Alexis Corbière, député écologiste de Seine-Saint-Denis | LCP, Lundi C'est Politique - 20/10/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Y a-t-il des économies à faire ou d'autres sources d'économies à trouver ? Lesquels ?
- 2:00OuverteRéponse partielle
A gauche, combien de divisions ? Sont-elles insurmontables ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Un ancien président de la République va aller en prison demain, c'est du jamais vu. Que pensez-vous de cette incarcération ?
- 4:00RelanceRéponse directe
Vous n'allez pas en prison pour voir Nicolas Sarkozy ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Gérald Darmanin va aller voir Nicolas Sarkozy en prison. C'est normal pour vous ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Le Louvre est fermé après un vol de bijoux impériaux. Vous y êtes favorable à une commission d'enquête ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Alexis CorbièreFait
« Nicolas Sarkozy va donc être incarcéré un mois après sa condamnation dans le cadre de son financement illégal de sa campagne 2017. »
- 4:00Alexis CorbièreFait
« Je suis le garde des Sceaux. Je dois garantir le bon fonctionnement du service public. »
- 5:00Alexis CorbièreFait
« Je vais répondre à votre question diplomatiquement. Il faut rentrer dans une nouvelle époque de l'abolition de la hiérarchie présidentielle. »
- 6:00Alexis CorbièreFait
« Nous sommes en situation de surpopulation carcérale. »
- 10:00Alexis CorbièreChiffre
« Je suis resté au budget de 41 milliards d'économies et 17 milliards de coupes budgétaires. »
- 12:00Alexis CorbièreChiffre
« Quand on nous dit qu'il y a 211 milliards... L'institut des politiques publiques dits que c'est 110 milliards. »
- 13:00Alexis CorbièreChiffre
« La taxe Zucman, avec sa taxe, on pourrait rapporter 2 milliards. »
- 16:00Alexis CorbièrePromesse
« Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendons la réforme des retraites 2023 sur la retraite jusqu'à la prochaine élection présidentielle. »
- 17:00Alexis CorbièreFait
« La mâchoire du piège s'est refermée. »
- 18:00Alexis CorbièreFait
« On agite les chiffres devant des gens... Je ne suis pas en train de dire qu'il n'y a pas de problème. »
- 19:00Alexis CorbièreFait
« La gauche est fidèle à son histoire. Elle s'unira contre son adversaire. »
- 21:00Alexis CorbièreFait
« La dernière fois, j'avais un candidat LFI face à moi, c'était terrible. Pas politiquement mais humainement. »
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L'Assemblée nationale a donné le top départ du marathon du débat budgétaire. 35 milliards à trouver. La taxe Zucman pour cibler les riches, elle était dans le programme du NFP Don Alexis Corbière est l'un des représentants.
Le NFP s'est divisé sur la censure de Sébastien Lecornu. Le noyau dur de l'union de la gauche à voter. Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis est notre invité aujourd'hui.
Bon soir et merci d'être avec nous comme chaque lundi pour "Lundi, c'est politique". - Bonsoir. - Je ne suis pas seul pour vous interroger ce soir.
Vous les voyez en face de moi. Lauriane de Radio Classique, Laurent Méric, Gaëlle Macke, Hugo Couturier sur la chaîne Twitch. Avec vous, on va évoquer le budget 2026, j'en parlais tout à l'heure.
Y a-t-il des économies à faire ou y a-t-il d'autres sources d'économies à trouver ? Lesquels ? A gauche, combien de divisions ?
Sont-elles insurmontables ? Vous avez rompu avec Jean-Luc Mélenchon et crée un nouveau mouvement, l'Après. Après, notre invitée surprise parlera avec vous de l'insécurité.
C'est ce qui, aux yeux de Thibault de Montbriac c'est que la France s'expose au désordre. D'abord, on va parler d'un ancien président de la République qui va aller en prison demain, c'est du jamais vu. Il sera incarcéré dans la prison de la santé.
Nicolas Sarkozy va donc être incarcéré un mois après sa condamnation dans le cadre de son financement illégal de sa campagne 2017. Ses avocats vont déposer une demande de remise en liberté. On a appris aujourd'hui qu'il avait été reçu à l'Elysée par Emmanuel Macron cette semaine.
Et ce matin, le ministre de la Justice a indiqué qu'il ira lui rendre visite. - J'irai le voir en prison. - Vous irez le voir ? - Je suis le garde des Sceaux.
Je dois garantir le bon fonctionnement du service public. - Vous n'y allez pas pour d'autres ? - J'y vais trois fois par semaine. - Gérald Darmanin va aller voir Nicolas Sarkozy en prison.
C'est normal pour vous ? - Je vais répondre à votre question diplomatiquement. Il faut rentrer dans une nouvelle époque de l'abolition de la hiérarchie présidentielle.
Il faut sortir de cette idée qu'il y ait un statut particulier pour l'élu de la République. C'est quelque chose auquel nous somme encore confrontés. Je pense que le président de la République actuel effectue certains abus par rapport à la société.
Mais que le ministre de la Justice lui rende visite, pourquoi pas car vous savez combien de gens de ma circonscription vont en prison ? Ca me choque car monsieur Darmanin ne se rend pas dans les prisons de France pour aller visiter la situation dans laquelle les gens sont détenus. Nous sommes en situation de surpopulation carcérale.
