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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 17 mars 2020 51 minAutoproduitActualité / polémiqueSantéEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

« Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant ! » : bilan tragique de la Covid-19 au stade 3

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « pour ne pas dire criminels »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « le gouvernement français a continué d'appliquer sans sourciller et de façon complètement stupide la libre circulation des personnes que lui imposent les traités européens. »
  • 3:36Invité politiqueFait
    « Ce virus n'a pas de passeport »
  • 5:00Invité politiqueFait
    « Le gouvernement français n'a rien fait et rien anticipé. »
  • 5:36Invité politiqueFait
    « nous avons des dizaines de millions de masques en stock en cas d'épidémie »
  • 6:19Invité politiqueFait
    « le risque d'importation de ce virus depuis Wuhan était quasiment nul et que le risque de propagation du coronavirus dans la population était très faible. »
  • 9:09Invité politiqueFait
    « Très peu de tests de coronavirus sont disponibles. »
  • 9:49Invité politiqueChiffre
    « 60% à 70% des Allemands pourraient être infectés »
  • 18:09Invité politiqueChiffre
    « chaque jour, le nombre de personnes infectées augmente environ de 25% en France. »
  • 25:15Invité politiqueChiffre
    « la France dilapide chaque année, au titre de sa contribution nette au budget européen, l'équivalent d'une cinquantaine d'hôpitaux comme celui de Melun »
  • 42:13Invité politiqueChiffre
    « notre contribution nette au budget européen, qui représente quelque chose comme 10 milliards d'euros par an »
  • 42:52Invité politiqueChiffre
    « nous versons chaque année 2,5 milliards d'euros à la Pologne pour que celle-ci s'achète notamment des chasseurs, des avions de chasse, des chasseurs F-35 américains. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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François Asselineau

Mes chers compatriotes. Nous sommes ce soir le dimanche 15 mars 2020. Et il me paraît urgent de faire le point sur la crise dramatique dans laquelle la France est en train de s'enfoncer. Je veux parler bien entendu de la pandémie mondiale et de l'épidémie nationale de coronavirus. Force est de constater qu'Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont jusqu'à présent géré cette crise du coronavirus avec une incompétence, une impréparation, un aveuglement coupables pour ne pas dire criminels.

Ils n'ont tiré strictement aucun enseignement de ce qu'il s'est passé en Chine depuis décembre 2019 et de la décision des Chinois du 22 janvier 2020 de procéder à des mesures drastiques de confinement des populations. Macron et Édouard Philippe n'ont pris en aucun cas la mesure de ce qu'avaient décidé les autres États, à part la Chine, (NDLR : je n'ai pas compris le « à part la Chine ») avec une suffisance, un mépris, liés avec une très grande ignorance, nos dirigeants ont fait comme si, bien entendu, les Chinois étaient un peuple dirigé par de sales dictateurs, un peuple de crétins, sans aucune réflexion. Et on brocardait les décisions prises par la Chine.

Au point que entre le mois de janvier (NDLR : 2020), le 22 janvier, lorsque le gouvernement de Pékin a décidé le confinement des populations, jusqu'au 15 mars, pendant presque 2 mois, les dirigeants français n'ont rien fait. Il n'y a pas d'ailleurs qu'avec la Chine qu'Édouard Philippe, Emmanuel Macron et le gouvernement ont fait preuve d'outrecuidance, d'imbécillité et de mépris. Alors que de nombreux États commençaient à appliquer un strict contrôle frontalier très rapidement avec les pays infectés, le gouvernement français a continué d'appliquer sans sourciller et de façon complètement stupide la libre circulation des personnes que lui imposent les traités européens.

La première mesure de protection aurait dû être normalement de se couper de tous les foyers infectieux, en particulier l'Italie et l'Espagne. Je rappelle qu'à travers le monde, un certain nombre de pays ont pris très rapidement des mesures justement de confinement de leur population et de fermeture des frontières pour empêcher que, justement, des personnes infectées viennent chez elle. C'est pas du tout ce qui a été fait. Macron a tourné en dérision ce type de décision fondamentale. Il a affirmé à la télévision, pas plus tard que le 12 mars... Le 12 mars... Nous sommes le 15. C'est-à-dire : il y a 3 jours, Macron expliquait encore – je le cite – que « Ce virus n'a pas de passeport ».

Qu'est-ce que ça veut dire, « Ce virus n'a pas de passeport » ? Bien entendu, on comprend qu'il ne s'arrête pas par des frontières physiques. Mais ce que l'on peut arrêter par les frontières physiques, ce sont les porteurs du virus. Ce sont justement les personnes. Au même moment, Macron étant un peu dérangé du cerveau, comme je l'avais expliqué dans mon analyse sur son discours devant l'École de guerre... Il passe son temps à dire une chose et son contraire. Donc tout en disant que le virus n'a pas de passeport, il n'a pas hésité à se contredire quelques instants après en indiquant qu'il faudrait éventuellement fermer les frontières, mais « à l'échelle européenne ».

Ça, c'est le sauf-conduit, hein. Si on dit « à l'échelle européenne », à ce moment-là, on a le droit de tout dire. Ces gens ne sont pas libres dans leur tête. Ils estiment que dire qu'il faudrait rétablir les frontières en France pour empêcher la propagation du virus, ça serait – oh, oh ! – l'abomination de la désolation. Mais à partir du moment où on dirait « L'Europe », d'un seul coup, on devient beaucoup plus dans le vent, beaucoup plus mainstream, comme on dit. Et donc M. Macron a dit qu'il fallait faire (des) frontières européennes, mais il a fait comme si la libre circulation des personnes n'avait pas déjà volé en éclats.

