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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 14 septembre 2026 35 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesLogementInstitutions & électionsImmigration & asile

Les droites, combien de divisions ? (Le Pen, Retailleau, Philippe, Attal…)

Source d'origine 8 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 27 %Attaque 51 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 57 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 13:29OuverteRéponse partielle

    Est-ce que Marine Le Pen et Bruno Retailleau ont réussi leur rentrée politique ?

  • 14:56OuverteRéponse partielle

    Bruno Retailleau pourra-t-il aller au bout de sa campagne ?

  • 21:37OuverteRéponse partielle

    Faut-il y voir un retour fondamental du Front National dans cette campagne de Marine Le Pen ?

  • 26:01OuverteRéponse partielle

    Comment a été perçu le discours de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont ?

  • 28:14OuverteRéponse partielle

    Les tensions internes au RN peuvent-elles peser sur la campagne de Marine Le Pen ?

  • 31:40OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une vraie fracture entre les LR et le RN ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21InvitéChiffre
    « entre 2,10 euros le litre de Samplon et 2,30 euros le litre de gasoil »
  • 1:28InvitéChiffre
    « 1 milliard pour 350 000 agriculteurs, ça fait 2500 euros par exploitation »
  • 1:49InvitéChiffre
    « l'accident a fait 44 blessés, dont une jeune femme de 18 ans »
  • 1:59InvitéFait
    « Aucun élément ne permet d'évoquer un acte de malveillance commis avec l'intention de faire dérailler un train »
  • 4:07InvitéFait
    « celui de l'autonomie »
  • 4:38Locuteur 6Fait
    « il y a eu le départ d'Éric Ciotti et il ne faut pas l'oublier, Éric Ciotti était président national de LR »
  • 4:43Locuteur 6Fait
    « Il a quitté LR pour fonder l'UDR en 2024 et s'allié avec le RN »
  • 5:11Locuteur 6Promesse
    « Éric Ciotti espère même décrocher trois des cinq sièges »
  • 5:41Locuteur 6Fait
    « Il est quand même parvenu à imposer trois adhérents de son parti UDR aux trois premières places éligibles »
  • 8:48Locuteur 3Fait
    « Cette union, elle est absolument nécessaire pour pouvoir faire que nous ayons le maximum de sénateurs et de sénatrices pour nous représenter »
  • 10:24Locuteur 5Fait
    « Historiquement, au niveau des sénatoriales en Gironde, il y a toujours eu un peu ce panorama »
  • 12:02Locuteur 2Chiffre
    « Il faut environ 450 voix pour être élue, pour avoir le dernier siège »
  • 12:10Locuteur 2Chiffre
    « l'ERN disposait d'un capital de 100 grands électeurs »
  • 30:25Locuteur 10Fait
    « on observe qu'il n'y a absolument aucun impact sur le socle électoral de Marine Le Pen, Jordan Bardella. »
  • 30:33Locuteur 10Fait
    « le RN dispose aujourd'hui du socle non seulement le plus large, mais le moins volatile. »
  • 33:49InvitéFait
    « il considère qu'Édouard Philippe a trahi en étant le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron. »

Temps de parole

  • Présentateur24 %
  • Locuteur 1018 %
  • Invité17 %
  • Invité 217 %
  • Invité 310 %
  • Locuteur 69 %

≈ 10,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Vous

0:00
Présentateur

écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Stéphane, vous nous rejoignez pour cette revue de presse de nos quotidiens régionaux. On commence par les prix des carburants, Stéphane, qui continue de flamber.

0:19
Locuteur

C

0:19
Présentateur

'est la lune ce matin de l'Union et du Dauphiné.

0:21
Invité

Oui, entre 2,10

0:23
Locuteur

euros

0:23
Invité

le litre de Samplon et 2,30 euros le litre de gasoil, ça pèse beaucoup dans le porte-monnaie des automobilistes. On en a parlé, on en parle encore, parce que Nadine, 61 ans, interrogée par l'Union, explique qu'elle paye 200 euros par mois de carburant. On ne sort plus le week-end, on va moins voir la famille qui habite un peu loin, explique-t-elle. Même constat que Corinne, qui reste plus souvent à la maison, dit la mère de famille au quotidien de l'Aisne. Une situation qui nourrit la colère et laisse planer la possibilité de retour des Gilets jaunes avec cet appel à se mobiliser le 17 octobre. Je les rejoindrai sans problème, lance Nadine à l'Union.

0:58
Locuteur

La

0:58
Présentateur

colère qui s'exprime aussi dans le monde agricole, durement touchée lui par la canicule.

1:02
Invité

Oui,

1:03
Locuteur

c

1:03
Invité

'est à la une du Républicain Lorrain et de Midi Libre. Dans ses colonnes, le quotidien de l'Est revient sur les terres de Jim, plus grande foire agricole en plein air d'Europe. Certains se demandaient si c'était vraiment le temps de faire la fête, confie au journal Jonathan Nondier. Il est président des jeunes agriculteurs en Moselle, d'autant que le plan d'un milliard d'euros du gouvernement face à la canicule pour les agriculteurs ne convainc pas. C'est ce que dit aussi, dans les pages du Midi Libre ce matin, Éric Brunel, qui est éleveur en Lauser, il sort la calculette. 1 milliard pour 350 000 agriculteurs, ça fait 2500 euros par exploitation.

Pour lui, il dit que c'est une manière de supprimer les petits agriculteurs et de favoriser les grandes exploitations.

1:42
Locuteur

En

1:43
Présentateur

Normandie, l'enquête sous haute pression se poursuit après le déraillement d'un TER vendredi soir.

1:46
Invité

Oui, c'est à la une de Paris-Normandie. Ce matin, l'accident a fait 44 blessés, dont une jeune femme de 18 ans qui a été placée en urgence absolue. La victime est toujours hospitalisée, mais n'est plus en danger, a précisé le procureur. Du côté de l'enquête, les policiers cherchent à savoir comment un morceau de rail de plusieurs centaines de kilos s'est retrouvé sur les rails de ce TER. Si certains estiment que cela relève d'un acte malveillant, le procureur reste prudent à ce stade de l'enquête. Aucun élément ne permet d'évoquer un acte de malveillance commis avec l'intention de faire dérailler un train. Voilà ce qu'a écrit le procureur de Rouen dans un communiqué ce week-end.

