces universités de l'économie de demain avec ce thème qui nourrira nos réflexions vos réflexions nous l'espérons en tout cas comment passer de la guerre économique à la guerre climatique quelles sont évidemment les enjeux cette révolution quels moyens financier humain lui consacrer quel est le rôle des entreprises votre rôle dans cette transformation et celui de l'état des pouvoirs publics quels investissements nécessaires qui doit les réaliser les financer les pouvoirs publics les entreprises à quelle hauteur et notamment pour parvenir à l'acceptation de la société dans l'accomplissement de changeants de changement certes indispensable mais parfois douloureux écouter écoute pour échanger sur ce sujet pour débattre d'un côté nous avons François Ruffin bonjour vous êtes député la France insoumise de la première circonscription de la somme vous avez créé un micro parti qui s'appelle Picardie debout vous êtes fondateur du journal Fakir vous avez réalisé plusieurs documentaires merci patron debout les femmes et pour échanger avec vous ce matin Roland Lescure bonjour ministre délégué chargé de l'Industrie anciennement député des Français de l'étranger d'Amérique du Nord et président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale le cadre nous a été posé il y a quelques instants essayons de voir d'abord dans quel environnement on passe de cette guerre économique à une guerre climatique est-ce qu'il faut adopter en sortir en quelque sorte de cette économie de marché que nous connaissons tous pour adopter une stratégie de repli sur soi alors synonyme certains diront de souveraineté d'autres de protectionnisme on a vu les exemples que nous ont donné récemment d'un côté la Chine et de l'autre les États-Unis avec une stratégie de repei sur soi extrêmement dynamique extrêmement féroce on voit les États-Unis qui mettent sur la table des centaines de milliards de dollars pour conserver leurs entreprises et pour favoriser le développement de l'économie sur leur sur leur sol est-ce qu'il faut adopter en France et en Europe une stratégie similaire qui veut répondre à cette première question tout d'abord merci bonjour à tous et à toutes je voudrais vraiment sincèrement remercier Pascal et Julia qui nous ont invités et aussi ils l'ont dit Jean Eva qui les ont précédés moi j'ai été à ma première université d'été ici en 2019 on travaille sur la loi pacte et j'avais fait un débat ici où je m'étais fait un peu bousculer en disant la loi pacte ça va servir à pas grand chose d'ailleurs je pense que François elle l'a pas voté peut-être pour d'autres raisons il y reviendra 4 ans plus tard je pense qu'on peut quand même dire qu'on a progressé il y a aujourd'hui 1000 entreprises à mission en France on a changé la définition ça a été dit par Pascal de ce qu'une entreprise doit être dans le Code civil elle doit évidemment à la fois bénéficier je dirais à l'intérêt de ces comptes c'est parti prenantes ces actionnaires pour simplifier mais aussi préserver la planète donc on a fait des progrès depuis 5-6 ans il faut qu'on change de braquet il faut qu'on change de braquer en France il faut qu'on change de braquet dans le monde alors qu'on fait face et on y reviendra peut-être un peu plus tard mais je suis pas sûr que j'adhère complètement le vocabulaire d'économie de guerre et surtout aujourd'hui où je pense qu'on doit plutôt rassembler les forces on n'a pas un ennemi commun on a un objectif commun qui est celui effectivement de préserver la planète il y a une vraie guerre la tente aujourd'hui c'est celle qui met en danger la démocratie libérale qui nous gouverne depuis à peu près de siècle et qui je pense est vraiment en danger on y reviendra tout à l'heure mais aujourd'hui je pense que même si on sera sans doute très peu d'accord sur les solutions avec François on est tous d'accord sur le constat il faut changer de braquet il faut accélérer et notamment dans les échanges internationaux moi je suis évidemment extrêmement méfiant des termes et surtout des règles protectionnistes parce que comme j'aime à dire une porte quand on la ferme ça se ferme dans les deux sens donc si on s'interdit d'importer des produits qui viennent de l'étranger parce qu'ils sont produits dans des conditions environnementales dégradées parce que c'est ça souvent qu'on met en avant ben évidemment les pays en question il ira vous êtes gentil mais vous gardez votre TGV vous avions et vos spiritueux et autres produits alimentaires qu'on explore donc la solution par nature est plus compliquée que ça il faut pouvoir mettre en place des rapports de force dans les traités de vie méchante il faut pouvoir mettre en place des outils originaux comme la taxation des émissions carbone aux frontières ça je suis convaincu qu'on ne peut le faire qu'au niveau européen et je peux vous dire que du coup ça complique l'histoire parce qu'il faut être 27 autour de la table pour se