Il a fait comme si les autres pays membres de l'UE étaient d'accord avec lui. Ce qui n'est pas le cas. Le gouvernement chinois a assuré tout de suite un approvisionnement massif de masques de protection à sa population. Au même moment, le gouvernement français n'a rien fait et rien anticipé. L'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui s'est d'ailleurs ramassé ce soir même une gifle aux élections municipales à Paris... Mme Buzyn avait déclaré avec morgue, comme si c'était la marquise spécialiste mondiale de la lutte contre les épisodes d'infection et les pandémies... Elle avait déclaré : « Il ne faut pas acheter de masques en pharmacie. C'est totalement inutile ». Ah bon ?

Ça veut dire que Mme Buzyn nous explique qu'elle est plus compétente que des centaines de millions de Chinois, d'Asiatiques qui, depuis des décennies, lorsqu'il y a des épidémies, mettent justement des masques pour éviter la propagation. D'ailleurs, Mme Buzyn avait indiqué que de toute façon, – je la cite – « nous avons des dizaines de millions de masques en stock en cas d'épidémie ». Ah bon ? Mais est-ce que vous avez essayé ces jours-ci d'acheter des masques en pharmacie ? Dans toutes les pharmacies de France et de Navarre, on vous dit qu'il n'y a pas de masques.

Je rappelle aussi que c'est la même Mme Buzyn, ministre de la Santé, qui avait affirmé fin janvier 2020 que le risque d'importation de ce virus depuis Wuhan était quasiment nul et que le risque de propagation du coronavirus dans la population était très faible. Mais enfin quand on est d'une telle incompétence... Mais Mme Buzyn devrait quitter le gouvernement. C'est d'ailleurs ce qu'elle a fait. Mais elle devrait surtout quitter la scène publique. Il faudrait d'ailleurs... Et je pense que nous y arriverons. Ce sera une de mes conclusions.

Il va falloir demander des comptes à tous ces gens qui se permettent de dire devant des millions de Français, avec une suffisance, une morgue, un orgueil qui n'a d'égal que leur totale incompétence et ignorance des propres dossiers... Qui se permettent de dire des contre-vérités monumentales. Elle n'est pas la seule. Le ministre de l'Éducation, M. Jean-Michel Blanquer, très occupé à détruire ce qui reste de l'Éducation nationale, a affirmé jeudi 12 mars, il y a 3 jours, – je le cite – que fermer les écoles n'est pas la stratégie adoptée. Quelques heures après, Macron (lui-même), le soir même, démentait M. Blanquer. Qu'est-ce que ça signifie ? Qu'est-ce que ça signifie ?

Quel est ce gouvernement de pieds nickelés ? Quoi qu'il en soit, on est dans une situation absolument hallucinante où quand on lit les conseils du gouvernement, on vous explique qu'il faut se laver les mains très souvent avec du savon ou avec une solution hydroalcoolique, sauf que quand vous allez dans une pharmacie, il n'y a pas plus de solution hydroalcoolique que de masques de protection ou que de beurre en broche. On se moque des Français dans une situation qui est exceptionnellement grave, puisque ce sont des centaines, des milliers, peut-être des dizaines de milliers de morts qui sont à la clé de toute cette affaire.

Car la maladie, malheureusement, se développe maintenant de façon incontrôlée en France, et pratiquement aucun Français n'a de masque ni de gel hydroalcoolique, pourtant indispensables à la désinfection quand il n'a pas de savon et d'eau courante. Alors que le gouvernement chinois a très rapidement décidé de mesurer systématiquement la température des personnes pour détecter dans une foule les malades et les isoler afin de casser la propagation du virus, rien de tel n'a été fait en France, chez nous. Chez nous, aucune prise de température systématique, notamment dans les centres commerciaux, dans les transports, et quasiment... Très peu de tests de coronavirus sont disponibles.

Alors que l'épidémie a touché à ce jour un peu plus de 100 000 personnes en Chine, où l'on considère qu'elle est en voie de refluer, Mme Merkel a estimé que 60% à 70% des Allemands pourraient être infectés. 60% à 70% des Allemands pourraient être infectés... Je rappelle qu'il y a eu 100 000 cas à peu près en Chine et qu'il y a à peu près 1,450 milliard de Chinois. Donc s'il y avait en Chine 60% à 70% de Chinois infectés, eh bien ça nous fait quelque chose qui ne devrait pas être loin du milliard de personnes, et non pas de 100 000.

C'est-à-dire qu'il y a un rapport de 1 à 1 000 entre les projections faites en Allemagne – et comme on va le voir dans un instant en France – et ce qui s'est réalisé en Chine. Les pourcentages de 60% à 70% qu'évoque Mme Merkel pour l'Allemagne, s'ils s'appliquent à la France... Ce qui est admis par certains scientifiques. Et d'ailleurs, M. Blanquer lui-même l'a annoncé hier. Il a annoncé qu'il pourrait y avoir plus de 50% de la population qui serait infectée.

Eh bien ça signifie que nous pourrions avoir entre – disons – 30, 32, jusqu'à 40 ou 45 millions de Français infectés, c'est-à-dire environ 400 à 460 fois plus que le nombre de Chinois touchés par le coronavirus, grâce à l'action extrêmement rapide et énergique du gouvernement de Pékin. Pour se défendre de n'avoir pas pris de mesures préventives rapidement, notamment de confinement, le gouvernement français, par la voie de son nouveau ministre de la Santé, M. Olivier Véran, a décidé, toute affaire cessante, d'incriminer – tenez-vous bien – les réseaux sociaux, sur France Inter. Il a expliqué sur France Inter un raisonnement que je n'ai toujours pas compris, que je vous lis – je le cite –.

