Qui est Christophe Barthès, maire RN de Carcassonne ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Mercredi matin, commémoration à Carcassonne. Images symboliques, une semaine après les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella.
- 0:51OuverteRéponse partielle
En cause, le comportement de Christophe Barthès et ses vidéos postées sur les réseaux sociaux.
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C'est un surnom qui vous va ?
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En quelques mois, Christophe Barthès a fait installer une statue de Jeanne d'Arc, pris un arrêté anti-mendicité et coupé les subventions d'un festival culturel.
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Le comportement du maire Christophe Barthès est-il révélateur de ce que serait la France dirigée par un gouvernement RN ?
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Est-ce que vous y voyez un lien avec l'affaire Bardella ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La propriété privée, c'est sacré. À Carcassonne, les squatteurs, c'est terminé. »
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« Un style fracassant, loin de la stratégie de la cravate revendiquée par le RN. »
- 2:13PrésentateurChiffre
« L'édile a été élu avec 40% des voix. »
- 2:34PrésentateurFait
« En quelques mois, Christophe Barthès a fait installer une statue de Jeanne d'Arc, pris un arrêté anti-mendicité et coupé les subventions d'un festival culturel. »
- 3:10InvitéFait
« À partir du moment où il a pris le pouvoir, le jour même où il était élu maire, il a arraché les drapeaux européens et tout le reste qui s'en est suivi. »
- 4:09PrésentateurFait
« Des reporters de la presse locale se voient régulièrement interdire l'accès à des événements de la ville. »
- 4:42InvitéFait
« Il a décidé de débaptiser la salle de cinéma municipale, qui portait le nom de René Vautier. »
- 9:55InvitéFait
« Le maire de Carcassonne, considérant qu'il n'était pas bien traité par l'Indépendant et la Dépêche du Midi, coupe les subventions et le fait savoir. »
- 10:09InvitéChiffre
« Il y a des révélations sur des propos racistes, tout de suite on sanctionne ? »
Temps de parole
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Les élus RN de l'Aude, réunis en hommage aux victimes du 7 octobre. Mercredi matin, commémoration à Carcassonne. Images symboliques, une semaine après les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella. Discours solennel du maire de la ville.
Dès ce 7 octobre funeste, je m'étais promis
que
si j'étais un jour maire, je ferais installer une stèle ou un monument à mémoire de toutes ces victimes massacrées ce jour-là.
En
pleine polémique, un parti toujours soudé autour de Jordan Bardella.
Vous
savez, moi ça fait deux ans que je fais la commémoration à Perpignan et il n
'y
avait aucune révélation particulière. Il
n'y a
pas de preuves, il
y
a un constat d'huissier mais on attend de voir les preuves justement.
Mais
à Carcassonne,
ce sont d'autres polémiques qui défraient la chronique depuis plusieurs mois.
En cause, le comportement de Christophe Barthès et ses vidéos postées sur les réseaux sociaux. Un coup en murant la fenêtre d'un squat.
La propriété privée, c'est sacré. À Carcassonne, les squatteurs, c'est terminé.
Ou
en arrosant des manifestants syndicalistes.
Allez, un peu de fraîcheur.
Un
style fracassant, loin de la stratégie de la cravate revendiquée par le RN. Christophe Barthès assume, lui, que certains surnomment déjà le Trump occitan. C'est un surnom qui vous va ?
Oui,
tout me va. Vous savez, je suis quelqu'un qui est assez moqueur. Donc je ne peux pas accepter de me moquer des gens et ne pas accepter quand on se moque de moi. Donc ça me fait rigoler. J'assume complètement de se faire en parler. Je suis comme ça. Si vous m'avez connu quand j'avais l'âge de 15 ans, j'étais le même gars que je suis aujourd'hui.
Mais ces dernières semaines, une vidéo diffusée par un quotidien local a braqué un peu plus les projecteurs sur Carcassonne. On y entend un policier municipal tenir des propos racistes en 2025.
Une vieille, elle a percuté un bougnoule apparemment. Ah, génial.
Ils
roulent vite ces bougnes, hein. Hier, ils étaient sur un chameau. Aujourd'hui, une voiture.
Élu en mars dernier, le maire aurait reçu des signalements sur ce policier, sans suspendre immédiatement le fonctionnaire en question.
Pas
de quoi choquer ses habitants. L'édile a été élu avec 40% des voix.
Ce
que disent les policiers, il y a beaucoup de gens de chez nous ou de la France qui pensent pareil qu'eux. On a entendu qu'on s'assurne sur le RN, évidemment. Ils ont une peur comme ça. Ils sont catastrophés. C'est tout. Ils ont fait que des conneries. Vous avez vu la France ?
En
quelques mois, Christophe Barthès a fait installer une statue de Jeanne d'Arc, pris un arrêté anti-mendicité et coupé les subventions d'un festival culturel. Alix Soler Alcaraz fait partie de l'opposition. Il dénonce des méthodes brutales, notamment lors du conseil municipal.