mettre d'accord pour des instruments de ce type mais aujourd'hui l'Europe c'est la zone dans le monde qui émet au moins par habitant la France évidemment est un des pays qui émet le moins au sein de cette zone il faut garder notre capacité à le faire en européen donc ça ça veut dire quoi ça veut dire c'est extrêmement frustrant parce qu'on met souvent beaucoup de temps à avancé mais que je pense que c'est aussi plus puissant quand l'Europe décide de sortir du moteur thermique horizon 2035 ça crée un effet d'entraînement très important sur toute l'industrie automobile qui se dit là j'ai plus le choix il faut que j'organise la transition donc le protectionnisme je m'en méfie l'adaptation des règles du commerce international au changement climatique j'en suis convaincu mais dernier point très important fin du monde fin du mois il faut que ça ne se fasse pas au détriment des populations qui vont être les premières concernées y compris dans l'emploi l'industrie automobile c'est des milliers d'emplois aujourd'hui il faut qu'on s'assure que ceux qui construisaient des moteurs thermiques puissent faire autre chose ici 2035 comme Julia fort de loom était sur la scène tout à l'heure je repartirai d'une tribune qu'elle avait publié avec 150 autres responsable de l'industrie textile et qui disait nous marques textile demandons à être mieux régulé et ensuite il disait contre le changement climatique nos efforts sont sans effet si toutes les autres marques qui vendent des vêtements en France ne s'impliquent pas la même hauteur pire encore nos engagements nous désavantages aujourd'hui plus une entreprise pollue moins sa production lui coûte cher et plus elle est compétitive c'est indéniable il y a aujourd'hui un avantage économique à produire de manière irresponsable une primovis que nous dénonçons il est évident que l'économie de marché aujourd'hui c'est le vice récompensé et la vertu punie ça n'est pas un effet de hasard ces règles du jeu c'est un fonctionnement qui a été voulu qui était décidé je cite souvent un économiste ultralibéral américain qui s'appelle Gary Baker qui a reçu le prix de la Banque de Suède d'économie et qui en 1993 disait le droit du travail et la protection de l'environnement sont devenus excessifs dans la plupart des pays développés le libre-échange va réprimer certains en obligeant chacun à rester compétitif face aux importations des pays en voie de développement c'est à dire qu'il y avait une grande conscience chez les dirigeants économiques de l'époque on est dans un moment clé là puisque 92 traité de Maastricht 80 14 c'est le reground et là on sait l'accord de libre-échange nord-américains entre le Canada le Mexique et les États-Unis il y a une grande conscience des avantages qui vont pouvoir en tirer c'est pas l'harmonie entre les peuples la paix pour tous et ainsi de suite c'est faire baisser à la fois le droit du travail le droit de l'environnement je pense qu'il pourrait ajouter le droit fiscal et j'en fais en fait le libre-échange vient même miner la démocratie puisque on est dans un chantage permanent avec si vous relevez vos normes sociales fiscales environnementales on va partir donc il y a il y a se protéger de ça il y a pas protégé par de l’autarcie mais il y a son protégés par des règles qu'on fixes sur un certain nombre de produits qu'on identifie comme étant stratégique je vais donner un exemple le symbole de la crise covid pour moi ça a été le masque et le gouvernement à l'époque Emmanuel Macron a décidé de mettre des dizaines de millions voir des centaines de millions pour créer des industries du masque en France et je pense que c'était bien il avait ciblé quelque chose il voulait quelque chose là-dessus donc il y a eu 16 usines qui ont surgi je reçois un papier de du président des entreprises de masques français qui me dit voilà on est en train de mettre les unes après les autres la clé sous la porte si vous venez vous venez visiter je vais à Frontignan au là où se trouvait sa boîte et je rentre dans l'usine et le contremaître me dit bon allez on va faire tourner la boîte une demi-heure pour vous mais normalement nos chaînes elles tournent pas et pourtant tous les tout venez de France ça venait de tonné on les Bains ça le fil de fer tout venait de France pourquoi parce que toute la commande publique faisait du masque chinois et 99% du le marché c'était du masque chinois donc si jamais on veut retrouver la souveraineté sur un certain nombre de produits je dis pas sur les 10000 lignes tarifaires de l'OMC mais si on veut identifier un certain nombre de filières qui nous paraissent clés il y a la nécessité de protéger si on veut réguler sur le plan environnemental il y a la nécessité de tempérer ce libre-échange maintenant au-delà de ça en fait je veux pas qu'on soit dans la polémique ce matin mais sur ce qui nous ferait c'est pas vraiment je pense que ce qui nous sépare vraiment