Monsieur le nouveau ministre a dit ceci : « La Chine a une capacité de réactivité ». Merci de le reconnaître. « Elle a pris ses responsabilités en prenant des mesures de confinement très rapidement ». Merci de le reconnaître. « Je ne suis pas sûr qu'il serait possible de réaliser ça dans un pays où les réseaux sociaux seraient ouverts ». Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

Ça veut dire qu'on voit bien que le gouvernement français essaye de faire croire que cette mesure de coercition serait une mesure attentatoire aux libertés, une mesure quasiment crypto-fascisante, etc., etc., et que dans un grand pays de liberté comme la France, ça serait extrêmement difficile, la liberté étant les réseaux sociaux. On a un peu l'impression, même, que ça voudrait dire que si on est amenés un jour à faire pareil, il faudra bloquer les réseaux sociaux. Qu'est-ce que c'est que ces raisonnements complètement controuvés et dangereux ? Non, M.

Véran, le fait qu'il y ait ou non des réseaux sociaux n'a rien à voir avec le fait qu'un État ait de l'autorité et décide avec autorité de procéder au confinement des populations. C'est d'ailleurs ce que le gouvernement français, contraint par les faits, est en train de faire. Continuons notre comparaison.

Alors que le gouvernement chinois a fait construire en urgence 16 hôpitaux de campagne dans la région de Wuhan, là où est née l'épidémie, et que ce gouvernement en a déjà fermé 14 en raison de la baisse du nombre de cas, ce qui fait que l'opération a été bien menée – ces hôpitaux ont été créés en quelques jours pour faire face à l'afflux de malades –, eh bien Macron et Philippe n'ont pris quant à eux aucune mesure pour augmenter massivement nos capacités d'accueil et de soin des personnes infectées. Or, les hôpitaux français sont saignés à blanc par des décennies et des décennies d'austérité budgétaire en application des règles européennes.

Il en est de même bien entendu des services d'urgence. Or, c'est justement là qu'est le problème, puisque comme le montre le cas italien, où la situation du système hospitalier italien est à peu près comme en France, due aux contraintes européennes, (aux) contraintes budgétaires, et (aux) partisans de ce qu'on appelle l'hôpital des flux et non pas l'hôpital des stocks...

C'est-à-dire qu'au lieu d'avoir des stocks de machines, des stocks de machines d'intubation, d'avoir des stocks de masques, d'avoir des stocks de gants, d'avoir des stocks de produits hydroalcooliques, d'avoir des stocks qui ne sont pas utilisés de seringues, de tous les produits (dont a besoin un hôpital), maintenant, c'est systématiquement le flux tendu, c'est-à-dire avoir le moins de stock possible pour que ça coûte le moins cher possible. Oui, sauf que qu'est-ce qui se passe lorsque d'un seul coup, on a brutalement besoin de stocks 10 à 15 ou 100 fois supérieurs à la moyenne ?

On est dans cette situation notamment en Italie, qui a – paraît-il – 6, 7 ou 8 jours d'avance sur nous dans le désastre. Et on apprend que le système hospitalier italien est dans une situation absolument catastrophique.

On voit affluer d'Italie des témoignages bouleversants de médecins, d'aides-soignants, d'infirmières, qui expliquent qu'ils sont forcés de sélectionner les malades du coronavirus qu'ils vont sauver et ceux qu'ils vont laisser mourir faute de moyens, puisque – vous le savez – la conséquence de cette maladie, c'est qu'elle peut provoquer soudainement une détresse respiratoire, et il faut absolument à ce moment-là pouvoir intuber le patient en lui ventilant de l'air directement dans les poumons, voire en lui prélevant du sang, en oxygénant le sang et en lui remettant du sang oxygéné dans le corps. Sinon, la personne risque de mourir étouffée.

Mais pour cela, il faut avoir non pas 7 000 lits comme en France, 5 000, 6 000, 7 000 ou 8 000 lits d'urgence comme en France. Il faut en avoir... Au pire de l'épidémie, il faudrait peut-être (avoir 100 000 lits). C'est exactement le problème auquel est actuellement confrontée l'Italie, et le problème vers lequel la France fonce tout droit du fait de l'inaction criminelle de Macron et du gouvernement français ! Quant aux premières mesures de confinement de la population, Macron et Philippe viennent tout juste de les annoncer. Mais c'est trop tard : trop tard pour tuer dans l'œuf la propagation du coronavirus. Il aurait fallu faire ça à l'aune de l'expérience chinoise.

À partir du moment où – je le disais tout à l'heure – les Chinois ont commencé à faire ça le 22 janvier, un gouvernement digne de ce nom aurait fait un examen très précis de la situation en Chine. Ils auraient d'ailleurs très bien pu envoyer une mission à Pékin pour se renseigner sur les tenants et les aboutissants. On a une coopération scientifique franco-chinoise. On a une ambassade à Pékin. On a un service scientifique à Pékin. On a une ambassade de Chine en France. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu immédiatement des contacts qui aient été pris à très haut niveau pour demander aux Chinois : « Pourquoi faites-vous cela ? Quel est l'objectif que vous poursuivez ?