Quand je vois des jeunes gens envers lesquels la justice est sévère, quand on entend certaines familles politiques parler de la justice, elle n'est pas laxiste. Elle est sévère. Il faut que je dis ça, sur le plan personnel, je ne prends pas de plaisir à voir les gens en prison même si j'ai une opinion de Monsieur Sarkozy...
On est en train d'avoir une attitude qui n'est pas républicaine. - Emmanuel Macron dit que c'est normal de recevoir Nicolas Sarkozy à l'Elysée en tant qu'ancien président de la République. - Il ne le fait pas en cette condition.
Il le reçoit à la veille de son entrée en détention pour lancer le signal qu'il est très important. Il y a un abus de pouvoir présidentiel. Vous savez quoi, c'est une prison qui exerçait vis-à-vis des gardiens en disant qu'il a un statut particulier, surveillez-le.
Bien sûr, il est hors de question qu'il ait des ennuis en prison mais ce que voient des milliers de nos concitoyens c'est que son statut n'est pas le même que les autres. - Un ancien président de la République en prison c'est inédit. Ca prouve que la justice est impartiale. - Oui.
Que la justice soit indépendante, même si elle manque de moyens, ça ne veut pas dire qu'elle est parfaite. Les personnes modestes sont particulièrement condamnées. La justice est rude.
Mais là on a affaire à quelque chose qui a pris énormément de temps. C'est un dossier qui date de fait avant même que Monsieur Sarkozy soit président de la République. Nous sommes en 2025.
Ca va faire 19 ans que cette affaire existe. Il faut aussi féliciter la presse qui a enquêté longuement. - Ca repose la question de l'exécution provisoire qui concerne aussi Marine Le Pen.
Pour vous, est-ce qu'il faut revoir la loi sur l'exécution provisoire ? - On peut discuter de cette affaire mais je trouve scandaleux qu'on en discute parce que c'est Madame Le Pen ou Monsieur Sarkozy. Ce que j'observe ce le nombre de familles de Seine-Saint-Denis avec des gens qui partent en prison avant d'être jugés.
Ca, ça devrait nous indigner. Je n'accepte pas l'idée que le conseil des puissants qui se retrouvent face à la justice, on en vient à la remettre en cause. J'ai vu déjà avoir des paroles qui ne sont pas acceptables de la part d'un ancien président de la République et qui voit comment se déroule le tapis rouge de gens qui disent qu'ils le supportent quand même.
L'égalité...
Nous sommes libres et égaux en droit. Il est temps d'en finir avec la supériorité présidentielle. Nous devons dire qu'il faut arrêter cette fonction sacrée héritée de 58 avec un personnage particulier qui était le général De Gaulle.
Il étende de passer à une République parlementaire où nous n'avons plus ça. - Vous savez, le Louvre est fermé jusqu'à mercredi. La décision a été prise après un vol en pleine journée.
Quelques pièces ont été dérobées notamment un diadème d'Eugénie et d'autres bijoux. Des malfaiteurs qui étaient bien organisés. Ces cambriolages sont devenus une affaire politique.
Avant d'aller plus loin, le nouveau président de votre commission des affaires culturelles a proposé la création d'une enquête parlementaire sur ce qui s'est passé. Vous y êtes favorable ? - Je suis plutôt favorable.
Ce sujet nous intéresse. A ce qui est une commission d'enquête et que les députés se saisissent de la sécurité des musées et en particulier du Louvre. Comme vous, j'étais sidéré de ce spectacle qui était très professionnalisme et en même temps très... - Vous attendez quoi d'une commission d'enquête ? - De comprendre comment sont protégés les musées, ces objets de grande valeur, les musées protestaient de leurs conditions de travail, - Vous voudriez entendre qui ? - Tout le monde, les responsables de la sécurité, la directrice du musée...
C'est un sujet passionnant. Voler un musée c'est voler le peuple. C'est une idée profondément...
Là aussi, j'ai évoqué les révolutionnaires, ce sont... - J'ai lu le tweet que vous avez posté sur X.
Vous avez réagi d'un ton personnel, qu'est-ce qui vous a touché personnellement dans ce braquage de bijoux impériaux ? - Déjà, peut-être que mon tweet n'a pas été compris. Voler quelque chose dans un musée c'est privatiser quelque chose qui appartient à tous.
Le vol est scandaleux mais là, c'est notre patrimoine. On peut aller voir des choses qui appartenaient à l'aristocratie, à la noblesse. C'est une idée républicaine de dire que ça nous appartient à tous.
On peut être sidéré par quelque chose dont on a l'impression que ça sort d'un film car on est dans un musée qui évoque et qui est évoqué beaucoup dans la fiction. L'idée des musées est une idée révolutionnaire. - Vous êtes ancien prof d'histoire. - Oui.
C'est Jacques-Louis David, le grand peintre qui sera un des précurseurs, c'est une idée qu'il y a des choses qui doivent être mises en commun et qu'il faut préserver. On est dans une logique où il y a des musées privés. Le Louvre est un musée public... - On revient à la question des responsabilités.
Le garde des Sceaux a réagi ce matin et il a dit: "nous". - S'il pouvait y avoir une commission d'enquête, je serais plus armé pour répondre à ça. A ce stade, je ne veux incriminer personne.
Ce serait un commentaire superficiel. L'impression que ça donne de l'extérieur c'est que ça semble assez facile, ce qui a eu lieu. Pourquoi est-ce possible de dérober les choses d'une telle valeur si facilement ?
Je pourrais vous dire plus de choses au terme d'une commission d'enquête. - Vous y participeriez ? - J'aimerais. - Le pré-rapport est sorti il y a quelques semaines et il pointe des retards considérables de sécurité au musée du Louvre.