c'est la place de la concurrence et c'est la place du marché pour moi on a installé une concurrence pas seulement entre les pays pas seulement les entreprises mais tout est vu à travers la lorgnette de la concurrence les territoires il va être en concurrence l'électricité elle doit rentrer dans la concurrence les universités sont en concurrence le rail on avait voté un texte sur le rail dans le premier mandat enfin j'avais voté contre mais un nouveau pacte ferroviaire l'oreille qui doit être l'instrument clé de la transition sur les déplacements dans notre pays il y avait 87 fois le mot concurrence il y avait zéro fois mon réchauffement zéro fois le mot climat zéro fois le niveau de biodiversité et donc je pense que c'est comment on fait pour sortir de cette concurrence de tout ce qu'on trouve tous vous dites il faut une économie de paix c'est une économie de paix sociale aussi or tout le monde les individus vivent comme étant dans un état de guerre en tout cas dans un état d'inquiétude dans un état d'être miné par quelque chose il faut comment on fait pour apaiser la société et je pense que diminuer la concurrence un économiste disait un peu de concurrence est un stimulant beaucoup de concurrence trop de concurrence c'est un poison aujourd'hui je pense que la concurrence est devenue un poison dans la société et c'est ça qu'il s'agit d'une minute alors je lance deux piles parce qu'il s'agit pas que je sois seulement dans le constat pour moi c'est là-dessus que je veux que on aille plus loin il y a un rôle de l'État et il y a un rôle de la coopération [Applaudissements] juste avant de vous donner la parole je voulais juste préciser que on consacrera la fin de ce débat aux questions donc vous pouvez poser des questions je crois qu'il y a un QR code voilà qui doit vous permettre de poser des questions et on les rassemblera à la fin parce que c'est toujours intéressant de voir aussi quels sont les questions de ceux qui qui vous écoutent qui nous écoutent trop long Lescure vous vouliez répondre à François sur trop de concurrence pas assez souveraineté l'exemple des masques effectivement qui est quand même assez parlées d'abord ça a été dire l'introduction aujourd'hui on a le choix entre l'anxiété qu'on partage tous et je suis aussi angoissé anxieux que François Ruffin que la plupart d'entre vous face à la situation dans laquelle on est et l'espoir l'espoir et le volontariste qui va nous permettre d'aller vers l'avant moi j'ai changé de vie il y a 6 ans et je suis devenu député puis maintenant ministre exactement pour ça je me suis tu ne peux pas rester sur le côté regarder le monde aller dans le mur et ne pas t'impliquer et je pense que François a sans doute fait le même mot pour laquelle j'ai peur de le dire comme ça mais c'est Churchill qui disait la démocratie c'est le pire de tous les systèmes à l'exception de tous les autres mais oui l'économie de marché c'est sans doute le pire des systèmes à l'exception de tous les autres parce que à ce stade on fait de la planification écologique j'espère qu'on y reviendra on a un modèle social extrêmement puissant il a ses défauts mais c'est sans doute un des meilleurs au monde et tout ça c'est financé par quoi parlez entreprises par la création de richesse et par notre capacité collective à créer de l'emploi partout donc oui on est face à un oxymore on disait tout à l'heure il faut à la fois faire vivre la concurrence pas de manière libre et sauvage c'est pas le cas en France mais en assurant effectivement que cette concurrence elle sert pas juste à enrichir quelques riches qui se baladent en jet privé mais effectivement à financer un modèle auquel on croit François a parlé des masques moi je veux lui répondre poche à perfusion parce que c'est un sujet qu'on connaît bien une entreprise carlide à Tourcoing il y en avait deux en France qui risque de mettre la clé sous la porte qu'ils aient des poches à perfusion au paracétamol extrêmement utile pendant la crise qui effectivement devait face faire face à des investissements importants pour continuer à produire de manière compétitive des poches à perfusion pas contre la Thaïlande au Vietnam ou la Chine contre une entreprise allemande une entreprise espagnole dont une d'entre elles d'ailleurs produire en France l'actionnaire dit j'en peux plus je vends j'arrête l'activité François Ruffin m'engueule c'est son rôle en disant il faut nationaliser il faut assurer des achats publics exclusifs vis-à-vis de carlaite tu l'as dit mais peu importe et il faut mettre en place des mesures protectionnistes pour qu'on achète des poches à perfusion française le ministre industrie dit quoi il dit oui effectivement on a besoin de sauver cette boîte pourquoi parce qu'il travaille avec les hôpitaux publics qui disent si cette boîte ferme on va se retrouver avec deux producteurs et la concurrence sera réduite et on va devoir payer nos poches à