Qu'est-ce que vous entendez faire ? Qu'est-ce qui se passe ? Et pourquoi est-ce que nous, on peut faire autre chose ? Et qu'est-ce que vous nous conseillez ? » ? Mais non. Les Français – c'est bien connu – sont plus malins que tout le monde. Et puis les Français sont lancés dans une construction européenne ayant vocation à faire contrepoids à la Chine. Et donc on a considéré que les Chinois étaient des crétins. Au passage – au passage –, quand je dis « on », j'ai l'impression que la situation est un peu plus compliquée que ça. J'ai l'impression qu'à la tête de l'État, il y a maintenant un véritable problème. C'est qu'il semble – il semble – que Macron soit complètement à la masse.

Parce qu'il y a quelque chose qui vient de se produire et qui est extrêmement rare dans le gouvernement français. C'est que les deux têtes de l'exécutif se sont quasiment contredites à 48 heures d'intervalle. Elles ne sont plus sur la même longueur d'onde, puisque Macron : le président de la République, a annoncé jeudi 12 mars qu'il allait faire un geste fort... On s'en fout, qu'il fasse un geste fort ou faible ou... Il s'agit pas de faire un geste. Il s'agit de prendre des mesures d'homme d'État pour régler un problème sanitaire majeur qui risque de provoquer des milliers, des dizaines de milliers, peut-être même des centaines de milliers de morts.

Normalement, le jeudi 12 mars, Emmanuel Macron aurait dû prendre des décisions fermes et définitives, avec effectivement la fermeture des écoles, des lycées, des collèges, mais également la fermeture des commerces, des restaurants, des bars, etc., et avec le confinement de la population, et éventuellement en ayant recours à l'article 16 de la Constitution. Il ne l'a pas fait, mais c'est Édouard Philippe qui, deux jours plus tard, l'a fait, en annonçant 48 heures après la fermeture d'un grand nombre de commerces. Il ne s'était pourtant rien passé entretemps. Alors qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie qu'on a perdu 2 jours.

Or, chaque jour compte, puisque chaque jour, le nombre de personnes infectées augmente environ de 25% en France. Ça veut dire qu'en 2 jours, il y a eu 50% de personnes infectées en plus (NDLR : plutôt 56%, puisque 1,25² = 1,5625). Ça veut dire que si les décisions avaient été prises dès le 12 mars, on aurait quand même gagné. Or, il s'agit d'une course de vitesse entre l'augmentation du nombre de personnes infectées et les moyens disponibles dans les services de réanimation pour intuber les malades. Est-ce que c'est si compliqué à comprendre ?

Je rappelle d'ailleurs que c'est le même Emmanuel Macron qui, le 9 mars, il y a 6 jours, a jugé bon d'aller avec dame Trogneux sur les Champs-Élysées pour inaugurer un café : le Café Joyeux, en disant que c'était formidable d'aller ouvrir un café. On n'a jamais vu ça. On n'a jamais vu ça. D'abord un président de la République qui se déplace pour l'inauguration d'un café. Deuxièmement, même si c'est un café pour handicapés, donc pour une cause sympathique, c'est quand même pas forcément le rôle d'un président de la République d'aller inaugurer une brasserie. Mais (NDLR : troisièmement), 5 jours avant que le gouvernement ne décide de le fermer ! Et j'ajoute encore que lorsque M.

Macron s'est rendu à cet endroit, il a fait des plaisanteries totalement déplacées. Il a dit qu'il était mort de rire. Il a plaisanté sur le coronavirus alors que nous savons maintenant de façon certaine que le nombre de morts en France est en train de grimper de façon exponentielle. Ce monsieur qui se rendait voici une semaine dans un théâtre parisien en expliquant qu'il fallait que les Français continuent à vivre comme d'habitude et qu'ils continuent à aller au théâtre, et se laissait photographier en Superman comme on l'a vu récemment... Macron est... Il est dingue ! Il plaisante de choses qui sont des drames humains effrayants ! Il y a déjà plus de 150 morts en France du coronavirus.

Ça me rappelle lorsqu'il était allé à Mayotte, qu'il avait fait cette plaisanterie qui lui a définitivement aliéné la sympathie de tous les peuples d'Afrique de l'Est : lorsqu'il s'est permis de plaisanter sur les immigrants clandestins venant des Comores pour aller à Mayotte, et qui se noient, et qu'il avait dit : « Avec des kwassa-kwassa, on pêche le Comorien dans le détroit de Mozambique ». C'est même pas de l'humour noir. C'est... C'est de... Ça n'a même pas de qualificatif. C'est pas tout. Alors que des mesures de plus en plus drastiques sont prises, les élections municipales ont été maintenues pour le dimanche 15 mars, aujourd'hui même.

Là aussi, on tombe du placard, parce que soit ça n'est pas grave, auquel cas on peut faire les élections, soit c'est grave au point qu'il faut fermer en urgence les bars, les restaurants, etc., tous les rassemblements humains, auquel cas il faut reporter les élections. On prête – d'après les gazettes – à Macron la volonté d'avoir voulu reporter les élections. Et paraît-il que c'est Gérard Larcher : le président du Sénat, Laurent Fabius : le président du Conseil constitutionnel, qui seraient intervenus pour dire qu'il n'en était pas question. Et M. Macron aurait cédé ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

On a l'impression que Macron est une espèce de bouchon sur l'océan qui ne sait plus quoi décider en rien. Est-ce que par hasard il n'y aurait pas eu des considérations de nature politique ? Parce qu'effectivement, si En marche savait qu'il allait faire de mauvais résultats maintenant, il peut anticiper que si on entre dans une période d'épidémie dramatique et qu'il y a des milliers de morts en France, il est possible que si les élections sont reportées après cette bouffée d'épidémie, c'est-à-dire reportées au mois de juin après plusieurs milliers de morts... Il est possible que les électeurs soient encore plus sévères avec En marche.