2:20
Présentateur

Elle est beaucoup plus léger, beaucoup plus réjouissant. La presse de la Manche se fait l'écho du bonheur des fans de Céline Dion qui ont assisté à son grand retour sur scène samedi.

2:27
Invité

Avec six amis qui sont à la une de la presse de la Manche. Six amis originaires du Cotentin qui racontent leur périple pour assister à ce concert qu'elles n'auraient raté pour rien au monde. Un voyage en voiture, une location à Paris pour le week-end, l'attente dans la salle avant le début du concert avec une coupe de champagne siglée Céline Dion. Et elles se sont époumonnées sur tous les titres de la star québécoise. J'irai où tu iras, un garçon pas comme les autres où my heart will go on. Voilà, la liste est longue et elles sont racontées dans les pages de la Manche. 2h30, deux spectacles qui leur laissent des étoiles plein les yeux.

3:00
Présentateur

Voilà, on désespère pas d

3:01
Locuteur

'y

3:01
Présentateur

aller. Merci Stéphane, merci pour cette revue de presse. Vous restez avec nous parce qu'on va ouvrir notre page spéciale sénatoriale. Dernière ligne droite de campagne. L'élection c'est le 27 septembre prochain. Et on va vous faire vivre ces derniers jours de campagne avec la presse régionale, notre reportage dans quelques instants. Mais Stéphane, on le disait, la presse régionale qui se fait l'écho, bien évidemment, de cette campagne des sénatoriels. On commence avec la une de Corse Matin qui nous plonge dans la campagne qui bat son plein.

3:28
Invité

Oui, c'est une campagne pas comme les autres, la campagne des sénatoriels, parce que les candidats doivent convaincre des grands électeurs, en majorité des élus locaux. Le maire de Carbuccia, Pierre-François Bellini, raconte dans Corse Matin comment les prétendants au Sénat sillonnent les villages pour rencontrer les maires. Voilà ce qu'il dit. Les sénatoriales impliquent des discussions dans une ambiance feutrée, très personnelle. On est davantage sur le rapport humain, c'est convivial. Voilà pour la campagne des sénatoriels. On n'est pas sur des meetings, on n

3:55
Locuteur

'est

3:55
Invité

pas sur des rencontres dans des foules, des selfies. Non, loin de là. En Corse, que ce soit la Haute-Corse ou en Corse du Sud, le maire de Carbuccia estime que cette année, il y a un thème central qui n'existait pas vraiment les années précédentes, celui de l'autonomie. Voilà pour les débats en Corse.

4:11
Présentateur

– Allez, on va aller dans un département pas très loin, les Alpes-Maritimes, où là aussi la campagne bat son plein. Pour en parler, on va à Nice, on retrouve Baptiste Bise. Bonjour Baptiste, merci beaucoup d

4:21
Locuteur

'être avec nous ce matin,

4:22
Présentateur

directeur des rédactions de Nice Matin, Var Matin, Monaco Matin. On va faire le point avec vous sur les sénatoriales dans les Alpes-Maritimes. Alors Baptiste, il y a six ans, les Républicains avaient remporté les cinq sièges du département au carton plein et cette année, ils apparaissent en difficulté.

4:37
Locuteur

–

4:37
Locuteur 6

Oui, c'est vrai qu'entre-temps, il y

4:38
Locuteur

a

4:38
Locuteur 6

eu le départ d'Éric Ciotti et il ne

4:40
Locuteur

faut

4:40
Locuteur 6

pas l'oublier, Éric Ciotti était président national de LR. Il a quitté LR pour fonder l'UDR en 2024 et s'allié avec le RN. Et puis entre-temps, surtout, il y a eu les dernières municipales. Éric Ciotti a été élu maire de Nice et deux députés RN ont été élu maires de communes importantes dans les Alpes-Maritimes. Il y

4:56
Locuteur

a

4:56
Locuteur 6

Alexandra Masson à Menton et Brian Masson à Cagnes-sur-Mer. Alors comme l'explique Mathilde Tranois, qui est reporter politique à Nice Matin, dans le dossier qu'on publie aujourd'hui dans les différentes éditions de Nice Matin, la liste UDR-RN apparaît ultra-favorite pour ses sénatoriales. Éric Ciotti espère même décrocher trois des cinq sièges.

5:15
Locuteur

Il

5:15
Locuteur 6

y a dix jours, à Le Vins, le nouveau maire de Nice, qui est président de la métropole de Nice-Côte d'Azur aussi, a fait une démonstration de force véritablement, en rassemblant plusieurs milliers de personnes, lui 16 000, on n

5:25
Locuteur

'a

5:25
Locuteur 6

pas compté, mais ils étaient très nombreux pour sa rentrée politique. Il est vraiment l'homme fort du département aujourd'hui, c'est lui le patron.

5:31
Locuteur

Il

5:32
Locuteur 6

contrôle tout ou presque. Il n

5:33
Locuteur

'y

5:33
Locuteur 6

a qu'à voir la composition de la liste des candidats au sénatorial pour le comprendre. Il est quand même parvenu à imposer trois adhérents de son parti UDR aux trois premières places éligibles, avec le député européen Laurent Castillo en tête.

5:46
Locuteur

On

5:46
Locuteur 6

retrouve un peu la situation des municipales à Nice, où Éric Ciotti avait totalement invisibilisé l'ERN. Au sénatorial dans les Alpes-Maritimes, l'ERN accepte de faire de la figuration.

5:56
Présentateur

Ça,

5:57
Locuteur

c

5:57
Présentateur

'est offensive UDR-RN. Quelle est la stratégie des LR, Baptiste

6:00
Locuteur

? C

6:02
Locuteur 6

'est un peu la débandade à droite, quand même, il faut le dire. Le ministre des Transports, Philippe Tabarro, qui est en retrait de LR, a préféré ne pas se représenter. Quant aux deux sénatrices sortantes, Alexandra Borkio et Dominique Estrosi-Sassonne, elles conduisent toutes les deux une liste, et elles ont toutes les deux reçu l'investiture de LR. Alors Alexandra Borkio, de son côté, elle a su constituer une liste avec des élus de poids, quand même. Sa cote de sympathie est très élevée. Elle peut compter sur le soutien de maires influents dans les Alpes-Maritimes, comme Jérôme Viau à Grasse, Jean Léonetti à Antibes, ou encore David Lysnard à Cannes.