perfusion à terme plus cher on a besoin d'un troisième acteur et vous savez quoi on est prêt à payer un peu plus cher pendant quelques années pour soutenir ça on a cherché un repreneur on y a mis des semaines on a passé des dizaines des dizaines d'appels on a essayé de convaincre des gens de venir voir le site on a rencontré comme toi les ouvriers les employés extrêmement attachés à leur entreprise qui disait nous on veut continuer à travailler à Tourcoing et faire des poches à perfusion on en a trouvé un entrepreneur pharmaceutique français de Lyon qui a été qui met 45 millions d'euros on va l'aider l'étaval d'aider on va redévelopper cette boîte l'entrepreneur en question Sébastien gaettan je peux vous dire je sais pas si c'est ce que tu penses mais en tout cas Jean-Luc Mélenchon dans sa campagne il disait au dessus du million je prends tout c'est pas un héros de Jean-Luc Mélenchon c'est un entrepreneur qui investit dans la pharmacie depuis des années qui gagne sans doute très bien sa vie qui fait face à une concurrence accrue et qui aujourd'hui est prêt à s'investir dans une entreprise il l'a fait on a sauvé la boîte donc c'est vrai qu'entre excuse-moi sur le fait qu'il vaut mieux acheter français qu'acheter un truc qui vient du bout du monde mais tout ça dans des règles qui doivent être les mêmes pour tous et qui peuvent pas être franco-françaises la règle des achats publiques que ça vous plaise ou pas elle est européenne parce qu'aujourd'hui effectivement quand on achète des poches à perfusion allemande il y a pas de raison qu'on dise les Allemands vous êtes bien gentil vous les garder nous on va acheter exclusivement français parce que si ça se passe évidemment les Allemands vont nous dire vous êtes bien gentil mais vos poches à perfusion française vous les gardez ce que je veux dire par là c'est que c'est plus compliqué effectivement d'agir comme ça que simplement de dire on ferme nos frontières on va acheter français en nationalise et tout ira bien mais oui on est prêt à le faire et on est prêt à le faire y compris en changeant les règles dans la loi industrielle qu'on a voté cet été que la France insoumise n'a pas voté on a systématisé des critères environnementaux en autorisant les acheteurs à ne pas considérer le prix comme le critères prépondérant donc Pascal oui en avance là-dessus oui on a insisté sur le fait que les acheteurs publics doivent pouvoir intégrer des enjeux de recyclabilité dans leurs achats donc oui on progresse là-dessus sans doute pas assez vite pour certains d'entre vous peut-être même la majorité et sans doute pas assez vite pour François mais on le fait et moi franchement je regrette que vous l'ayez pas voté cette voix pas que je comprends il y avait plein de choses qui vous déplaisaient mais franchement celle là j'ai pas compris alors on commence à aborder [Applaudissements] le thème de la fiscalité est-ce qu'il faut conditionnaliser les aides on a vu le débat qui revient dans l'atmosphère on a vu aux autres universités d'été celle du Medef le nouveau patron du Medef sémouvoir parce que les quatre milliards de baisse d'impôts de production n'allaient pas aller assez vite à son goût est-ce que comme le demande une partie de l'assistance ici François Ruffin il faut mettre en place une conditionnalité des aides selon certains critères ce sera un scoop et ça fera une dépêche mais évidemment évidemment mais je veux dire là on est dans une tradition moi dans le précédent avec le président avec François Hollande qui avait déjà une manuel Macron parce qu'il faut regarder ça dans une grande continue quand on fait le crédit un peu compétitivité emploi donc il faut s'imaginer que c'est 20 milliards d'euros par an 20 milliards d'euros par an c'est un million d'emplois qu'on pourrait créer dans le public pour répondre ou le parap public ou pour les associations pour répondre à un certain nombre de besoins sociaux environnementaux aussi 20 milliards d'euros c'est ce qui quelque chose qui permet d'être un levier de transformation quand on fait ça et que c'est fait sans condition et que les principaux bénéfices tiers c'est au champ casino et Carrefour c'est pas seulement sans condition c'est sensiblage on cible pas on se dit pas bah finalement là où il y a besoin c'est l'industrie parce qu'elle est en concurrence et internationale où là ce qui a besoin c'est les petites entreprises ou là ce qui a besoin c'est sur tel ou tel secteur on fait un arrosage à la place de faire un ciblage mais évidemment je considère que c'est un gigantesque gaspillage et là on en est encore enfin pour moi dans la même logique de marché mais c'est vrai quand même des aides publiques aux entreprises il faut quand même mettre en place des aides publiques aux entreprises on va pas passer de 150 milliards d'euros d'aide aux entreprises à 0 euros ça c'est évident que on va pas passer là-dessus du jour au lendemain faut se