Pour vous séduire à un manque de moyennes globales de la politique culturelle menée en France depuis quelques années où c'est la responsabilité du musée qui est engagé ? - Au stade où je vous parle, je pense qu'il y a un problème de moyens. J'ai été contacté des salariés du musée du Louvre qui manifestait en juin.
Il pointait les absences de moyens. Ca a des conséquences. Il n'imaginait pas un cambriolage d'une telle dimension.
Il faut écouter les salariés. Il défendait leurs conditions de travail mais aussi des services publics du bien commun. Il y a une dialectique entre les problèmes de direction qui accompagne souvent des problèmes de... - Pour augmenter les moyens, il faut plus de sécurité et plus de moyens.
En janvier dernier, Emmanuel Macron a émit l'hypothèse d'un bien spécifique pour visiter la Joconde et augmenter le prix de l'entrée. - C'est des pistes qui indiquent que c'était des choses peu chères, à la portée de tous, qui coûterait plus cher, ça ne séduit pas. On va cibler des touristes étrangers...
J'ai une autre idée du musée. Le musée doit être accessible à tous autant que possible. Il faut aussi des politiques gratuits.
L'expérience nous montre qu'il ne suffit pas que les musées soient gratuits pour que les gens y aillent. On sait qu'il y a des milieux sociaux qui n'ont pas l'habitude de visiter des musées. Education Nationale peut permettre son accès. - Après ce cambriolage, faut-il conclure qu'il faut plus d'argent pour les musées ? - Bien sûr.
C'est le combat que je mènerai. Plus de moyens pour la culture, la solidarité, pour l'emploi. C'est un budget que je peux résumer en deux mots, c'est plus d'inégalités et plus d'armements.
Pas très enthousiaste. - Il y a une question sur le thème que vous venez d'exprimer, quelles propositions avez-vous pour préserver les musées, leur personnel, les oeuvres tout en favorisant leurs accès Comment financer en préservant le service et salariés ? - Je vais être honnête, notre priorité n'est pas de donner les moyens d'aller vers la gratuité.
Ce qui m'intéresse, c'est le prof d'histoire qui parle, il faut des politiques à travers de l'Education Nationale qui fassent en sorte que les milieux les plus défavorisés arrivent à la culture. Ca ne suffit pas que des musées prestigieux...
J'observe que trop souvent, c'était le passe culture qui avait été diminué et les professeurs de français et d'histoire avaient moins de moyens pour faire des sorties. C'était souvent des sorties pour des musées. Je ne souhaite pas des musées seulement ouverts aux oligarques russes, touristes américains, ce n'est pas mon projet. - Comme ça fait parti du budget, parlons-en.
Il y a une semaine, le Gouvernement de Sébastien Lecornu, nous y sommes, le débat budgétaire va durer des semaines. Ce matin, les oppositions ont prient la main en faisant passer des amendements contre l'avis du Gouvernement. - J'ai dit que j'en doutais fortement car le Rassemblement National est moins enclin à taxer davantage les très riches et je crois qu'on s'achemine vers ça. - En termes de cadres sur le chiffrage, ils disent qu'il faut 30 milliards, peut-être 38 milliards si on compte l'augmentation de la charge de la dette, le budget de François Bayrou était de 44 milliards, le budget de François Bayrou était de 44 000 000 000, 38 milliards, pour vous c'est nécessaire de faire cet effort ?
C'est trop, pas assez ? - Je suis resté au budget de 41 milliards d'économies et 17 milliards de coupes budgétaires. Qu'on fasse baisser notre dette, j'y suis favorable car il y a une dette qui nous pose problème.
Il faut s'interroger de comment on n'en est arrivé là. Pourquoi aujourd'hui, cette dette prend cette dimension ? Il y a eu des politiques publiques qui ont été menées par Emmanuel Macron pour baisser les recettes de l'Etat.
Quand vous voyez qu'en 2017, 91 % de la TVA étaient organisés pour financer nos services publics, aujourd'hui ce sont 42 % de la TVA qui va vers les services publics, le reste sert à combler l'ensemble des baisses et des exonérations de cotisations pour les entreprises. On appauvrit l'Etat, on a creusé la dette. Le déficit est augmenté non pas par l'assistanat, c'est que nous avons réduit les moyens de l'Etat. - Le chiffrage... - Il y a des moyens de faire des recettes nouvelles qui doivent être déployées... - Les impôts. - Notamment pour créer les conditions pour qu'on ait un état qui continue à jouer sa mission.
Il y a un investissement...
Comme le cholestérol, la bonne et la mauvaise dette. Si vous investissez, j'évoquais la culture, l'éducation, la recherche, vous vous tournez vers l'avenir. Vous investissez. - Une dette à 75 % du PIB, je suis pas sûre que les investisseurs et marchés financiers... - L'année dernière, nous avons réussi avoir un budget qui réalisé 53 % de remboursement qui était positif de 53 milliards.
Michel Barnier...
Les frais de ministre vont vite. Nous sommes du côté de ceux qui permettent de nouvelles recettes. Ce que vous nous proposez, ce n'est pas d'augmenter les impôts mais c'est de faire en sorte... - Sur les dépenses... - Votre sujet c'est de dire que vous aussi vous voulez faire reculer le déficit mais pas sur le biais de dépenses publiques mais par le biais d'augmentation d'impôt qui concernerait peut-être pas tout le monde quelques personnes. - Ou les entreprises... - Le débat sur la taxe Zucman, 1800 personnes ont vu leur fortune augmenter de manière exponentielle depuis un certain temps devraient avoir une fiscalité sollicitée.