Pour Dominique Estrosi-Sassonne, la donne est un peu différente. Elle joue sa survie en politique. C'est une parlementaire très respectée au niveau national et localement aussi. Mais il faut bien reconnaître qu'elle est affaiblie par la défaite du maire sortant à Nice, puisqu'elle figurait elle-même sur la liste de son ancien mari, Christian Estrosi. Alors dans les Alpes-Maritimes, on voit que les plaques tectoniques bougent encore et que la recomposition de la droite n'est pas totalement achevée. Le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles Anginesi, très respecté lui aussi, était tenté de se présenter et de marcher dans les pas de son père, qui a été sénateur.

Mais depuis qu'il a affiché son soutien à son ami Éric Ciotti durant la campagne des municipales, Charles Anginesi a dû se mettre en congé de LR. Il n'a pour l'instant pas pris position pour les sénatoriales. Soutiendra-t-il Alexandra Borgio, qui fait partie de sa majorité au département ? Ou bien franchira-t-il le pas en soutenant la liste UDRRN

7:27
Locuteur

? Il

7:28
Locuteur 6

lui reste moins de deux semaines pour se prononcer, s'il se prononce.

7:31
Locuteur

La gauche

7:31
Présentateur

dans tout ça, Baptiste

7:32
Locuteur

? Oui,

7:34
Locuteur 6

vous avez raison, Oriane, la gauche dans tout ça. Elle avance en ordre dispersé. Il

7:38
Locuteur

y

7:38
Locuteur 6

a le communiste Francis Tujac, qui est soutenu par le PS et les écologistes. Adrien Noué, qui porte les couleurs de LFI. Et Jean-Christophe Picard, qui se présente en candidat écologiste dissident. De toute façon, dans les Alpes-Maritimes, il faut bien le reconnaître, la gauche, même unie, serait ultra minoritaire.

7:53
Présentateur

Merci beaucoup, Baptiste. Merci

7:55
Locuteur

à vous. Et votre

7:55
Présentateur

dossier spécial sénatorial, il est à lire ce matin, dans Nice Matin Féroce, bataille politique pour les sénatoriales. C'est à lire dans votre journal. Merci, Baptiste, et à très vite. Et on continue notre Tour de France, de la campagne des sénatoriales. Notre reportage en région, en Gironde, où la droite et le centre abordent ces sénatoriales en position de force. Après plusieurs victoires aux municipales, dont la ville de Bordeaux, à gauche, cinq listes se disputent les voix des grands électeurs, tandis que l'ERN espère profiter de la dispersion pour décrocher pour la première fois un siège dans le département. Six sièges à pouvoir et seulement deux sénateurs sortant.

Le match est donc ouvert. Reportage de Cécile Sicsou et Audrey Viettaz.

8:33
Locuteur

Elle

8:34
Présentateur

est la grande favorite. Et pour cause, Nathalie Delattre a réussi un tour de force en Gironde. Bonjour, merci de votre accueil, bonjour. En faisant l'union de la droite et du centre. Sous sa bannière, des membres de LR Renaissance et Horizon.

8:48
Locuteur 3

Cette union, elle est absolument nécessaire pour pouvoir faire que nous ayons le maximum de sénateurs et de sénatrices pour nous représenter.

8:56
Locuteur

En

8:57
Présentateur

Gironde, la droite et le centre partent avec un avantage. Ils ont remporté plusieurs villes importantes comme Bordeaux et Bègles aux dernières municipales. Résultat, ils disposent aujourd'hui de nombreux conseillers municipaux qui sont les principaux électeurs au sénatorial. Un point électoral qui pourrait être décisif. Mais Nathalie Delattre reste prudente et s'appuie sur son bilan. J'ai la chance d'avoir pu proposer des lois, d'avoir des lois aujourd'hui qui sont utilisées comme celles sur les agressions d'élus. On ne sait jamais à l'avance, en fait, même si on a, pour ma part, beaucoup plus de communes engrangées avec l'élection municipale.

Eh bien, ça va dépendre du score des autres listes aussi. Mais j'espère que nous accrocherons le troisième siège. Trois sièges potentiels sur les six à pourvoir dans le département. De quoi laisser de l'espoir aux élus locaux de gauche, réunis ce soir-là à Pugnac, une commune rurale du département.

10:00
Locuteur 10

On a besoin, en effet, d'élus de gauche qui viennent sur ce Sénat et qui rééquilibrent un peu les choses, parce que ça n

10:06
Locuteur

'a

10:06
Locuteur 10

pas été le cas sur ces dernières années. Donc, on compte sur vous.

10:09
Présentateur

Oui, mais voilà, la gauche part en ordre dispersée avec cinq listes. Les communistes, le parti radical de gauche, la France insoumise, les écologistes et le parti socialiste, enfin, alliés, lui, à place publique.

10:22
Locuteur 5

Historiquement, au niveau des sénatoriales en Gironde, il y a toujours eu un peu ce panorama, il faut le savoir. Il y avait beaucoup de demandes et d'exigences particulières qui étaient quand même difficiles.

10:32
Locuteur

La

10:32
Présentateur

dispersion des voix est inévitable, mais les socialistes espèrent incarner le vote utile à gauche.

10:37
Invité

Les grands électeurs, ils sont quand même un peu aguerris à la chose. Ils savent qu'aujourd'hui, les autres listes de gauche en présence ont vraiment peu de probabilité de parvenir à faire un sénateur ou une sénatrice.

10:51
Présentateur

Sur le papier, la situation s'avère donc compliquée pour les écologistes, contraints de partir seuls, eux qui ont perdu les mairies de Bordeaux et Bègle, aux dernières municipales.

11:02
Locuteur

Mais

11:02
Présentateur

il y a un contexte, les ravages des méga-feux de cet été en Gironde pourraient influencer le vote de certains élus.

11:09
Locuteur 4

Même si on ne veut pas être ceux qui prétendront récupérer finalement les voix après les incendies, on n'est vraiment pas du tout dans cette logique-là. Là, pour autant, on sent qu'il y

11:22
Locuteur

a

11:22
Locuteur 4

une prise de conscience généralisée et on sent aussi, on nous le dit en tout cas, que les gens comprennent mieux aussi notre constance, le fait qu'on en ait fait un sujet prioritaire.