Mais si c'est ça le raisonnement, il est absolument abject. Il est abject. D'ailleurs, à propos d'abjection, j'entends ici ou là, notamment M. Mélenchon qui dit qu'il faut une union nationale avec le gouvernement, tati et tata. Oui, tiens donc, une union nationale. Je rappelle qu'on a fait savoir dans les médias que le Premier ministre avait décidé de réunir tous les partis politiques français pour leur donner les informations de la dernière actualité et recueillir leurs avis. Je signale que bien entendu, ni moi-même ni aucun responsable de l'UPR ni l'UPR en tant que telle n'a été conviée, toujours au même motif que nous n'entrons jamais dans la bonne case. Voilà.

Il se trouve que ce soir même, nous avons, dans les élections municipales dans deux villes : à Saint-Arnoult-en-Yvelines et à La Courneuve, des candidats qui dépassent les 10% et les 11% des suffrages. Il se trouve que sur la plupart des villes où on se présentait, on constate une poursuite de l'augmentation de notre influence, où l'on a maintenant 6 ou 7 villes qui dépassent 2% des suffrages. Nous ne comptons toujours pour rien, au motif que nous n'avons pas de député à l'Assemblée nationale. Voilà comment ça se passe dans la politique de M. Macron. C'est-à-dire que l'union nationale passe quand même après les petits calculs politicards.

La presse française a également d'ailleurs tiré à boulets rouges sur Donald Trump, parce que Donald Trump a fait du confinement, a fermé les frontières. Et aussitôt, la presse française, relayant les européistes français, (a dit) que ça n'était pas la bonne façon de s'y prendre. C'est pas la bonne façon de s'y prendre, mais c'est quoi, la bonne façon de s'y prendre ? C'est s'y prendre comme Macron et Édouard Philippe, avec maintenant une croissance exponentielle du nombre de morts ?

En réalité, la crise du coronavirus démontre que la Chine est devenue un pays développé avec des moyens d'action extrêmement puissants, tandis que la France, qui était autrefois au firmament du développement économique, sanitaire et social, lorsqu'elle était un pays libre et souverain, lorsqu'elle était dirigée par des dirigeants, à commencer par Charles de Gaulle, qui voulaient le bien de (leur) population... Eh bien la France accuse désormais un retard flagrant, un retard stupéfiant par rapport aux grandes puissances du XXIe siècle. Voilà la réalité de la situation.

À l'instar de l'Italie, la France devrait demander en urgence de l'aide à la Chine, afin de contrecarrer l'épidémie de coronavirus au plus vite. Parce qu'une chose est certaine. C'est que cette aide ne va pas venir des autres pays de l'UE. Je voudrais m'arrêter sur ce point. Ce qui est en train de se passer est d'une importance sanitaire considérable. Ça risque de se solder par des milliers et des milliers et des milliers de morts. La responsabilité de Macron et du gouvernement est pleinement engagée. Et ils auront à en rendre compte devant la nation. Mais ce qui est en train de se passer va au-delà.

La gestion du coronavirus en Chine et en Europe est en train de faire apparaître au grand jour deux réalités fondamentales. La première réalité fondamentale, c'est qu'en cas de crise majeure, il faut en revenir à la nation. Seul un État-nation puissant et souverain est capable de prendre les bonnes décisions, des décisions rapides et efficaces pour son peuple. Ça n'est pas nouveau. Je l'ai déjà dit 50 fois depuis 13 ans que j'ai créé l'UPR. J'ai déjà souligné à tous ceux qui voudraient être une Bretagne indépendante, une Corse indépendante dans le cadre de l'UE... Les malheureux !

Lorsque par exemple il y a un cas comme le tsunami qui était intervenu en Thaïlande, que des personnes avaient disparu ou qu'il fallait rapatrier en urgence, c'est toujours vers le gouvernement français que l'on se tourne, et non pas vers une Europe qui n'existe pas en fait. En réalité, face aux grands drames, il n'y a que l'État-nation, l'État de ses pères, sa patrie qui est là pour vous protéger. Le gouvernement central chinois fait d'ailleurs la démonstration éclatante qu'un État puissant, souverain, ayant de l'autorité, mettant en œuvre une stratégie offensive, dotée de moyens en conséquence... C'est cet État-là qui peut réussir. Et c'est ce qu'est en train de réussir la Chine.

À l'inverse, la France, depuis maintenant une trentaine d'années, depuis même bientôt 40 ans, depuis le traité de Maastricht... Et on pourrait même remonter un peu au-delà. Depuis une quarantaine d'années, la France s'est dépouillée petit à petit de l'essentiel de son pouvoir, avec notamment cette série de traités européens qui lui a siphonné son pouvoir. En faisant cela, la France s'est affaiblie dans ses moyens d'action. La France, pour cause d'euro, a imposé depuis deux décennies une austérité sans fin : cette austérité qui lui est réclamée par la Commission européenne par le rapport des GOPÉ, et par la BCE, qui demande sans cesse et sans cesse plus de restrictions budgétaires.

Le résultat en est que tous nos services publics, à commencer par les hôpitaux et les services d'urgence, sont désormais exsangues. En se fondant depuis (NDLR : 28 ans) dans cette chimère d'Union européenne, la France a progressivement perdu les dirigeants qu'elle avait jadis. Elle n'a plus de chef d'État de la trempe de Charles de Gaulle ou d'un Georges Pompidou. La France est désormais dirigée par des ectoplasmes, des figurants, des personnages de théâtre, des acteurs de cinéma, qui sont totalement inaptes à exercer leurs fonctions, qui n'arrivent pas à se montrer à la hauteur du danger.