Ca ferait rentrer dans les caisses de l'Etat 21 milliards. - Ce chiffrage est quand même...
Il porte à caution. Pour le moment, cette taxe n'a jamais été mis en oeuvre... - Tout porte à caution.
La politique d'Emmanuelle Macron devait être le moteur de la finance et nous a envoyé dans le décor. Il y a une proposition. On peut toujours trouver des gens qui diront que ça prête à caution.
Des gens, 1100 personnes seront sollicitées. Je veux bien mais soit on laisse faire cette accumulation de richesses...
Quand vous faites les dossiers sur la fortune...
On nous dit dans un article passionnant que la France, le mot m'avait fait rire, que la France était le "richistan". - Au-delà de cette taxe, vous voulez aussi revenir sur les aides aux entreprises ? Remettre des taxes sur les entreprises ?
Emmanuel Macron nous a envoyé dans le décor et sa politique de l'offre, c'était aussi pour baisser les prélèvements sur les entreprises. - Quand on nous dit qu'il y a 211 milliards...
L'institut des politiques publiques dits que c'est 110 milliards. - C'est des prêts qui sont ensuite remboursés. - Est-ce qu'il faut revoir les aides aux entreprises ? - Oui.
L'art de la nuance. On ne va pas tout supprimer. Il faut aider le tissu PME.
Certains profitent de ces politiques sans aucune condition sociale et environnementale. Parfois ils licencie. On est en droit de se dire, est-ce que l'argent public doit servir pour reverser des dividendes plus importantes à des actionnaires... ? - Ils en ont besoin pour payer la taxe Zucman. - Ils ne font pas parti des 1800 personnes à taxer.
Ils ont plus de 100 millions de patrimoines...
En quoi c'est en argument... - Ces entreprises, malgré ces aides, elles restent plus prélevées que leur voisine en Allemagne, en Espagne, en Italie... - Ce n'est pas ce que dit "Challenges".
Je vous taquine. On dit que c'est un paradis fiscal, en apparence. - Les entreprises disent... - Je connais des grands groupes et des petits entrepreneurs utiles, et la grande majorité des entrepreneurs ne cherche pas d'accumuler des richesses mais à produire dans leur pays. - Revenons sur ce débat qui est la contribution des plus riches à cet effort.
La gauche réclame cette taxe, le Gouvernement, une taxe sur les holdings, êtes-vous prêts à partir de cette proposition du Gouvernement pour l'améliorer ? - Quand on était jeune, il y avait une boisson qui avait le goût de l'alcool, du whisky mais ça n'en était pas. Vous avez raison.
Il y avait un point positif dans la manière dont Monsieur Bayrou avait pris les débats. La discussion sur qui doit payer. Qu'est-ce qu'un député ?
C'est d'abord, on discute de l'impôt. C'était intéressant. Derrière cette taxe, l'idée était que les gens réalisent...
Certains disent qu'on exagère. Va s'ouvrir la discussion, et ce que fait Monsieur Lecornu, il met en place une taxe, il rate à côté de la cible, nous, on propose la taxe Zucman. Avec sa taxe, on pourrait rapporter 2 milliards. - Même moins. - Le problème n'est pas de me faire plaisir à fouetter des gens pour le bonheur de les fouetter. - Si on vous propose une taxe qui porte sur l'ensemble du patrimoine financier des personnes les plus riches en France, à l'exclusion des biens professionnels, si on n'y ajoute les ordres d'art, y compris celles qui sont détenues depuis plus de 10 ans, et si on ajoute le patrimoine immobilier à l'exception de la résidence principale, vous votez ça ? - Il y a une dimension technique à tout ça.
Qu'est-ce que ça rapporte ? Quel est le pourcentage d'imposition que ça permet de faire revenir dans les caisses ? Cet argent, je ne le veux pas pour moi.
Je veux éviter les inégalités. - Ce ne serait pas un progrès ? - Je ne suis pas en train de faire le marchand de tapis. - Ce que je vous ai décrit, c'est ce que propose le Rassemblement National. - Le RN ne s'est pas fait connaître... - Pour obtenir des avancées dans votre combat de gauche. - Le RN est contre la taxe Zucman.
Il ne souhaite pas que les principales fortunes de ce pays soient davantage taxées. - La gauche ne fera rien passer dans ce débat budgétaire. - De toute manière, au-delà de ce qui se passe dans cet hémicycle les gens comme moi sont majoritaires. 70 % de la population pensent qu'il faut en finir avec les inégalités et qu'il est hors de question que votre vieille maman, pardon de parler comme ça, paye davantage plus cher les médicaments.
Derrière, ce qui m'a choqué, c'est que si on remet en cause et qu'on augmente la franchise sur les frais médicaux, et les médicaments, quand on est atteint d'une ALD, c'est scandaleux. Les personnes âgées, malades...
Les plus fortunés ont trouvé des combines pour ne pas participer davantage. - A la taxe Zucman pour le parti socialiste ne semble plus aime un totem. Si c'est une autre taxe qui répare rapporterait autant, ça leur conviendrait ? - Ca joue sur les mots.
Si le débat est de dire, le problème n'est pas le mot. Quelle est l'assiette sur laquelle on fait reposer une fiscalité, qui permettent qu'on n'est pas un effet, et que les ultra riches voient leur fiscalité baisser. Votre question sur le parti socialiste, j'écoute.