11:33
Présentateur

À voir si cela sera suffisant pour conserver le siège de l'écologiste Monique Desmarcots qui ne se représente pas, un siège convoité par la députée RN, Edwige Diaz.

11:44
Locuteur 2

Tout ça, c'est les relances que j'ai faites dans le train, des personnes qui sont d'accord pour nous rencontrer, avec qui il faut caler une date.

11:50
Présentateur

Sa stratégie est affûtée. Depuis des mois, elle rencontre et tente de convaincre des maires sans étiquette,

11:57
Locuteur

un

11:57
Présentateur

à un.

11:58
Locuteur 2

Il faut environ 450 voix pour être élue, pour avoir le dernier siège. Et au lendemain des élections municipales, l'ERN disposait d'un capital de 100 grands électeurs. Donc il nous fallait partir tôt en campagne pour faire un travail de terrain estival aussi. Du coup, tout l'été, nous avons sillonné les routes du département.

12:20
Présentateur

Et il y a un argument qui fait mouche. Si le Rassemblement national engrange 10 sénateurs partout en France, il pourra composer un groupe politique et avoir plus d'influence au Sénat. Edwige Diaz, vice-présidente d'URN, entend bien faire partie. Et voilà pour ce reportage en Gérôme. Tous les jours, à cette heure-ci, on suivra la campagne des reportages dans les départements à Angeu. Mais d'abord, place au débat. Nous allons revenir sur la rentrée de Marine Le Pen et de Bruno Retailleau. Les droites, combien de divisions

12:49
Locuteur

? Marine

12:58
Présentateur

Le Pen et Bruno Retailleau qui tenaient donc tous deux leurs discours de rentrée. Ce week-end, des discours aux allures de projet présidentiel à sept mois du premier tour. Et pour en parler, nos éditorialistes. Nathalie Moret, bonjour.

13:10
Locuteur

Bonjour. Merci d'être

13:10
Présentateur

avec nous, journaliste politique pour les journaux régionaux du groupe Ebra. Les journaux de la façade Est de la France. Arnaud Benedetti, bonjour.

13:17
Locuteur

Bonjour. Merci d'être avec

13:17
Présentateur

nous, directeur de la nouvelle revue politique. Et Mathieu Soukher, bonjour. Merci d'être la essayiste.

13:22
Locuteur

Et

13:22
Présentateur

votre prochain livre, parait en octobre, « Casser la vague » aux éditions de l'Aube. On aura évidemment l'occasion d'y revenir. Mathieu, Nathalie, week-end chargé pour vous. Vous avez suivi les meetings de Bruno Retailleau, de Marine Le Pen sur place à Hénin-Beaumont. Est-ce que, de ce que vous avez vu sur place, vous diriez qu'ils ont réussi leur rentrée

13:39
Locuteur

?

13:40
Invité

Je pense qu'ils avaient l'objectif, avant cette rentrée, de réussir cette rentrée encore mieux qu'ils ne l'ont fait. Pour deux raisons différentes. D'abord, on va commencer par le RN, qui est le plus proche, puisque c'était hier. Le RN a connu une rentrée très mouvementée, avec pas mal de polémiques. Donc, effectivement, je pense que Marine Le Pen se serait passée d'une rentrée qui a été plus émaillée par les silences ou les actions de Jordan Bardella.

Et je pense que pour elle, hier, elle a été assez habile, dans la mesure où elle a essayé, et je pense qu'on y reviendra tout à l'heure, de recentrer le débat et de mettre des choses dans le débat pour justement recréer une dynamique derrière elle. Et c'était sur le thème du logement. Bruno Retailleau, c'est un peu différent. Il est dans une période où il en campagne depuis sept mois maintenant et où il reste, au niveau des sondages, dans l'étiage du score des LR aux dernières européennes. Donc, on a une absence de dynamique du côté de Bruno Retailleau.

Et moi, j'ai senti, lors de son meeting de samedi, certes, des jeunes complètement derrière lui, puisque c'était la rentrée des jeunes LR, mais en même temps, un certain,

14:46
Locuteur

je

14:47
Invité

ne

14:47
Locuteur

veux

14:47
Invité

pas

14:47
Locuteur

dire,

14:47
Invité

pas un doute, mais un certain scepticisme sur l'avenir de la campagne.

14:50
Présentateur

Oui, et on va y revenir. Bruno Retailleau pourra-t-il aller au bout ? On va en parler. Arnaud, de votre point de vue, est-ce que c'est une rentrée réussie

14:58
Locuteur

? C'est

15:00
Invité

toujours une question à laquelle il est difficile de répondre. Ce qui est sûr,

15:03
Locuteur

c

15:03
Invité

'est que, si vous voulez, les enjeux pour l'un et pour l'autre étaient très différents. Marine Le Pen, aujourd'hui, sa situation, c'est celle

15:09
Locuteur

d

15:10
Invité

'une échappée dans une étape du Tour de France qui doit gérer son avance. C'est ça, la situation de Marine Le Pen. Et celle de Bruno Retailleau, c'est quelqu'un qui est plutôt, je veux dire, en fin de peloton et qui doit essayer de s'accrocher au groupe. Donc,

15:24
Locuteur

c

15:24
Invité

'est un peu compliqué pour lui. Si vous voulez, Marine Le Pen avait, en fait, deux objectifs. En effet, premier objectif, faire un peu oublier toutes les controverses ou polémiques qui ont animé, depuis la fin août, la question des relations entre Bardella et Marine Le Pen.

15:43
Locuteur

Elle a réussi bien

15:43
Invité

? C'est un premier point. Deuxième point, oui, elle a plutôt réussi, parce que, je rejoins ce qui a été dit, elle a été assez habile. Finalement, je veux dire, bon, elle a pris un thème qui est le logement, qui jusqu'à présent n'est pas abordé dans la campagne présidentielle. Et le thème du logement, c'est un thème qui est transverse et qui concerne tous les Français et notamment les classes populaires, entre autres, et les classes moyennes. Donc, de ce point de vue-là, elle est très habile. Elle a pris un sujet extrêmement concret qui parle aux Français et, in fine, elle a eu un discours qui était un discours assez déclivant d'une certaine façon. Alors, certes, il y

16:15
Locuteur

a

16:15
Invité

la question toujours de la préférence devenue priorité nationale qui est un sujet qui pose, en effet, un certain nombre d'interrogations sur le plan constitutionnel. Mais de toute façon, là-dessus, il l'assume depuis... C'est l'historique du Front National, même en l'occurrence, il l'assume depuis tout le temps. Donc, ce n

16:29
Locuteur

'est

16:29
Invité

pas un sujet fondamental pour eux. Mais en mettant, si vous voulez, cette question du logement, clairement, il fait que ce matin, qu'est-ce qu'on fait ? On parle des propositions de Marine Le Pen. Donc, de ce point de vue-là, elle a plutôt réussi sa rentrée. Mais non, si vous voulez, ça n'enlève pas toutes les questions qui se posent, en effet, concernant, encore une fois, les relations avec Bardella, la ligne politique sur un certain nombre de sujets, qu'il s'agisse du voile ou qu'il s'agisse de l'économie. Ça, ça reste entier.