Je l'ai dit et redit : nous n'avons plus de présidents de la République, nous avons des présidents à usage unique : des Sarkozy, des Hollande, des Macron, qui sont des marionnettes désignées à la tête de la France par les médias et par une oligarchie financière.

Et ces marionnettes qui n'ont de cesse que d'apprendre à répondre conformément à ce que leur conseillent leurs conseillers en stratégie marketing, en faisant des discours qui n'ont ni queue ni tête, des discours qui alignent des phrases sonores et sans aucune signification, des discours complètement contradictoires dans leurs termes, des en-même-temps à la Macron, des discours qui ne sont fondés sur rien, si ce n'est que l'aveuglement idéologique et la soumission totale à l'européisme. Eh bien nous avons des dirigeants ainsi choisis qui n'ont plus aucune stratégie, aucune vision des risques et des menaces qui nous entourent.

En fait, ils n'ont aucun plan pour assurer la protection des Français, l'autosuffisance vestimentaire, l'autosuffisance alimentaire, l'autosuffisance militaire, l'autosuffisance sanitaire en cas de crise. Ils sont les symboles mêmes de la destruction de l'intelligence de notre pays. La deuxième réalité fondamentale que cette affaire de coronavirus est en train de faire ressortir, c'est que la solidarité européenne est un mythe et que l'UE est en train de voler en éclats.

Si l'on peut me permettre, cette affaire de coronavirus, (elle) montre que toute la construction européenne, toute cette union sans cesse plus étroite, comme c'est marqué au début du traité de Rome, eh bien est fondée sur des mensonges. La gestion du coronavirus, ou plus exactement l'absence totale de gestion de cette épidémie, confirme de manière dramatique, spectaculaire, aveuglante, que les intérêts nationaux existent et qu'il n'y a que ça qui existe. Il n'y a que Macron qui croit encore à l'existence d'une solidarité européenne. Car enfin qu'est-ce que l'on a pu observer ? Que chaque pays européen a gardé ses masques de protection pour lui-même.

L'Allemagne en a même interdit l'exportation, a bloqué des conteneurs de matériel médical à destination de la Suisse. Le gouvernement allemand a même fait savoir il y a quelques heures qu'il nationalisera les entreprises qu'il estimera d'intérêt stratégique si nécessaire. Ce qui d'ailleurs va frontalement à l'encontre de l'idéologie ultralibérale et anti-État qui sous-tend les traités européens. De la même façon, on apprend que le gouvernement italien a décidé si nécessaire de renationaliser Alitalia : la compagnie aérienne, puisque les compagnies aériennes, du fait de l'effondrement des voyages, consécutif à la fermeture des frontières...

Énormément de compagnies aériennes risquent de basculer dans la faillite. C'est le cas d'Alitalia. C'est peut-être le cas d'Air France : Air France qui vient d'annoncer d'ailleurs qu'elle allait mettre au chômage partiel 80% de ses salariés. Dans le même temps, le gouvernement français, complètement à côté de la plaque, ne rêvait encore il y a quelques jours que de brader Aéroports de Paris, qui gère des infrastructures aéroportuaires stratégiques. Et il a tellement manigancé les médias qu'il ne s'est trouvé que 1 100 000 Français pour voter en faveur du référendum, alors même que l'on sait qu'une écrasante majorité des Français sont contre.

Et donc dans cette situation lunaire où plus personne ne comprend rien, on comprend que finalement, le gouvernement français a décidé de surseoir provisoirement à la privatisation d'Aéroports de Paris uniquement du fait de la déconfiture actuelle de la bourse, elle-même liée à l'épidémie de coronavirus. On parlait des frontières fermées... La plupart des pays européens ont fermé leurs frontières : le Danemark, la République tchèque, la Slovaquie, Chypre, l'Autriche, la Hongrie. D'autres pays limitrophes de la France effectuent des contrôles à nos frontières. C'est le cas de l'Italie et de l'Allemagne.

La libre circulation des marchandises, qui est un autre credo de l'UE, s'en trouve gravement mise à mal. On apprenait d'ailleurs il y a quelques heures que l'Allemagne a décidé de fermer la frontière avec la France. Et on a vu d'ailleurs de façon pathétique l'Élysée essayer de remonter au créneau pour expliquer que non, que en fait, on s'est pas bien compris, que Mme Merkel est en contact téléphonique très régulier avec Macron, et qu'il s'agit de mieux contrôler les frontières. Non, non, non, bernique ! L'Allemagne a décidé de fermer les frontières avec la France.

On a d'ailleurs cette situation assez cocasse où l'on voit Macron expliquer que l'abomination de la désolation serait de fermer les frontières, que ce serait des solutions évidemment scandaleuses, parce que c'est contraire à l'idéologie mondialiste, mais dans le même temps, tous les autres pays du monde ferment leur frontière avec la France. La France qui est en passe de devenir finalement le réceptacle, le cluster – comme on dit maintenant –, le pire pays du monde en matière de gestion du coronavirus. D'ailleurs, on a pu noter au cours des derniers jours que la plupart des pays de l'UE sont en train de laisser tomber les articles des traités européens.

Ils sont en train de remettre en cause la libre circulation des marchandises ou des personnes, la libéralisation à tout va de l'économie, etc., etc. Alors certes, dans Schengen, il y a de prévu des clauses spécifiques où on peut fermer les frontières en cas d'urgence et de nécessité absolues. Mais enfin on voit bien que l'idéologie de la libre circulation des personnes, des marchandises, des biens et des capitaux... Cette idéologie est aussi morte que l'idéologie de la solidarité européenne ! Il n'y a d'ailleurs guère que la France et que Macron qui continuent à implorer de se conformer aux règles européennes.