demander comment on fait pour sortir de cette de cette overdose de d'être public parce qu'il y a une espèce d'effet d'entraînement permanent mais on va pas passer à zéro en revanche il s'agit de se demander comment on conditionne comment on fait que Total peut-être va être moins subventionné et que quelqu'un qui veut vraiment faire de la transition écologique le sera davantage enfin je veux dire il y a un certain nombre de choses qu'on annonce qui sont pour moi de l'ordre de l'évidence c'est évident pour tout le monde qu'on doit pas donner de la même manière selon si derrière c'est très mauvais pour l'environnement voire mauvais pour la société ou si ça paraît comme étant meilleur quoi sur la conditionnalité des aides publiques qui n'est pas posée que par François Ruffin mais qui est également posé par les entrepreneurs qui sont devant nous qui se disent qu'ils disent d'ailleurs que la rigueur budgétaire c'est important il faut faire attention aux deniers publics il faut continuer à investir dans l'hôpital dans les écoles etc mais quand même temps il faut pas continuer à arroser de façon indéterminée je suis d'accord avec vous et je suis d'accord avec François Ruffin dire que là encore on a tendance un peu à peut-être parfois simplifier le débat et du coup elle caricature est dans un sens et dans l'autre d'ailleurs parce que quand j'entends Patrick Martin qui dit halte à l'incertitude fiscale on a besoin de visibilité je pense que là on sera tous d'accord pour dire que les entreprises les impôts on les a beaucoup baissé depuis 6 ans on a même dit qu'on avait continué à le faire donc on n'est pas face à une hausse massive des impôts donc je rassure Patrick Martin il peut dormir tranquille et arrêter de râler non mais aujourd'hui je l'ai dit tout à l'heure on est à la fois à l'état qui taxe le plus et l'État qui aide le plus pas seulement évidemment les entreprises mais aussi les entreprises et ça c'est un choix collectif qu'on a fait ensemble de dire oui on souhaite pouvoir redistribuer des recettes fiscales et sociales extrêmement importantes pour financer des priorités et quand on aime des entreprises il y a deux types d'aides il y a des aides que François qualifierait d'arrosage c'est vrai c'est à dire que les allègements de charge le cice ont la supprimer mon la remplacer par des allègements de charge c'est pour tout le monde parce qu'on considère que pour des raisons de compétitivité il faut pouvoir alléger le coût du travail en tout cas sur un certain nombre de de salaires les salaires les plus réduits parce qu'on considère que c'est une manière à la fois d'avoir une rémunération correcte et de la compétitivité pour les entreprises mais il y a des tonnes d'aides aujourd'hui peut-être pas assez mais qui sont conditionnés France relance 100 milliards qui ont été dépensés par la puissance publique pour relancer l'économie à sortir du covid il y en avait 30 milliards qui étaient consacrés à la transition écologique France 2030 54 milliards dans les années qui viennent qui permettent d'accompagner les entreprises dans la révolution technologique et dans la révolution économique elles sont toutes conditionnées nous on est en train d'aider les 56 les plus pollueurs de France à ce décarboner c'est 56 à Syrie à lumineries chimie etc ils représentent 60% des émissions de gaz à effet de serre de l'industrie c'est énorme 50 usines 60%. évidemment si on ne les aide pas ils iront faire de l'acier d'aluminium manière vous l'avez dit les États-Unis aujourd'hui font des chèques tous les jours mais évidemment que ces actions conditionnées et qu'évidemment si harceleur ne met pas en place le plan des carbonations qu'on est en train de négocier avec eux on retira et on reprendra ses aides donc il faut pas caricaturer le système français aujourd'hui c'est peut-être insuffisant certains d'entre vous parce qu'elle est sans doute François notamment considère qu'il faut aller plus loin mais il y a déjà beaucoup d'aide en France qui sont conditionnés le fond vert qui permet d'accompagner les collectivités locales pour améliorer l'isolation des écoles des mairies etc il est totalement conditionné le crédit un port cherche il y en a qui pensent qu'il n'est pas assez mais il l'est quand même si vous faites pas d'innovation de recherche vous n'en avez pas donc oui il y a une partie aujourd'hui qui permet d'assurer je dirais une compétitivité de base de l'économie française et en passant ça marche pas trop mal parce que pierre Gattaz a vous soumettre son badge là un million d'emplois bah il faut reconnaître que j'étais pas en politique depuis donc je rends à François Hollande ce qui appartient à François Hollande mais le millionnaire le million d'emplois il a été créé on a créé plus d'emplois en France ces 6 dernières années c'est sept huit dernières années même qu'on en avait créé depuis des décennies donc c'est comment on crée de