17:03
Présentateur

Stratégiquement, politiquement parlant, c'est bien joué de la part de Marine Le Pen. Le discours d'hier est de miser sur un thème central qui est le thème du logement.

17:10
Locuteur

Oui,

17:10
Locuteur 10

elle a fait d'une part du grand classique et à la part ailleurs, je suis totalement d'accord avec Arnaud, innover en utilisant, en employant un thème extrêmement concret et qui constitue un impensé politique absolu. Alors que, dans l'équation sociale de nos concitoyens, c'est désormais quelque chose de déterminant. La part écrasante du budget, du poids du logement dans le budget des ménages, c'est effectivement quelque chose de terrible et c'est un impensé politique.

Oui, mais surtout dont le poids s'est largement accru au cours des 30 dernières années et les difficultés de pouvoir d'achat de nos concitoyens sont en réalité directement liées à cette question du logement qui est donc un impensé politique, c'est-à

17:47
Locuteur

-dire

17:47
Locuteur 10

qu

17:47
Locuteur

'il

17:47
Locuteur 10

n

17:47
Locuteur

'y a

17:47
Locuteur 10

pas un parti politique qui a jamais proposé la moindre idée un peu neuve, un peu claire sur le sujet. On n'a jamais eu un grand ministre du logement et d'ailleurs, dans l'ordre protocolaire, on voit toujours que le ministre du logement est un ministre délégué ou un sous-secrétaire d'État qui est le dernier ou à peu près de la liste.

18:06
Locuteur

C

18:06
Locuteur 10

'est complètement raté sa rentrée, c'est-à-dire que les dix derniers jours ont été émaillés. Alors,

18:11
Locuteur

il

18:11
Locuteur 10

y a la question de la rivalité avec Bardella, il y

18:13
Locuteur

a

18:13
Locuteur 10

par ailleurs une forme d'impréparation. Alors, l'impréparation ou la cacophonie sur l'Ukraine ou sur la retraite, ce sont des sujets complexes et à la limite, on peut comprendre que ce qui est plus étonnant, c'est l'impréparation autour du voile, c'est

18:24
Locuteur

-à

18:24
Locuteur 10

-dire que la polémique interne autour du voile, alors que là, on est vraiment au cœur du cœur de ce qu'il propose depuis toujours, on est un peu plus étonné. Donc, on voit bien que c'est un parti qui est à la fois très fort compte tenu de sa virginité politique, mais aussi qui reste encore assez faible par son manque d'expérience qui frise quand même parfois l'incompétence. Pour autant, même si sa rentrée était totalement ratée, je pense que tous les partis rêveraient de rater leur entrée en campagne comme Marine Le Pen.

C'est-à-dire que j'ai fait l'exercice, pardon, je termine juste là-dessus, j'ai fait l'exercice qui consiste à aller regarder les sondages, tous les sondages, neuf mois avant toutes les élections présidentielles, depuis le début Alors, on joue toujours aux favoris qui à la fin n'est pas le président, voire même qui n'est pas au deuxième tour. DSK en 2011, Juppé en 2016, etc. Édouard

19:10
Locuteur

Balladur, on nous a quittés

19:11
Locuteur 10

il y a quelques semaines, effectivement. Bon, Balladur, les grands favoris à neuf mois de l'élection étaient toujours entre 25 et 28. Toujours entre 25 et 28, jamais au-delà. Sarko en 2006, Mitterrand avant sa réélection, etc. Marine Le Pen n'est pas entre 25 et 28, elle est entre 35 et 38.

19:31
Locuteur

Et

19:32
Locuteur 10

elle avait pris même trois points depuis le 7 juillet et sa condamnation très sévère. Donc, personne n'a abordé l'élection présidentielle avec une telle avance. Le deuxième, c'est Édouard Philippe, si on en croit les sondages. Une Marine Le Pen égale deux Édouard Philippe. Ça, c'est du jamais vu.

19:46
Présentateur

Avec un dernier mot sur le logement, elle s'est aussi adressée au maire, notamment au maire ruraux hier et on imagine qu'à deux semaines des sénatoriels, ce n

19:54
Locuteur

'est

19:54
Présentateur

pas complètement anodin d'appel.

19:55
Invité

Croyez-vous ? Non, oui, c'était assez drôle de regarder qu'elle a pris tous les irritants pour les maires, c'est-à-dire le ZAN, la zéro artificialisation nette des sols. C'est difficile à

20:08
Locuteur

dire un lundi

20:08
Invité

matin. La

20:10
Locuteur

loi SRU.

20:12
Invité

Tout ce que les maires et toute la problématique des normes, tout ce que les maires abordent à deux semaines du vote des sénatoriels, elle a coché et en disant bien, en disant les maires ruraux, on sera là, etc. Donc, oui, elle est clairement, il y avait deux grilles de lecture. Il y avait à la fois, elle s'adressait aux gens qui ont des difficultés à se loger en disant le DPE, c'est fini. Par exemple, ça aussi, le DPE, ça parle énormément aux gens qui veulent vendre ou accéder à la propriété. Donc, elle a pris tous les irritants et elle les a mis de côté.

Donc, oui, c'était extrêmement habile parce que non seulement elle parle à une majorité de gens, le logement, vous l'avez dit, est un thème central, mais en plus, elle crée le débat et donc, aujourd'hui, tous les gens, enfin, toutes les parties politiques sont obligées de répondre à ces propositions.

20:56
Locuteur

– Là

20:57
Présentateur

où Marine Le Pen, en 2022, avait fait campagne sur le pouvoir d'achat, elle a cette fois-ci débuté son discours en annonçant une première mesure qui concerne la priorité nationale. On l'écoute.