Mais Macron veut se conformer à des règles européennes auxquelles les autres pays d'Europe ne répondent plus. Devenue le principal foyer mondial de purulence du coronavirus, l'UE a donc entamé sa phase de dislocation, qui à mon avis va s'étendre jusqu'à son effondrement final. Ce processus historique n'est pas sans rappeler celui qui a mené à la destruction de l'Union soviétique et du camp socialiste, à partir de la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986 jusqu'à l'ouverture du rideau de fer à Sopron en Hongrie en avril 1989.

Tout ceci : l'affaire de Tchernobyl, avait révélé au grand jour aux habitants de l'URSS, mais également à l'ensemble des pays du monde, que l'Union soviétique n'était plus viable, que la construction du socialisme avait mené à tant d'impasses par la nationalisation généralisée des moyens de production, que par la négation des intérêts personnels, de même qu'aujourd'hui, on nie les intérêts nationaux, tout ceci avait provoqué de tels dysfonctionnements... Pas seulement en URSS, mais dans tous les pays du monde – sans aucune exception – qui avaient adopté ce système, eh bien on était arrivés au bout du bout. C'est exactement ce qui est en train d'arriver.

L'Union soviétique ne s'est pas effondrée par une révolution populaire ni par des élections libres. L'Union soviétique s'est effondrée parce que c'était une utopie qui ne fonctionnait plus et qui non seulement ne fonctionnait plus, mais provoquait des désastres de plus en plus majeurs et massifs, parce que la population, lassée de constater que son niveau de vie ne cessait de se dégrader, que les libertés publiques avaient disparu depuis belle lurette... Ce peuple, la population soviétique, vivant dans un pays où il n'y avait pas d'avenir, puisqu'on n'avait pas le droit de contester le principe même de la construction du socialisme...

La population soviétique s'était enfermée dans le je-m'en-foutisme, dans l'alcoolisme, dans la volonté de s'enfuir et d'émigrer. Quiconque se rendait – comme je le fis moi-même – en Union soviétique en 1985, lorsque Gorbatchev venait d'arriver au pouvoir, ne pouvait pas ne pas constater que ce pays était d'une certaine façon mort et qu'il avançait comme un zombie vers un avenir indéterminé. Un an après, d'ailleurs... J'y étais allé en 1985. Un an après, moins d'un an après, il y avait la catastrophe de Tchernobyl. Et Gorbatchev mettait tout à plat avec la politique dite de transparence et de restructuration : glasnost et perestroïka.

Eh bien c'est exactement la même chose qui est en train de se produire en Europe. Ça n'est pas encore une révolte des peuples. C'est simplement un système à bout de souffle. Nous allons donc assister, au cours des années qui viennent... Ça n'est pas la première fois que je le dis, mais je le dis chaque jour, chaque fois, avec un petit peu plus d'autorité, due au cours des événements qui ne cessent d'apporter du crédit aux analyses que je fais depuis 13 ans. Nous allons assister à un grand retour des États-nations. D'ailleurs, en Italie, qu'est-ce que l'on a constaté de façon émouvante et pathétique ? Les Italiens qui ont 5, 6, 7 jours d'avance sur nous dans le drame...

Les Italiens sont enfermés chez eux par le gouvernement italien. Eh bien enfermés chez eux... On a eu des témoignages sur Internet. Vous allez l'écouter dans un instant : les Italiens, pour se donner du baume au cœur, entre Italiens, d'une maison à une autre, d'un immeuble à un autre, ils chantent l'hymne national italien, ils chantent le fait que l'Italie ne va pas mourir. Ils ne chantent pas l'Hymne à la joie dont se prévaut l'utopie européiste. {Fratelli d'Italia L'Italia s'è desta Dell'elmo di Scipio S'è cinta la testa Dov'è la vittoria ? Le porga la chioma Che schiava di Roma Iddio la creò} Alors la question est maintenant de savoir ce que veulent les Français.

Est-ce qu'ils veulent continuer à être des éternels sacrifiés de la construction européenne ou est-ce qu'ils vont reprendre en main leur destin, redevenir ce peuple libre, indépendant et prospère qu'il a toujours été dans les grands moments de son histoire ? Concrètement, cela signifie que les Français doivent par exemple décider soit de continuer à payer notre contribution nette au budget européen, qui représente quelque chose comme 10 milliards d'euros par an et qui, du fait du Brexit, va pouvoir peut-être monter jusqu'à 14, 15, 16 milliards d'euros : cet argent qui est dépensé en pure perte.

Par exemple, nous versons chaque année 2,5 milliards d'euros à la Pologne pour que celle-ci s'achète notamment des chasseurs, des avions de chasse, des chasseurs F-35 américains. Est-il normal, est-il légitime que la France dépense cet argent pour des gens qui sont ingrats ? Est-ce qu'il ne serait pas plus légitime de renforcer par exemple notre système de santé pour faire face au coronavirus, pour ouvrir des hôpitaux de campagne, comme ont su le faire en 10 jours les Chinois ?

Qu'attend-on pour aller demander de l'aide aux Chinois pour qu'ils nous aident à construire en 10 jours ces hôpitaux de campagne dont nous avons besoin pour soigner l'afflux énorme de malades qui s'annonce et soutenir nos entreprises, notamment les PME, les artisans et les commerçants, qui vont considérablement souffrir des mesures de confinement ? Oui, on est obligés de prendre des mesures de confinement. Mais ça signifie que des PME, des artisans, des commerçants vont avoir un chiffre d'affaires qui va tomber à zéro. Combien vont être obligés de mettre la clé sous la porte, de tomber en faillite ? Quels problèmes cela va-t-il poser aux banques qui leur prêtent de l'argent ?