Ils ont dit qu'ils chercheront à introduire une taxe du type de la taxe Zucman. - Comment vous vous positionnez ? Vous négociez aussi ? - Là, on rentre dans la partie qui était sensible de ces derniers jours.
Nous parlons tactique et stratégie. Je lui dis car le parti des écologistes, des insoumis, on a fondé le NFP. - Vous en reparlerez. - Je suis un homme d'union.
Politiquement, ce qui se passe doit être vu... - Est-ce que le parti socialiste qui négocie avec le Gouvernement, ça vous va ? - J'ai un désaccord tactique avec le PS.
Je pense qu'il fallait voter la censure car le budget qui arrive est mauvais. Les socialistes disent : " On ne va pas voter la censure car nous avons obtenu un engagement qu'il va suspendre la prochaine réforme des retraites jusqu'aux prochaines élections présidentielles." Comment d'un point de vue logistique, ça se passe ?
Là, je dis à mes amis socialistes : "L'affaire n'est pas très claire." A l'Assemblée nationale, la porte-parole du Gouvernement disait que ça sera peut-être une loi... - Le Premier ministre a pris la parole en disant que c'était un amendement. - Si c'est un amendement utile et intégré, pour qu'il reste jusqu'au bout, il faut que ceux qui ont accepté cet amendement votent...
C'est pourquoi je réclame, et plusieurs personnes ont repris, une lettre de rectification. - On va y venir. - Je veux bien faire de la tactique mais à condition qu'on ne se fasse pas flouer à l'arrivée.
Lecornu est aussi un gros malin. C'est une bagarre à mener. - Qui va gagner ? - On verra.
J'ai voté la censure car je pense que les choses ne sont pas bien positionnées. Je ne veux pas être trivial. On va se bagarrer dans l'hémicycle pour remporter des victoires.
Je parle à travers vous à d'autres députés. Une lettre de rectification c'est une bonne idée. On jugera de la sincérité de Sébastien Lecornu à travers cela.
Si le budget est imposé par ordonnance, il restera la suspension de la réforme des retraites. - Le temps passe vite. Sébastien Lecornu a accepté de mettre en pause la réforme des retraites. - J'ai toujours indiqué que l'avenir de notre pays reposerait sur l'organisation des retraites.
Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendons la réforme des retraites 2023 sur la retraite jusqu'à la prochaine élection présidentielle. Aucun changement d'âge n'interviendra jusqu'à janvier 2028, comme l'avait demandé la CFDT. La durée d'assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu'à janvier 2028. - Vous pensez que vous obtiendrez cette suspension des retraites ? - Je ne suis pas méprisant.
Ce n'est pas rien pour des salariés. Si on l'obtenait, ce serait déjà ça mais j'ai peur qu'à l'arrivée ce soit un piège dans lequel Sébastien Lecornu nous oblige...
Vous ne verrez jamais voter un budget qui veut ponctionner 17 milliards et augmenter les médicaments. - On revient sur cette lettre que vous avez évoquée. Si Sébastien Lecornu refuse, comment interpréteriez-vous cela ? - La mâchoire du piège s'est refermée. - Vous en voudriez au PS ? - Ce qui fait ma singularité, malgré ma tactique, c'est que nous ayons une double peine.
Ce qui est en train d'avoir lieu politiquement c'est ce qu'on appelle l'union des droites. La droite historiquement élue du gaullisme s'apprête à voter pour l'extrême droite et ça me paraît extrêmement important. - Il va falloir choisir votre camp à un moment. - Pourquoi ? - Soit vous votez la fin de la réforme des retraites où vous votez la sécu. - Je prends les paris.
S'ils voient qu'ils n'ont pas obtenu la suspension, ils voteront ce budget et nous irons vers une censure. Je pense que les socialistes ne trembleront pas. Je n'ai pas de doute là-dessus.
Ce ne sont pas des imbéciles. Ils pensent qu'obtenir une suspension de six mois plus tôt pour partir à la retraite, c'est déjà une victoire. Ca se discute. - Vous pensez qu'il peut y avoir une réforme juste des retraites ?
Il y a un vieillissement de la population, tous les autres pays européens passent à 67 ans, nous, on va peut-être rester à 63 voire remonter à 62. Est-ce qu'il y aurait une réforme qui vous paraîtrait juste ? Par exemple la reforme des retraites à points. - Je pense à ce qu'avait dit Eric Zemmour qu'il suffisait de 2 % pour maintenir notre système de retraite. - C'est une sorte de préférence pour les vieux.
On fait peser plus de cotisations sur les actifs et en France, on dépense déjà 14 % de notre PIB pour les retraites. - C'est assez stable. Ca n'a pas explosé.
Vous faites un métier qui est intéressant est sans doute, votre corps n'est pas usé comme beaucoup d'autres. Au bout de 41,42 ans, quand vous avez commencé à travailler depuis 18 ou 20 ans, vous êtes fatigué. C'est quoi le problème ?
Le meilleur pourfendeur des la réforme Borne c'est Emmanuel Macron. Il disait que rallonger l'âge des départs à la retraite ce n'était pas juste car nous avons le taux de sous-emploi des seniors le plus élevé à 65 ans en France. - Votre réforme c'est augmenter les cotisations ? - C'est une piste.