21:07
Locuteur

–

21:08
Présentateur

La première mesure sociale que nous prendrons sera un droit nouveau pour tous les Français.

21:14
Locuteur

nous

21:14
Présentateur

allons garantir à tous les Français, comme cela se pratique dans tous les pays du monde, un droit naturel et juste. Avec nous, les Français, quelle que soit leur couleur de peau ou leur religion, leur origine ou leur résidence, quelle que soit leur région ou leur condition sociale, seront prioritaires.

21:36
Locuteur

– Comment

21:37
Présentateur

vous l'analysez, Arnaud ? Est-ce qu'il faut y voir un retour fondamental de ce qu'était le Front National dans cette campagne 2027 de Marine Le Pen

21:44
Locuteur

? –

21:45
Invité

Non, pas du tout. Ce n

21:46
Locuteur

'est

21:46
Invité

pas un retour au Front National. Ça a toujours été dans le logiciel du Rassemblement National.

21:50
Locuteur

D

21:50
Invité

'ailleurs, par contre, il y

21:51
Locuteur

a une évolution.

21:53
Invité

Ce qui est intéressant, c'est l'évolution sémantique. On était sur la préférence nationale, on passe à la priorité nationale, ce qui est à peu près quand même la même chose en termes de contenu, mais on voit bien qu'elle intègre finalement les critiques sur la sémantique préférence nationale. Ce n'est pas tout à fait la même. Et d'ailleurs, vous avez quand même constaté que dans son discours, elle a cette clause rhétorique où elle dit quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs religions, c'est extrêmement important, quelles que soient leurs religions dans le discours, en tout cas qu'elle tient devant ses partisans. Donc là-dessus,

22:30
Locuteur

on

22:30
Invité

est, j'allais dire, sur quelque chose qui est encore une fois tout à fait, j'allais dire, traditionnel dans le Rassemblement National à ceci près qu'en effet, la sémantique évolue. Mais par contre, elle a clairement, encore une fois, posé son discours à partir du thème du pouvoir d'achat. Elle parle du pouvoir d'achat. De toute façon, le logement, je veux dire, est un élément constitutif de la question du pouvoir d'achat. Donc là-dessus, elle ne va pas beaucoup, à mon avis, évoluer par rapport à 2022. Elle va, surtout que la situation économique, quelque part, je veux dire, fait que la thématique du pouvoir d'achat est encore plus importante en 2027 qu'elle était en 2022.

En plus, ce qui est plus est, elle s'adresse à un public qui est celui du Nord dans sa circonscription historique et d'un bon moment. Donc, c'est vraiment là le cœur des classes populaires. Alors, peut-être que le discours va quelque part un peu évoluer ou en tout cas se nuancer au gré de la campagne. Mais en tout cas, là-dessus, je veux dire, c'est vraiment quelque part quelque chose d'absolument essentiel dans la déclinaison de son programme.

23:33
Présentateur

Mathieu, vous êtes d'accord avec Arnaud qu'il ne

23:35
Locuteur

faut

23:35
Présentateur

pas y voir un retour aux fondamentaux

23:36
Locuteur

?

23:37
Locuteur 10

On est vraiment dans le très classique. Sur cette question du pouvoir d'achat, effectivement, il est rare qu'un thème se soit imposé de façon aussi écrasante et de façon aussi durable dans l'opinion. Pendant très longtemps, c'était le chômage qui était tout en haut du podium. Là, c'est le pouvoir d'achat. Lors de la dernière élection présidentielle, déjà en 2022, ça a écrasé tout le reste. Le Rassemblement national ne fait pas exception. C'est-à

23:58
Locuteur

-dire

23:58
Locuteur 10

que ces électeurs, désormais, ont le pouvoir d'achat comme préoccupation essentielle qui a rejoint,

24:04
Locuteur

en

24:04
Locuteur 10

été, sur le podium, la question de l'immigration qui avant était le marqueur presque unique de l'extrême droite. Ne nous trompons pas pour autant. La Fondation Jean Jaurès a établi une cartographie des différents électorats du Rassemblement national sous la signature d'Antoine Bristiel. Étude très intéressante. Il y a quatre électorats différents sociologiquement du RN. Ce que montre l'enquête en question, c'est que, quels que soient ces électorats, quel que soit le niveau socio-économique de ces différents électorats. Vous savez, on dit souvent que le RN est le parti des catégories populaires. Il est vrai que désormais, le RN est majoritaire chez les catégories populaires.

Mais les catégories populaires, celles qu'on appelle la France des oubliés en général, c'est 20% en réalité de l'électorat RN. Pas davantage. Et l'électorat aisé du RN pèse autant. Et ce qui est très intéressant, c'est que les quatre électorats en question ont pour point commun non pas du tout la question du pouvoir d'achat, non pas du tout la question de la retraite à 60, 62 ou 65 ans, mais l'immigration de façon écrasante.

C'est pour ça qu'on peut observer que les rivalités, les prétendues rivalités entre Jordan Bardella et Marine Le Pen, c'est-à-dire une ligne sociale étatiste d'un côté ou une ligne ultra-libérale et conservatrice de l'autre, ça ne change rien pour les lecteurs parce qu'on sait que sur le fond du fond qui est la préférence nationale hier, rebaptisée priorité nationale, Jordan Bardella et Marine Le Pen, c'est exactement la même chose. Donc dans les sondages, ça donne exactement le même résultat.

25:19
Invité

Un mois. Non,

25:19
Locuteur

non,

25:20
Invité

mais je partage complètement ce qui a été dit. De toute façon, la question de l'immigration, le Rassemblement national n'a même pas besoin d'en parler parce que de toute façon, il est identifié historiquement à ce sujet. Le Front national a bâti ses succès dans les années 80 sur la question de l'immigration. Donc d'ailleurs, toutes les études d'opinion montrent que les Français considèrent qu'il est plus crédible sur cette question que les autres formations politiques. Donc pour elle, en parler, c'est presque quelque chose qui ne peut que raviver des polémiques dont elle n'a strictement pas besoin. Donc elle va en effet tracer son chemin sur les questions économiques et sociales. Après,

25:50
Locuteur

c

25:50
Invité

'est vrai qu'aujourd'hui, vous avez l'élément qui est fédérateur dans l'électorat qui est en effet beaucoup plus diversifié qu'on ne

25:57
Locuteur

l

25:57
Invité

'imagine du Rassemblement national. C'est la question de l'immigration et la question régalienne dans son ensemble.