Là,
c'est le moment où on essaie de prendre la parole, justement. Les micros sont coupés.
On
demande des interventions qui nous sont refusées.
Voilà,
on l'inscrira au procès-verbal. Que je vous ai mis en cause et que je ne
vous
donne pas la parole, on l'inscrira.
Voilà.
À partir du moment où il a pris le pouvoir, le jour même où il était élu maire, il a arraché les drapeaux européens et tout le reste qui s'en est suivi. Il a agressé des jeunes lycéens dans une boucle WhatsApp où il les a menacés directement. Donc voilà le type de comportement que l'on aura demain si le RN prend le pouvoir en France.
La CGT, elle aussi, s'inquiète. Après une manifestation contre l'extrême droite, le syndicat s'est vu ordonner de quitter ses locaux occupés depuis 89 ans. Il décide qu'il n'y a plus d'union locale. Non mais c'est quoi ça ? C'est outrepassé ses pouvoirs ? Un maire, il n'a pas le droit de faire ça. Et d'autres organisations subissent les foudres du maire. D'autres associations, dont la Ligue des droits humains, qui
a eu sa subvention supprimée, une norme subvention de 330 euros. Parce qu'ils se sont opposés,
ils ont critiqué plutôt, simplement critiqué, des positionnements du maire.
Un
maire qui empêche aussi certains journalistes d'exercer leur métier. Depuis l'arrivée de Christophe Barthès à la mairie de Carcassonne, des reporters de la presse locale se voient régulièrement interdire l'accès à des événements de la ville.
La
question de Frédéric dans le Vaucluse. Le comportement du maire Christophe Barthès est-il révélateur de ce que serait la France dirigée par un gouvernement RN
? En
tout cas, on voit dans de nombreuses municipalités gagnées par le RN un visage assez différent de celui affiché à Paris par les cadres dans la stratégie de la dédiabolisation. J'ai par exemple en tête Elne dans les Pyrénées-Orientales, qui très récemment, le maire a décidé quoi ? Il a décidé de débaptiser la salle de cinéma municipale, qui portait le nom de René Vautier. René Vautier, c'est une figure du cinéma français, c'est un militant anticolonialiste qui a produit des documentaires spectaculaires extrêmement intéressants, qui a été décoré pour ses actes dans la Résistance, etc. Et ce maire RN, elle, juge que la culture n'a pas à être politique et donc il débaptise la salle. En
fait,
ce n
'est
pas le seul endroit où, en France, notamment les mairies RN s'en prennent à la culture, coupent les subventions des associations qui leur déplaisent. Donc il y a quand même une offensive culturelle à l'œuvre dans certaines mairies gagnées par le RN. Est-ce que ce maire est encombrant pour le RN ou est-ce qu'il incarne une nouvelle ligne au sein du parti ?
Alors
une nouvelle ligne, je dirais plutôt quelque chose qui ressemble en fait assez à certains fondamentaux du RN, notamment je dirais dans la première vague dans les années 90, quand justement le RN, le FN à l'époque avait gagné des mairies et montré un nouveau style, un style de rupture. Je pense qu'il faut faire attention à ne pas voir avec des yeux trop parisiens ou des yeux d'ailleurs des opposants locaux. Il y a quelque chose qui plaît dans le style... On l
'a
entendu dans la bouche des habitants. Tout à fait, et je pense même la punchline qu'il a un petit peu popularisé, le « c'est terminé », ça a été salué d'ailleurs même au sein du RN comme une bonne communication. Et effectivement, alors il peut être un petit peu encombrant, attention à ne pas dépasser la limite. Quand il jette, enfin quand il utilise le jet d'eau contre les syndicats, contre la CGT, là c'est la limite, il flirte quand même avec la ligne. Il ne
faut
pas que ça passe de l'autre côté, mais je dirais que pour le RN,
ce
n'est pas un boulet. C'est aussi justement une manière de dire aux électeurs qui ont voté pour lui, qui connaissent le personnage, ce n
'est
pas quelqu'un qui est arrivé nouvellement en politique, il a été élu député, il y avait ce style d'ailleurs assez fleuri.
Oui,
j'ai lu, nous on a fait une enquête dans Marianne et nos confrères de l'Obs, on en fait une aussi, où Marine Le Pen, elle avait quand même un petit peu rappelé à l'ordre lorsqu'il était député à l'Assemblée nationale. Et c'était le moment où il avait insulté, Sandrine Rousseau, on s'en souvient, avec une pancarte, elle avait dit « vos blagues de beauf, ça ne me fait pas rire ». Mais c'était tout, c'était juste une réprimande orale, il n'avait pas été sanctionné. Donc je pense que le RN a intérêt aussi à marcher un petit peu sur ses deux jambes. Un visage qui est aussi très lisse, très respectable de cette fameuse dédiabolisation qu'ils ont théorisée.