Mais il ne faut pas faire peur. - La productivité baisse. - Elle est plus importante que les années 60. - On n'a plus le même nombre de cotisants pour le même nombre de retraités. - Notre part du PIB consacré à la retraite n'a pas explosé.
On agite les chiffres devant des gens...
Je ne suis pas en train de dire qu'il n'y a pas de problème. Il faut tous travailler ensemble. Il y a des choix économiques qui ont été faits qui sont souvent désindustrioalisés ça imposait très fort. -Donc retraite à points ? - Je n'y suis pas favorable et là, on peut consacrer une émission dessus.
Je suis pour qu'on reste sur notre retraite actuelle et qu'on arrête les exonérations de cotisations qui ont lieu. Quand vous supprimez des cotisations sur le SMIC, c'est autant de recettes en moins pour notre système de retraite. - C'est nécessaire pour avoir un coût du travail correct. - Non. - Quand vous évoquez le RN, eux veulent augmenter le SMIC.
Le salaire indirect, les cotisations, c'est une part de cela. - Que pensez-vous de la rupture entre le PS et...
Ces derniers temps on a vu des réunions de gauche sans le PS mais avec LFI, entre LFI et un autre parti...
Vous pensez que l'union est possible ? - Elle est nécessaire. A l'heure où le RN est à 35 ou 45 %, à l'heure où la droite préfère faire barrage à la gauche à ce moment-là, la gauche va se désunir ?
Ca n'ira pas. Il faut continuer à se battre. Dans les années 70, quand le PS et PC ont fait l'union, ils continuent souvent de ne pas être d'accord.
Il faut qu'on puisse se dire qu'on peut voter différemment mais sur le fondamental, il faut rester sur des candidatures communaux. - Le NFP existe toujours pour vous ? - L'union est un combat.
Dans mon coeur il existe toujours. - Une question chacun. - Ce n'est pas trop tard ?
Les divisions ne sont pas trop fortes pour s'unir ? - Non. En 2024, quand le NFP a été fondé, Emmanuel Macron l'a dissout pour une raison, il a vu le spectacle des élections européennes, Glucksmann traitait LFI de communistes...
La gauche est fidèle à son histoire. Elle s'unira contre son adversaire. J'insiste, nous nous unirons sur plus que des élections législatives. - Il était question des primaires autrefois. - Dans un livre, il y a près de 10 ans, vous écriviez que la primaire était un piège.
Mon livre disait qu'en 2016, lorsqu'il s'agissait de faire une primaire avec Manuel Valls qui était Premier ministre de François Hollande dans un moment où il y avait pas encore eu Marine Le Pen au second tour...
Je pensais que nous pouvions nous permettre d'avoir des candidats au second tour qui pensaient des choses différentes. Ca a changé. La stratégie correspond au moment politique.
Ca fait deux fois que la candidate d'extrême droite est au second tour. La prochaine fois, elle ou son remplaçant pourrait remporter les élections. Au moment où j'ai écrit mon bouquin, la gauche rassemblée faisait 44 %.
Aujourd'hui elle fait moins de 20 %. Etre révolutionnaire ce n'est pas répété les mêmes phrases tout le temps. L'unité est une exigence. -On a entendu votre discours sur l'unité.
Vous souhaitez des candidatures communes de toute la gauche en cas d'élection. Olivier Faure a été clair, pour le PS et il n'y aura pas de candidatures communes avec LFI que ce soit aux municipales ou aux prochaines législatives. L'union de la gauche est en combat mais Je ne suis pas d'accord avec lui.
Je ne suis pas d'accord avec les insoumis non plus. Je vois bien que j'ai une attitude singulière. Je continue à me battre.
Je dis à Olivier Faure que ce n'est pas... - Vous allez devoir choisir entre les deux. - Je suis peu de choses.
Ces appareils politiques sont amenés à rassembler après s'être dit beaucoup de noms d'oiseaux. -Vous verriez Olivier Faure au second tour ? - Je suis pour avoir cette discussion.
On peut avoir un label commun moins puissant que la dernière fois mais qui permet de s'affrontent pas trop au premier pour se rassembler au second. Je suis pour... - Si au premier tour vous avez le choix entre LFI et le PS ? - Ca ne se passera pas par des listes. -Vous préférez LFI ou le PS ? - La réponse viendra un moment mais un moment donné.
Mais je veux dire que quel que sois ce que j'en pense de moi, il faut se rassembler sinon c'est l'extrême droite qui va gagner. Ceux qui disent que Jean-Luc Mélenchon va gagner, je ne pense pas. - Il faut travailler à ça. - Vous comptiez vous représenter au poste de député de Seine-Saint-Denis, vous craignez d'avoir un candidat LFI ou PSA en face de vous ? - Vous vous représenteriez ? - S'il y avait une dissolution, je me représenterai. - En 2027. - En général, un député dit oui. - Ca fait 10 ans que je suis. - Vous n'est pas plus sûr que ça. - Vous craignez localement... - La dernière fois, j'avais un candidat LFI face à moi, c'était terrible.
Pas politiquement mais humainement. Au contraire, j'irai. Ca a dû mobiliser 350 militants dans une circonscription.
Une femme de ménage, qui était devenu députée,...
Les gens qui sont venus m'insulter, ils auraient dû venir pour militer les candidatures importantes. Le débat, il a un coût. - Vous n'êtes pas sûr de repartir... - Je suis sûr de repartir.
Faites passaient le message. C'est peut-être une intériorisation grotesque, collectivement, il faut qu'on discute. J'ai plus tendance à dire que je suis candidat.