26:01
Présentateur

Comment ça a été perçu, Nathalie, vous qui étiez à Hénin-Beaumont, ce discours, ce choix de Marine Le Pen de toujours miser sur les questions sociales, de centrer sur le logement, mais quand même de commencer en parlant de la priorité nationale

26:13
Locuteur

?

26:14
Invité

Je ne suis pas sûre que le discours à Hénin-Beaumont ait été très bien perçu. Pour avoir été dans vraiment de très nombreux meetings de Marine Le Pen, moi, j'ai trouvé les gens qui étaient là, il y avait plusieurs centaines de personnes, comment dire, assez sages et je n

26:29
Locuteur

'ai

26:29
Invité

pas trouvé une salle qui vibrait complètement. Le seul moment où ça a vibré très fort, parce que c'était finalement un discours assez technique, le seul moment où ça a vibré vraiment très fort et où les gens ont acclamé leur candidate, c'est le moment où elle a dit que tous les délinquants, les familles de délinquants allaient être expulsés des logements sociaux. Donc ça, ça faisait référence à tout ce qui était le volet sécuritaire dont tous les militants hier m'ont parlé, quand je suis allée les voir. Pour eux, leur premier motif de vote, c'est non pas l'immigration, mais c'est vraiment la sécurité.

On a un problème de sécurité dans ce pays, de respect, disait-il, et ce sont des valeurs qu'elle a convoquées dans son discours hier, le respect, etc. Donc je pense que le discours a été sans doute moins bien perçu que d'autres par le passé et en revanche, ce qu'on attendait beaucoup, c'était la relation entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Jordan Bardella, et je le rappelle, président du Parti républicain et depuis des années, ils avaient toujours pris la parole ensemble lors d'un meeting.

27:31
Locuteur

C

27:31
Invité

'est la première fois depuis, je crois qu'il est président de ce parti, qu'il n'a pas pris la parole hier, alors même que c'était son anniversaire, il a été d'ailleurs, ça a été assez vite balayé, donc on voit bien quand même que malgré ce qu'ils affichent, il y a des tensions qui restent au Rassemblement National, ces manifètes.

27:47
Locuteur

Et

27:47
Présentateur

dont les militants

27:48
Locuteur

parlent ?

27:48
Invité

Oui, ils en parlent, on a croisé plusieurs militants, enfin, parmi les militants que j'ai croisés,

27:54
Locuteur

en

27:54
Invité

fait, certains le regrettent, certains regrettent que même à Anne-Beaumont que Marine Le Pen, qu'ils aiment beaucoup auparavant, d'ailleurs, soit encore leur candidate parce qu'ils disent elle s'appelle Le Pen et c'est encore un frein, ils sont tous derrière elle sans aucune ambiguïté, mais certains regrettent que Jordan Bardella ne soit pas plus présent. Ça

28:12
Locuteur

peut

28:13
Présentateur

peser sur la campagne de Marine Le Pen ? Alors, même si le RN crie sur tous

28:17
Locuteur

les plateaux qu'il n'y a aucune

28:18
Présentateur

tension,

28:19
Locuteur

mais ça peut peser ?

28:21
Invité

Les débats qui nous animent en tant que commentateurs et analystes de la situation politique et du Rassemblement National, je veux dire, sont des débats qui n'ont strictement aucune prise pour l'instant sur les tendances de fond. Regardez les derniers sondages, ils confirment que le Rassemblement National est fortement arrimé à un étiage qui est très très haut. Donc, pour l'instant, ça n'a pas d'impact en l'occurrence de même qu'à question de savoir s'il y

28:44
Locuteur

a

28:44
Invité

une ligne plus libérale du côté de Bardella et une ligne plus étatiste ou plus sociale du côté de Marine Le Pen. Franchement, ça n'a là aussi aucun effet sur l'adhésion électorale pour l'instant. Alors, après, la vraie question, c'est de savoir si la réitération en effet sur la distance peut avoir un effet et éroder éventuellement. Personne ne peut y répondre à ce stade. Mais pour l'instant,

29:09
Locuteur

en

29:09
Invité

tout cas, ça n'a strictement aucun effet.

29:12
Présentateur

Alors, Marine Le Pen qui n'a pas attaqué Bruno Retailleau, tout juste une petite phrase sur ceux qui la qualifient de socialiste,

29:20
Locuteur

c

29:20
Présentateur

'est-à-dire Bruno Retailleau. Bruno Retaille, lui, en revanche, samedi, lors de son discours de rentrée, ne s

29:24
Locuteur

'est

29:24
Présentateur

pas privé d'attaquer la candidate du RN. On l'écoute.

29:26
Locuteur

Le

29:27
Locuteur 10

RN, le parti de la girouette, trouvez-moi un sujet, un seul sujet

29:33
Locuteur

sur

29:34
Locuteur 10

lequel ces bonimenteurs-là

29:35
Locuteur

n'aient

29:36
Locuteur 10

pas changé d'avis.

29:37
Locuteur

D

29:38
Locuteur 10

'abord, le grand gafouillage. Le grand gafouillage

29:40
Locuteur

sur

29:41
Locuteur 10

l'Ukraine, sur la retraite, sur le voile aussi.

29:47
Locuteur

L

29:47
Locuteur 10

'acte, finalement,

29:49
Locuteur

de

29:50
Invité

contrition de Jordan Bardala à Londres, devant Nigel Farage.

29:54
Locuteur

On

29:55
Invité

aura tout vu, les

29:55
Locuteur 10

amis, qu'on m'ait dit un jour que le parti

29:59
Locuteur

qui

29:59
Locuteur 10

se réclamait jadis de Jeanne d'Arc soit vendu aux Anglais. Franchement, franchement, je ne m

30:04
Locuteur

'y

30:04
Locuteur 10

attendais pas.

30:06
Présentateur

Voilà, les pics de Bruno Rotaillot. Mathieu, qui joue sur ces divisions et sur la difficile rentrée du Rassemblement national, ça peut prendre dans l'électorat de droit ?