Et en même temps, localement, des gens qui suscitent une sympathie. Et quand il s'en prend aux gauchistes dans sa ville, ça marche. Là, on se demande s'il n
'a
pas ignoré les signalements sur un policier raciste. Et on entend cette habitante qui dit « il n
'y
a rien de grave, en fait, dans ses propos qui sont racistes ». Elle dit « en fait, on pense la même chose
».
On est quand même là dans le sud de la France. Et on en avait évoqué à un moment les deux fronts nationales. Le Front national du Nord et le Front national du Sud. L'ambiance n'est pas complètement la même à Hénorme-Beaumont ou dans d'autres villes du bassin minier. Là, c'est le sud de la France. On a toujours été sur des sujets très sensibles en matière d'immigration. Il y
a
une immigration qui est ancienne dans ces endroits-là. Pas mal de gens sont aussi issus de familles pied-noires, lui-même est d'origine pied-noire. Et puis, il faut évoquer la figure d'un ancien maire de Carcassonne, dont M. Barthès revendique. C'était quelqu'un qui s'appelait Raymond César et qui était, si vous voulez, l'incarnation de la droite pasqua. Pasqua, lui aussi, venait du sud. Et c'était une droite très populaire, voire populiste, qui plaisait à toute une partie de l'électorat, notamment dans ces régions-là. Et donc, ce personnage-là incarne cette ligne-là qui a toujours existé au Rassemblement national, sauf qu'avant, ils n'étaient pas élus.
Et donc, il faisait ses blagues, peut-être dans les meetings ou dans les réunions, mais maintenant, il est aux manettes. Autre constance constante de ce parti, le Rassemblement national, il est effectivement
engagé
dans une bataille culturelle
à
mort, avec les milieux culturels qu'il considère comme étant complètement acquis à la gauche. Donc, on va couper toutes les subventions aux associations. C'est le cas, par exemple, alors pour le coup, on n
'est
pas dans le sud de la France, mais à La Flèche. C'est la ville de l'Ouest qui est tombée dans l'escarcelle du Rassemblement national, où le jeune maire
est
en train de couper les subventions à une association, un centre culturel,
qui
était historiquement lié à la gauche locale. Et puis, l'autre cible, c'est la presse, notamment la presse locale. Et on le sait,
la
presse locale ne va pas bien. Et elle vit notamment de contrats qui sont passés avec les collectivités locales pour acheter des abonnements nombreux pour tous les services de la ville, pour passer des pages de publicité. Il y a également des événements qui peuvent être organisés, ici un marathon, ailleurs une fête de ceci ou de cela, dans lesquels les municipalités payent des participations. Et là, le maire de Carcassonne, considérant qu'il n'était pas bien traité par l'indépendant et la dépêche du Midi, coupe les subventions et le fait savoir. Et ça plaît aussi à une partie de l'électorat en disant, c'est terminé et maintenant la donne a changé, on va faire autrement. Il
y
a ces révélations hier de Libération sur le collaborateur de Franck Alizio qui a été licencié, il s'appelle Louis Grégoire, il avait tenu des propos racistes et antisémites. Est-ce que vous y voyez un lien avec l'affaire Bardella ?
C
'est-à-dire qu'il y
a
des révélations sur des propos racistes, tout de suite on sanctionne
? Oui,
sans doute. En tous les cas,
c
'est souvent un peu en série. C'est-à-dire que, au moins, ce ne
sont
pas des révélations du même niveau que celles qui concernent Jordan Bardella, mais à ce moment-là,
il
y a souvent des affaires un peu moins importantes qui ressurgissent de collaborateurs, d'élus, ici ou là. Et ce qu'on avait appelé en 2024, au moment des législatives,
les
brebis galeuses. Et donc, voilà, certains...
Il y
en a encore. Certains députés mettent un peu en ordre, vérifient un peu leurs collaborateurs. Dans certains conseils municipaux, où le Rassemblement national a gagné, il y a des fois des élus dont on exhume les pédigrés. Et donc, voilà, on avait connu ça en 2024. Ça montre que ce parti reste... On
n
'a pas fait totalement le ménage chez lui. Et c'est un enjeu de la présidentielle ? Oui, c'est un enjeu de la présidentielle. On a bien vu qu'en 2024, ça avait porté. C'est sans doute ça. Le Rassemblement national fait un premier tour très, très haut. Et dans l'entre-deux-tours, les affaires finissent par percuter et recréent un peu de plafond de verre. De front républicain.
De
front républicain. Et ça a amené quand même à empêcher le Rassemblement national d'avoir une majorité relative qui lui aurait ouvert les portes de Matignon. Donc, ça marche encore. Et cette affaire Jordan-Bardella, au fond, elle peut refabriquer du plafond de verre. Là, on voyait bien qu'aujourd'hui, dans les sondages, entendons-nous que Marine Le Pen est à 50% dans tous les cas de figure. Donc, restons sur ces hypothèses. Mais on voit bien que ça peut revenir. Que si elle est empêtrée, si cette affaire dure, effectivement, elle sera très gênante pour Marine Le Pen. Et Jordan-Bardella deviendrait à ce moment-là son boulet.
Christophe Barthès