J'ai été prof d'histoire pendant 21 ans. - Vous avez bon espoir qu'il y ait pas de nouveau un candidat de gauche en face de vous. - Quitte à ce que vous vous retiriez. - Je ne participe pas là où je dois me retirer.
Jean-Luc Mélenchon faisait 55 %. Pourquoi l'électorat de Mélenchon a voté pour moi ? Ils n'ont pas accepté ses méthodes.
Il n'y a pas de VI République. - Pour vous c'est un message ? - Un message très clair. - En mars prochain La France Insoumise veut s'imposer en Seine-Saint-Denis dans votre circonscription contre le PS, contre les communistes, elle camp vous choisissez ? - Là, franchement.
Montreuil, c'est l'une des plus grandes villes communistes. Je suis du côté de l'union. Je soutiendrai Patrice. - Vous le soutiendrai ? - Qu'est-ce que c'est que cette histoire...
Je ne dis pas que c'est parfait mais il faut aider, c'est une ville exemplaire. Cette bataille de dire toujours plus à gauche pour s'affronter...
Il y a des villes de droite...
A Béziers, je préférais qu'on ait ce débat. - Dernière question. - Vous l'avez évoqué plusieurs fois, est-ce que votre rupture avec Jean-Luc Mélenchon est définitive ? - La politique, quand on se bat pour l'union, je suis pour que nous trouvions des conditions d'union. - Avec le mouvement, pas la personne. - Jean-Luc Mélenchon est là depuis 30 ans, et la manière dont il s'est comporté avec moi...
Son dernier message et qu'il ne m'adressera plus jamais la parole. Je voudrais respecter sa volonté. Si c'est nécessaire pour notre combat général...
Je ne suis pas un enfant, je lui reparlerai. Il faut rester vigilant à ce qu'il n'y ait pas de changement de société si ce n'est pas suivi par un processus démocratique. Ni Dieu ni César, ni thriller, c'est un refrain qu'aime Jean-Luc Mélenchon.
On a le droit de dire que sa stratégie n'est pas la meilleure pour la présidentielle. - On dit qu'il est tribun. Il est César ? - Je n'aurais pas dû faire cette citation.
A travers vous, je sais que vous l'appréciez comme homme politique, il a énormément de qualités. Mais on doit pouvoir, dans un mouvement le critiquer et remettre en cause sa stratégie sans être exclu. On change. - Cet été, ils ont chanté "Ni Dieu, ni César, ni Mélenchon".
On a fêté et commémoré les cinq ans de l'attentat contre Samuel Patty, c'est quoi le rôle des profs, pour vous ? - De continuer à faire le boulot qu'a fait Samuel Patty. Sa séquence pédagogique est de voir comment la jeune fille qui a lancé les rumeurs, n'a même pas participé à son cours.
Quand on est prof en banlieue, c'est difficile de faire son travail. - Dans deux minutes, vous allez pouvoir débattre avec votre invité. Il prône, le type de sa thèse. - Face à vous, un spécialiste des questions de sécurité. - Nous sommes en train de devenir une société où la violence devient le mode de régulation de conflits.
Il devient l'expression de la frustration. - Avocat au barreau de Paris, spécialisée dans la défense des forces de sécurité et des victimes de terrorisme, le centre de réflexion sur la sécurité intérieure, ancien candidat LR aux législatives de 2022. Son actualité, son livre, "Le choc ou la chute".
Il tire la sonnette d'alarme. La perte d'autorité de la France, nous serions au bord d'une rupture sécuritaire. - Ces chiffres qui claquent comme des gifles, visent la brutalité du réel. - Une urgence particulière, la violence des mineurs. - L'enjeu consiste à prendre la frustration des mineurs.
Pourquoi suivraient-t-ils les règles ? - Il a un avis bien tranché. - Parler de violences policière est un abus. - Thibault de Montbrial, bonsoir.
Merci d'être avec nous. Vous allez nous dire en quelques secondes l'image que vous avez de la France aujourd'hui. Le titre de votre libre livre, on se dit que la France, c'est catastrophique. - La France aujourd'hui, est un pays hyper fracturé.
L'enjeu des années qui viennent, c'est de retrouver un socle sur lequel on reconstruit une société, qui de nouveau, ait de nouveau envie de vivre ensemble. En pratique, ça ne correspond plus à la réalité. Nous sommes un pays très fracturé et où la violence a explosé depuis une dizaine d'années.
Je cite tous les chiffres officiels des différents ministères, je raconte aussi les 18 mois que j'ai passés à parcourir le pays, j'ai vu beaucoup d'élus locaux et ce sont des gens qui sont sur l'arc entre Renaissance et la droite. Tous, ne parlent pas de rupture. Une rupture entre le peuple et ses élites. - Comment vous répondez ? - Quelle est la question ? - La rupture entre Paris et la province et le peuple et les élites ? - Pourquoi prendre le thème de la sécurité séparément de tous les autres.
La police est un service public et on peut parler des services publics. Il y a donc moins en moins de moyens pour la police. Le commissariat des Lilas, dans ma ville, là où il y a la drogue qui est vendue.
Il faut aller au commissariat et les policiers qui sont là-bas travaillent dans de mauvaises conditions avec des moyens réduits. C'est un service public dégradé. C'est pareil pour les profs, les médecins donc pareils pour les policiers.
C'est des politiques qui ont été menés...