l'emploi en assurant la transition écologique moi je veux réconcilier la fin du monde à la fin du mois et je pense qu'on peut le faire notamment dans l'industrie mais pour ça effectivement il faut conditionner une partie des aides mais gardez l'oeil sur la compétitivité merci beaucoup est-ce que également la le passage de cette guerre économique à la guerre climatique en tout cas c'est le thème sur lequel on débat aujourd'hui ça passe par plus de sobriété France à Ruffin et comment est-ce qu'on définit la sobriété qu'est-ce que ça veut dire alors il y a le mot de décroissance qu'on a un peu tous en tête est-ce qu'il faut produire moins et dans ce cas là quelle activité pour les entreprises qui sont en face de nous ça dépend évidemment quoi moi j'ai dit moins de bien plus de liens mais par exemple si on prend un symbole de l'époque qui est le téléphone portable un Français concept sur le téléphone portable en moyenne deux années on sait que derrière le téléphone portable ce sont des métaux rares il y a auparavant il y a 29 mètres maintenant il y en a 53 donc c'est pas comme si parce qu'il devenait plus petit on avait moins de mémoires à l'intérieur on a de plus en plus c'est 70 kg de terre malaxées par téléphone portable et de l'autre côté ça crée je le pose quand même un déficit commercial énorme parce que 98% de nos téléphones portables ils viennent de Chine et ainsi de suite même pas 98% en fait c'est c'est encore au-delà de ça pour moi il est évident on est encore de l'ordre de l'évidence d'un espèce de savate soie que là il s'agit de diminuer notre consommation de téléphone portable comment on fait comment on fait pour diminuer ça je pense que la première chose qu'on doit faire c'est on doit interdire ou nettement diminuer la publicité pour le téléphone portable qui fait qu'il y a une forme d'obsolescence psychologique qui s'installe qui fait que ben on se dit bah voilà il faut que je sois à la mode que je prenne le nouveau modèle et ainsi de suite ensuite il faut peut-être une régulation sur comment on demande aux gens Pascal du Murger disait que on est dans un moment particulier je pense qu'on est dans un moment particulier aussi parce que alors gramshi appelle ça le détachement de l'idéologie dominante il pensait que lui assez de l'époque était dans un moment où les masses se détachaient des idéologies traditionnelles et je pense que c'est la même chose qu'on vit aujourd'hui c'est à dire que concurrence croissance mondialisation qui sont en gros les trois mots clés qui servent au discours politique depuis 40 ans ces mots-là ne font plus envie ces mots-là presque qui sont rejetés il suscitent de l'inquiétude en tout cas pour la concurrence et on regarde c'est très concret pour les gens si aujourd'hui le marché du médicament qui marche pas quand on laisse faire le marché et ben en 5 ans en un mandat d'Emmanuel Macron on a 7 fois plus de rupture de médicaments dans les pharmacies c'est le marché de l'électricité qui marche pas avec ça fait du yoyo et alors que on produit quand même pas mal d'électricité comment ça se fait là on comprend plus c'est le marché des prix agricoles qui bondissent dans tous les sens aussi alors je vais vous parler du marché de la betterave dont je suis un spécialiste c'est les loyers qui auront augmenté depuis un paquet d'années trois fois plus vite que l'inflation s'il y a pas une régulation de ce marché là ça va pas c'est le marché du travail qui aujourd'hui n'amène pas à avoir des enseignants on amène pas avoir des autocarismes n'amènent pas à voir un certain nombre de professions dont on a besoin tous les jours donc c'est au fond si on laisse faire le marché aujourd'hui déjà pour assurer la continuité du système il ne marche pas demain on a une transformation à faire de l'agriculture une transformation à faire de déplacement une transformation à faire de nos logements on a une transformation complète de la société à faire est-ce qu'on fait confiance à un marché qui ne marche pas aujourd'hui pour opérer ce grand saut moi je n'y crois pas c'est pas seulement que je n'y crois pas c'est que je vois tous les jours que ça va pas se faire ça va pas se faire à pas de fourmis ça va se faire en marche arrière ça ne se fera pas ça ne se fera pas dans les délais nécessaires et face à ça je moi pour moi il y a deux pieds il y a un premier biais c'est l'état l'État qui joue son rôle de stratège l'État qui fait pas tout c'est pour ça je tiquais sur nationalisation avoir mais je suis très sceptique sur d'avoir dire nationalisation parce que pour moi l'État ne fait pas mais en revanche l'État est un chef d'orchestre qui dit quels sont les secteurs clés vers lequel on doit investir que dans lequel on anime les entreprises et les associations et les syndicats et les individus avec une masse à faire je dirais canaliser la main d'oeuvre canaliser les capitaux vers les secteurs qui paraissent les