Cet argent-là, nous devons absolument... Plutôt que de donner de l'argent à la Pologne, à la République tchèque, à la Croatie, etc., qui dès que nous avons les virus ont fermé leurs frontières, eh bien il faut maintenant que la France arrête de verser cet argent à Bruxelles dès demain ! Et si M. Macron était un chef d'État, il dirait dès demain : « C'est terminé ! La France ne verse plus un sou à l'UE. Maintenant, nous allons construire des hôpitaux de campagne pour faire face au désastre ambiant ».

Dans un précédent communiqué de presse, en date du 31 octobre 2019, que j'ai relu et que vous pouvez retrouver sur notre site, nous avions calculé que la France dilapide chaque année, au titre de sa contribution nette au budget européen, l'équivalent d'une cinquantaine d'hôpitaux comme celui de Melun, dont la construction a coûté 194 millions d'euros. Une cinquantaine d'hôpitaux par an ! C'est ça que nous coûte notre participation à l'UE ! Ce sont des moyens qui, aujourd'hui, nous font cruellement défaut. Et leur absence va causer peut-être des dizaines de milliers de morts !

Voilà ce que sont les résultats de notre appartenance à l'UE, qui paraît-il avait pour objectif, au passage, de faire contrepoids à la Chine ! Mais qui vient en aide en ce moment à l'Italie ? Et qui, demain, va venir en aide à la France sinon la Chine, justement, qui est celle qui nous envoie, qui envoie à l'Italie des tonnes et des tonnes de matériel de soins médicaux alors que les pays d'Europe, eux, ont fermé leurs frontières ? La situation en France pourrait d'ailleurs évoluer dans un sens encore bien plus grave que celui d'une crise économique majeure. Les rangs de la police commencent – semble-t-il – à être également atteints et même ravagés à leur tour par le coronavirus.

Ce qui nourrit le ressentiment des forces de l'ordre contre l'exécutif, déjà responsable de la dégradation du lien entre la police et la population. Emmanuel Macron et Édouard Philippe pourraient donc se retrouver directement et personnellement confrontés aux Français, notamment aux Gilets jaunes, si de nouveaux mouvements sociaux se développaient. Nous ne sommes peut-être pas très loin de dérapages vers ce qu'il va peut-être falloir appeler un jour un début de guerre civile.

Le coronavirus démontre ainsi qu'entre la prétendue construction européenne qui est en train de tout détruire et puis notre santé collective, notre bien-être collectif, notre niveau de vie et même maintenant notre vie, il faut choisir. Les deux sont incompatibles. Seul le Frexit permettra de trancher. Je terminerai cette longue analyse de façon très grave et très triste, en faisant référence à deux citations pour le moins très différentes l'une de l'autre.

La première de ces citations, c'est une citation célèbre qu'avait faite Mikhaïl Gorbatchev, le secrétaire général du parti communiste de l'Union soviétique, le véritable maître du Kremlin, lorsqu'il s'était rendu en RDA en octobre 1989, quelques jours avant l'effondrement du mur de Berlin. Il avait en quelque sorte fait le baiser de la mort au secrétaire général du SED, c'est-à-dire l'équivalent du parti communiste d'Allemagne de l'Est, qui s'appelait Erich Honecker. Et il avait dit à Erich Honecker : « Celui qui est en retard sur l'Histoire est puni par la vie ». Je m'adresse ici à toutes celles et à tous ceux qui m'écoutent.

La France est en train de prendre du retard par rapport à l'Histoire. La France vit sur le mythe de la construction européenne alors que tout le monde a compris que c'est terminé. Même les plus européistes des européistes, même des gens comme Jean Quatremer de Libération ou comme Christophe Barbier de L'Express ne savent plus quoi dire. Ils sont là à dire : « Oui, le drame, c'est qu'il aurait fallu une nation européenne ». Ils ne savent plus quoi dire, de même que les partisans de la construction du socialisme en 1989, 1990, 1991, étaient bouches bées, médusés devant l'effondrement inéluctable d'un système non viable. L'UE, l'utopie européenne est en train de s'effondrer.

Et si la France ne s'en rend pas compte, si la France n'a pas le réflexe vital de s'échapper de cet échafaudage qui est en train de s'effondrer sur elle, eh bien alors à ce moment-là, comme le disait Mikhaïl Gorbatchev, elle sera punie par la vie. Et puis la deuxième citation avec laquelle je clôturerai cette intervention tragique – car les temps sont tragiques –, c'est une citation tirée d'un texte de la Bible, de l'Ancien Testament : un magnifique texte qui s'appelle « L'Ecclésiaste » et qui met en garde depuis 2 500 ans : « Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant et dont les princes mangent dès le matin ! ». Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire : « Malheur à toi, France, dont le peuple, de façon étourdie, hypnotisé par des médias, a choisi un enfant pour le diriger, et dont les princes, c'est-à-dire les ministres, les dirigeants d'entreprise, les députés, les sénateurs, les parlementaires, mangent dès le matin ». Ça veut dire que à la différence du peuple qui souffre dans la Bible et qui n'a rien à manger, on voit une petite oligarchie entourant le roi enfant se gaver sur le dos du peuple. Depuis 2 500 ans, la Bible nous met en garde : « Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant ».

La France ne doit plus avoir comme président de la République un enfant gâté, un enfant pourri, un enfant totalement irresponsable de tout le malheur qu'il apporte à la France. Vive la République et vive la France.