C'est aussi le débat du budget. - Je suis très à l'aise avec vous, je n'ai pas de carte politique et je ne suis pas dans une posture politique. J'ai écris ce livre car les questions de sécurité intérieure et de justice sont des questions que je connais très bien.
Je vais essayer de dire quelque chose. Sur la police. Aujourd'hui, prenons le cas, ça a été dit dans votre reportage, aller au coeur du sujet, avec les violences policières.
De temps en temps, il n'y a pas un excédent d'usage de la force mais il faut faire attention aux mots. Il n'y a pas de violence policière puisque la police a le monopole de la force. Ce qui peut y avoir de temps en temps, ce sont de la force illégitime.
La police et la gendarmerie se censurent. Quand vous prenez l'ensemble des actions de police nécessaires par la délinquance qui se déroule, les policiers et gendarmes sont en dessous... - Vous êtes meilleurs spécialistes que moi mais police et gendarmerie, je ne les mettrai pas sur le même plan.
Les gendarmes ne sont pas les mêmes que la police nationale. 14 personnes ont perdu la vie à l'occasion d'un contrôle de police, si on compare avec l'Allemagne, c'est une seule personne. - 12, sur 14... - Je ne crois pas que dans leur pays, personne ne force un barrage.
Il y a l'usage des armes à feu...
Quand on regarde en plus le cas...
Les personnes qui perdent la vie ce sont souvent des jeunes, issu de l'immigration et de quartiers plus populaires. On peut discuter de ça et que peut-être en raison de la formation aussi, les policiers utilisent les armes à feu quand un certain type de délinquance...
Je vous donne explication. J'aime bien les policiers. C'est souvent des gens de province qui arrive en région Ile-de-France qui ont un rapport un peu extérieur vis-à-vis de la population et ont un regard envers la jeunesse qui vive de manière hostile.
A l'inverse, culture dans cette jeunesse d'hostilité vis-à-vis de la police. Il faut travailler à ce que tous les gens se reparlent. Et ne pas rentrer dans le tas. - Je pense qu'il faut rétablir de manière générale l'autorité et l'ordre dans ce pays pour faire repartir le cercle républicain de manière vertueuse.
Aujourd'hui,...
Vous avez été profs d'histoire, je les salue, les profs ont peur. Les élus ont peur, les gens dans les hôpitaux aussi. Il y a des agressions partout.
La délinquance pense à tort ou à raison que l'Etat est en train de faillir. Il faut faire repartir l'Etat. Dans les détails, vous avez raison.
Il faut que la peur change de camp. Une fois qu'on aura rétabli l'ordre républicain, on pourra reconstruire des raisons de vivre ensemble. On parlait tout à l'heure des jeunes des quartiers, je dis à ceux qui sont pris en étau entre les islamistes et les narcotrafiquants de jouer le rôle de la république et de devenir eux-mêmes profs, militaires...
Il faut leur donner envie. - Il y a beaucoup de sujets dans ce sujet. - On a que deux minutes. - Il faut commencer à rétablir l'ordre sinon va la catastrophe. - Déjà, l'ordre républicain, ce n'est pas vrai qu'à Seine-Saint-Denis on est agressé toutes les minutes.
Ce n'est pas vrai. - Depuis 15 ans, le nombre de crimes, de tentative d'homicide a doublé. Le SAMU... - Il est vrai qu'il y a des personnes de plus en plus jeunes qui utilisent des armes.
Je l'observais dans ma circonscription, des jeunes ont perdu la vie dans les règlements de compte. On ne découvre rien. Il y a toujours eu de la violence.
La question de la sécurité doit être pensée dans son ensemble. Ce que je vous reproche, pour faire simple, vous abordez cela de manière trop sécuritaire en oubliant que toute une série de choses dans les quartiers, l'éducation, les associations ont été réduites à peu de choses et qu'on n'a plus qu'un rapport sécuritaire. La police nous dit qu'ils ne peuvent pas régler tous les problèmes. - Je suis d'accord avec vous mais il faut que la police puisse sereinement piétonnier dans les quartiers et qu'il faut rétablir.
Il faut qu'il y ait un minimum de nettoyage qui soit fait. Il faut que les quartiers ne soient plus laissés au nom des délinquants. Les populations les plus défavorisées sont celles qui... - Un jeune s'est fait assassiner en bas de chez moi.
Qu'est-ce qu'on fait ? Ceux qui me disent, c'est le trafic international. C'est un énorme business.
Le Maroc, on sait très bien qu'il y a beaucoup de droit qui vient de là-bas. Ce n'est pas les flics de quartier qui vont régler ça, on ne touche pas vraiment au problème. - Vous allez adorer mon livre.
J'aborde de manière plus complexe ce dont on parle. Les problèmes doivent être résolus en se retroussant les manches. La sécurité est une politique sociale. - C'est un tout, ça doit être vécu comme tel et pour trouver un sujet de désaccord, ça peut être critiqué.
Je pense à une jeune fille qui s'appelait Inès qui s'est prise une balle dans la tête car une personne avait pris un volant et avait refusé un barrage. Ce n'est pas tolérable. - Merci.
Merci à vous deux d'être venu sur le plateau pour échanger. Demain, c'est un bel anniversaire. L'anniversaire des premières femmes élues députées. avec un documentaire. "Femmes à l'Assemblée". - Je pense à Jacqueline Chonavel, elle a 101 ans, Vice-Présidente à l'Assemblée nationale, peut-être qu'elle me regarde, je la salue. - Bonne soirée à tous sur la chaîne parlementaire et à lundi.
Alexis Corbière