30:14
Locuteur 10

Alors, sur le fond, il n'a pas tort. C'est-à

30:16
Locuteur

-dire

30:16
Locuteur 10

que, je réévoquais la rentrée ratée de Marine Le Pen tout à l'heure. On observe, comme le disait Arnaud, et je souscris totalement à ce qu'il disait, on observe qu'il n'y a absolument aucun impact sur le socle électoral de Marine Le Pen, Jordan Bardella.

30:30
Locuteur

C

30:30
Locuteur 10

'est-à-dire, le RN dispose aujourd'hui du socle non seulement le plus large, mais le moins volatile. Donc, en fait, il peut se passer absolument tout et n'importe quoi. Les scores de premier tour sont les mêmes. Mais l'impréparation qu'on a vu à l'œuvre la semaine dernière, je le redis, sur retraite, Ukraine, et y compris le voile, l'impréparation, il y a une partie de l'électorat de droite dans une perspective de second tour que ça peut arrêter. Et quand même, la rediabolisation à l'aune de ce qu'on a observé à Carcassonne, où là, pour le coup, il y

30:54
Locuteur

a

30:54
Locuteur 10

aussi des gens qui peuvent se dire en réalité, quand même, même si les mots ont changé, même si les visages ont changé, le fond n'a pas du tout changé. Donc, ça, effectivement, ça peut jouer. Le pauvre Bruno Retailleau n'a pas totalement tort sur le fond. Pour autant, on voit bien que

31:07
Locuteur

ce

31:08
Locuteur 10

n

31:08
Locuteur

'est

31:08
Locuteur 10

pas seulement sa rentrée qui est ratée, c'est son entrée en campagne depuis du mois qui ne fonctionne pas du tout. Il est pris en sandwich entre la gauche et la droite. En réalité, après dix ans de macronisme, un

31:22
Locuteur

peu

31:22
Locuteur 10

moins pour Raphaël Glucksmann, la gauche et la droite de gouvernement, un peu moins de 15% pour Raphaël Glucksmann, un peu plus pour Edouard Philippe. En fait, le créneau de droite est déjà occupé et Bruno Retailleau fait le pari que c'est en allant émarger sur une partie de l'électorat de Marine Le Pen qu'il peut se faire une place au soleil. On voit bien qu'à ce stade, ça ne marche pas du tout.

31:39
Présentateur

Nathalie, on a intitulé ce débat les droits de combien de divisions. Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une vraie fracture, une vraie séparation entre les LR et le RN où vous qui étiez à la rentrée de Bruno Retailleau, il y a des LR qui se disent si ça ne fonctionne pas pour Bruno Retailleau, on ira voir du côté de Marine Le Pen.

31:54
Invité

Alors,

31:56
Locuteur

j

31:56
Invité

'ai rencontré beaucoup, c'était la rentrée des jeunes, donc j'ai rencontré beaucoup de jeunes militants et effectivement, les jeunes militants, moi je les ai trouvés un, inquiets et deux, pensant à l'avenir, mais c'est-à-dire au premier tour. Est-ce que Bruno Retailleau sera absent du premier tour ? Je veux dire, c'était quand même la question qui agitait les jeunes LR, tous n'en sont pas convaincus. Je vous rappelle juste la phrase de François-Xavier Bellamy qui est peut-être passé inaperçu samedi, mais il a dit, il a dit en s'adressant aux jeunes, il a dit il faut rendre possible ce qui est impossible,

32:30
Locuteur

c

32:30
Invité

'est-à-dire de gagner cette élection. Franchement, il y

32:33
Locuteur

a

32:33
Invité

quand même plus optimiste pour le numéro 2 du parti LR et pour reprendre le fil de ma discussion, effectivement, moi j'ai rencontré beaucoup de jeunes LR qui étaient, alors ils disent ok, on va voter Retailleau si jamais il est encore au premier tour, mais surtout pas Édouard Philippe.

32:49
Locuteur

C

32:49
Invité

'est-à-dire que ce qui est très étonnant, c'est qu'Édouard Philippe qui quand même vient de LR est honnit totalement de la plupart des jeunes LR que j'ai rencontrés.

32:58
Locuteur

Plus que

32:59
Invité

Marine Le Pen ? Absolument. Ils sont assez, plus que Marine Le Pen, pour être très honnête, j'ai senti plus d'appétence vers Reconquête. Plusieurs m'ont dit il faut reconquérir l'électorat de Reconquête qui effectivement, on voit bien qu'il y

33:13
Locuteur

a

33:13
Invité

une porosité forte entre LR et Reconquête, mais j'ai rencontré aussi beaucoup de jeunes LR qui déjà en 2022 ont voté Marine Le Pen au second tour.

33:23
Présentateur

Ce sont des électorats qui peuvent se rejoindre ? Ce sont des candidats qui peuvent se rejoindre ? Arnaud ou pas ?

33:28
Invité

Des électorats potentiellement, oui. Enfin, vous parlez de l'électorat de Reconquête et de l'électorat de...

33:33
Locuteur

Non, de l

33:34
Présentateur

'électorat LR et de l'électorat RN.

33:35
Invité

RN. L'électorat Rotaillot

33:36
Présentateur

et

33:37
Invité

de

33:37
Locuteur

l

33:37
Présentateur

'électorat Le Pen.

33:38
Locuteur

Moi,

33:38
Invité

il semble que l'électorat Rotaillot est un électorat... Ce qui reste de l'électorat LR aujourd'hui, c'est l'électorat Rotaillot, c'est-à-dire l'électorat qui refuse la compromission avec le macronisme et le bloc central. C'est un électorat qui est plus droitier. Donc, il considère qu'Édouard Philippe a trahi en étant le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron. Donc, là-dessus, c'est un électorat qui se retrouvera plus facilement dans un second tour, peut-être, en faveur de Marine Le Pen qu'en faveur d'Édouard Philippe.

34:07
Présentateur

Dix secondes, Mathieu.

34:09
Locuteur 10

Assurément. L'électorat qui reste aujourd'hui à LR est un électorat de droite radicalisé. La droite modérée ou la droite de gouvernement d'hier, elle est en réalité chez Édouard Philippe qui ne cherche pas du tout à réactiver l'héritage du macronisme en même temps mais qui affirme une campagne, une ligne bien de droite, bien classique.

34:24
Présentateur

Merci beaucoup. Merci à tous les trois pour ce débat. Merci à tous de nous avoir suivis et je vous retrouve demain avec grand plaisir. Très bonne journée.

34:39
Invité

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