plus clefs et la deuxième chose pour moi c'est la coopération autrement appelé l'entraide c'est à dire que on a mis en place un imaginaire presque de la nature qui correspond à l'imaginaire économique qu'on veut nous véhiculer c'est celle de la guerre de tout ce contre tous et celle de la concurrence absolue et évidemment le penseur de ça c'est Darwin on nous dit au fond voilà il va y avoir une sélection naturelle et on est dans une forme de darwinisme il faut revisiter ça Darwin il y a un Darwin première période je le dis comme ça je file j'ouvre une parenthèse qui le fait aux îles Galapagos c'est à dire qu'il le fait dans un régime d'abondance il fait chaud et il assiste à ce processus de sélection et en effet cette concurrence forte entre les espèces et il y a un Darwin deuxième période vieillissant qui montre en fait toute la force de la coopération que la nature est pleine de coopération et pleine de d'entraide à l'intérieur de l'espèce et entre les espèces ça va être repris par trop peu de Clean comme voilà et qui qui vont montrer qu'en fait le principe de coopération le principe d'entraide et encore plus nécessaire à la vie que ne l'est le principe de concurrence et je pense qu'aujourd'hui on doit à la fois penser un rôle canalisateur de l'État et il faut passer de la concurrence de tous entre tous un peu de concurrence très bien c'est un stimulant trop de concurrence est un poison il y a des secteurs qu'il faut sortir du marché il y a les secteurs qu'il faut sortir de la concurrence et je pense que voilà il y a un changement d'inimaginaire à avoir de ce côté-là et évidemment les entreprises les associations vous êtes vous avez un rôle à jouer pour insuffler ce nouvel imaginaire vous les répondants deux secondes rapidement depuis qu'on va passer aux questions depuis l'entrée de la Chine dans l'OMC on a sorti un milliard de gens de la pauvreté dans le monde et ça je pense que c'est plutôt une vertu du modèle que tu décris et avec lequel je suis aussi convaincu qu'on a qu'on a atteint les limites mais ça ça s'est fait au prix d'une planète qui va dans le mur et d'inégalité de revenus qui sont clairement insoutenables donc la question c'est comment on garde le bébé le milliard de gens qui sortent de la pauvreté ayant encore des centaines de millions d'hommes et de femmes dans le monde qui frappent à la porte de la prospérité qui veulent un téléphone portable et qu'on passe spécialement envie que François Ruffin leur disent tu vas le changer tous les trois ans plutôt que tous les deux ou tous les uns tout en préservant la planète et en assurant la soutenabilité du modèle et là je suis d'accord avec François Ruffin l'État a un rôle important à jouer nous on a mis en place le président de la République a mis en place un petit fautif de planification écologique on est les premiers à le faire au monde on est à la fin du processus qui a commencé il y a 8 mois qui fait que chaque ministre qui en gros émet doit proposer un plan décarbonation détaillé pour les transports pour l'industrie pour l'énergie pour le logement pour l'agriculture moi je l'ai fait et les 56 dont je parlais tout à l'heure tous les autres évidemment qui du produisent 40% des émissions avec des plantes de carbonation extrêmement détaillées avec surtout c'est important combien je vais avoir besoin d'électricité décarbonée pour des carboner l'industrie et tout ça ça va être publié je pense présenté par le président ou la Premier ministre dans les semaines qui viennent ça permet de montrer que la France sait où elle va et qu'elle souhaite effectivement accélérer la décarbonation pour être en phase avec des objectifs qu'on s'est donné au niveau européen tout en préservant l'emploi et oui la prospérité l'industrie aujourd'hui je pense que c'est à la fois une arme anti-Front national on y reviendra peut-être mais aussi la bonne manière de décarboner tout en créant de l'emploi parce qu'on rapatrie en France des productions qu'on avait pas on va pas rapatrié des téléphones portables mais des bagnoles des batteries électriques oui et qu'est-ce qu'on fait dans ces batteries électriques tu parlais des matora des matériaux précieux on augmente le pourcentage de matériaux recyclés de manière à ce qu'on puisse effectivement quand les batteries arriveront en bout de course recycler ces matériaux plutôt que d'aller chercher au bout du monde donc de manière très concrète on est en train de le faire peut-être pas assez peut-être pas assez vite je peux vous dire que pour avoir un accord à 27 pour avoir un règlement européen qui dit il y aura au moins 30 puis 50% de matériaux recyclés dans les batteries européennes c'est beaucoup de boulot donc je vous je voudrais juste anxiété espoir vous dire que il y a de l'espoir et qu'aujourd'hui le gouvernement il est volontariste là-dessus et pas seulement le ministre de l'écologie mais l'ensemble des ministres parce que on est convaincu qu'il faut y aller et ceux qui sont convaincus aussi évidemment c'est les chefs d'entreprise qui sont en 7 salles mais c'est les autres parce que même le patron de Total d'elvmh d'arsenor ils sont convaincus ils ont conscience qu'il faut y aller donc vraiment moi je pense que il y a eu un chiffre tu l'as dit il y a eu un changement et qu'aujourd'hui tout le monde est prêt à y aller donc le rôle de l'État c'est d'accompagner tout ça de donner une direction de financer c'est pas de dire aux gens ce qu'il doit faire c'est plutôt de les accompagner dans ce qu'ils vont faire est-ce qu'on a le temps de regarder quelques questions enfin quelques questions peut-être une question pour chacun est-ce que c'est possible de les avoir non bon alors on voit pas les questions peut-être que vous pouvez conclure chacun quelques ça y est alors voilà alors moi je les vois pas donc je vais me lever alors selon vous on va poser cette question là parce qu'on n'a pas parlé du partage de la valeur et si vous pouvez répondre chacun rapidement selon vous que peut-on faire pour faire évoluer le partage de la valeur actionnariale et en faire un levier au service de la transition plutôt qu'un moyen d'enrichissement circonscrit à quelques-uns et si on peut parler plus largement du partage de la valeur au sein de l'entreprise est-ce que vous y répondre chacun désolé mais très rapidement oui il faut on a là encore je vais pas vous faire l'article on avait commencé dans la loi pacte en réduisant le forfait social pour l'intéressement la participation on a aujourd'hui plus d'accord d'intéressement qu'on en a jamais eu de la participation se développe et il faut continuer moi j'entends les revendications sur les salaires c'est vrai que quand même la base de la rémunération c'est le salaire c'est le pouvoir d'achat au quotidien mais aujourd'hui on a une palette d'outils il faut que les entreprises sont saisis davantage il faut notamment qu'on aide les petites parce qu'en fait les grandes entreprises il y a déjà beaucoup de partage de la valeur et quand on regarde le partage de la valeur ajoutée entre profit et salaire dans les grandes entreprises au fond il est stable depuis des années il est plutôt plutôt favorable au salarié par rapport à beaucoup d'autres pays le vrai sujet c'est les petites les moyens des entreprises sur lequel on a besoin d'accélérer les mécanismes de partage de la valeur donc oui évidemment il faut le faire et il faut le faire notamment parce que derrière ces mécanismes d'intéressement et de participation ils permettent de créer de l'épargne française qui est en retour peut investir dans les entreprises françaises entre investir dans les entreprises vertueuses parce que souvent ce qu'on appelle les SCPE les fonds d'épargne salariale ce sont des fonds qui sont prêts à investir de manière durable sociale donc il y a un vrai cercle vertueux derrière ça donc oui Alex un salarié ou est intéressant la partie passion et oui un investissement responsable comment faire évoluer oluer le taux de la valeur au sein de l'entreprise il faut penser de partager la valeur pas seulement à l'intérieur de l'entreprise je pense moi à ce qui se passe en fait il y a des donneurs d'ordre qui captent la valeur ajoutée et qui laisse des miettes au sous-traitant au sous sous-traitant au sous-sous-trétant au sous-sous-sous-trétant et c'est comment on fait pour que la femme de ménage qui est en temps partiel contraint du sous-sous-trétant elle touche quelque chose bon ben là je pense qu'il y a encore un rôle de régulation de l'État y compris sur les temps de travail mais je veux pas qu'on y pense que donc pour moi il y a des réformes à mener dans l'entreprise en gros il y a une quelque chose qu'on doit porter c'est comment on fait entrer la démocratie dans l'entreprise que dans l'intérieure de vos entreprises c'est déjà largement fait mais comment on fait ça on fait ça dans l'entreprise normale au sommet c'est à dire dans des conseils d'administration où il y a des salariés mais où il y a pour moi aussi des associations environnementales des associations de consommateurs des élus locaux qui permettent de représenter la diversité des intérêts et pas seulement l'intérêt de l'actionnaire à la à de l'entreprise mais comment on fait aussi entrer de la démocratie dans l'entreprise à la base avec des groupes de parole avec des moments de discussion avec tout ça aujourd'hui le mal-être travaille mieux ça doit être notre objectif central pour les classes populaires de ce pays et pas seulement le subir et le biais pour moi et de faire entrer de la discussion de la parole de l'échange qui fait que les gens soient pas seulement un outil au service d'autre chose mais qui se réapproprie davantage en travail souvent les gens disent on aime notre travail on n'aime pas la manière dont on nous fait faire notre travail [Applaudissements]
François Ruffin